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20/07/04 Un manque de transparence à l'Agence Spatiale européenne ?
19/07/04 I, Robot
04/07/04 Le robot d'exploration martienne SQYMER
 

Juillet 2004

Un manque de transparence à l'Agence Spatiale Européenne ?
JPB 20/07/04

On a beaucoup glosé sur le manque de transparence de la gestion de la NASA, qui a été en partie responsable de sa perte de popularité, suivie de la baisse de ses crédits et des projets de privatisation de certaines applications. Mais les spécialistes européens de l'espace reprochent à l'Agence Spatiale Européenne le même défaut, à une toute autre échelle il est vrai. Ceci vient du fait que l'échec de l'atterrisseur martien Beagle 2, largué sans succès par la sonde européenne Mars Express (laquelle, heureusement, se porte bien) n'a pu être clairement expliqué. On a reproché aux britanniques, presque exclusivement impliqués dans ce projet, d'avoir refusé une enquête ouverte. En fait, une commission d'enquête a été mise en place. Elle a critiqué le management du projet, le manque de tests et surtout le manque de temps et d'argent. Elle a fait 19 recommandations visant à éviter le renouvellement de tels échecs. Mais le rapport complet n'a pas été rendu public. C'est dommage. Il est évident que l'ASE-ESA n'obtiendra le soutien des opinions et des gouvernements que si elle démontre en permanence, comme elle l'a fait, dans d'autres programmes, son excellence gestionnaire.

L'échec de Beagle 2, comparé au succès à ce jour du tandem américano-européen Cassini Huygens sur Saturne et Titan, a permis aux analystes de rappeler que l'on ne peut faire du spatial sans d'importants moyens financiers, beaucoup de temps de développement et de tests complétés d'une excellente gestion coopérative. C'est ce dont avait bénéficié ce dernier programme Cassini, avant que la NASA ne s'engage il y a quelques années dans une politique jugé aujourd'hui désastreuse, dite du moins cher, plus vite et plus efficace, qui n'a guère fait ses preuves.

Il faut se souvenir de cette nécessité, lorsque l'on discute au niveau des gouvernements européens des budgets de l'ASE. Rien ne sert de vouloir faire des économies si celles-ci mettent en danger l'essentiel des missions.

 


I, Robot
JPB/CJ 19/07/04

Les américains, nous ne cessons de le dire dans cette revue, ayant quelques années d'avance sur le reste du monde en matière de sciences de l'artificiel, ont également quelques années d'avance dans la façon d'en tirer des films et des romans, ce qui leur permet, non seulement de s'affirmer aux yeux du grand public comme les leaders de ces domaines, mais de gagner des millions de dollars. Ceci leur permet aussi, sous couvert de science-fiction, de développer des philosophies parfois contestables, parfois intéressantes, qui ont en tous cas l'avantage de renouveler le genre. Parmi ces philosophies, on retrouve de façon récurrente la peur du futur que semblent préparer les nouvelles technologies. Nous ne sommes pas certains en ce qui nous concerne que cette peur, héritée chez eux sans doute de vieilles métaphysiques, soit la meilleure façon d'envisager l'avenir. Mais elle a le mérite de permettre d'engager des discussions*.

Affiche du film  I, RobotC'est en tous cas une telle peur qui inspire le nouveau film d'Alex Proyas, I, Robot, qui serait déjà un grand succès dans les pays où il a été présenté. Le film - dont le titre est inspiré du titre de la collection parue en 1950, groupant neuf nouvelles d'Isaac Asimov** - se situe en 2035, dans un monde urbain ou se côtoient les humains et les robots. Ceux-ci semblent inoffensifs et utiles, se complaisant dans les tâches ménagères. Mais l'inspecteur de la criminelle Del Spooner est inquiet. Il suppose que les esclaves robotiques, analogues à ceux de l'ancienne Rome, commencent à se révolter sous leurs enveloppes de titanium. On le rassure en lui affirmant que les robots sont inoffensifs et que, de toutes façons, ils ont été construits pour respecter les 3 règles de la robotique, posées par Asimov, dont notamment celle de ne pas faire de mal aux humains. Cependant un expert de la firme U.S. Robotics, pressent l'existence de "fantômes dans la machine", provoqués notamment par des erreurs de programmation. Tout peut alors arriver - y compris la disparition des humains analogue à celle des Néandertaliens devant Homo Sapiens.

Robot (modèle NS-5 ) Le film fait appel aux combats de robots et autres scènes spectaculaires, mais il pose aussi, non sans un peu de naïveté pardonnable, la question de l'intelligence et de la conscience dans les machines. Il a un bien plus grand mérite, nous montrer que cet avenir annoncé est pour demain, du fait de ce que Ray Kurzweil a nommé le développement exponentiel des ressources en composants et en logiciels. Quand on évoque ces perspectives si proches en France, nul ne vous prend au sérieux. Le film possède au moins cette qualité, ne pas sous-estimer les perspectives des sciences de l'artificiel - artificiel dont les limites d'avec le réel actuel, notre réel, seront de plus en plus indistinctes.

*De nombreux experts en robotique (et notamment de firmes telles que Honda ou Sony) s'inquiètent d'ailleurs des effets négatifs que peut avoir ce genre de film sur le public en présentant l'IA comme quelque chose de vraiment dangereux. Ceci pourrait d'ailleurs avoir des implications sur la vente des robots de loisir dans le commerce...
** Rendons à César ce qui lui appartient : "I, Robot" est en fait le titre d'une nouvelle parue dès 1939, sous la plume d'Eando Binder (Earl and Otto)... C'est l'éditeur d'Asimov qui a eu l'idée de reprendre ce titre, d'ailleurs contre l'avis du célèbre auteur...

Pour en savoir plus
I, Robot http://www.irobotmovie.com/ (sur 7.780.000 de références à ce jour!



Le robot d'exploration martienne SQYMER
JPB 04/07/04

Le robot SQYMERIl s'agit en fait d'un robot à échelle 1/2 réalisé par le club MAGNITUDE 78 en vue de la prochaine «Fête de la science», qui se déroulera au mois d’octobre 2004. Celui-ci reprend en les simplifiant certaines des fonctions des robots "Spirit" et "Opportunity" de la Nasa.
SQYMER signifie simplement "St Quentin en Yvelines Mars Exploration Rover". MAGNITUDE 78 est le club d'astronomie de St Quentin en Yvelines. Le voici ainsi devenu aussi un club de robotique. Toutes nos félicitations pour cette belle initiative, qui devrait inspirer des centaines, voire des milliers de successeurs. On trouvera tous les renseignements techniques concernant l'engin sur le site http://www.astroclub.net/mars/magnitude78/SQYMER/


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