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01/11/02 La psychanalyste et la robotique
01/11/02 Center for Robotics and Embedded Systems de l'USC

01/11/02 Plus fort que les cellules-souches?

31/10/02 Un nouveau continent à découvrir: le glycome

28/10/02 Un rapport sur la robotique domestique, humanoïde et zoomorphe au Japon

27/10/02 Fractales
et art

21/10/02 La théorie du Chaos

15/10/02 2002/20020 La vie techno

08/10/02 Le génome et Internet

21/09/02 Pace-maker bio-électronique

21/09/02 Nanocomposants et développement durable

20/09/02 S1mOne

18/09/02 Théorie de l'accommodation communicative : des résultats surprenants

Archives

Octobre/Novembre 2002

La psychanalyste et la robotique
JPB 09/11/02

Sous le titre "Whither Psychoanalysis in a computational Culture", la psychanalyste Sherry Turkle a présenté aux conférences Freud 2002 (The Sigmund Freud Society  de Vienne, 6 mai 2002) un article repris par le réseau KurzweilAI,  qui étudie les relations inconscientes  et conscientes s'établissant entre les humains et tous les objets électroniques et robotiques, depuis l'ordinateur jusqu'au robot autonome interagissant avec l'homme.
L'article est intéressant. Il y a manifestement beaucoup de choses à dire. Parfois les observations paraissent un peu naïves mais l'auteur ne peut que s'en tenir à des généralités. Les investissements humains dans des animaux ou des machines ne datent pas d'hier. Il est certain que la robotique humanoïde multipliera les occasions d'interfaces complexes avec l'humanité (elle-même peut-être de plus en plus robotoïde?). Mais on peut se demander si la psychanalyse renouvellera ses méthodes ou ses points de vue en s'engageant dans cette direction. Personnellement, je pense qu'il sera beaucoup plus efficace d'étudier les mèmes ou "mèmes électriques", selon l'expression de Robert Aunger, qui se développeront dans les cerveaux en interaction avec des objets technologiques eux-mêmes interagissant avec d'autres hommes. Le sujet sera en tous cas, quelles que soient les méthodes retenues, de plus en plus actuel. A vos divans ou à vos magnéto-encéphalogrammes.

Pour en savoir plus
Lire l'article (anglais) http://www.kurzweilai.net/..


Le Center for Robotics and Embedded Systems de l'USC
JPB 01/11/02

cresL'USC (Université de Calfornie du Sud) a crée le Center for Robotics and Embedded Systems, comme département de son Ecole d'Engineering. Le CRES comporte six laboratoires différents et met en oeuvre plus de 60 robots autonomes, de toutes espèces (marcheurs, sauteurs, hélocoptères, en team et humanoïdes). Les recherches sont interdisciplinaires par nature, s'inspirent notamment de modèles biologiques. Elles visent de nombreuses applications, de la médecine à la création artistique. A quand un investissement de cette importance de la part d'une Université française?

Pour en savoir plus
CRES  http://www-robotics.usc.edu/~cres/Research/researchus.html


Plus fort que les cellules-souches ?
JPB 01/11/02

Un article de NewScientist du 12/10/02 présente en détail les travaux du Dr Philippe Collas, de l'Université d'Oslo,  portant sur la reprogrammation des cellules adultes dite aussi transdifférentiation. Contrairement à l'utilisation des cellules-souches qui sont non-différenciées (prélevées soit sur un embryon, soit dans certaines parties bien définies du corps), cette technique vise à prélever dans n'importe quel tissu d'un patient une cellule adulte et différenciée, afin de la modifier de façon à ce qu'elle puisse, une fois réimplantée chez ce même patient dans un organe déficient, jouer le rôle des cellules de l'organe d'accueil. Ainsi par exemple, une cellule de la peau, après avoir été traitée, pourra reconstituer un neurone, une cellule du foie ou de pancréas (producteur d'insuline), afin de traiter un cancer, une maladie neurologique ou un diabète. On voit l'avantage principal : supprimer les rejets puisque la cellule provient de l'organisme lui-même. La transdifférentiation se rencontre épisodiquement dans la nature. Elle avait fait l'objet de travaux dans les années 1980 puis fut mise en sommeil faute d'outils performants. L'équipe du Dr Philippe Collas a repris ces travaux il y a quelques années, en réalisant des broyats de cellules afin d'en imprégner les cellules à différencier. On obtient un stock de cellules qui peuvent se différencier différemment, sans repasser par l'état indifférencié, de façon à être compatibles avec n'importe quelles cellules de l'organe où elles sont implantées.

Ce procédé est encore contesté par certains biologistes. De toutes façons il n'a pas encore fonctionné in vivo, même chez l'animal. Mais Collas est très confiant. Il vient même de fonder aux Etats-Unis une start-up, Nucleotech, afin d'étudier la commercialisation de la technologie.

La grande question qui demeure non résolue à ce jour est de savoir quels sont les facteurs intrinsèques ou extrinsèques aux cellules provoquant leur différenciation ou leur éventuelle transdifférentiation. Ces travaux permettront peut-être d'éclaircir ce mystère fondamental de la vie.

Question stupide du rédacteur de cette brève: est-ce qu'éventuellement le code glycose, évoqué dans la brève précédente, jouerait un rôle dans le mécanisme en question?

Pour en savoir plus
Nucleotech Corporate : http://www.nucleotech.com/corporate/
Article de Bergens Tidende (norvégien): http://www.bt.no/forbruker/vitenskap/article88225
Article de The NewScientist  http://www.newscientist.com/inprint/previous/20021012.jsp


Un nouveau continent à découvrir : le glycome
JPB 31/10/02

On pouvait penser avoir, avec le génome, c'est-à-dire l'ADN et les protéines codées par elle, avoir découvert l'essentiel de ce qui détermine les mécanismes biochimiques de la cellule. Il n'en est rien. Un code bien plus complet et compliqué est en train d'apparaître, qui met en œuvre les sucres, ou hydrates de carbone. Ceci doit nous intéresser, d'une part parce qu'il s'agit d'une nouvelle approche systémique sur l'immunologie, le développement cellulaire, la neurologie et les pathologies, mais d'autre part et surtout parce que, face à ce monde foisonnant, l'Intelligence Artificielle, associée aux mathématiques et à l'informatique, sera indispensable.. Les molécules de monosaccharides constituant les briques de base se combinent pour former des disaccharides puis des polysaccharides ou sucres complexes. Il s'agit d'énormes molécules comportant plus de 200 unités s'organisant en réseaux inextricables à la surface de la cellule et commandant beaucoup de leurs fonctions vitales, telle la reconnaissance cellulaire. Or un simple sucre comportant six unités de base peut se présenter sous 12 milliards de versions possibles. Il faudra pourtant commencer à déchiffrer beaucoup de ces complexes, comme on l'a fait pour le code génétique et les combinaisons d'acides aminées qui constituent les protéines.

Molécule de sucre - © Antony KiriasisIl s'agit d'une des plus grandes frontières de la biochimie. On se trouve devant elle aujourd'hui comme on se trouvait devant le génome en 1950, dit Gerald Hart de la John Hopkins University. Les gènes ne codent pas directement pour les sucres, mais pour les enzymes utilisées dans la construction du corps. C'est à partir de l'étude de ces enzymes que, vers les années 1990, les chercheurs ont commencé à remonter vers les sucres, jusqu'ici considérés presque comme des ornements de la cellule (identification vers 1990 du gène codant pour la glycosyltransférase, laquelle permet d'apporter du sucre à des lipides et à des protéines cellulaires). Depuis on a découvert de nombreuses affections découlant de défauts dans la présence de sucres au sein des protéines. Aujourd'hui, plusieurs centaines de gènes responsables de la glycosylation ont été isolés. Mais il en reste encore vraisemblablement des milliers.

De nombreux "secrets de la vie" seront donc découverts dans les prochaines années, compte-tenu de la rapidité des progrès faits en glycobiologie : par exemple la façon dont la cellule peut modifier sa couverture de glycome pour faire face à des invasions microbiennes ou des changements du milieu.

Nous avons là un exemple montrant que la science actuelle est encore loin de comprendre les mécanismes basiques de la vie, qui sont eux-mêmes tout sauf élémentaires. Il ne faut donc pas s'étonner si la synthèse de la vie ou de proto-vie paraisse encore si lointaine. A quand pourtant un Human Glycome Project? Les scientifiques restent sceptiques sur ses chances d'aboutir avant une bonne cinquantaine d 'années

Ajoutons qu'on étudie actuellement des glyco-puces (glyco-chips), analogues aux puces à ADN, mais plus complexes, permettant d'identifier les sucres en relation avec les composants cellulaires. Ces puces serviront à reconnaître des pathogènes naturels ou créés par le bio-terrorisme…Comme quoi nous retrouvons l'Axe du mal.

Pour en savoir plus
Center for structural biology : http://glycome.unh.edu/
Glyco-science et glyco-forum : http://www.glycoforum.gr.jp/
The glycome project : : http://gnn.tigr.org/articles/05_01/Glycome_project.shtml
Interview du Pr Naoyuki Taniguchi : http://www.glycoforum.gr.jp/science/now/now3E.html
Sugar rush, article par Karen Schmidt dans le NewScientist 26 octobre 2002, p. 34 (http://www.newscientist.com/inprint/previous/20021026.jsp)


Un rapport sur la robotique domestique, humanoïde et zoomorphe au Japon
CJ 28/10/02

Tomoko Komiyama, femme âgée de 74 ans, a participé pendant un an à une expérience liant l'Homme à la machine. «Quand j'ai regardé ses grands yeux bruns, je suis tombée amoureuse après des années de solitude», explique-t-elle en désignant Signalons le rapport "La robotique domestique, humanoïde et zoomorphe au Japon" réalisé par le Service pour la science et la technologie de l'Ambassade de France au Japon. Composé de 9 chapitres principaux, ce rapport dresse en 29 pages un très bon panorama du développement et de l'état d’avancement des projets de robotique domestique au Japon, pays menant plus la moitié des grands projets mondiaux de recherche en ce domaine.
Les entreprises japonaises se sont massivement lancées dans le développement des robots à usage domestique. Ceux-ci, souvent de forme humanoïde ou zoomorphe, ont pour fonction de réaliser plusieurs tâches dans un foyer ou un bureau. Il ne faut pas en douter : le robot domestique aura au Japon un caractère de compagnon.Le robot Isamu, prototype d'androïde ouvrier concçu par la société japonaise Kawada Industries ©  Kawada Industries Nombreuses sont les applications : jouets, aide aux personnes âgées, aide aux opérations de sauvetage, remplacement de l'homme pour les opérations dangereuses. Selon les experts, le marché des produits de la robotique domestique destiné aux personnes âgées est aussi prometteur que celui destiné aux enfants.
Si dans un premier temps les entreprises ont mené leurs projets indépendamment les unes des autres, nous assistons depuis peu à des regroupements et des alliances de sociétés en raison d'un fort développement du secteur. Avec l'apparition de robots dans les foyers, les robots "communicants" offrent un marché non négligeable, domaine dans lequel le Japon occupe aujourd'hui le premier rang en matière de recherche et de développement.

Cependant, malgré les progrès rapides, et même si l'offre relative aux robots domestiques est en pleine phase d'accélération au Japon, la demande n'est pas aussi importante que prévue. Dès lors, créer de nouvelles demandes est le point clé pour maintenir aujourd'hui ce marché au niveau des prévisions consistant à atteindre en 2005 le niveau du marché actuel des robots industriels.

En savoir plus :
Ce rapport est disponible gratuitement sur le site Internet de l'ADIT (http://www.adit.fr) dans la rubrique "Rapports d'Ambassade", sous la référence 2002/STIC/26.
Consulter aussi l'ensemble de notre rubrique Du côté des labos, particulièrement les entrées "Médecine du futur", "Intelligence artificielle", "Robotique, jouets robotisés"...).


Fractales et art
JPB 27/10/02

Un de nos correspondants, Emmanuel Cayla, nous signale le programme de recherche qu'il poursuit avec Evelyne Lutton (INRIA- équipe fractale). S'y sont joints Bertrand Braunschweig, Marc Schoenauer et Michèle Sebag, que vous connaissez déjà par nos interviews. Ils sont membres du bureau de l'AFIA.

Le site référencé ci-dessous présente un grand nombre d'oeuvres artistiques réalisées à partir de fractales. Il faut s'y reporter, si on dispose d'un accès à haut débit. Le site donne de nombreuses explications sur le sujet. Nous traduisons de la page d'accueil en anglais:

"Les images fractales ont été considérées comme des objets artistiques attirants car ils combinent la complexité et une certaine structure "hiérarchique". La structure mathématique qui sous-tend ces images fournit un accès indirect à leurs caractéristiques et, de ce fait, permet leur manipulation et leur exploration. Artie-Fract est un logiciel ergonomique pour la création d'images fractales à partir d'un algorithme évolutionnaire interactif.

Ici un algorithme évolutionnaire est utilisé comme un générateur aléatoire contrôlé d'images. Le concept d'algorithme évolutionnaire interactif signifie que la fonction à optimiser est en partie définie par l'utilisateur, afin d'optimiser quelque chose qui pourrait correspondre à ce que l'on appellerait la "satisfaction" du créateur. L'approche interactive n'est pas nouvelle, mais nous l'avons améliorée et rendue plus flexible."

Rappelons que Stephen Wolfram prétend, sauf erreur, faire la même chose avec des automates cellulaires. Nous en avions d'ailleurs tiré une nouvelle de SF intitulée "Sous les eaux dormantes" http://www.automatesintelligents.com/art/2002/juil/nouvelle.html

Il semble à première vue que la méthode proposée par l'équipe fractale soit plus souple que les automates cellulaires. Mais cela mériterait discussion.

Pour en savoir plus
http://www-rocq.inria.fr/fractales/artiefract
Voir aussi ci-dessous, La théorie du Chaos


La théorie du Chaos
JPB 21/10/02

ChaosEnormément de choses ont été publiées sur la théorie du Chaos et sur ses applications. On sait que les mathématiciens français y ont joué un rôle important. Mais l'ouvrage sans doute le plus complet et le plus vivant, tout en étant le plus facile, reste un ancêtre, la Théorie du Chaos, Vers une nouvelle science de James Gleick, traduit et adapté en français par Christian Jeanmougin, lère édition 1987, chez Flammarion. Il s'agit d'une présentation historique, nous promenant à travers le monde chez tous les chercheurs  (y compris en France) qui, sans y croire d'abord, ont progressivement découvert comment des lois simples peuvent générer des systèmes complexes de façon imprédictible. Les premiers travaux furent faits sans ordinateurs, en développant à la calculette des fonctions mathématiques simples non linéaires. Ils se heurtèrent longtemps à l'incompréhension et à l'hostilité des mathématiciens et des scientifiques bien établis dans leurs disciplines, puisque les fractales et le chaos étaient susceptibles d'applications "horizontales" bouleversant plus ou moins complètement les représentations du monde que s'étaient données ces disciplines. Le livre n'est pas une simple compilation journalistique. Il a demandé à son auteur un travail considérable de réflexion personnelle et, quasiment, de recherche. Nous le rangerions volontiers dans le type d'ouvrage que les sociétés modernes devraient exiger des scientifiques de haut niveau pour mieux comprendre les enjeux de la connaissance.

James Gleick, à l'époque de la rédaction de Chaos, ne connaissait pas les travaux de Stephen Wolfram, lequel commençait tout juste à retrouver des lois James Gleicksemblables dans le monde des automates cellulaires. C'est une raison de plus pour être frappé par les ressemblances ou convergences fortes entre la théorie du Chaos et la nouvelle sorte de science proposée par Wolfram. Des règles simples génèrent, à certains moments et de façon inattendue, des complexités intrinsèques qui semblent se prolonger à l'infini vers le très petit ou le très grand.  Mais de nouvelles questions se posent. Les modèles de chaos, dans la description qu'en donne Gleick, sont générés pour l'essentiel à partir d'équations mathématiques greffées sur des observations en nombre toujours forcément réduit.. Ceci restreint considérablement leurs champs, puisque les possibilités de modélisation des mathématiques sont limitées. Les modèles de Wolfram, qui excluent en principe les règles mathématiques au profit de règles informatiques pouvant être générées sans limites a priori, ouvrent des champs beaucoup plus vastes. Dans la mesure  par ailleurs où les automates cellulaires mettent en oeuvre des particules discrètes aussi petites que l'on veut, et peuvent faire tourner des ressources informatiques aussi riches que l'on veut, le chaos généré par cette nouvelle forme de science, comme le dit Wolfram, pourrait en principe se rapprocher de ce qui se passe vraiment dans l'univers, au niveau des entités discrètes les plus élémentaires. Reste il est vrai à les rapprocher des systèmes réels qu'il s'agit de modéliser.

De la lecture de Chaos, comme de celle de A New Kind of Science, on ne peut que conclure à l'insuffisance de la connaissance des phénomènes de rythme et de chaos, dans quelque discipline que ce soit - toutes étant concernées, il faut le répéter. Peu de progrès en fait ont été réalisés depuis 1987. On dispose de quelques données statistiques qui permettent vaille que vaille de faire face à l'évolution des systèmes. Et puis, un jour ou l'autre, émerge de l'attracteur une pointe inattendue, générant une complexité inattendue, et on obtient l'explosion de l'usine AZF, la fibrillation ventriculaire mortelle ou l'idée de génie dans la tête du penseur. Il est étonnant de voir que l'immense domaine de recherche ainsi ouvert est encore loin d'être exploré systématiquement. Au-delà, on ne peut pas ne pas penser que des mécanismes précis encore inconnus, peut-être inconnaissables, génèrent ces émergences, qui trouveraient leurs origines aux bases mêmes de l'organisation de l'univers, à ces échelles de Planck que la gravité quantique s'efforce actuellement de maîtriser. Il y aurait donc alors une grande similitude entre les modèles et la "réalité", dépassant la simple analogie. Mais là encore, il serait urgent d'y financer des recherches.

Compte tenu de tout ce qui s'est produit dans les sciences de la computation et des systèmes complexes depuis la première édition de Chaos, on ne peut en tous cas que regretter l'absence d'une réédition contemporaine de ce livre, faisant le lien entre les premiers travaux de la théorie, et tout ce qui est apparu ensuite, auquel nous venons de faire allusion. En fait, un grand ouvrage de synthèse s'imposerait vraiment pour mieux comprendre ces aspects passionnants de la science des systèmes évolutionnaires. Des lecteurs de notre revue seraient-ils intéressés?  

Pour en savoir plus
Vivien Mallet: Contrôle de systèmes chaotiques http://membres.lycos.fr/vmallet/chaos/index.html
Philippe Gascuel: Structures dissipatives auto-adaptatives, et capacités révolutionnaires http://perso.wanadoo.fr/philippe.gascuel/livre.htm; Un projet pour appliquer la théorie du chaos à la pratique militante.
Jean-Claude Heudin  L'évolution au bord du chaos, Hermes sciences publications 1998
Trinh Xuan Thuan. Le chaos et l'harmonie - La fabrication du réel, Fayard 1999
Dubois, Pommeau, Bergé. Des rythmes au chaos, Odile Jacob 1997
Amy Dahan-Dalmédico et Collectif. Chaos et déterminisme, Le Seuil. 1992
Ivar Ekeland  Au hasard, la chance et le monde, Seuil 1991
Ivar Ekeland  Le Chaos, : collection Dominos, Ed. Flammarion 1998
F.Lurçat  Le Chaos, Que sais-je; Ed. PUF 1999
D.Ruelle  Hasard et Chaos, Collection, Opus, Odile Jacob, (244 p) , 1998
Ian Stewart  Dieu joue-t-il aux dés ? : les nouvelles mathématiques du chaos, Collection Champs, Flammarion, 1998.
Le chaos vulgarisé, http://www.sciencepourtous.qc.ca/dossier/Chaos_intro.html
Ordre et désordre, Hors-série de La Recherche, novembre 2002

Sur Stephen Wolfram, voir notre dossier http://www.automatesintelligents.com/labo/2002/juin/doswolfram.html


2002/20020 La vie techno
CJ 15/10/02

Courrier International Hors-série Sciences, octobre-novembre-décembre 2002Signalons dans nos colonnes le Hors-Série Sciences "2002/2020 la vie techno"* que vient de publier Courrier International.
Quelque 80 articles sélectionnés de la presse internationale** et regroupés autour de 8 principaux chapitres (Visions, Puces, Santé, Pouvoirs, Décors, Planète, Cartoons, Bricoles) entraîne le lecteur à la découverte d'un futur qui révolutionnera le quotidien. Futur peut-être encore hypothétique (chacun décidera ce qu'il veut), mais en tout cas futur très techno.
L'éditorial d'Olivier Blond explique notamment "Qu'il s'agisse d'Internet, de la médecine, des transports ou de la domotique, les experts les plus pointus sont déjà au travail, et les plus grands centres de recherche imaginent déjà les outils à venir (...). Prendre quelques repères, c'est aussi se préparer aux choix décisifs qui s'ouvrent à chacun de nous. Or précisément, la technologie est en train de modifier ce "nous" et de donner un nouveau sens au mots "individu", "multitude", "collectif", "planétaire" (...) Au-delà de ces débats politiques, ce hors-série invite aussi à l'imaginaire et au jeu".

Chaque article est complété de références internet. Automates Intelligents y apparaît d'ailleurs en bonne place.

* Hors-série Octobre-Novembre-Décembre 2002, disponible en kiosque, 6,50€
** Canada, Chine, Espagne, Etats-Unis, France,Italie, Japon, Royaume-UniInde,

Pour en savoir plus :
Courrier international : http://www.courrierinternational.com/hors-serie/ouverture.htm


Le génome et Internet
08/10/02 Source : Roger Amgot

Une analyse détaillée du fonctionnement d'Internet, publiée dans les Proceedings of the National Academies of Science, confirme ce que les concepteurs de la Toile savaient depuis longtemps, à savoir que la complexité "bionique" de ce réseau n'a pas été envisagée.
Dirigée par Albert-Laszlo Barabasi, l'un des fondateurs d'Internet, aujourd'hui professeur de physique à l'Université Notre Dame (Indiana), cette étude a porté sur plus de 200 000 connexions sur Internet. Il en ressort que ces connexions dessinent des liens complexes, souvent comparables aux relations qui existent entre les cellules et les gènes.
Ainsi, les milliers de petites erreurs locales qui peuvent parfois ennuyer les utilisateurs d'Internet se transforment rarement en problèmes à grande échelle, probablement en raison d'une redondance dans le réseau ressemblant à ce qu'on observe parfois chez des êtres vivants.
Travaillant sur un modèle d'analyse des systèmes de communication, une équipe de biologistes de la John Hopkins University a décelé des similitudes entre des pannes sur Internet et les cascades d'erreurs génétiques qui caractérisent certains cancers. De son côté, le groupe de recherche dit de "barabasi" s'est associé dès l'an dernier aux pathologistes de Northwestern University afin de cartographier les interactions de certaines protéines chez une espèce de levure et y a découvert une structure identique à celle prévalant sur Internet. CT 06/10/02 (Evolving Internet boggles the minds of its originators).

Pour en savoir plus
http://www.chicagotribune.com/technology/... (accès réservé aux abonnés)
Voir aussi sur un sujet voisin impliquant des chercheurs israéliens un article de United Press International http://www.upi.com/view.cfm?StoryID=20021024-034828-3446r


Pace-maker bio-électronique
JPB 21/09/02

On sait que les troubles du rythme cardiaque produisant des arythmies ventriculaires potentiellement mortelles sont prévenus par l'implantation de pace-makers ou stimulateurs. De moins en moins envahissants, ceux-ci nécessitent cependant l'insertion d'appareils de quelques dizaines de grammes, à recharger régulièrement en énergie. Le cardiologue Eduardo Marban, de la Johns Hopkins University de Baltimore (USA) , vient d'annoncer qu'en modifiant le niveau de potassium dans un coeur de cochon d'Inde, il était possible de développer un pace-maker biologique ou hybride, qui n'aurait pas les inconvénients des solutions actuelles, notamment chez les patients trop faibles ou trop jeunes pour supporter celles-ci. Un virus a été utilisé pour importer un gène qui modifie la balance de potassium  et qui a pu revivifier les cellules cardiaques jouant le rôle de pace-maker naturel. Mais l'application à l'homme n'est pas annoncée pour le moment.   .

Pour en savoir plus
Article de Reuter : http://story.news.yahoo.com/news?...
Thérapie génique/transfert génique. Diapositives de E.Marban : http://www.msri.org/publications/ln/hosted/nas/2001/marban...


Nanocomposants et développement durable
JPB 21/09/02

Michael Roco, senior-consultant pour la National Science Foundation des Etats-Unis, estime que d'ici 3 ans, et non plus 10 ans comme initialement prévu, les nanocomposants pourront révolutionner la lutte en faveur du développement durable. Il a cité de nombreux exemples où des outils moléculaires permettront de détecter puis supprimer les impuretés dans l'air, l'eau et les sols. Plus généralement ces composants permettront avec une pollution très atténuée d'obtenir de nombreux produits pharmaceutiques, chimiques et alimentaires, susceptibles de satisfaire à plus de la moitié de la demande mondiale des prochaines décennies. On rappelle que la NSA a lancé la National Nanotechnology Initiative visant à développer les recherches dans les nanosciences et leurs applications. Derrière cette initiative se trouvent de nombreuses firmes espérant bénéficier d'importants chiffres d'affaire dans le domaine du développement durable. Pour beaucoup d'observateurs, pas seulement américains, ce seront ces perspectives qui assureront la lutte contre l'effet de serre et la pauvreté, mieux que des résolutions telles que le protocole de Kyoto.

On peut penser qu'elles sont également nécessaires, les unes appuyant les autres. Tant que le capitalisme libéral n'aura pas été remplacé par d'autres formules économiques, il serait dangereux de ne pas compter sur l'intérêt des firmes technologiques pour les marchés du développement durable. Les collectivités étatiques et locales auront aussi avantage à favoriser de telles implantations. C'est ce que laissait entendre le maire de Toulouse, Philippe Douste-Blazy, proposant à l'occasion de l'anniversaire de l'accident de l'usine AZF, de remplacer celle-ci, dans l'avenir, par des industries du vivant. Restera cependant le principal. A supposer que ces technologies voient le jour et se révèlent efficaces, qui financera leur déploiement à grande échelle dans le tiers-monde ?

Une autre idée, aussi importante, a été présentée récemment par un certain James R. von Ehr II, President -directeur général de Zyvex Corp. devant le Forum Economique de la Maison Blanche. C'est celle de l'autosuffisance en énergie. Il s'agirait de lancer un grand programme national pour résoudre définitivement les besoins en énergie par l'appel aux nanotechnologies. La dépense demanderait quelques milliards de dollars par an mais en économiserait beaucoup plus (sans parler des 60 milliards qui sont dépensés tous les ans pour conserver l'accès aux réserves de pétrole du Moyen-Orient). Les nanocomposants permettraient de nombreuses applications prometteuses: économies d'énergie grâce à des matériaux et techniques de chauffage et climatisation moins consommateurs, production d'énergies à partir de sources renouvelables ou moins polluantes, tel le méthane sous-marin, stockage amélioré d'énergie et de comburants tels l'hydrogène, etc.

Ces perspectives (et bien d 'autres) rendent particulièrement inopportunes les appels à un Moratoire des recherches dans le domaine des nanotechnologies, auxquels certains esprits attardés s'accrochent encore.

Ajoutons que le Sénat américain envisage actuellement la possibilité d'une Loi visant à faire de l'U.S. National Nanotechnology Initiative (NNI) un programme gouvernemental en bonne et due forme. A quand la même chose en Europe?

Pour en savoir plus
Article de Wired : http://wired.com/news/technology/0,1282,55024,00.html
Réduction des émissions de CO2 par des nanotubes de carbone UPI : http://kevxml2a.infospace.com/info/kevxml?kcfg=upi-article...
Programme d'auto-suffisance en énergie : http://www.kurzweilai.net/news/frame.html?main=/news/...


S1mOne
JPB 20/09/02

S1mOne  © http://www.s1m0ne.com/Le film S1mOne ou Simone de Andrew Niccol met en scène une héroïne virtuelle, à qui Rachel Roberts, 22 ans, prête ses traits. On constate une fois de plus que les scénaristes, lorsqu'ils veulent faire intervenir des robots intelligents, ne peuvent s'affranchir du modèle humanoïde le plus fidèle - ce qui entraîne des aventures faciles du type quiproquo. Personne n'essaye d'imaginer des entités intelligentes vraiment différentes. Sans doute est-ce dû au fait que l'être humain est pratiquement incapable d'envisager des solutions vraiment autres. Ce serait pourtant intéressant d'ouvrir un concours en ce sens. Les scientifiques en tireraient peut-être de bonnes idées.

Pour en savoir plus
Simone http://www.s1m0ne.com/
Voir aussi Real Simone http://www.realsimone.com/


Théorie de l'accommodation communicative :
des résultats surprenants

CJ 18/09/02

Georges W. Bush et Al Gore, en 2000 Stanford W. Gregory et Timothy J. Gallagher, sociologues à la Kent State University, ont utilisé la transformée de Fourier pour analyser les modifications du langage de deux interlocuteurs lors de débats. Selon les auteurs, la personne la moins à l'aise adapterait sa manière de s'exprimer à celle de son interlocuteur, d'où la proposition d'une théorie dite de "l'accommodation communicative". Selon les expériences, on enregistre dans la fourchette très réduite de tons vocaux à 500 hertz une sorte de bourdonnement de la caisse de résonance de la personne la moins à l'aise. Ceci a été notamment été testé en s'appuyant sur un échantillon d'émissions du célèbre interviewer américain, Larry King. Face à certaines personnes comme Elizabeth Taylor, ce présentateur a nettement modifié son "bourdonnement". Des tests identiques appliqués aux candidats de trois élections présidentielles ont permis à chaque fois aux chercheurs d'identifier le vainqueur. Les résultats intriguent autant les physiciens que les sociologues...
A suivre...

Pour en savoir plus :
Article : Sociology Psychology Quaterly, septembre 2002 : "Spectral Analysis of Candidates’ Nonverbal Vocal Communication: Predicting U.S. Presidential Election Outcomes" , par Stanford W. Gregory Jr et Timothy J. Gallagher (septembre 2002) abstract : http://www.stanford.edu/group/spq/sep02abs.html#gregory
Article du New-York Times du 17/09/02 : "Research brings a new dimension to'a candidate's voice". http://www.nytimes.com/2002/09/17/science/social/17DEBA.html

Contact :
sgregory@kent.edu


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