Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
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Une
douzaine de robots envoyés dans les décombres du World
Trade Center ont permis d'épargner bien des dangers aux pompiers
et aux secouristes. Grâce à ces robots, dont certains
ont été conçus et développés
au sein du programme "Tactical Mobile Robots program"
de la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), plusieurs
poches épargnées par l'effondrement, mais n'abritant
hélas aucun survivant, ont pu être détectées.
Le Packbot (photo ci-dessus) conçu par la société
iRobot, est doté de nageoires qui lui permettent de se déplacer
sur des terrains difficiles et de monter les escaliers. L'Urbot,
développé par la Space and Naval Warfare Systems Command,
fonctionne aussi bien mis
"tête" en bas. Talon, réalisé par
la société Foster-Miller, est doté de bras
et de pinces et est capable de porter un poids allant jusqu'à
90 kg ; Solem, robot de reconnaissance est quant à lui pas
plus grand qu'une boîte à chaussures
Les observations été faites sur le terrain
seront riches d'enseignement pour les concepteurs. Les pneumatiques
d'un des robots ont par exemple été détruits
dans les décombres encore brûlants : dans l'avenir,
on rajoutera au système des capteurs de température.
L'ensemble des observations et des données recueillies seront
enregistrées et analysées par le nouveau Center for
Robot-Assisted Search and Rescue (Colorado) du National Institute
for Urban Search and Rescue (organisation à but non lucratif,
située à Santa Barbara en Californie).
Ray Kurzweil, l'inventeur entre autres de la machine
de reconnaissance de formes (Reading machine), auteur de "The
age of spitritual machines" et prophète inépuisable
de la grande Transition, s'est fait récemment reprocher par
une journaliste américaine d'annoncer que les hommes allaient
vivre prochainement 120 ans entourés de machines pensantes,
alors que la très grande majorité des humains aujourd'hui
ont une espérance de vie de 40 ans.
Les circonstances actuelles imposent aux futurologues de l'Intelligence
Artificielle conquérante (dont nous sommes sans doute) un
dur rappel aux réalités. Il reste cependant très
stimulant de parcourir les contenus souvent mis à jour du
site Kurzweil AI. L'auteur n'élude d'ailleurs pas les conséquences
à tirer de l'attentat du 11 septembre. Il plaide entre autres
pour des technologies plus distribuées, et le renforcement
de la sécurité. http://www.kurzweilai.net/meme/frame.html?main=/...
Stanislas
Dehaene, chercheur en neuropsychologie cognitive
JPB 29/09
Dans le numéro spécial Mathématiques de
La Recherche d'octobre 2001 (http://www.larecherche.fr/arch/01/10),
Stanislas Dehaene, chercheur en neuropsychologie cognitive au service
hospitalier Frédéric Joliot à Orsay, analyse
le "sens du nombre" présent chez certains animaux comme chez
le très jeune enfant, ainsi que sur le mode inconscient dans
le cerveau adulte. Il s'agit d'une faculté qui n'est pas
liée au langage. L'animal détermine son comportement
en fonction du nombre perçu, mais sa perception est approximative.
La représentation exacte de la quantité suppose en
effet l'accès au symbole. La perception du nombre a été
implantée dans le cerveau par l'évolution. Mais le
nombre, pas plus que la couleur, n'est dans la nature. Il s'agit
d'une organisation du monde extérieur rendue possible par
le fait que le cerveau, par construction, perçoit les objets
discrets.
Stanislas Dehaene rapporte plusieurs expériences montrant
les incapacités à calculer résultant de déficiences
cérébrales. Il estime que le domaine des recherches
entre circuits cérébraux et mathématiques est
en pleine expansion. Il en tire des conclusions relativement aux
relations de ces dernières avec le réel qui peuvent
l'opposer aux propositions de mathématiciens tels qu'Alain
Connes, pour qui existerait un "réel mathématique
archaïque" que le cerveau découvrirait, comme il le
fait dans d'autres domaines de la science.
Pour Stanislas Dehaene, l'évolution a doté l'animal
(parce que cela l'aide à survivre) de la capacité
de se représenter les quantités de façon non
décomposable, non analysable. Mais ces objets mentaux, chez
l'homme, ont pris une "vie propre" avec l'implantation du langage
symbolique.
Comme tout langage, ils ont permis des constructions sur le mode
génératif. Cependant ces représentations culturelles
restent définies et limitées par les caractéristiques
architecturales du cerveau. Les méthodes de l'imagerie cérébrale
et des neurosciences cognitives en plein essor mettent en évidence
de plus en plus de mécanismes cérébraux intéressant
l'activité mathématique. Par conséquent, ce
serait une illusion de voir dans le modèle mathématique,
comme dans tous modèles d'ailleurs, une expression fidèle
de la réalité. Celle-ci conserve une distance irréductible.
La discussion est philosophique, mais fondamentale.
On peut supposer que la plupart des chercheurs en intelligence
artificielle partageront les vues de Stanislas Dehaene.
Pour en savoir plus :
Page personnelle de Stanislas Dehaene sur le site de la Fondation
Edge : http://www.edge.org/3rd_culture/bios/dehaene.html.
A l'occasion, on pourra visiter le site de la Fondation et du Reality
Club : http://www.edge.org/about_edge.html
Prix "connaissance de l'homme" de la fondation américaine
James S. McDonnell, attribué à Stanislas Dehaene en
1999 : http://www-dsv.cea.fr/docs/dsv/ceabio/20/prix20_fr.htm
Commentaire par Jacque Ninio de l'ouvrage de S. Dehaene, La bosse
des maths, Odile Jacob, 1997 (Prix Jean Rostan).
Le livre analyse les capacités du cerveau à traiter
les nombre de façon inconsciente. Mais l'auteur assure qu'il
le fait de façon floue, les traitant comme des grandeurs
analogiques. Il n'y aurait donc pas dans le cerveau de machine à
calculer susceptible d'accéder aux nombres purs. Le commentaire
présente quelques objections à la thèse de
l'auteur : http://www.pourlascience.com/numeros/pls-238/livres.htm
Une expérience montrant que le cerveau peut reconnaître
un nombre de façon inconsciente (communiqué du 8 octobre1998)
: http://www.cnrs.fr/SDV/dehaene.html
Une
intelligence non terrestre
JPB 29/09
Blue Voice est une fondation
consacrée à une meilleure connaissance des milieux
marins, et plus particulièrement à l'étude
et la protection des cétacés. Des expériences
scientifiques ont été conduite depuis déjà
20 ans dans les Bahamas et ailleurs pour décrypter l'intelligence
des dauphins. Des plongeurs dotés de micro-ordinateurs et
appareils acoustiques ont enregistré les sons hyper-fréquence
émis par ces animaux. Ils ont tenté d'y répondre
et d'utiliser ces rudiments de dialogue pour divers échanges
avec eux, notamment des imitations réciproques de gestes
et postures.
Bien que menées avec peu de moyens, ces études ont
l'avantage d'être faites en milieu naturel. Les chercheurs
sont de plus en plus convaincus de l'existence d'une intelligence
avancée chez les dauphins, difficile à détecter
par la nôtre, puisque cette intelligence n'est ni humaine
(évidemment) ni terrestre. Ceci mériterait bien d'autres
études, respectueuses de ces espèces partout menacées.
Pendant ce temps, les intérêts sordides des pêcheries
industrielles, libéralisme oblige, continuent à massacrer
les cétacés par milliers.
Les
sociétés humaines comparées à des organismes
vivants
JPB 29/09
Jean Louis Gassée, PDG de Be
Inc. à Menlo Park en Californie (jlg@be.com)
et chroniqueur à Libération, développe à
propos du terrorisme et des différences de culture entre
sociétés une considération de type organiciste,
se terminant par le paragraphe suivant (http://www.liberation.fr/chroniques/gassee.html)
: "Et si la culture, le système américain
étaient vus comme un virus qui se répand, abâtardit,
disent les uns, menace, déstabilise, disent les autres. Si
cest une forme de vie, elle absorbe et constamment fait sienne
les influences extérieures, européennes, asiatiques,
africaines, moyen-orientales, hindoues, hispaniques. Cest
un composant de sa force, de sa séduction, cette capacité
à intégrer les cultures comme les ethnies. Si cétait
vrai, le virus qui se répand tout en se modifiant constamment
devrait nous éviter un jour la pandémie du terrorisme,
éviter les régimes tyranniques dun côté
comme de lautre, tout en se manifestant en mutations différentes
autour de la planète. Est-ce lhorreur de la globalisation
ou tout simplement des échanges de matériel génétiques
entre cultures, comme par le passé?".
En dehors du fond du propos, qui est ce qu'il est,
nous pouvons constater que la métaphore biologique est employée
sans hésiter dans cet article par un homme de formation scientifique.
Une métaphore robotique aurait pu aussi être utilisée.
Mais un "vrai"scientifique objecterait sans doute que les sociétés
ne sont ni des virus, ni des organismes biologiques, ni des robots,
et que ces comparaisons sont au mieux inutiles, au pire dangereuses.
Il aurait tort, car de tels rapprochements suscitent inévitablement
des hypothèses, d'essence interdisciplinaire, qui pourront
ensuite être testées par un travail lui-même
interdisciplinaire (sociologues et biologistes ou roboticiens),
de la même façon que serait testée une hypothèse
interne à une discipline donnée. C'est à ces
rapprochements, souvent hasardeux, parfois féconds, que nous
nous essayons parfois dans cette revue.
Le
projet Sahabot
JPB 29/09
L'Institut d'informatique de l'Université de Zurich
(IFI) présente le robot Sahabot2, qui imite la capacité
de la fourmi saharienne Cataglyphis à s'orienter grâce
à la lumière polarisée par l'atmosphère.
Les yeux de la fourmi captent les orientations de cette lumière,
qui sont ensuite traitées au niveau de son système
nerveux. Sahabot 2 est doté de capteurs identique, afin de
mémoriser et retrouver ses déplacements dans un monde
en trois dimensions, c'est-à-dire sans projection sur un
plan horizontal. S'agit-il de réinventer le GPS?
Les laboratoires fédéraux américains
Sandia (logiciels) présentent en coopération avec
la firme Remotec Inc (plateforme) un robot démineur et anti-terroriste
baptisé Wolverine. L'engin est présenté comme
réalisant en autonomie les opérations relatives au
"Comment faire", laissant à son pilote les décisions
relatives au "Quoi faire".
Le stress pesant sur les opérateurs dans des situations d'urgence
sera ainsi en partie pris en charge par le robot. Voici un engin
qui devrait avoir un bel avenir, hélas.
Symposium
"La vérité dans les sciences" au Collège de
France.
JPB 29/09
Le Collège de France organise les 16 et 17 octobre
un symposium consacré au thème de la vérité
dans les sciences. Sont prévues notamment des exposés
de J. Bouveresse, J. Tits, J.P. Changeux, P. Descola, P. Bourdieu,
E. Zahar, J.L. Puget. Entrée libre. http://www.college-de-france.fr/college/seminaires/colloques.html
Un
pas vers la téléportation CJ 27/09
Des chercheurs danois de luniversité
dAarhus ont réussi à relier par enchevêtrement
quantique deux nuages de césium distants l'un de l'autre,
créant un "lien télépathique" entre eux et
leurs particules éloignées.
Rapportés dans Nature, ces travaux sont de premières
importance car jusqu'ici l'enchevêtrement n'avait pu être
observé que pour quelques atomes, au niveau microscopique,
et l'on pensait qu'il ne pouvait en être autrement. Mais avec
de nouvelles méthodes, les scientifiques ont démontré
expérimentalement qu'il est possible de générer
cet enchevêtrement quantique pour deux objets macroscopiques
séparés, chacun consistant en un gaz de césium
contenant près de 1012
atomes : "L'expérience montre qu'il est possible de créer
des enchevêtrements avec des objets macroscopiques, simplement
en utilisant un faisceau laser -ce qui signifie qu'on
peut le faire même si les objets sont séparés
par une distance conséquente", explique Eugene Polzik, chef
de l'équipe.
"Nous avons aussi montré que cet état
peut persister pendant un temps certain, même à température
ambiante". Les atomes ont ainsi été "persuadés"
dinteragir, de telle sorte que les événements
affectant les uns affectaient les autres, peu importe la distance
les séparant .
Les scientifiques caressent maintenant lespoir quintensifier
cet enchevêtrement (qui pour l'instant a pu être maintenu
pendant 0,5 millisecondes, ce qui est énorme) pourrait ouvrir
la porte à des systèmes de communications quantiques
ultra-rapides, incluant par exemple la téléportation
d'objets matériels en transférant instantanément
leurs propriétés dun endroit à un autre.
Le Prix Crafoord 2001 a été remis le 26 septembre
2001 au mathématicien Alain Connes par le Roi de Suède,
au cours d'une cérémonie à l'Académie
Royale des Sciences. Ce prix, annoncé le 24 janvier dernier,
vient récompenser ce professeur à l'Institut des Hautes
Etudes Scientifiques (IHES) et au Collège de France pour
ses " importants travaux dans le domaine de la théorie
des algèbres d'opérateurs et pour avoir été
l'un des fondateurs de la géométrie non-commutative."
Considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs mathématiciens
au monde, Alain Connes a ouvert de nouvelles voies dans la théorie
des algèbres d'opérateurs (obtenant pour cela la Médaille
Fields en 1983 -équivalent du Prix Nobel pour les mathématiques).
Il est aussi l'un des fondateurs de la géométrie non-commutative,
domaine entièrement nouveau dans lequel il a apporté
une contribution décisive.
Ses travaux ont notamment également donné naissance
à de nouvelles méthodes en physique théorique
pour traiter la théorie de renormalisation et le modèle
standard de la théorie quantique des particules élémentaires.
Robo
Sapiens, paru en français chez les Editions Autrement
CJ 26/09
Robo Sapiens - Une espèce
en voie d'apparition : sous ce titre est parue ce 26 septembre
chez les Editions Autrement la traduction française du livre
"Robo Sapiens - Evolution of a new species" de Peter Menzel &
Faith D'aluisio, livre déjà chroniqué dans
nos colonnes lors de sa parution en 2000 (cf. http://www.automatesintelligents.com/biblionet/...
Même si nous avions signalé à l'époque
que ce livre ne mentionnait aucune réalisation française
ou européenne (si ce n'est quelques laboratoires allemands),
nous ne pouvons que conseiller sa lecture.
Signalons que la version française s'enrichit d'une excellente
introduction écrite par Agnès Guillot et Jean-Arcady
Meyer, de l'animatlab.
Le
robot Gene-Gin de Pangene
JPB 25/09
La firme américaine Pangene annonce le Gene
Gin, un système robotisé capable disoler
et de cloner automatiquement des gènes. Il s'agit d'industrialiser
les procédés de clonage en vue de développer
la pharmacogénomique. Pour ce faire, lentreprise combine
son expertise en robotique, séparation magnétique
et isolation de gènes, et propose une plate-forme utilisant
un procédé enzymatique pour isoler des clones appropriés
dans des mélanges complexes dADN. Le résultat
permettrait d'obtenir des produits de bonne qualité, sans
les accidents atteignant généralement les fragments
d'ADN avec d'autres procédés. (Source L'Usine
Nouvelle)
France-Culture
a présenté le 25 septembre une excellente émission
consacrée à ce phénomène toujours mystérieux
que sont les enfants sauvages. Les cas qui font le plus réfléchir
sont ceux des enfants élevés par des loups ou des
ours. L'expérience a montré qu'ils conservent un certain
temps des capacités sensorielles très développées,
caractéristiques de l'espèce animale. Ceci en dit
long sur la plasticité du cerveau et des organes des sens
chez l'homme. Les enfants élevés par des loups réagissent
également longtemps aux hurlements très particuliers
de ces animaux. Nous avons appris à cette occasion que le
"chant du loup" sert exclusivement à assurer la cohésion
sociale, sans porter de message circonstancié. On se prend
à rêver à ce que pourrait donner des générations
successives d'humains vivant exclusivement avec des loups. Deviendraient-ils
encore plus proches d'eux, comme les cellules souches équipotentes
qui s'adaptent à leur milieu d'accueil?
Pour en savoir plus :
"L'enfant sauvage". Avec Lucienne Strivay, anthropologue, auteur
d'une thèse, "L'homme descend du songe, approches anthropologiques
de l'enfant sauvage" (Université de Liège-2000)
; Jean-Pierre Klein, psychiatre, auteur d'une "Histoire contemporaine
de la psychiatrie de l'enfant" (PUF, Que sais-je) ; Philippe
Grimbert, psychanalyste ; Michel Poizat, auteur de "Variation
sur la voix" (Ed. Anthropos-1998), "Vox populi, vox dei"
(Ed. Métaillé-2001) ; Michel Defourny, maître
de conférence à l'université de Liège,
spécialiste de littérature de jeunesse ; Boris Cyrulnik,
ethologue, auteur de "Un merveilleux malheur", et de "Les
Vilains petits canards" (Ed. Odile Jacob).
Olivier
Faugeras, chercheur à l'INRIA, lauréat World
Tech Awards 2001
CJ 22/09/01
Olivier Faugeras, directeur de recherche à l'Institut
national de recherche en informatique et en automatique (INRIA),
membre de l'Institut et professeur au MIT, est le gagnant des Word
Tech Awards 2001 (section "logiciels"), prix international venant
récompenser ses travaux sur la perception visuelle menés
au sein du laboratoire RobotVis de l'INRIA (http://www-sop.inria.fr/robotvis/robotvis-fra.html).
"Nous sommes les seuls au sein de notre laboratoire à
traiter à la fois de la vision artificielle et de la vision
biologique. Les chercheurs qui travaillent dans le domaine de la
vision artificielle ne s'inspirent pas de la vision chez l'homme
ou l'animal. Je pense que c'est une erreur. Cette activité
qui démarre est très prometteuse" explique
le chercheur.
La recette ici consiste à collecter tout d'abord
des informations sur la façon dont le cerveau humain perçoit
et analyse les signaux visuels (via usage de la résonance
magnétique nucléaire ou d'électroencéphalogrammes).
Pour cela, un sujet regardant différentes images doit répondre
à toutes sortes de questions tandis que l'on prend des clichés
de l'activité de son cerveau. Ces informations et les connaissances
qu'on en tire sont ensuite réinjectées dans des réseaux
neuronaux et forment la base de modèles informatiques, eux-même
formant la base des logiciels réalisés par ce
laboratoire.
Ces recherches ouvrent la voie à de nombreuses applications
industrielles qui vont de l'étalonnage des caméras
au suivi de séquences d'images, en passant par la reconstruction
de modèles 3D pour des visages, ou la synthèse d'expression
faciale. Signalons tout particulièrement le secteur des effets
spéciaux et trucages, qui recouvre tous les aspects
de la 3D sur le web pour le grand public, notamment les vues tridimensionnelles
interactives utilisées pour les visites virtuelles ou les
ventes aux enchères électroniques.
Des sociétés telles que RealViz ou Noesys utilisent
déjà les logiciels réalisés par le laboratoire
RobotVis.
A plus long terme, Olivier Faugeras souhaite porter ses efforts
sur le développement de prothèses pour aveugles et
mal voyants, ainsi que sur l'amélioration de l'imagerie artificielle.
Vidocq, le film de Pitof, a été tourné entièrement
avec caméra numérique, et reconstruction en images
virtuelles du Paris de 1830. Il est intéressant de voir un
film français utiliser ces techniques qui semblaient jusqu'ici
réservées aux réalisateurs américains
et japonais. Les amateurs de jeux vidéo seront plus à
leur aise dans l'univers ainsi créé que les spectateurs
habituels. Mais les possibilités d'ouverture sur des mondes
totalement imaginaires sont infiniment plus riches, et devraient
représenter un enjeu pour les auteurs souhaitant sortir des
sentiers battus du cinéma intimiste.
Pour en savoir plus :
Vidocq - Le film. Le site donne quelques aperçus en images
virtuelles des résultats de la technique utilisée : http://www.vidocq-lefilm.com
Un
système contre les détournements d'avion ?
CJ 20/09/01
Fastnet Radio AG, entreprise allemande qui a mis au point un
système de surveillance et de communication par satellite
relayé à l'aide d'un petit appareil, envisage d'en
équiper les avions pour empêcher la possibilité
d'un éventuel détournement.
Cette technique, qui aujourd'hui permet de déterminer la
position, la vitesse et la direction des automobiles - et qui a
aussi déjà fait ses preuves dans la navigation maritime
- n'avait encore été testée sur des avions.
Pas plus gros que deux paquets de cigarettes, le dispostif peut
recevoir des ordres a distance, de sorte qu'un avion déviant
de sa route pourrait alors être piloté par un commandement
central.
Une opération de téléchirurgie
transatlantique a été réalisée début
septembre entre New York et Strasbourg. Une patiente de 68 ans y
a été opérée par un chirurgien français
opérant à New York, le professeur Jacques Marescaux
assisté d'une équipe de l'IRCAD (Institut de recherche
contre les cancers de l'appareil digestif). La robotique et une
liaison à très haut débit fournie par France
Télécom ont permis d'opérer en toute sécurité.
Le robot nommé Zeus était fourni par la société
Californienne Computer Motion, partenaire à l'opération,
baptisée Lindbergh. Les délais de transmission étaient
de 130 millisecondes, pour l'aller et retour de 15.000 kilomètres
et les temps de codage-décodage. La chirurgie a duré
54 minutes.
Il s'agit certainement d'une prouesse technique, surtout en
ce qui concerne la qualité de la transmission. Mais si l'on
considère les investissements nécessaires pour décentraliser
le geste opératoire, les retombées pratiques semblent
encore assez lointaines. L'intérêt principal de la
téléchirurgie est d'apporter le chirurgien virtuel
près d'un patient situé dans un lieu difficile d'accès
(par exemple un pays sous-développé) ou non transportable.
Il faut donc, dans l'exemple évoqué, apporter à
ce patient le robot et la ligne, ainsi que les équipes opératoires
d'assistance. Compte tenu du coût et des délais, il
peut s'avérer plus facile d'apporter le chirurgien lui-même
(sauf si le geste chirurgical requiert une expertise extrêmement
rare, comme c'est le cas dans certaines opérations cardiaques
ou neurocérébrales). Disons, en d'autres termes, que
la téléchirurgie ainsi envisagée demandera
un certain nombre d'équipements d'accueil, et ne sera facilement
organisable que dans les pays riches, par exemple au sein de réseaux
locaux très large bande hospitaliers..
La
société nippone Fujitsu mettra en vente avant la fin
de lannée le robot humanoïde miniature HOAP-1
(Humanoïd for Open Architecture Platform), destiné avant-tout
aux chercheurs.
Haute de 48 cm pour un poids de 6 kg, dotée notamment de
20 degrés de libertés, cette plate-forme robotique
a été présentée le 18 septembre à
Tokyo lors du Congrès de la Société Robotique
du Japon. Connectée sous port USB, fonctionnant sous Linux
en temps réel, elle permettra à son possesseur de
développer et tester toutes applications et programmes adaptés
à ses besoins (par exemple contrôle du mouvement, développement
d'algorithmes pour la marche bipède, recherches sur la communication
homme/machine...).
Grande inconnue : le prix, qui devrait être assez élevé...
Projet
de budget civil de Recherche et de Développement technologique
(BCRD) pour 2002
CJ 18/09/01
Roger Gérard Schwartzenberg, ministre de la
Recherche, a présenté le 18 septembre à la
presse le projet de Budget Civil de Recherche et de Développement
technologique pour 2002.
Ce budget s'élève à 57,234 milliards de francs
pour les dépenses ordinaires et les crédits de paiements
(DO +CP), soit une progression de 2,2%* par rapport à
2001. Les autorisations de programme (AP), qui concernent les moyens
de fonctionnement et d'investissement attribués à
la recherche, s'élèvent quant-à-elles à
25,158 milliards de francs, soit une progression de 3% par rapport
aux AP 2001 : une double progression qui, selon le ministre,
"permet de donner un nouvel essor à la recherche publique
et de traduire concrètement les orientations du ministère:
conduire une politique de l'emploi scientifique ; attirer les jeunes
vers la recherche ; renforcer les moyens de fonctionnement et d'investissement
de la recherche publique ; développer les champs disciplinaires
prioritaires; soutenir la recherche industrielle et l'innovation".
Le projet de BCRD 2002 prévoit notamment
la création de 500 emplois, dont 463 dans les Etablissements
publics à caractères scientifiques et technologiques
(EPST) soit : 100 emplois de chercheurs et 363 emplois d'ingénieurs
et techniciens et administratifs (ITA) pour renforcer l'accompagnement
de la recherche. Principaux bénéficiaires : le CNRS
(140), l'INRIA (110), l'INRA (100), l'INSERM (80), l'IRD (20) et
l'INRETS (7).
L'effort portera aussi sur le montant des allocations de recherche,
qui n'avait pas été revalorisé depuis plusieurs
années. Au 1er janvier 2002, ce montant sera augmenté
de 5,5 %, passant de 7400 F brut par mois à 7807 F brut mensuel.
Les AP des EPST progressent de 6,3 % en 2002, celles des AP de la
recherche universitaire de 19,3%.
Les moyens attribués aux champs disciplinaires jugés
prioritaires par le ministre sont renforcés :
- Les sciences du vivant constituent le premier objectif du BCRD
avec 14,6 milliards de francs soit environ un quart des moyens.
Leurs crédits progressent de 3,4 % en 2002 avec pour priorité
la génomique et la post-génomique et la lutte contre
les maladies transmissibles,
- Les recherches attachées au volet Environnement, énergie
et développement durable disposent de près de 9,478
milliards de francs en 2002 et représentent désormais
le deuxième poste de dépenses du BCRD, soit 16%. Elles
augmentent de 3,3% par rapport à 2001,
- Les moyens attribués aux recherches sur les STIC
atteignent 5,4 milliards de francs, en progression de 7,1% par rapport
à 2001(soit +360 millions de francs).
Les crédits consacrés aux programmes
aéronautiques civils progressent de 10,1% pour atteindre
1,75 milliards de francs en 2002.
Ils comportent le soutien au développement par Airbus de
l'avion de grande capacité A 380, la poursuite du soutien
aux autres programmes Airbus ainsi qu'à l'effort de recherche
amont et aux études de sécurité.
Le volet espace, pour sa part, bénéficie de 9,371
milliards de francs en 2002, soit environ 15,8% du BCRD.
* Augmentation qui, finalement, ne fait que
couvrir l'inflation.Le budget 2001 était
lui-même en augmentation de 2,2% par rapport à celui
de l'année 2000.