Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
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Un
robot d'intervention aurait-il pu sauver Columbia?
JPB/CJ 26/02/03
Selon
des ingénieurs de la NASA, l'utilisation de petits robots
en sortie extra-véhiculaire autour des navettes ou de la
Station Spatiale pourra éviter dans l'avenir des catastrophes
dues à l'impossibilité d'une intervention humaine
dans certaines conditions de vol spatial. Ces robots peuvent par
exemple observer des dommages et éventuellement les réparer.
L'un d'eux le AERCam-SPRINT (Autonomous Extra-vehicular Robotic
Camera) a déjà été utilisé avec
succès pour intervenir dans la soute du vol STS-87 en 1997
. Plus spectaculaire est le Robonaut, robot humanoïde contrôlé
à distance qui possède des mains et des bras analogues
à ceux de l'homme.
Ce
titre est celui du nouveau livre d'Antonio Damasio, directeur du
laboratoire de neurologie du centre médical de l'université
de l'Iowa. Nos lecteurs connaissent
déjà ce chercheur éminent, qui a bouleversé
les neurosciences en appelant l'attention sur le rôle des
émotions dans le fonctionnement cérébral. Ses
deux précédents livres, Descartes' Error et The Feeling
of What Happens, ont inspiré beaucoup de travaux, notamment
dans le domaine qui nous intéresse plus particulièrement
ici, celui de la pensée artificielle. Damasio est ainsi fréquemment
cite par Alain Cardon dans le livre qu'il vient de faire paraître
"Modéliser et concevoir une machine pensante, Edition Automates-Intelligents".
Dans Looking for Spinoza, Damasio montre le rôle de
la joie et de la tristesse dans l'adaptation à la survie.
Les mécanismes régulateurs qui en découlent
sont à la base de nos plus grandes réalisations culturelles.
L'auteur estime que depuis son dernier livre, les neurosciences
ont suffisamment progressé pour qu'il soit possible d'identifier
le "feeling brain", la part du cerveau construisant et utilisant
les émotions. Il s'appuie sur Spinoza, qu'il considère
comme le précurseur de telles conceptions dans son approche
des rapports entre l'esprit et le corps.
ITER
intéresse enfin les Pouvoirs Publics
JPB 20/02/03
Lors de la 584ème séance du Comité de l'Energie
Atomique, le 13 février 2003, Claudie Haigneré, ministre
française de la recherche, a confirmé l'intérêt
des Pouvoirs Publics pour le lancement du programme international
ITER et l'implantation du Centre de recherche avec son réacteur
en France, à Cadarache. La ministre a notampent déclaré:
"Je veux gagner aussi parce qu'ITER est
un symbole fort, qui dépasse toute la communauté scientifique.
C'est celui de la réalisation, dans notre pays, d'un projet
mondial. Un projet mondial qui a pour objectif de nous donner les
moyens de penser à l'avenir de la planète autrement.
A quoi peut-on comparer le projet ITER ? Au rêve de la conquête
de l'Espace ? Au déchiffrement des énigmes du vivant
? Peut-être beaucoup plus encore." http://www.recherche.gouv.fr/discours/2003/dcomiteea.htm
Rappelons que le projet international de recherche
ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) sur la fusion
thermonucléaire (tritium/deutérium) vise à
remplacer à échéance de 20 à 30 ans
l'énergie atomique de fission par celle de fusion, beaucoup
plus propre et efficace. Nous nous étions inquiétés
précédemment du peu d'intérêt que les
autorités semblaient manifester en France pour ce projet
grandiose. Nous avions attribué cela au manque d'enthousiasme
des différents lobbies de l'énergie, du pétrole
à l'énergie atomique classique, en passant par les
énergies renouvelables, face à un concurrent potentiellement
dangereux. Il semble que les choses changent. A commencer par le
choix d'un site parmi plusieurs candidats, qui posait on le conçoit
beaucoup de problèmes relevant de la politique locale. Reste
évidemment à trouver un accord avec les autres partenaires,
notamment pour l'implantation du site définitif.
Cependant, il ne faut pas se féliciter trop
vite. Il faut suivre l'avenir de cette affaire. Nous pensons avec
beaucoup d'experts que, notamment, le délai affiché
de 30 ans sinon plus avant d'avoir un réacteur opérationnel
pourrait être diminué de moitié, si on se donnait
quelques moyens supplémentaires.
Cependant, il ne faut pas se féliciter trop
vite. Il faut suivre l'avenir de cette affaire. Nous pensons avec
beaucoup d'experts que, notamment, le délai affiché
de 30 ans sinon plus avant d'avoir un réacteur opérationnel
pourrait être diminué de moitié, si on se donnait
quelques moyens supplémentaires.
Un autre problème se pose aussi aux membres
initiaux du projet, les Européens, la Russie et le Japon.
C'est l'arrivée de la Chine et surtout des Etats-Unis. On
peut s'en féliciter, car les ressources et aussi les délais
risquent de bénéficier de ce soutien soudain. Mais
il faut y voir également la volonté de l'administration
Bush de reprendre la main sur cette filière, qu'ils avaient
jusqu'ici stupidement négligée. Reprendre la main
pour la soutenir ou pour l'étouffer? Reprendre la main pour
récupérer le site ITER ou le confier à des
pays amis, dont la France ne sera évidemment pas ? Les Européens
ne devront-ils pas alors rechausser les bottes du Général
de Gaulle et consruire leur propre site chez eux.
Le
Sénat est-il le seul à s'inquiéter du retard
français dans les nanotechnologies?
JPB/CJ 20/02/03
On trouvera sur le site du Sénat deux documents très
importants pour qui veut mieux comprendre les enjeux des nanotechnologies
et mesurer le retard français , retard croissant, malgré
les affirmations des "autorités compétentes":
- le rapport du sénateur Saunier (PS) L'évolution
du secteur des semi-conducteurs et ses liens avec les micro et nanotechnologies
http://www.senat.fr/rap/r02-138/r02-138.html
- le compte-rendu d'une nouvelle journée, le 23 janvier 2003,
organisée par le Sénat sur le thème "Les nanotechnologies,
une chance à saisir" http://www.senat.fr/rap/r02-138/r02-138.html
On peut se demander qui, en France, prend acte de ces
mises en garde et définit des politiques adéquates
pour faire face aux défis et aux difficultés.
Tout laisse penser qu'il s'agit de piqures d'épingle dans
l'édredon mou de l'incompétence et de l'égoïsme
de certains décideurs. Leur réelection ou leur carrière
aura-t-elle à en souffir ?
K-Bot,
une tête d'androïde expressive
CJ 17/02/03
Dotée
d'une peau en polymère, K-bot, tête d'androïde
conçue par David Hanson de l'université du Texas,
peut vous reconnaître et suivre vos mouvements grâce
à ses deux caméras placée derrière ses
yeux.
La tête, qui pèse deux kilogrammes, est recouverte
d'une peau de polymère, développé par le chercheur.
Elle est dotée de 24 "muscles
mécaniques" actionnés par des moteurs, ce qui
permet, grâce aux logiciels qui les commandent, de simuler
14 de nos expressions faciales humaines.
Selon son concepteur, qui a présenté dernièrement
sa création à Denver lors du Symposium "Bio-Inspired
Intelligent Robotics" [congrès annuel de l'Association
américaine pour l'avancement des sciences], elle pourra être
d'un grand intérêt pour servir de modèle aux
chercheurs qui expérimentent de nouvelles technologies comme
les muscles artificiels, ou à ceux étudiant la communication
homme/machine.
Avantage : le faible coût de la réalisation. Selon
David Hanson, il est de 400 dollars, et pourrait être bien
inférieur si ce système était produit en masse.
Kasparov
contre Deep Junior : match nul
CJ 07/02/03
Du 26 janvier au 7 février à New-York, et au cours
de 6 parties, Kasparov - meilleur des joueurs actuels de l'histoire
des échecs - s'est mesuré à "Deep Junior",
trois fois champion du monde des logiciels. L'issue s'est soldée
par une égalité 3 à 3.
Partie 1 (26 janvier 2003) : Gary Kasparov - Deep junior : 1-0
Partie 2 (28 janvier 2003) : Deep junior - Garry Kasparov : 0,5-0,5
Partie 3 (30 janvier 2003): Kasparov - Deep junior : 0-1
Partie 4 (2 février 2003): Deep junior - Garry Kasparov :
0,5-0,5
Partie 5 : (5 février 2003) Garry Kasparov - Deep junior
: 0,5-0,5
Partie 6 (7 février 2003): Deep junior - Gary Kasparov, Garry
: 0,5-0,5
A
la différence du fameux tournoi tenu à Philadelphie
en 1997 entre Kasparov et Deeper Blue (super-ordinateur créé
par IBM), ou l'homme furieux avait dû s'incliner, il s'agissait
là de la première confrontation entre un des plus
grands maîtres et un ordinateur organisée sous l'égide
et le contrôle de la Fédération internationale
des échecs (FIDE), permettant ainsi d'établir les
règles pour les confrontations futures.
Autre différence : pour le présent tournoi, Garry
Kasparov - âgé de 39 ans - a eu tout le loisir de s'entraîner
au préalable sur un PC avec la version commerciale de Deep-Junior,
qui n'est pas loin du niveau de l'actuel Deep Junior sur la même
machine.
Avant la rencontre, Kasparov déclarait "Deep Junior
est un adversaire très dangereux et déplaisant, parce
qu'il possède de nombreuses qualités que je qualifierai
d'humaines".
S'il n'a pas gagné - et en tout cas pas perdu -, Deep-Junior
a ainsi montré toute sa puissance. Créé par
les deux programmeurs israéliens Amir Ban and Shay Bushinsky,
il peut passer en revue quelque trois millions de positions à
la seconde. A ce jour il est trois fois champion du monde des logiciels
d'échecs ayant notamment remporté en juillet 2002
à Maastricht (Pays-Bas) le dernier championnat du monde réservé
aux machines, s'imposant face à 18 autres programmes.
Wakamaru,
robot japonais principalement destiné à aider les
personnes âgées
CJ 04/02/03
Wakamaru,
robot développé par Mitsubishi Heavy Industries (MHI),
devrait être commercialisé courant 2003, au prix d'un
million de yens. Doté de la parole, il est principalement
conçu pour veiller sur les personnes âgées.
Destiné à s'insérer dans la vie familiale de
tout un chacun, il aura notamment pour mission de prévenir
l'hôpital ou les services de santé en cas de besoin.
Doté d'une caméra, Wakamaru sait reconnaître
son "maître". Il peut communiquer à distance
avec vous par téléphone où vous montrer en
direct ce qu'il voit ou encore vous envoyer des mails. Son vocabulaire
- pour l'instant uniquement japonais - comprend quelque 10000 mots
! A la maison, il n'hésitera pas à vous dire vous
dire "Daddy, it's time for you to go to work" (des fois
que vous ayez envie d'oublier d'aller au travail) ou vous demander
si tout va bien lorsque vous restez un peu trop silencieux... Monté
sur roues et autonome, il se recharge à sa borne tout seul
comme un grand.
Le robot sera notamment présenté du 3 au 6 avril
prochain lors de l'exposition Robodex.
MIH espère ensuite en vendre 10000 exemplaires par an..
Les
nanotechnologies, usages militaires, pacifiques ou romanesques?
CJ 04/02/03
Le Jane's, journal (www.janes.com)
spécialisé dans l'analyse des systèmes d'armes
et des armements, consacre un article en date du 14 janvier 2003
aux possibilités offertes par les nanotechnologies pour réaliser
des armements sophistiqués nouveaux, contre lesquels il n'y
aura au début que peu de parades. La fabrication de nano-systèmes
basés sur l'auto-réplication permettra de produire
des armes de type conventionnel mais dans des quantités telles
qu'elles deviendraient des armes de destruction massive. D'une façon
plus générale, les matériaux fournis par les
nanotechnologies seront plus solides, plus légers et plus
facilement miniaturisables. Par ailleurs, les nanotechnologies permettront
de disséminer de nouvelles armes biologiques, de la même
façon qu'elles le feront de médicaments à usage
médical.
Les recherches et les méthodes de fabrication
ne sont pas à la portée de laboratoires artisanaux,
mais elles pourront se simplifier, ou être détournées.
Tout ceci montre bien qu'aujourd'hui, il n'est plus de techniques
innocentes, à usage civil, qui ne puissent être utilisées
à buts militaires ou terroristes. L'avenir paraîtra
sombre aux pessimistes. Faudra-t-il, comme certains services américains
le souhaiteraient, mettre le black-out sur la diffusion des informations
correspondantes. On peut penser que cela ne gênerait que les
chercheurs honnêtes.
Mais
il ne faut pas désespérer. Pour éviter que
l'avenir des nanotechnologies ne soit exclusivement militaire, deux
chercheurs américains, Chris Phoenix et Mike Treder, ont
fondé le Center for Responsible Nanotechnology (CRN), organisation
non-profit qui veut promouvoir les études pacifiques sur
les nanomondes, en veillant à ce que celles-ci ne soient
pas détournées à usage criminel. L'entreprise
est louable et mérite d'être connue, voire reproduite
ailleurs. Il faudra observer ses résultats dans quelques
temps. Le CRN est associé à une ONG militant pour
la coopération des individus au service de l'humanité,
le World Care. Espérons que tout ceci n'est pas truffé
d'espions.
On observera sur ce même sujet que le nouveau
thriller Prey de Michael Crichton (toujours à l'affut
de nouveauté) met en scène des nanotechnologies en
folies, au service d'intérêts criminels. Il donne une
image terrifiante de la science, que les scientifiques récusent.
Un long article faisant la liste des erreurs de l'auteur est publié
sur le site de Ray Kurzweil. Mais les lecteurs iront-ils s'informer
auprès des scientifiques, ou auprès de romanciers
imaginatifs visant le sensationnel pour mieux se vendre?