Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
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Des
robots jockeys protecteurs des droits de l'homme CJ 29/07/05
Nous
sommes définitivement entrés dans l'ère des
robots. Vous en doutiez ? Et pourtant ceux-ci commencent à
s'immiscer partout, même au sein du sport préféré
des riches Emirats arabes : les courses de chameaux. Perchés
sur leurs montures, et pour la première fois(1),
7 robots se sont affrontés le 13 juillet dernier à
Doha (Qatar).
Contrôlés à distance par leurs propriétaires,
ces jockeys-robots savent donner les coups de reins adéquats,
mais aussi cravacher l'animal pour le forcer à accélérer.
Cet
événement est incroyablement fondateur car c'est la
première fois que des robots viennent ici défendre
les droits de l'homme. En effet, la plupart des pays du golfe persique
impliqués dans ces courses utilisent traditionnellement des
enfants comme jockeys, enfants approvisionnées par des trafics
avec le Bangladesh, le Sri Lanka ou le Pakistan, enfants maintenus
le plus souvent affamés pour ne pas peser trop lourd sur
leur monture. En décembre dernier, face à la pression
d'organisations militant pour des droits de l'homme(2),
les officiels du Qatar ont proscrit le recours à de telles
pratiques et interdit l'usage de jockeys enfants.
Dès
2004, sous l'impulsion du Sheik Abdullah bin Saud avait été
lancé un projet de robot jockey auprès de la société
K-Team, basée à Genève(3),
machine baptisée "K-Mel" qui se présente
sous la forme d'un androïde de 26 kilogrammes, bien moins lourd
qu'un homme(4).
Un marché vraiment prometteur lorsqu'on sait que les émirats
arabes unis ont à leur tour annoncé en avril dernier
l'usage de robots dans les courses et que, depuis mai, le sultanat
d'Oman a banni le recours aux enfants comme compétiteurs.
Conclusion
en forme de leçon philosophique : faudra-t-il finalement
user systématiquement de subsituts de nous-mêmes pour
enfin résoudre tous les problèmes de la planète
?
(1)
Notons que des essais pour la mise au point des robots avec les
ingénieurs s'étaient déjà tenus en mars
2004, donnant lieu à une course. (2)
Et même si le Qatar a toujours nié avoir recours à
de tels agissements...
(3) Société bien connue
des laboratoires, notamment par la commercialisation du robot Khepera.
(4) Conçu en tubes d'aluminium
et pouvant résister à la fournaise des déserts
d'Arabie, K-Mel est doté de 4 degré de liberté
: un sur le bras gauche, pour tirer ou relâcher les rênes
et trois sur le bras droit, pour frapper avec sa baguette ou la
faire tournoyer, ce qui produit un sifflement qui fait accélérer
le dromadaire.
Osaka,
bientôt capitale mondiale des robots ? CJ 28/07/05
Nous avions déjà signalé le projet "Robocity
CoRE, centre d'expérimentation en technologies robotiques
inscrit au coeur du plan de développement urbain de la ville
d'Osaka*.
Dans ce cadre, la municipalité a lancé un vaste projet
immobilier à proximité de la gare centrale d'Osaka,
sur 60 hectares de terrain, dédiés à l'accueil
d'entreprises, d'instituts de recherches et de sociétés
impliquées dans les développement et usages des technologies
robotiques.
"60% des robots existant dans le monde vivent et travaillent
au Japon. L'Archipel est le numéro un des technologies robotiques
qui sont un programme national soutenu par l'Etat. Le Japon sera
sans nul doute le premier pays du monde à introduire les
robots dans la vie quotidienne des citoyens. Donc il doit en même
temps devenir le plus fort promoteur de ces technologies",
explique Minoru Asada, l'un
des fers de lance des ambitions robotiques de la ville, et président
de la Fédération Robocup**.
Selon le ministère japonais de l'Economie, du Commerce et
de l'Industrie (METI), le marché des robots devrait représenter
quelque 54 milliards d'euros (7.200 milliards de yens) en 2025.
Osaka - dont les technologies robotiques sont
devenues la première priorité industrielle
- veut profiter de cette manne en attirant les entreprises japonaises
ou étrangères (américaines, chinoises notamment)
en s'appuyant sur l'attractivité que peut constituer l'environnement
scientifique local. Rappelons ici (notre
article du 5/05/04) la présence de nombreuses
sociétés renommées impliquées plus ou
moins directement dans le développement de technologies robotiques***.
Pour les promoteurs du projet, aucun doute possible : les robots
seront de mieux en mieux acceptés dans la vie quotidienne.
"L'une de nos ambitions est de permettre aux entreprises
de réaliser des expérimentations en grandeur grandeur
nature directement auprès du public", indique Shu
Ishiguro, directeur du laboratoire de robotique d'Osaka****. Selon
lui, les citoyens de cette ville auraient une plus forte capacité
à interagir avec les robots, étant plus habitués
que ceux des autres régions. Ils seraient aussi plus pertinents
dans leurs commentaires et moins réticents a priori. "Nous
voulons favoriser les interactions entre les chercheurs et les utilisateurs",
rajoute le chercheur, qui rappelle que les projets nippons visent
le développement de robots pacifiques de service, de secours,
de sécurité, d'assistance et de divertissement.
*
Voir notre article du 5 mars 2004 "Robots
japonais de nouvelle génération : stratégies
et opportunités". ** Osaka
a accueilli cette année, du 13 au 19 juillet, la 9ème
édition de la Robocup,
compétition internationale de robots, qui a réuni
plus de 330 équipes de roboticiens venus de 31 pays. La prochaine
compétition se déroulera l'année prochaine
à Brême (Allemagne).
*** Notons par exemple que la joint-venture "Roobo", basée
à Osaka, regroupe plus de 150
firmes autour de la robotique". Ces firmes sont dispersées
sur l'ensemble du territoire japonais.
**** Osaka
Robot society proof experiment initiative
La compagnie Hasbro va bientôt commercialiser son nouveau
Furby...
Rappelez-vous : Furby est ce jouet électronique apparu en
1998, succès commercial extraordinaire avec près de
40 millions de vente dans le monde. Le petit animal est de retour
dans une nouvelle version, avec une mémoire six fois plus
importante (500 ko) que son prédécesseur, le dotant
désormais d'un large éventail d'expressions, de mouvements
et un vocabulaire étendu. Il peut rire, sourire, froncer
les sourcils, haleter, bailler, exprimer la crainte ou l'ennui grâce
aux mouvements de son bec, de ses sourcils et de ses oreilles. Mais
plus impressionnant, ce nouveau Furby répond aux commandes
vocales : si vous lui demandez de vous dire une plaisanterie, il
le fera sur le champ.
Des capteurs sont incorporés sur son dos, sa bouche et son
estomac, qui répondent aux caresses et aux chatouilles. Furby
détecte aussi d'autres de ses congénères via
un capteur situé dans son ventre.
Prix de vente annoncé : 39.99
$. Sont prévues
des versions en
anglais, allemand, français, espagnol, japonais et italien.
Avec
iCat, Philips se lance dans la robotique ludique CJ 26/07/05
La robotique ludique fait des émules. Ce n'est pas un hasard
lorsque l'on sait que l'UNECE prévoit que 6,66 millions de
robots domestiques (utilitaires ou de divertissement) seront vendus
entre 2004 et 2007 (voir
notre actualité du 28/10/04). Il était
temps en effet que l'Europe réagisse face aux Japonais qui
dominent allègrement le marché.... C'est pourquoi
la société Philips espère développer
iCat,
robot chat qu'elle pourrait proposer au grand
public*. Reproduisant les expressions d'un visage humain,
il pourrait servir d'interface de contrôle simplifiée,
permettant de se faire comprendre par ses mimiques. Il pourrait
ainsi assister son utilisateur dans les tâches quotidiennes
telles que l'envoi de courriels, l'accession aux informations, la
sélection de la musique ou des photos et vidéos favorites,
et assurer la surveillance du logement.
Doté
de la reconnaissance vocale et de la parole, de la vision artificielle
et d'un visage animé (13 servomoteurs), l'iCat comprendra
les demandes, répondra, reconnaîtra le visage de ses
interlocuteurs, et fera quelques mouvements de tête en plus
de ses expressions faciales. Le robot, qui a été présenté
récemment à Eindhoven (Hollande) se connecte à
un PC via une interface USB. Son intelligence artificielle est organisée
dans une architecture logicielle multicouche qui inclue la simulation
de la motivation, des émotions, et un «moteur d'anticipation»
qui appréciera le comportement des utilisateurs en fonction
de leurs activités quotidiennes et du matériel présent
sur le réseau. Selon Philips Research, ce compagnon peut
aussi directement lire des photos, vidéos, et pistes audios
à partir du PC ou de l'Internet.
La firme peaufine désormais ce robot avec de nombreux universitaires
et laboratoires de recherches, qui doivent participer dès
cette année à ce projet.
* La commercialisation du prototype n'est pour l'instant destiné
qu'aux universités et laboratoires de recherche, en tant
que plate-forme expérimentale d'interaction avec les humains.
SENTRI,
système à base de réseaux neuronaux formels,
capable de localiser les tirs d'armes à feu CJ 23/07/05
Outre
son réseau de caméra de surveillance, la ville de
Chicago vient de compléter le dispositif avec l'utilisation
de SENTRI (Smart
Sensor Enabled Neural Threat), système
de détection des bruits des armes à feu.
Fabriqué et commercialisé par la société
Safety Dynamics, SENTRI utilise la technologie DSNN (Dynamic Synapse
Neural Network), algorithme issu des travaux sur les réseaux
neuronaux réalisés par l'équipe de Theodore
Berger basée à l'University of Southern California
(USC).
A l'aide de 4 microphones, le logiciel est capable de détecter
nimporte quel coup de feu, didentifier la source par
triangulation dans un périmètre de deux blocs dimmeubles,
dorienter ainsi les caméras
vidéos dans la bonne direction, l'alerte étant automatiquement
transmise au poste de commandement. Avec sa bibliothèque
de signatures acoustiques, le dispositif est suffisamment précis
pour discriminer les bruits inhérents à la ville (circulation,
travaux...) de ceux des armes à feu. Une trentaine de SENTRI
sont déjà en place dans les lieux à forte criminalité
et une douzaine dautres sont en cours dinstallation.
Un tel système devrait prochainement être installé
dans les villes de Los Angeles, Philadelphie et San Francisco.
Notons que Safety Dynamics travaille avec lUS Army et la Navy
pour mettre au point une version militaire du produit.
Jesse
Sullivan, ou l'homme au bras bionique CJ 23/07/05
Jesse
Sullivan, 58 ans, peut comme nous utiliser son bras en commandant
ses mouvements avec son cerveau. Sauf qu'ici, le bras en question
est une prothèse, un bras bionique de dernière génération,
qui lui a été implanté par
les scientifiques de linstitut de réadaptation de Chicago
(RIC) Cet électricien
américain, qui avait perdu ses deux bras à la suite
dun accident provoqué par une décharge électrique,
peut de nouveau disposer de son autonomie. ll
peut maintenant soulever son coude ou ouvrir et fermer sa main.
La prothèse lui permet même d'effectuer des mouvements
précis, comme ouvrir une boîte de conserve ou décapsuler
les bouteilles.
Cette prouesse médicale est le résultat des extraordinaires
avancées de la technologie bionique visant à interconnecter
le cerveau humain à des neuro-prothèses. Les quatre
nerfs principaux qui parcouraient les bras de Jesse Sullivan ont
été prélevés après l'accident,
puis implantés sur son thorax. Les
nerfs se sont alors développés dans les muscles, ce
qui lui a permis de commander son bras bionique à laide
de son cerveau. Une véritable première puisque jamais
encore n'avait été tentée sur l'homme une greffe
nerf-muscle pour relier un membre artificiel au cerveau.
Les scientifiques tentent aujourd'hui daméliorer encore
le dispositif bionique en le complétant avec des capteurs
qui pourront indiquer précisément quelle force exercer
en fonction de lacte à accomplir.
Notons que ces
recherches sont activement soutenues par la DARPA (Agence des projets
avancés de recherche de la défense américaine)
qui souhaite notamment que les 500 militaires américains
revenus estropiés des conflits dIrak et dAfghanistan
puissent bénéficier le plus rapidement possible de
tels systèmes.
Vidéo+Blog=Vlog.
C'est le nouveau concept de communication proposé par les
bloggers (aujourd'hui innombrables) utilisant des caméras
vidéo plus ou moins rudimentaires (celles des mobiles téléphoniques
par exemple) pour saisir des scènes susceptibles d'illustrer
leurs blogs. Un certain Chuck Olsen explique dans Wired comment
cela pourra révolutionner la presse en ligne, en donnant
à un nombre accru de personnes la possibilité de produire
des documentaires sur des sujets ignorés ou dédaignés
par la presse actuelle. Certains journaux américains envisagent
d'ailleurs d'acheter de telles productions pour enrichir leurs contenus.
Le
projet "New and Emergent World models Through Individual, Evolutionary
and Social Learning" ou NEW-TIES
JPB 20/07/05
La
revue NewScientist présente à la date du 14
juillet 2005 un projet européen destiné à s'étendre
sur 36 mois et visant à créer une société
virtuelle d'agents dotés de certaines capacités analogues
à celles des humains, destinés à évoluer
en interaction afin de permettre l'émergence de comportements
sociaux non programmés à l'avance. Il s'agit, dans
un univers de vie artificielle analogue à celui des jeux
numériques de renouveler les expériences faites actuellement
au sein de populations de robots autonomes dotés de corps
physiques. L'équipe en charge comprend des informaticiens,
des spécialistes d'intelligence artificielle et des sociologues.
Les universités en charge de l'étude sont celles du
Surrey et de Napier (UK), Tilberg et Vrije (Hollande) ainsi que
Eötvös Loránd (Hongrie).
Le
projet vise à créer une société artificielle
évolutionnaire capable d'explorer et comprendre son environnement
à travers la coopération. Les agents sont suffisamment
complexes et l'environnement suffisamment exigeant pour permettre
de développer un système commun d'adaptation. Les
promoteurs du projet espèrent voir se créer des modes
de communication sur le type langagier qui devraient les éclairer
sur l'émergence des langages dans les sociétés
animales et humaines.
L'expérience
mettra en oeuvre 1000 agents appelés à vivre dans
un monde simulé répartis sur un réseau de 50calculateurs
fournis par les universités participantes. Chaque agent pourra
accomplir des tâches variées, telles que se mouvoir,
rechercher d ela nourriture ou construire des structures simples.
Mais ils pourront aussi communiquer et coopérer. Une société
originale devrait se construire en conséquence. De plus,
les agents pourront se reproduire par accouplement avec des partenaires
du sexe opposé, leurs descendants héritant d'une sélection
des gènes parentaux.
Certains
observateurs estiment que cette expérience n'apprendra pas
grand chose en matière de sociologie évolutionnaire,
sauf en ce qui concerne la manipulation des outils de la réalité
virtuelle. Il suffirait d'observer les sociétés humaines
ou animales pour en savoir beaucoup plus. Mais ils font, pensons-nous,
une erreur méthodologique fréquente. Observer ce que
l'on croît déjà connaître n'apprend rien
de nouveau. Laisser un système s'auto-organiser selon ses
lois propres peut au contraire conduire à des découvertes
d'importance, y compris en ce qui concerne les processus sociaux
humains qu'en fait on ignore. Nous suivrons donc avec beaucoup d'intérêt
les développements du projet.
(Image: NS et Ben Paechter)
Le
12 juillet, à l'issue de la réunion du Comité
interministériel d'aménagement et de développement
du territoire (CIADT), le Premier ministre a révélé
les 67 "pôles de compétitivité" labellisés
par le gouvernement. Une liste très attendue par des centaines
de collectivités territoriales, d'entreprises, d'universités
ou centres de formation et de chercheurs, car elle déterminera
en partie la carte des emplois et des zones de dynamisme industriel
en France. Le gouvernement a donc décidé de d'encourager
un maximum d'initiatives. Il doublera les moyens financiers qui
avaient été prévus par le CIADT de septembre
2004 : de 750 millions d'euros sur trois ans, le budget passera
ainsi à 1,5 milliards. Cela comprend 300 millions d'allégements
fiscaux (exonération d'impôt sur les sociétés)
et sociaux (exonérations de cotisations sociales pour les
chercheurs) et 400 millions de crédits d'intervention ministériels
(répartis entre le ministère de l'industrie, de la
recherche et de l'aménagement du territoire). Cela comprend
surtout 1,5 milliards d'euros qui devront être versés
par les agences en cours de création, comme l'Agence pour
l'innovation industrielle (AII), l'Agence nationale de la recherche
(ANR) ou Oséo, l'organisme de financement qui regroupe trois
anciennes structures : l'Anvar, la Sofaris et la BDPME. M. de Villepin
avait déjà annoncé dans son discours de politique
générale que leurs moyens seraient augmentés,
grâce aux recettes de privatisation ou de cessions d'actions
par l'Etat. Certains
se plaignent de la dispersion. Ils auraient voulu privilégier
une douzaine de pôles forts. Mais nous ne sommes pas de cet
avis. Il existe énormément de projets scientifico-industriels
ne nécessitant que peu de crédits au départ,
mais un peu de soutien politique et administratif. On peut espérer
qu'ils l'obtiendront si la démarche globale "ratisse
large". Dans les regroupements autour de grandes entreprises,
ces dernières ont tendance à étouffer les initiatives
qui n'émanent pas de leur sein. En l'état actuel de
faiblesse de l'innovation, il faut au contraire donner le maximum
de chances au maximum de candidats.
Ceci
dit, cette solution ne réglera évidemment tous les
problèmes du financement de la recherche, même si on
ne considère que celui intéressant l'innovation industrielle.
Comment seront attribués les moyens? On verra sans doute
intervenir des facteurs de politique locale qui ne seront pas nécessairement
les plus efficaces. Si par ailleurs, on fait appel à des
experts, ceux-ci auront-ils la compétence pour traiter des
questions vraiment émergentes? Enfin, comment seront assurées
les liaisons avec d'éventuels financements communautaires?
Plus généralement, en ce qui concerne les relations
entre la recherche et le public, il faudra que chaque regroupement
ou cluster fasse des efforts suffisants pour informer toutes personnes
intéressées de sa stratégie et des développements
de ses travaux.
Nous
reviendrons sur ces sujets très importants dans nos prochains
numéros.
Implants
neuronaux et contrôle social
JPB 12/07/05
Sur
ce sujet, qui donne matière à beaucoup d'interrogations,
tant sur la fiabilité réelle des dispositifs proposés
que sur leurs avantages et risques, y compris politiques, signalons
un article dont l'auteur est un informaticien français, Alain
Goumy. L'article est daté du 3 avril 2005 et nous semble
bien documenté. Il s'intitule "Implants neuronaux
: vers un contrôle social absolu ? " et peut être
lu à l'adresse suivante: http://www.jp-petit.com/BIG%20BROTHER/implants_neuronaux_Goumy.htm
L'article est hébergé sur le site de Jean-Pierre Petit,
personnalité originale qui navigue entre vulgarisation scientifique
et science fiction.
Faut-il
s'en féliciter, mais l'imagination des chercheurs n'est pas
en défaut quant il s'agit de contrôler (monitor) les
neurones. La National Science Foundation publie ces jours-ci une
information concernant l'envoi de nano-circuits (nanowires) dans
les aires cérébrales en utilisant les vaisseaux sanguins.
Ces circuits devraient remplacer les liaisons déficientes
ou les stimuler. L'équipe est composée de Rodolfo
R. Llinás de la New York University School of Medicine, de
Kerry D. Walton, de la même Université, de Masayuki
Nakao de l'University de Tokyo, ainsi que de chercheurs du MIT.
Trouvera-t-on de nombreux candidats pour tester cette technique
quelque peu invasive? http://www.nsf.gov/news/news_summ.jsp?cntn_id=104288&org=NSF
&from=news
"Nanotechnology is becoming one of the
brightest stars in the medical and cognitive sciences," dit
Mike Roco, Senior Advisor for Nanotechnology à la National
Science Foundation (NSF). Image NSF
Deep
Impact
JPB 04/07/05
La
presse internationale n'a pas manqué de saluer le succès
de la rencontre entre l'"impacteur" de la Nasa et la comète
Tempel 1, le 4 juillet, exactement comme il était prévu,
à 133 millions de km de la Terre et après une trajectoire
de 430 millions de km. On notera que l'impacteur, largué
par la sonde mère à une distance de 500 km environ,
n'a pu atteindre sa cible, minuscule à cette distance, que
grâce à un système de conversation en temps
réel entre son appareil de visée et ses propres moyens
de correction de trajectoire, complété d'un dialogue
avec la sonde. Il s'agit évidemment d'une grande première,
dont la Nasa peut se féliciter. Pour un budget relativement
modeste de 330 millions de dollars, elle a capté l'intérêt
des observatoires du monde entier, sans parler de l'immense impact
médiatique de cette belle opération - judicieusement
choisie pour aboutir le 4 juillet, Independance Day.
Ceux
qui, comme nous, souhaiteraient voir l'Europe attacher un peu plus
d'intérêt à sa politique spatiale ne peuvent
qu'envier l'habileté de la Nasa à donner du relief
à ses opérations. C'est toute l'influence des Etats-Unis
dans le monde qui en profite. Ainsi, avec Deep Impact, les commentateurs,
à tort ou à raison, attribuent par avance à
la Nasa la responsabilité de sauver la Terre d'une future
collision avec un astéroïde, un "géocroiseur",
en le détruisant ou en le détournant de sa route grâce
à une interception réussie. On peut toujours rêver.
Rappelons
que trois autres missions du même type sont actuellement en
cours:
-
Stardust de la Nasa qui a récupéré de la poussière
dans la chevelure de la comète Wild 1 en janvier 2004 et
qui est attendue sur Terre le 16 janvier 2006.
- La sonde Hayabusa lancée par l'Agence spatiale japonaise
en mai 2003 vers l'astéroïde Itokawa. Cette sonde utilise
la propulsion par moteur ionique. Elle orbitera 5 mois autour de
ce géocroiseur, puis le frôlera sans pouvoir se poser
dessus. Elle le bombardera alors d'un projectile afin de récupérer
des débris, puis larguera un petit robot à sa surface
pour le photographier. Retour sur Terre prévu pour l'été
2007.
- Enfin, la grande mission européenne vers la comète
Churyumov-Gérasimeko déjà mentionnée
par nous. La sonde Rosetta a été lancée en
février 2004 après moult émotions et atteindra
la comète en août 2014. Son programme d'étude
est ambitieux. Il comporte l'atterrissage du robot-laboratoire Phylae
doté de 10 instruments, dont les données seront rapatriées
vers la Terre par Rosetta, sauf incidents toujours possibles.
Echec
de Cosmos 1 JPB 04/07/05
Cosmos
1, le premier engin spatial utilisant une voile solaire, avait été
lancé le 21 juin par un missile ICBM tiré d'un sous-marin
russe en mer de Barentz. Il s'agissait d'un projet privé
américain, financé par la Planetary Society et les
Cosmos Studios, qui produisent des expériences pédagogiques
scientifiques destinées au grand public. Le système
avait été développé en liaison avec
la Lavochkin Association et le Space Research Institute russe. L'objectif,
suivi avec intérêt par les grandes agences spatiales,
était d'expérimenter la propulsion photonique, c'est-à-dire
l'effet produit par le choc de photons solaires sur un écran
de grande dimension servant de voile. Mais l'expérience a
tourné court, du fait de la défaillance du moteur
du premier étage du missile porteur. Il est vrai que le budget
de la mission, limité à 4 millions de dollars, n'avait
pas permis de faire appel à des moyens de lancement moins
hasardeux. Cet échec ne remet pas en cause le principe de
la propulsion photonique, qui pourrait dans l'avenir servir de moteur
inépuisable à des engins de plus grande taille, visant
les astres lointains.
C'est la première fois que des fonds privés s'investissent
dans l'espace profond. Les spécialistes de l'espace félicitent
la Planetary Society de son initiative désintéressée,
qu'ils estiment exemplaire. C'est la première fois que des
amateurs s'essaient à concurrencer les grandes agences spatiales
en encourageant des techniques innovantes jusqu'à présent
dédaignées. On souligne que la propulsion solaire
pourrait se révéler une solution de grand avenir.
Ne nécessitant pas de carburant et s'exerçant sur
des durées de temps illimitées, elle pourrait conférer
aux engins spatiaux des accélérations considérables.
Eric Drexler a calculé qu'une voile solaire d'une surface
de 6 km2 (surface considérable il est vrai au
regard des standards actuels) pourrait atteindre Pluton en 18 mois
en emportant une charge utile de 6 tonnes. Cette distance avait
été couverte en 18 ans par la sonde américaine
Pioneer 11. On souhaitera dans l'avenir que la Planetary Society
ou quelque autre fondation analogue puisse reprendre ces expériences,
avec des financements substantiels de l'Esa ou de la Nasa.