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L'Agence
Spatiale Européenne (ESA) a annoncé le 31 mars 2004
que le spectromètre italien PFS (Planetary Fourier Spectrometer)
présent sur la sonde Mars express avait détecté
du méthane dans latmosphère de la planète
rouge. Celui-ci pourrait être dorigine volcanique ou
bien biologique (bactéries ?). Il est aujourd'hui encore
trop tôt pour savoir exactement d'où provient ce méthane...
Mais s'il s'avèrait qu'il est bien produit par des êtres
vivants, il sagirait de la première détection
indirecte dune forme de vie sur une autre planète que
la Terre.
De
leur côté, à la suite des observations et examens
faits par le robot Opportunity, les Américains ont annoncé
le 26 mars dernier que des étendues deau salée,
propice à la vie, auraient recouvert le sol martien. Selon
les spécialistes géologues qui analysent les informations
reçues à terre, de nombreux rochers observés
proviendraient en effet de la sédimentation deau salée.
Sony
va créer un nouveau laboratoire fusionnant robotique et sciences
cognitives
CJ 23/03/04
D'ici
juin 2004, Sony va créer le laboratoire "Life Dynamics
Laboratory" afin de développer un nouveau robot intelligent
pouvant communiquer de façon naturelle avec ses utilisateurs.
Toshitada Doi, le créateur du robot chien Aibo et chairman
du Sony Computer Science Lab en sera le président. Le laboratoire
devrait compter une vingtaine de chercheurs d'universités
ou d'organisation de recherche public japonais, ainsi que des chercheurs
étrangers.
Son originalité sera de mettre en pratique les avancées
les plus récentes du domaine des sciences cognitives pour
la création d'un nouveau robot, dont la partie matérielle
sera basée sur le robot humanoïde Qrio développé
par Sony.
Les
Jeux Olympiques du robot : Robolympics
JPB 23/03/04
Les
20 et 21 mars 2004 se sont tenus à San Francisco les Jeux
olympiques du robot, organisé par Robolympics, représentant
américain de l'International Robot Olympiad Committee. Il
s'agit d'une sorte de fondation bénéficiant de nombreux
apports de l'industrie et des laboratoires, dont le but est de promouvoir
la robotique, organiser des rencontres entre concepteurs et, surtout,
mettre en place de grandes manifestations susceptibles d'attirer
un large public. Beaucoup de rencontres sont destinées aux
jeunes constructeurs de robots. Les Olympiades ont pris la forme
de nombreuses épreuves collectives et individuelles, accompagnées
de démonstrations. Des prix ont été décernés.
Elles ont mis en scène près de 400 robots et 173 équipes
venus de 11 pays (Amérique du Nord, Asie, Europe). Les 4
pays européens participants n'ont eu aucune médaille
d'or, les USA 24, le Japon 5. L'Allemagne a sauvé l'honneur
européen avec 1 médaille d'argent
Il est inutile d'expliquer en quoi de telles manifestations sont
utiles pour encourager la robotique, tant sur le plan plan de la
recherche qu'en ce qui concerne le soutien que le public peut apporter
à cette science. Aussi, on ne peut que regretter l'absence
de champions français. Mais la robotique est-elle prise au
sérieux chez nous ? Plus généralement, si San
Francisco paraissait trop lointain aux européens, pourquoi
ne pas lancer de telles initiatives de ce côté de l'Atlantique?
Papero
(Partner-Type Personal Robot) est un robot de poche, à face
amicale (friendly) qui utilise la technologie de langage à
langage (speech-to-speech) développée par NEC. Cette
technologie sera reprise ensuite dans un certain nombre d'assistants
personnels visant à faciliter les conversations entre personnes
de langues différentes.
Le projet est conduit en collaboration avec l'aéroport de
Narita, qui vise à être le plus technologique du monde.
Papero, déjà capable de comprendre et imiter le langage
humain, peut désormais traduire les échanges entre
deux interlocuteurs parlant l'un le japonais et l'autre l'anglais,
éventuellement sous des formes familières ou même
argotiques. Il dispose de 50.000 mots japonais et 25.000 mots anglais,
portant essentiellement sur le tourisme et le voyage. Mais son répertoire
pourra être étendu à bien d'autres domaines.
Les utilisateurs peuvent parler dans le système et celui-ci
répond dans un japonais presque parfait. Il dispose d'un
dispositif de reconnaissance vocale, de traduction numérique
et de synthèse vocale.
L'ensemble
pourra être ajouté à des téléphones
mobiles et connecté à des réseaux sans fil.
La qualité de la traduction serait proche de 100%, dans les
limites des dictionnaires utilisés.
Il est inutile d'expliquer le rôle que pourront jouer de tels
dispositifs pour les échanges entre personnes de nationalité
différente, lorsqu'ils se répandront à des
prix acceptables. L'Europe devrait s'intéresser systématiquement
à de telles recherches, pour permettre à ses citoyens
de s'affranchir progressivement des barrières linguistiques.
Toyota
se positionne sur le marché des humanoïdes
CJ 11/03/04
Ce
n'est peut-être pas très original de le réaffirmer
ici : le Japon affûte ses armes dans la lutte pour le leadership
mondial du futur marché de la robotique de nouvelle génération*.
En effet, il n'est plus une entreprise japonaise de renom qui n'investit
sa R&D dans le domaine ou dans les domaines connexes (voir notre
article [en cours de rédaction]). C'est le cas notamment
du constructeur automobile Toyota Motor, qui vient de dévoiler
ce jeudi 11 mars 2004 deux robots humanoïdes - l'un sur jambes
et l'autre sur roues - et a présenté en vidéo
un troisième modèle susceptible de remplacer un jour
la chaise roulante.
Le
premier de ces androïdes, dont les noms restent à trouver,
mesure 1,20m et pèse 35 kg. Lors de la présentation,
il a joué de la trompette (un morceau issu d'un film de Walt
Disney la trompette, activant ses doigts et ses lèvres ayant
une très grande richesse de mouvement, expirant l'air par
la bouche. Capable
de marcher, Toyota l'a présenté comme un assistant
éventuel aux personnes âgées. Le
deuxième modèle, roulant, évoluerait lui parfaitement
sur le sol d'une usine. Le
troisième, doté de jambes articulées, peut
transporter des passagers. Il se manoeuvre avec un levier de commande
manuel.
Développés
en deux ans et demi, ces robots ne sont pas pour l'instant dédiés
à la vente. Ils participeront à une démonstration
d'envergure lors de l'exposition universelle de 2005 a Aichi, où
est situé le siège social de Toyota.
* Marché évalué, sur le territoire du Japon,
à quelque 3,7 milliards d'euros.
Le
Japon investit massivement dans la recherche/développement 10/03/04
Selon
une communication de Michel Israël, conseiller scientifique
à l'Ambassade de France au Japon, en date du 10 mars 2004:
" Les autorités japonaises sont engagées, en
partenariat avec le secteur privé, dans une course de longue
haleine pour faire de l'Archipel une grande puissance de recherche
et développement".
L'accent est mis sur les nanotechnologies, les sciences de la vie
et de l'environnement et les technologies de l'information.
Le premier plan-cadre (1995-2000) prévoyait des crédits
de 17.000 milliards de yens (environ 148 milliards d'euros) pour
la recherche publique, deux fois supérieurs à leur
niveau de 1992. Le deuxième plan quinquennal, inauguré
en 2001, y consacre 24.000 milliards de yens (209 milliards d'euro)
et l'objectif avoué du Japon est de porter les investissements
publics et privés à 3,4% de son produit intérieur
brut (PIB) en valeur à l'horizon de 2006.
L'an dernier, les sommes engagées ont atteint le seuil de
3,18% du PIB (le PIB du Japon était de 3.835 milliards d'euros),
contre 2,12% en France et 2,79% aux Etats-Unis.
Les chercheurs japonais n'ont pas de raison d'être inquiets
sur leur avenir parce que l'engagement de l'Etat est très
marqué dans le domaine de la recherche. Non seulement, les
budgets sont élevés mais, en plus, ils sont en augmentation.
Par conséquent, pas de fuite des cerveaux du pays du Soleil
Levant à attendre.
Qui plus est, le dynamisme des entreprises japonaises, autant dans
les travaux appliqués que dans la recherche fondamentale,
n'a pas d'équivalent. Leur contribution approche aujourd'hui
80% de l'effort d'ensemble, quand elle n'est que de 54% en France
et 66% en Allemagne et aux Etats-Unis.
Enfin un important programme de modernisation et de renforcement
des universités est en cours."
Accord
entre Européens et Américains sur l'exploitation de
Galiléo
JPB 08/03/04
La
Commission européenne a annoncé le 26 février
à Bruxelles l'accord obtenue entre les négociateurs
européens et américains concernant la compatibilité
des systèmes de localisation par satellites Galileo et GPS.
Sur base d'une hostilité profonde des Américains à
voir les Européens développer un rival militaire mais
aussi commercial à GPS, les discussions s'étaient
polarisées sur l'utilisation des bandes de fréquences
dites cryptées à usage stratégique et sur le
droit des partenaires à brouiller les signaux civils dans
une zone déterminée en cas de conflit. Des concessions
réciproques ont été obtenues, dans le détail
desquelles nous n'entrerons pas, car le sujet est technique. Disons
que l'union et la persévérance des négociateurs
européens ont sauvé la mise, alors que l'on avait
pu craindre un moment voir les américains faire un coup de
force diplomatique pour priver l'Europe de l'accès à
cette ressource essentielle, et aux multiples retombées économiques
qu'elle générera. A la date de rédaction de
cette brève, par contre, on ne sait toujours pas l'issue
du conflit qui oppose l'Europe aux Etats-Unis concernant la localisation
du réacteur Iter. On peut craindre le pire. L'enjeu est pourtant
encore plus important qu'en ce qui concerne Galiléo.
De
l'eau a coulé sur Mars et la vie aurait pu y exister CJ 02/03/2004
"Les
conditions passées sur la planète Mars ont pu permettre
la vie", a annoncé Steve Squyres (responsable scientifique
de la mission américaine Mars Exploration Rover), ce mardi
2 mars, révélant que certaines régions de la
planète rouge ont été recouvertes d'eau par
le passé. Les données du robot explorateur Opportunity
montrent en effet que certaines roches présentes non loin
du site datterrissage du robot ont jadis été
imprégnées deau liquide. "C'est le genre
d'endroit qui aurait pu permettre la vie, ce qui ne prouve pas que
la vie y a été présente", relativise
toutefois le scientifique.
Restent maintenant beaucoup de questions concernant la zone de Meridiani
Planum où travaille le robot. À quelle époque
a-t-elle été recouverte deau ? Combien de temps
a duré cette période humide ? S'agissait-il d'un lac
salé ou dun océan ? De quelle profondeur ?
Des questions sur lesquelles planchent désormais léquipe
de scientifiques et dingénieurs qui veille sur Opportunity,
recherchant désormais des indices qui permettraient de fournir
des éléments de réponse.
Succès
du lancement de la sonde Rosetta JPB/CJ 02/03/2004
Saluons
le succès, de la mise sur son orbite définitive de
la sonde Rosetta, ce matin 2 mars à 10h14 . Celle-ci, lancée
par une Ariane 5 G+ (version améliorée de l'Ariane
V "générique"), pour le compte de l'Agence
spatiale européenne (ESA), entreprend son long voyage de
dix ans vers la comète Churyumov-Gerasimenko. Outre l'intérêt
scientifique de cette misson,
il s'agissait aussi d'un rendez-vous important, dans la concurrence
sauvage qui oppose aujourd'hui les lanceurs.
La prochaine échéance sera le lancement d'une Ariane
super-lourde, dans les prochains mois.
Rosetta se mettra en orbite autour du noyau de la comète
en août 2014, à une altitude denviron 25 km.
Elle dressera alors une cartographie détaillée de
la surface et un site sera choisi pour latterrissage du module
Philae. Cet atterrisseur de 100 kg sera largué à environ
1
km daltitude et il se posera à la vitesse dun
marcheur, en raison de la faible force dattraction du noyau.
Celui-ci s'ancrera à la surface du noyau à laide
de deux harpons pour éviter de rebondir. Ses instruments
miniaturisés étudieront les matériaux et la
texture de la surface. Philae devrait fonctionner pendant plusieurs
semaines, transmettant des images de très haute résolution
ainsi que des informations sur la surface du noyau. Ces données
seront retransmises à la Terre par lorbiteur Rosetta,
qui lui, devrait relayer ses observations du noyau de la comète
pendant plus dun an, au moins jusquen décembre
2015.
L'ouvrage
"Le principe de Lucifer 2 - Le cerveau global" d'Howard
Blum est paru en français CJ 01/03/2004
Signalons
(avec un peu de retard) la sortie en français du livre d'Howard
Blum "Le principe de Lucifer2 - Le cerveau global", paru
au Jardin des Livres, fin 2003.
Nous avions fait l'analyse de cet excellent ouvrage lors de sa parution
en anglais, article
auquel nous renvoyons le lecteur.
Signalons également qu'il est possible d'en consulter le
premier
chapitre en ligne sur le site de l'éditeur Jardin
des Livres, ainsi qu'une interview
d'Howard Blum.