Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
Alexandria.
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Décidément,
les annonces relatives à la réalisation d'automates
potentiellement conscients (cognitive systems, selon une terminologie
usuelle) se succèdent. Nous avions indiqué dans un
éditorial précédent qu'il pourrait s'agir
là pour l'Europe d'un très grand programme fédérateur.
En attendant, un chercheur britannique spécialiste en Intelligence
Artificielle, un certain Steve Grand, créateur d'un singe
automate intelligent nommé Lucy, se félicite des progrès
qu'il a déjà réalisés. Il fera d'ailleurs
paraître en Janvier 2004 un livre donnant tous les détails
utiles: Growing Up With Lucy: How to Build an Android in Twenty
Easy Steps (Weidenfeld & Nicolson). D'après l'article
de Computer World, le système serait construit selon la méthode
ascendante (c'est-à-dire sans programmation centrale préalable)
en faisant interagir des réseaux neuronaux avec un environnement.
Lucy serait dotée, en animal qui se respecte, d'un corps
sensible, c'est-à-dire disposant de tous les artéfacts
sensoriels et moteurs lui permettant de réagir avec cet environnement.
Ceci dit, à en croire l'article, la logique du système
serait encore assez sommaire. Mais peut-être est-ce une bonne
façon de commencer.
Steve Grand vient de bénéficier
d'un crédit complémentaire de $68,000 grant venant
du National Endowment for Science, Technology and the Arts de Londres.
Ceci lui permet actuellement d'enrichir le système informatique
qu'il utilise. Comme quoi des gens croie genre de recherche chez
nos voisins britanniques.
Steve Grand est fondateur de Cyberlife
Research Ltd., compagnie spécialisée en IA et basée
dans le Somerset, UK
Le
robot volant le plus petit et le plus léger du monde CJ 23/11/03
C'est
le robot le plus petit et le plus léger du monde : MFR (Micro
Flying Robot) ressemble fortement à une libellule, mesure
7 cm de hauteur, tient dans la paume de la main et ne pèse
que 8,8 grammes. Il peut s'envoler grâce à une hélice
de 13 cm de diamètre, activée par quatre moteurs ultrasoniques
et se maintenir en l'air grâce à un mécanisme
stabilisateur. Issu de trois années de travail, ce prototype
conçu par le fabricant japonais d'imprimante Seiko-Epson
a été présenté au cours de l'International
Robot Exhibition qui se tenait à Tokyo du 19 au 22 novembre
2003.
Fonctionnant pour l'instant grâce à un câble
délivrant 3,5 volts à une batterie de 3 grammes (consommation
3 watts)*, la société cherche une batterie encore
plus légère et plus puissante afin de faire voler
MFR sans câble.
"C'est la raison pour laquelle nous avons présenté
le prototype lors de l'exposition de Tokyo. Nous souhaitons attirer
des partenaires industriels capables de nous fabriquer une pile
très légère" a expliqué Junji
Ajioka, responsable du département de la stratégie
de Seiko Epson. Les créateurs espèrent que ce robot
pourra jouer le rôle d'oeil volant : "doté
d'un appareil photo incorporé, il pourrait survoler des zones
difficiles d'accès ou touchées par des catastrophes
naturelles, se glisser par exemple dans une maison détruite
par un tremblement de terre et y repérer à l'intérieur
d'éventuels survivants".
*Une
version plus puissante existe déjà grâce à
une batterie suplémentaire, mais le poids s'élève
alors à 13 grammes.
Logiciel
X3D Fritz contre Kasparov : homme et machine à égalité
CJ 18/11/03
Garry
Kasparov, le joueur d'échecs le plus fort au monde, affrontait
du 11 au 18 novembre dernier à New-York "X3D Fritz"*,
logiciel surpuissant développé par la société
allemande XOD Technologies, capable d'effectuer plus de cinq millions
de combinaisons par seconde. Un match au sommet en 4 manches, qui
s'est soldé par un nul.
Pour l'occasion, Kasparov n'avait pas besoin de bouger physiquement
les pièces. Assis devant l'écran, il pouvait voir
flotter devant lui l'échiquier grâce au port de lunettes
3D, les déplacement s'effectuant par reconnaissance de la
voix. Une manette permettait par ailleurs à Kasparov de faire
tourner l'échiquier à sa convenance. Un match "virtuel"
où la première manche s'est soldée après
37 coups par un nul ; la deuxième a vu la victoire de la
machine après abandon de l'humain au 39ème coup ;
la troisième celle de l'humain sur la machine (qui abandonne
au bout de 45 coups) ; la quatrième se soldant par un nul
au bout de 27 coups. "Nous pouvons voir que les ordinateurs ont encore beaucoup
à apprendre de nous", a déclaré Kasparov
à l'issu du match, empochant la coquette somme de 175 000
dollars.
En tous cas, si c'est la troisième fois que Garry Kasparov
affronte une machine digne de ce nom dans sa carrière, il
n'a encore jamais pu en battre une seule...
Cyberkinetics
Inc est une start up américaine fondée en juin 2001
by John P. Donoghue, président du département de neurosciences
à l'Université Brown. (Providence).
Elle annonce avoir réussi en 2002 une expérience analogue
à celle de la Duke Université [voir
notre actualité du 16/10/03] et qui avait fait couler
beaucoup d'encre. Des singes équipés d'implants cérébraux
ont réussi à mouvoir un joystick d'ordinateur par
le seul contrôle de la pensée. Mais Cybervcinetics
ne s'arrête pas là. Elle vient de présenter
à la réunion annuelle de la Society for Neurosciences
un dispositif amélioré prêt à être
expérimenté sur l'homme, et pour lequel elle demande
à la FDA l'autorisation de mener des essais cliniques.
Il
s'agit du BrainGate, puce de 4 millimètres carrés
comportant 100 électrodes développées conjointement
avec Bionic Technologies LLC de Salt Lake City. Le système
est introduit dans le cerveau après une mini-trépanation,
de façon à ce que les capteurs soient mis au contact
d'une aire cérébrale principalement responsable des
contrôles moteurs. Un connecteur en émerge et transfert
les signaux reçus à un système robotisé.
Le dispositif peut détecter la décharge de 20 à
100 neurones, 20 neurones étant suffisants pour produire
un signal interprétable par le robot. L'expérimentation
pourrait commencer à la fin de l'année. Cyberkinetics
a levé 4.3 millions de $ de fonds en août dernier,
qui s'ajoutant à ses fonds propres lui permettront de tenir
deux ans.
Les investisseurs voient évidemment derrière
cela un considérable marché pour des systèmes
permettant de redonner à des invalides moteurs un début
de mobilité assistée. Face à ces enjeux à
la fois humanitaires et commerciaux, il est douteux que des scrupules
"éthiques" retardent l'autorisation d'expérimenter.
Mais il faudra que ceci soit fait sous un contrôle sérieux.