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Pong :
un visage robot qui sait lire les émotions
CJ 15/03/2001
Au
sein du programme BlueEyes débuté en 1997, les chercheurs d'IBM
développent aujourd'hui une interface homme-machine destinée à connaître
nos émotions.
L'idée part du principe qu'une machine pourrait connaître nos états
émotifs simplement en "lisant" l'expression de notre visage lorsque
nous travaillons devant l'écran. Face à autrui, dans la vie courante,
nous utilisons d'ailleurs tout naturellement ce mode de collecte
d'information : nous savons instantanément si l'autre s'ennuie lorsqu'on
lui parle, simplement en regardant la tête qu'il fait.
Il est acquis par les chercheurs d'IBM que des états affectifs -comme
l'anxiété ou la joie- nous traversent lorsque nous travaillons
(ou jouons) devant un ordinateur. Du côté de la machine, l'idée
est donc de pouvoir mettre à profit ces renseignements. Ainsi, à
grand renforts de cogniticiens, de linguistes, de psychologues
et de designers, les scientifiques ont créé Pong, une simple tête
munie d'une caméra-vidéo située dans le nez et d'écouteurs dans
les oreilles.
Ne vous fiez pas à son air un peu bêta : Pong sait très bien vous
reconnaître, vous parler ou simplement renvoyer une expression faciale
identique à celle que vous venez d'avoir.
France-Culture s'intéresse
à l'inconscient social collectif
JPB 13/03/2001
L'inconscient collectif des sociétés
dites primitives doit nous intéresser, à plusieurs
titres. Si l'on veut approfondir les automatismes, génétiques
et/ou culturels, qui conditionnent plus ou moins largement , à
notre insu, le fonctionnement des sociétés occidentales
(nations, entreprises, groupes divers), il est indispensable d'essayer
de comprendre ceux qui se manifestent , beaucoup plus ouvertement
d'ailleurs, dans la vie des sociétés dites primitives,
ou dans celle des ressortissants de ces sociétés vivant
parmi nous. Pour un scientifique occidental, essayer de comprendre
l'inconscient collectif primitif veut d'abord dire respecter ce
dernier, en essayant de l'écouter et lui offrir des formes
d'expression lui permettant de s'exprimer, s'il est réprimé
(NB: la réalité virtuelle peut jouer un rôle
à cet égard). Ultérieurement, des échanges
ou synthèses pourront peut-être s'établir
entre inconscients collectifs occidentaux et "primitifs", dans le
cadre d'une "négociation" se situant cette fois-ci au plan
de ce que nous appelons la conscience rationnelle.
Il est donc intéressant de suivre, si l'on peut,
les émissions de France-Culture consacrées aux différentes
formes d'inconscient collectif "primitif". Citons "Possession et
extase", du 12 mars, consacré au vaudou haïtien, au
chamanisme sibérien et à certains sectes turco-iraniennes,
avec les interventions de Brice Ahounou, Roberte Hamayon, Thierry
Zarcone, Catherine Basset, Bernard Lortat-Jacob, Abdelhafid Chlyeh,
ethnologues, ethnomusicologues et ethnopsychiatre. Le 12 mars, nous
avons pu dans un autre registre entendre des reportages sur l'ethnopsychiatrie
en milieu urbain français, avec des interventions de Alain
Besançon, Roger Dadoun, Tobie Nathan, Isabelle Stenghers,
Geneviève N'Kousou (médiatrice). Le rôle fondateur
de Georges Devereux a évidemment été évoqué.
Nous reviendrons ultérieurement sur l'inconscient
collectif et les rapports que peuvent entretenir les études
le concernant et celles relatives à la conscience artificielle,
individuelle ou collective.
Palper des patient(e)s
à distance CJ - 09/03/2001
France Télécom R&D,
qui travaille depuis plus d'un an sur un projet de "palpations virtuelles",
a présenté ce 9 mars 2001 à Grenoble un système
de télé-échographie qui permettra d'examiner
un(e) patient(e) à distance à l'aide d'un robot, en
restituant la sensation de la palpation. Ce projet est réalisé
en partenariat avec les CHU de Grenoble et de Tours, et la société
Sinters qui met au point le système robotique.
Avec un tel système, le médecin pourra visualiser
par exemple en 3 dimensions sur son écran d'ordinateur le
ventre d'une patiente enceinte située à plusieurs
dizaines de kilomètres de distance. Pour cela, il disposera
d'un bras articulé dont les mouvements sont visibles sur
l'écran. Ces informations seront transmises en direct -via
réseau numéris- à un robot s'adaptant à
son environnement topologique (robot dit "compliant"), qu'une sage-femme
aura installé sur le ventre de la patiente, et qui reproduira
les gestes du médecin. Le robot transmettra alors un «retour
d'effort» au bras articulé, donnant au médecin
la sensation du toucher. Le système transmettra aussi au
spécialiste les images échographiques prises par la
sonde portée par le robot. Parallèlement, le médecin,
la sage-femme et la patiente pourront discuter en temps réel
grâce à un système de visiophonie et d'audiophonie.
Ce système, rattaché au projet national Télé-Echographie-Robotisée
(TER) et financé par le ministère de la Recherche, devrait
être totalement finalisé d'ici un an.
Le module de communication qui permet de restituer la sensation
de toucher constitue d'ores et déjà une première
mondiale et vient de faire l'objet de dépôts de brevets
: "Nous nous attachons à la synchronisation de plusieurs
flux de données : l'image médicale, la visiophonie
et l'audiophonie permettant au patient et au médecin de se
parler, et le flux haptique pour le retour d'effort" a notamment
expliqué Pierre Thorel, chef du projet à France Télécom
R&D,
Pour le Professeur Cinquin, du CHU de Grenoble, ce service de palpations
à distance est très attendu car il constitue "une
réelle avancée par rapport à la télé-échographie
classique. Il simplifiera les manipulations, et pourra permettre
de réaliser un examen sans l'échographiste, rendant
par exemple l'intervention du médecin plus rapide dans les
situations d'urgence."
Le premier prototype de robot devrait être livré
en juin.
Une
équipe de chercheurs, parmi lesquels l'obstétricien
italien Severino Antinori* et le chercheur américain
Panayiotis Zavos**, a réaffirmé son projet de cloner
des êtres humains. Selon P.Zavos, plus de 600 couples stériles
se sont déjà portés volontaires, suite
à une précédente annonce du projet formulée le
26 janvier dernier.
Lors d'un Colloque sur le Clonage humain et thérapeutique,
tenu le les 8 et 9 mars 2001 à Rome, les chercheurs
ont précisé que les travaux commenceraient dans quelques
semaines, dans un lieu tenu secret. L''équipe avait annoncé
en janvier qu'elle pourrait porter son choix sur un pays méditerranéen.
Il semble aujourd'hui qu'il pourrait s'agir d'Israël, où
une firme "Abaclon" serait en cours de réalisation à
Césarée, ville proche de Tel-Aviv . Selon P.Zavos,
"le projet bénéficie de fonds illimités
versés par des donateurs privés".
Info ou intox ? : le clonage humain est interdit en Israël.
Provocation ou opération publicitaire de chercheurs avides
de fonds ?
Rappelons que le protocole du Conseil de l'Europe interdisant le
clonage humain (toute intervention ayant pour but de créer
un être humain, vivant ou mort) est entré en vigueur
le 1er mars dernier, et a été signé par 24
Etats, dont la France et l'Italie.
En tous cas, clonage ou pas, signalons que la société
de biotechnologie Southern Cross Genetics (start-up australienne)
offre
déjà ses services pour stocker de l'ADN humain, officiellement
en attendant l'accord du clonage d'organes à des fins thérapeutiques.
Finaude et prévoyante, la société précise
déjà sur ses pages web (http://www.dnastorage.nu/)
que : "If lows autorize it, Human cloning will be used to give a
second chance to parents mourning a lost child or couples with sterelity
problems (si les lois l'autorisent, le clonage humain jouera
le rôle de deuxième chance pour des parents ayant donné
naissance à un enfant mort-né, ou à des couples
atteints de stérilité)
*Rappelons que cet embryologiste s'est déjà
illustré en 1994 pour avoir aidé une femme ménopausée
de 62 ans à mettre au monde un enfant (fécondation
in vitro faite à partir du sperme de son mari, 63 ans, et
d'un ovule donné par une femme anonyme). **Fondateur du centre de médecine reproductive du Kentucky
Lexington (Etats-Unis) et fondateur de l'Institut d'Andrologie d'Amérique.
Vers un Institut de
la longévité
CJ 08/03/2001
Sur proposition d'Etienne-Emile Baulieu, Roger-Gérard
Schwartzenberg, le ministre de la Recherche, a annoncé le
8 mars 2001 qu'il envisageait la création d'un Institut
de la longévité. Visant à améliorer
le système de prévention et de soins pour mieux traiter
les affections liées à l'âge, cet Institut serait
organisé sous la forme d'un Groupement d'Intérêt
Scientifique (GIS) groupant le ministère, des organismes
publics de recherche et des associations, avec deux principales
missions :
- dresser le bilan des multiples actions de recherche déjà
en cours (Génomique, Cognitique, Ville, diverses ACI, etc.)
qui contribuent indirectement à des recherches sur la longévité
et sur ses conséquences.
- dégager de grandes orientations de recherche, y compris
dans des domaines encore peu développés, par exemple
l'économie de la santé.
Les logiciels de dialogue
artificiel ou chatterbots. Le site de Simon Laven
JPB 07/03/2001
Suite à l'information
communiquée par Transfert et citée dans notre précédente
rubrique, nous sommes allé voir le site de Simon Laven
consacré aux Chatterbots www.simonlaven.com
. Il s'agit de quelque chose d'assez stupéfiant par sa richesse,
surtout si l'on considère l'âge de Simon Laven (21
ans), son cursus universitaire surabondant et le fait que le site
a été ouvert il y a quatre ans. Rappelons que les
chatterbots sont des logiciels de dialogue artificiel basés
sur un processus statistique et leur permettant d'apprendre en fonction
des conversations et des interlocuteurs qu'ils ont eu précédemment.
Pour le profane, discuter sur ce mode avec un ordinateur tient de
la magie, et fait volontiers croire qu'il y a un humain dans la
machine. Vous pourrez vous instruire en vous amusant pendant des
heures à partir du site de Simon Laven. Dommage qu'il y manque
une petite présentation didactique, mais les sources citées
en liens comblent largement cette lacune.
Un robot
infirmier expert en piqûres intra-veineuses
CJ - 07/03/2001
Feriez-vous confiance à un robot pour vous
administrer une injection intra-veineuse ou réaliser une
prise de sang? Vous hésitez ? Pourtant, selon son inventeur,
l'anglais Alex
Zivanovic, le bloodbot robot peut se montrer bien supérieur
à l'homme dans cette entreprise. Ne pas trouver une veine,
s'y reprendre à plusieurs fois, ou rater une intraveineuse
n'est pas si rare, notamment chez les diabétiques aux veines
fragilisées à la suite de piqûres trop fréquentes.
Le "robot-seringue", fruit de quatre années de recherche
menées au laboratoire de médecine de l'Imperial College
of Science, Technology and Medecine de Londres, sait trouver grâce
à ses senseurs le juste point ou piquer, et cela au millimètre
près. Alex Zivanovic l'a prouvé en acceptant pour
la première fois de servir de cobaye humain à son
système, opération qui a été diffusée
en direct lors d'une retransmission à la télévision
(BBC Tomorrows World).
Jusqu'à présent l'inventeur n'avait testé son
dispositif que sur un bras en caoutchouc...