Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
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Yukiko
Goda et son équipe de l'Université de Californie a
réussi à obtenir des images de la formation de connections
temporaires et permanentes entre cellules nerveuses. Ces images,
qui constituent une première mondiale, montrent les changements
structuraux qui s'opèrent entre les neurones lorsque sont
emmagasinées des données, créant une mémoire
à court ou long terme.
Si les chercheurs connaissaient bien l'existence de ce réarrangement
entre cellules, il n'avait encore jamais été démontré.
Pour le mettre en évidence, l'équipe américaine
a filmé les cellules de l'hippocampe (structure impliquée
dans les processus de mémorisation) au moment où leurs
synapses se formaient en réponse à un stimulus électrique
créé grâce aux propriétés photoconductrices
du silicium. La technique utilisée, décrite dans le
numéro du 30 novembre de Cell, présente l'avantage
de ne pas endommager la cellule stimulée. Le secret : une
courte décharge électrique délivrée
sur une aire spécifique neuronale en éclairant une
puce de silicium posée à l'endroit cible. A
l'aide d'actine (un des constituants du squelette cellulaire) rendue
fluorescente, l'équipe à pu visualiser les structures
en mouvement lors du processus.
L'expérience montre que pour une unique stimulation, l'actine
de la cellule se déplace vers les neurones connectés
: ces changements sont temporaires et disparaissent au bout de dix
minutes. Si la stimulation est répétée quatre
fois en une heure, la synapse se scinde et de nouvelles connections
apparaissent, produisant un changement définitif permettant
la mémorisation à plus long terme.
Spécial Nanosciences
du mensuel Pour la Science
CJ 28/11/2001
Un vrai régal : le mensuel Pour la Science de décembre
2001 consacre l'ensemble de son numéro aux nanosciences.
En 17 articles, ce dossier "Nanosciences - Au coeur des molécules"
donne une excellente vision globale des avancées en cours
ainsi que leurs possibles champs applicatifs.
On y apprend aussi que, pour les auteurs de science-fiction, les
nanotechnologies sont devenues une manne où puiser les moyens
de réaliser ce qui relevait jusqu'alors du surnaturel ou
du fantastique.
Une journée "Informatique et cognition" (voir
programme) organisée dans le cadre de l'ACI cognitique
se tiendra le 14 décembre 2001 au ministère de la
Recherche. Elle rassemblera informaticiens et non-informaticiens.
Objectif : faire le point sur les développements fondamentaux
en informatique susceptibles de contribuer aux sciences cognitives
et sur les attentes de quelques disciplines cognitives à
l'égard de l'informatique.
L'entrée est libre.
Un ordinateur nanoscopique,
fonctionnant à l'ADN CJ 22/11/2001
Ehud Shapiro et son équipe annoncent avoir mis au point
un ordinateur ADN tellement petit qu'un tube à essai pourrait
en contenir mille milliards et effectuer un milliards d'opérations
à la seconde avec une fiabilité de 99,8%, pour une
consommation de moins de 10-10 watts.
Publiés dans la revue britannique Nature du 22 novembre 2001,
les travaux du chercheur au Weizmann Institute of Science (Rehovot,
Israel) viennent concrétiser l'idée, qui avait déjà
été théorisée, de la réalisation
d'un automates à états finis*, l'une des voies de
l"ADN Computing". Notons qu'il s'agit ici d'un automate très
simple, qui ne peut prendre que deux états et distinguer
deux symboles. Mais c'est le premier du genre qui soit programmable
et autonome et qui repose entièrement sur des éléments
biomoléculaires. Ainsi, l'entrée, la sortie et le
"logiciel" de l'ordinateur se composent de molécules d'ADN.
Pour ce qui est du hardware, l'ordinateur utilise deux enzymes naturelles
qui manipulent l'ADN. Une fois mélangés dans une solution,
le logiciel et le matériel fonctionnent en harmonie sur la
molécule d'entrée pour créer la molécule
de sortie. Le nano-ordinateur peut être programmé pour
accomplir plusieurs tâches simples en choisissant différentes
molécules de logiciel à mélanger en solution.
Selon le scientifique, et bien qu'encore trop simpliste pour avoir
des applications immédiates, ce type d'ordinateur pourrait
préparer le terrain à de futures machines qui seraient
capables d'intervenir au sein des cellules humaines pour détecter
les germes d'une maladie et en synthétiser le remède.
Un autre domaine prometteur concerne aussi la cryptographie ou,
plus précisément le décryptage, ainsi que tous
les problèmes liés à la combinatoire**.
* Modèle théorique sur lequel
repose la célèbre " machine de Turing ", dont on a
démontré qu'elle peut simuler le comportement de n'importe
quel ordinateur.
** Rappelons qu'une version simplifiée du célèbre
problème du voyageur de commerce a été résolue
dès 1994 par Leonard Adleman (University of South California),
par l'utilisation d'ADN.
Un robot androïde
à l'usine, ou sur les chantiers
CJ 22/11/2001
"Isamu",
prototype d'androïde ouvrier, a été présenté
par la société japonaise Kawada Industries lors de
l'International Robot Exhibibion 2001 qui vient de s'achever à
Tokyo.
Destiné au travail en usine ou sur chantier, Isamu peut marcher
à 2 km/h, monter les escaliers, saisir et transporter des
objets et reconnaître les visages.
Ses mensurations : taille de 146,8 cm pour 55 kg.
Première liaison
optique par laser entre deux satellites européens CJ 22/11/2001
Première
mondiale : des données ont été transmises entre
deux satellites européens dans la nuit du 21 au 22 novembre
2001 grâce à un faisceau laser utilisé comme
porteuse. Conçu en collaboration avec l'Agence spatiale européenne
(ESA) et le Centre national d'études spatiales (CNES), le
système SILEX (Semiconductor Intersatellite Link Experiment)
de transmissions numériques à haut débit par
rayon laser a démontré sa qualité de liaison
en établissant expérimentalement à quatre reprises
une liaison optique entre le satellite de télécommunications
Artemis, et Spot 4, le satellite d'observation de la Terre du CNES*.
Spot 4, qui gravite à une altitude de 832km, a ainsi envoyé
à Terre un train de données de 50 millions de bits
par seconde, via le relais en temps réel d'Artemis situé
actuellement à 31.000 km** de la Terre. Grâce à
cette liaison laser, des images prises par Spot 4 ont pu être
transmises en temps réel au centre de traitement des images
Spot Image à Toulouse, réduisant ainsi le délai
entre prise d'images et réception. Rappelons que Spot, situé
en orbite basse, devait jusqu'à présent stocker ses
images et attendre pour les transmettre au sol de passer au-dessus
d'une des stations réceptrices, images ensuite envoyées
vers le centre de traitement. Dès lors, en passant par Artemis,
elles pourront être transmises directement et en temps réel
vers Toulouse, faisant gagner jusqu'à trois jours pour la
transmission et leur traitement.
A terme, SILEX doit permettre de porter le pourcentage d'utilisation
de Spot 4 jusqu'à 40% du temps d'une orbite, d'optimiser
l'utilisation des enregistreurs et d'assurer la transmission d'images
vidéo haute définition.
Ce type de liaison optique pourrait aussi à terme être
utilisé par la station spatiale internationale pour recevoir
et envoyer des images vidéo.
*La
principale difficulté que représente l'établissement
d'une liaison optique entre satellites consiste à pointer
très précisément un faisceau étroit
sur l'autre satellite, qui se déplace à la vitesse
de 7000 m/s.
**Artemis, qui avait été largué à une
orbite trop basse en juillet dernier par Ariane 5, devrait commencer
sa manoeuvre de rehaussement d'orbite avant Noël afin d'atteindre
l'altitude géostationnaire de 36.000km vers le milieu de
l'année prochaine. Ceci lui permettra alors d'avoir une "visibilité"
permanente du Centre de Toulouse.
Nouveau paradigme
pour l'intelligence artificielle et le fonctionnement du cerveau
CJ 20/11/2001
Jeff
Hawkings, inventeur du Palm PDA et fondateur de l'entreprise Handspring,
s'intéresse depuis longtemps au fonctionnement du cerveau.
Ayant toujours associé la réflexion qu'il mène
sur les modèles d'intelligence artificielle aux recherches
dans le domaine des neurosciences, il vient de convaincre des chercheurs
du Cold Spring Harbor
Laboratory de New York de réaliser des expériences
visant à tester son paradigme de la "mémoire à
projection de modèle", proche du modèle de la mémoire
auto-associative. "Cette mémoire là peut généraliser,
recomposer des informations manquantes, s'en sortir même avec
des données imprécises ou inappropriées" explique
Jeff Hawkings.
Sa théorie intrigue également les chercheurs de l'Université
de Californie à Berkeley, du California Institute of Technology
(CalTech) et de la Brown University, qui envisagent aussi d'entreprendre
des expériences dans ce domaine. L'objectif des scientifiques
est de donner un nouvel élan à la recherche sur le
cerveau, dont les développements sont freinés par
l'utilisation d'un modèle peu satisfaisant fourni par l'informatique.
"Les systèmes intelligents ne font pas simplement
qu'agir : ils anticipent, font des prévisions au sujet de
leur environnement. Je suis persuadé que les mémoires
auto-associatives peuvent nous aider à faire ces prévisions.
Ainsi, mon but final est d'établir une nouvelle industrie
s'appuyant sur des mémoires silicium temporelles, auto-associatives.
Les produits qui incorporeront ce type de mémoires comprendront
le monde beaucoup mieux que vous et moi.", annonçait
Hawkings en 1998.
Le robot routier mobile
JPB 17/11/2001
L'Advanced Highway Maintenance and Construction Technology
Research Center (Centre de recherches avancées pour les technologies
routières) dépend de l'Université de Californie.
Il développe différents outils destinés à
la construction, la maintenance, la réparation des routes
et autoroutes. Le robot mobile présenté ici est un
engin à roues remorqué qui a pour objectif de détecter
et reboucher les trous et fissures d'un revêtement avant goudronnage
final (Tethered Mobile Router Robot (TMRR)). La page consacrée
au TMRR sur le site développe les différentes techniques
faisant de ce matériel un engin souple, léger et d'emploi
facile (sous le contrôle cependant d'un technicien).
L'Homme transformé
: exposition à la Cité des Sciences
JPB 17/11/2001
La Cité des sciences et de l'industrie
présente jusqu'à janvier 2003 une exposition consacrée
à la vie artificielle, à la robotique et aux diverses
techniques transformant la réalité. "L'homme transformé"
montre au visiteur comment les technologies issues du numérique,
du moléculaire, de la robotique et des télécommunications
modifient notre conception de l'Homme et créent de nouveaux
enjeux, de nouveaux espoirs et de nouvelles craintes pour l'avenir.
Plateau L2 d'Explora.
Mon robot et moi
: une véritable histoire d'amour... CJ 13/11/2001
Les robots ludiques comme les animaux en peluche dotés
d'intelligence artificielle représentent un vaste marché
potentiel pour les Japonais. Mais pour les médecins nippons,
ils sont bien plus que de simples jouets : ils peuvent faire
office de compagnons auprès des personnes âgées
vivant seules.
Le magazine Asiaweek rapporte ainsi que Tomoko Komiyama, femme âgée
de 74 ans, a participé pendant un an à Osaka à
une expérience liant l'Homme à la machine. «Quand
j'ai regardé ses grands yeux bruns, je suis tombée
amoureuse après des années de solitude»,
explique-t-elle en désignant "Wandakun", une peluche Koala.
Pourtant, ce robot n'est pas des plus interactif : il se tortille
quand on le choie, chante et dit quelques expressions. Cependant,
Komiyama lui parle très souvent et lui a même tricoté
des chandails "pour maintenir ses circuits bien chaud pendant
l'hiver".
Akimitsu Yokoyama, médecin au Yamato City Hospital situé
près de Tokyo, pense que ces robots-peluches pourront être
aussi très utiles en milieu hospitalier. D'après lui,
"ils pourront même s'avérer meilleurs confidents
qu'un être humain, sachant que la culture japonaise n'encourage
pas à révéler ses émotions aux autres.
Pour nous, il est plus facile d'exprimer ses émotions auprès
d'un robot"...
Une voiture qui se
gare toute seule ? CJ 13/11/2001
La firme britannique Roke Manor Research a développé
le "Parking assistant", prototype permettant à une automobile
d'évaluer la place dont elle a besoin pour se garer. Le système,
qui utilise la technologie des MEMS (Micro-Electro-Mechanical-Systems),
se compose notamment de mini-radars et de caméras miniatures
placés sur le véhicule. Par le biais d'un moniteur,
le conducteur obtient instantanément les données et
les conseils lui permettant de positionner au mieux sa voiture.
Bryan Rickett, le concepteur, espère que son invention équipera
l'ensemble des voitures d'ici quelques années.
Vision assistée
par ordinateur pour les malvoyants CJ 13/11/01
James
Ferwerda, chercheur à l'université américaine
de Cornell, travaille au développement d'un système
de simulation informatique de ce que perçoivent les personnes
souffrant d'acuité visuelle réduite. Objectif : modéliser
à partir de ces simulations des images du monde réel
capables d'être comprises par les malvoyants. Ce projet devrait
être financé pendant trois ans par la National Science
Fundation Information Technology Research Program, à hauteur
de 450000 $. A terme, il devrait déboucher sur la création
d'un appareil aidant les malvoyants à se déplacer
et à lire de manière indépendante.
Plutôt que de traiter des images par l'optique, le chercheur
préfère travailler sur des modèles dappréhension
de la vision assistée par ordinateur, sachant que chaque
pathologie de la vision a ses caractéristiques et que chaque
individu possède une appréciation personnelle de la
vision du monde qui lentoure. Des psychologues expérimentaux
ont d'ailleurs déjà modélisé toute une
série détapes intervenant dans les défauts
de la vision, comme labsorption de la lumière par les
différents photorécepteurs rétiniens, le codage
visuel à travers la rétine ainsi que différentes
étapes dintégration cérébrale.
Dès lors, James Ferwerda espère réaliser des
modèles informatiques pour chaque défaut de la vision
afin de pouvoir compenser ces lacunes.
A terme, l'appareil pourrait prendre la forme de lunettes correctrices
ou, plus certainement celle d'un petit casque se fixant sur la tête.
Selon le chercheur, la même technologie pourrait
être utilisée afin d'offrir l'accès à
la technologie internet au malvoyants.
Revue Micros et Robots
: le n°2 est paru CJ 12/11/2001
Le n°2 de Micros et Robots est paru en novembre. Animée
entre autre par Frédéric
Giamarchi, qui vient de sortir avec Laurent Flores le livre
"Construisons nos robots
mobiles", cette nouvelle revue entièrement consacrée
à la robotique passionnera tous les roboticiens.
Au sommaire de ce numéro, axé particulièrement
sur les robots insectoïdes : robots en kit à réaliser
(microbug rampant, robot scarabée), notions élémentaires
de mécanique pour les profanes, conseils pour utiliser divers
capteurs qui améliorent le comportement de votre robot dans
son environnement (réalisation d'un détecteur optique
et à moustache, détecteur d'obstacles, télémètre
à ultrasons), réalisation de robots (plate-forme de
base pour bien débuter en robotique, robot Minilux, robot
scarabée ou coccinelle, robot bestiole, robot chercheur de
balise), carte de commande, balise infrarouge...
Un coffret de deux CD-ROM donnant tous les schémas des circuits
imprimés et programmes des montages présentés,
accompagnés de vidéos montrant différents robots
en action sont par ailleurs disponibles contre 25F de participation
de frais d'emballage et d'envoi, dans la limite des stocks disponibles.
Sur
le principe de la visio conférence et d'un système
de simulation de relief, une société texane propose
"Teleportec" http://www.teleportec.com/,
qui permet enfin aux différents intervenants de se voir les
uns les autres en 3D.
Avec ce système, qui n'a aucun équivalent à
ce jour, la compagnie espère emporter 5 à 8% du marché
mondial de la vidéoconférence, estimé à
5 milliards en 2007.
Un logiciel
de reconnaissance des véhicules sur les photos aériennes
CJ 12/11/2001
Les chercheurs allemands de l'institut Fraunhofer IITB de Kalsruhe
travaillent au développement du logiciel "Recceman" (Reconnaissance
Manual). Actuellement en phase de test, ce logiciel permet de déterminer
rapidement et sans erreur le type de véhicule observé
sur des images aériennes. Rappelons en effet que bien souvent,
les analystes de telles images ne sont pas toujours capables de
discerner sans erreur si les véhicules en présence
sont civils ou militaires, du fait de photos souvent floues et déformées
par l'atmosphère : lacunes s'avérant notamment inacceptables
en temps de conflit armé.
En cas de doute des analyste, il suffit d'entrer certaines caractéristiques,
par exemple le nombre d'essieux ou la présence d'un petit
canon. Le logiciel fournit alors instantanément une base
de données de tous les véhicules pouvant correspondre
à cette description et une liste des caractéristiques
permettant de différencier les véhicules restants.