Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
Alexandria.
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Le
cerveau possède-t-il un modèle des lois de Newton
?
CJ 26/06/01
Comment peut-on prévoir la trajectoire d'une
balle en chute libre et synchroniser l'activité musculaire
en vue du moment du contact ?
Deux théories s'opposent sur cette question. Selon la première,
seules des informations sensorielles sont requises qui permettent
d'estimer directement le temps qui sépare la perception de
la saisie d'une balle (time-to-contact, TTC) ; selon la deuxième,
une connaissance implicite, inscrite dans le fonctionnement des
réseaux du cerveau, des lois de la physique interviendrait.
Les chercheurs du Laboratoire Européen de Neurosciences de
l'Action (LPPA, CNRS Collège de France, Paris ; et Centre
de biomédecine spatiale, IRCCS Santa Lucia Rome) viennent
de montrer que, lorsqu'ils sont en apesanteur, les astronautes effectuent
le mouvement de saisie d'une balle comme s'ils étaient sur
Terre. Les données démontrent que pour estimer le
TTC, le cerveau a recours à un modèle interne de l'accélération
de la gravité qui complète les informations sensorielles
et permet la prédiction.
Une
réorganisation cérébrale des régions
motrices après une greffe des deux mains CJ 24/06/01
Si on savait que l'organisation du cortex cérébral
était modifiée après une amputation, l'éventuelle
réversibilité de cette réorganisation n'avait
pas encore été étudiée. Utilisant l'imagerie
par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), l'équipe
de neuropsychologie de l'Institut des sciences cognitives (ISC)
du CNRS à Lyon, en collaboration avec le Centre hospitalier
universitaire de Saint-Etienne et l'Hôpital Edouard Herriot
à Lyon, vient de montrer qu'après la transplantation
de deux mains chez un patient, les mains greffées s'intégraient
dans la représentation du schéma corporel. La greffe
renverse donc l'organisation corticale précédemment
induite par l'amputation.
Bonne nouvelle. L'université de tous les savoirs,
initiative remarquable de Yves Michaud va reprendre, à un
rythme il est vrai un peu moins soutenu que la précédente
opération. On pouvait penser en effet que les savoirs étaient
loin d'être épuisés - sans compter leur nécessaire
actualisation. Les prochains thèmes intéresseront
particulièrement les lecteurs d'Automates intelligents :
nouvelles techniques d'observation dans les sciences, psyché
et nature de l'esprit, nanotechnologies, nouvelles recherches en
mathématiques, inégalités.
Vingt conférences auront d'abord lieu du 5 juillet
au 24 juillet 2001, tous les jours du lundi au vendredi à
18h30, les samedis, dimanche et le 14 juillet à 11h du matin.
A partir du 4 octobre 2001, une conférence aura lieu chaque
semaine tous les jeudis à 18h30
Formulons le souhait de voir les textes publiés
sur Internet dans leur version écrite. Le citoyen n'a
pas forcément le temps d'écouter les retransmissions
audio - ou pour les privilégiés qui habitent Paris
de se rendre à l'amphithéâtre Binet de l'Université
Paris 5, 45 rue des Saint-Pères, dans le 6ème arrondissement.
Une telle diffusion sur Internet n'enlèverait rien au marché
de l'édition "classique".
Beaucoup d'entre nous seraient d'ailleurs d'accord , nous le supposons,
à payer l'accès aux pages des conférences qui
nous intéressent.
Plaçons sous les projecteurs la prochaine
sortie du film remarquable de Jacques Perrin, "Le Peuple migrateur".
Ce film devrait intéresser, autant que celui de S. Kubrick,
les scientifiques, y compris les roboticiens. Jacques Perrin (que
l'on ne présente plus, nous espérons) y suit de près
la vie et les migrations de nombreuses espèces d'oiseaux,
dont les oies, nés sur son domaine, mais aussi saisis dans
leur milieu naturel, y compris en vol à haute altitude.
Ce long métrage donne matière à la réflexion
scientifique par plusieurs aspects :
Il y a d'abord, évidemment, ce qu'il nous
apprend sur la vie d'animaux encore rarement observés.
Il est certain, comme le remarque Jacques Perrin dans Paris
Match (édition du 21juin 2001), que ces successeurs des
dinosaures ont eu en 50 millions d'années le temps de
développer d'innombrables capacités cognitives
dont nous n'avons pas encore sans doute la moindre idée.
Voici donc une matière qui devrait mobiliser de plus
en plus de moyens, si nous voulions comprendre le monde animal
avant de l'avoir complètement détruit.
Mais le deuxième point à noter concerne
l'utilisation de petits robots observateurs, qui ont l'avantage
de ne pas déranger les oiseaux. Là encore, on
peut penser qu'il y a matière à progrès
considérables. De tels robots, miniaturisés mais
de plus en plus intelligents, capables de se déplacer
de façon autonome, y compris en altitude, offriront des
moyens encore insoupçonnés de s'interfacer avec
les espèces animales. Nous pourrons ainsi - sans doute
- comprendre un peu mieux ce que nous ne pouvons pas les entendre
nous dire actuellement.
Un
oeil parfait, qui permettrait de voir beaucoup plus loin ?
CJ 21/06/01
Jim Schwiegerling, professeur d'ophtalmologie et
de sciences optiques (Centre de sciences optiques et département
d'ophtalmologie de l'université d'Arizona - Tucson)
développe actuellement un modèle informatique de l'il
parfait.
Objectif : obtenir d'ici deux ans une technologie qui permette à
93% des patients opérés des yeux* de retrouver une
vue parfaite de 10/10ème. Le scientifique espère aussi
dépasser les 10 /10ème dans 16% des cas.
Verrons-nous ainsi, d'ici deux ans, l'apparition
de véritables hommes-lynx ?
De quoi tenter aussi les personnes dotées d'une
vue irréprochable... Seulement voilà, risques obligent
: ce genre d'intervention n'est pas autorisée sur les personnes
dépourvues de troubles visuels.
* Rappelons que cette proportion n'est actuellement
que de 60%.
Annie
Gautier-Hion et les cercopithèques
JPB 20/06/01
L'émission "Continent Sciences de France Culture,
le 21 juin, "Des singes dans leur milieu "(09h05) a bien montré
que si les primates sont des objets d'étude très divers
et tous passionnants (éthologie, science cognitive), l'une
des voies les plus fécondes est aussi d'étudier
la communauté écologique dans laquelle ils se trouvent.
C'est, en tout cas, le domaine d'Annie Gautier-Hion, chercheuse
et directrice de la station biologique de Paimpont, dans la forêt
de Brocéliande, la seule où, en France, sont élevés
des cercopithèques. Le domaine s'étend à l'ensemble
des forêts du monde où se trouvent les primates en
liberté.
Les observations et constatations de cette scientifiques sont
passionnantes. Elles intéressent tous ceux qui étudient
l'animal, l'homme et... le robot. Certains lui reprocheront peut-être
quelques affirmations, ou remise en cause d'idées de collègues,
un peu tranchées, mais c'est la rançon de la compétence
et de l'expérience de terrain.
Constatation des plus tristes : rappelons que tous
les singes, et partout en Afrique, sont chassés avec des
méthodes "industrielles" pour alimenter les marchés
de la viande en ville.
Peut-on
être un emmerdeur-né à 20 mois ?
JPB 20/06/01
Un
de nos lecteurs, souhaitant (je ne sais pourquoi ?) rester anonyme,
nous demande si un bébé de 20 mois qui s'en prend
systématiquement à ses congénères dans
un bac à sable, est un emmerdeur-né (génétiquement
déterminé pour emmerder) ou s'il a déjà
été rendu ainsi par des parents eux-mêmes quelque
peu associaux.
La question, on le devine, est plus sérieuse
qu'elle n'en a l'air.
Elle pose la vaste question de l'épigénétique.
Je n'ai pas de réponse à donner, mais peut-être
en auriez-vous ?
La
mémoire et l'oubli
JPB 20/06/01
Signalons le numéro spécial de La Recherche
consacré à la mémoire. Tous ceux qui s'intéressent
au fonctionnement du cerveau et à ceux des mécanismes
de ce dernier éventuellement simulables en machine y trouveront
amplement matière à réflexion.
Notre choix, parmi les 23 articles proposés:
Neuro-modelage des souvenirs, par Serge Laroche
: comment se manifeste la plasticité du cerveau dans
la formation des traces mnésiques.
Identité personnelle et apprentissage ,par
Pierre Jacob: les métareprésentations permettant
la mémorisation des souvenirs autobiographiques et des
cadres d'énoncés.
L'individuel sous l'influence du collectif, par
Dan Sperber : c'est tout le problème des mémoires
externes, question plus que jamais d'actualité à
l'heure du web.
Le chef d'orchestre de la mémoire spatiale,
par Bruno Poucet et Etienne Save: comment le cerveau mémorise
les lieux et s'oriente dans l'espace.
Je l'ai sur le bout de la langue, par Elizabet
Bacon et al. : le rôle des benzodiazépines dans
l'oubli partiel
Amnésies ; l'imagerie cérébrale
lève le voile ,par Francis Eustache & al.
Le syndrome des faux souvenirs, par Olivier Blond
: quel crédit apporter aux souvenirs de traumas rapportés
par certains patients ?
Mémoire freudienne, mémoire de l'oubli,
par Alain Vanier : l'article rappelle les théories freudiennes
concernant l'inconscient, mais ne s'aventure pas sur la recherche
des traces cérébrales de celui-ci, et donc de
sa consistance neurologique. Question pourtant de plus en plus
posée.
Privée d'émotions, la mémoire
flanche, par Martine Meunier : émergence des neurosciences
affectives. Voici un mot à retenir.
Les espaces-temps de nos souvenirs, par Liesbeth
A. Bruins Slot et Francis C. Colpaert: la dissociation des états
de mémoire.
Sur les traces de la mémoire, par Rémy
Versace et Brigitte Nevers : la réactivation des traces
mnésiques.
On lira aussi dans ce numéro, sous la signature
de Jean-Louis Dessalles, une critique en demi-teinte du livre de
Alain Cardon (Conscience
artificielle et systèmes adaptatifs). Signalons simplement
que depuis la parution de ce livre, la réflexion de Alain
Cardon a beaucoup progressé, ce qui devrait fournir des réponses
aux questions que se pose J.L. Dessalles (voir
notre dossier).
"Web signifiant" : il s'agit d'un programme de grande
ampleur développé par les promoteurs de l'Internet
au sein du World Wide Web Consortium, destiné à rendre
interopérables les contenus signifiants ou sémantiques
des millions de pages web qui seront dorénavant produites
annuellement dans le monde - pour peu que les standards proposés
par le W3C soient respectés.
Les machines pourront naviguer dans le Semantic web et en retirer
automatiquement les informations intéressant telle ou telle
requête. D'où un énorme gain de temps et un
accroissement sensible de l'intelligence collective. Certains verront
là une nouvelle preuve que la vieille GOFAI (Good Old
Fashioned Artificial Intelligence) n'est effectivement pas morte.
Tant mieux.
Le programme est ainsi décrit sur le site du
Consortium : Facilities to put machine-understandable
data on the Web are becoming a high priority for many communities.
The Web can reach its full potential only if it becomes a place
where data can be shared and processed by automated tools as well
as by people. For the Web to scale, tomorrow's programs must be
able to share and process data even when these programs have been
designed totally independently. The Semantic Web is a vision: the
idea of having data on the web defined and linked in a way that
it can be used by machines not just for display purposes, but for
automation, integration and reuse of data across various applications.
L'équipe de Stefan Kuhr (Institut de Physique
appliquée de l'université de Bonn) a réussi
à capturer des atomes un à un puis à les catapulter
à un moment désiré*.
Le secret : emprisonner des atomes de césium refroidis dans
les interférences constructives produites par deux lasers
YAG placés face à face.
Par simple changement de longueur d'onde, il est possible de déplacer
chaque atome sur une distance pouvant aller jusqu'au centimètre.
En éteignant ensuite brusquement les lasers pendant que le
césium se promène, celui-ci est alors catapulté
à une vitesse de quelques mètres à la seconde.
Un travail important dans la quête de la réalisation
des ordinateurs quantiques, dans lesquels il faudra savoir manipuler
individuellement les atomes.
*Article à paraître prochainement
dans la revue Science
Créer
des robots gladiateurs
JPB/CJ 19/06/01 (Source About)
Créer des robots gladiateurs : voici l'idée de
l'entreprise Roboforge qui, pour cela, propose différents
outils exploitables sur ordinateur. Nous n'avons pas essayé,
faute de temps. Cela dit, il s'agit d'une entreprise commerciale,
dont nous ne voulons pas faire gratuitement la publicité.
A vous de voir donc, si vous en avez le temps.
Un
peu dans lemême esprit, voyez le package permettant de créer
des robots bipèdes, quadrupèdes, hexapèdes,
etc., proposé sous le nom de Yobotics Simulation Construction
Set par la firme Yobotics
Open
Mind Initiative
JPB/CJ 19/06/01 (Source About)
GOFAI n'est pas morte, comme tentent de le prouver les promoteurs
du projet Open Mind Artificial Intelligence. GOFAI signifie Good
Old Fashioned Artificial Intelligence, et s'oppose aux
méthodes de l'AI évolutive popularisée par
le Cog de Rodney Brooks.
La vieille AI ne renonce pas à l'approche traditionnelle,
supposant des années de travail et des centaines de chercheurs.
En l'espèce, l'idée (ancienne, mais toujours d'actualité,
sous réserve d'une modernisation de ses méthodes),
consiste à nourrir les mémoires de masse de nombreux
ordinateurs des milliards d'information signifiantes éparses
sur le web. Mais, comme nous sommes en 2001, on mobilisera pour
cela des centaines d'internautes, en essayant de les motiver par
l'aspect ludique du projet.
Un système universel d'AI devrait pouvoir collecter
toutes les informations dont disposent les hommes à propos
de tel ou tel sujet, et les restituer à la demande. Cette
collecte doit viser, non pas à accumuler des données
théoriques inutilisables par ceux qui posent les questions
(il suffirait alors de recopier les pages des encyclopédies),
mais à préparer les réponses aux questions
qui seront effectivement posées. On fait la supposition que
ceux à qui l'ordinateur s'adressera connaissent les bonnes
réponses et ne demandent pas mieux que les communiquer au
système. Il faut que l'ordinateur prépare la réponse
dans le même temps qu'il pose la question. La façon
la plus simple est qu'il pose lui-même une question proche
de celle qui lui sera posée ultérieurement, et note
la réponse. Des travaux de contrôle et de mise en cohérence
assureront évidemment la vérification de la pertinence
scientifique des réponses préparées par l'ordinateur
suite au questionnement.
Empruntons au projet la description rapide de
la façon dont Open Mind Initiative travaille. Il s'agit du
sous-ensemble Animals : http://www.openmind.org/Animals "Animals is an experimental program to demonstrate the capabilities
of and design issues related to the Open Mind Initiative. It is
a simple game in which the current player thinks of an animal and
the computer tries to guess it. The computer is allowed to ask the
player a series of yes/no questions (e.g., Does it bark?) and the
player has to answer them truthfully. If the computer cannot guess
the answer correctly, it would ask the player to "teach" it by telling
it the name of the animal and a question to distinguish that animal
from the computer's guess. As more players participate, the computer
will hopefully learn a database of all animals and the necessary
questions to distinguish them."
Peut-être sommes-nous naïfs : nous restons
persuadés, tout en étant de fermes partisans de l'AI
évolutionnaire, qu'il y a encore des choses à tirer
de GOFAI, en faisant un peu preuve d'imagination et en mobilisant
les millions de citoyens qui aimeraient faire ensemble des choses
excitantes pour l'esprit, plutôt que se masturber (l'intellect)
sur des sites roses.
Selon le Chronicle of Higher Education (http://www.chronicle.com),
le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a reçu deux
dons d'une valeur totale de 11 millions de dollars (12,9 millions
d'euros) pour mettre gratuitement en ligne l'ensemble de ses cours
et créer un logiciel que d'autres établissements pourraient
utiliser gratuitement.
La fondation Andrew Mellon et la fondation William et Flora Hewlett
sont les deux donatrices et ont versé 5,5 millions de dollars
chacune sur 27 mois pour la première phase du lancement de
l'OpenCourse Ware.
Ce projet du MIT (voir notre
éditorial d'avril 2001) est suivi avec intérêt,
car il part du principe que les cours doivent être considérés
comme des publications scolaires et non comme des produits commerciaux.
Le projet doit débuter le 1er juillet prochain et une grande
partie des dons servira à l'embauche d'une équipe
de 25 à 30 personnes pour la maintenance du site.
Dès la première phase du projet, 500 cours devraient
être mis en ligne et 250 s'y ajouteront tous les six mois
pour atteindre 2000 au total.
L'ensemble du projet, conçu sur huit ans, coûtera 100
millions de dollars. Le MIT n'exclut la possibilité de vendre
des licences à des établissements privés.
Une
interview de Toru Takenaka
JPB 15/06/01
Le Monde Interactif du 13 juin interviewe Toru Takenaka, père
du robot humanoïde Asimo (Advanced step in Innovative Mobility),
devenu le porte-parole de Honda dans la robotique. Il explique que
le principal moteur de la robotique au Japon est le goût de
ses concitoyens pour les Mangas, les jeux et, plus généralement
le rêve. Dommage qu'en France, ces thèmes n'inspirent
guère les rêves.