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21/08/03 Asimo, invité de repas officiel
21/08/03 Un exosquelette pour les personnes âgées
15/08/03 Sang
artificiel : vers de vase ou nanorobots ?
15/08/03 L'Atlas général du cerveau
07/08/03 Entrer en compétition ou collaborer
avec les Etats-Unis ?

Archives

Août 2003

Asimo invité de repas officiel
CJ 21/08/03

Dîner au sommet : le chef du gouvernenement japonais Junichiro Koizumu et son homologue tchèque  Vladimir Spilda portent un toast en compagnie du robot ASIMO P- © Photo : AFP "Enchanté, M. Spidla, je suis un robot ambassadeur de la bonne volonté" : c'est par ces mots que le robot Asimo* a salué le chef du gouvernement tchèque lors d'un dîner donné dans le palais Hrzan le 21 août à Prague à l'occasion de la visite officielle du premier ministre Japonais Junichiro Koizumu.
Pour l'occasion, le robot humanoïde créé par Honda avait appris à parler le tchèque. Rien ne s'opposait alors à ce qu'il prenne pAsimo dépose une gerbe de fleur au pied du buste  du Thèque Karel Capec, inventeur du mot "robot" © Photo : AFPart à la conversation, comme n'importe quel autre hôte de marque forcément humain, allant même jusqu'à porter un toast "à l'amitié des gens et des robots".
Certains souriront de cette mise en scène... Cela dit, il n'empêche que c'est la première fois qu'un robot est l'invité d'un repas officiel. Signe des temps ? En tous cas, un bon coup de pub pour la société Honda qui n'en est pas à son premier coup d'essai. Asimo a notamment déjà eu le privilège d'être invité à Wall Street l'année dernière à l'occasion du 25e anniversaire de la cotation de la firme niponne sur le marché new-yorkais.
Le Premier ministre tchèque n'a pas caché son plaisir, déclarant à la presse qu'il aimait les technologies nouvelles.
Rappelons que c'est aussi un tchèque, Karel Capek, qui a inventé en 1921 le néologisme "robot" (de «robota», travail fastidieux, corvée), mot utilisé pour la première fois dans sa pièce de théâtre R.U.R.(Rossum's Universal Robots). Ce qui valait bien, lors de cette réunion au sommet, une gerbe de fleur déposée par le robot au pied du buste de l'illustre dramaturge...

*Advanced Step in Innovative Mobility (voir notre actualité du 15/06/01).

Pour en savoir plus :
Site ASIMO : http://world.honda.com/ASIMO/ ;
voir aussi : http://www.honda-robots.com/index_ns.html


Un exosquelette pour les personnes âgées ?
CJ 21/08/03

Le costume robot Hal-3, mis au point par le japonais Yoshiyuki Sankai et son équipeOn a souvent évoqué les exosquelettes pour soldats, structure anthropomorphique artificielle destinée à augmenter les capacités physiques (vitesse, force et endurance) des combattants (voir par exemple notre actualité du 06/02/2001 et du 11/04/2002). Mais il semblerait bien que ce soit dans le domaine civil que ce système voit très rapidement le jour. La société japonaise Mitsui souhaite en effet commercialiser dès l'année prochaine un costume motorisé pour assister les personnes âgées et les handicapés moteur dans leur déplacement.
Mis au point par l'équipe de Yoshiyuki Sankai à l'université de Tsukuba, le Hal-3 (Hybrid Assistive Leg) est, selon son créateur, ce que l'on fait aujourd'hui de mieux en la matière. Le dispositif réalisé par l'ingénieur se compose de capteurs (notamment placés sous les semelles), d'articulations motorisées pour les genoux et les hanches, le tout piloté par un ordinateur contenu dans un sac à dos. Un système de batteries porté à la taille assure l'autonomie du système. Grâce à lui, un humain peut marcher à 4 km/h sans fournir le moindre effort physique*, monter les escaliers, voire même se reposer en l'absence de fauteuil... Aucune saccade dans le mouvement. Seul petit écueil : le prototype pèse en l'état 17 kg. Mais grâce à un effort de miniaturisation, la société Mitsui espère ramener ce poids à 10 Kg.

Dans un premier temps, l'objectif de l'industriel (qui s'est associé avec d'autres sociétés) est de vendre ou de louer une dizaine de prototypes l'an prochain, notamment à des maisons de retraite et à des hôpitaux. A moyen terme, il espère vendre une centaine de robots par an au prix d'un million de yens (7 700 euros).
Y. Sankaï pour sa part ne reste pas les bras ballants. Il commence à mettre au point la version à l'usage des membres supérieurs.

* Le mouvement est imprimé aux jambes sur la base des faibles signaux électriques envoyés par l'utilisateur à ses muscles.

Pour en savoir plus :
Hybrid Assistive Leg : http://sanlab.kz.tsukuba.ac.jp/HAL/indexE.html
Voir aussi le site Exoskeletons for Human Performance Augmentation (EHPA) de la Darpa : http://www.darpa.mil/dso/thrust/matdev/ehpa.htm


Sang artificiel : vers de vase ou nanorobots ?
JPB 15/08/03

Bientôt, espérons-le, il ne sera plus nécessaire de faire appel aux donneurs de sang, et à leurs cortèges de maladies, pour obtenir des substituts de l'hémoglobine, au profit des besoins de transfusion. Des perspectives sont ouvertes, venant de deux horizons très différents La première vient de France. Franck Zal, chargé de recherche CNRS à la station biologique de Roscoff, travaille sur un substitut sanguin extrait d'un ver marin, l'arénicole. Celui-ci, très connu des pêcheurs, permettra peut-être à terme de sauver des vies humaines en urgence, sans avoir à recourir à un don de sang humain. Franck Zal a en effet découvert que l'hémoglobine de ces invertébrés est un excellent transporteur de l'oxygène. Cette qualité en fait un substitut sanguin, stable plusieurs semaines, sans problème de typage sanguin, ni de contamination éventuelle par un micro-organisme. Il serait évidemment synthétisé afin d'être produit sans mettre en péril la sympathique espèce des arénicoles.

La seconde perspective fait appel aux nanotechnologies (nanorobots). Il s'agit du "vasculoid", conçu par Chris Phoenix (élève d'Erix Drexler à Stanford) et Robert Freitas (auteur de Nanomedecine, dont un deuxième tome est sous presse), qui pourrait remplacer, au moins provisoirement, l'apport de sang humain, sans les risques déjà cités de la transfusion de donneur à receveur. Il n'aurait que des avantages sur l'ensemble du système et des fonctions circulatoires, si l'on en croit ses promoteurs.

Pour en savoir plus
Station biologique de Roscoff  http://www.sb-roscoff.fr/
Le vasculoïd, article de USnews http://www.usnews.com/usnews/nycu/tech/nextnews/nexthome.htm
Sur l'utilisation des nanorobots en médecine, on trouvera un article complet de Robert Freitas, publié en 2001 par la forme Novartis, à http://www.kurzweilai.net/meme/frame.html?main=/articles/art0410.html


L'Atlas général du cerveau
JPB 15/08/03

Le projet d'Atlas général du cerveau, élaboré par un consortium fondé en 1993 à l'initiative de neuroscientifiques américains de l'Université sud-Californie, est en train de prendre un véritable décollage. Il s'agit, un peu sur le modèle du Human Genome Project, de rassembler au niveau mondial l'ensemble des informations anatomiques et physiologiques relatives au cerveau, fournies par l'imagerie médicale, afin d'en rendre l'accès libre à tous chercheurs. La dispersion actuelle des observations et des modèles est une cause de perte de temps et de possibles double-emplois entre les recherches. Leur globalisation, comme dans toutes les opérations de ce genre, pourrait même avoir un effet intrinsèque sur la découverte, en faisant apparaître plus clairement les lacunes et contradictions. L'utilisation d'outils informatiques d'analyse et d'exploration en sera facilitée. L'explosion de l'imagerie cérébrale dans tous les laboratoires mondiaux rend ce projet plus que nécessaire. On peut penser qu'il intéressera aussi beaucoup les recherches en intelligence artificielle.

C'est le LONI (Laboratory of Neuro Imaging) de l'UCLA qui est à l'origine de ce projet. Il sera conduit par un consortium international (International Consortium of Brain Mapping) auquel participe l'Institut für Neuroanatomie de Dusseldorf. Le laboratoire conduit d'autres projets sur le même principe de la globalisation en réseau des informations résultant des techniques modernes d'analyses neurologiques: le MAP (Mouse Atlas Project) et le Biomedical Informatics Research Network.

Pour en savoir plus
Article de ExciteNews http://apnews.excite.com/article/20030804/D7SN6LAG0.html
LONI  http://www.loni.ucla.edu/


Entrer en compétition ou collaborer avec les Etats-Unis ?
JPB 07/08/03

Un de nos lecteurs réagit sans tarder à notre éditorial du n° 43 d'Automates Intelligents, l'Appel des chercheurs et la place de la recherche en France. Son expérience de start-up dans un domaine innovant lui a appris, à ses dépends, qu'il y avait peu de choses à attendre de l'Europe pour encourager de telles entreprises : multiplicité des comités Théodule, manque d'intérêt pour les applications commerciales et la coopération internationale concrète, vieillissement général de l'imagination collective. Bref, notre ami est en train de finaliser quelque chose en Amérique.

Pour lui, l'Europe perd son temps à tenter - quand elle le fait - d'entrer en compétition avec les Etats-Unis, en réinventant de multiples roues existant déjà. Mieux vaudrait essayer de devenir un brillant second, apportant ses propres compétences et sa créativité dans des programmes américains, qu'ils soient industriels ou scientifiques. Il oppose ainsi, à titre d'exemple, la référence déjà ancienne de la coopération réussie entre GE et Snecma pour le moteur CFM 56 à la compétition annoncée dans le domaine de la localisation satellitaire (Galiléo contre GPS). Galiléo, selon lui, aura toujours 10 ans de retard par rapport à GPS ou des versions up-gradées de celui-ci. Mieux aurait valu proposer une coopération visant à un super-GPS commun.

L'argument est sérieux. Il mérite discussion. Rien n'interdit d'ailleurs aux industriels et laboratoires européens pensant possible de coopérer avec des homologues américains de le faire. Reste à savoir cependant quelle part du gâteau l'hyper-puissance américaine serait prête à consentir à des partenaires européens. Ni les industriels ni le pouvoir fédéral ne semblent désireux de partager une avance technologique ou des positions commerciales lorsqu'ils y sont dominants.

Si l'Europe existait, en tant que puissance politique et économique, elle serait mieux placée qu'elle ne l'est actuellement pour proposer des partenariats sur un pied, sinon d'égalité, du moins gagnant-gagnant. L'exploration spatiale, notamment martienne, le programme Iter, les biotechnologies, les ordinateurs quantiques et à ADN seront des champs où de telles coopérations pourraient s'envisager. Il devrait d'ailleurs s'agir alors moins d'une coopération américano-européenne qu'internationale. Mais il faudrait que l'Europe accepte de mettre des financements publics substantiels dans de tels programmes. Ceci nous replace dans le cadre de notre éditorial précité: est-on conscient de l'intérêt de tels objectifs, et de telles coopérations, d'abord en France, dans d'autres pays européens ensuite ?

CFM 56 http://www.cfm56.com/engines/cfm56-3/


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