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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
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27/08/02 Signature d'une convention de collaboration entre le CEA et l'Université Paris VI dans le domaine de la robotique
25/08/02 Développement durable et sciences
20/08/02 Un mathématicien français lauréat de la médaille Fields
15/08/02 Pourquoi les singes ne parlent pas
12/08/02 Interférence génétique
09/08/02 Le Total Avareness Information System
06/08/02 Kasparov va jouer contre Deep Junior

06/08/02 Du nouveau en mémétique

06/08/02 Bases neurologiques de la croyance

06/08/02 Anton
Zeilinger: un regard différent sur le monde quantique

06/08/02 Fête de la Science : appel aux chercheurs et étudiants

22/07/02 Les raëliens mettent en vente la première "machine à cloner"

22/07/02 Caravela, navire autonome pour réduire les coûts de la recherche

22/07/02 Spyfish,
votre petit sous-marin personnel

21/07/02 Convergence de technologies pour améliorer les performances humaines

21/07/02 Un calculateur quantique dans une seule molécule

21/07/02 Prédire la structure des protéines

18/07/02 Fractale

18/07/02 Catastrophe d'Ueberlingen

Archives

Juillet/août 2002

Signature d'une convention de collaboration entre le CEA et l'Université Paris VI dans le domaine de la robotique
CJ 09/08/02

Gilbert Béréziat, président de l'université Paris VI et Pascal Colombani, administrateur général du CEA - Photo : CEALe Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et l'université Pierre et Marie-Curie (Paris VI) ont signé le 17 juillet dernier une convention pour associer leurs compétences scientifiques et leurs moyens dans le domaine de la robotique. Par cette convention, les deux organismes rapprochent le Service de robotique et des systèmes interactifs du Laboratoire d’intégration des systèmes et des technologies du CEA (CEA/DRT/LIST) et le Laboratoire de robotique de Paris (LRP/Paris VI-CNRS), Unité de recherche de l'UPMC, qui s'implante sur le centre CEA de Fontenay-aux-Roses.
Les thématiques de recherche communes aux deux unités concernent les véhicules à haute mobilité, les interfaces homme-machine, les systèmes pour la chirurgie mini-invasive robotisée et les techniques de micro-nano manipulation.

Pour en savoir plus :
Communiqué de presse conjoint CEA-Université Paris VI : http://www.cea.fr/fr/actualites/articles.asp?id=328&orig...
Voir nos articles : Le Service de Robotique et Systèmes Interactifs du CEA-LIST (17/01/2001)
;
Le Laboratoire de robotique de Paris (14/03/2001)


Développement durable et sciences
JPB 25/08/02

Un certain Amartya Sen, prix Nobel d'économie en 1998 et professeur à Trinity Collège, se demande dans Le Monde du 23 août p.1 comment définir le concept de développement durable. Tout le monde en parle (du moins dans les cercles de la lutte contre la mondialisation libérale) mais y met des objectifs bien différents. La tenue du sommet mondial de Johannesburg consacré au développement durable exigerait un peu de clarification, ne fut-ce que pour évaluer les résultats de ce sommet, qui risque une nouvelle fois de n'accoucher que d'une souris. L'expérience de son prédécesseur le sommet de la Terre à Rio il y a 10 ans, nous incite à la prudence, sinon au pessimisme le plus noir.

Le rapport Brundtland de 1987 (http://www.doc.mmu.ac.uk/aric/eae/french...) a donné du développement durable une définition sans doute acceptable mais qui ne mobilisera pas les foules : "répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins".

La Banque mondiale propose un guide sur le développement durable, destiné notamment aux jeunes, qui n'est pas sans intérêt http://www.worldbank.org/depweb/french/. Mais son Rapport sur le développement 2003 remis à Johannesburg (non encore publié sur le site de la Banque au 25/08/02), présenté par le président de celle-ci, James D. Wolfensohn sur le site http://web.worldbank.org/ n'est guère encourageant. On y prévoit 9 milliards d'humain vers 2050 (soit une croissance, non encore stabilisée, de 50%) et un PIB quadruplé (sans compter les activités de survie de populations non enregistrées en statistiques). Ceci veut dire que les tensions sur l'environnement auront, bien avant la moitié du siècle sans doute, dépassé le supportable. La BM se veut néanmoins optimiste, en recommandant aux gouvernements du monde la prise de mesures audacieuses destinées à limiter les dépenses et pollutions du Nord, assurer un meilleur transfert de ressources du Nord vers le Sud et plus généralement, élever la conscience commune relative aux besoins d'une gestion démocratique de la planète.

Tout cela semble très irréaliste. Les égoïsmes des pays occidentaux, à commencer par les Etats-Unis, ne s'inclineront pas de sitôt. Quant aux exigences de développement des pays pauvres, elles ne diminueront pas, même si l'effondrement des équilibres naturels fait de ces pays les premières victimes des catastrophes à venir. Par ailleurs, rien ne sera fait vraisemblablement pour contrôler la natalité - la bombe démographique - encore considérée comme une arme de puissance par des pays s'engageant de plus en plus dans des affrontements armés.

Dans ce panorama extrêmement inquiétant, il est certain que les programmes proposés par les ONG du monde, dont on trouve un reflet dans le portail judicieusement consacré à Jonannesburg par le collectif Jo'burg 2002, offrent des solutions ayant l'intérêt de mobiliser dans des initiatives de terrain des militants du Nord et du Sud, utilisant notamment les ressources des réseaux pour coopérer. On peut craindre cependant que ces solutions ( à encourager) restent marginales face aux grands déséquilibres qui sont en train de s'accélérer.

Nous pensons, pour notre part, que le développement durable ne deviendra une réalité que si les pays du Nord, en coopération avec ceux du Sud, mettaient en œuvre dès maintenant des programmes scientifiques et technologiques de grande ampleur, capable d'explorer et développer toutes les possibilités qu'offrent actuellement les sciences "propres". Il faudrait d'abord que les Etats, seuls capables de financer de telles recherches, se convainquent que là serait la solution. Il faudrait aussi que les opinions publiques cessent de voir dans ces sciences et techniques des dangers possibles. Ceux-ci sont infiniment moindres que ceux résultant du laisser-faire actuel. Mais pour éviter les dérives technicistes dévoyées par des intérêts à court terme, il faudrait aussi que le développement scientifique ne soit pas laissé sans contrôle à des firmes privées visant le profit immédiat, mais soit réintégré dans le domaine des politiques publiques démocratiquement décidées et contrôlées. Voilà qui devrait alimenter les discussions de ceux qui, notamment en Europe et à gauche, s'interrogent sur le rôle de l'Etat et sur la coopération entre celui-ci et les associations militantes. 25/08/02

Pour en savoir plus
ONU : le Sommet de Johannesburg (en français) :
http://www.un.org/french/events/wssd/

Johannesburg Summit 2002 (Le site officiel complet du sommet de l'ONU sur la terre) :
http://www.johannesburgsummit.org/
Collectif Jo'burg 2002 (Portail Internet d'ONG et associations françaises) :
http://www.collectifjoburg2002.org/
La science au service d'un développement durable, rapport réalisé à la demande de la ministre chargée de la Recherche par 16 organismes, sous la responsabilité de Jean-François Girard, président de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) :
http://www.recherche.gouv.fr/rapport/devdurable/default.htm.


Un mathématicien français lauréat de la médaille Fields
CJ 20/08/02

Laurent Lafforgue Laurent Lafforgue, mathématicien français de 35 ans, et Vladimir Voevodsky*, se sont vu attribuer le 20 août la médaille Fields 2002, la plus haute distinction en mathématiques, lors de l'ouverture du Congrès international des mathématiciens tenu à Pékin.
Ancien élève de l'Ecole normale supérieure à Paris, directeur de recherche au CNRS, Laurent Lafforgue est professeur permanent à l'Institut des Hautes Etudes Scientifiques (IHES - Bures-sur-Yvette). La médaille Fields lui a été décernée pour ses travaux sur le "Programme de Langlands", série d'idées et de conjectures émise en 1967 par le mathématicien canadien Robert Langlands qui relie des parties importantes de la théorie des nombres, de l'algèbre et de l'analyse, et est devenue un véritable programme de recherche. Cette récompense vient ici couronner plus de 6 années de travail du jeune chercheur.
Considérée comme le "Nobel de mathématiques", la médaille Fields est remise tous les quatre ans à 2, 3 ou 4 mathématiciens de moins de 40 ans.
Son attribution à un mathématicien français témoigne de la vitalité de notre pays en cette matière : rappelons en effet qu'avant Laurent Lafforgue, les Français Laurent Schwartz (1950), Jean-Pierre Serre (1954), René Thom (1958), Alexander Grothendieck (1966), Alain Connes (1982), Pierre-Louis Lions et Jean-Christophe Yoccoz (1994) ont également reçu cette médaille.

*Mathématicien de 36 ans, né en Russie, professeur permanent à l'IAS (Institute for advanced studies) à Princeton (Pennsylvanie), distingué pour ses travaux en théorie des nombres et géométrie algébrique.

En savoir plus :
Dossier de presse : http://www.ihes.fr/EVENEMENT/lafforgue/fields.html
.


Pourquoi les singes ne parlent pas
JPB 15/08/02

ChimpanzéSi les singes ne parlent pas, c'est parce qu'ils n'ont pas le "gène du langage", supposé être le FOXP2, ou plutôt la version humaine de ce gène, présente chez l'homme, dont l'absence priverait des capacités langagières. C'est ce que pensent Svante Pääbo, Wolfgang Enard et leurs collègues du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig. Le gène FOXP2 présent chez les grands singes diffère sur deux points importants du gène humain. De ce fait, il ne donne pas la mobilité de la bouche et du larynx à partir de laquelle s'est construite la parole humaine.

Des chercheurs comme Martin Nowak, spécialiste de l'évolution du langage à l'Institute for Advanced Study de Princeton, voient là l'amorce de la mise à jour des bases génétiques du langage humain. La mutation aurait pu apparaître il y a 200.000 ans, époque d'apparition des premiers hommes modernes. Le rôle exact du gène FOXP2 n'est pas encore clair. On suppose qu'il active d'autres gènes.

Peut-on rêver et imaginer pouvoir un jour greffer chez nos cousins simiens un dispositif génétique qui leur donnerait enfin la parole, sachant que leur cerveau est tout à fait capable de communications symboliques par signes ou lettres.

Pour en savoir plus
Article de Helen Pierson dans Nature .com/News, en date du 15 août 2002 : http://www.nature.com/nsu/020812/020812-6.html


Interférence génétique
CJ/JPB 12/08/02

Expérience menée par Richard Jorgensen sur des pétuniasTous les médias ont présenté, les 11 et 12 août, comme une découverte scientifique majeure, l'annonce de la possibilité de mettre en sommeil ou désactiver des gènes bien identifiés.
Le phénomène avait été identifié depuis déjà plus de 10 ans (1990) par le biologiste Richard Jorgensen (université d'Arizona), à propos de greffes de gènes intéressant le pétunia*, puis confirmé par d'autres travaux sur le Caenorhabditis elegans et la drosophile, puis sur des champignons et enfin sur des cellules mammifères, hommes compris.
C'est un article de The Independent du 10 août 2002 qui remet la nouvelle au goût du jour, permettant aujourd'hui une large diffusion auprès du grand public. A un moment où le décryptage de divers génomes, dont celui de l'homme, arrive à terme, il est important de savoir s'il sera possible d'inhiber (ou d'activer) certains des gènes de ceux-ci, notamment dans une perspective thérapeutique. Pour cela il faut identifier avec précision les mécanismes permettant à l'ADN de piloter la synthèse des protéines constitutives des diverses cellules de l'organisme, à partir de l'ARN.
Or il semblerait qu'introduire des fragments d'acide nucléique, sous forme de fragments d'ARN, au sein de cellules données inhiberait ou modifierait la reproduction de celles-ci. Ce qui serait précieux s'il s'agira de cellules responsables de comportements pathogènes. Il s'agirait d'un mécanisme primitif toujours actif dans le vivant d'aujourd'hui. Nous reviendrons sur cette question ultérieurement.

* Voulant obtenir des pétunias encore plus violets, le chercheur a introduit dans leur génome une copie supplémentaire du facteur responsable de cette couleur, obtenant des pétunias... blancs. C'est ce qu'on appelle la "cosuppression" : au lieu de se conjuguer, les deux gènes de la couleur violette s'annihilent - en d'autres termes, l'ARN neutralise ici l'instruction, jugée aberrante du fait de sa duplication. On parle ainsi d'"interférence de l'ARN" ou encore de "Post-Transcriptional-gene-silencing" (PTGS).

Pour en savoir plus
Article de Nature n°391, 19 février 1998, pages 806 - 811 ; "Potent and specific genetic interference by double-stranded RNA in Caenorhabditis elegans" http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?file=/nature...l ; voir aussi "A silence that speaks volumes ", Nature 404 du 20 avril 2000, pages 804 - 808 : http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?...l
Journal de l'INRA. Mention des travaux du chercheur français Tom Tuschl dans le domaine
http://www.inra.fr/bbt/2002/mars02/Journal.htm.
Voir aussi Nature mai 2001 http://www.nature.com/cgi-taf..
et mai 2002 http://www.nature.com/cgi-taf/...
Site du Dr Gordon Carmichaël http://grad.uchc.edu/phdfaculty/carmichael.html


Le Total Awareness Information System
JPB 09/08/02

logo iaoLa Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency) met en place un Système d'information destiné à assurer une veille exhaustive: le Total Awareness Information System (TIA), placé sous la direction de l'Information Awareness Office (IAO). Les directeurs du TIA estiment que les exigences du renseignement dépassent les possibilités des technologies actuelles. D'où l'intérêt pour les systèmes de technologie avancée permettant aux humains et aux machines d'aborder ensemble les problèmes complexes.
On lira avec attention les objectifs et la stratégie du programme, sur le site TIA.

L'objectif affiché est d'atteindre un saut technologique radical, une "total reinvention of technologies for storing and accessing information ... although database size will no longer be measured in the traditional sense, the amounts of data that will need to be stored and accessed will be unprecedented, measured in petabytes."

Ce programme suscite comme on pouvait s'y attendre l'inquiétude des défenseurs des libertés civiques, notamment de l'Electronic Frontier Foundation.

Pour en savoir plus
Article de Wired : http://www.wired.com/news/...
TIA : http://www.darpa.mil/iao/TIASystems.htm
IAO : http://www.darpa.mil/iao/
Darpa : http://www.darpa.mil/
Electronic Frontier Foundation : http://www.eff.org/


Kasparov va jouer contre Deep Junior
CJ 06/08/02

Amir Ban jouant contre le programme JuniorLe champion du monde en titre Garry Kasparov vient d'annoncer qu'il allait battre Junior (appelé pour l'occasion "Deep Junior", joueur électronique d'échecs créé par les deux israéliens Amir Ban et Shay Bushinsky. Le match, qui sera coordonné par la Fédération internationale des échecs (FIDE), doit avoir lieu du 1er au 13 octobre prochains à Jérusalem. Il comportera 6 parties. Cinq experts en intelligence artificielle s'assureront que tout se déroule dans les règles. Enjeu du challenge : un million de dollars !
Rappelons que si Kasparov a battu Deep Blue en 1996, il a dû s'incliner l'année suivante lors du match retour*. Depuis, il n'a jamais rejoué publiquement un challenge homme/machine. Que l'on sache, il n'a encore jamais testé Junior, qui a déjà mis au tapis quelques maîtres et qui pour la deuxième année consécutive a encore remporté le titre de champion du monde des joueurs d'échecs électroniques.
Cela dit, Junior n'est peut être Deeper Blue. En tout cas, certains le considèrent comme le plus fort et le plus dangereux programme informatique jamais réalisé.
Il fonctionnera sur une machine massivement parallèle, analysant des millions de positions par seconde.
A suivre de près donc...

Notons qu'un atelier sur l'Intelligence artificielle, dirigé par le professeur Martin Charles Golumbic de l'Université Haifa (spécialiste d'algorithmique) est prévu en marge de la manifestation..

*Certains, comme David Levy -président de l'International Computer Games Association, estiment que le match contre Deeper Blue n'a pas été joué dans les règles car la machine a dû être relancée plusieurs fois pendant le jeu. Par ailleurs, aucune information concernant le programme n'a été disponible, que ce soit avant ou après le match. Ici, toutes les toutes les données d'analyse de Deep Junior seront disponibles après le match.

Pour en savoir plus :
Conférence de presse de Kasparov : http://www.kasparovchess.com/serve/templates/folders/...


(Ajouté en septembre) : Initialement prévu du 1er au 13 Octobre, le match Kasparov-Deep Junior a été décalé de deux mois, et devrait finalement commencer le 1er Décembre prochain.

Vladiimir Kramnik joue contre Deep-Frtiz(Ajouté en octobre) : Le champion du monde d'échec, Vladimir Kramnik, 27 ans a rencontré la machine Deep-Fritz du 2 au 22 octobre 2002. La cadence prévue des coups : 40 coups en 2h puis 16 cps à l'heure. Ajournement après 6 heures de jeu.
Peu avant la rencontre Kramnick déclarait : "Pour ce match je dois changer ma manière de jouer aux échecs. Ce qui importe le plus c'est de développer le moins possible de tactique. Je dois empêcher l'ordinateur d'employer ses qualités de calculateur. Et je ferais tout pour lui jouer des coups qu'il ne comprendra pas. La machine doit se sentir mal à l'aise.
Les ordinateurs sont des bagarreurs de rue. Je n'aurai pas la plus petite chance dans un rythme rapide. Un ordinateur n'est pas capable, à la manière d'un humain, de mettre ses connaissances dans le contexte approprié. L'intuition est quelque chose qui lui est totalement étranger,et à cause de ça, la machine peut avoir des problèmes. Parfois j'ai juste un sentiment intérieur pour jouer un coup. Je le sens juste et ses sentiments m'ont rarement mis dans des problèmes."

Le match (qui a comporté 8 parties), s'est soldé par un nul (4 à 4).


Du nouveau en mémétique
JPB 06/08/02

Couverture du livre  "The Electric Meme"Les psychologues et sociologues français, fussent-ils cognitivistes* ignorent encore le plus souvent la mémétique et les milliers de travaux et de références qu'elle suscite dans le monde anglo-saxon. Ils ne considéreront sans doute pas la parution d'un nouvel ouvrage sur ce thème comme une très grande nouvelle. Mais soyons plus ouverts qu'eux. L'ouvrage en question s'appelle The Electric Meme écrit par le britannique Robert Aunger. Remarquons en passant à quel point, de même que l'Ecosse est la terre des fantômes, le Royaume-Uni dans son ensemble est la patrie des méméticiens - le premier phénomène expliquant peut-être le second. Robert Aunger est un anthropologue aux horizons très divers. Il présente son ouvrage, et selon lui, "comme devant apporter enfin à la mémétique les fondements qui lui manquaient encore pour en faire une science véritablement dure".

Nous avons commencé à lire le livre, afin de vous le présenter en détail dans un prochain numéro. Disons seulement ici que l'une des hypothèses (qui donne son titre à l'ouvrage) est que les mêmes sont des réplicants, un peu analogues aux prions, qui prennent naissance et se dupliquent en mutant dans la matière cérébrale, sous forme d'entités quasi-biologiques. Ils se transmettent d'individus en individus par les supports langagiers et autres moyens de la communication symbolique, comme les prions se transmettent par la consommation de viande contaminée. Mais c'est dans le cerveau qu'ils vivent et meurent - quand ils meurent.

Le livre ouvre de nombreuses perspectives nouvelles sur la culture, les contenus de connaissance et la conscience. De plus, étant écrit de façon très pédagogique, il incite le lecteur à ajouter ses propres hypothèses à celles de l'auteur - peut-être est-ce d'ailleurs là une forme de contamination recherchée par l'auteur.

*Soit dit en passant, il nous faudra revenir sur la définition donnée à ce mot  en France. S'agit-il de traiter des contenus de connaissances en général ou de ces mêmes contenus analysés par référence à la computation, c'est-à-dire à l'ordinateur?

Pour en savoir plus
Le site de Robert Aunger http://www.cus.cam.ac.uk/~rva20/
Le site du livre http://www.cus.cam.ac.uk/~rva20/EMeme.html  Sur ce dernier site, on remarquera une sorte de canular bizarre (s'agit-il de tester la diffusion d'un mème fut-il invraisemblable?) http://www.cus.cam.ac.uk/~rva20/EMemeScandal.html


Bases neurologiques de la croyance
JPB 06/08/02

Couverture du livre "Et l'homme créa les dieux"Dans un numéro précédent, nous avions rendu compte du livre de Matthew Alper, God part of the brain, qui faisait le point sur les connaissances relatives à la localisation cérébrale des états mystiques ou de croyance. Il citait notamment les expériences de Andrew Newberg et Eugène d'Aquili qui scannent le cerveau de moines tibétains en extase. Une hypothèse de plus en plus partagée, dans la ligne de la sociobiologie et de la psychologie évolutionniste, suppose que les aires cérébrales consacrées aux croyances religieuses se sont développées, très tôt chez les premiers hominiens, lorsque ceux-ci ont pris conscience de leur mort. Face au désespoir existentiel en découlant, n'ont survécu que les groupes et les individus ayant acquis l'appareil neurologique leur permettant de croire en un au-delà rassurant. Aujourd'hui encore, la plupart des humains trouvent dans la foi en un dieu ou en un paradis quelconque la force d'affronter les duretés de la vie - certains y trouve aussi parfois hélas celle de mourir en martyr.

Sur ce sujet très important, Sciences & Vie consacre un dossier dans son numéro d'août 2002 : "Pourquoi on croit en Dieu. Les étonnantes réponses des neurosciences". Différents articles sont consacrés aux premières traces d'apparition de rites religieux et de croyances en des divinités bienfaisantes ou malfaisantes. Pour nous l'élément neuf de ce dossier se trouve dans la référence au livre récent de Pascal Boyer, directeur de recherche au CNRS " Et l'homme créa les dieux " paru chez Laffont en 2001. Nous en tireront prochainement une note de lecture. L'auteur développe l'idée que la religion se comporte comme une épidémie mentale, les croyances se répandant dans la population comme des virus, s'implantant durablement ou périclitant selon la " fitness " ou adaptation qu'elles procurent à leurs hôtes. Il est intéressant de voir repris par un auteur français un propos qui est directement inspiré de la mémétique ou sciences des mèmes, réplicateurs autonomes à la source de la plupart des créations culturelles.

L'hypothèse mémétique relative aux idées religieuses n'exclut pas, au contraire, l'hypothèse sociobiologique évoquée plus haut. On considère généralement aujourd'hui, au lieu d'opposer mémétique et sociobiologie ou psychologie évolutionniste, que les deux séries d'explications se complètent. En cas de succès évolutif, il se produit une co-évolution entre des mèmes ou mèmesplexes et les structures cérébrales leur offrant des " encapsulations " favorables. Les croyances se transmettent et s'adaptent ainsi, à la fois par la transmission génétique et par la transmission culturelle. Pour les matérialistes, ceci suffit à expliquer leur vigoureuse persistance.

Pour en savoir plus
Sur Matthiew Alper, relire notre article
Sur le livre de Pascal Boyer voir une chronique de l'Union des athées : http://atunion.free.fr/chro023.html
On pourra lire aussi un article curieux sur les Djinns dans le monde arabe : http://perso.wanadoo.fr/geza.roheim/html/djinn2.htm#tlien1


Anton Zeilinger: un regard différent sur le monde quantique
JPB/CJ 06/08/02

Hervé Poirier, dont nous avions déjà souligné en février dernier le travail de découvreur dans Science & Vie à propos de son article sur le lambda-calcul, nous surprend encore en présentant dans le numéro d'août de ce journal un dossier consacré à l'oeuvre de Anton Zeilinger, et au regard différent sur le monde quantique que propose ce dernier(1).

Comme nos lecteurs s'en sont rendu compte, il est de plus en plus nécessaire de rapprocher les représentations macroscopiques du monde et celles proposées par les physiciens quand ils traitent des particules élémentaires. En effet les nanotechnologies manipulent des atomes en très petite quantité, voire individuellement : il convient alors de savoir si les électrons et les protons qui les constituent se présentent sous forme d'onde ou de particule. Constamment maintenant, les physiciens signalent qu'à ces échelles les lois classiques de la physique, de type probabiliste quand il s'agit de particules élémentaires, peuvent cesser de s'appliquer. C'est ainsi que le 19 juillet dernier, un article du New Scientist rapportait l'observation selon laquelle la 2ème loi de la thermodynamique (qui est de type statistique) se trouvait momentanément mise en échec, dans les conditions de l'expérience réalisée, à des échelles du micromètre et du dixième de seconde(2).

C'est un propos d'une toute autre ampleur que celui d'Hervé Poirier dans l'article "Il n'y a plus de paradoxes quantiques", dont le titre devrait réjouir les millions de citoyens qui ne comprennent rien à la formalisation mathématique de la mécanique quantique ni même aux types d'univers qu'elle nous décrit.
L'auteur s'est reporté aux travaux du physicien autrichien, Anton Zeilinger(3), travaux déjà connus des spécialistes mais apparemment non exploités par la littérature destinée au public. Selon ce scientifique, nous dit Hervé Poirier, il ne faut pas chercher à comprendre ce qu'est le monde tel que décrit par la mécanique quantique.
Rafraîchir la page pour voir l'animation
 

Celle-ci marche parfaitement quand il s'agit de prédire de façon probabiliste les résultats d'un dispositif quantique. Ceci jusqu'à présent convenait à tout le monde, théoriciens comme praticiens. Mais il ne faut pas chercher à aller au-delà, c'est-à-dire se donner une image intelligible du monde quantique. Celle image n'existe pas à ce jour. On s'engage alors dans des "interprétations" plus exotiques les unes que les autres, généralement contre-intuitives pour ceux qui n'ont pas largué tout lien avec la réalité sensible.

En fait, selon Anton Zeilinger, les observations et les équations qui en traduisent les résultats désigneraient non l'objet matériel étudié, mais l'information que nous pouvons en obtenir compte-tenu de nos appareils de mesure et aussi de notre organisation mentale. La mécanique quantique ne serait donc pas une théorie (ou une hypothèse) sur le monde physique mais sur l'information telle qu'elle fonde le monde à nos yeux, qu'il soit physique, biologique ou mental. 

Ainsi l'apparente indétermination du monde quantique tient au fait que nous ne possédons pas assez d'informations sur lui pour prévoir un événement avec précision. Nous pouvons juste calculer la probabilité qu'il se réalise. Il en est de même des autres paradoxes de la mécanique quantique.

Nous ne résumerons pas ici le dossier de Science & Vie consacré à ce sujet. Il comporte une importante contribution de Michel Bitbol, lequel enseigne la philosophie de la physique à l'Ecole Polytechnique. Bornons-nous à une question : si la mécanique quantique constitue comme le dit ce dernier une nouvelle métaphysique de l'information dont nous disposons sur le monde physique, qu'en est-il cependant de ce dernier ? Puis-je me passer de savoir exactement ce qu'est l'électron que je compte utiliser dans mon prochain système à base de nanotechnologies, onde ou particule ? Plus précisément, ne serai-je pas un jour obligé de le savoir? D'un autre côté, si je m'en tiens à l'information, ne convient-il pas d'explorer encore plus activement cette "métaphysique" qu'elle nous permet d'élaborer relativement au monde et à tout ce qu'il y advient. L'interprétation quantique, comme d'autres façons d'interpréter le monde à base de computations, ne recèlerait-elle pas des variables cachées non encore apparues (ce que Wolfram appelle des underlying rules) générant les phénomènes de complexité intrinsèque que nous sommes amenés à constater sans les comprendre et que la science humaine aura la possibilité de découvrir un jour.

Il faudra vraiment revenir sur ce sujet qui nous semble très important, en interrogeant notamment les spécialistes de la mécanique quantique, tel Roland Omnes, dont nous avions déjà indiqué l'importante contribution à la connaissance du sujet par son livre Comprendre la mécanique quantique publié en 2000 chez EDP Sciences.

Pour en savoir plus
(1) Science & Vie annonce à la date de rédaction de cette rubrique la fermeture momentanée de son site éditorial http://www.science-et-vie.com/
(2) http://www.newscientist.com/news/news.jsp?id=ns99992572. Des billes de latex en suspension dans l'eau peuvent momentanément récupérer l'énergie due à l'agitation désordonnée des molécules de liquide, c'est-à-dire que le système produit de la néguentropie, quitte à la reperdre ensuite, en conformité avec la 2e loi. Il s'agirait d'une application du théorème dit de la fluctuation visant à décrire le comportement des particules aux niveaux microscopiques
(3) Rappelons que l'équipe de ce physicien a été la première à réussir expérimentalement en 1997 la téléportation de l'état quantique d'un photon (voir l'encadré "Quelques repères" à la fin de notre article du 17 juin dernier : "Une équipe australienne réussit la téléportation d'un rayon laser").
On trouvera le site d'Anton Zeilinger sur http://www.quantum.univie.ac.at/zeilinger/. Voir notamment un article très éclairant http://www.quantum.univie.ac.at/zeilinger/philosop.html
Lire aussi sur le site du Journal anglais New Scientist l'article "In the begining was the bit" du 17 février 2002: http://www.quantum.univie.ac.at/links/newscientist/bit.html


Fête de la Science, Paris, 14-20 octobre 2002  
Appel aux chercheurs et étudiants

JPB/CJ 06/08/02

Logo Fete de la ScienceOpération "Les chercheurs parlent aux enfants".

La Mairie de Paris et l'Académie de Paris s'associent pour mettre en relation les écoles élémentaires et les centres de loisirs de Paris avec des scientifiques. L'objectif est de sensibiliser les enfants, dès le plus jeune âge, et les enseignants, à l'importance d'une culture scientifique et expérimentale.

Chercheurs, enseignants-chercheurs ou étudiants, présenteront aux enfants, sous forme d'exposés interactifs et de démonstrations expérimentales, des sujets scientifiques touchant à la vie et à l'environnement quotidien, tels que la matière, le corps humain, l'énergie, les TIC, le ciel et la terre… les sciences humaines sont également concernées.

Les scientifiques qui souhaitent participer à l'opération sont appelés à élaborer des propositions. Une fois validées, ces " fiches actions " seront publiées sur les sites internet de l'Académie et de la Ville de Paris. Les écoles et les centres de loisirs pourront alors les consulter et inviter leurs auteurs à intervenir dans les classes pendant la semaine de la Fête de la Science.

Dès le 5 septembre, connectez-vous sur l'un des sites Internet pour retirer un dossier. Répondre de préférence par Internet avant le 11 octobre 2002.

Académie de Paris : w3.scola.ac-paris.fr/
Mairie de Paris : www.paris.fr/

Contact
Marie-Claude MOMBET, Délégation aux Arts et à la Culture, Académie de Paris
Tél. : 01.44.62.40.57
Mèl : mombetmc@altern.org

Pour en savoir plus
Iconoclash : http://www.ensmp.fr/~latour/IKONOK/ICONOK%20FRANCAIS.html


Les raëliens mettent en vente la "première machine à cloner"
CJ 22/07/02

RMX2010, Dans la série "la minute de Monsieur Cyclopède" qui n'aurait pas déplu à Pierre Desproges, signalons que la société Clonaid - créée par le fondateur de la secte des raëliens - met en vente sur son site web la première "machine à cloner", imaginée par une équipe de scientifiques coréens membres du mouvement. Objectif avoué du gourou Raël (alias le français Claude Vorilhon) : "permettre la multiplication des efforts pour cloner des êtres humains partout dans le monde"...
Baptisée RMX 2010 et vendue au prix de 9 199 $, cette machine est capable selon Clonaid de "créer une pulsation électronique stable nécessaire pour développer un embryon de clone humain susceptible d'être implanté dans l'utérus d'une femme".
Pour les spécialistes sérieux, il s'agit là en fait d'un électro-simulateur ordinaire de fusion membranaire, utilisés dans les laboratoires de biologie. Cela dit, et selon Clonaid, plusieurs de ces machines auraient déjà été vendues, notamment après sa présentation au salon Bio Expo Japan qui s'est tenu à Tokyo au début du mois de juillet...
Notons que d'après Raël, "les humains ont été clonés par des extra-terrestres, les Elohim, qui sont arrivés sur Terre en soucoupes volantes il y a 25000 ans". Raël, qui se présente comme un prophète dans la lignée d'un Moïse ou d'un Mahomet, prétend être le fils génétique d'un Terrien et d'un Elohim, affirmant que le clonage permettra à l'humanité d'atteindre la vie éternelle.
Etonnant non !

Risible ? Peut-être, sauf que depuis 30 ans qu'il sévit, l'illuminé est aujourd'hui riche. Selon les sociologues, la secte compterait 25000 adeptes (55000 selon Raël) : manquerait plus qu'ils se dupliquent par clonage...

Bon, j'arrête de décloner...

Pour en savoir plus :
Site de Raël : http://www.clonaid.com/english/pages/products.html


Caravela, navire autonome pour réduire les coûts de la recherche océanographique
CJ 22/07/02

Caravela, vaisseau autonome de recherche  océanographiqueEuromar Caravela, projet Eurêka mis en place par le Portugal, le Royaume-Uni et la Norvège, vise à la réalisation d'un vaisseau autonome de recherche océanographique dont la gamme de performances en acquisition de données est comparable à celle des navires de recherche conventionnels. En effet, les dispositifs et navires nécessaires pour les campagnes océanographiques sont extrêmement coûteux, et dans les faits, leurs missions sont aussi fortement limitées par les coûts de personnel et de fonctionnement. Dans ce cadre, Caravela aura dès lors tout son rôle à jouer. La maintenance, notamment, qui limite aussi la cadence de travail des navires de recherche traditionnels, est ici prévue à des niveaux très bas.
Devant rester opérationnel dans des conditions météorologiques très difficiles, le vaisseau sera complètement autonome mais aussi contrôlable à distance depuis la terre ferme ou depuis n'importe quelle plate-forme via une liaison satellite radiofréquence. Cette liaison fournira un canal utilisable tant pour recevoir les données des capteurs de mission du navire que pour lui envoyer des commandes, afin de rediriger sa mission si besoin est.
Caravela sera équipé d'un système d'évitement d'obstacles et d'un système de sécurité pour la navigation.
La coque non conventionnelle (d'une longueur de plus de 7 mètres sur 2 de large) sera de forme hydrodynamique. Deux moteurs électriques propulseront l'engin à une vitesse moyenne de 4 noeuds. Les chercheurs envisagent trois méthodes alternatives de renouvellement de l'alimentation en énergie électrique pendant les opérations en mer : énergies éolienne, solaire et gaz naturel.

Les essais d'un prototype (qui doivent commencer dans les prochains jours) devraient confirmer que les frais d'exploitation annuels du Caravela sont équivalents aux frais d'exploitation hebdomadaires d'un navire de recherche conventionnel.

En savoir plus :
Site Caravela
: http://www.caravela2000.com/Caravela/caravela_enter_en.htm


Spyfish, votre petit sous-marin personnel
CJ 22/07/02

Le sous-marin robot SpyfishH2Eye International, société basée à Londres propose le Spyfish, petit sous-marin robot capable de plonger jusqu'à 150 mètres. Avec lui, vous pourrez notamment faire de la plongée Sous-marin robot Spyfishpar procuration et explorer les fonds marins en restant confortablement installé sur votre bateau ou sur la rive. Le robot vous relayera les images de ce qu'il voit au moniteur que vous regarderez en surface.

La société prévoit la commercialisation de Spyfish en 2003, en édition limitée à 1550 exemplaires. Avis donc aux amateurs.
Prix : 14 900 dollars.

 

En savoir plus :
Site Spyfish : http://www.spyfish.com/
Video : http://www.spyfish.com/80256BBF00484C6F/Public...


Convergence de technologies pour améliorer les performances humaines
JPB 21/07/02

nbicSous le titre Converging Technologies for Improving Human Performance: Nanotechnology, Biotechnology, Information Technology and Cognitive Science, un rapport vient d'être remis par des experts travaillant sous l'égide de la National Science Foundation des Etats-Unis et le Département du Commerce (Juillet 2002)

La convergence entre les nanotechnologies et les autres sciences et techniques ouvre de nouvelles possibilités pour développer les performances humaines. Pour en tirer parti, les experts recommandent que le gouvernement encourage la R&D dans les technologies qui accroissent les capacités et l'efficacité des humains, en conjuguant les 4 NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Infotechnologies et technologies de la Cognition). Ceci couvrira notamment les domaines des nanosciences et nanotechnologies, de la biotechnologie et de la biomédecine, de l'ingénierie génétique, des technologies avancées de l'information et de la communication, des sciences cognitives et des neurosciences cognitives.

Dans les 10 à 20 prochaines années, il en résultera notamment des réseaux à large bande unissant les machines et les cerveaux humains, avec des capacités considérablement accrues tant pour les hommes que pour les machines, de nombreuses améliorations corporelles en ce qui concerne les performances et la résistance à la fatigue et à l'âge, un accès de chacun à toute l'information pertinente n'importe où dans le monde, des ordinateurs portables utilisables en toutes circonstances, etc.

Le rapport recommande également le lancement par le gouvernement d'un Human Cognome Project, analogue à l'Human Genome Project dont les retombées se sont révélées si prolifiques. Tout ceci devrait faire dans les meilleurs délais l'objet d'une priorité nationale.

On se demande ce que l'Administration fédérale actuelle retiendra de ces propositions clairvoyantes, empêtrée qu'elle est actuellement dans les scandales financiers. En tous cas, on ne peut que regretter de voir de telles perspectives totalement absentes des préoccupations et de la communication des gouvernements européens et de la Commission.

Pour en savoir plus
Obtenir le rapport, complet (pdf) ou par chapitres.http://itri.loyola.edu/ConvergingTechnologies/


Un calculateur quantique dans une seule molécule
JPB 21/07/02

Christian JoachimUn calculateur quantique dans une seule molécule : voici ce que propose Christian Joachim, pionnier des nanosciences, Directeur de Recherches CNRS au Centre d'élaboration de matériaux et d'études structurales de Toulouse . Pour lui, même avec les nanotechnologies et les nano-matériaux, la puissance de calcul des ordinateurs va plafonner vers 2015. Il propose de réduire les ordinateurs à des dimensions intra-moléculaires, en développant les picotechnologies (1.000 fois plus petites que les nano-technologies). Mais à ces échelles, le calcul ne peut se dérouler dans l'espace. Il doit faire appel à  la dimension du temps, en utilisant les états quantiques des particules.

Pour en savoir plus
Christian Joachim : joachim@cemes.fr ; CEMES-CNRS, 29 Rue J Marvig, BP 4347, 31055 Toulouse Cedex, France
Article de l'Institute of Physics Electronic Journals 13/03/02 : http://www.iop.org/EJ/S/UNREG/abstract/0957-4484/13/2/201/
Conférence sur les molécules-machines à l'Université de tous les savoirs : http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3328--251421-,00.html


Prédire la structure des protéines
JPB 21/07/02

protéine. Source IBMLe Critical Assessment of Techniques for Protein Structure Prediction (CASP) qui se tient tous les ans en Californie est un concours mettant en compétition plus de 200 chercheurs. L'objet est de désigner ceux d'entre eux qui font les meilleurs prédictions concernant les formes repliées (folding) affectées par les protéines générées par des séquences d'ADN données. Cette démarche constitue la suite logique des travaux d'identification des chaînes d'acides aminés constituant les gènes. Tant en effet que la forme finale adoptée par la protéine dans l'organisme n'a pas été obtenue, il n'est pas possible d'étudier l'effet de cette protéine sur le développement ou la physiologie dudit organisme. Plutôt qu'utiliser la voie logique mais coûteuse consistant à implanter la séquence génique dans une cellule afin d'observer les protéines synthétisées, les biologistes peuvent tenter de la prédire, par différentes techniques de type probabiliste. Le CASP récompense les prédictions qui se sont révélées les plus justes.

L'informatique est évidemment utilisée pour optimiser ces prédictions. L'enjeu scientifique et économique est important, car l'afflux des séquences géniques découvertes oblige à accélérer le travail d'identification de nouvelles protéines susceptibles de trouver des applications pharmaceutiques ou autres.

Depuis deux ans, IBM s'est mis dans la course, en annonçant la réalisation d'un puissant ordinateur, Blue Gene, dont le coût dépasserait les 100 millions de dollars. Cet ordinateur devrait entrer en opération vers 2004. On suppose qu'alors il apporterait à ses concepteurs d'importants retours sur investissement. Comment vont réagir les concurrents dans cette course à la puissance dans le champ de la protéomique ?

Chez IBM, le projet Blue Gene est présenté comme la façon de rester en tête de la course à la puissance de calcul (200 teraflops), en exploitant les possibilités des ordinateurs auto-administrables, auto-réparables et auto-configurables (autonomic computing).

Pour en savoir plus
Le projet Blue Gene http://www.research.ibm.com/bluegene/ Mis à jour Janvier 2002 http://www.research.ibm.com/bluegene/BG_External_Presentation_January...f
Blue gene dans la recherche biomoléculaire http://www.research.ibm.com/journal/sj/402/allen.html (article détaillé, recommandé)
Article de Infoworld http://www.infoworld.com/articles/hn/xml/01/11/09/011109hnbluegene.xml
Article de Wired http://www.wired.com/wired/archive/9.07/blue.html


Fractales
JPB 18/07/02

livre SapovalBernard Sapoval a été interrogé par Stéphane Deligeorges le 18 juillet dans Continent Sciences de France-Culture. Ceci nous a permis de mieux connaître ce physicien et ses travaux, ainsi que plus généralement le problème des fractals (ou fractales). Mais pourquoi Bernard Sapoval n'a-t-il pas cité les publications de Stephen Wolfram, qui éclairent d'un jour nouveau la question de la génération de structures complexes à partir de règles simples (voir notre dossier consacré à Stephen Wolfram). Il nous parait difficile de les ignorer aujourd'hui qu'elles sont connues de tous.

Bernard Sapoval est l'auteur d'un ouvrage sur le sujet : Universalités et fractales -Coll . Champs, Éditions Flammarion 2000 dont la notice de l'éditeur dit ceci:
"Jusqu'aux années 1970, les seules lois physiques considérées comme universelles étaient celles qui régissent les interactions fondamentales entre les constituants de la matière. Deux faits nouveaux sont venus modifier ce paysage : - la reconnaissance des similitudes de comportements entre des systèmes pourtant gouvernés par des interactions internes différentes. Il s'agit là d'un nouveau type d'universalité, - la naissance d'un nouveau langage, celui de la géométrie fractale qui décrit des objets possédant une symétrie particulière. Dans cette géométrie, les parties ressemblent au tout, à une dilatation près. Or, précisément, la plupart des systèmes "universels" possèdent cette symétrie de dilatation. Bernard Sapoval introduit d'une façon simple aux fondements de la géométrie fractale, et notamment à ce que représente une dimension dont la valeur n'est pas un nombre entier. Chemin faisant, il explique certains concepts nouveaux en des termes dont la facilité et l'attrait évoquent les jeux d'enfants et qui ne sont pas nécessairement réservés à quelques initiés. Les fractales et l'universalité sont de formidables outils de classement des phénomènes et constituent un grand pas dans la réduction de la complexité. Bernard Sapoval nous indique comment la géométrie fractale est devenue le moyen indispensable à la description et à la compréhension des systèmes très irréguliers. Parallèlement, l'auteur met en lumière la façon dont s'articulent les différents rôles de la science dans le monde actuel et se livre à une réflexion originale sur la notion de complexité. Cet ouvrage a été couronné par le prix de la culture scientifique et technique du ministère de l'Education nationale."

Pour en savoir plus
Bernard Sapoval http://pmc.polytechnique.fr/bs/
Vincent Fleury - Arbres de pierre , la croissance fractale de la matière- Éditions Flammarion 1998
Per Bak - Quand la nature s’organise, avalanches, tremblements de terre et autres cataclysmes - Éditions Flammarion, 1999


Catastrophe d'Ueberlingen
JPB 18/07/02

La catastrophe d'Ueberlingen, qui a été produite par la collision d'un Tupolev 154 de la Bashkir Airlines et d'un 747-cargo de DHL, dans la nuit du 1er au 2 juillet, pose de nombreux problèmes intéressant la sécurité aérienne, dont celui de la coexistence de systèmes de contrôles aériens nationaux ne se coordonnant en cas d'urgence que par l'intervention humaine des opérateurs au sol. Mais nous en voyons un autre, qui intéresse la fiabilité des automatismes par rapport à celle des hommes censés les mettre en oeuvre. Même si l'enquête est loin d'être terminée, il semble bien en effet que le système anti-collisions dont chacun des avions étaient doté ait fonctionné correctement, puisqu'il aurait commandé à l'un des pilotes de descendre, dans le cadre de la procédure d'évitement déclenchée en dernière minute, et à l'autre de monter. C'est l'ordre venu du contrôleur Suisse, auquel un des pilotes a obéit, qui a fait que cette mesure prescrite par l'automate n'a pas été réalisée, d'où le crash. Cet automate assure un "dialogue" entre les deux aéronefs pour leur prescrire des routes divergentes. Encore faut-il lui obéir.

Dans le livre Are we spiritual machines (dont nous rendons compte par ailleurs), Ray Kurzweil fait justice de la critique facile selon lesquelles les automatismes (au moins dans les systèmes à sécurité renforcée) sont pleins de bugs générant des catastrophes. Ce n'est absolument pas le cas, dit-il. Dans l'immense majorité des cas, les erreurs sont humaines. La question sera de plus en plus à l'ordre du jour lorsque les automates intelligents seront chargés (ou se chargeront eux-mêmes) d'assurer notre sécurité en lieu et place de contrôleurs humains débordées par le grand nombre de données à traiter dans l'urgence, en cas de crise.

Pour en savoir plus
Dépêches http://fr.news.yahoo.com/020719/5/2oknb.html et  http://fr.news.yahoo.com/020713/5/2oc2k.html


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