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Le
même jour où était annoncée l'implantation
d'Iter à Cadarache, nous apprenions que le projet européen
Galiléo de positionnement satellitaire avait enfin été
attribué à un consortium d'industriels européens.
La Commission, pendant de longs mois, inspirée par un malheureux
esprit de "mise en concurrence libérale", voulait
ne choisir qu'un des deux groupes en présence, ce qui aurait
condamné pratiquement le perdant à mort...et ce dont
ladite Commission n'avait apparemment rien à faire. Mais
finalement la raison a prévalu.
Le Galileo Joint Undertaking (GJU), créé par la Commission
européenne et l'Agence spatiale européenne (ESA),
a annoncé, par communiqué, avoir sélectionné
cette offre après avoir privilégié la piste
de la concurrence entre les deux groupes.
"L'évaluation de cette offre conjointe comparée
aux deux offres individuelles a démontré une réduction
significative de la contribution financière du secteur public
et un accroissement des recettes commerciales prévisibles",
peut-on y lire. Les deux groupes sont, d'une part, iNavSat - composé
de l'Européen EADS, du Français Thalès et du
Britannique Inmarsat - et, d'autre part, Eurely, qui comprend le
Français Alcatel, l'Italien Finmeccanica ainsi que les Espagnols
AENA et Hispasat. Dans un communiqué commun, Eurely et iNavSat
ont salué cette décision. "La décision
prise aujourd'hui par le GJU représente un pas important
pour le programme Galileo", ont-ils souligné, remarquant
que "la fusion des consortiums permettra de dégager
de nombreuses synergies".
Décision
concernant l'implantation du site d'Iter
JPB 28/06/05
(AFP)
Les partenaires du projet Iter ont signé mardi 28 à
Moscou une déclaration commune par laquelle ils choisissent
la France, avec son site de Cadarache, pour accueillir ce réacteur
expérimental de fusion nucléaire, un programme de
10 milliards d'euros étalés sur trente ans.
Cette
décision met fin à des mois de compétition
acharnée entre le Japon et l'Union européenne, avec
l'espoir de déboucher sur une nouvelle source d'énergie
propre. Tokyo, soutenu par Washington et Séoul, s'est battu
bec et ongles pour défendre jusqu'au dernier moment le site
de Rokkasho-mura, dans le nord de l'archipel.
Le
président Jacques Chirac s'est "félicité"
du choix de Cadarache (Bouches-du-Rhône) pour accueillir le
réacteur expérimental Iter et il se rendra jeudi sur
le site, a annoncé l'Elysée dans un communiqué.
Selon le chef de l'Etat, le choix de Cadarache est "un grand
succès pour la France, pour l'Europe et pour l'ensemble des
partenaires d'Iter".
"Le
président de la République, qui a engagé la
France pendant plus de deux ans dans cette négociation, se
félicite de la conclusion de cet accord qui prend pleinement
en compte les intérêts de l'ensemble des partenaires
du projet", a indiqué l'Elysée.
Jacques
Chirac a remercié la commission européenne et les
membres de l'Union européenne "pour leur soutien sans
faille dans la négociation", ainsi que "la Russie
et la Chine qui, dès l'origine, ont soutenu la candidature
de Cadarache".
L'Elysée
a en outre annoncé que le chef de l'Etat "se rendra
sur le site prévu pour Iter à Cadarache le jeudi 30
juin".
Jacques
Chirac a également adressé "un message de remerciements
au Premier ministre du Japon, M. Junichiro Koizumi, pour l'esprit
de dialogue et de confiance mutuelle qui a prévalu tout au
long des discussions et a ainsi permis d'atteindre un consensus
international pour le choix du site d'accueil d'Iter", a ajouté
la présidence.
Selon
M. Chirac, qui souligne "le défi scientifique et technologique
sans précédent", "cet accord ouvre la voie
à la réalisation en France de cet équipement
essentiel pour la recherche sur les énergies qui n'émettent
pas de gaz à effet de serre".
"
Le
porte-parole adjoint du gouvernement nippon, Seiken Sugiura, a admis
que le Japon se contenterait des compensations accordées
au "pays non hôte". Le "pays hôte"
assumera 50% des coûts de construction du réacteur,
estimés à 4,2 milliards d'euros, tandis que le pays
"non hôte" n'en financera que 10% et obtiendra la
direction de la gestion d'Iter. Le site franco-européen de
Cadarache avait les faveurs de Moscou et de Pékin".
Rappelons
que la décision d'installer Iter à Cadarache était
pour notre revue et pour ses lecteurs significative de la volonté
de continuer à faire de l'Europe un acteur majeur dans les
grands programmes technologiques. Nous avions d'ailleurs plaidé,
en cas de non accord avec le Japon et les Etats-Unis, la réalisation
d'un Iter purement européen, russe et chinois, ce qui ne
paraissait pas hors de portée de nos pays. La participation
des Etats-Unis et du Japon au projet, qui semble désormais
acquise, est sans doute une bonne chose. Mais il ne faudrait pas
qu'elle se traduise par une guérilla permanente interne,
pour la définition des phases et le choix des sous-traitants.
On veillera en particulier à ce que signifieront concrètement
les responsabilités du Japon en matière de "direction
de la gestion du projet". Nos amis japonais nous ont habitué
à cacher un train sous un autre train. On sait ce qu'ils
font en réalité derrière leur prétendue
"pêche scientifique" à la baleine.
Complément
à la date du 20/07/05
La
participation du Japon dans le programme Iter
Comme
on le sait, l'implantation du réacteur expérimental
Iter à Cadarache vise seulement à démontrer
la faisabilité scientifique et technique de la fusion nucléaire
appliquée à la production d'électricité.
Un certain nombre de physiciens doutent encore de cette faisabilité,
mais la question qui se pose aujourd'hui n'est pas là. Elle
est de savoir quelle part l'Europe prendra dans les recherches et
développements destinés à produire un premier
réacteur expérimental. Le Japon, soutenu par son allié
les Etats-Unis, a obtenu des avantages qui peuvent paraître
exorbitants, compte-tenu de sa participation au projet, chiffrée
à 10% environ. En effet, la machine Ifmif (International
Fusion Materials Irradiation Facility) destinée à
produire des matériaux, encore aujourd'hui inexistants, capables
de résister aux neutrons rapides produit par la fusion, sera
implantée au Japon. De même ultérieurement le
premier réacteur de démonstration, entre 2020 et 2025,
dit DEMO. Enfin le Japon compte bien prendre une large part à
la réalisation des outils robotisés nécessaires
aux développements du projet. Ceci est sans doute normal,
vu le caractère international du projet, mais il conviendra
cependant que les pays européens ne se dépossèdent
pas du savoir-faire dans ces différents domaines cruciaux.
Des réalisations en double seront sans doute nécessaires.
Un
correspondant, Shawn Mikula, Ph.D., Postdoc, Center for Neuroscience,
University of California-Davis, samikula at ucdavis.edu), que nous
remercions, nous signale l'existence d'un Atlas du cerveau publié
en Open source et destiné aux neurologues travaillant sur
Internet.
Il intègre des coupes numériques à haute résolution,
à l'intérieur desquelles il est possible de naviguer.
Les cerveaux utilisés ne sont pas des cerveaux humains, mais
des cerveaux de singes Rhésus. La transposition à
l'homme ne devrait pas poser de problèmes (question éthique
mise à part : serions-nous heureux de voir des tranches de
notre cerveau sur Internet? Après tout, pourquoi pas?). Ceci
dit, les enseignants et chercheurs apprécieront cet outil
qui apporte des possibilités considérables à
la représentation du cerveau et de ses fonctions. On pourrait
envisager que, grâce à une coopération entre
centres de recherches, il puisse gagner dans l'avenir en étendue
et en niveau de définition.
Ce
programme a été lancé en 2001 entre six partenaires
européens dans le cadre des financements de la Commission
européenne consacrés à la Société
de l'Information (IST programme). Il est désormais opérationnel.
Il a pour objet d'intégrer sous une norme d'architecture
commune et de présenter en 3D toutes les informations géographiques
obtenues par différents moyens d'observation de la Terre,
notamment les satellites. Les images 3D obtenues peuvent être
accédées et manipulées à partir d'un
ordinateur portable. Elles servent à de très nombreuses
applications: simulateurs de vol, représentation de paysages
en arrière-plan de simulation d'ouvrages d'art, études
de zones inondables, préparation de missions dans des territoires
mal connus, enrichissement de jeux vidéo et de films faisant
appel à la réalité virtuelle.
Les
partenaires sont pour la France le groupe CS (http://www.c-s.fr/),
l'IGN et le CNES. Pour l'Allemagne, on trouve le Space Agency and
Aerospace Research Centre (DLR, Deutsches Zentrum für Luft-
und Raumfahrt) http://www.dlr.de/
et pour l'Italie le Visual Computing group de l'Instituto di Scienza
e Tecnologie dell'Informazione (ISTI-CNR) http://vcg.isti.cnr.it/
complété du CRS4 (Center for Advanced Studies, Research
and Development) sarde, http://www.crs4.it/.
Robots
bipèdes marcheurs, oui. Mais à quand la généralisation
des robots coureurs ?
JPB 21/06/05
Science
& Vie de mai 2005 donne deux informations que l'on pourrait
rapprocher. La première concerne la mise au point par le
roboticien Andy Ruina du robot bipède marcheur Cornell, à
l'Université du même nom. Nous en avions déjà
parlé. La seconde information concerne une hypothèse
selon laquelle ce serait la course d'endurance qui a façonné
l'espèce humaine en assurant sélectivement sa survie
depuis au moins deux millions d'années. La course aurait
permis aux hominiens d'arriver les premiers sur des charognes lorsqu'ils
auraient aperçu des vols de vautours au-dessus de celles-ci.
Les arguments apportés par les anthropologues Daniel Liberman
(Harvard) et Dennis Bramble (Université d'Utah) paraissent
convaincants. Mais comme le type de course ayant assuré le
succès de l'homme étant un phénomène
unique chez les mammifères, il serait intéressant
d'essayer systématiquement de le reproduire chez des robots
marcheurs, afin de les rendre encore plus sélectifs. Beau
défi pour les biomécaniciens.
Reconstruction
du cerveau "in silico"
JPB 19/06/05
A
ceux qui estiment impossible de construire une machine informatique
qui fonctionne comme le cerveau, sous prétexte que celui-ci
n'est pas un ordinateur, IBM et l'Ecole Polytechnique Fédérale
de Lausanne EPFL répondent qu'avant de parler d'impossibilité,
il faut avoir essayé - et ce en utilisant les ressources
les plus récentes des composants électroniques. Les
deux partenaires viennent d'annoncer le 6 juin dernier le lancement
d'un projet nommé Blue Brain Project. Ce projet, supposé
devoir durer plusieurs années, commencera par la reconstruction
d'une colonne néocorticale. Il s'agit dans la nature d'un
élément cylindrique d'un tiers de mm de diamètre
et de 3 mm de long comprenant environ 10000 neurones. Présentes
par millions dans le cortex, ces colonnes constituent la matière
grise. Le supercalculateur Blue Gene L prété par IBM
comporte assez de processeurs indépendants pour émuler
le comportement de chacun de ces neurones (relations dendritiques
en principe incluses). L'EPFL apportera de son côté
les modèles du fonctionnement du cortex établi sous
forme de base de données par le Brain Mind Institute dépendant
d'elle. Biologistes et informaticiens coopéreront pour connecter
les cellules artificielles d'une façon ressemblant à
celle mise en oeuvre lors du développement du phénotype.
Ils observeront ensuite les résultats, non sans espérer
avoir à terme des surprises agréables - c'est-à-dire
découvrir des modes de fonctionnement dont ils n'avaient
pas soupçonné l'existence au sein du cerveau et qui
permettraient d'expliquer certaines propriétés de
l'intelligence et de la conscience non expliquées à
ce jour.
Bien
entendu, la réalisation d'une seule colonne néocorticale
ne suffira pas. Il faudra multiplier les colonnes et leurs connexions.
Mais dans une quinzaine d'années, la Loi de Moore aidant,
les responsables du projet ne désespèrent pas d'obtenir
l'équivalent in silico d'un cerveau humain entier. On voit
qu'une telle démarche est à l'opposé de celle
visant à reconstituer une conscience artificielle à
partir d'agents informatiques n'ayant pas de similitudes avec les
neurones. Là on essaiera de copier les structures biologiques
de cerveau aussi fidèlement que possible, afin d'observer
ce qui en résultera. Beaucoup de neuroscientifiques estiment
que le projet n'aboutira pas, mais ils ont beaucoup de mal à
justifier ce jugement, puisqu'ils ne peuvent pas montrer ce que
serait selon eux le "véritable" mode de fonctionnement
du cerveau.
L'automatisation des pharmacies consiste à automatiser par
des système de type robot ou automate la délivrance
du médicament. Le pharmacien saisit l'ordonnance informatiquement
et celle-ci est prélevée et acheminée par tapis
à bande ou par pneumatique.
Les principales marques sont européennes et américaines,
ces systèmes équipent les pharmacies d'hôpitaux et
les pharmacies de ville pour ce qui concerne l'Europe. Reste à
évaluer sérieusement l'intérêt de ces
systèmes.
Selon
Philippe Lévy, créateur
du cabinet conseil Néo Pharma, spécialisé dans
le développement des pharmacies:
Le
métier de pharmacien est un métier qui change parce
que nous changeons, parce que nos besoins en termes de santé
n'ont jamais été aussi complexes, parce que nos attentes
en termes d'écoute ne cessent de croître… bref
parce que nous n'avons jamais eu autant besoin de ces métiers
de proximité…
Le
médecin, et combien il est précieux, n'a plus vraiment
le temps de l'écoute, attaché qu'il est à recevoir
cette population qui vit de plus en plus longtemps, à trier
les patients qui doivent aller voir un spécialiste et, demain,
à essayer de désengorger les urgences.
C'est
donc vers la pharmacie que nous nous tournons pour pouvoir parler
de nos petits problèmes. Mais comment faire, alors que, dès
que nous lui donnons notre ordonnance, il disparaît dans l'arrière
boutique chercher pendant de longues minutes nos produits, ce qui
crée des attentes parfois interminables à certaines
heures de la journée ?
Alors pour accompagner ces changement de comportement les pharmacies
se modernisent et même s'automatisent ? Maintenant, le pharmacien
tape l'ordonnance sur l'ordinateur et c'est un robot ou un automate
qui prélèvent nos médicaments, les déposent
sur un tapis roulant ou dans un pneumatique et les envoient vitesse
jusqu'au comptoir. Les techniques de logistique jusque là
réservées aux industries sont désormais appliquées
dans les pharmacies de quartier!
Aujourd'hui
3 % des pharmacies sont équipées au niveau national,
au mieux une sur dix dans certains départements. Mais c'est
la pharmacie de l'avenir, plus technologique mais aussi plus humaine,
performante et sûre".
Ce
plan, nous citons: "établit
clairement ce que la Commission et les Etats membres doivent faire
pour que l'Europe reste un acteur de premier plan dans ce domaine.
Les actions portent notamment sur les investissements dans les N&N,
le renforcement des infrastructures, la formation d'experts interdisciplinaires,
la commercialisation, le dialogue avec la société,
les préoccupations en matière de santé, de
sécurité et d'environnement, et la coopération
internationale". Selon le Commissaire Potocnik:
"La nanotechnologie est un domaine
clé où l'Europe occupe une position de tête,
et nous devons consolider cette position. La nanotechnologie représente
un potentiel énorme pour l'industrie européenne et
pour la société en général, de sorte
que la recherche dans ce domaine doit bénéficier d'une
stratégie claire et d'une action décisive. Dans le
même temps, nous devons prendre en compte tout risque éventuel
en matière de santé, de sécurité et
d'environnement et y réagir dès que possible".
Le
potentiel auquel se réfère le Commissaire à
la science pourrait se chiffrer à des centaines de milliards
d'euros pour la décennie en cours, selon des analystes. La
Commission engagera des crédits dans le cadre du 7e PCRD.
Elle demande aux Etats de financer le plus grand nombre possible
d'actions complémentaires ou spécifiques, notamment
par la mise en place d'infrastructures de type "plates-formes
technologiques" . Le financement devrait englober les fonds
privés et publics et se baser sur les articles 169 et 171
du Traité CE, les fonds structurels et la Banque européenne
d'investissement (BEI).
Nous
ne sommes pas certains que l'Europe, comme le dit la Commission,
tienne la tête dans le domaine des nanosciences et nanotechnologies.
Mais de toutes façons, elle doit viser à disputer
le premier rang à ses concurrents. Ceci dit, les actions
envisagées ne risquent-elles pas la dispersion, le manque
d'évaluation et d'application, sinon un abandon pur et simple
à la première difficulté. C'est là,
comme dans les autres domaines véritablement stratégiques,
qu'il faudrait une action forte et continue menée par un
ou plusieurs organismes spécifiques, peut-être de type
Agence, qui donnerait aux chercheurs et industriels européens
une impulsion analogue à celle qu'ils reçoivent aux
Etats Unis de l'administration fédérale.
NB
: On constatera en attendant que, comme toujours, des opposants
aux sciences et technologies font de l'agitation pour inquiéter
l'opinion et susciter la peur. C'est le cas d'un groupe d'activistes
plus ou moins anonymes, le PMO, qui manifeste à Grenoble
contre les projets des pôles Minatec, Biopolis et Nanobio.
Il est normal de chercher à connaître les implications
sociales et économiques des technologies, mais ceci ne donne
pas tous les droits, notamment celui d'agresser les chercheurs et
les collectivités locales. Pour qui exactement roule le PMO?
Que veulent-ils? Du chômage? Le site, quoi qu'il en soit,
n'a rien de convaincant http://pmo.erreur404.org/.