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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
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20/10/03 Traquer les gaz toxiques grâce à un microdétecteur "intelligent
18/10/03 L'ascenseur spatial intéresse de plus en plus les Etats-Unis
18/10/03 Darpa's New Cognitive Systems Vision
16/10/03 PLoS Biology
16/10/03 Commande d'un bras robotisé par la pensée
14/10/03 Les contrôleurs aériens supplantés par des machines à l'horizon 2020?
13/10/03 Le GRID du CERN
08/10/03 La poussière intelligente (Smart Dust)
08/10/03 Le moteur ionique

Archives

Octobre 2003

Traquer les gaz toxiques grâce à un microdétecteur "intelligent"
CJ 20/10/03

Micrographie du capteur développé au National Institute of Standards and TechnologyDes chercheurs américains du National Institute of Standards and Technology (NIST, basé dans le Maryland) ont développé un prototype de réseau "intelligent" de microcapteurs capable de détecter des agents chimiques avant qu'ils ne soient dangereux. Présenté le mois dernier lors d'un congrès tenu à New-York, il s'applique particulièrement au gaz moutarde et au sarin (peur des terroristes oblige) mais peut être étendu à d'autres gaz toxiques pour l'environnement. Connecté à un réseau de neurones, le dispositif est capable de détecter en quelques secondes des composées volatils à une concentration inférieure à la partie par million (ppm).

Ceci me donne une idée : si un système peut capter des composés à si faible concentration, pourquoi ne pas adapter le comportement d'un ou de plusieurs robots aux odeurs perçues. Dans la nature, les fourmis, par exemple, ne font pas autrement. Champ d'investigation prometteur ?

Pour en savoir plus
NIST Chemical Sensor Technology : http://www.nist.gov/public_affairs/factsheet/chemical_sensor.htm


L'ascenseur spatial intéresse de plus en plus les Etats-Unis
JPB 18/10/03

Vue d'artiste de l'ascenceur spatialQui maîtrisera l'ascenseur spatial maîtrisera l'espace et qui maîtrisera l'espace maîtrisera le monde. C'est en des termes très voisins que différentes équipes aux Etats-Unis ont repris le travail sur le projet d'ascenseur spatial. On en connaît le principe. D'une station spatiale en orbite géostationnaire, on déroule un câble vers la Terre et simultanément un câble vers l'espace, attaché à un poids. La force centrifuge découlant de la rotation de ce dernier permet d'équilibrer le poids du câble vers la Terre, et de maintenir l'ensemble en géostationnaire à la verticale du point d'ancrage sur Terre, lui-même situé quelque part à l'équateur. L'ensemble une fois réalisé permet d'acheminer vers l'orbite géostationnaire, puis vers l'espace profond, des charges diverses, avec des coûts très réduits par rapport à ceux de fusées traditionnelles.

L'idée avait germé en 1960 dans la tête d'un scientifique soviétique (il ne s'appelait pas Popof) mais avait été longtemps considérée comme irréalisable. La principale difficulté tient à la technologie du câble, qui doit être assez résistant et assez léger pour diminuer les coûts. Il doit pouvoir être tissé à le demande, à partir de la station spatiale. Les perspectives offertes par les nanotubes de carbone semblent à cet égard prometteuses. De multiples autres difficultés sont à résoudre. Nous vous renvoyons au mini-dossier ci-dessous.

Le point important est que les experts et les politiques américains commencent à considérer qu'il s'agira là du méga-projet du siècle. L Institute for Advanced Concepts (NAIC) de la Nasa a confié des préétudes de faisabilité au Dr. Bradley Edwards, directeur de recherche à l'Institute for Scientific Research. Le Los Alamos National Laboratory est également sur le coup, avec une dizaine de chercheurs (no data on line from LANL).

Pour en savoir plus
Dossier du Flight Projects Directorate de la Nasa http://flightprojects.msfc.nasa.gov/fd02_elev.htmlr
Article de l'Institute for Scientific Research (2003) http://www.isr.us/SEHome.asp
Article de Space.com (2002) http://www.space.com/businesstechnology/technology/space_elevator_020327-1.html
Article de Space Daily (2001) http://www.spacedaily.com/news/future-01f.html
Notre chronique du 27 décembre 2000 : http://www.admiroutes.asso.fr/action/theme/science/actu/2000/septemb.htm
Lire l'ouvrage The Space Elevator: A Revolutionary Earth-to-Space Transportation System, by Bradley C. Edwards Janvier 2003


Darpa's New Cognitive Systems Vision
JPB 18/10/03

Nous avons plusieurs fois ici évoqué le concept de cognitive system ou machine pensante tel qu'il résulte de la "vision" et même, selon l'expression employée, de la "dramatic vision" proposée par la Darpa, l'agence de recherche du Pentagone. Une présentation de cette vision a eu lieu le 24 octobre 2003 au Santa Fe Institute, à l'initiative de Ronald J. Brachman
Office Director Information Processing and Technology Office (IPTO)-DARPA. L'IPTO est au sein de la Darpa l'organisme en charge de superviser tous les projets faisant appel aux STIC et aux sciences cognitives. C'est le fer de lance de la Darpa et du Département de la Défense en ce qui concerne le développement de machines pensantes. Il travaille avec la collaboration de la Nasa et de nombreuses entreprises répondant à ses appels à idées et projets.

Rappelons que le Santa Fe Institute est un centre privé, multidisciplinaire et non-profit dédié aux sciences de la complexité. Il a été créé en 1984, à l'initiative du prix Nobel de physique Murray Gell-Mann, inventeur des quarks. Il a depuis lors procédé à de nombreuses études relevant du domaine des mathématiques et sciences de la complexité, publié un nombre considérables de rapports et d'articles animé enfin chaque année des exposés et séminaires faisant le point sur les questions d'actualité ou relevant de la prospective

Nous ne traduirons pas l'abstract de l'exposé de Ronald Brachman, Darpa's New Cognitive Systems Vision. auquel vous pourrez vous reporter. Disons seulement qu'il conclut "In a nutshell, we want to transform computational systems from those that are simply reactive to those that are truly cognitive. Our ultimate goal is to create systems that know what they’re doing" ("Notre but ultime est de créer des systèmes qui savent ce qu'ils font").

Pour en savoir plus
L'article http://www.santafe.edu/sfi/events/abstract/118
DARPA Information Processing Technology Office (accès soumis à restriction)
www.darpa.mil/ipto/


PLoS Biology
JPB 16/10/03

Le site de la Public Library of SciencesRevenons, dans la suite de la brève précédente, sur la parution de la revue Biology, dont l'éditeur est une organisation non-profit basée à San Francisco, la Public Library of Sciences. Celle-ci donne ainsi avec ce premier numéro (Volume 1, Issue 1, October 2003) l'exemple de l'utilisation de l'Internet en Open Source pour la diffusion d'articles ou de pre-prints. Une édition papier est aussi disponible ('image ci-contre).

La démarche, qui agite beaucoup le monde des grandes revues à comité de lecture, vise à faciliter l'accès de tous à l'information scientifique. Comme il faut bien vivre cependant, ce sont les auteurs qui sont appelés à financer l'édition. Il leur est demandé une contribution de 1.500 dollars par article. Plusieurs initiatives avaient déjà été prises afin d'enlever aux grandes revues, grâce à Internet, leur monopole, tant économique qu'intellectuel. Nous nous en étions faits l'écho. Mais l'opération de la PLoS semble lancée à une plus grande échelle. Plusieurs organisations y participent, dont en Europe le European Molecular Biology Laboratory de Heidelberg et le Britain's Wellcome Trust.

Les grandes revues (voir l'article de Nature http://www.nature.com/nsu/031006/031006-12.html) ne manquent pas de s'interroger sur la capacité de la PLoS à procéder à des peer-reviews de qualité, à attirer de bons articles et aussi à répondre aux besoins d'édition des scientiques du tiers-monde, qui ne pourront pas toujours payer la contribution demandée aux auteurs. Affaire à suivre donc, mais qui parait sympathique. Nous avions pour notre part, en tant que revue gratuite, encouragé la PLoS dans sa démarche.

La revue Biology publie aussi dans son premier numéro l'appel de différents organismes américains, dont les National Institutes of Health de Bethesda, pour la réalisation d'une banque de données en libre accès rassemblant l'ensemble des informations relatives au cerveau et aux neurosciences, que nous avions évoqué précédemment dans la présentation du livre d'Alain Berthoz, La décision.

Il est possible de s'inscrire à un bulletin d'information par http://www.plosbiology.org/plosonline/?request=get-static&name=issuealert

Pour en savoir plus
PLoS Biology http://www.plosbiology.org/plosonline/?request=index-html


Commande d'un bras robotisé par la pensée
Source: breves-evopsy@list.monaco.net
JPB/CJ 16/10/03

Nous avions édité en décembre 2000 un article de Christophe Jacquemin relatant les recherches menées par Johan Weissberg, Miguel Nicolelis et al. de l'Université de Duke (Caroline du Nord) dont les résultats avaient été publiés dans Nature à cette époque. Des implants cérébraux placés dans le cerveau d'un singe permettaient de capter des signaux susceptible d'actionner, par exemple, le curseur d'un écran d'ordinateur. Il s'agissait déjà d'une avancée qui devait permettre un jour à des personnes paralysées de réaliser des tâches similaires. Un nouveau compte-rendu de la suite de cette expérience, qui s'est déroulée pendant plusieurs années, est publié avec des résultats actualisés, dans la revue scientifique américaine "PLoS Biology", qui vient d'ouvrir et est diffusée sur Internet en libre accès par la "Public Library of Science" (voir ci-dessus).

Par l'intermédiaire du regard, deux macaques ont appris à contrôler un bras robotisé à travers un interface d'électrodes implantées non pas dans une zone unique du cerveau, comme dans des expériences précédentes, mais dans de multiples aires corticales. Ceci démontre d'ailleurs ce que les neurologues commencent à savoir, c'est qu'un ordre même simple donné par le cerveau fait appel à de nombreuses zones cérébrales.

Les singes ont d'abord appris à manipuler une manette contrôlant un bras robotisé, qui leur permettait d'obtenir du jus de fruit. Puis la manette a été débranchée et le bras robotisé, qui se trouvait dans une autre pièce, a été directement contrôlé par les singes, via les signaux cérébraux émis par les électrodes. Les primates ont donc fini par ne plus se servir de la manette, comme s'ils avaient appris que leur cerveau contrôlait le bras robotisé, selon le rapport présenté par Miguel Nicolelis, qui a dirigé cette expérience avec une équipe de neurologues de Duke.

Des êtres humains ont déjà été équipés de tels implants cérébraux, afin, par exemple, de procéder à des actions simples. Toutefois, les implants utilisés dans l'expérience de l'université de Duke étaient plus petits et la tâche accomplie était plus complexe. Les applications humaines pourraient venir d'ici deux ans, selon l'équipe, y compris pour le contrôle de bras paralysés.

Par rapport aux résultats annoncés en 2000, la nouveauté tient à ceci : à l'époque, il s'agissait de voir si on pouvait analyser (via des électrodes et un programme informatique) la traduction électrique au niveau du cerveau de l'intention de faire un geste. On arrivait ainsi, grâce au signal capté à savoir quel geste allait faire le singe, et ceci pouvant être reproduit par un robot. On ne s'intéressait donc pas au singe lui-même, ni à ses capacités d'apprentissage.

Miguel Nicolelis et Jose Carmena devant le bras robotisé actionné par la pensée d'un singe situé dans une autre pièce - Photo :  : Duke University Mais ici, les singe (l'expérience a été faite sur deux animaux) ont fini par "comprendre" qu'il pouvait mouvoir un bras mécanique par la seule force de leur pensée et que tout mouvement de leur part était inutile pour réussir cela . Les singes "arrivent à corriger leurs erreurs et sont capables d'imposer au bras articulé d'un robot des mouvements d'une très grande précision, à partir de leur seule activité cérébrale pour reproduire les mouvements de localisation et de préhension de la main", explique Miguel Nicolelis. C'est une première du genre car les résultats obtenus jusqu'à présent sur différents animaux concernaient des actions virtuelles comme déplacer la pointe d'une souris sur un écran, ou appuyer sur un levier. Ceci renforce l'espoir de voir un jour ce type de technologie bénéficier aux personnes atteintes de lésions de la moelle épinière.

Pour en savoir plus
L'article concernant le contrôle du bras robotisé (synopsis) http://www.plosbiology.org/pips/plbi-01-02-S-carmena.pdf . L'article complet est également disponible sur le site


Les contrôleurs aériens supplantés par des machines à l'horizon 2020?
CJ 14/10/03

Contrôleur aérien - Photos : D.RLes contrôleurs aériens ont du souci à se faire : la société britannique BAE Systems a mis au point un système révolutionnaire pouvant gérer l'atterrissage d'un avion sans aucune intervention humaine : le pilote a juste à choisir la piste sur laquelle il doit atterrir en appuyant sur un bouton dans le cockpit. Financé pour moitié par l'Union européenne, ce projet a coûté quelque 110 millions d'euros.
Selon BAE Systems, cette innovation devrait éliminer toute possibilité d'erreur humaine, économiser le carburant et améliorer la sécurité en vol. La mise en place du système est prévue en trois phases par cette firme : la première - qui consistait à déterminer la trajectoire la plus sûre vers un point identifié par un contrôleur aérien - a été validée en mars 2003. Un essai grandeur nature est prévu pour 2008. Le remplacement de tous les contrôleurs aériens par ce système est prévu avant 2020. Selon BEA Systems "les systèmes automatiques seront devenus nécessaires vu le volume du trafic aérien".

Si les contrôleurs seront toujours présents lors de l'introduction du système, ils auront de moins en moins de tâches à faire, les décisions étant prises par l'ordinateur. Ce système éliminerait aussi les problèmes de la langue pour les pilotes étrangers. Ses implications pour le métier de contrôleur aérien a provoqué la réaction des syndicats de la corporation. Pour eux, même si l'ordinateur est capable de tracer la trajectoire à suivre, le contact humain du contrôleur aérien a aussi un rôle rassurant pour les pilotes et les passagers (mais pour ce qui concerne les pilotes, rappelons à nos lecteurs la proposition évoquée par Bill Gates le 9 avril 2002) : "Microsoft wanted us to take planes without pilots by 2030".)

Pour en savoir plus
Article du Telegraph co. uk 24/8/2003) : http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2003/08/24/nair24.xm
BAE Systems : http://www.baesystems.com


Le Grid du CERN
JPB 13/10/03

grid image CernOn sait que l'idée de connecter ensemble des milliers de calculateurs afin de profiter de leur temps libre pour traiter en simultanéité de grandes quantités de données n'est pas nouvelle. Elle est utilisée notamment par le SETI pour la recherche de signaux d'origine extraterrestre. L'idée est généreuse, surtout quand elle fait appel à des micro-ordinateurs appartenant à des particuliers, qui acceptent ainsi de contribuer à un programme scientifique. Mais elle fait peur. De tels grids risquent de devenir des autoroutes à virus et piratages.

Cependant le CERN de Genève l'étudie actuellement très sérieusement pour traiter les terabytes (ou plus) de données provenant des expériences qui seront conduites par le futur Grand Collisionneur de Hadrons, LHC, qui sera mis en service vers 2008. Ce ne seront pas les ressources informatiques de particuliers qui seront mises en réseaux, mais celles provenant des centres de recherche de 12 pays: UK, US, Suisse, Tchéquie, France (avec l'IN2P3), Allemagne, Hongrie, Italie, Japon, Russie, Espagne et Taiwan. Les données à traiter, dans un premier temps, rempliraient plus de 20 millions de CD tous les ans, et nécessiteraient pour être analysées 70.000 calculateurs. On suppose que des précautions rigoureuses seront prises pour rendre étanche le super-calculateur virtuel ainsi réalisé.

Les spécialistes du CERN ont l'intention, en cas de succès, d'étendre cette démarche à bien d'autres calculs. Ils y voient l'amorce d'une véritable révolution dans la distribution et l'utilisation des ressources informatiques nécessaires à la science de demain. Cette perspective a justifié la mise en place d'un programme européen dit Enabling Grids for E-science and industry in Europe (EGEE) et du Open Science Grid aux Etats-Unis.

Pour notre part, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser qu'il devrait être possible, sur de tels réseaux, de mettre en place et faire interagir les milliers ou dizaines de milliers d'agents nécessaires à la simulation d'une machine consciente. Le CERN, déjà à l'origine du Web, pourrait-il aussi devenir le promoteur indirect d'un Web de la cosncience artificelle?

Pour en savoir plus
Article du CERN http://info.web.cern.ch/info/Press/PressReleases/Releases2003/PR13.03ELCG-1.html
EGEE: http://egee-ei.web.cern.ch/egee-ei/2003/
Notre dossier: un projet de système conscient


La poussière intelligente (Smart Dust)
JPB/CJ 08/10/03

Kris Pister -  Photo  :Peg SkorpinskiLe concept de «poussière intelligente», Smart Dust, semble pouvoir devenir si l’on en croit ses promoteurs, un complément d’Internet, dans la mise en place d’un réseau de capteurs surveillant la planète. Cette idée vient de Kris Pister, professeur d’ingénierie à Berkeley, qui travaille depuis 1997 sur ce projet et est actuellement en disponibilité pour fonder l’entreprise "DUST" destinée à commercialiser l’idée. Il s’agit de réaliser de petits systèmes, actuellement de la taille d’une boite d’allumettes et en cours de miniaturisation constante. Chacun d’entre eux est équipé de senseurs pour mesurer divers paramètres de l’environnement, champs magnétiques (magnétomètres), température, pression atmosphérique, etc. On prépare l’installation de microphones et caméras miniaturisés. Il est également doté de moyens de communication sans fil à courte portée et d’une source d’énergie, actuellement à pile. Des sources d’énergie renouvelables et autonomes sont à l’étude. Le cœur du système est un système d’exploitation très sophistiqué (TinyOS), pouvant fonctionner sur 8 Kbits, dont le rôle est de gérer les entrées-sorties, les communications et les ressources d’énergie, afin d’économiser celles-ci au maximum.

MICACes petites unités, appelées «motes» ou grains de poussière, sont destinées à être dispersées en grand nombre dans des lieux dont l’accès n’est pas aisé. Ils se connecteront les uns les autres en réseaux, de façon à diminuer au maximum la portée nécessaire aux liaisons et à ne retransmettre que des informations élaborées vers la station centrale de monitoring d’ensemble. Les applications apparaissent devoir être très nombreuses, dépendant du mode de réVue grossie d'une "motes"partition ou de dispersion choisi. La société Dust étudie avec la Darpa l’utilisation de nuages de «grains» pour surveiller des territoires ennemis, par exemple les passages de véhicules. Mais les grains auront de nombreuses applications civiles, par exemple l’évaluation de la solidité de bâtiments fragilisés par diverses agressions, le suivi de phénomènes atmosphériques, le contrôle des mouvements anormaux sur des sites protégés, etc. La génération actuelle, baptisée MICA, fait l’objet d’expérimentations et d’améliorations constantes. Des versions capables de marcher, voler et nager sont à l'étude. Le prix de revient actuel des motes est de 50 à 100 dollars l'unité ; Kris Pister prévoit qu'elles tomberont à 1dollar dans un délai de cinq ans.

On est loin d'avoir encore atteint la taille des microtechnologies (MEMS) et nanotechnologies, mais on y arrivera sans doute dans quelques années. Le millimètre cube est néanmoins en perspective. Les promoteurs du système n'envisagent pas encore, semble-t-il, que les "motes" puissent se reproduire et se diversifier, mais avec les nanotechnologies, cela deviendra peut-être envisageable.

On peut évidemment voir dans de tels réseaux, éventuellement dispersés sur de grandes superficies, telles qu'une ville, une nouvelle possibilité d’intrusion et de surveillance. On retrouvera vite les préoccupations suscitées par le déploiement actuel des vidéo-caméras en réseau local (voir notre éditorial du mois de septembre 2003). C’est-à-dire qu’il faudra qu’un contrôle citoyen veille à éviter les abus.

Pour notre part, nous pensons que dans la perspective du développement de systèmes de conscience artificielle comportant des milliers ou dizaines de milliers d’agents informatiques, les Mica pourront servir utilement de systèmes d’entrée-sortie et traitement local dont le rôle sera analogue à celui des neurones dans le cerveau. On pourrait ainsi espérer mettre en place des consciences artificielles à l’échelle d’un territoire tout entier. Il ne paraît pas irréalisable d'envisager que l'exploration martienne puisse utiliser des nuages de MICA répartis dans les déserts martiens et se dotant de formes mêmes élémentaires de la conscience des lieux.

Pour en savoir plus
Kris Pister : http://robotics.eecs.berkeley.edu/~pister/
Smart Dust, note technique : http://robotics.eecs.berkeley.edu/~pister/SmartDust/
MICA motes : http://www.xbow.com/Products/Wireless_Sensor_Networks.htm
La société Dust : http://www.dust-inc.com/


Le moteur ionique
JPB 08/10/03

Moteur ionique de Smart-1 L'Agence Spatiale Européenne vient de lancer la mission Smart-1 vers la Lune. Il s'agit d'un petit vaisseau utilisant un moteur ionique pour sa propulsion. Celui-ci est un prototype qui sera ainsi testé avant d'être développé dans un engin plus ambitieux destiné à l'exploration de Mercure. Le moteur de Smart-1 tire son énergie de panneaux solaires. L'électricité produite sert à ioniser des atomes de xénon provenant d'un réservoir. Les atomes ainsi ionisés sont rejetés à l'arrière du vaisseau. L'énergie propulsive obtenue est très faible, mais elle peut être entretenue pendant plusieurs mois, ce qui finit par provoquer une accélération notable. Le voyage prendra une quinzaine de mois et le vaisseau se livrera à diverses observations du sol lunaire qui n'avaient pas pu être réalisées jusqu'ici.

La mission de l'Esa "BepiColombo" destinée à l'exploration de Mercur pour 2011, mettra 2 ans et demi pour arriver à destination. Le concurrent américain, Messenger, utilisera une propulsion classique et arrivera donc plus tôt. Mais il y a de la place pour tout le monde dans l'exploration de Mercure.

Le moteur ionique avait déjà été utilisé avec succès dans la mission remarquable de la Nasa vers la comète Borelly (voir notre article).

Pour en savoir plus
Présentation de Smart-1 par l'ESA http://www.esa.int/export/esaCP/SEM2OU0P4HD_index_0.html
Le moteur ionique de la Nasa http://www.jpl.nasa.gov/releases/2003/105.cfm


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