Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
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Bip mis à
contribution dans l'étude d'un appareillage par implants
chez les paraplégiques
CJ 22/04/2002
Nous
vous avons déjà parlé sur notre site du robot
Bip de l'INRIA, également du projet "Stand Up and Walk" du
professeur Rabischong (CHU de Montpellier). Les différents
chercheurs travaillent aujourd'hui sur une étude commune
baptisée "Restauration du mouvement par stimulation électrique
fonctionnelle, musculaire et nerveuse - Modélisation, identification,
synthèse mouvements et commande"*.
Un des espoirs actuels d'améliorer les possibilités
de déplacement des patients paraplégiques consiste
à stimuler électriquement les muscles atrophiés
des patients grâce à des implants. Les premières
tentatives françaises, réalisées par le Professeur
P. Rabischong (voir notre précédent article "Lève-toi
et marche") ont permis une amélioration sensible de la
qualité de vie des patients, en particulier concernant les
conséquences de l'immobilité (réduction des
escarres et du blocage des articulations). Cependant, ces déplacements
restent très limités et erratiques. L'amélioration
de l'équilibre, la réalisation de mouvements complexes
ou la réduction de la fatigue musculaire posent en effet
de nombreux problèmes d'automatique. C'est pourquoi, l'expérience
de l'INRIA dans la réalisation de robots anthropomorphes
est mise aujourd'hui à contribution pour étudier un
appareillage par implants chez les paraplégiques.
La première étape de ce projet ambitieux, dont les
réalisations grand public sont attendues dans une dizaine
d'années, vise à modéliser le fonctionnement
des membres inférieurs. Ceci devrait permettre de contrôler
la marche et de savoir estimer, grâce à des simulations,
les résultats à attendre d'une telle opération
d'implantation selon les caractéristiques propres des patients.
Il s'agit d'apporter de plus amples connaissances dans la modélisation
bio-mécanique de la marche (articulations, équilibre),
sa simulation et les outils informatiques dédiés au
contrôle du mouvement qui ont été expérimentés
sur le robot Bip. Avec les chercheurs du Lirmm (Laboratoire d'Informatique,
de Robotique et de Microélectronique de Montpellier), l'équipe
tentera de modéliser le plus fidèlement possible l'activité
neuro-physiologique du muscle. Un tel modèle autoriserait
en effet la réalisation d'une commande par feedback appropriée,
susceptible d'être incorporée dans le modèle
bio-mécanique.
À terme, ce modèle pourrait permettrait en retour
d'humaniser le robot Bip en faisant en sorte que les moteurs électriques
se comportent comme un muscle réel. Le robot deviendrait
alors un parfait cobaye pour effectuer des tests.
Un autre objectif, visé plus spécifiquement par l'équipe
du Lirmm, est de réaliser les prototypes d'implants de la
prochaine génération, plus compacts et plus simples
à implanter.
*Projet
qui mobilise 6 chercheurs, dont un doctorant (équipes Bip
et Numopt (INRIA Rhône-Alpes) en lien avec une équipe
du Lirmm, et CHU de Montpellier). D'un coût total de 220 000
euros, il est soutenu à hauteur de 75 000 euros dans le cadre
du programme "Robotique et Entités Artificielles" (Robea).
Ce programme interdisciplinaire de recherche du CNRS lancé
l'année dernière http://www.laas.fr/robea/
(auquel participe aujourd'hui l'INRIA) a permis l'année dernière
le lancement de 10 projets, pour 2 à 3 ans, et de 5 pré-projets,
financés pour un an, représentant un soutien total
de 1296 000 euros, faisant notamment travailler 38 doctorants (cf
http://www.laas.fr/robea/index-Projets.html).
L'appel à propositions 2002 est bouclé depuis le 15
avril 2002.
Signalons ici le "Traité de la réalité
virtuelle", livre de quelque 540 pages édité par Les
Presses de l'Ecole des Mines de Paris. Conscients de l'évolution
des techniques, des nouvelles approches cognitives de la réalité
virtuelle et de l'absence d'ouvrage récent en français,
Philippe Fuchs, Guillaume Moreau et Jean-Paul Papin* ont écrit
l'année dernière ce livre au contenu foisonnant. On
ne peut qu'être impressionné par l'ampleur du propos
et l'exhaustivité des techniques abordées.
Une première partie présente les applications et une
méthodologie multidisciplinaire, posant les questions psychologiques,
ergonomiques, neurophysiologiques, physiques et informatiques de
lhomme dans un monde virtuel. Les auteurs abordent ensuite
la problématique de linterfaçage comportemental
(toutes les interfaces motrices et sensorielles sont décrites
en expliquant leur principe et leurs caractéristiques techniques).
Les modèles et les solutions logicielles pour la création
et lanimation des mondes virtuels sont ensuite abordés.
Le dernier chapitre traite des questions éthiques, juridiques,
et également des effets des environnements virtuels sur lhomme
.
Saluons l'originalité de la démarche
des trois auteurs qui, pour une prochaine édition, souhaitent
que d'autres chercheurs participent à la rédaction
du traité (proposition d'autres chapitres ou enrichissement
des chapitres existants) et ceci grâce à la grande
réactivité et les échanges que permet l'internet.
Sur un site web dédié, les lecteurs pourront aussi
donner en ligne leur point de vue, apporter des critiques... A la
finale, un livre toujours plus pertinent grâce à la
force d'une écriture collective.
Autre idée excellente : la version électronique de
ce livre est téléchargeable gratuitement pour les
étudiants. L'utilisation gratuite du livre comme support
de cours pour tout enseignement non commercial est par ailleurs
envisageable après demande écrite d'autorisation auprès
de l'éditeur.
*Jean-Paul
Papin a présidé le groupe de recherche OTAN sur les
applications de la réalité virtuelle dans le milieu
militaire ; Philippe Fuchs est l'auteur du livre "Les Interfaces
de la Réalité Virtuelle"(publié en 1996) ;
Guillaume Moreau a exposé dans son mémoire de thèse
ses recherches sur l'animation d'êtres humains dans les mondes
virtuels.
Les Pays-Bas vainqueur
de la Robocup German Open 2002
CJ 14//04/02
La
compétition entre robots footballeurs, ROBOCUP German Open
2002, qui s'est tenue du 11 au 14 avril au Heinz Nixdorf MuseumsForum
de Paderborn (Allemagne) a réuni quelque 6000 personnes venues
voir s'affronter près de 50 équipes provenant de 7
pays (Allemagne, France*, Iran, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie).
Les robots pouvaient concourir dans les catégories suivantes
: Middle-Size League ; Small-Size League ; SONY-Legged League ;
Simulation League ; Junior League.
Dans la catégorie reine, la Middle-Size-League, l'équipe
hollandaise de l'entreprise Philips a créé la surprise
en l'emportant au tir au butcontre le CS Freiburgle, vainqueur l'année
précédente. Signalons que c'est la première
fois qu'une entreprise privée l'emporte ici, où se
sont toujours illustrées les équipes universitaires.
Ce concours est notamment l'occasion pour les établissements
de recherche publics et privés de mieux faire connaître
leurs avancées technologiques. Signalons à ce sujet
que les organisateurs de la Robocup allemande visent l'objectif,
à l'horizon 2050, de voir l'équipe humaine championne
du monde de foot battue par une équipe de robots humanoïdes.
*France représentée par l'association
Robotsix (issue de l'université Paris 6 http://www.ifitep.jussieu.fr/robosix/fr/index.html),
concourant dans la catégorie Small-Size League Teams, et
par Les Trois Mousquetaires (Université de Versailles Saint
Quentin en Yvelines http://www.robot.uvsq.fr/,
catégorie SONY-Legged League Teams.
Création de
l'Institute for Soldier Nanotechnologies
CJ 11/04/2002
Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a été
sélectionné par l'armée américaine pour
créer le soldat de demain. A cet effet, vient d'être
mis en place l"Institute for Soldier Nanotechnologies (ISN), centre
de recherche bénéficiant d'un budget de 50 millions
de dollars. Cet Institut doit compter 150 personnes, dont 35 professeurs
du MIT, 80 étudiants de troisième cycle, des spécialistes
de l'armée et une équipe de médecins du "Center
for Integration of Medicine and Innovative Technology" (http://www.cimit.org/).
Raytheon et DuPont sont associés industriellement au projet. "Imaginez l'impact psychologique sur l'ennemi lorsqu'il rencontrera
des guerriers apparemment invincibles, protégés par
une armure et dotés de capacités surhumaines, comme
par exemple celle de pouvoir sauter au-dessus d'un mur de 3 mètres",
se plaît à déclarer Ned Thomas, directeur de
l'ISN.
Au programme des technologies futuristes, le MIT s'est notamment
engagé au développement d'un exosquelette avec mécanisme
protecteur déviant les balles de l'ennemi. Ned Thomas souhaite
aussi réaliser une combinaison légère (bourrée
de senseurs et capteurs) protégeant les soldats des agents
chimiques et biologiques. Il évoque la possibilité
que celle-ci puisse soigner un homme blessé (traitement médical
automatisé en temps réel) : "Un des avantages des
nanotechnologies est que vous gagnez drastiquement en poids",
explique t-il. Et de parler alors de la réalisation d'une
côte de maille ultralégère, à base de
composants de taille moléculaire...
Certains soldats d'élites pourraient aussi bénéficier
d'implants, offrant ainsi au combattant d'autres capacités
augmentées...
Si beaucoup de ces technologies ne sont pas encore pour demain (certains
les imaginent à un horizon de 10 à 20 ans), Ned Thomas
voit déjà la réalisation d'un traitement médical
automatisé dans les combinaisons d'ici six mois.
Tout cela n'est pas très rassurant : à
ma connaissance, seuls le Japon et l'Allemagne travailleraient aussi
actuellement sur les nanotechnologies liées à ce genre
d'applications militaires futuristes. Où est la France dans
cette histoire ? Y a-t-il aussi de la part des américains
une certaine désinformation entretenue ? En tous cas, le
budget de 50 millions de dollars (prévu sur cinq ans) est
bien là, auquel le secteur privé devrait également
rajouter 40 millions.
Et puis, décidément, Oncle Sam semble penser à
tout, avec des uniformes spécifiques pour chaque soldat,
ne pouvant être activé que par la reconnaissance de
l'ADN de son propriétaire. Si l'uniforme est pris, il sera
inutilisable par l'ennemi...
Les candidats présidents
et la science CJ/JPB 10/04/2002
Le site InfoScience a eu la bonne idée d'interroger
huit candidats à la présidence de la république
relativement aux positions qu'ils prendraient sur les grandes questions
scientifiques du moment.
Le dossier est remarquablement bien fait, et les candidats évitent
en général les banalités. Reste à savoir
ce qu'ils feraient vraiment au cas où ils accéderaient
au pouvoir. La science est encore assez mal aimée des politiques
dans notre pays. http://www.infoscience.fr/dossier/presidentielle2002/president_som.html
Les
Di@logues Stratégiques
JPB 10/04/2002
Signalons
l'existence de ce périodique en ligne, animé par Véronique
Anger, qui publie sur le site de Carpe Diem Communication (http://www.carpediemcommunication.com/fcdc.htm)
des interviews de personnalités diverses:
Gilbert Abergel, Pr Etienne-Emile Baulieu, Jean-Pierre Beltoise,
Jean-Michel Billaut, Frédéric Chevalier, Marcel Desvergne,
Alain Ducasse, Charles Goldfinger, Hervé Juvin, Pr Axel Kahn,
Serge K. Levan, Pierre Lévy, Nicholas Negroponte, Paul-André
Pays, Hubert Reeves, Joël de Rosnay, etc. A noter aussi sur
le site la rubrique "Des Idées et des Hommes" avec, par exemple,
une interview de Pierre Lévy sur l'Intelligence Collective
http://www.carpediemcommunication.com/pierrelevy.html
Il s'agit là d'une initiative intéressante, permettant
d'assurer, pour les internautes, la médiation entre de grands
problèmes du moment et ceux qui ont des choses à en
dire.
Jules Verne bientôt
dans l'espace JPB 09/04/2002
L'Agence
Spatiale Européenne a présenté Jules Verne
le 9 avril à la presse. Ce vaisseau de rendez-vous spatial
entièrement automatisé ATV (Automated Transfer
Vehicle) jouera le rôle de véhicule ravitailleur de
la station spatiale internationale, ainsi que de pousseur pour la
remonter en orbite si nécessaire. Il pourra trouver seul
le point d'ancrage sur la station à partir de la Terre, ce
qui suppose la mise en oeuvre de nombreux automatismes. Le contrôle
à terre doit en principe se borner à superviser l'opération.
Le premier lancement est prévu pour 2004.
L'ESA prévoir de fabriquer au moins 8 ATV. Le
projet implique au moins 30 compagnies, sous la maîtrise d'oeuvre
industrielle de EADS Launch Vehicles (France)
Sur son site l'ESA précise qu'il s'agit d'un
des éléments européens les plus importants
pour la Station Spatiale Internationale (ISS), aujourd'hui devenu
une réalité. En effet, au centre de l'ESTEC (European
Space and Technology Centre) aux Pays-Bas, l'ATV (Automated Transfert
Vehicle), le vaisseau-ravitailleur européen, est déjà
un imposant vaisseau spatial de 20 tonnes, de forme cylindrique
de 10 mètres de hauteur et de 4,5 m de diamètre. "A
proprement parler, c'est le premier vaisseau spatial de l'Europe
car l'ATV va naviguer en orbite avec une extrême précision
- au centimètre près - pour atteindre l'ISS et s'y
amarrer avec une grande sécurité et d'une façon
autonome", explique Jean-François Clervoy, astronaute
chevronné qui participe à la mise au point de ce véhicule,
au sein de l'équipe de l'ESA .
Latéralité
du cerveau et dépression nerveuse CJ 09/04/02
Aurait-on
trouvé un nouveau traitement prometteur de la dépression
nerveuse ? C'est bien ce qui semblerait à la lecture de travaux
de Fredric Schiffer publiés dans Neuropsychiatry, Neuropsychology
and Behavioral Neurology du mois de mars dernier.
Si l'on savait que la transmission d'un champ magnétique
à travers le cerveau (ce qu'on appelle la TMS ou Transcranial
Magnetic Stimulation) semblait avoir des effets qui soulagent les
patients dépressifs, le port de lunettes spécifiques
interdisant toute stimulation visuelle d'un côté du
cerveau aboutirait à des résultats semblables. Rien
n'est encore vraiment prouvé, ni dans un cas ni dans l'autre.
Cependant, et selon un certain nombre de médecins, la piste
apparaît intéressante à suivre...
Pour en savoir plus :
Neuropsychiatry, Neuropsychology and Behavioral Neurology de mars
2002, volume 15, pages 18-27 : "Prediction of Clinical Response
to Transcranial Magnetic Stimulation for Depression by Baseline
Lateral Visual-Field Stimulation", par Fredric Schiffer, Zoë
Stinchfield & Alvaro Pascual-Leone : http://ipsapp006.lwwonline.com/content/getfile/4112/5/4/fulltext.htm
Laboratory for Magnetic Brain Stimulation Beth Israel Deaconess
Medical Center Harvard Medical School : http://www.bidmc.harvard.edu/neurology/magstim.html
Harvard Medical School - departement de phsychiatrie : http://www.hmcnet.harvard.edu/psych/
Revue Micros et Robots
: le n°3 est paru CJ 08/04/2002
Le n°3 de Micros et Robots est paru.
Au sommaire de ce numéro, vous trouverez notamment la présentation
de nouvelles technologies ou de nouveaux produits comme par exemple
les robots en
bois (kits ne nécessitant aucune soudure
http://www.selectronic.fr/..., ou encore l'arrivée en
France des BioBugs - insectes "intelligents" programmés pour
survivre http://www.wowwee.com/biobugs/biointerface.html.
Au chapitre réalisation, le numéro propose notamment
l'étude d'un robot mobile intelligent programmable rivalisant
avec nombre de modèles commerciaux bien plus onéreux,
ou encore la réalisation d'une tête humanoïde
ou d'un bras manipulateur. A noter aussi, pour les passionnés
des robots Mindstorms, une rubrique conseil pour réaliser
des robots plus solides et aux comportements plus riches.
Et comme toujours, il est possible de commander le CD-ROM* donnant
tous les schémas des circuits imprimés et programmes
des montages présentés, accompagnés de vidéos
montrant différents robots en action .
Signalons aussi le lancement du 3ème concours de robots organisé
par cette revue, qui se tiendra fin novembre 2002. Une première
en France : il est prévu une catégorie "Robots Marcheurs".
Les débutants quant à eux ne sont pas oubliés
avec le maintien d'une catégorie "robots à roues".
*Contre
4 euros de participation de frais d'emballage et d'envoi, dans la
limite des stocks disponibles