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Mars/Avril 2002
Le salon Robodex
JPB 03/04/2002
Le
dernier salon Robodex, qui vient de se tenir à Yokohama (du
28 au 31 mars 2002) a permis aux industriels Japonais de présenter
leurs stratégies et derniers produits en matière de
robots de compagnie. L'objectif est désormais de montrer
que ces robots, outre danser, chanter, monter la garde, peuvent
gagner la confiance des humains. "Le thème de Robodex,
ce sont des robots qui coexistent avec les humains", déclarait
d'ailleurs Toshi Doi, le chef du laboratoire des "créatures
numériques" de Sony et concepteur du cyber-chien Aibo.
Deux des principaux fabricants, Sony et Honda, ont
choisi des stratégies opposées. Honda présente
à Yokohama la dernière version de son robot humanoïde
Asimo, haut de 1m20, dont la vocation à terme est d'accomplir
des tâches ménagères. Sony, de son côté,
met en exergue le SDR-4X, deux fois plus petit que l'Asimo, capable
de danser et de chanter, et voué avant tout à distraire
ses propriétaires.
Pour faciliter l'interface avec les humains, les chercheurs
insistent désormais sur le physique de leurs créatures.
Une apparence humanoïde sympathique y aidera. D'autres au contraire
s'orientent vers des apparences animales de plus en plus fidèles.
L'institut de recherche ATRII (Advanced Telecommunications Research
Institute International) développe le regard, avec le "Robovie
III" qui utilise des capteurs photographiques pour établir
un contact visuel avec l'interlocuteur.
Ces robots devraient trouver des applications thérapeutiques,
pour aider des malades à retrouver telle ou telle fonction
de communication ou de sensibilité disparue.
Pour en savoir plus
Robodex
2002 : http://www.robodex.org/e/whats/
Archeoguide, ou la
réalité augmentée au service du tourisme
CJ 03/04/02
Les nombreux touristes se rendant au Jeux Olympiques d'Athènes
en 2004 auront peut-être la surprise de voir enfin la
frise du fronton du Parthénon in situ. Et pourtant, cette
frise est détenue au British Museum par les Anglais qui,
à ce qu'on sache, n'ont aucune intention de la restituer
à leurs amis grecs.
Le prodige a pour nom Archeoguide, projet piloté
par Intracom -numéro 1 des télécoms et de l'informatique
en Grèce- et soutenu par la Commission européenne.
Lancé en 1999, il vise le développement de la réalité
augmentée au service du tourisme, système qui devrait
être proposé aux touristes dans deux ans lors des J.O.
Grâce à un dispositif novateur -incluant le port de
lunettes très spéciales - le visiteur pourra voir,
en place, un site tel qu'il était à l'époque.
Le secret : superposer devant les yeux du touriste le réel
et une image transmise par ordinateur*. Un tel système permet
non seulement de restituer sur site des monuments qui n'existent
plus, mais aussi d'afficher toutes informations utiles en surimpression.
On se prend à rêver : à quand la reconstitutions
de batailles en direct ?
*Ce qui suppose d'être
capable de repérer à chaque instant la position et
l'orientation de la tête du visiteur.
Pour en savoir plus
Archeoguide : http://archeoguide.intranet.gr/
; voir aussi http://www.cultivate-int.org/issue1/archeo/
Contact
Development Programmes Department.- Intracom S.A.- Peania,
Grèce : nioa@intranet.gr
Réunion d'information
concernant la thématique IST du 6ème PCRD
JPB 02/04/02 (Information reçue par mel de patrick.schouller@inria.fr)
Les représentants au comité de gestion du
programme IST (A. Brenac - Ministère de la Recherche, et
P. Schouller - Ministère de l'Industrie) vous invitent à
participer à la réunion d'information relative à
la thématique IST du VIe Programme Cadre de Recherche et
Développement.
Depuis décembre 2001, une position commune (Conseil, Parlement,
Commission) a été adoptée fixant sept priorités
pour ce futur programme (dont une IST (Ndlr
: Technologies pour la société de l'information, thématique
dotée de 3,6 milliards d'euros) et
proposant deux nouveaux instruments (Grands projets intégrés
et réseaux d'excellence) en plus des 6 instruments déjà
existants.
La Commission organisera des journées d'information à
destination des "multiplicateurs d'information", c'est-à-dire
des représentants des différentes communautés
intéressées capables de répercuter ensuite
l'information. Celle traitant des problématiques IST doit
se tenir vers la mi avril a Bruxelles et comptera 5 représentants
français.
A l'issue de cette journée de présentation, le ministère
de la Recherche organisera l'après-midi du 23 avril 2002
une réunion de "démultiplication des informations"
obtenues lors de la journée bruxelloise, avec pour objectif
de présenter les opportunités offertes par ce nouveau
programme.
Lieu : amphi Poincaré du Ministère de la Recherche,
de 14 heures a 17 heures
1 Rue Descartes, 75005 Paris
Pour
toute information complémentaire : patrick.schouller@industrie.gouv.fr
alain.brenac@technologie.gouv.fr
Retour sur le structuralisme
JPB 30/03/2002
Lors de l'émission Répliques du 30/03/02
sur France Culture, Alain Finkelkraut interrogeait le linguiste
Jean-Claude Milner à propos de son dernier ouvrage: "Le
Périple structural : Figures et Paradigme", Seuil 2002.
Pour la plupart d'entre nous, dont semble-t-il aussi Alain Finkelkraut,
le structuralisme est à ranger au magasin des paradigmes
ayant perdu toute vertu d'explication scientifique dans le domaine
des sciences humaines, ethnologie, sociologie et même linguistique.
L'idée qu'il existerait dans les cultures humaines des entités
extérieures à l'observateur, dont l'organisation renvoie
à des logiques internes fermées sur elles-mêmes,
et que ce même observateur pourrait décrire sans les
déformer, n'a plus grand sens aujourd'hui. Il y a certainement
des structures, mais ce sont des phénomènes évolutifs,
déterminés par différentes forces extérieures,
comme les gènes ou les mèmes. Elles ne peuvent être
observées sans être déformées par l'action
de l'observateur. Enfin, le phénomène -qui caractérise
en fait toutes les cultures, animales et humaines- ne saurait être
limité aux langages humains et aux formes culturelles de
type langagier.
Ceci dit, j'ai bien conscience que cette critique est
infiniment trop sommaire. Peut-être les chercheurs en sciences
cognitives et en intelligence artificielle auraient-ils intérêt
à remonter aux origines du structuralisme. Le livre de Jean-Claude
Milner nous paraît une bonne occasion d'un retour critique
aux sources du structuralisme. Nous extrayons de la présentation
du livre par l'éditeur le paragraphe suivant:
" Le projet de cet essai est fort simple :
reprendre les principales figures de ce qu'on a appelé "le
structuralisme" ( Saussure, Benveniste, Barthes, Lacan, Jakobson,
Althusser, Dumézil) et proposer une présentation synthétique
du paradigme où leurs travaux s'inscrivent. Il y a une originalité
qui n'a pas toujours été comprise. L'idée centrale
: intégrer au domaine de la science galiléenne, originellement
liée à la seule nature, des objets censés relever
de la culture, sans pour autant qu'ils soient "naturalisés".
Pour en savoir plus
Présentation
de Jean-Claude Milner :
http://www.editions-verdier.fr/philosophie/auteurs/milner.htm
Des robots insectes
sur Mars ?
CJ 30/03/2002
Comment
une machine volante pourrait-elle garder sa stabilité à
basse altitude lors d'un survol de la planète Mars, stabilité
compromise en raison d'une faible épaisseur de l'atmosphère
? S'inspirant des mécanismes de fonctionnement des yeux et
du cerveau des insectes (et particulièrement de l'abeille),
les scientifiques australiens de l'université de Canberra
semblent avoir résolu ce problème. Ils ont conçu
un robot insecte pesant quelque 75 grammes qui, au même titre
que les vrais insectes, est capable de conserver un même niveau
de vol en basse altitude grâce à la mesure continue
de la distribution des utltraviolets et de la lumière verte.
La NASA est d'ores et déjà intéressée
: de tels engins pourraient explorer le grand canyon martien
Valles Marineris d'ici 2007.
Pour en savoir plus
Research
School of Biogical Science Visual Science Group : http://cvs.anu.edu.au/VSG.html
Les
origines animales de la culture
JPB 28/03/2002
La culture est-elle strictement l'apanage de l'homme
? Dominique Lestel, éthologue, philosophe, auteur du livre
"Les Origines animales de la culture" (Flammarion) a été
interrogé, le 28 mars, par Stephane Deligeorges, dans la
toujours très intelligente émission Continent Sciences.
L'auteur a développé, avec de nombreux exemples, l'argument
que la culture telle que celle dont l'homme se flatte de disposer
est présente, sous des formes frustes voire différentes,
dans de très nombreuses espèces animales. Des formes
de langages existent.
Nous sommes ici fermement persuadés de la justesse de cette
approche, mais si l'auteur a expliqué que les animaux ne
pouvaient être considérés comme des robots,
sans doute pensait-il plus particulièrement aux robots non
évolutionnaires. Car au contraire, les robots évolutionnaires
devraient pouvoir présenter quelques traits les rapprochant
de l'animal, notamment quand ces robots évoluent (ou évolueront)
en groupe.
La question de savoir par ailleurs si la culture animale relève
ou non de l'imitation et donc de la science dite mémétique,
n'a pas été évoquée (voir sur ce plan
notre fiche de lecture
consacrée à Susan Blackmore). Nous reviendrons prochainement
sur ces questions, notamment en présentant plus en détail
l'ouvrage de Dominique Lestel.
Pour en savoir plus
On regrette
de ne pas trouver de site consacré à ce chercheur
et à son livre sur le web. Voir cependant un article du Nouvel
Observateur : http://www.nouvelobs.com/articles/p1931/a1940.html
Galileo décolle
CJ/JPB 27/03/2002
Inutile de revenir en détail sur la décision
historique le 26 mars à Bruxelles du conseil des ministres
des transports des Quinze, donnant le feu vert au lancement de Galileo,
projet européen de navigation et de positionnement par satellite
destiné à concurrencer le système américain
GPS*. Toute la presse en a parlé, en évoquant les
innombrables applications, les chiffres d'affaire et les emplois
qui en découleront, pour une dépense initiale "ridicule"
de 1,1milliard d'euros concernant la première tranche, d'ici
2008. On doit souligner aussi que le système sera ouvert
à tous pays, contrairement au GPS américain. La décision
on le sait a été enlevée de justesse, malgré
les pressions et chantages américains sur les maillons faibles
de l'Union. L'Europe donne là un exemple remarquable de coopération
scientifique et technique. Souhaitons que le mouvement se poursuive
dans d'autres domaines.
*Galileo agace au plus haut
point les américains, notamment parce que ce système
permettra de se localiser à 4 mètre près, alors
que le GPS offrait jusqu'à présent une précision
de 36 mètres aux usagers civils (mais bien meilleure aux
militaires)...
Pour en savoir plus
Cf article d'actualité sur le site de l'Agence Spatiale Européenne
: http://www.esa.int/export/esaCP/ESAW2HF18ZC_France_0.html
Inscription à
l'ECAI
JPB 25/03/02
Il est dorénavant possible de s'inscrire en ligne à
la 15e Conférence Européenne sur l'Intelligence artificielle
(15th European Conference on Artificial Intelligence) qui se tiendra
à Lyon les 21 au 26 juillet (July 21-26 2002 Lyon France)
http://ecai2002.univ-lyon1.fr/registration/.
Les membres de l'AFIA sont membres de l'ECAI et bénéficient
d'un tarif réduit.
Pour en savoir plus
ECCAI (European Coordinating Committee for Artificial Intelligence)
: http://www.eccai.org/
L'ingénierie
cognitive chez Novadis
JPB 25/03/2002
Novadis, jeune société française
crée en 1998 se spécialise dans l'ingénierie
cognitive. Elle en donne la définition suivante sur son site
(Internet explorer obligatoire...?): "Avec
le développement des technologies de l'information et de
la communication, l'innovation réside moins dans la mise
en oeuvre de solutions techniques que dans la manière nouvelle
dont ces technologies sont et seront utilisées. En effet,
l'innovation principale repose sur l'intégration de ces technologies
dans un large panel d'activités, professionnelles comme individuelles,
dans lesquelles l'être humain devra interagir de plus en plus
avec des systèmes informatiques autonomes. L'évolution
des applications logicielles vers des systèmes d'information
interactifs et intelligents est la principale innovation de la nouvelle
société de l'information et requiert ainsi une évolution
des processus industriels de conception. L'Ingénierie Cognitive
est une approche nouvelle qui se développe, aux Etats-Unis
comme en Europe, dans les entreprises de technologies et dans les
laboratoires de recherche. Elle répond aux défis des
nouvelles technologies interactives et intelligentes qui s'intègrent
dans tous les secteurs d'activité. Lapproche cognitive
considère que l'interaction dun individu avec un système
d'information (et plus généralement avec tout outil)
est sous-tendu par des représentations mentales que lon
peut étudier et formaliser".
Une
première application de ceci est le système dit eye-tracking
permettant, en identifiant les mouvements oculaires d'un internaute
parcourant une page web, de mettre en évidence les processus
(inconscients) par lesquels il accède aux contenus sémantiques
de la page, textes ou images. De nombreuses autres applications
sont en cours, notamment dans le pilotage des machines (cf. un article
de P. Barthélémy, du Monde en date du 16 mars 2002,
p.29)
Il faut parcourir en détail le site très
pédagogique de Novadis pour découvrir les perspectives
applicatives et de recherche fondamentale qui apparaissent. Parmi
ces dernières, nous en voyons une qui semble relativiser
le rôle prétendu de la conscience :quand un individu
parcoure de l'il un site, il le fait plus ou moins intelligemment,
notamment pour aller à l'essentiel ou au cheminement le plus
significatif. Mais il le fait inconsciemment, compte-tenu de la
rapidité des mouvements oculaires et des processus implicites
d'acquisition de connaissance. Ce n'est après coup qu'intervient
la prise de conscience globale (à supposer qu'elle intervienne).
Ajoutons qu'il serait intéressant sur ce point de comparer
l'homme et l'animal.
Nous pensons que l'ensemble des recherches engagées
par Novadis et les laboratoires associés mériterait
beaucoup plus d'attention des chercheurs s'intéressant à
la psychologie cognitive...et autres thèmes voisins..
Pour en savoir plus
Novadis
: http://www.novadis-services.com/
Eye-tracking
show-room :
http://www.novadis-services.com/eyetracking.htm
Laboratoire
associé à la recherche CLIPS (Communication Langagière
et Interaction Personne-Système) : http://www-clips.imag.fr/
Laboratopire
de Psychologie expérimentale LPE : http://www.upmf-grenoble.fr/lpe/
Nouvel
exploit de l'image de synthèse: "Sur la terre des monstres
disparus", série de la BBC
JPB 25/03/2002
Nous
sommes nombreux à penser que les films en image de synthèse
reconstituant des animaux et des milieux disparus jouent un véritable
rôle scientifique. D'abord, ils obligent à reconstituer
le passé en faisant appel à de nombreux scientifiques
qui trouvent là une occasion d'illustrer et même approfondir
leurs recherches. Mais ils auront peut-être une influence
plus subtile et plus profonde, en projetant les équipes de
réalisation, d'abord, les spectateurs ensuite, dans un univers
mental et conceptuel qui n'est peut-être pas celui d'un passé
disparu, mais qui n'est pas tout à fait le nôtre. Peut-être,
si nous voulions rêver, y verrions nous en fait une vision
de mondes parallèles ou futurs.
En tous cas, il ne faudra pas manquer la diffusion
de la série sur France3, annoncée pour fin avril 2002.
Pour en savoir plus
Le
site de la série présenté par la BBC. Celui-ci
se présente sous forme d'une base de textes et d'images animées
sur le sujet, présentant un grand intérêt pédagogique,
pour les jeunes et les adultes. On voit bien ainsi la complémentarité,
grâce à Internet, entre le multimédia et l'éducation.
http://www.bbc.co.uk/beasts/
L'Europe
depuis le crétacé (ou cénozoïque, fin
approximative des dinosaures): il s'agit d'un véritable exposé
scientifique, proposé par J.-M. Rouchy et M.-M. Blanc-Valleron,
Laboratoire de Géologie du Muséum National d'Histoire
Naturelle. http://www.mnhn.fr/mnhn/geo/cenozoique.html
Recherche sur réseau
réparti contre la maladie du charbon
JPB 22/03/2002
L'Université
d'Oxford, département de chimie, avait lancé le 22
janvier dernier une recherche sur le mode Grid (associant des micro-ordinateurs
connectés en réseau pour donner accès à
leurs ressources inutilisées).
1,4 millions d'ordinateurs y étaient connectés provenant
de près de 200 pays. Il s'agissait de rechercher des molécules
pouvant servir d'inhibiteurs dans la lutte contre le charbon.
3.5 milliards d'entre elles ont été testées,
et 300.000 retenues. Celles-ci ont été présentées
officiellement par la Grande-Bretagne aux Etats Unis, sous forme
d'un CD.
Le responsable du projet, le Pr Graham Richards, voit là
un changement radical dans l'approche des sciences de la vie..
Pour en savoir plus
Communiqué
de presse de l'université d'Oxford : http://www.admin.ox.ac.uk/po/020308.shtml
Site
web : http://www.chem.ox.ac.uk/anthrax
Connecter
son système nerveux à un ordinateur
CJ 22/03/02
Kevin Warwick, directeur du Cybernetics Intelligent Research
Group (CIRG) de l'université anglaise de Reading , s'est
fait implanter le 14 mars 2002 dans son bras gauche* un implant
microélectronique des plus sophistiqués. Directement
connecté à son système nerveux**, il permet
non seulement de détecter à distance l'activité
naturelle des nerfs sur un écran d'ordinateur, mais aussi
de les activer en retour par l'envoi d'impulsions électriques.
L'expérience baptisée "Cyborg 2.0 experiment" doit
durer de une à deux semaines, l'implant sera ensuite enlevé.
Le premier tr avail va consister à identifier la signature des
signaux*** associés aux mouvements : en levant l'index, par
exemple on enverra des signaux vers l'ordinateur qui les enregistrera
et les stockera. Réciproquement, on espère que l'envoi
de ce signal vers le système nerveux du sujet générera
le mouvement de l'index.
Les expériences prévoient aussi d'enregistrer des
signaux liés à la douleur (par exemple lorsqu'on se
pique le doigt avec une épingle) et de voir ce qu'il adviendra
à l'inverse, lorsque l'ordinateur enverra ce signal dans
le système nerveux de Kevin Warwick. Le chercheur sentira-t-il
alors qu'on lui pique le doigt ? La douleur sera-t-elle ressentie
? Sera-t-elle du même ordre ?
L'étude vise aussi à enregistrer les émotions,
la joie par exemple. Que se passera-t-il lorsqu'on enverra cette
émotion dans le système nerveux un jour de tristesse
?
Si les résultats sont concluants, Kevin Warwick
prévoit pour l'avenir de doter deux personnes différentes
d'un tel implant (lui et sa femme). Il s'agira alors de vérifier
si l'on peut envoyer un mouvement, une émotion, une douleur
d'une personne à l'autre, et pourquoi pas par Internet...
Bientôt la télépathie par ordinateur interposé
?
Quoi qu'il en soit, l'objectif principal pour le moment est de démontrer
la faisabilité clinique et technique de l'implantation du
tableau d'électrodes, sans infection, et avec un minimum
de contrainte pour le patient pendant une période prolongée.
Il s'agit aussi de vérifier que l'on peut transmettre
et recevoir des signaux bilatéraux entre des nerfs périphériques
et des micro-ordinateurs externes, grâce à des fils
passant par la peau. A l'avenir, ces fils pourraient d'ailleurs
être remplacés par une liaison radio connectant le
composant entièrement implanté avec des ordinateurs
de contrôle externes.
On se doute de l'importance de ces travaux : si il se confirme qu'un
signal défini correspondant à une activité
musculaire ou une sensation peut être envoyé directement
dans le système nerveux par une machine, des "prothèses
neurales" pourraient alors rétablir (dans certains cas) des
fonctions sensorielles et motrice perdues à cause d'une lésion
dans la colonne vertébrale (ou autres lésions
neurologiques), ou de l'amputation d'un membre...
Mais selon le chercheur, ce n'est pas avant dix ou plus ans que
de tels systèmes seront largement disponibles.
On se doute aussi que l'armée est très
intéressée... mais pour d'autres raisons (par exemple
capacités étendues des soldats grâce à
des entrées sensorielles supplémentaires, nouvelles
méthodes de communication avec des semblables ou des machines...).
Rappelons que Kevin Warwick avait choqué la communauté
internationale en 1988 : il s'était déjà fait
implanter une puce silicium qui, reliée à un ordinateur,
le situait dans les locaux de son université, et lui permettant
ainsi d'allumer la lumière, d'ouvrir les portes de son laboratoire
ou de déclencher des appareils à son approche.
Et cela sans même devoir lever le petit doigt...
Nous reviendrons plus en détails sur cette expérience
et ses résultats lors d'un prochain numéro.
*Gauche
ou droite n'a ici aucune importance : Kevin Warwick est droitier
et voulait ne pas trop souffrir de l'opération (entre autre
pouvoir continuer à écrire sans être gêné).
** Les signaux sont acheminés vers la moelle épinière
via le nerf médian, qui contient de très nombreuses
terminaisons nerveuses et sensorielles. Ce même nerf contient
également les terminaisons de conduite des signaux issus
de la moelle épinière vers les muscles de la main.
*** Une des prouesses consistera ici à distinguer ces
signaux du bruit de fond.
Pour en savoir plus
Site
de Kevin Warwick : http://www.kevinwarwick.com
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