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28/01/04 Bientôt un laser à rayons X européen ?
24/01/04 La numérisation des fonds des bibliothèques européennes
15/01/04 Succès européen pour la sonde Huygens
10/01/04 Etonnante convergence interne entre le cerveau humain et le réseau Internet
10/01/04 Les nouveaux robots industriels de Toyota
08/01/04 Connaître David Lane
06/01/04 Un quasi-sonar bactérien
05/01/04 Les technologies de l'information, moteur de l'innovation dans l'Union Européenne
 

Janvier 2005

Bientôt un laser à rayons X européen ?
CJ 28//01/05

Les représentants de neuf pays européens (Allemagne, Espagne, France, Grèce, ltalie, Pologne, Royaume-Uni, Suède et Suisse) ont signé le 24 janvier 2005 un protocole d'accord posant les fondements de la construction du laser à rayon X européen, le XFEL (X-ray free-electron laser).
Selon ce protocole, les pays concernés s'engagent à adopter des propositions concernant des calendriers et des plans de financement détaillés, la structure organisationnelle futur, la technique utilisée et le fonctionnement de l'infrastructure du XFEL.
Cette déclaration d'intention ne constitue pas encore un engagement formel, mais "nous sommes persuadés que ces pays prendront également part aux travaux de construction", a déclaré Hermann Schunck (ministère fédéral allemand de l'éducation et de la recherche), président du comité de direction du XFEL. À l'aide d'impulsions ultra-courtes et très brillantes de rayons X dont les propriétés sont proches de celles du laser, les chercheurs seront en mesure de filmer des processus moléculaires et atomiques. Un tel outil devrait donc donner lieu à bon nombre de nouvelles pistes de recherche et déboucher sur des avancées significatives non seulement dans le secteur de la recherche structurelle, mais aussi dans un vaste éventail de disciplines allant de la physique et de la chimie à la science des matériaux, en passant par les nanotechnologies, la recherche géologique et les sciences de la vie...

Basé en Allemagne, le XFEL devrait être opérationnel d'ici 2012, pour un coût global jusqu'à cette date de quelque 908 millions d'euros.

Pour en savoir plus :
Voir : http://xfel.desy.de/content/e169/index_eng.html


La numérisation des fonds des bibliothèques européennes
JPB 24/01/05

Jean-Noël Jeanneney est président de la Bibliothèque Nationales de France et de l'association Europartenaires (http://www.europartenaires.net/). Il vient de publier dans Le Monde du 23/24 janvier 2005 un article par lequel il s'inquiète de voir Google s'engager à prendre en charge la numérisation en quelques années de 15 millions d'ouvrage (Quand Google défie l'Europe). Cet accord a été conclu avec la New York Public Library et les universités de Stanford, du Michigan, de Harvard et d'Oxford. Les textes tombés dans le domaine public seront publiés in extenso, les autres seront présentés par des résumés destinés à les valoriser.
La crainte légitime de l'auteur est que de cette façon le choix des documents privilégie, volontairement ou de fait, toutes les sources anglo-saxonnes et anglophones, au détriment des autres, notamment européennes. Ceci se traduira par la prévalence des vues américaines et anglaises sur l'histoire du monde et de l'Europe elle-même. Il ne s'agit pas hélas d'un procès d'intention quand on sait comment déjà, dans le domaine encore plus important de la documentation scientifique, les éditeurs papier ou en ligne privilégient les articles provenant de chercheurs américains ou anglais (il est très facile d'identifier un article écrit en anglais par un étranger, même sans connaître l'auteur, ceci afin de mettre à l'écart).

Cette situation de domination culturelle est évidente et a depuis longtemps été dénoncée par les défenseurs des cultures nationales. Mais rien n'a jamais été fait. En France, par exemple, les quelques audacieux qui avaient conçu des moteurs de recherche capables techniquement de concurrencer les Google et autres Yahoo se sont heurtés à l'indifférence générale. Ils n'ont jamais reçu la moindre aide des ministères compétents. Les institutions, de leur côté, prêtent des oreilles complaisantes à des firmes comme Microsoft qui leur proposent (gratuitement ou presque !) de numériser leurs fonds documentaires. C'est ce qui s'est passé avec Corbis en ce qui concerne les archives photographiques (http://pro.corbis.com/). Quand on sait l'importance que prennent les images dans les nouvelles créations, voir Microsoft acquérir des licences étendues dans ce domaine révèle l'irresponsabilité de ceux qui entrent dans cette mécanique.

Pour sa part, Jean-Noël Jeanneney semble désireux de réagir. Il propose d'abord que la BNF puisse être aidée par des subventions de l'Etat à développer sa bibliothèque virtuelle, qui constitue en effet une oeuvre remarquable. Mais le budget qui lui est alloué est le millième de celui annoncé par le projet de Google. Il faut faire plus, et à l'échelle du Continent. Ceci rejoint les propositions que nous avions faites ici même concernant le rôle que les institutions européennes devraient assumer pour protéger la culture européenne. La première chose à faire est dans ce but d'en sauver les sources et de les rendre disponibles au monde entier, gratuitement, par le biais des réseaux numériques. Mais il faut consentir quelques budgets publics pour cela, budgets qui d'ailleurs, comparés à ceux d'autres actions européennes, n'auraient rien d'exorbitant.

Peut-on espérer que désormais Jean-Michel Jeanneney mettra son grand prestige personnel au service d'une cause aussi essentielle à l'avenir de l'Europe ?


Succès européen pour la sonde Huygens
CJ/JPB 15/01/05

Premier cliché réalisé à la surface de Titan - Les blocs sont vraiemblablement constitués de glace - Image : ESASept ans après avoir quitté la Terre, la sonde européenne Huygens s'est posée sans encombre sur Titan, le plus gros satellite de Saturne, situé à quelque 1,5 milliards de km de notre planète : "un succès fantastique pour l'Europe", estime Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA).
Les premières images révèlent une surface qui semble "boursouflée" et parcourue de réseaux dendritiques évoquant des écoulements. De même, de vastes zones sombres semblent recueillir le produit de ses écoulements et font penser à des lacs. Toutefois, les scientifiques soulignent la difficulté d'interpréter ces images tant que les données ne sont pas plus dépouillées.

L'ESA devrait en profiter pour mieux faire valoir ses grandes qualités auprès de l'opinion et des gouvernements. Elle a notamment en portefeuille Aurora, programme d'exploration de la Lune et de Mars, qui mériterait d'être soutenu, indépendamment de ce que pourront faire ou ne pas faire les Etats-Unis. Dans un tel programme, une coopération avec la Nasa pourrait être envisagée, mais sur un pied d'égalité, ce qui n'est absolument pas à l'ordre du jour actuellement dans l'esprit des responsables américains.

Pour en savoir plus :
Site de l'ESA - sonde Huygens : http://www.esa.int/esaCP/index.html
Le projet Aurora de l'ESA : http://www.esa.int/export/esaMI/Aurora/
Voir aussi More about Aurora :
http://www.esa.int/export/SPECIALS/Aurora/SEMZOS39ZAD_0.html


Etonnante convergence interne entre le cerveau humain et le réseau Internet
JPB 10/01/05

Des observations du cerveau sain en Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle, conduites conjointement sous la direction du Pr Dante Chialvo à la Northwestern University Feinberg School of Medicine, USA, à l'institut IMEDIA de Mayorca, Espagne et chez IBM (.J. Watson Research Center, Yorktown Heights) ont fait apparaître un phénomène surprenant.

L'objectif de la recherche consistait à visualiser le cerveau humain en fonctionnement comme un réseau massif, complexe et interagissant, gouverné par quelques principes dynamiques simples. L'observation par IRM a identifié des dizaines de milliers de zones cérébrales discrètes formant un réseau présentant les mêmes caractéristiques que d'autres réseaux complexes connus, celui de l'Internet ou ceux formés par les relations sociales.
Chaque séance d'enregistrement a montré des centaines d'images consécutives de l'activité du cerveau décomposée en milliers de petits cubes (voxels) . L'intensité d'image de chacun de ces cubes dénote en général la quantité d'activité cérébrale présente à cet emplacement. Les chercheurs ont ensuite calculé le degré de corrélation entre les activités de ces dizaines de milliers de régions. Ceci a permis de faire apparaître celles des régions qui étaient momentanément « connectées » en « réseau ».

En analysant ultérieurement la structure de ces réseaux, ils ont vu apparaître une image familière : celle présentée par d'autres réseaux complexes, notamment le web Internet.- où un très petit nombre de « clicks » sont suffisants pour joindre deux nœuds. Cette propriété, dite du « petit monde » (« small world ») assure la meilleure efficacité possible dans la connectivité.

De plus, les chercheurs ont fait révéler une forte « inhomogénéité ». De nombreux noeuds sont peu connectés et quelques uns sont beaucoup connectés. Ces nœuds super-connectés jouent le rôle de hubs assurant la rapidité des transmissions.

L'équipe espère tirer de ces premières observations un certain nombre de conclusions immédiatement utiles relatives à l'emploi de l'IRM dans le diagnostic des affections fonctionnelles (Schizophrénie, Alzheimer ou migraines chroniques). Plus généralement, on en retiendra la puissance de plus en plus grande des techniques d'imagerie fonctionnelle non invasives. C'est certainement de là que viendront les progrès les plus rapides dans la compréhension du fonctionnement du cerveau.

Mais (c'est nous qui ajoutons) les théoriciens des communications pourront faire aussi d'utile rapprochements entre la façon dont des réseaux anatomiques et des réseaux artificiels obéissent aux mêmes lois d'économie des ressources et d'optimisation des temps d'échanges. De là à dire qu'il sera un jour possible de communiquer sur le mode de l'Internet à l'intérieur du cerveau et, réciproquement, de faire vraiment fonctionner le web mondial comme un cerveau unique...il y a sans doute encore un pas.

Pour en savoir plus
Physical Review Letters on line, dec. 2004 : http://prl.aps.org/ (sur souscription)
Pr Dante Chialvo, page personnelle : http://www.bol.ucla.edu/~dchialvo


Les nouveaux robots industriels de Toyota
JPB/CJ 10/01/05

(Tokyo. 06/01/05) Toyota Motors vient d'annoncer qu'il allait introduire des robots de nouvelle génération dans ses 12 usines japonaises. Ces robots seront beaucoup plus polyvalents que les 3.000 à 4.000 robots actuellement en service. Au lieu de se limiter à des tâches répétitives (soudure, peinture, assemblage de grosses pièces, tâches dangereuses), ils pourront accomplir les multiples tâches que suppose la finition d'un véhicule. Ils disposeront de deux bras et devraient être de type humanoïde, mais les détails de leur architecture n'ont pas encore été fournis. Les visiteurs pourront sans doute en observer à l'exposition universelle d'Aïchi.

L'objectif est de remplacer presque complètement la main d'œuvre manuelle dans les usines installées au Japon. D'une part la démographie japonaise ne permet plus de faire face aux besoins, d'autre part, Toyota ne souhaite pas importer de travailleurs étrangers. Cependant, les nouveaux robots devront être suffisamment efficaces pour que les coûts de fabrication restent alignés sur ceux des industriels asiatiques concurrents employant largement la main d'œuvre locale.

Le pari lancé par Toyota risque de passer pour le moment inaperçu en Europe. Ce serait dommage, car il est d'importance. Il est même capital. C'est toute l'économie industrielle des prochaines décennies qui sera bouleversée en cas de succès. D'une part les productions sur le territoire national n'auront plus besoin d'être délocalisées pour rester compétitives. D'autre part, l'appel à main d'œuvre et industries hautement spécialisées nécessaires à la fabrication et à l'entretien de ces milliers de robots relancera de façon très importante l'innovation et la croissance dans les pays développés.

Les bonnes âmes demanderont s'il est bien moral de la part des japonais de priver la main d'œuvre asiatique pauvre des emplois qu'elle pouvait espérer suite aux délocalisations. Mais la réponse, que ce soit au Japon ou en Europe, devrait être la même. Ce n'est pas en encourageant le travail de salariés de type coolies, voire d'enfants mineurs, que l'on contribuera à l'élévation du niveau de vie des pays du tiers-monde. Mieux vaudrait leur apprendre à fabriquer eux-mêmes des robots. Ce qui est parfaitement possible, quand on considère l'exemple de la Chine, de la Corée et de Taïwan.

Il n'y a pas de raisons pour que le mouvement se limite à l'industrie automobile. Rappelons que certains scientifiques et industriels américains, pour leur part, prévoient le phénomène et s'y préparent (voir Hans Moravec, Robot. Mere Machine to Transcendent Mind, Oxford University Press, 1998 http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2002/aou/moravec.html). Mais pour le moment, l'accent est mis davantage sur la robotique militaire que sur la robotique industrielle civile.

En France comme en Europe, par contre, le sujet n'est pas abordé, même lorsque les industriels de l'automobile présentent leurs stratégies d'innovation pour les prochaines années. C'est bien dommage. Voici en tous cas un grand chantier industriel de haute technologie que nous pouvons signaler au Président Chirac et à Jean-Louis Beffa.

© Photo : Toyota
Lors de l'inauguration de l'Exposition Internationale 2005, le groupe Toyota
présentera un spectacle de bienvenue avec un orchestre d'humanoides musiciens © Photo : Toyota


Connaître David Lane
JPB 08/01/05

Peu de gens, en dehors des spécialistes du cancer, connaissent le Professeur (Sir) David Lane, Directeur au Cancer Research Center UK du Cell Transformation Group, Department of Surgery and Molecular Oncology, Ninewells Hospital and Medical School, Dundee. C'est un grand tort car ce chercheur mène une carrière scientifique internationale hors du commun. Il est également directeur exécutif de l'Institute of Molecular and Cell Biology à Singapour et fondateur de la compagnie biotech Cyclacel, à Dundee..

Si on ne le connait pas lui, du moins va-t-on sans doute vite apprendre à connaître sa découverte, la protéine P53 produite par le gène du même nom dont il a découvert le rôle en 1973 et qui est, après de longues années d'ignorance, en train de devenir un must de la recherche contre la prolifération des cellules cancéreuses. En très bref, lorsque l'ADN d'une cellule subit une mutation susceptible de la rendre maligne, P53 est secrétée et va, soit stopper la division de la cellule jusqu'à réparation, soit tuer la coupable afin qu'elle ne se reproduise pas. L'opération se fait des millions et millions de fois dans la vie d'un organisme, compte tenu des milliards et millards de divisions cellulaires qui se produise durant cette même vie. Ceci fait que les tumeurs avérées restent relativement rares, malgré la grande fréquence des mutations carcinogènes. On a baptise P53 l'ange gardien du génome. Mais il arrive que la protéine soit elle-même mutée, ou qu'elle ne puisse être activée convenablement. En ce cas, le cancer se déclare.

L'espoir des chercheurs est de mieux connaître ces mécanismes, ce qui n'est pas facile compte tenu de l'énorme complexité des formes moléculaires (P53 par exemple pourrait adopter plus de 1000 formes différentes dans une cellule). A partir de cela, on pourra mieux aider l'organisme à éliminer les cellules mutantes cancéreuses. P53 aurait également un rôle important dans les processus complexes du vieillissement. Mais n'abordons pas cette question ici.

Pour en savoir plus
Dark Angel, article de David Lane dans le NewScientist du 18 décembre 2004, p. 38
David Lane Home page http://www.dundee.ac.uk/biocentre/SLSBDIVdpl.htm
Cyclacel http://www.cyclacel.com


Un quasi sonar bactérien
JPB/CJ 08/01/05

Nous avions déjà parlé de l'extraordinaire Quorum sensing par lequel certaines bactéries pathogènes mesurent leur densité dans un organisme afin de savoir si elles sont suffisamment nombreuses pour devenir pathogènes et déborder les défenses immunitaires de l'hôte. Un dispositif différent mais utilisant comme le quorum sensing la diffusion d'un médiateur dans l'environnement a été signalé par un article de Science (24 décembre 2004). Il s'agit de la façon dont Enterococcus faecalis, peut-être utile dans l'intestin mais très pathogène en dehors (il provoque beaucoup de maladies nosocomiales) procède pour détruire les cellules.

L'entérocoque fabrique pour ce faire une toxine, mais seulement dans certaines conditions (il est ménager de ses forces, comme tout organisme biologique qui se respecte). La toxine n'est produite que si une cellule se trouve dans l'environnement de la bactérie. Celle-ci, pour analyser son environnement, procède de la même façon disent les auteurs de l'article qu'elle le ferait avec un sonar. Elle produit deux substances dont l'une s'attache aux cellules détectées et l'autre revient à la bactérie pour signaler la présence de la cible potentielle. Si aucune cible n'est détectée, les deux substances s'attachent l'une à l'autre et ne transmettent aucun message en retour. La bactérie ne produit pas de toxine.

On devine qu'élucider de tels mécanismes permettra de tromper les processus par lesquels les bactéries deviennent pathogènes, ce qui sera particulièrement utiles en présence de germes antibiotico-résistants. Plus généralement on espère pouvoir transposer ces mécanismes dans d'autres bactéries, pour leur donner la possibilité de scruter leur environnement à des fins, cette fois-ci, thérapeutiques.

L'équipe responsable de la recherche dépend du Schepens Eye Research Institute.

Pour en savoir plus
Newswise : http://www.newswise.com/articles/view/509012/


Les technologies de l'information, moteur de l'innovation dans l'Union européenne
CJ 05/01/2005

La Commission européenne a rendu public, le 21 décembre dernier, la quatrième édition de son tableau de bord annuel sur l'innovation. Intitulé "European Innovation Scoreboard" (EIS), ce bilan se base sur douze à vingt indicateurs communs, selon les pays, tels que le nombre de brevets accordés, les dépenses en recherche et développement ou le taux d'accès à l'internet. À partir de ces indicateurs, il établit un indice de synthèse, le "Summary Innovation Index" (SII), compris entre 0 et 1 (le plus proche
de 1 étant le plus innovant).
L'EIS 2004 montre une prépondérance des technologies de l'information, qui font figure de moteur pour l'innovation dans l'Union. Dans ce cadre, 10 secteurs industriels et 4 secteurs des services ont été retenus.

Le secteur industriel possédant le plus fort indice d'innovation (SII) concerne les équipements électroniques et optiques (0,37), devant les produits chimiques (0,35), les équipements de transports (0,3), les machines-outils (0,27) et les matériaux plastiques (0,22).
Parmi les services, le secteur de l'informatique (infogérance, intégration...) arrive en première place, avec un SSI de 0,37, devant les services divers alloués aux entreprises (0,33), le transport, stockage et
communication (0,15) et les services de commerce de gros (0,13).

Une grande force de ce rapport réside dans le fait qu'il permet de dresser une carte comparative des capacités d'innovation dans les 25 pays membres de l'Union européenne, par rapport à d'autres pays d'Europe (Bulgarie, Roumanie, Turquie, Islande, Norvège et Suisse), mais aussi par rapport aux deux poids lourds que sont les États-Unis et le Japon, qui conservent toujours une longueur d'avance sur l'Europe en terme d'innovation (ce qui a d'ailleurs été abondamment commenté lors de la tenue de notre colloque "Indépendance de l'Europe et souveraineté technologique" (http://www.europe-puissance-scientifique.org) les 28 et 29 avril 2004). Au cours de la dernière décennie, l'Union européenne montre un SII moyen stable autour de 0,4. Sur cette même période, les États-Unis n'ont cessé de croître, atteignant un SSI de 0,8 en 2001, puis 0,7 (chiffre 2003). Le Japon quant à lui a connu une croissance continue et dépasse maintenant 0,7.

Les technologies de l'information, moteur de l'innovation dans l'Union européenne Les technologies de l'information, moteur de l'innovation dans l'Union européenne mesurés par les SII calculés à partir de 12 indicateurs communs
Ecarts constatés entre les Etats-Unis, le Japon et l'Europe,
mesurés par les SII calculés à partir de 12 indicateurs communs

Des disparités en Europe

Le rapport montre également des disparités parmi ses 25 membres de l'Union.
Dans le panorama proposé, la Suède et la Finlande arrivent nettement en tête (avec quasiment 0,8), devant l'Allemagne et le Danemark (un peu en dessous de 0,6) et le Royaume-Uni (0,5). La France, l'Irlande et les Pays-Bas arrive ensuite (entre 0,4 et 0,45), mais leur croissance a tendance à ralentir, ce qui fait dire aux auteurs du rapport qu'ils sont tous trois en perte de vitesse. mais figurant cependant au-dessus de la moyenne européenne (0,4).
Certains membres de l'Union, nouveaux entrants ou plus anciens, présentent une croissance en terme d'innovation qui leur permet de se rapprocher rapidement de ce seuil : citons le Portugal, l'Espagne, la Lettonie, la Hongrie, la Slovénie, la Pologne.
Dans le domaine sectoriel, la Finlande arrive en tête dans le secteur le plus innovant (équipements opto-électroniques), avec un SSI de 0,62, devant la Belgique (0,46), les Pays-Bas et la Suède(0,45), puis la France (0,4) et l'Allemagne (0,39).

Pour en savoir plus :
Site "Trenchart - Innovation Policy in Europe : http://trendchart.cordis.lu/scoreboards/scoreboard2004/index.cfm
Le Rapport European Innovation Scoreboard (en anglais) :
http://trendchart.cordis.lu/scoreboards/scoreboard2004/eis_2004.pdf


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