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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
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29/06/04 Le programme SPS04
29/06/04 L'émergence de la biologie synthétique
28/06/04 La probable privatisation partielle de l'espace, un bien ou un mal ?
26/06/04 Les neurones dits en fuseau (Spindle) du cortex des primates éventuels responsables de la sociabilité
25/06/04 Le projet Cerebus
24/06/04 Plaidoyer en faveur de la simplification des logiciels et des matériels dans la micro-informatique
23/06/04 L'avion sans pilote Euromale
15/06/04 Le Lemur, un robot grimpeur
14/06/04 L'hypothèse des nanobactéries
09/06/04 Essaims de robots coopératifs
09/06/04 Faisabilité de nanomachines auto-répliquantes
09/06/04 Seizure : le clonage théra-peutique à la Une
 

Juin 2004

Le programme Solar Power from Sun (SPS 04)
JPB 29/06/04


Ce programme, initialement conçu par la Nasa, puis abandonné quand celle-ci dut en 2001 se concentrer sur les navettes et la station spatiale internationale, a été repris par l'Agence Spatiale Européenne (ASE) et la Japan Aerospace Exploration Agency, ou JAXA. Une conférence Internationale se tient sur ce thème du 30 juin au 2 juillet à Grenade, en Espagne. Des scientifiques de la Nasa y participent. L'objectif est d'étudier la mise en place de satellites qui concentreraient sur la Terre des rayons solaires non perturbés par l'atmosphère et l'obscurité nocturne, puisqu'ils seraient en orbite géostationnaire. La transmission se ferait par micro-ondes ou laser vers des stations terrestres situées n'importe où sur terre.

L'ASE et la Jaxa consacrent plusieurs millions d'euros au projet par an. Un fort courant d'opinion, aux Etats-Unis, se fait jour parmi les scientifiques et industriels pour que la NASA revienne dans un programme qui serait indispensable, à la fois dans la perspective d'un recours plus marqué aux énergies solaires, mais aussi dans la perspective d'obtenir de l'énergie pour les missions lunaires et martiennes prévues par le président Bush. Affaire à suivre.

Pour en savoir plus
SPS 04 : http://www.congrex.nl/04c15/
JAXA : http://www.jaxa.jp/index_e.html


L'émergence de la biologie synthétique
JPB/CJ 29/06/04

Le MIT a récemment tenu un premier séminaire dédié à une discipline émergente, la biologie synthétique ou biologie de synthèse. De nombreux projets ont été présentés. Le but de la biologie synthétique est de reproduire les phénomènes naturels afin de mieux les comprendre pour les intégrer dans de nouveaux produits ou composants biologiques, par exemple la création d'organes pour les transplantations ou, ultérieurement, la fabrication d'ordinateurs naturels. Il s'agit donc d'un secteur à la frontière entre la biologie et la Vie Artificielle.

Les produits de la biologie synthétique intéressent directement les biotechnologies. En effet l'objectif principal est d'obtenir des briques de base (BioBricks) qui pourront être utilisées pour faire de l'ingénierie ou de la rétroingénierie des systèmes vivants, comme le fait l'électronique. Le MIT élabore un catalogue de briques de base et un recueil de procédures de fabrication. Beaucoup voudraient, comme les défenseurs des logiciels ouverts en informatique, que ceci soit fait en Open Source. Les informaticiens ne sont pas dépaysés par ces pratiques. Au contraire, ils retrouvent toutes les méthodes qu'ils utilisent pour la conception des systèmes.

On recense actuellement environ 300 biobriques. 800 autres sont en préparation, combinant les précédentes. Un BioBricks++ est en cours de réalisation, qui, comme les programmes orientés objet, permettra de fabriquer rapidement des systèmes complexes en offrant des interfaces standards à tous les segments d'ADN susceptibles d'être combinés en séquences utilisant les enzymes commercialement disponibles.

La National Science Foundation et la Defense Advanced Research Projects Agency soutiennent ces projets en finançant des équipes de recherche universitaires. De son côté, l'Europe s'y intéresse. La Biologie Synthétique est un des trois domaines ouverts par l'Union européenne pour soumettre des projets NEST-Pathfinder.

Pour en savoir plus
Le site de la conférence du MIT : http://conference.syntheticbiology.org/index.html
MIT Synthetic Biology Working Group : http://syntheticbiology.org/
Le BioBriks Catalog du : http://parts.mit.edu/
L'appel à projets du 6e PCRD consacré à la biologie de synthèse : http://www.eurosfaire.prd.fr/nest/documents/pdf/biology.pdf


La probable privatisation partielle de l'espace, un bien ou un mal ?
JPB 28/06/04

On ne peut que saluer le succès inconstestable du SpaceShipOne qui a atteint en 90 secondes l'altitude de 100 km, soit le sommet de la dernière couche d'atmosphère dite thermosphère. L'audace du concepteur Burt Rutan de la compagnie Scaled Composites n'a eu d'égale que celle du pilote sexagénaire Mike Melville. Selon les experts, cet événement inaugure l'ère du spatial commercial à but touristique ou utilitaire. Beaucoup de progrès restent à faire, mais l'évolution est parait-il inéluctable. Elle s'inscrit plus largement dans la volonté de privatiser certaines activités de la Nasa. L'administration actuelle reproche à cette dernière la lourdeur de sa gestion et son manque de réactivité. Mais cette privatisation serait-elle compatible avec le maintien de missions qui seront nécessairement et durablement déficitaires, le projet Lune-Mars ou les missions scientifiques. La Nasa garderait-elle alors ce qui serait non rentable et concéderait-elle au privé les domaines plus ou moins étendus où celui-ci pourrait gagner de l'argent? Ce serait de l'écrémage spatial dont la recherche scientifique désintéressée serait la première à souffrir. L'Agence ne voit donc pas ces perspectives d'un très bon oeil.

On peut penser cependant qu'il y a de la gesticulation, voire de l'intoxication, derrière ces menaces de privatisation. La Nasa est indispensable au gouvernement, notamment au DoD, pour développer discrètement des technologies et des politiques de puissance. Ce ne sont pas des firmes privées qui peuvent le faire, sauf dans le cadre de contrats de sous-traitance ne leur donnant pas beaucoup de liberté. Si nous étions la Nasa, nous ne nous inquiéterons pas trop.

Pour les Européens, cependant, la question de la privatisation partielle de l'Agence Spatiale Européenne sera posée par ceux désirant récupérer des miettes de ses déjà maigres budgets. Décidément, la nécessité de définir une stratégie claire en ce qui concerne la politique spatiale européenne s'impose plus que jamais.

Pour en savoir plus
SpaceShipOne Home page : http://www.scaled.com/projects/tierone


Une affaire à suivre : les neurones dits en fuseau (Spindle) du cortex des primates, éventuels responsables de la sociabilité humaine
JPB 26/06/04

La revue NewScientist du 19 juin 2004 présente les travaux du Pr. John Allman de Caltech. Celui-ci pense avoir découvert, exclusivement dans le cerveau des humains et des grands singes, des neurones particuliers, dits "spindle-shape" (en forme de fuseau), qui joueraient un rôle essentiel dans les activités sociales de l'homme et de ses proches cousins : capacités à aimer, à compatir, à se sentir coupable, à coopérer par empathie… Ces cellules sont en très petit nombre (100.000) et localisées dans 2 aires seulement, le cortex cingulaire et le cortex frontoinsulaire. Elles semblent disparaître dans certaines maladies dégénératives comme Alzheimer. Il s'agit de neurones de grande taille, dont le noyau est de 0,1 mm de long et l'axone long et chevelu. A ce jour, ni John Allman ni les rares équipes qui ont identifié ces cellules n'ont pu caractériser leurs signaux électriques ou chimiques. La façon dont elles agiraient (alors que leur nombre est infime au regard des 100 milliards de neurones du cerveau) reste donc encore à élucider.

En termes d'évolution, on pense que ces cellules ont dû apparaître récemment dans les lignées d'hominiens et être sélectionnées pour les avantages adaptatifs qu'elles apportaient, dans des groupes où la coopération s'imposait d'autant plus que l'autonomie croissante des individus risquait de distendre les indispensables liens sociaux. Cette idée est très intéressante. Rien n'interdirait de penser que le nombre de ces cellules continuerait à s'accroître chez les hommes contemporains, pour les mêmes raisons. Comme quoi (simple hypothèse) le cerveau humain pourrait encore évoluer...

Si cette récherche progressait, elle permettrait de désigner nettement les systèmes neuronaux qui font la spécificité de l'espèce humaine et fondent ses capacités sociales et "morales". De là à envisager de doter les robots d'architectures neuronales équivalentes... il n'y aurait qu'un pas.

Pour en savoir plus
Observatoire de John Allman et présentation de ses travaux sur les "spindle cells" : http://www.allmanlab.caltech.edu/


Le projet Cerebus
JPB/CJ 25/06/04

Projet Cerebus : un casque, posé sur la tête, doté de capteurs permet d'identifier les signaux correspondant à tel ou tel ordre de la volontéVSD, dans son numéro 1400, présente le projet Cerebus du MediaLabEurope (MLE) à Dublin, sous la plume d''Hervé Bonnot dont nous avions déjà signalé le savoir-faire dans l'exposé de questions scientifiques complexes.
Le projet Cerebus vise à permettre la commande d'ordinateurs ou de prothèses en utilisant les ondes émises par le cortex moteur. La grande innovation, par rapport aux expériences sur des primates que nous avions déjà signalées ici, notamment de John Donoghue à l'université Brown et de Miguel Nicolelis à l'université Duke, est de ne pas nécessiter l'implant de micro-électrodes, mais seulement le port d'un casque. Il s'agit d'une technique appelée certainement à un grand avenir. Elle n'est devenue possible que grâce à la sensibilité et la sélectivité des capteurs de micro-flux électromagnétiques disponibles aujourd'hui. Elle suppose aussi des études préalables en imagerie fonctionnelle permettant d'identifier les zones motrices adéquates du cortex, et les signaux correspondant à tel ou tel ordre de la volonté (consciente ou inconsciente). Un apprentissage et un calibrage individuels sont par ailleurs indispensables.

Le managing director du MLE présente ce projet comme un véritable saut dans les techniques d'interfaçage entre le cerveau et les ordinateurs. De nombreuses applications commerciales sont visées, compte tenu des programmes visant à raffiner cette première réalisation.

Le MediaLabEurope est une extension du MediaLab du MIT, ce qui montre une fois de plus la capacité des scientifiques et stratèges américains à tirer profit des ressources intellectuelles européennes. Les recherches en question, aux Etats-Unis, sont en effet principalement financées par la Darpa, qui compte les utiliser pour le pilotage des engins. Le responsable du projet irlandais est le Dr Gary McDarby.

Pour en savoir plus
Les différents projets du MLE : http://mindgames.mle.ie/
Intimate Interfaces : présentation du projet Cerebus et d'autres projets analogues, par Simon Jones, managing director du MLE (PDF, 10 pages) : http://www.medialabeurope.org/brochures/MLEIntimateInterfacesEXT.pdf


Nicholas Negroponte plaide en faveur de la simplification des logiciels et des matériels dans la micro-informatique
JPB 24/06/04

Chacun connaît Nicholas Negroponte, professeur de Media Technology au MIT et ancien directeur du fameux Media Lab du MIT. L'utilisateur informatique de base que nous sommes ne peut donc qu'applaudir quand, dans un article du NewScientist, (5 juin 2004, p. 26) il s'en prend à l'inutile sophistication des logiciels et des micro-ordinateurs. Il rappelle que si la loi de Moore avait été appliquée par les constructeurs aux micro-ordinateurs portables (laptops), ceux-ci devraient aujourd'hui coûter 6 dollars (ceci, soit dit en passant, n'est pas si évident qu'il ne paraît). De plus et surtout, dit-il, les logiciels vendus aujourd'hui sont infiniment plus lourds et plus coûteux que ceux utilisés au début de la micro-informatique, sans donner à l'utilisateur le moindre gain de productivité supplémentaire, ceci parce que chaque nouvelle version accumule de nouvelles spécifications et options que personne ne demande. Si bien, dit-il, que lui, Nicholas Negroponte, en 6 heures par jour et 365 jours par an de travail sur son ordinateur, estime faire la même quantité de tâches qu'il faisait en 1979 sur son Sony Typecorder.

Cette course à la sophistication inutile, qu'il baptise du néologisme de "featuritis", se rencontre aussi, dit-il, dans les téléphones portables et plus généralement tous les outils technologiques. Il voudrait donc que les utilisateurs fassent pression pour obtenir des versions simplifiées et stables tant des matériels que des logiciels. Mais comme de telles solutions seraient bien moins chères, il doute que les industriels acceptent de les produire et les commercialiser.

Cet article, plein de bon sens, provoque cependant de l'étonnement. Quand on est un ponte, c'est le cas de le dire, de l'informatique, mondialement écouté, comment se fait-il qu'on n'essaye pas de faire pression sur les industriels pour qu'ils répondent enfin à ces exigences ? L'article que nous citons est quasi-psychédélique. Pas une fois il ne cite Microsoft, pas une fois il n'évoque les logiciels libres. Pas une fois il n'incite les utilisateurs désirant s'affranchir des producteurs à prendre en mains leur destin. Pas une fois il n'évoque le fait que la brevetabilité des logiciels, que les Etats-Unis sont en train d'imposer à l'Union Européenne, fait le jeu des entreprises (américaines) qui dominent ce marché au détriment des utilisateurs et pour le plus grand profit du Pentagone, grand écouteur devant l'éternel.
Pour nous Européens, cet article de Negroponte devrait être un argument de plus pour refuser la brevetabilité des logiciels et développer un projet comme celui que nous préconisons, un European Joint Open Source Project, au profit des utilisateurs finaux. Mais peut-on encore y croire ?


L'avion sans pilote Euromale
JPB 23/06/04

Ce nom est peut-être mal choisi, à une époque où l'on prescrit toute manifestation de sexisme(1), mais il signifie Moyenne Altitude Longue Endurance. C'est le programme du futur drone que Dassault et EADS viennent de décider de lancer en association, sous l'égide du ministère de la défense français. L'objet annoncé n'est pas d'en faire un produit seulement français, mais une plate-forme de coopération européenne, en associant d'autres constructeurs autres que ceux déjà membres du consortium européen EADS.
Saab, Ericsson, Fokker, Finmeccanica, notamment, ont été contactés. On sait que par ailleurs l'Israélien IAI a été appelé à apporter son expérience technique au projet, qui coûterait 300 Mns d'euros pour un chiffre d'affaire de 3 Mds vers 2012. Un prototype devrait être livré vers 2008. On peut penser qu'il s'agit là d'une réalisation concrète allant dans le bon sens, celui de la constitution non seulement d'une Europe de la défense, mais d'une industrie européenne de défense autonome.

Les drones sont des extrapolations professionnelles des modèles réduits d'avions qui font depuis presque un siècle la joie des jeunes et moins jeunes. Leurs applications sont principalement militaires ou intéressant la sécurité civile et l'exploration géographique. Un des premiers drones a été la "bombe volante" allemande V1, dont les capacités d'auto-pilotage étaient minimum. Bien plus sophistiqués, les missiles de croisières modernes sont au contraire capables d'effectuer de longs vols sans pilotage (même à distance) en se repérant seuls sur un territoire qui a été numérisé à l'avance afin de leur donner des références cartographiques précises.
Les drones peuvent être soit des avions classiques (à hélice ou réaction), soit des hélicoptères, soit éventuellement des ballons dirigeables. Comme ils sont très vulnérables, on peut envisager de les faire opérer à plusieurs. En ce cas, ils coopèrent de façon "intelligente". Un certain nombre de projets visent à les miniaturiser, jusqu'à la taille d'insecte. Leur fonctionnement en essaim sera alors particulièrement utile.

Les missions visent en priorité l'observation. Mais ils peuvent aussi délivrer des charges offensives ou à finalité pacifique. Avec la miniaturisation progressive des instruments d'observation, ils pourront devenir de véritables plate-formes d'observation et d'analyse multi-fonctions, se tenant ou non en relation temps réel avec leur base.

Les difficultés que doivent résoudre les drones tiennent à l'alimentation en énergie, pour les petits modèles qui ne peuvent embarquer beaucoup de carburant. Mais elles sont surtout relatives au pilotage - surtout quand les drones abordent des zones de navigation fréquentées. Le pilotage à vue par télécommande, pratiqué sur les modèles réduits, n'a que peu d'applications pratiques. Il faut que le drone soit suivi à distance, par exemple grâce à un répondeur radar, et qu'il puisse conserver en permanence, sans brouillage, la liaison avec le centre de contrôle. La localisation du drone ne pose pas de difficultés particulières, avec le GPS, encore faut-il que celui-ci ne soit pas brouillé. Signalons que, sur les territoires non couverts par le GPS et non cartographiés (par exemple sur une planète) on expérimente une technique complexe dite SLAM, localisation et cartographie simultanée, qui historiquement fut celle des premiers navigateurs non dotés de cartes marines fiables.

Les drones sont de bons candidats pour embarquer les systèmes de pilotage " conscients " que l'on étudie actuellement en vue d'en doter les robots autonomes qui auront pour mission de se comporter comme le feraient des équipages humains, là où la présence de ceux-ci n'est pas possible ou pas souhaitée. Ces systèmes, dits " cognitive systems ", font l'objet d'investissements importants de la part du ministère de la défense américain et de la Nasa. L'objet est d'avoir un automate non seulement capable de calculs sophistiqués, mais capable de se représenter lui-même, d'avoir des sensations et des sentiments (par exemple la peur, mère de la sureté). Dans ce cas, il pourra veiller lui-même à sa survie et au bon accomplissement de sa mission. Il est indispensable que l'Europe ne se tienne pas en retrait de tels développements, dont les retombées seront considérables.

(1) Si vous cherchez sur euromale.com, vous trouverez tout autre chose que des drones. Le site à consulter est celui de EADS : http://www.eads.net/


Le Lemur, un robot grimpeur
J
PB/CJ 15/06/04

Le Joint Propulsion Laboratory et l'université de Stanford développent actuellement un robot grimpeur, le Lemur, destiné principalement à escalader les parois rocheuses de Mars ou d'autres planètes, ce que ne peuvent faire les robots actuels. Le robot pourra aussi être utilisé en milieu urbain. Le Lemur, conçu par le chercheur Timothy Bretl, est doté de quatre membres articulés qui reproduisent les mouvements d'un grimpeur humain, en s'accrochant aux aspérités disponibles. Il est destiné à devenir intelligent, c'est-à-dire à s'adapter aux types de parois auxquels il s'attaque, grâce à des caméras et des capteurs de toucher alimentant un logiciel de calcul de trajectoire optimisée. Il devra aussi, comme un véritable grimpeur, se rétablir en cas de prise défaillante.

Pour en savoir plus
Le site de Tim Bretl :http://sunvalley.stanford.edu/~tbretl/research.html


L'hypothèse des nanobactéries
JPB 14/06/04

Qu'est-ce qui définit la vie ? On répond généralement : la capacité de se reproduire. Mais les virus ne peuvent se reproduire seuls. On considère que pour disposer de l'ADN et des protéines nécessaires, une cellule doit avoir une taille d'au moins 140 nanomètres. Cependant des équipes pensent avoir identifié des nanobactéries, ou l'équivalent, de taille inférieure à 100 nanomètres, doté d'ADN et capable de se multiplier dans un milieu de culture. Il s'agit de John Lieske et d'une équipe basée dans la clinique Mayo, à Rochester, Minnesota. Ces nanobactéries vivraient dans les calcifications pathologiques des artères et valves cardiaques humaines. En 1998, une équipe de l'Université de Kuopio en Finlande avait annoncé la présence de nanobactéries dans les calculs calciques (apatite) responsables de coliques néphrétiques. Un scepticisme général a accueilli ces annonces. Mais les expériences se poursuivent, notamment pour identifier les ADN dont la présence a été annoncée.

Si l'hypothèse se vérifiait, elle donnerait raison aux médecins qui tel le Pr Paul W Edwards, fondateur de la "médecine évolutionnaire", pensent que de nombreuses maladies humaines aux causes inconnues sont causées par des parasites non encore identifiés (voir notre notre article).
Mais sur le plan épistémologique, elle a l'intérêt de rappeler que des concepts tels que la vie ne correspondent pas à des essences existant en dehors de l'homme, mais sont construites. Il ne convient donc pas de rejeter a priori toutes les nouvelles entités-objet (pour reprendre l'expression de Mme Mugur-Schächter) susceptible d'enrichir et diversifier non seulement le concept mais la façon dont en pratique la science humaine se comporte à l'égard des manifestations du présumé-vivant. Inutile de dire que le même débat fait rage à propos des molécules-prions, mieux connues que les nanobactéries.

A titre méthodologique, on distinguera évidemment les entités réplicantes de l'ordre du biologique de celles pouvant être réalisées par l'homme dans le domaine de l'artificiel (nanotechnologies ou programmes informatiques). Mais celles-ci feront sans doute apparaître que des homologues existaient déjà dans la nature, par exemple d'éventuels cristaux réplicants.

Pour en savoir plus
Article: NewScientist, 22 mai 2004, p.6
John Lieske. Travaux en cours : http://mayoresearch.mayo.edu/mayo/research/staff/lieske_jc.cfm
Zapping. Estan vivos ? : http://axxon.com.ar/zap/217/c-Zapping0217.htm (bon article, en espagnol) Zapping est une publication de Axxon, dont le statut est incertain, entre science et science-fiction. Une visite s'impose, au moins à titre d'information générale.


Essaims de robots coopératifs
JPB 09/06/04

Les applications reposant sur la coopération de petits robots autonomes travaillant en coopération sans contrôle humain direct sont de plus en plus à l'ordre du jour. On peut en citer deux. La première est menée au sein de i.Robot, la firme de Rodney Brook. Il s'agit d'un contrat destiné à la défense, visant à produire des essaims d'éventuellement plusieurs centaines de petites machines destinées à différents usages militaires: explorer et le cas échéant désarmer un champ de mines, nettoyer des immeubles susceptibles de recéler des embuscades, etc. Le projet exploite les idées d'un certain James McLurkin, qui s'est spécialisé dans les intelligences réparties simples exploitant l'exemple des insectes sociaux.

La deuxième application, destinée à la Nasa, vise à réaliser des nuages de robots capables de travailler dans l'espace, par exemple pour assembler sans personnel humain de grandes structures, pouvant à terme dépasser les 10 kms de long. L'originalité de ce projet est que les robots doivent se déplacer en apesanteur, ce qui leur retire tous les contacts avec des repères fixes de type terrestre. Le projet expérimente pour ce faire des robots travaillant sur un coussin d'air. Ce projet a été présenté par l'équipe de Wei-Min Shen de l'Université de Californie du Sud à l'International Conference on Complex Systems 2004 qui s'est tenue le mois dernier à Boston,

Pour en savoir plus
Le projet de i.Robot. Article de Fortune :
http://www.fortune.com/fortune/print/0,15935,643751,00.html

Le site de James McLurkin : http://www.ai.mit.edu/people/jdmac/
Les robots sur coussin d'air. Article de Nature : http://www.nature.com/nsu/040524/040524-9.html


Faisabilité de nanomachines auto-répliquantes
JPB 09/06/04

Une étude de 6 mois apparemment très complète de General Dynamics Advanced Information Systems réalisée pour le compte de la Nasa (Institute for Advanced Concepts) vient de proposer le concept d'un "kinematic cellular automata" ou automate cellulaire doté de capacités de réplication. Il s'agit d'un système reconfigurable composé de nombreux modules identiques, susceptibles de se reproduire sur le mode du vivant. Ceci pourrait permettre la production en masse dans une dizaine d'années de composants moléculaires pour robots, écrans de visualisation , circuits intégrés, programmables à la demande. Le développement envisagé respectera les consignes de sécurité préconisées par le Foresight Institute et destinées à éviter la prolifération accidentelle de tels composants.
L'étude, disponible sur le web, est particulièrement intéressante du fait des nombreux parallèles qu'elle propose entre les systèmes répliquants artificiels et les systèmes vivants.

Pour en savoir plus
L'étude de GDAIS : http://www.niac.usra.edu/files/studies/final_report/pdf/883Toth-Fejel.pdf
GDAIS : http://www.gd-ais.com


Seizure. Le clonage thérapeutique à la Une
JPB 09/06/04

Nous avons souvent ici noté le talent de la société américaine en général et de ses auteurs dramatiques en particulier pour se saisir de sujets scientifiques pointus afin d'en faire des sujets de films ou de romans destinés au grand public. L'intérêt est triple : renouveler les thèmes au rythme rapide du progrès scientifique, sensibiliser les lecteurs à des questions de grande actualité politique ou sociétale et finalement donner la parole à tel ou tel groupe d'intérêts qui s'estiment mal desservis dans l'opinion par les responsables publics. Seizure [Pan Books, 2003] le nouveau roman de Robin Cook, auteur bien connu de thrillers médicaux, est typique de cette démarche. Il met en scène un couple de chercheurs en biotechnologies ayant développé une technique innovante permettant d'obtenir des cellules-souches embryonnaires à but thérapeutique. Faute du soutien de leur laboratoire universitaire, ils ont fondé une start-up. Mais celle-ci se heurte à différentes difficultés, notamment l'opposition politique d'un sénateur conservateur qui s'inscrit de façon outrageusement démagogique dans la prohibition, encore en vigueur aujourd'hui aux Etats-Unis, de telles recherches.

Cependant il se trouve que ce sénateur se découvre atteint de la maladie de Parkinson et que l'implantation de cellules souches susceptibles de se substituer aux neurones dopaminergiques qui lui font défaut pourrait le guérir. Après de nombreuses aventures, le sénateur accepte de se faire soigner aux Bahamas, dans une clinique expatriée pour échapper aux lois américaines et dont le sérieux chirurgical n'est pas tout à fait assuré. L'histoire finit mal en ce sens que le sénateur est victime d'un accident cérébral post-opératoire, n'ayant rien à voir d'ailleurs avec le clonage, qui entraîne sa mort et celle du chercheur. La morale de l'histoire, lourdement (et à juste titre, selon nous) soulignée par l'auteur, est que proscrire les essais thérapeutiques sur les cellules souches pour des raisons d'ordre moral est désastreux, d'autant plus que cela ouvre la voie à des pratiques clandestines encore plus dangereuses.

On ne sait si les conseillers en bioéthique du président Bush ont lu ce livre. En tous cas, la politique de l'administration fédérale reste bloquée encore aujourd'hui sur le refus du clonage thérapeutique, comme est l'est dans de nombreux autres pays. L'auteur propose en contre-exemple la pratique britannique, beaucoup plus ouverte, conduite sous l'égide de l'Human Fertilization and Embryology Authority, HFEA, créée en 1991.

Observons que l'actuel ministre de la recherche français, François d'Aubert, vient de s'adresser au Sénat, dans le cadre de la préparation de la loi de bioéthique, en recommandant fortement la levée des mesures restrictives concernant le travail sur les cellules souches embryonnaires. Cette position s'inscrit dans un mouvement général de la recherche européenne, soutenu par l'appel d'offres en cours lancée par la Commission. Il faut espérer que les dernières résistances opposées à ces perspectives vont disparaître. Voir http://www.recherche.gouv.fr/discours/2004/dloibioethique.htm
Des biologistes de haut niveau, venant des Etats-Unis, de la Corée du Sud, d'Australie et du Royaume uni, adressent la même demande aux Nations Unies. Ils demandent à distinguer le clonage reproductif, à proscrire, du clonage thérapeuthique. Voir article http://story.news.yahoo.com/news...._un_dc

Pour en savoir plus
HFEA http://www.hfea.gov.uk/Home
Sur Seizure http://www.medical-thriller.com/seizure.html


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