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Record
mondial de la distance de navigation sous-marine continue d'un AUV,
robot sous-marin autonome
CJ (22/03/05)
L'Urashima,
un robot sous-marin autonome à pile à combustible
(10 mètres de longueur pour quelque 10 tonnes) a réussi
une navigation sous-marine continue de 317 kilometres, dépassant
ainsi de 55 kilomètres le record mondial détenu depuis
1998 par un institut britannique.
Cet AUV (Autonomous Underwater Vehicle) de la JAMSTEC (Japon Agency
for Marine-Earth Science and Technology) est capable de plonger
jusqu'à 3500 mètres de profondeur selon un trajet
programmé par un ordinateur installé à bord
de l'engin et sans approvisionnement en énergie depuis son
navire-mère.
Lors d'une navigation expérimentale qui a eu lieu du 26 au
28 février dernier en baie de Suruga (préfecture de
Shizuoka), l'Urashima a fait 6 voyages en 56 heures sans interruption
par environ 800 mètres de profondeur. Le secret de cette
réussite provient de la mise au point d'une pile à
combustible avancée capable de produire de l'énergie
pendant une longue durée(1).
La JAMSTEC envisage de mettre en oeuvre cet AUV d'ici 5 ans pour
l'exploitation des ressources de grandes profondeurs et la topographie
maritime.
(1)
Avec
ce type de pile, l'autonomie du sous-marin est passée de
130 à 300 kilomètres, par rapport à celle disponible
avec une batterie au lithium-ion.
Ordinateur
quantique : Peter Zoller reçoit la médaille Max Planck
CJ (21/03/2005)
Peter
Zoller, directeur de l'Institut d'optique et d'information quantique
(IQOQI)(1) de l'Académie
autrichienne des sciences et membre de l'Institut de physique théorique
d'Innsbruck, a reçu le 6 mars dernier la médaille
Max Planck, l'un des prix de physique les plus prestigieux après
le prix Nobel de physique.
Le chercheur a été récompensé pour ses
travaux liés au développement de l'ordinateur quantique,
notamment pour ses recherches sur les applications des condensats
de Bose-Einstein, le premier condensat de césium ayant d'ailleurs
été réalisé à l'université
d'Innsbruck en octobre 2002.
Alors que cet état de la matière empêche les
atomes d'interagir entre eux [voir encadré ci-dessous], Peter
Zoller s'attache à développer des méthodes
permettant de rendre leur identité aux atomes. Plutôt
que d'augmenter l'interaction entre ces derniers, l'idée
est ici de réduire les autres énergies significatives
(comme l'énergie cinétique) de façon à
ce que l'interaction domine la dynamique. Le chercheur parvient
à ce résultat en emprisonnant les particules dans
un grillage optique produit par interference de deux lasers superposés.
Les ondes constituant ce grillage forment ainsi une sorte de "boîte
à oeufs", l'objectif étant de placer chaque particule
du condensat dans un "coquetier".
Par cette méthode, Peter Zoller a développé
le premier transistor atomique. Emprisonné dans son grillage
optique l'atome peut être dans deux états différents
: l'un est conçu de telle sorte qu'il bloque le flux
des autres atomes (off) ; l'autre pour qu'il laisse passer le courant
atomique (on).
Cette capacité du transistor atomique d'exister simultanément
dans ces deux états en fait un bon candidat dans la réalisation
future de l'ordinateur quantique.
(1)
Cet Institut créé en collaboration avec les
université d'Innsbruck et de Vienne, universités qui
comptent parmi les plus prestigieuses dans la recherche quantique
à travers le monde. Notons par exemple qu'Anton Zeilinger
fait partie de cet Institut, et dont les travaux portent sur l'intrication
de photons qui permet d'identifier immédiatement l'état
quantique d'un photon à partir de la détermination
d'un autre photon placé à un autre endroit.
Sur Anton Zeilinger, voir l'encadré à la fin de notre
article
du 17 juin 2002 ainsi que notre actualité
du 6 août 2002.
A
propos des condensats de Bose-Einstein
Les
condensats de Bose-Einstein sont des nuages d'atomes très
"froids" qui se trouvent tous dans le même
état quantique d'énergie minimale ; ces condensats
ne sont réalisables qu'avec des bosons (particules
à spin entier). Les fermions (particules à spin
demi-entier) ne peuvent subir la condensation de Bose-Einstein
: en effet, le principe d'exclusion de Pauli interdit à
deux fermions identiques d'occuper le même état.
Dans un condensat, la longueur d'onde de De Broglie des atomes
est du même ordre de grandeur que les distances interatomiques.
Maintenant que les propriétés des condensats
de Bose-Einstein ont été élucidés
(la superfluidité par exemple), les chercheurs d'Innsbruck
ont voulu aller au-delà du condensat considérant
celui-ci comme un outil mais non comme une fin. Le problème
c'est que dans un condensat, les atomes ont la particularité
de ne presque plus interagir entre eux, ce qui est une propriété
gênante pour effectuer certaines expériences
qui exigent des interactions fortes. En effet, dans un régime
d'interaction forte, des expériences atomiques pourraient
aider à comprendre plusieurs phénomènes
physiques qui ont été prévus ou observés
dans des systèmes à l'état solide. Elles
pourraient également permettre des essais et des prévisions
dans la mécanique statistique de quantification, et
aider à étudier des concepts importants dans
l'information quantique telle que l'intrication de multi-particules.
De tels systèmes permettraient aussi la construction
d'un simulateur quantique qui aboutirait à une application
pratique d'ordinateur quantique.
Promesses
et insuffisances des nanotechnologies en Europe
CJ (16/03/05)
Entre août et octobre derniers, Nanoforum - réseau
d'excellence européen en nanotechnologies -, en collaboration
avec la Commission Européenne, a réalisé une
enquête (questionnaire en ligne) afin d'évaluer lattitude
de la communauté à légard de tous les
aspects du développement des nanosciences et nanotechnologies
(N&N), et notamment la position de l'Europe par rapport aux
autres régions du monde, le financement et les infrastructures,
les craintes de la société, la santé et la
sécurité...
720 personnes ont répondu au questionnaire (scientifiques,
journalistes, industriels, etc., issus de 32 pays européens)
ce qui fait de cette enquête l'une des plus importantes jamais
menées en Europe. Parmi les sujets préoccupants, cette
enquête souligne notamment la pénurie de spécialistes
du domaine à lhorizon de 5 à 10 ans* et la nécessaire
prise en compte des préoccupations du public.
Celle-ci a fourni les résultats suivants :
Les nanotechnologies seraient amenées à exercer
une influence forte sur l'industrie européenne (90%) et sur
la vie quotidienne des européens (80%) d'ici 10 ans.
La position de l'Europe est clairement perçue derrière
celle des USA aussi bien en nanosciences (76%) qu'en nanotechnologies
(77%).
L'influence des nanotechnologies est particulièrement
attendue dans les secteurs de la chimie, des matériaux, des
NTIC et de la santé.
Le soutien à la recherche en nanotechnologies dans
le cadre du 7eme PCRD devrait être augmenté de façon
significative (79%).
64% des répondants soutiennent la création
d'organes de coordination au niveau européen (par exemple,
dans les domaines de la nanomédecine, des nanomatériaux,
etc.) afin de palier à l'absence de véritables infrastructures
européennes.
L'Europe devrait subir un manque de personnel qualifié
en nanotechnologies d'ici 5 a 10 ans (90%).
Les aspects concernant la santé, la sécurité
et les risques pour l'environnement devraient être intégrés
plus tôt dans les recherches (75%); en particulier, le problème
des nanoparticules laissées en liberté devraient faire
dès à présent l'objet de recherches.
L'Europe devrait renforcer le dialogue avec les citoyens
sur les nanotechnologies (75%), notamment sur les conséquences
sociales de l'introduction des nanotechnologies.
La coopération avec les pays développés
(96%) et moins avancés (76%) devrait être renforcée;
un code éthique international concernant les nanotechnologies
devrait être élaboré (87%).
Pays perçus
comme leaders dans le domaine des nanosciences et de leur transfert
dans l'industrie
*
Ce qui avait déjà été souligné
d'ailleurs lors de la table ronde "Intelligence" qui s'est
tenue dans le cadre du colloque "Indépendance de l'Europe
et souveraineté technologique" organisé par Paneurope
France les 28 et 29 avril 2004 derniers à Paris.
Hitachi
présente son premier robot humanoïde
roulant et parlant
CJ (15/03/05)
La
firme japonaise Hitachi, soucieuse de concurrencer les robots humanoïdes
"Asimo" d'Honda et "Qrio" de Sony et de montrer
son savoir-faire, a présenté son premier humanoïde
autonome "Emiew" (Excellente Mobility and Interactive
Existence as Workmate) lors d'une conférence de presse.
Les deux premiers spécimens s'appellent Pal et Chum.
Hitatchi se targue d'avoir conçu un robot bien plus rapide
que ce qui existe déjà..., celui-ci se déplaçant
à quelque 6 km/h. Cela dit, ici point de jambes... Le robot
est monté sur deux roues (procédé qui n'est
pas sans rappeler appliqué sur le Segway). Pour Toshihiko
Horiuchi, chercheur chez Hitatchi, "le robot doit être
capable de se déplacer à la même vitesse qu'un
humain" . On imagine en effet la frustration de toujours
devoir attendre une machine qui vivrait à nos côtés...
D'une
hauteur de 1mètre 30 pour 70 kg, le robot est doté
d'une reconnaissance vocale et visuelle, parle(1)
- à l'homme ou à ses congénère - et
entend. Doté de deux bras, il peut transporter des objets(2).
Pal et Chum seront présentés lors de l'exposition
Internationale 2005 d'Aïchi qui débute le 25 mars prochain.
(1)
Il prononce pour l'instant une centaine de mots.
(2) Selon les concepteurs, le robot
doit maintenant subir un entraînement pendant cinq à
six ans avant de pouvoir effectuer toute une série de tâches
dans le cadre d'un domicile ou d'un atelier
Les
25 ont consacré 2% de leur PIB à la recherche en 2002
CJ 15/03/05
Beaucoup
de chemin reste à faire avant d'atteindre l'objectif affiché
du Sommet de Lisbonne concernant les 3% du PIB investi en recherche
et développement (R&D) d'ici à 2010, dont les
deux tiers seraient financés par les entreprises.
Eurostat, l'office statistique de la Communauté européenne
vient d'évaluer, derniers chiffres disponibles à l'appui
(c'est-à-dire ceux de 2002(1)),
l'engagement des 25 pays de l'Union en matière de R&D.
Celui-ci s'est établi, pour cette année 2002, à
1,93% du PIB de l'Europe à 25, pour un total de 186 milliards
d'euros, et à 1,99% de l'Europe des 15, pour un total de
182,5 milliards d'euros.
Ce sont les pays du Nord, Suède en tête, qui fournissent
la part la plus importante de l'effort. Les contributeurs les plus
faibles sont la Slovénie (0,57% du PIB) et la Pologne (0,59%
du PIB), où les dépenses ont diminué respectivement
de 3% et 1% en moyenne par an entre 1998 et 2003, ainsi que Chypre
(0,33%) et la Lettonie (0,33%).
Si les dépenses de R&D ont augmenté en moyenne
de 4% entre 1999 et 2002 (contre 2,7% aux USA entre 1998 et 2003
; 2,2% au Japon entre 1998 et 2002), l'étude constate que
"L'intensité de la recherche est restée nettement
inférieure dans l'Union européenne à 25".
Aux USA, les dépenses de R&D représentaient 2,76%
du PIB en 2003, soit 268 milliards d'euros(2),
et 3,12% au Japon en 2002 (131 milliards d'euros). D'une façon
générale, la recherche dans ces deux pays est également
beaucoup mieux financées par les entreprises. Celles-ci ont
contribué à hauteur de 67% (en 2001) aux USA, de 74%
au Japon ( en 2002) et de 55% dans l'Europe à 25 (en 2001).
Parmi les Etats-membres, c'est au Luxembourg que les entreprises
ont le plus financé les dépenses de R&D avec 91%
en 2000, suivi par la Suède (72% en 2001), la Finlande (70%
en 2002), l'Irlande (67% en 2000) et l'Allemagne (66% en 2002).
Notons que la Lettonie a enregistré le pourcentage le plus
élevé de financement de R&D provenant de l'étranger
(plus de 35%). Celui-ci est également important pour la Grèce,
l'Autriche et le Royaume-Uni (plus de 20% chacun)
(1) Dépenses qui surpassent
donc de plus de 100 milliards d'euros celles de l'UE.
(2) Pour les novices, rappelons qu'il
existe toujours deux bonnes années de retard entre le recueil
des chiffres et le traitement effectif des données, qui imposent
notamment des comparaisons internationales.
Trophées
Laval Virtual 2005 : clôture des inscriptions le 31 mars 2005
Rendez-vous
incontournable de la réalité virtuelle en France,
la manifestation Laval Virtual 2005 se tiendra cette année
du 20 au 24 avril prochain.
Outre salon professionnel, colloque scientifique, compétitions
étudiantes, ce rendez-vous propose comme chaque année
de concourir aux Trophées Laval Virtual.
Décernés par un jury international de spécialistes,
ces Trophées constituent une compétition unique par
son ampleur en ce domaine. Ils labellisent la haute technicité
des réalisations primées et leur donnent un formidable
écho médiatique.
Chaque réalisation pour concourir dans une ou plusieurs catégories
qui pour l'année 2005 sont :
- Architecture,
art et culture
- Design industriel et simulation
- Sciences et éducation
- Médecine et santé
- Jeux vidéos et attractions
- Commerce et distribution
- Automobile, aéronautique et transport
- Interfaces et matériels
- Ingénierie, montage et maintenance
- Personnages animés en temps réel
Les inscriptions
(qui sont gratuites) doivent être
enregistrées avant le jeudi 31 mars 2005 inclus
et accompagnées du formulaire dinscription (téléchargeable
sur http://www.laval-virtual.org/inscription.php),
dun film de présentation sur support CD-R ou vidéo
et de tous les documents que vous jugerez nécessaires pour
orienter le jury dans ses choix. (la liste des formats vidéos
acceptés est disponible sur http://www.laval-virtual.org/fr/reglement-trophees.php).
Adresse
d'envoi
: ISTIA Innovation
M. Simon RICHIR Trophées Laval Virtual
62, avenue Notre Dame du Lac
49000 ANGERS
France
Les
résultats très inquiétants de la plus grande
simulation du changement climatique menée sur ordinateurs
à ce jour
CJ (13/03/05)
Les
premiers résultats de l'expérience Climateprediction.net
(http://climateprediction.net/),
initiative britannique donnant la possibilité à toute
personne (étudiants, entreprises, particuliers...) munie
d'un ordinateur de télécharger une version du "Met
Office's Climate's Model" pour simuler par calcul distribué
le changement climatique sur plusieurs décades, ont été
publiés dans la revue scientifique britannique Nature(1).
Ce modèle climatique est de loin le plus complet jamais réalisé
en utilisant une puissance de calcul sans précédent.
Financé par le Natural Environment Research Council, ce projet
implique en effet à ce jour 95.000 participants (et donc
95000 ordinateurs, connectés à l'Université
d'Oxford) en provenance de 150 pays ; ceci a permis d'aboutir à
une puissance équivalente à 8.000 années de
calculs informatiques, plaçant cette simulation bien au dessus
de celles déjà réalisées à partir
de superordinateurs(2).
Les résultats font apparaître que les températures
moyennes terrestres pourraient augmenter jusqu'à 11°C
! en ne considérant qu'une augmentation des quantités
de dioxyde de carbone (CO2) de deux fois celle de l'ère
préindustrielle. Or de tels niveaux de CO2 sont
attendus au milieu de ce 21e siècle si des efforts considérables
ne sont pas mis en place. Avec l'expérience climateprediction.net,
la fourchette possible d'augmentation de température du globe
à moins de 50 ans se situe désormais dans une fourchette
allant de 2 à 11° C, évaluations représentent
près du double de celles établies précédemment
par l'IPCC (Inter-Governmental Panel on Climate Change) qui prévoyaient
une fourchette d'augmentation de 1.4° à 5.8° C(3).
David Stainforth (université d'Oxford) et David Frame, respectivement
Chef Scientifique et Coordinateur de projet de Climateprediction.net,
se sont déclarés inquiets puisque cela voudrait dire
que l'impact des gaz a effet de serre sur le climat est plus important
que prévu et que nous serions aujourd'hui en présence
d'une véritable situation à risques. Dès lors,
les scientifiques de l'université d'Oxford enjoignent l'opinion
publique à s'investir dans le combat contre le réchauffement
planétaire. Dans ce cadre, Bob Spicer, professeur à
l'Open University(3), vient
notamment de développer une base de données éducative
autour de ce projet. Les écoles peuvent ainsi se munir du
logiciel et l'incorporer à leur matériel éducatif
dans des matières comme la géographie et les mathématiques.
(1)
Nature du 27 janvier 2005, volume 433, pages 403 à 407 :
"Uncertainty in the predictions of the climate response to
rising levels of greenhouse gases" , par D.A. Stainforth &
al.
(2) Le réseau distribué
de calcultateurs a permis aux scientifiques britanniques de "faire
tourner" plus de 50 000 simulations du futur climat global,
contre 128 avec l'utilisation d'un superordinateur. (3)
Signalons toutefois que, dans le cas des nouveaux résulats
obtenus, le réalisme de chacun des modèles générés
à chaque simulation n'est testé que sur un seul critère
: les température moyennes annuelles. Les résultats
obtenus sont préliminaires et en cours de validation.
(4) L'Open University est l'une des
12 institutions qui participent au projet.
[NB]
D'autres travaux, tels ceux de Gerald Meehl et de son équipe
du National Center for Atmospheric Research (NCAR), sont également
plus que pessimistes quant à l'évolution du réchauffement
global de la planète. Selon leurs recherches publiés
dans la revue Science, le réchauffement climatique est inévitable,
même en supposant un arrêt net de toute émission
de gaz à effet de serre liée à l'activité
humaine, .
Pour ces chercheurs, dans le meilleur des cas, la température
globale moyenne de l'air à la fin du XXIe siècle gagnera
0,5°C et le niveau de la mer 11 cm.
Ces travaux s'appuient sur la synthèse des résultats
de nombreuses simulations de deux types de modèles climatiques
- le Parallel Climate Model (PCM) et le Community Climate System
Model version 3 (CCSM3) -, menées sur les superordinateurs
du NCAR et des laboratoires de l'US Department of Energy et sur
le Earth Simulator japonais.
Malgré des différences entre les deux concernant l'intensité
du phénomène, la tendance observée reste la
même : l'augmentation de la température globale et
du niveau de la mer au cours des 100 prochaines années.
Pour les chercheurs, cette inéluctabilité s'expliquerait
en grande partie par l'inertie thermique des océans et le
long cycle de vie du dioxyde de carbone et des autres gaz à
effet de serre dans l'atmosphère.
Les simulations modèles effectuées (qui ne prennent
pas en compte l'impact de la fonte des glaciers et des calottes
glaciaires) confirment la nécessité d'agir fortement
pour éviter d'aggraver encore la situation
future.
Pour en
savoir plus : Science
du 18 March 2005, vol 307, pages 1769-1772 How Much More Global
Warming and Sea Level Rise? par Gerald A. Meehl, Warren M. Washington,
William D. Collins, Julie M. Arblaster, Aixue Hu, Lawrence E. Buja,
Warren G. Strand, and Haiyan Teng.
L'architecture
multi-coeurs (multi-core) des nouveaux micro-processeurs
JPB 10/03/05
Les
appareils électroniques, qu'ils s'agissent des micro-ordinateurs
ou de ceux utilisés dans le multi-média et l'électronique
grand public, ont besoin de processeurs (ou puces) rassemblant le
plus grand nombre possible de composants dans un volume de plus
en plus petit. Leurs possibilités fonctionnelles en dépendent
directement : possibilité de supporter des programmes de
plus en plus complexes et de traiter des informations de plus en
plus riches, rapidité et finalement coût. On sait qu'au
terme d'une « Loi » proposée par Gordon Moore,
cofondateur de Intel, en 1965, le nombre de transistors intégrés
sur un même support allait pouvoir doubler environ tous les
ans. La Loi de Moore a été vérifiée
jusqu'à ce jour, sauf que le délai de doublement,
à l'expérience, s'est révélé
de deux ans environ. Le nombre des transistors intégrés
dans une puce est passé de 2.000 environ en 1970 à
200 voire 400 millions aujourd'hui. Pour l'avenir, et tant que la
dimension des composants ne diminuera pas au point que des effets
quantiques se feront sentir entre leurs atomes, la Loi devrait continuer
à s'appliquer.
Une difficulté, d'ailleurs connue depuis longtemps, se révèle
pourtant de plus en plus difficile à traiter. Il s'agit de
la dissipation calorique. Même sur des intervalles entre composants
de plus en plus courts et pour des intensités de courant
électrique de plus en plus faible, l'échauffement
des circuits est tel que le processeur risque de fondre à
l'usage. Ceci malgré des techniques de refroidissement de
plus en plus efficaces. Il a donc fallu repenser l'architecture
de la puce.
La solution étudiée depuis deux ans et annoncée
récemment par les grands constructeurs (notamment lors de
la dernière International Solid-State Circuits Conference
en février 2005) consiste à fabriquer des puces comportant
deux ou plusieurs coeurs sur le même support. Ces coeurs se
comportent comme des processeurs distincts qui se répartissent
les tâches afin de diminuer les contraintes de densité
et de vitesse demandées par les applications gourmandes en
instruction. De ce fait, accessoirement, la chaleur produite est
moins importante et plus facilement dissipée. Les solutions
sont complexes et nous ne les présenterons pas ici. Disons
seulement que dans l'architecture baptisée Cell par IBM,
Sony et Toshiba, le processeur est architecturé autour d'un
coeur principal 64 bit Power (le processing Element ou PE) distribuant
les tâches à huit unités d'exécution
séparées (baptisées synergistic elements ou
SPE. Ces puces sont déjà en cours de fabrication,
notamment par IBM. L'architecture est similaire à celle d'un
ordinateur massivement parallèle.
Les autres fabricants ne peuvent rester en arrière. Intel
et AMD viennent d'annoncer des puces double-cœur pour stations
de travail et serveurs. Ceci n'est qu'un début. La puce Montecinto
multi-coeurs d'Intel est prévue pour la fin 2005. Ce nouveau
processeur intègrera 1,7 milliards de transistors soit deux
fois plus que dans les dernières versions du produit actuel
d'Intel, l'Itanium. Il sera gravé en 90 nanomètres.
Mais les cadences, et c'est un des buts de l'opération, n'augmenteront
pas. Sun pour sa part prévoit deux produits voisins, Rock
et Niagara
Les
architectures multi-coeurs ne seront pas dans l'immédiat
proposées dans les micro-ordinateurs grand public. Une des
raisons en est que la demande des utilisateurs ne le justifie pas.
Mais surtout, la nouvelle architecture obligera à réécrire,
ou tout au moins à reconstruire les milliers de programmes
applicatifs qui tournent actuellement. Les éditeurs de logiciels
ne souhaitent pas à y être obligés sans s'être
préparés. Ils tiennent en effet à maintenir
captifs leurs clients. Néanmoins ils poussent leurs recherches.
C'est le cas comme on pouvait le supposer de Microsoft. Les programmes
futurs devront être conçus pour tourner en parallèle,
ce qui multipliera les difficultés de conception et de contrôle
de fiabilité. Il faudra donc développer des méthodes
industrielles d'écriture et de contrôle. On évoque
des « interfaces graphiques » permettant de générer
du code à partir d'un cahier des charges écrit par
le concepteur de programme. L'intelligence artificielle sera indispensable
pour ce faire. Microsoft annonce des actions en coopération
avec des laboratoires de recherche fondamentale.
Ceci reposera en termes nouveaux la question des logiciels libres.
Les produits développés par Microsoft en partenariat
avec des chercheurs resteront-ils strictement propriétaires?.
De l'autre côté, les développeurs du Libre pourront-ils
disposer des ressources intellectuelles pour faire face à
ces nouvelles exigences d'écriture? A priori, on ne voit
pas pourquoi il ne pourrait en être ainsi. Mais il faut y
penser dès maintenant. C'est semble-t-il ce que fait le monde
Linux, qui a déjà obtenu que sur les puces multi-coeurs
un ou plusieurs coeurs soient dédiés à l'hébergement
du système d'exploitation Linux. C'est ce qui avait été
annoncé à la dernière Linux World Conference
tenue à Boston en février 2004.
Ce
court article ne saurait se conclure sans un constat, répétitif
depuis des décennies quand il s'agit de processeurs. L'Europe
semble définitivement hors de course, sinon dans la recherche
fondamentale (notamment dans la perspective des nanotechnologies),
du moins en terme de produits industriels. STMicroelectronics développe
certains produits multicore, mais d'ambition limitée. Au
moins faudrait-il que l'Europe n'accroisse pas sa dépendance
dans le domaine des logiciels appelés à tourner sur
les architectures multi-coeurs
The
Road to Reality : A Complete Guide to the Laws of the Universe
JPB 09/03/05
Ce
titre est celui du dernier et monumental ouvrage du physicien britannique
Roger Penrose. Il s'agit d'un ouvrage de près de 1000 pages,
empli de mathématiques et donc difficilement compréhensible
pour un lecteur ordinaire, fut-il scientifique. Je n'en sais rien
d'autre aujourd'hui que ce que dit Mark Anderson, cité ci-dessous.
Comme cependant Roger Penrose, né en 1931 et anobli par la
Reine, est l'un des physiciens, mathématiciens et penseurs
les plus puissants de notre temps, nul ne devrait rester indifférent
à ce travail, qui complèterait les vues avancées
dans son précédent grand ouvrage de 1989, plus facile
à lire The Emperor's New Mind: Concerning Computers,
Minds and the Laws of Physics. Dans Road to Reality, Roger Penrose confirme son rejet
de la populaire Théorie des Cordes, qu'il considère
comme non fondée, que ce soit par l'intuition ou par l'évidence.
Il considère de toutes façons que la course à
l'hypothétique Théorie de Tout est illusoire. Il a
proposé à la place une théorie dite des Twistors,
que peu de gens connaissent (voir http://users.ox.ac.uk/~tweb/00004/index.shtml)
Une
des nouvelles hypothèses de Penrose porte sur la réduction
d'état qui suite à une
observation, assigne à une particule quantique une position
et un niveau d'énergie déterminés. Mais qu'est-ce
qu'une observation? Citons Mark Anderson: "Penrose, however,
has proposed that the missing link between macroscopic and submicroscopic
is gravity. Aggregations of particles exist in their blurry quantum
mechanical states until so many particles are both here and there
that space-time itself -- which is warped by the presence of matter
and therefore is warped in multiple simultaneous ways by matter
that is both here and there -- ultimately can no longer support
so much indeterminacy". Autrement dit, en termes imagés,
des agrégats de particules peuvent, en grossissant sous l'influence
de la gravité, émerger dans l'espace-temps macroscopique
et perdre ainsi leur état indéterminé. Penrose
propose pour vérifier cette hypothèse une expérience
qui est actuellement en cours mais qui demandera plusieurs années
de travail avant d'aboutir (voir http://scitation.aip.org/***=yes).
On le comprend à la vue de l'article.
Ceci
étant, ceux qui pour diverses raisons ne se sentent pas en
sympathie avec la théorie des Cordes ne manqueront pas de
s'informer des travaux de Roger Penrose et de ses élèves.
Une
nouvelle science, la neurobiologie des plantes ? JPB
09/03/05
Les
plantes les plus ordinaires sont-elles capables d'étudier
leur environnement, faire des hypothèses, conquérir
des territoires, se battre contre leurs ennemis, communiquer entre
elles et avec les insectes par des émissions codées
de gaz, réaliser des calculs de géométrie euclidienne
et finalement prévoir l'avenir. Autrement dit, sont-elles
capables de comportements analogues à ceux que nous qualifions
d'intelligents? Cette intelligence irait-elle jusqu'à comporter
des formes plus ou moins évoluées de conscience de
soi. Des chercheurs en sont désormais convaincus. Mais pour
le démontrer, ils ne cherchent pas à proposer aux
plantes des tests d'intelligence analogues à ceux qui s'adressent
aux humains et aux animaux. Ils étudient de préférence
les différents plans d'organisation constituant un végétal
et l'interpénétration des fonctions permises par l'intégration
des différentes aptitudes physiologique du "système
plante" en relation avec son environnement.
A
côté des systèmes déjà à
peu près connus permettant la nutrition, la respiration,
la reproduction de la plante, les chercheurs font ainsi apparaître
une véritable neurobiologie végétale. Celle-ci
disposerait de neurotransmetteurs spécifiques (par exemple
l'auxin) ainsi que de synapses permettant la transmission des neurotransmetteurs
de cellule à cellule, à l'intérieur de la plante
ou vers des organismes extérieurs. Finalement les canaux
ainsi formés assureraient le transfert et la computation
des informations d'une façon comparable à celle pratiquée
par les neurones dans les organismes animaux.
Un
premier Symposium Mondial consacré à la neurobiologie
des plantes se tiendra du 17 au 20 mai 2005 à Florence. Il
est organisé par František Baluška (Université
de Bonn) et Stefano Mancuso (Université de Florence). Le
site du Colloque est très informatif. En dehors des définitions
générales, il permet grâce à la publication
des abstracts des conférences, de se faire une bonne idée
de la richesse et du caractère véritablement innovant
de cette nouvelle discipline. On y trouve également l'historique
de celle-ci, qui remonterait à des vues pénétrantes
de Charles Darwin.
Il
est impossible à celui qui s'est imprégné du
sujet de continuer à regarder les plantes avec l'indifférence
qui caractérise l'homme moderne (à la différence
sans doute de l'attitude de ses lointains prédécesseurs).
Nous nous trouvons confrontés à une révolution
épistémologique analogue à celle qui marque
de plus en plus aujourd'hui le regard jeté sur le monde animal.
L'homme croit dominer le monde végétal (lequel monde
inclût ne l'oublions pas d'innombrables micro-organismes).
Mais si c'était le contraire? Si c'étaient les végétaux
qui instrumentalisaient les hommes au mieux de leurs stratégies
pour la domination de l'espace? Le jardinier dans son jardin est-il
autre chose qu'un esclave obligé de mettre toutes ses ressources
au service de plantes de plus en plus sophistiquées et conquérantes?
Il y a des gagnants et des perdants, au hasard des batailles, mais
ce seront sans doute les plantes qui finiront par l'emporter.
La
Lune, unique satellite de la Terre, suscite la convoitise des puissances
du globe. Aujourd'hui, les Américains ne seraient plus les
seuls en course... Un des responsables de l'Agence aérospatiale
japonaise, qui a souhaité garder l'anonymat, annonce qu'une
station habitée pourrait être établie sur la
Lune pour la recherche scientifique d'ici 2005 ! : "Nous
allons inclure ce projet spatial parmi l'un des futurs objectifs
dans le cadre de notre vision à long terme, que nous proposerons
au gouvernement d'ici la fin mars".
Même si cela est dit mezza voce, cette information est à
prendre au sérieux. Faisceau convergent, selon le quotidien
Mainichi Shimbun, le Japon projette pour arriver en tête de
cette course-lunaire de concevoir d'ici 5 ans, un robot pour explorer
le territoire du satellite.
Le pays du soleil levant compterait ensuite concevoir son propre
vaisseau spatial habité... Prévoyant une base lunaire
dans dix ans, il serait ainsi développé des programmes
et technologies afin que l'homme puisse séjourner sur la
Lune.
A plus long terme, les Japonais projetteraient d'ici 2025 l'installation
d'une base d'observation permettant de transmettre des informations
pertinentes et rapides à la Terre, sur l'arrivée d'éventuelles
catastrophes naturelles.
On
notera que la JAXA, Agence japonaise pour l'exploration aérospatiale,
a réussi le 26 février 2005 le lancement de la fusée
H-IIA (Launch Vehicle No. 7 H-IIA F7) avec le satellite multi-fonction
MTSAT-1R. Ce lancement était attendu avec beaucoup d'inquiétude
car deux lancements précédents s'étaient conclus
par des échecs.
Le
rôle des astrocytes dans la communication intra-cérébrale
JPB 03/03/05
Les
neurologues s'interrogent depuis longtemps sur le rôle des
cellules gliales qui remplissent l'espace interneuronal et constituent
une part importante de la masse du cerveau. On a cru jusqu'à
ces dernières années qu'elles avaient une utilité,
d'ailleurs mal perçue, dans le soutien et l'alimentation
des neurones. Mais aujourd'hui, diverses équipes s'intéressent
directement à leur rôle dans la neurotransmission des
informations. Ceci en ferait des compléments, des substituts
voire des rivaux des neurones. Ce sont en particulier certaines
de ces cellules gliales, les astrocytes, qui retiennent l'attention.
Les
astrocytes (Wikipedia) sont des cellules gliales de forme étoilée
que l'on trouve dans le cerveau et le système nerveux central.
On distingue deux types d'astrocytes:
• Astrocyte de type I, qui sont en contact avec les capillaires
sanguins grâce à leurs pieds astrocytaires. Ils jouent
un rôle actif dans le métabolisme et l'alimentation
en glucose des neurones.
• Astrocyte de type II, qui entourent le neurone et la fente
synaptique. Le taux de couverture peut varier de 1 à 100%
suivant le type de neurone.
Ce sont
ces derniers qui sont considérés comme les plus intéressants.
On suppose qu'ils jouent un rôle dans la propagation du signal
nerveux en agissant sur la dispersion des neurotransmetteurs (glutamate
; GABA, acétylcholine, dopamine). Lorsque l'influx nerveux
arrive au niveau de la synapse d'un neurone, il libère un
de ces neurotransmetteurs qui va se fixer sur des récepteurs
spécifiques à la surface d'un deuxième neurone,
ce qui re-génère l'influx nerveux au sein de ce deuxième
neurone. Or les astrocytes de type II disposent de bras astrocytaires
qui entourent la synapse. Leur rôle ne serait pas, comme on
l'a cru, d'isoler cette dernière de l'extérieur mais
au contraire de réguler, en l'amplifiant et en la bloquant,
la quantité des neurotransmetteurs échangés.
Ceci influencerait donc directement la communication interneuronale,
en la modulant selon des règles dont les fonctionnalités
restent à découvrir.
Mais cette activité ne serait pas la seule. La présence
de bras astrocytaires entourant les synapses permettrait l'apparition
d'une communication extraneuronale qui se produirait d'astrocytes
en astrocytes. Ceux-ci constitueraient alors un deuxième
réseau de transmission des données cérébrales,
en assurant des communications d'une synapse à l'autre par
l'intermédiaire de leur propre réseau. Ce réseau
fonctionnerait sur le mode chimique, lequel n'est pas détectable
par l'électro-encéphalogramme, comme l'est la propagation
de l'influx nerveux dans les axones neuronaux. Aujourd'hui, on peut
la mettre en évidence par l'utilisation de sondes fluorescentes
qui peuvent suivre les déplacements des molécules
dans les cellules (en l'espèce, des ions calcium, on parle
de « vagues calcium »).
Le rôle de ces réseaux astrocytaires, bien plus lents
que ceux utilisant l'activité électrique des neurones,
est encore loin d'être élucidé. Il pourrait
être différent selon les zones cérébrales
concernées. Mais ces réseaux interviennent certainement
dans les performances globales de la machine cérébrale,
notamment au niveau des tâches cognitives supérieures,
dans les différents types de mémorisation, ou dans
certaines déficiences. En tous cas, on retiendra une constatation
intéressante: le nombre d'astrocytes par neurone varie selon
les espèces. Plus celles-ci sont évoluées,
plus leur cerveau présente d'astrocytes.
Les observations évoquées ci-dessus n'ont encore été
faites que sur des cultures in vitro. Il faudra les reprendre in
vivo. Si on suppose que les astrocytes joue un rôle dans la
synchronisation de réseaux de neurones éloignés
les uns des autres, il faudra mettre en place des systèmes
d'observations portant sur l'ensemble de la masse cérébrale.
C'est loin d'être faisable aujourd'hui, mais ce le sera demain.
Les neurologues (faudra-t-il dire les gliologues ou les astrocytologues)
sont donc confrontés à des perspectives très
intéressantes. Il semble en tous cas que le vieux modèle
de la transmission interneuronale doive dorénavant être
abandonné au profit de modèles de communication infiniment
plus complexes. Ceux-ci feront sans doute apparaître des fonctions
cérébrales cognitives encore inconnues ou mal connues.
Verra-t-on alors les informaticiens, de leur côté,
développer non plus de «simples» réseaux
de neurones formels, mais des réseaux associant des neurones
et des astrocytes virtuels, capables de calculs beaucoup plus nuancés
que ceux permis par les neurones formels ?
La
revue Science & Vie, dans son numéro 1046 de novembre
2004, a publié une série d'images de la Terre obtenues
par le satellite européen Envisat. C'était une excellente
initiative. Il est à craindre que beaucoup d'Européens,
précisément, ne connaissent même pas l'existence
de ce satellite, conçu et mis en place par l'Agence Spatiale
Européenne (ESA) et pour lequel ils ont versé la modeste
somme de 7 euros par personne. Nous avons vu dans un article précédent
que le programme international GEOSS se préparait à
rassembler et synthétiser un grand nombre d'informations
fournies par différents systèmes satellitaires mondiaux
en charge de l'observation de la Terre. Ceci afin de mieux connaître
l'évolution des paramètres importants intéressant
l'évolution de l'atmosphère, des mers et des continents.
Envisat représente dans ce but un argument européen
de première importance.
Envisat est un engin de grande taille : 10 m. de haut, 25 m. de
large et 8 tonnes. Son orbite est circum-polaire. Il fait journellement
14 fois le tour de la terre. Sa bande d'observation revient à
son point de départ (du fait de la rotation de la planète)
tous les 35 jours.
Lancé en mars 2002 par une Ariane 5 (on tremble respectivement
au désastre qu'aurait été l'échec de
ce tir), Envisat a procédé depuis au réglage
de ses sept instruments, qui sont maintenant tous opérationnels,
(sauf à la date du 1er mars 2005 une anomalie réparable
sur l'analyseur GOMOS). Un colloque international s'était
tenu à Salzbourg en septembre 2004, devant 900 scientifiques
représentant 53 pays, pour analyser ces résultats.
C'est évidemment le rôle des données fournies
par Envisat pour la surveillance de la détérioration
de l'environnement et la prévention des risques majeurs qui
intéresse le plus la communauté internationale. Mais
plus généralement, la meilleure connaissance de la
façon dont fonctionne le système complexe que constitue
la Terre représente un gain inestimable. On notera à
cet égard qu'en quelques années, l'instrumentation
a fait des progrès extraordinaires, permettant par exemple
d'observer de 800 km d'altitude, à partir d'un véhicule
se déplaçant à 25.000 km/h, une élévation
du niveau des mers de 3 millimètres par an entre 1992 et
2004. De même, grâce à l'interférométrie,
il peut détecter des mouvements du sol de 1 mm.
Envisat a succédé aux deux satellites européens
ERS-1 et ERS-2. Il peut être couplé, en ce qui concerne
l'océanographie, aux satellites américano-européens
Topex-Poséidon et Jason. D'autres données sont rapprochées
de celles du satellite du CNES, SPOT, qui intéressent particulièrement
les services de sécurité civile dans divers pays.
Tout est-il donc pour le mieux ? Certainement pas. L'Europe ne doit
pas s'endormir sur ce succès incontestable. La première
question, urgente, concerne la décision de mettre en chantier
le successeur d'Envisat. Celui-ci devrait vivre jusqu'en 2010, mais
un accident peut arriver d'ici là. Or il faut au rythme actuel
4 à 5 ans pour construire un satellite analogue – durée
qui peut s'allonger compte tenu de la nécessité d'obtenir
l'accord des pays européens financeurs. Pour bien faire,
la décision devrait donc être prise en 2005.
Une autre question toute différente concerne l'éventualité
de rapprocher les informations fournies par Envisat et les autres
satellites civils de l'ESA ou des Etats-membres avec celles obtenues
par les satellites militaires européens. Chacun des partenaires
serait gagnant, semble-t-il, si des modes de coopération
clairs étaient arrêtés par les Etats européens.
Pour en savoir plus
Envisat http://envisat.esa.int/
Le site fournit de nombreuses images dont certaines sont mises à
jour en temps réel. Il s'agit d'un ensemble de documents
exceptionnels
Les instruments de Envisat :
- le spectromètre imageur MERIS
- le radar imageur ASAR
- le radiomètre AATSR
- le radar altimètre RA-2 couplé au radiomètre
micro-ondes MWR
- le système de positionnement DORIS
- le laser rétro-réflecteur LRR
- les analyseurs atmosphériques SCIAMACHY, MIPAS et GOMOS
On trouvera les détails de ces instruments et des exemples
de leurs applications sur le portail d'Envisat http://eopi.esa.int/esa/esa
Informations sur le symposium de Salzbourg http://earth.esa.int/salzburg04/