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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
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6/04/2001 MI-Tech : une machine intelligente, nouveau sésame du programmeur ?

5/04/2001 Le langage crée le lien social

5/04/2001 De la lumière émise par une diode silicium, pour un nouveau type d'ordinateurs

4/04/2001Installation du Conseil scientifique de l'action concertée incitative Neurosciences intégratives et computationnelles

4/04/2001 Jean-Louis Dessalles : aux origines du langage

Avril 2001 Suite des actualités...

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Avril 2001

MI-Tech : une machine intelligente, nouveau sésame du programmeur ?
CJ  06/04/2001

MI-Tech (Machine Intelligence Technology) : voici l'idée révolutionnaire qu'aurait imaginé l'ingénieur informaticien Bob Brennan © Synapse-solutionsBob Brennan. Selon ce scientifique, de la compagnie anglaise Synapse-solutions basée à Cambridge, cette innovation permettrait à tout un chacun de devenir programmeur, en offrant la possibilité de traduire directement en code informatique du langage naturel.
Entrez simplement (pour l'instant en anglais), avec vos mots de tous les jours, ce que vous voulez que l'ordinateur exécute, et celui-ci écrira directement le logiciel idoine.
(Lire la suite dans notre article "Du côté des labos")

 

Pour en savoir plus :
http://synapse-solutions.co.uk/mitech.htm
Contact
info@synapse-solutions.co.uk


Le langage crée le lien social
JPB 05/04/01

Couverture du mensuel La Recherche d'avril 2001Sous ce titre, qui semble annoncer une évidence, La Recherche (avril 2001) publie un dossier montrant comment les développements du langage, y compris aux stades primitifs sous forme de langages des signes, semblent corrélés avec le développement et la taille des groupes.  http://www.larecherche.fr/data/341/03410261.html .

- Pour Robin Dunbar, il existe une corrélation entre l'importance des gros néocortex des primates et la taille moyenne des groupes sociaux qu'ils constituent. Pour vivre dans un groupe, l'individu doit mémoriser et traiter une quantité donnée d'informations : le nombre de relations possibles croît comme le carré de la taille du groupe. Chez les singes, l'épouillage contribue à créer et maintenir le lien social. Mais le temps disponible pour cette activité limite l'effectif possible du groupe. L'apparition du langage a par contre permis un "épouillage à distance", et une meilleure maîtrise de la complexité sociale. Le bavardage a ainsi permis d'élargir la taille moyenne du groupe. Celle-ci est passée de 50 chez les singes les plus sociaux, à environ 150 chez l'homme. Au-delà, même de nos jours, il paraît difficile aux hommes, même très bavards, de se grouper de façon utile.

- Pour Jean-Louis Dessalles, chercheur à l'ENST, des simulations par algorithmes génétiques montrent que la communication (à commencer par celle de la surprise - montrer à l'autre un fait ou un objet surprenant) a présenté un avantage compétitif majeur. Des agents logiciels en compétition évolutive ont la possibilité de donner des informations utiles aux autres. Dans l'hypothèse de la coopération symétrique de Kroporkine et Trivers, il est avantageux de donner les informations dont on dispose si les autres font de même. Il est donc nécessaire de tester la fiabilité de l'interlocuteur et de détecter les tricheurs, si l'on veut que la coopération se maintienne. Le langage permet, non pas comme on pourrait le penser d'organiser un marché ouvert d'échange des informations, mais de choisir des alliés avec qui nouer des accords stables de coopération, en s'affichant soi-même comme un partenaire fiable. C'est l'hypothèse du "langage afficheur", qui paraît bien correspondre à un rôle encore actuel et très important dudit langage.

- Pour Michael Corballis enfin, le langage n'est pas apparu subitement. De nombreux éléments neurologiques et anatomiques ont collaboré. L'universalité des langues de signes, et le rôle encore actuel du geste, laisse penser que celui-ci a précédé la parole. Les mêmes aires cérébrales sont activées chez les sourds pratiquant le langage des signes et chez les sujets parlants. Cette thèse s'oppose à celle selon laquelle les gestes ne sont qu'un accompagnement du langage.

Dans le même numéro, Franz de Waals http://www.larecherche.fr/data/341/03411031.html reprend et explore le thème selon lequel, chez les chimpanzés, la coopération est un facteur essentiel de la survie, et non pas la concurrence compétitive. La coopération s'exprime par divers types de langages de gestes. On retrouve le même facteur coopératif dans d'autres sociétés, notamment évidemment chez l'homme. Au-delà, Franz de Walls défend l'idée du co-développement nature (ou gènes)/culture, toujours à l'oeuvre dans nos sociétés humaines. Il refuse donc tout autant le tout-génétique des sociobiologistes ou psychologues évolutionnistes, que le tout-culturel. Les mécanismes s'imbriquent.

Il est évident que les travaux sur les interfaces langagiers entre automates et humains, ou entre automates eux-mêmes, doivent tenir compte de ces études. Cela dit, à propos de la coopération, il ne faut pas oublier que si les individus isolés sont, dans la nature, pratiquement obligés de coopérer avec un certain nombre de leurs semblables, les groupes ainsi constitués s'affrontent en général violemment. C'est un peu une illusion de l'après seconde guerre mondiale (L'homo Unescoensis, pour parler comme Kennan Malik) d'espérer que l'humanité toute entière puisse vivre en paix avec elle-même.

Pour en savoir plus :
R. I. M. Dunbar : Grooming, Gossip and the Evolution of Language http://www.wopr.com/books/groom.htm
Sur les algorithmes génétiques, voir notre article http://www.automatesintelligents.com/labo/2001/avr/algoevol.html
Sur Jean-Louis Desalles: page personnelle, bibiographie http://www.infres.enst.fr/~jld/papiers/pap.cogni/99100103.html . Voir aussi ci-dessous.
Michael Corballis : The Lopsided Ape Evolution of the Generative Mind Oxford Univ.press. 1991   http://www.oup-usa.org/isbn/0195083520.html
Franz de Wall : Bonobo, The Forgotten Ape: Franz De Waal & Frans Lanting, University of California Press, 1997 http://www.tiac.net/users/cri/bonobo.html
Kenan Malik: Man, beast and zombie Weidenfeld and Nicholson 2000 http://www.cix.co.uk/~acampbell/bookreviews/r/malik.html


De la lumière émise par une diode silicium, pour un nouveau type d'ordinateurs
CJ 05/04/01  

Electroluminescence en fonction de la température © http://www.ee.surrey.ac.uk/Research/SCRIBA/figures.pdfUne équipe de l'University of Surrey travaillant sur les applications des rayons ionisés, vient de développer une technique forçant le silicium à émettre de la lumière. Ceci implique, à terme, la possibilité d'utiliser la lumière plutôt que l'électricité pour transporter les signaux dans les puces électroniques à une vitesse de 300 000 km/seconde.
Ce type de silicium a été réalisé en construisant des murs autour de la partie du matériaux qui conduit la chaleur. Le mur est une couche supplémentaire d'atomes de silicium qui, au lieu de rayonner de la chaleur, émettent de la lumière.
Ces puces plus rapides sont aussi plus petites parce que les rayons lumineux peuvent se déplacer dans des conduits de taille plus réduite que les connexions habituellement utilisées. Par ailleurs, la production de ce type de silicium ne nécessiterait pas de nouvelles technologies de fabrication : la conversion des fabricants pourrait ainsi s'effectuer à faible coût. En outre, l'efficacité du dispositif est ici maximale à température ambiante, ce qui rend son utilisation idéale dans les ordinateurs personnels.
Selon Kevin Hommewood, l'un des concepteurs "un tel dispositif est susceptible d'apporter une solution à la limitation matérielle de la complexité des contacts et des fils électriques, qui pourrait bientôt marquer un point d'arrêt dans le processus de miniaturisation des puces".
Il permettrait notamment de continuer à accélerer les connexions Internet en accroissant la rapidité des équipements de routage.

Pour en savoir plus :
Surrey Centre for Research in Ion Beam Applications (SCRIBA) http://www.ee.surrey.ac.uk/Research/SCRIBA/
An efficient room-temperature silicon-based light-emitting diode, par Wai Lek NG, M. A. Lourenço, R. M. Gwilliam, S. Ledain, G. Shao & K. P. Homewood, paru dans Nature n° 410, du 8 mars 2001, pages 192 à 194.
Contacts :
K.Homewood@surrey.ac.uk
M.Lourenco@surrey.ac.uk
R.Gwilliam@surrey.ac.uk


Installation du Conseil scientifique de l'action concertée incitative Neurosciences intégratives et computationnelles
CJ 04/04/01

Le ministre français de la recherche, Roger-Gérard Schwartzenberg, a installé le 4 avril 2001 le Conseil scientifique de l'Action Concertée Incitative (ACI) "Neurosciences intégratives et computationnelles". Dotée d'un budget de 10 MF en 2001, cette ACI vise à impulser des recherches dans les trois domaines suivants :

  • étude du fonctionnement des réseaux de neurones, la complexité des connexions qui relient quelque dizaine milliards de cellules, qui permettent l'exercice des fonctions supérieures telles que la mémoire ou l'émotion ;

  • étude des fonctions de communication des astrocytes*, cellules gliales, dix fois plus nombreuses que les neurones, et à l'origine de la majorité des maladies neurologiques ;

  • application des mathématiques, de la physique et de la modélisation informatique à la compréhension des fonctions du système nerveux comme le mouvement ou la perception avec pour objectif d'ouvrir la voie à la prise en charge de lourds handicaps sensoriels et moteurs.

L'ACI, qui doit lancer des appels à propositions prochainement, est présidée par Jean Bullier, directeur de recherche au CNRS. Alain Berthoz, professeur au Collège de France, directeur du Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l'Action, en est le directeur scientifique.

*Systèmes de communication récemment mis en évidence, liant les astrocytes au moyens de vagues de calcium, et dont le rôle reste encore largement à comprendre.

En savoir plus :
Discours du ministre : http://www.recherche.gouv.fr/discours/2001/dneuros.htm


Jean-Louis Dessalles : aux origines du langage
JPB 04/04/01

Jean-Louis DessalesJean-Louis Dessalles est enseignant-chercheur à l'Ecole Nationale Supérieure des télécommunications, dans le Département Informatique & Réseaux, Groupe I3 : Information, Interaction, Intelligence (voir sur les activités du Groupe http://www.infres.enst.fr/~milc/iii/i3.html).
Ses recherches couvrent un vaste domaine d'intérêts :
- Modélisation du langage. Modélisation des mécanismes conversationnels : "Nous fonctionnons selon deux modes conversationnels: le mode informationnel (shannonnien) et le mode argumentatif".
- Construction du sens des énoncés: "Le sens est construit sous deux formes: une scène et une segmentation thématique".
- Emergence de la communication. Simulation des conditions d'apparition de la communication de type humain: "La modélisation de l'évolution d'un système multi-agents par algorithme génétique permet de cerner les conditions dans lesquelles le fait de fournir des informations utiles aux autres agents est une stratégie profitable".

Jean-Louis Dessalles a écrit deux livres, sur lesquels nous reviendrons :
- L'ordinateur génétique, Hermès, Paris, 1996, qui constitue un véritable traité des algorithmes génétiques (AG) à la date de parution http://www.infres.enst.fr/~jld/papiers/pap.evol/96061301.html ;
- Aux origines du langage - une histoire naturelle de la parole, Hermès, Paris, 2000 http://www.infres.enst.fr/~jld/papiers/pap.evol/99111703.html.

Voir aussi :
Dessalles, J-L. & Ghadakpour : L'activité scientifique en tant que comportement naturel ancré sur le conflit cognitif , L. (1999).
In (ed.), Conflits des interprétations et interprétation des conflits - Actes des huitièmes journées de Rochebrune. Paris : ENST 99-S-001, 87-98.

L'activité scientifique en tant que comportement naturel ancré sur le conflit cognitif : ce texte est très intéressant en termes d'épistémologie:
Abstract :
"Nous proposons l'idée selon laquelle on peut décrire la génération des arguments dans les conversations quotidiennes et la formulation d'hypothèses dans l'activité scientifique selon les mêmes processus formels. Autrement dit, nous suggérons le fait que la progression des sciences ressemble, formellement, à une argumentation. Dans la recherche scientifique comme dans la conversation, il s'agit, dans une démarche collective, de mettre en évidence, puis de résoudre, ce que nous appelons un conflit cognitif. Nous donnons une liste restreinte de principes dont l'application récursive laisse émerger l'argumentation, qu'elle soit scientifique ou quotidienne. La mise en évidence de ce parallèle à pour conséquence une naturalisation de l'activité scientifique".
http://www.infres.enst.fr/~jld/papiers/pap.cogni/99100103.html

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© Automates Intelligents 2001

 

 


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