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La
revue britannique New Scientist, dans son numéro du 28 février
annonce que le chercheur américain Carlos Montemagno et ses
collègues de lUniversité de Californie (Los
Angeles) ont mis au point un nanorobot animé à partir
dun muscle cardiaque de rat. Une première : cette machine,
qui n'est pas plus épaisse quun
cheveu humain - un fil de silicium en arc de voûte au-dessous
duquel sont attachées les fibres cardiaques -,
a pu ramper à une vitesse de l'ordre de 40 micromètres
par seconde. Mais
plus que l'échelle microscopique de ce bio-robot, c'est la
source d'énergie motrice employée ici qui rend cette
information spectaculaire. En effet, pas besoin ici d'électricité
mais de glucose, source d'énergie du muscle. C'est
la contraction
et le relâchement des fibres musculaires qui font que la voûte
se plie, permettant ainsi le mouvement.
A terme, les
chercheurrs espèrent des applications dans le domaine médical.
Un tel système pourrait par exemple aider les patients dont
les nerfs phréniques sont endommagés, et ayant donc
du mal à respirer, en forçant leur diaphragme à
se contracter, sans pour cela avoir recours à des ventilateurs
favorisant la respiration artificielle mais en utilisant les propres
fibres cardiaques du patient.
Placés dans le corps humain, les bio-robots feraient fléchir
un matériau piézo-électrique plutôt qu'un
fil de silicone. L'émission de décharges de quelques
millivolts stimulerait les nerfs phréniques. Et en utilisant
du tissu cardiaque prélevé chez le patient, on éviterait
les risques de rejet.
Des
algorithmes de modélisation numérique du visage pour
une prédiction postopératoire optimale en chirurgie
faciale
CJ 20/02/04
Evgeny
Gladilin, chercheur au département de mathématiques
et d'informatique de l'institut Zuse* de Berlin (ZIB), a développé
un modèle numérique des tissus mous du visage qui
permet de prévoir l'aspect postopératoire du patient
après chirurgie faciale, ainsi que les mouvements musculaires
et les expressions faciales qu'il pourra exprimer.
Il faut savoir que les mimiques conscientes et inconscientes visibles
sur le visage d'une personne constituent des éléments
très importants de communication. Les personnes dont ces
expressions faciales sont réduites à la suite d'une
maladie ou d'un accident ne peuvent communiquer autant d'informations,
et les opérations en chirurgie du visage, de la bouche et
de la mâchoire ne permettent pas toujours de rétablir
ces fonctions. Les travaux du chercheur vont dès lors permettre
d'optimiser les planifications opératoires en trois dimensions
ainsi que les résultats chirurgicaux. Ce modèle numérique
basé sur la méthode des éléments finis
a d'ores et déjà été testé avec
succès sur 11 patients pour lesquels l'aspect postopératoire
a été prédit.
La
première étape de la création du "patient
virtuel" commence par l'obtention d'une image réaliste
de son anatomie. Pour cela, un modèle en trois dimensions
composé d'un quadrillage de plusieurs millions de tétraèdres
est créé a l'aide du programme
de visualisation AMIRA (réalisé par l'Institut
en 1999). Le modèle non linéaire développé
par E. Gladilin permet lui les calculs concernant les tissus mous,
simulant la déformation des tissus du visage lors des opérations
sur les os (raccourcissement ou rallongement de la mâchoire
inférieure par exemple) ainsi que les mimiques du visage
déclenchées par les contractions musculaires.
*
Konrad-Zuse-Zentrum für Informationstechnik Berlin (ZIB)
Projet
de création d'une Agence européenne pour la recherche
fondamentale
JPB/CJ 17/02/04
La présidence irlandaise a organisé à Dublin
les 16 et 17 février un séminaire consacré
à la promotion de la recherche fondamentale pour encourager
la compétitivité. Ce séminaire a été
présidépar la ministre irlandaise Mary Harney, elle-même
présidente du Conseil des ministres européens sur
la compétitivité. Claudie Haigneré, ministre
français de la recherche, avait
demandé à la Commission européenne de faire
des propositions en ce sens.
En
janvier 2004, la Commission européenne a publié une
communication sur l'appui européen à la recherche
fondamentale. Lors du séminaire de Dublin, industriels, scientifiques,
politiques expriment leur point de vue sur :
* L'impact
de la recherche fondamentale sur la compétitivité,
* La vision de la recherche de base en Europe à l'horizon
2015,
* Le besoin d'avoir une initiative communautaire dans la recherche
fondamentale.
La
création d'une Agence européenne pour la recherche
fondamentale, sur le modèle de la National Science Foundation,
pourrait être envisagée.
Ceci
serait une excellente nouvelle, si les Etats pouvaient passer des
intentions aux réalisations dans un bref délai, et
dégager les ressources et l'autorité politique dont
cette Agence aura besoin pour s'imposer aux particularismes nationaux.
On attendra d'elle, également, une intense politique de communication
destinée à convaincre les citoyens européens
de l'importance de la recherche fondamentale.
Ajoutons
qu'il ne faudra pas trop séparer recherche fondamentale et
grands programmes scientifiques et technologiques. On conçoit
aisément, par exemple, que le développement de Iter
ou d'un programme Martien de vols habités fera un considérable
appel aux recherches dites fondamentales.
Avancée
sud-coréenne dans le domaine du clonage thérapeutique
JPB 17-25/02/04
Toute
la presse a parlé de l·exploit d·une équipe
sud-coréenne ayant réussi à obtenir des embryons
humains par clonage à partir desquels on pourra tirer des
cellules souches non différenciées (pluripotentes),
susceptibles de servir à différents usages dans la
thérapie humaine. La technique est celle du transfert nucléaire
(Somatic nuclear transfer). Elle utilise des ovocytes(cellules germinales
féminines) obtenus par stimulation hormonale des fonctions
ovariennes. Chacun a été énucléé
(enlèvement du noyau cellulaire). Le noyau a été
remplacé par celui d·une cellule de la même
donneuse ou d'un autre donneur (c·est-à-dire de la
cellule d·un organisme adulte né d·une fécondation
normale). Il en est résulté des embryons clonés
qui ont été cultivés jusqu·au stade
du blastocyste (une des premières phases du développement
de l·embryon, la blastula succédant à la morula
et précédant la gastrula · le tout ne dépassant
pas quelques dizaines de cellules). A partir de ces blastocytes,
l·équipe sud-coréenne a commencé à
identifier des cellules ·souches pluripotentes. Celles-ci
peuvent être obtenues dans un embryon de 6 jours seulement.
On trouve de telles cellules dans des embryons conçus in
vitro par fécondation artificielle. Mais ces dernières
n·ont pratiquement aucune chance de disposer des caractéristiques
génétiques des futurs patients, d'où la très
grande probabilité de rejet.
Pour
le moment, la procédure proposée par l·équipe
sud-coréenne ne paraît pas encore susceptible d·applications
à grande échelle, notamment du fait qu·elle
oblige à recourir à un grand nombre d·ovocytes.
Ceux-ci ont été obtenus de femmes motivées
par des arguments que certains ont jugés peu acceptables
en Occident. Mais il faut comparer cela aux immenses possibilités
thérapeutiques offertes par le procédé. Il
ouvre en effet la voie sans doute la plus aisée à
la production de cellules-souches pluripotentes embryonnaires, susceptibles
de se transformer en cellules osseuses, cardiaques, nerveuses, sanguines
et autres, utilisables en médecine régénératrice.
Bien
d'autres possibilités sont offertes par le clonage thérapeutique.
Dans un article publié par le NewScientist du 21 février
2004, le Dr Ian Wilmut, chef de l'équipe qui a produit la
brebis Dolly au Roslin Institute près d'Edimbourg, en fait
la liste. Le clonage permettra notamment d'étudier de nombreuses
maladies dégénératives ou orphelines sans avoir
à opérer sur les patients eux-mêmes. Des embryons
clonés à partir de leurs cellules fourniront des cellules-tests
qui permettront d'analyser la maladie ou les traitements sans avoir
à intervenir sur les patients, ceci dans des délais
suffisamment courts pour que les soins soient encore efficaces.
De
la même façon, les cellules obtenues à partir
d'embryons clonés permettront d'étudier l'effet des
nouveaux médicaments sans avoir à les tester sur des
patients - essais dont les résultats sont toujours aléatoires
et potentiellement dangereux. Ian Wilmut ne se dissimule pas que
toutes ces perspectives ne sont pas encore à portée
de main. Il faudra expérimenter longuement et avec prudence.
Mais c'est une raison de plus pour commencer tout de suite. Il est
donc de ceux qui s'indignent des restrictions qui sont mises par
certains gouvernements au clonage thérapeutique. Il va d'ailleurs
demander prochainement aux autorités britanniques l'autorisation
de procéder à ces études.
Tout
ceci montre, selon les défenseurs du clonage thérapeutique,
l·urgence qu'il y aurait de s·affranchir des hésitations
d·ordre idéologique qui empêchent certains Etats
(c'est le cas en France) d·admettre que travailler sur des
embryons de quelques cellules, qu·ils soient conçus
in vitro ou obtenus par clonage, ne met absolument pas en cause
l·idée que l·on se fait de la dignité
de l·être humain. Si atteinte aux droits de l'homme
il y avait, elle viendrait plutôt de ceux qui contribuent
à retarder la possibilité de soins pour les très
nombreux malades qui bénéficieront de ces travaux.
Cela fait déjà deux ans que, dans notre revue, nous
tenons ce langage (voir l'article "Nouveaux
progrès dans la connaissance du rôle thérapeutique
des cellules-souches" dans la page actualité
de août 2001
Le grand public n'imagine pas que les recherches concernant les
nanotechnologies puissent avoir rapidement des conséquences
utiles. Cela semble pourtant être le cas d'une peinture nommée
Ecopaint, développée par Millenium Chemicals, UK,
dans le cadre du programme de recherche européen PICADA (Photocatalytic
Innovative Coverings Applications for Depollution Assessment basé
au Joint Research Center de Ispra et entrant dans le cadre du programme
européen Competitive and Sustainable Growth. N'entrons pas
dans les détails. Retenons simplement que le revêtement
superficiel de nanoparticules de dioxyde de titanium et de carbonate
de calcium absorbe les rayons ultra-violets de la lumière
et s'en sert pour convertir les oxydes d'azote polluants (NOx gaz)
en acide nitrique qui est lavée par la pluie et se disperse
sans conséquences dommageables dans l'environnement. Cela
n'est qu'un exemple de l'usage qui pourra être fait des nanotechnologies
pour lutter contre l'effet de serre et dépolluer l'air et
l'eau.
Propositions
pour le budget européen de la recherche JPB 11/02/04
La commission européenne a présenté le 10 février
2004 ses propositions budgétaires pour lEurope élargie,
sur la période 2007-2013. Lobjectif est daugmenter
dun tiers le budget communautaire, qui passerait de 115 mds
deuros en 2006 à 153 mds en 2013 (soit de 1,11% du
PIB européen à 1,25 % qui correspond au plafond fixé
par les traités).
Rien ne garantit que les Etats suivent la Commission dans ces propositions,
compte tenu de laversion systématique des budgétaires
nationaux à toute idée daugmenter les ressources
européennes. Néanmoins il est intéressant de
noter la part du budget que la Commission propose de consacrer à
la recherche scientifique, jugée prioritaire tant par Romano
Prodi que par Philippe Busquin. Il devrait tripler, passant de 7,7
mds deuros en 2006 à 24 mds en 2003, soit 15% du budget
total. Mais cette somme correspondra à des investissements
très variés destinés à doper la croissance
: éducation, transports, communications et recherche proprement
dite. Ce montant doit être comparé aux 57 mds deuros
de la politique agricole commune en 2013 (en légère
réduction) et aux 50 mds deuros en 2013 (en forte hausse)
consacrés à la politique de solidarité régionale,
dont les nouveaux entrants seront les plus importants bénéficiaires.
Nous avons nous mêmes calculé grossièrement
que si lEurope voulait rattraper son retard face aux Etats-Unis
dans le seul domaine de la recherche scientifique, elle devrait
consacrer à cette activité environ 100 mds deuros
par an de plus dès les prochaines années. Nous avions
inclus dans cette somme la hausse des budgets des agences européennes
de recherche, notamment lAgence spatiale européenne
et lAgence européenne des armements. Les prévisions
de la Commission sont loin du compte. Pour
arriver aux 100 mds de notre estimation, il faudrait que lEurope
accepte
un véritable changement culturel, dans la perspective dune
quasi-guerre pour la survie qui est malheureusement la sienne aujourdhui.
Observons que la solidarité régionale pourrait aussi
bien sexprimer par de grands programmes déquipements
scientifiques et de recherche dans lesquels les nouveaux entrants
joueraient un rôle à part entière. Cela serait
préférable au financement dopérations
immobilières et daménagement parfois détournées
par des intérêts maffieux....
L'ouvrage
"A New Kind of Science" consultable gratuitement en ligne CJ 09/02/04
A
New Kind of
Science, la fameuse bible de Stephen Wolfram sur les automates
cellulaires (plus de 1000 pages et plus de 1000 illustrations) est
désormais entièrement consultable gratuitement en
ligne : http://www.wolframscience.com/nksonline/.
Outils du web oblige, cette version en ligne vient compléter
le livre imprimé car outre les entrées par chapitres,
il est ici possible d'utiliser la recherche textuelle ou la navigation
par entrées d'index. Cerise sur le gâteau : chaque
page du livre original est augmentée de liens renvoyant à
des notes techniques, voire même à des programmes et
images téléchargeables. Merci Monsieur Wolfram.
Pour
en savoir plus
Rappelons notre dossier
réalisé lors de la sortie "papier" de l'ouvrage
(2002)
Record
du monde : des mathématiciens allemands ont réussi
à cracker un nombre de 174 chiffres CJ
07/02/04
Les procédés modernes de cryptographie mathématique
reposent sur le principe qu'il est très difficile de décomposer
des grands nombres en produit de nombres premiers. Si la décomposition
143=11x13 peut être effectuée très facilement,
le problème est presque impossible à résoudre
pour des grands nombres. Jens Franke et Thorsten Kleinjung (Institut
de mathématiques de Bonn) sont cependant parvenus a "cracker"
un nombre à 174 chiffres et de le décomposer en deux
nombres premiers. Un record du monde en la matière les conduisant
à empocher le prix de 10.000 dollars offert dans cette compétition
par la firme RSA Security. Rappelons que le procéde de cryptage
RSA, inventé en 1977 par les chercheurs américains
Ron Rivest, Adi Shamir et Leonard Adleman [et qui repose sur cette
difficulté de décomposition de nombres en produits
de nombres premiers] permet de crypter les données sur internet,
par exemple les numéros de cartes de crédit. Régulièrement,
RSA publie une liste de nombres, les personnes réussissant
à les "cracker" reçevant une récompense.
Celui cracké par les deux chercheurs de Bonn (nombre baptisé
"RSA-576" car comportant 576 bits en écriture binaire)
figurait depuis longtemps sur la liste.
Au lieu d'utiliser un superordinateur pour arriver à leur
fin, les deux mathématiciens ont "simplement" eu
recours à un réseau d'ordinateurs ordinaires, chaque
machines cherchant en parallèle la solution d'une partie
du problème. L'objectif des deux chercheurs est maintenant
d'arriver à décomposer le nombre RSA-640, et cela
dans le courant de l'année !
Signalons
cette sympathique initiative d'Eric Massa, webmaster du site www.actuasciences.com,
qui propose un petit journal gratuit consacré à la
robotique.
N'ayant pas encore de moyens suffisants (journal d'une page recto-verso),
la périodicité de parution n'est pas fixée.
Le n°1, plus particulièrement axé sur les drônes,
est déjà paru. Le n°2 sera bientôt disponible.
L'initiative d'un passionné à encourager...
Ne
plus mourir du cancer en 2015, telle est l'ambition affichée
par le National Cancer Institute (NCI), qui est un des constituant
des National Institutes of Health du gouvernement fédéral
américain. Un article d'Andrew C. von Eschenbach, directeur
du NCI et lui-même atteint de plusieurs cancers, explique
dans USA to-day pourquoi un objectif d'une telle ambition
apparaît désormais à portée. Ce sont
les progrès conjugués de la recherche fondamentale
et de l'instrumentation qui rendent cet espoir crédible.
Encore faut-il, comme le souligne l'auteur, que des crédits
substantiels et continus soient alloués aux chercheurs.
On
sait que le président français Jacques Chirac s'était
fixé un grand programme de lutte contre le cancer. Mais à
part quelques discours, ce programme se traduit actuellement par
la réduction permanente des crédits de l'INSERM et
autres organismes. On mesure la distance entre nos deux pays. Si
les chercheurs émigrent aux USA, on les comprend. Mais on
peut conseiller aussi aux personnes redoutant le cancer d'émigrer
également.
Pour
être honnête, on doit rappeler cependant que le gouvernement
français actuel s'est engagé, contrairement à
tous ses prédécesseurs, dans une lutte contre la consommation
du tabac qui diminuera sensiblement, disent les tabacologues, les
risques de cancer.
Des
chercheurs américains proposent de modifier les génomes
de certains insectes pour les rendre utiles au lieu d'être
nuisibles. Ainsi le moustique qui propage actuellement le parasite
du paludisme pourrait, non seulement ne plus héberger ce
dernier, mais même injecter des médicaments voire des
vaccins à chaque piqure (?). D'autres chercheurs s'inquiètent
de telles perspectives, le risque étant grand de mettre en
circulation des insectes dont la nocivité serait incontrôlable.
Un think tank de Washington, la Pew Initiative on Food and Biotechnology,
vient de produire un rapport sur ces perspectives et leurs possibles
conséquences.
On lira avec intérêt les autres rapports de la Pew
Initiative, disponibles sur son site.
Composants
électroniques du futur
Source Communiqué
de presse CNRS
03/02/04
Le
CNRS annonce le lancement du réseau d'excellence européen
SINANO (Silicon-based Nanodevices) du 6e PCRDT (Programme-cadre
de recherche et de développement technologique). Le lancement
aura lieu les 9 et 10 février 2004 à Grenoble. Ce
projet, consacré aux composants électroniques du futur,
est coordonné par Francis Balestra, directeur de recherche
au CNRS, directeur de l'Institut de microélectronique, électromagnétisme
et photonique (CNRS/INP Grenoble/Université Grenoble 1).
Il permet à la France et à l'Europe de jouer un rôle
leader dans le domaine de la nanoélectronique du futur: un
enjeu industriel et économique majeur pour l'avenir.
Pour
en savoir plus
Communiqués
de presse du CNRS : http://www.cnrs.fr/presse/
Sur les nanotechnologies
du futur, on lira un article de Jack Uldrich (janvier 2004), auteur
de The Next Big Thing is Really Small: How Nanotechnology will
Change the Future of Your Business (Crown, 2003) and président
du NanoVeritas Group, consultant en applications industrielles des
nanotechnologies http://www.techcentralstation.com/012104D.html
La
Creativity Machine de Stephen Thaler JPB 02/02/04
Stephen
L. Thaler est un ingénieur et informaticien reconnu dans
le monde industriel américain. Depuis une vingtaine d'année,
il a développé l'idée qu'en introduisant du
bruit dans des réseaux neuronaux, on pouvait les rendre plus
adaptatifs, c'est-à-dire plus créatifs. Le principe
du bruit générateur de complexité et de création
n'est pas nouveau. On a souvent voulu l'appliquer en psychologie,
de façon à bousculer un peu les neurones de gens enfermés
dans leurs certitudes. Fondamentalement, ce même principe
est à la base du fonctionnement des algorithmes génétiques.
Pour que ceux-ci génèrent en permanence de nouvelles
solutions, il est indispensable de les soumettre à de nouvelles
contraintes.
Mais semble-t-il, Stephen Thaler a systématisé cette
démarche afin de disposer de machines capables d'inventer
des solutions originales aux problèmes que leur soumettent
des clients. Il a créé la société
Imagination Engines inc. pour développer ce qu'il appelle
une Creativity Machine (Machine à créer). Il
en eut l'idée dès 1989 en travaillant chez Mac Donnel
Douglas sur les réseaux neuronaux. Il constata qu'en introduisant
un programme capable de détruire progressivement de tels
réseaux, les portions survivantes généraient
avant de mourir de nombreuses associations originales.
Dans les versions récentes de la Creativity Machine, ce ne
sont pas des programmes visant à détruire les réseaux
de l'intérieur qui sont employés pour exciter la créativité
des réseaux neuronaux, mais des stimulations perturbatrices
judicieusement choisie. La Machine dispose également de modules
d'observation et d'auto-critique intégrés qui sélectionnent
les algorithmes internes les plus aptes à générer
de la complexité et donc de la créativité.
Elle est donc capable de s'améliorer elle-même au contact
d'un environnement donné.
Stephen Thaler utilise ces processus pour doter des robots autonomes
de dispositifs renforçant leurs capacités à
l'auto-adaptation et à l'auto-apprentissage, que ce soit
dans la perspective des explorations martiennes ou au profit de
l'industrie automobile (modules de reconnaissance d'obstacles).
On peut penser qu'il rejoint là les nombreux travaux visant
aujourd'hui à développer des robots autonomes aux
morphologies et aux fonctionnalités différentes. Mais
apparemment il apporte de nouveaux éléments originaux
à ce type de recherches.
Stephen Thaler a breveté la plupart de ses innovations, ce
qui démontre que son sens des affaires est au moins aussi
grand que son imagination scientifique. Il vend de nombreuses applications
à d'importants industriels.