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Le génome
humain entièrement décrypté ?
CJ - 15 février
Le Consortium international du projet public de
séquençage du génome humain (HGP), qui avait
annoncé le 26 juin 2000 létablissement dune
ébauche de la séquence du génome humain, publie
dans la revue Nature du 15 février 2000 une série
darticles analysant ces données: http://www.nature.com/genomics/human/.
"En fait de séquence complète, c'est un inventaire
auquel il manque 10 % du génome non décelé,"
reconnaît Jean Weissenbach, directeur général
du Genoscope, le centre national de séquençage en
France (...). Il y a eu un débat au sein de la communauté
pour savoir l'utilité de gloser sur quelque chose d'incomplet,
mais suite à la publication dans Science de Celera genomics,
nous avons décidé de communiquer pour ne pas leur
laisser le champ libre." (NR: Celera Genomics est un laboratoire
privé qui a publié la séquence du génome
humain - Voir notamment le numéro de Science du 16 février
: http://www.sciencemag.org/genome2001/1304.html)
Cette bataille de communication reflète la rudesse de la
course entre le laboratoire privé et la recherche publique.
Notons cependant que toutes les séquences brutes cédées
par Celera seront mises dans le domaine public et non brevetables.
Selon une analyse comparative publiée dans Science, les séquence
proposées par Celera et celles du consortium ont 36% de différence
et sont complémentaires. Quoi qu'il en soit, un travail de
finition des séquences est nécessaire : selon Nature,
"il faudra attendre 2003, pour disposer de la séquence complète
et finie".
L'analyse révèle plusieurs surprises
:
- le génome de l'homme ne contient qu'environ 30000 gènes,
soit un tiers de plus que celui du ver C. elegans (17800) ou un
peu plus de la moitié que celui d'une mouche drosophile (13600)
;
- il existe de vastes étendues désertiques, dépourvues
de gènes, et qui représentent près d'un quart
du génome. Plus d'un tiers du génome contient, par
ailleurs, des séquences répétitives ;
- deux individus pris au hasard partagent plus de 99,9% du code
génétique : les différences ne portent donc
que sur 0,1% du génome.
A savoir: la carte du génome humain
rendue publique par le Consortium international HGP est aujourd'hui
accessible gratuitement via l'Internet aux chercheurs du monde entier
et au public : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/genome/guide/human/.
Un nouveau
supercalculateur pour le CNRS
CJ - 15 février
Le Centre National de la Recherche Scientifique va
s'équiper de la dernière génération
des supercalculateurs d'IBM, propulsés par des puces PowerC4.
Prévue pour être livrée à l'automne 2001
cette machine, dont l'assemblage sera effectuée à
Montpellier, sera la plus puissante installée par IBM en
dehors des Etats-Unis. Disposant de 256 processeurs, elle vise une
puissance nominale de quelque 1,3 Téraflops (1300 milliards
d'opérations à la seconde) et une mémoire globale
approchant les 900 gigaoctets. Elle sera basée à l'Institut
du Développement et des Ressources en Informatique Scientifique
-le centre national de ressources informatiques pour le calcul intensif
de haute performance du CNRS- et mise à la disposition de
300 laboratoires.
De plus
en plus de robots sur la planète
CJ - 15 février
Selon
la Fédération internationale de la robotique (IFR)
(étude à paraître http://www.ifr.org/public.htm
; voir aussi http://www.ifr.org/news/news40.htm),
l'usage du robot ne cesse d'augmenter dans le monde, son coût
de diminuer, son efficacité et ses performances de s'accroître,
alors que le coût de la main d'oeuvre est en hausse régulière.
Ainsi, sur l'ensemble de la planète, les commandes de robots
industriels ont augmenté de 15% en 2000 par rapport à
1999, plus particulièrement en Asie (+32%) et en Europe (+
25%). Contrairement à 1999, l'année 2000 aura vu les
industries non automobiles augmenter de près de 40% leurs
commandes de robots alors que le secteur de l'assemblage automobile
n'a accru ses commandes que de 3% et celui des composants de 9%.
En Asie, l'industrie non automobile a augmenté ses commandes
de robots de 56% et en Europe de 41%.
Selon la Commission économique des Nations Unies, cette explosion
des investissements dans les robots s'explique principalement par
la diminution de leur prix (- 44%) entre 1999 et 2000, et par leurs
performances générales de très loin supérieures
à celle du début des années 90
Autre explication : l'augmentation constante de la main d'oeuvre
pendant la période de référence de l'étude
: aux USA, par exemple, la rémunération de la main
d'oeuvre dans les entreprises a augmenté de 43% entre 1990
et 2000, alors que le prix des robots n'a cessé de diminuer.
Ainsi, selon l'étude "chaque année qui passe donne
un avantage très net en termes coût/efficacité
à l'emploi des robots par rapport aux méthodes plus
traditionnelles de production".
"Une tendance qui a toutes les chances de se poursuivre dans les
prochaines années", souligne Mike Wilson, président
de l'IFR...
Du plastique
qui se cicatrise
CJ - 15 février
Une équipe de scientifiques américains dirigée
par Scott White* vient de mettre au point un matériau composite
capable de s'autoréparer, un peu à la manière
de la peau humaine. Le secret : incorporer du dicyclopentadiene
(DCPD) dans des microcapsules disséminées au sein
du matériau.Ce produit a en effet la propriété
de se polymériser en présence d'un catalyseur incorporé
dans la matrice du composant : lorsqu'une fissure se produit au
sein du composite, les microcapsules situées dans la zone
endommagées se rompent et libèrent le DCPD, qui réagit
avec le catalyseur et "guérit" ainsi la blessure. Les tests
montrent qu'une zone autoréparée récupère
75% de sa solidité originelle. Ceci permet d'envisager,
par exemple, la mise au point de nouveau implants chirurgicaux,
autoréparables.
Outre des applications dans le secteur de l'aéronautique
(fusées, satellites), cette découverte pourrait également
s'avérer des plus importantes pour les futurs développements
de la microélectronique plastique (voir chronique du
26/4/2000 : Nouvelle ère
de l'électronique plastique).
Place maintenant au rêve : verra-t-on un jour des androïdes
recouverts d'un tel polymère en guise de peau?
*Directeur du Composites Manufacturing Labs - Department
of Aeronautical and Astronautical Engineering, Université
d'Illinois (http://ssm7.aae.uiuc.edu/CML/Home.html)
Darwin de
nouveau persona grata dans les écoles du Kansas
CJ - 14 février
Le bureau de l'éducation du Kansas a voté
ce 14 février par sept voix contre trois en faveur du rétablissement
de l'enseignement de la théorie de Darwin, infligeant ainsi
une défaite à la communauté fondamentaliste
chrétienne, tenante du créationnisme (théorie
fondée sur une interprétation littérale de
la Bible quant aux origines du monde). En 1999, cet Etat avait décidé
de supprimer de ses programmes scolaires la théorie de l'évolution,
programme révisé touchant toutes les classes, de la
maternelle... jusqu'à la fin des études secondaires.
Risée totale puisqu'avec les travaux de Darwin, c'est toute
la biologie -au sens large- qui y a trouvé le principe directeur
expliquant la genèse et l'évolution des structures
vivantes ; la neurologie et les sciences de la connaissance les
méthodes à partir desquelles analyser l'apparition
de l'esprit et de ses créations les plus ambitieuses, sans
avoir pour cela à faire appel à une explication
finaliste ou théologique.
Rappelons enfin qu'utilisant la simulation sur ordinateurs, les
sciences et techniques de l'automate et les spécialistes
de la vie artificielle s'inspirent aussi de la sélection
darwinienne : l'utilisation d'"algorithme évolutionnaires"
permet pour le programmateur d'obtenir in fine des individus optimaux
pour un problème donné.
Première
mondiale : atterrissage de la sonde Near Shoemaker sur l'astéroïde
Eros
CJ - 14 février
Télécommandé par les spécialistes
de l'Applied Physics Laboratory* le robot Near Schoemaker s'est
posée sur l'astéroïde Eros, le 12 février
vers 21 heures (heure de Paris). Un véritable exploit : conçue
au départ que pour une mission orbitale, la sonde spatiale
américaine s'est posée à seulement 200 mètres
de l'endroit ciblé récemment par les scientifiques
! Selon ces derniers, il n'y avait qu'une chance sur 100 de réussir
un tel atterrissage dans de bonnes conditions. Rappelons en effet
qu'Eros, situé à 316 millions de kilomètres
de la Terre, ne mesure que 33 km de long pour 13 de diamètre...
Lancée par la Nasa en février 1996, Near (Near Earth
Asteroid Rendez-vous) Schoemaker a rejoint Eros quatre année
plus tard, orbitant ensuite une année autour de lui et engrangeant
quelque 160000 photos (certaines d'une précision métrique)
et d'innombrables données sur l'analyse de son sol. Celui-ci
recèle la présence de silicates de magnésium,
de silicium et d'alumine, tendant à indiquer que ce corps
céleste est un reliquat, resté inchangé, de
la formation du système solaire à partir de gaz et
de poussières.Des millions de mesures altimétriques
par laser ont par ailleurs conduit à une modélisation
tridimensionnelle de l'astéroïde.
* Laboratoire américain situé
à l'Université Johns Hopkins, située dans le
Maryland :http://www.jhuapl.edu/
Alexis Drogoul,
chercheur en intelligence artificielle
CJ - 14 février
A
signaler, dans le Monde Interactif du 14 février (http://interactif.lemonde.fr/article/0,5611,2864--146575-0,FF.html),
un portrait d'Alexis Drougoul, chercheur en intelligence artificielle
au laboratoire d'informatique de Paris VI (LIP 6).
Ce chercheur s'intéresse à l'émergence
de structures spatiales, temporelles, comportementales et/ou sociales
dans les systèmes multi-agents réactifs. Ses recherches
couvrent donc un spectre très large, allant de la simulation
de sociétés animales (projet MANTA) jusqu'à
la conception de systèmes multi-robots (Microbes), en passant
par l'implémentation de systèmes de résolution
de problèmes (EPS) et des réflexions sur les méthodologies
orientées-agent (Cassiopée).