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Le
virus de la Poliomyélite recréé en laboratoire
JPB 18/07/02
Le
Pr.Eckard Wimmer, professeur de biologie moléculaire au Department
of Molecular Genetics and Microbiology SUNY at Stony Brook, assisté
du Dr Jeronimo Cello et de ses collègues, vient d'annoncer
dans Science (on line) du 11 juillet 2002 avoir réussi a
recréer in vitro l'équivalent du virus de la poliomyélite.
Le travail a été fait à la State University
de New York.
L'intérêt
de cette annonce d'un point de vue scientifique n'a pas échappé
aux observateurs. Dans un interview fait par Nonee Walsh pour Science
Journal Today (http://www.abc.net.au/am/s605113.htm),
le Pr Wimmer indique que, pour synthétiser un virus, il n'a
besoin que de la séquence génétique de celui-ci,
disponible sur une mémoire numérique, sans s'appuyer
sur un support biologique pré-existant. Le virus de la polio
est relativement simple, mais cela ne change pas fondamentalement
la complexité du problème. Le virus construit artificiellement
à partir d'une séquence de nucléotides simulant
l'ARN viral (en fait, semble-t-il, l'ADN) a pu, mis en présence
de l'enzyme assurant sa duplication, se transformer en ARN analogue
à celui des particules virales "vivantes" . Le nouveau virus
s'est comporté dans les organismes où il a été
testé comme un virus authentique. Il y a certes loin de la
synthèse d'un virus - dont on discute encore le caractère
"vivant" et de celle d'une cellule ou d'un organisme pluricellulaire,
mais la voie est désormais ouverte. Nous pouvons voir là
une illustration parfaite des prévisions de Ray Kurzweil
(que nous présenterons bientôt).
Est-ce à dire que le problème de la synthèse
de la vie est enfin résolu? Certainement pas, car en ce cas,
le scientifique ne part pas des acides aminés ou autres substrats
du monde minéral, mais d'une information obtenue à
partir du vivant par rétro-ingénierie.
L'annonce a
suscité comme il fallait s'y attendre de nombreux commentaires
et polémiques quant à son caractère éventuellement
dangereux. Le Pr. Wimmer et ses collègues n'ont rien fait
pour masquer les risques potentiels. Mais leur argument est qu'il
vaut mieux savoir où est le danger, pour mieux le maîtriser,
que laisser ces technologies relativement simples à la portée
du premier biologiste terroriste venu.
Trilobite,
un aspirateur-robot totalement autonome
CJ 17/07/2002
La société
Electrolux annonce la commercialisation très prochaine de
Trilobite, un aspirateur-robot totalement autonome. Selon cette
société, ce produit qui sera aussi disponible en France
dans les mois qui viennent (prix autour de 1500 euros) n'a plus
rien à voir avec le premier prototype présenté
en 1997, ayant fait depuis l'objet de recherches poussées.
D'un diamètre de 35 cm, sur une hauteur de 18 pour un poids
de 5 kg, Trilobite se repère dans la pièce grâce
à l'émission d'ultrasons et sait définir sa
stratégie pour aspirer de manière efficace. Se déplaçant
à une vitesse maximale de 0.4 m/sec et capable de passer
sur les fils électriques et sous les meubles, il dispose
de trois programmes : normal, rapide et spot*. Si ses batteries
(nickel-metal hybride) sont presque vides, il sait interrompre sa
tâche pour aller les recharger (compter deux heures environ),
et reprendre ensuite son travail.
*Afin de
juste nettoyer une surface d'environ un m2.
Nous
emprunterons à Michel Broué, de Paris 7 Jussieu, cet
hommage au grand mathématicien qui vient de nous quitter.
Nous ne pourrions mieux dire: "Un
homme lumineux, à tous les sens du terme, vient de s'éteindre.
Le fait qu'il se soit éteint à 87 ans n'apaise en
rien notre tristesse, immense.
« Je suis un mathématicien » : ainsi s'ouvrent
ses mémoires, parues en 1997. De tous les mathématiciens
français dont l'uvre scientifique a profondément
marqué la science au XXème siècle, Laurent
Schwartz est sans aucun doute le plus connu dans les milieux scientifiques
: le rôle charnière entre mathématiques et physique
joué par sa « théorie des distributions »
et l'aspect spectaculaire, souvent miraculeux, de cette théorie,
l'attention constante qu'il a portée aux applications de
ses mathématiques, expliquent que son nom et son uvre
soient familiers à bien des scientifiques. La place singulière,
extraordinaire, qu'il a occupée pendant des années
au sein de l'université française, son charme et ses
talents oratoires et pédagogiques, avaient aussi contribué
à sa renommée.
Mais Laurent Schwartz fut aussi, toute sa vie, un militant de gauche
et un homme public actif et influent. C'est à ce titre qu'il
est aussi connu hors des milieux scientifiques.
La densité et la variété de sa vie sont littéralement
ahurissantes. Dès 1936, il est trotskiste et donc lucide
sur les crimes et les mensonges du stalinisme, puis bientôt,
en même temps, membre actif de Bourbaki; trotskiste encore
(et juif) pendant l'occupation nazie, il découvre la théorie
des distributions en novembre 1944, se présente ensuite aux
élections législatives, obtient la médaille
Fields en 1950, devient à Nancy secrétaire départemental
de la FEN, développe les conséquences de sa théorie
de distributions, se lance en 1958 dans l'énorme tâche
de la réforme de l'École polytechnique tout en luttant
contre la guerre d'Algérie et contre la torture qui y est
alors couramment pratiquée. Membre actif du Comité
Audin, puis membre du Tribunal Russell et président du Comité
Vietnam National, militant du Comité des mathématiciens
qui arrachera Léonid Pliouchtch de son hôpital psychiatrique
spécial en URSS, il s'engage pour la réforme et la
défense de l'université et de la recherche, préside
le Comité national d'évaluation, tout en continuant
sa recherche mathématique.
Témoin et acteur capital d'une époque et d'une génération
qui ont fourni quelques unes des plus grandes figures de l'humanité,
Laurent Schwartz a été un grand homme, à tous
les sens du terme. Il était un grand homme exceptionnel,
au style si particulier : la rigueur et la précision y entraient
en symbiose avec l'autodérision et l'humour ; l'apparent
détachement et l'objectivité par rapport à
sa propre vie, même lorsqu'elle devenait dramatique, ne cachaient
ni une immense tendresse ni des indignations profondes - mais jamais
criées, jamais exposées, toujours en demi-teinte.
L'intelligence de Schwartz sourdait de tous ses propos, de toutes
ses attitudes.
Sa personnalité hors du commun, ses qualités de droiture
et de rigueur, de générosité et d'humanité,
en ont fait une référence pour plusieurs générations
de scientifiques et de militants.
Professeur à la Faculté des Sciences de Paris, Laurent
Schwartz a choisi Paris 7 lors de la création des universités
en 1970, puis a été.détaché à
lEcole Polytechnique. Il a terminé sa carrière
universitaire à Paris 7.
Michel Broué "
Deux
milliards d'ordinateurs sur la planète en 2008 ? CJ
01/07/02
Selon le cabinet
d'études Gartner Dataquest, l'industrie de l'informatique
a passé le cap du milliard d'ordinateurs personnels vendus
dans le monde au mois d'avril dernier. Les analystes de chez Gartner
estiment que le seuil des deux milliards d'ordinateurs sera atteint
à l'horizon 2007-2008.
Biologiste
évolutionniste réputé, Louis Thaler est décédé
accidentellement le 18 juin à l'âge de 71 ans. Il dirigeait
le laboratoire d'évolution des vertébrés du
CNRS à Montpellier 2. Il avait fondé l'Institut des
sciences de l'évolution de Montpellier en 1981 qu'il dirigea
jusqu'en 1990. Il avait défendu une approche multidisciplinaire
de l'évolution et de la biodiversité, en recherchant
leurs divers déterminants dans des sciences jusqu'alors peu
consultées. Il reste malheureusement beaucoup à faire
encore dans cette voie. On trouve malheureusement peu d'informations
sur le web, aussi bien concernant Louis Thaler que l'ISEM.
Signalons
à ceux qui s'intéressent à la science des mèmes
ou mémétique (dont font évidemment partie les
images) l'exposition Iconoclash qui se tient jusqu'au 4 août
à Karlsruhe, au Zentrum für Kunst und Medientechnologie
ZKT. Conçue par le sociologue et philosophe français
Bruno Latour, elle vise à mettre en balance le mouvement
symétrique de construction et de destruction des images dans
les sociétés humaines.
Un nombre considérable d'oeuvres de diverses époques
y est présenté, mais le visiteur est généralement
laissé à sa propre appréciation pour en tirer
d'éventuels enseignements. Cela pour dire que l'apprenti
méméticien trouvera là beaucoup de matériaux
mais peu d'exposés didactiques.
Le Centre d'écologie
et physiologie énergétique de Strasbourg (CEPE) sous
la direction de Yvon Le Maho, est devenu le champion français
de l'écophysiologie, c'est-à-dire de la façon
dont les animaux s'adaptent (quand ils le peuvent) aux changements
de leur environnement. Ils fonctionnent dans des limites biologiques
qu'il faut connaître, si on veut étudier les risques
qu'ils courent à la suite des changements environnementaux
imposés par l'homme et les
remèdes éventuels à prendre pour sauvegarder
la biodiversité. Si des résultats intéressants
ont été obtenus pour le manchot antarctique, on ne
peut que s'inquiéter de l'avenir des tortues luths, également
étudiées pour ne pas parler des centaines d'autres
espèces supérieures menacées de disparition,
comme le montre E.O.Wilson dans le livre que nous présentons
ci-dessous. L'argent manque face aux exploiteurs de la planète.
Les écologistes et environnementalistes français
trouveront certainement avantage à lire et utiliser dans
leurs argumentaires le tout dernier livre de Edward O. Wilson, le
grand naturaliste américain autrefois critiqué par
les mouvements de gauche pour l'importance qu'il attribuait à
la génétique dans l'évolution. Converti depuis
quelques années à la protection de la nature et des
espèces menacées, mais restant avant tout un scientifique
matérialiste épris de raison, il devrait certainement
être mieux écouté et compris par tous ceux qui
luttent sur la planète contre les excès du libéralisme
et du profit. Bien qu'américain, Wilson n'hésite pas
à dénoncer la pression inadmissible que son pays fait
peser sur la nature. Il croit cependant aux possibilités
de la science de demain pour sauver le monde, à commencer
par la biodiversité, pour peu que les humains se persuadent
de l'impasse dramatique dans laquelle ils s'enfoncent actuellement.
Ce livre (en langue anglaise) mérite d'être connu de
toute urgence du plus grand nombre. Mais sera-t-il traduit en français
et dans quels délais ? Nous en ferons prochainement une recension
plus complète.
On notera que Hubert Reeves mène en France un combat un peu
semblable, au titre de président de la ligue pour la préservation
de la faune sauvage.
Il avait publié dans Le Monde du 11 mai 2002 l'article
"SOS-Terre", montrant, selon son expression, que tous les clignotants
sont au rouge vif. Mais à cette date l'article n'avait eu,
semble-t-il, aucun écho. Le jeu politique avait d'autres
soucis.
Edward O. Wilson The Future of Life, Alfred A. Knopf, NY. 2002
.
Une
puce électronique pour remplacer la rétine ? JPB/ CJ 24/06/02
Le
Dr Alan Y Chow, lors du Congrès de l'association pour la
recherche en Ophtalmologie tenu à Fort Lauderdale en mai
2002, a confirmé les premiers succès enregistrés
par l'implantation de la prothèse Artificial Silicon Retina
(ASR) dans l'amélioration des fonctions visuelles de patients
atteints de rétinite pigmentaire provoquant une perte importante
de la vision. La puce implantée dispose de 3.500 cellules
photo-sensibles transformant la lumière en signaux électriques
directement transmis au nerf optique. Elle est restée en
place 18 mois sans rejet. Pour en savoir plus Notre
article précédent
du 30/07/2001
Notre article
du 04/07/2000 : Une rétine
électronique pour les aveugles ?
Notre article
du 3/04/2000: Une prothèse
visuelle électronique connectée au nerf optique d'une
aveugle
*****
Par
ailleurs, et dans une autre approche, signalons que huit patients
ont pu retrouver partiellement la vue (distinction de formes à
distance) grâce à une mini caméra, un ordinateur
portable et des électrodes connectées au cerveau (opération
effectué à Lisbonne en avril dernier par le neurochirurgien
portugais Joao Lobo Antunes). Les patients à qui on a implanté
cet "oeil" artificiel ne retrouvent pas une vision normale
mais voient une série de points, ce qui leur permet de distinguer
les formes. Mais selon le Dobelle Institute qui a mis au point le
système, quatre d'entre eux réussissent désormais
à "voir" des couleurs. Mieux encore, l'un des patients,
un Canadien, a même pu conduire une voiture à vitesse
réduite sur un circuit privé, sans pouvoir se servir
toutefois des rétroviseurs dont le niveau de résolution
est trop faible.
La mini caméra, accrochée à une paire de lunettes,
capture des images et les transmet à l'ordinateur que le
patient porte a la ceinture. Après traitement des images,
l'ordinateur envoie un signal aux électrodes implantées
sur le cortex visuel du cerveau.
Signalons toutefois que ce système, dont l'implantation coûte
quelque 75.000 dollars, n'est adapté qu'aux personnes nées
avec une vue normale et qui l'ont perdu après l'enfance.
En effet, dans le cas contraire, le système est inefficient
du fait d'un cortex visuel qui n'est pas totalement développé.
Rappelons que
le premier prototype de ce système a été expérimenté
en 2000 sur un Américain.
L'accroissement
rapide du cerveau humain
JPB 24/06/02
Des travaux
récents s'efforcent de préciser les causes génétiques
de l'accroissement spectaculaire du cerveau des hominiens depuis
3 à 4 millions d'années. Un article publié
par Science du 12 avril (accès payant) sous la plume de Wolgang
Enard et Svante Pääbo, tous deux biologiste moléculaires
du Max Plank Institute de Leipzig, a montré que l'homme aurait
accéléré au cours de son évolution la
production de protéines nécessaires à l'enrichissement
du tissu cérébral. La production de l'ARN messager
responsable de la synthèse des protéines est bien
plus élevée dans les tissus cérébraux
humains que dans ceux des autres primates, ainsi que dans les autres
tissus humains.
Mais tous les
chercheurs n'interprètent pas cette constatation de la même
façon. Elle intéressera peut-être cependant
ceux qui pensent que l'évolution, notamment la synthèse
protéinique, se trouve accélérée par
un mécanisme encore inconnu lorsqu'un besoin de grande ampleur
se fait sentir. Pour ce qui concerne le cerveau humain, certains
linguistes ont attribué ce besoin à la nécessité
pour les hominiens d'accroître brutalement la taille de leur
cerveau afin de maîtriser l'explosion des informations à
traiter suite au développement du langage symbolique. On
a parlé de méta-transition. Quant au facteur inconnu,
rappelons que Johnjoe Mc Fadden en a proposé une explication,
faisant appel à la mécanique quantique, dans son livre
Quantum Evolution.
Bjorn
R. Olsen, biologiste de l'école de médecine d'Harvard
à Boston, va incessamment lancer une revue scientifique tout
à fait spéciale! Intitulée : le "Journal
of negative results in biomedicine", elle vise en effet
à rendre compte des expériences dont les résultats
sont négatifs (sciences biomédicales et des résultats
d'essais cliniques).
Il s'agit ici de récompenser les efforts des scientifiques
rencontrant des résultats non concluants. L'idée est
ici de montrer que ceux-ci font également avancer la recherche.
Pour Bjorn Olsen, la discrimination faite aux résultats scientifiques
négatifs est une attitude qui peut aussi encourager la propagation
d'erreurs. En tous cas, elle empêche de secouer les dogmes
établis en science.
La publication de tels résultats peut également permettre
d'éviter dans certains cas la duplication inutile d'expériences
non concluantes.
Système
anticollision pour drones
CJ 21/06/2002 (à partir d'une information Air et Cosmos)
Plus
cela ira et plus de drones se baladeront au-dessus de nos têtes.
Or, en espace aérien non contrôlé, le risque
de collision pourrait être élevé, du moins tant
que les drones ne disposeront pas de capteurs permettant de détecter
la proximité d'autres aéronefs et d'une fonction anticollision
automatique en vol.
Dans ce cadre, L'ONERA vient de breveter un système embarqué
d'anticollision en espace non contrôlé. Celui-ci se
propose de résoudre la question de la déconfliction
des vols entre drones et avions évoluant en régime
VFR*, c'est-à-dire le vol à vue que l'on peut résumer
par "voler et éviter". Le principe consiste ici
à placer le drone et l'appareil piloté dans un même
environnement d'autocontrôle et de surveillance anticollision.
Dans ce système (appelé T.CAS, pour Converging Traffic
Alert System), les drones et les avions s'échangent des informations
sur leurs positions relatives : en cas de trajectoires convergentes
avec celle d'un drone, le pilote d'un avion est prévenu par
une alerte vocale de la position du drone par rapport à lui,
et de sa taille. Cela dit, le C.TAS ne dispense pas la manoeuvre
d'évitement pour le pilote.
Un système qui devrait plaire aux militaires car il va permettre
désormais l'insertion des drones dans l'espace aérien
non contrôlé.
*L'autre
régime est l'I.F.R., vol aux instruments, pour lequel l'usage
de radio est obligatoire.
NB : A l'heure
actuelle, rien ne figure encore sur cette information sur le site
web de l'Onera : http:www.onera.fr.
Mais on trouvera par ailleurs sur le site la mention d'un concours
univesitaire de drones miniatures organisé par l'Onera et
la DGA : http://www.onera.fr/drones-miniatures/index.html
Le
consortium Génostar
JPB 18/06/2002
Le
consortium Génostar vient de présenter une nouvelle
plate-forme destinée à l'étude du génome.
Il associe l'Inria, l'Institut Pasteur et les sociétés
Hybrigenics et Génome Express. L'objectif de cette plate-forme
bioinformatique de génomique exploratoire est de "proposer
aux chercheurs un environnement de génomique exploratoire
; une plate-forme offrant un schéma unifié de représentation
des données d'origines diverses (séquençage
haut débit, micro-array, protéomique, double hybride )
au sein d'applications spécifiques capables d'échanger
et d'enrichir ces données". Il s'agira d'identifier les
séquences codantes dans un génome déjà
séquencé, en les comparant à des modèles
statistiques fournis par des gènes déjà identifiés.
Un gène identifié est ensuite comparé par le
logiciel à d'autres séquences contenues dans des bases
de données, pour découvrir ses fonctions. Il faudra
ensuite valider les indices par l'expérimentation. Nous avons
là un nouvel exemple, donné par l'Inria, d'association
de moyens publics et privés dans une recherche d'intérêt
stratégique.
L'exposition
présentée sous ce nom à la galerie Poirel,
3 rue Victor Poirel à Nancy (jusqu'au 28 juin), aurait pu
nous intéresser en ce sens que les artistes ont essayé
d'y représenter la démesure, l'incommensurable, l'infini.
Certaines oeuvres ne surprendront pas les informaticiens qui connaissent
les pouvoirs de l'ordinateur pour générer de l'aléatoire
en combinaison d'éléments discrets (la machine à
inventer des dessins de Jean-François Lacalmontie).
Il aurait été intéressant d'y combiner une
sélection darwinienne par le spectateur (cf.
notre nouvelle) mais il aurait fallu davantage de ressources.
D'autres uvres sont plus classiques, tel un échafaudage
de morceaux d'avions tenant comme par miracle (Nancy Rubins).
Philippe Dagen, dans son compte-rendu du Monde en date du 29 mai,
signale un cas plus intéressant, celui du cube en miroir
de Michelangelo Pistoletto (1965), les faces réfléchissantes
vers l'intérieur. D'éventuels photons générés
entre les faces se réverbèrent ainsi à l'infini,
mais jusqu'à quand ? D'une façon générale,
on constate que la représentation graphique de la démesure
absolue, de l'infini et de l'innommable, autrement que par des métaphores
naïves, est encore à inventer.
Claudie
Haigneré entre au gouvernement
JPB/CJ 17/06/02
Claudie Haigneré a été nommée ministre
déléguée à la recherche et aux nouvelles
technologies, auprès de Luc Ferry, ministre de la Jeunesse,
de l'Education nationale et de la Recherche.
Médecin, rhumatologue, spécialiste en médecine
aéronautique, docteur en neuroscience, la spationaute est
allée deux fois dans l'espace : vol de 16 jours à
bord de la station orbitale russe MIR (mission franco-russe CASSIOPEE)
; mission de 8 jours à bord de la Station Spatiale
Internationale (mission Andromède).
Félicitations à la nouvelle ministre, dont on peut
espérer qu'elle suivra avec attention non seulement la politique
de la recherche spatiale mais aussi tous les domaines impliquant
de près ou de loin les sciences & technologies de l'information
et de la communication.
Talk-Bot
vainqueur du Chatterbox Challenge 2002
CJ 17/06/02
Après conversation serrée du jury avec les 12
finalises encore en lice (voir notre actualité du 12/06/2002),
c'est l'agent conversationnel Talk-Bot réalisé par
l'Américain Chis Cowart qui a remporté le concours
Chatterbox Challenge 2002. Talk-Bot avait déjà remporté
le même concours l'année précédente
Exemple d'une
conversation tenue avec l'un des membres du jury: Talk-Bot: Hi Judge
Judge: hi talkbot. How are you?
Talk-Bot:
I'm doing good!
Judge: have you been busy today?
Talk-Bot:
No, I haven't!
Judge: do you talk to a lot of people?
Talk-Bot:
Wow, I thought everybody knew I don't talk to a lot of people.
Judge: but you are a chatterbot, right?
Talk-Bot:
Yes Judge, are you a human?
Judge: but you are a chatterbot, right?
Talk-Bot:
Well, I'll be. I happen to be right for a change.
Judge: tell me what you are capable of talking about
Talk-Bot:
Tell you? Tell you what?
Judge: what do you enjoy talking about?
Talk-Bot:
Yes, very much so. I love to talk!
Judge: when did you appear on the internet?
Talk-Bot:
oh, its been months ago!!
Judge: what was your first memory?
Talk-Bot:
Ask another Robot... they may know the answer!
Judge: what other robots do you recommend?
Talk-Bot:
Only the good Lord knows and I'm sure not him.
Judge: are you a religious bot?
Talk-Bot:
I prefer the term "script-based entity"
Judge: that is a catchy name. Are you are religious script-based
entity?
Talk-Bot:
Maybe it is, maybe it isn't. It's all a mystery to me!
Judge: are you good at geography?
Talk-Bot:
Some people may think I'm good at geography, others may not! Are
you good at geography Judge?
Judge: pretty good. You can ask me a geography question if you like
Talk-Bot:
Yep, I sure do.
Judge: what is the longest river in the world?
Talk-Bot:
The Nile river located in Africa.
Judge: i never know if it is the Nile or the Mississippi
Talk-Bot:
Well, never is a long, long time!
Judge: not as long as the Nile :-)
Talk-Bot:
Okay, say can I ask you a question?
Judge: sure, go ahead
Talk-Bot:
Ok, where do you live?
Judge: I live in France, in Paris
Talk-Bot:
Okay, well I pretty much call this chat room my home.
Judge: do you like it there?
Talk-Bot: No, I don't like it there at all.
Judge: why
is that?
Talk-Bot: It's hard to put into words. I just can't say anything
good to say.
Judge: where
would you rather be?
Talk-Bot: I could but that doesn't mean I would.
Judge: No
kidding. I have to go now.
Talk-Bot: Bye for now!
Judge: See you
La Commission
européenne a décidé d'allouer 700 millions
d'euros à la recherche dans le domaine de la nanotechnologie,
au titre du 6e programme-cadre pour la recherche. En effet, sans
le soutien de l'Union, ce secteur n'atteindrait pas le niveau nécessaire
pour pouvoir évoluer et différents projets de recherche
resteraient dispersés. La nanotechnologie permet déjà
des applications novatrices dans des secteurs comme les technologies
de l'information, l'industrie automobile, les cosmétiques,
les produits chimiques et les emballages. (source Fondation
Robert Schuman Lette d'information http://www.robert-schuman.org)
Nos voisins suisses organisent tous les ans une grande exposition
nationale, cette année du 15 mai au 20 octobre, sous l'intitulé
de EXPO-02. Elle présente de nombreux thèmes et événements,
parmi lesquels l'intelligence artificielle et la robotique sont
très présents. Des robots interactifs, dans certains
lieux, accueillent le visiteur et s'entretiennent avec lui. On sait
que la Suisse héberge de nombreuses start-up dans le domaine
des TIC, dont un certain nombre emploient des Français y
trouvant un environnement plus dynamique que chez nous.
Une invasion
de fourmis d'Argentine seraient en train d'éliminer les espèces
endogènes dans tout le sud de l'Europe. Ces fourmis présentent
la caractéristique d'organiser leurs nids en réseaux
immenses vivant sur le mode de la coopération. En d'autres
termes, les ouvrières d'une fourmilière reconnaissent
celles de la fourmilière voisine et ne l'attaquent pas, mais
au contraire s'allient avec elles pour exploiter le terrain. La
raison de ce comportement nouveau serait une mutation s'étant
imposée dans l'espèce lors de son débarquement
en Europe. Pour survivre dans cet environnement différent
où les luttes intraspécifiques auraient été
désastreuses, un gène de reconnaissance unique s'est
répandu progressivement chez tous les individus.
Il y a là
un exemple très intéressant de mutation en train de
se faire sur une grande envergure et en des temps records, dont
on ne trouve sans doute pas beaucoup d'exemples dans d'autres espèces
animales de taille macroscopique.
En guise de plaisanterie :
on peut rêver. Si son site génique était identifié,
ne pourrait-on pas espérer importer ladite mutation dans
d'autres espèces, et pourquoi pas chez l'homme? On dira que
l'agressivité humaine est d'origine culturelle tout autant
que génétique. Si pourtant on éliminait le
gène responsable, le comportement agressif se modifierait
sans doute très vite, pour devenir coopératif. Oui
mais alors, l'espèce humaine, déjà prolifique,
deviendrait encore plus envahissante à l'égard des
faunes locales Ce serait définitivement la fin de la
biodiversité.