Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront
alors définitions, synonymes et expressions constituées
de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi
d'accéder à la définition du mot dans une
autre langue.
Faisabilité
des assembleurs moléculaires (MNT) JPB 23/12/03
Il faut connaître en Europe
la polémique Drexler-Smalley concernant la faisabilité
des assembleurs moléculaires (molecular nanotechnology, ou
MNT) visant à obtenir des entités auto-réplicatives
sur le mode biologique (ce à quoi fait allusion le roman
de Michaël Chrichton, The Prey [voir
notre actualité du 7 novembre]). Il s'agit d'un stade
de mise en oeuvre des nanotechnologies dépassant largement,
aussi bien en perspectives pratiques qu'en dangers potentiels, les
nanotechnologies consacrées à la fabrication de produits
industriels "classiques", tels les nanotubes de carbone.
Ces dernières font l'objet de plans plus ou moins ambitieux
de recherche-développement. Mais elles restent dans des domaines
accessibles aux technologies d'aujourd'hui. Il n'en est pas de même
des MNT. Le père des nanotechnologies, Eric Drexler, s'est
vu contester la faisabilité, aujourd'hui, de réaliser
de telles entités, pourtant soutenues fortement par le Foresight
Institue avec lequel travaille Drexler. A la tête de cette
contestation se trouve le prix Nobel de Chimie 1996 Richard Smalley
(découverte des fullerènes). Le débat n'est
pas qu'académique, car il concerne aussi la destination des
financements décidés par les pouvoirs publics dans
les divers plans Nanotechnologies. Les industriels du secteur ne
souhaitent pas, publiquement au moins, voir ces crédits se
disperser dans des recherches à finalité trop lointaine.
Cependant, la politique américaine
concernant les nanotechnologies fait l'objet d'une telle opacité
que toutes les rumeurs peuvent se répandre, aux Etats-Unis
même. Les recherches se limitent-elles à ce qu'annoncent
et financent les administrations civiles, ou n'ont-elles pas déjà
été entreprises dans le domaine des nanotechnologies
moléculaires? Certains supposent qu'en réalité
le Pentagone aurait mis au point un plan visant à développer
ces dernières dans le secret, comme ce fut le cas jadis du
Programme Manhattan relatif aux armements atomiques, qui ne fut
connu qu'une fois les résultats visés obtenus.
Qrio,
seul robot au monde sachant courir CJ 18/12/03
Il
y avait déjà la plate-forme japonaise humanoïde
HRP-2, seul robot au monde de taille humaine capable de se coucher
et de se relever.
Et désormais, toujours au Japon, on compte aujourd'hui le
seul robot autonome humanoïde au monde capable de courir :
Sony a dévoilé ce jour cet aspect de son robot QRIO,
petit bonhomme aux yeux bleus, haut de 58 cm et lourd de 7 kg. Même
si la vitesse de ce coureur n'est que de 14 mètres par minute
(soit grosso-modo 5 fois inférieure à la marche d'un
humain [mais finalement de 2,4km/heure si on rapporte la taille
du robot à celle de l'humain]), ceci relève de l'exploit.
Le coût de ce prototype - que Sony n'a pas l'intention de
commercialiser pour l'instant* - reste secret. "Il s'agit
du premier robot pouvant courir au monde. Cela nous a pris trois
ans pour le fabriquer" a seulement indiqué Daichi
Yamafuji, porte parole du géant japonais de l'électronique.
*
Le modèle est simplement présenté afin de tester
les réactions du marché, ainsi que montrer le savoir-faire
de Sony
Michal Bajcsy
et ses collègues du Luking Group (département de physique
de l'Université d'Harvard) ont réussi à immobiliser
des photons pendant quelques centièmes de millisecondes.
En janvier 2001(voir notre
article), une autre équipe avait abouti à un résultat
comparable, mais par une méthode différente.
Le travail publié aujourd'hui dans Nature s'appuie sur le
même principe* mais le dispositif intègre ici un second
laser, envoyé dans le sens opposé au moment de restituer
le flux de photons. Ces derniers sont alors pris au piège
entre les deux flux contraires et se figent, sans altération
de l'état quantique ou perte d'énergie.
Si ces résultats ouvrent la voie à la manipulation
et au traitement de l'état d'un photon - avancée qui
concerne en premier lieu les secteurs de recherche en cryptographie
quantique ou celle du développement de l'ordinateur quantique
-, il faut rester prudent : "il s'agit d'une étape
(...). De nombreuses recherche additionnelles sont nécessaires
pour savoir si ces résultats peuvent conduire à ces
applications", indiquent les chercheurs.
*
Un faisceau de lumière (impulsion laser) est envoyé
à travers un nuage d'atomes (ou de gaz), ce qui a pour effet
de ralentir la vitesse du faisceau tout en "imprimant"
les caractéristique des photons dans ce nuage. Ces caractérisitques
sont ensuite restituées lorsqu'un nouveau faisceau vient
illuminer ce nuage. L'information quantique peut donc ainsi être
stockée et restituée.
Les
premières informations sur la nouvelle vision spatiale américaine
civile commencent à filtrer. Le président devrait
insister sur deux points : utiliser la Lune pour développer
les technologies spatiales et renforcer le partenariat entre la
NASA et le Department of Defense (DoD).
L'administrateur de la NASA, Sean
O'Keefe, présentera en 2004 une nouvelle feuille de route
intitulée " Renewed U.S. space dominance ". Sean
O'Keefe a essayé de construire un consensus parmi tous les
acteurs du spatial américain et le renvoi d'astronautes américains
sur la Lune avant 2020 semble être devenu par défaut
le projet le moins cher et le moins risqué à le programme
spatial américain. Georges W Bush devrait appeler pour un
renouveau de l'exploration spatiale du système Terre-Lune
: vol habité vers la Lune, utilisation de lanceurs commerciaux,
lancement de nouvelles sondes lunaires robotiques incluant
des satellites de communications et de navigation, et le développement
d'un véhicule spatial flexible qui sera vraisemblablement
l'OSP (Orbital Space Plane). Le président ne proposera aucun
développement de nouveau lanceur dernier cri, ni de
véhicules spatiaux géants ni de nouvelles navettes
réutilisables.
Au final, une base lunaire pourrait
être créée. Le président devrait insister
sur le développement de nouvelles technologies spatiales
qui relancerait l'industrie, l'utilisation militaire de l'espace
ainsi que le nouveau moteur nucléaire du projet Prometheus.
La navette spatiale américaine jouera un rôle important
en tant que lanceur lourd
automatique (inhabité !) au coté des fusées
Atlas 5 et Delta 4.
Le budget de la NASA ne devrait
pas augmenter de plus de 7% par an à partir de 2006. Une
série d'options a été examinée pour
libérer des budgets pour le vol habité. Il a été
proposé que la NASA transfère ses programmes de recherche
en aéronautique et en science de
la Terre à d'autres agences fédérales. Sean
O'Keefe devrait créer un nouveau directorat, dénommé
Code-X, en charge de l'exploration et qui serait dirigé par
un ancien amiral. Bien que ce nouveau plan soit en grande partie
le travail de Sean O'Keefe, il reste lui-même sceptique sur
la nécessité de continuer le vol habité. La
Maison Blanche, de son coté, écarte les rumeurs d'une
annonce prochaine par le président Bush concernant la reprise
de l'exploration humaine de la Lune. Les lobbies de l'espace sont
moins affirmatifs. Si un Chinois y va (ou se prépare à
y aller) il faudra qu'un américain y retourne
Exploiter
au mieux l'information pertinente
CJ 09/12/03
Après
son résumeur automatique de texte multilingue* (douze langues),
assez exceptionnel, la start-up française Pertinence Mining
propose aujourd'hui le Pertinence Information Network (PIN).
Cette plate-forme de collecte, traitement, diffusion ciblée
et exploitation de l'information permet à tout un chacun
de recevoir par e-mail une alerte (NewsAlert) - à fréquence
fixée et sous forme de lettre d'information - qui recense
les derniers articles pertinents** publiés sur le web en
relation avec ses centres d'intérêt.
Pour cela il aura préalablement suffi à l'internaute
de choisir la (ou les) langue(s) (parmi les douze disponibles) qui
l'intéresse(nt), les mots-clés (mots, noms propres,
expressions, citations, phrases...) en rapport avec ses centres
d'intérêts et les sources d'information consultées
[parmi plusieurs milliers]. Celles-ci peuvent concerner l'édition
classique (médias et grands journaux, communiqués
de presse, dépêches) comme de nombreux sites (par exemples
de chercheurs et de laboratoires***) ou mêmes de particuliers
délivrant des news et s'étant fait connaître
auprès de la société Pertinence (inscription
soumise à contrôle).
Tous
les documents composant la NewsAlert sont accompagnés
de quelques lignes [résumé automatique statique
prédéfini par l'utilisateur (voir image)]. Après
avoir cliqué sur l'article en question, il est aussi
possible d'en obtenir un résumé (longueur paramétrable)
obtenu automatiquement en dynamique. Les phrases les plus importantes
sont surlignées en bleu foncé, le degradé
de couleur montrant les phrases de moins en moins importantes.
Exemple
d'une des arlertes que l'équipe Automates Intelligents
reçoit chaque jour
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)
La
veille effectuée ici sur l'IA concerne des sites
de langue anglaise (NB : la liste des résultats
est en fait bien plus longue que présentée
ici sur l'image (qui ne tiendrait pas sur l'écran),
car s'appuyant sur de nombreux mots clés (IA, artificial
life, cognitive systems, cyborg, robot(s), technology, computer
science...).
D'autres
fonctionnalités sont disponibles sur la plate-forme PIN,
qui vise aussi bien l'Internet que les intranets des entreprises,
et que nous ne détaillerons pas ici. Objectif : mettre à
la disposition des clients des technologies leur permettant d'exploiter
au mieux l'information pertinente disponible, passer moins de temps
à chercher et davantage à exploiter.
Fondée
en 2002 par deux jeunes scientifiques français, Abderrafih
Lehmam (docteur en linguistique informatique) et Philippe Bouvet
(ingénieur en informatique spécialisé en IA
et en recherche opérationnelle), Pertinence mining s'appuie
sur la technologie KENiA® (Knowledge Extraction and Notification
Architecture) développée par les deux experts. Tout
est parti d'un prototype innovant de résumeur automatique
de texte réalisé durant la thèse de doctorat
d'A. Lehman (RAFI : Résumé Automatique par Fragments
Indicateur), dont les fondements sont d'ordre linguistique liés
à l'analyse du discours.
* Pertinence
Summarizer traite divers formats de documents tels que HTML, PDF,
RTF, DOC, TXT... Parmi les douze langues possibles figurent notamment
le japonais, le chinois, le coréen, l'arabe et le russe.
** Textes pertinents car reposant sur un véritable traitement
linguistique du contenu.
*** A la demande d'Automates Intelligents, qui en avait fait la
requête auprès des créateurs de Pertinence,
le système intègre désormais (pour le moment
uniquement en Anglais) des sources d'informations plus particulièrement
dédiées au domaine de l'IA et des robots (choisir
dans l'arborescence des sources, le dossier ENGLISH > Computer
- Technology > AI - Robots). Un dossier spécifique pour
le français, qui inclura notamment des données du
site automates intelligents, sera prochainement disponible.
Le
plus grand nombre premier connu à ce jour
CJ 06/12/03
En
connectant son ordinateur avec un réseau de 200 000 machines
à travers la planète, Michael Shafer, étudiant
en chimie à l'Université du Michigan aux USA, vient
de dévoiler le plus grand nombre premier connu à ce
jour : 2 20 996 011 - 1, nombre composé de quelque
6 320 430
chiffres.
Rappelons que les nombres premiers - couramment utilisés
en cryptographie pour sécuriser les données échangées
sur des réseaux - sont divisibles uniquement par un ou par
eux-mêmes. Si cette définition paraît des plus
simples, personne n'a encore pu déterminer comment ils se
distribuent parmi la suite des entiers.
Pour en savoir plus
Great Internet Mersenne Prime Search (réseau de recherche
de nombres premiers) : http://www.mersenne.org/prime.htm
Création
du JRL, laboratoire franco-japonais en robotique
CJ 02/12/03
Claudie
Haigneré, ministre déléguée à
la Recherche et aux nouvelles Technologies participe le 8 décembre
2003 à la création d'un laboratoire de robotique,
le "JRL" (Joint robotics laboratory) associant le CNRS
(via le département des STIC*) avec l'ISI (Institut des systèmes
intelligents), structure dépendante de l'AIST japonais (Institut
national de la science et des technologies industrielles avancées).
Après le LIMMS (laboratory for integrated micro-mechatronic
systems) consacré aux recherches dans le domaine des micro-nanotechnologies
et créé en 1995, le JRL est le second laboratoire
franco-japonais créé.
Ce
nouveau laboratoire international associé sera basé,
pour le pôle français, au laboratoire de robotique
de Versailles et, pour le Japon sur le site de Tsukuba, technopôle
situé à une soixantaine de kilomètres de Tokyo.
Il couvrira le domaine de la robotique autonome et plus particulièrement
les recherches de base s'intégrant à la plate-forme
humanoïde japonaise HRP-2 (Humanoid Robotics Project) déjà
présente dans les locaux de Tuskuba. Selon Jacques Citerne,
le directeur scientifique du STIC pour ce programme, celle-ci sera
"disponible d'ici un à deux ans sur le site français,
ce qui représente un investissement d'environ 400 000 euros".
Cette plate-forme humanoïde (1,54 mètre de hauteur,
58 kilos, seul robot au monde de taille humaine capable de se coucher
puis de se relever) devrait compter parmi les 4 ou 5 grandes plates-formes
de robotique que le CNRS souhaite implanter à terme sur le
territoire. L'outil d'intégration commun des recherches,
installé aujourd'hui dans les deux pôles du JRL, est
une plate-forme
logicielle (simulateur d'humanoïde) mise à la disposition
du CNRS par l'AIST.
Le programme scientifique - qui a été défini
conjointement par le département STIC du CNRS et par l'ISI
- porte spécifiquement sur : la
coopération homme-robot ; la collaboration multi-robots ;
le contrôle/commande (incluant les architectures et la prise
de décision) ; les différents modes de locomotion
; la perception et la compréhension de l'environnement (pour
la localisation et la cartographie, pour la navigation et l'observation
et pour les actions sensori-motrices).
Créé
pour 4 ans, le JRL est fondé sur un principe de symétrie
pour les moyens financiers, matériels et humains : en 2004,
deux chercheurs titulaires et un postdoctorant japonais seront accueillis
en France, tandis que le pôle japonais recevra deux chercheurs
titulaires et trois postdoctorants français. Les sites consacrent
par ailleurs une vingtaine de milliers d'euros par chercheur pour
couvrir les investissements nécessaires aux activités
de recherche (23 000 euros par chercheur du côté français
et 19000 euros du côté japonais). Ces
sommes viennent en complément de ce qui est déjà
investi dans le cadre du réseau thématique pluridisciplinaire
"Robotique
autonome et communicante" créé en 2003 au
sein du département STIC du CNRS, et chargé de coordonner
l'activité dans ce domaine d'un ensemble de laboratoires
français. Le réseau dispose d'un budget annuel de
l'ordre d'une centaine de milliers d'euros. Rappelons qu'un autre
programme national, ROBEA (robotique
et entités artificielles) a par ailleurs été
lancé par le CNRS en 2001 auquel s'est adjoint l'INRIA (Institut
national de recherche en informatique et en automatique) l'année
suivante. ROBEA a bénéficié d'environ 3 millions
d'euros entre 2001 et 2003.