Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
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Le
projet européen de micro-robots I-SWARM
JPB 30/09/05
Le
projet I-SWARM (Intelligent Small World Autonomous Robots for Micro-manipulation)
vise à développer des armées de microrobots
(plus de 1000) destinés à explorer les milieux dangereux
ou inaccessibles. Il s'agit d'un programme européen (IST
FET-open Project 507006) doté de 4,4 millions d'euros, qui
se déroulera de 2004 à 2008. Il rassemble des experts
en microrobotique, en systèmes distribués et adaptatifs,
en systèmes auto-organisationnels biologiques (essaims).
L'objectif sera de fabriquer en masse de tels microrobots, qui seront
équipés individuellement d'une intelligence embarquée
limitée, mais dite "pré-rationnelle". Différents
types de robots seront définis, dotés de capteurs,
manipulateurs et moyens de calcul variés. Au-delà
de l'exploration, ils devraient pouvoir accomplir en essaim des
tâches de micro-assemblage, d'intervention sur le vivant ou,
plus simplement, de nettoyage des pièces délicates
d'une machine. Plusieurs universités européennes sont
impliquées dans le projet, mais aucune n'est française...
une fois de plus.
Des
tablettes pour stocker de l'hydrogène
en toute sécurité
JPB 27/09/05
Le
stockage de l'hydrogène carburant pose de grands problèmes:
manque de sécurité, encombrement,... L'utilisation
commode de l'hydrogène dans les moteurs à explosion,
qui rendrait d'inestimables services dans la recherche d'une énergie
propre, suppose donc d'autres solutions. L'université Technique
du Danemark (DTU) en propose une qui paraît séduisante.
Les chercheurs y ont développé une "tablette"
qui conserve l'hydrogène de façon stable sous forme
d'ammoniac absorbée par du sel de mer. L'ammoniac est produite
en combinant l'hydrogène à stocker avec de l'azote
atmosphérique. Pour utiliser l'hydrogène, il suffit
de décomposer l'ammoniac à travers un catalyseur qui
restitue H et N, apparemment sans fuites d'ammoniac. L'hydrogène
lui-même pourra être produit de façon non polluante,
par exemple à partir de fermes d'éoliennes, de plus
en plus répandues au Danemark
Selon
le Pr. Claus Hviid Christensen (département de Chimie de
DTU), un réservoir d'automobile empli de ces cristaux ou
tablettes peut permettre de rouler 600 km, comme s'il utilisait
de l'essence ordinaire. Soucieux de développer et de commercialiser
la technologie, l'équipe de chercheurs danois vient de fonder,
avec la participation du DTU et de SeeD Capital Denmark, la société
Amminex A/S. Comme quoi la vieille Europe ne paraît pas à
court d'idées neuves. Encore faut-il, comme au Danemark,
savoir encourager le développement commercial des idées
des chercheurs.
Alors
que Philips tablait sur une période de deux ans avant de
pouvoir lancer la commercialisation dappareils équipés
décrans enroulables, il semble que ce délai
va être revu à la baisse, puisquun prototype,
le "Readius" [certains disent Radius], léquivalent
du PDA de demain, vient de voir le jour dans lentreprise néerlandaise.
Muni dun écran monochrome de 5 pouces, soit environ
12,7 cm (écran QVGA, 320 x 240 pixels ), pouvant être
enroulé et déroulé à volonté.
Philips démontre ici son savoir-faire en matière de
conceptualisation dun nouveau produit en temps record. Le
Readius servira, à définir les besoins des consommateurs
afin de fournir dans un court laps de temps des appareils de grande
consommation, accessibles et utiles à tous.
L'affichage monochrome offre un taux de contraste de 10:1. Ce type
d'écran pourrait être utilisé pour de nombreux
périphériques, on parle notamment de journaux électroniques
ou encore de PDA flexibles qui seraient accompagnés d'un
écran souple et d'une connexion WiFi.
Les produits basés sur ce développement de Philips
Polymervision devraient être disponibles d'ici deux ans. La
production de ces écrans, elle, devrait débuter durant
le second semestre 2005.
Ecran
déroulé
Readius se présente comme une feuille enroulable de 0,1
mm d'épaisseur.
Affichant jusqu'à quatre niveaux de gris, il permet de
lire sans difficulté textes, graphiques ou cartes même
en pleine lumière. De chaque côté de l'écran
viennent prendre place les composants nécessaires au
fonctionnement de l'assistant.
Ecran
enroulé Lorsqu'on a fini d'utiliser l'écran, il suffit de
l'enrouler pour qu'il n'occupe plus qu'un volume réduit.
Autre avantage : le Readius ne consomme que très peu
d'énergie.
Bruce
Donald, professeur dinformatique à Dartmouth et son
équipe ont créé le plus petit robot électrostatique
contrôlable au monde. D'une dimension de 250 microns(1)
de long sur 60 de large (soit la largeur d'un cheveu) et
10 microns d'épaisseur, manoeuvrable aussi facilement quune
voiture, ce robot de silicium peut sorienter et se diriger
sur une surface plate en rampant à la manière dun
ver en effectuant des dizaines de milliers de pas de 10 nanomètres(2)à chaque seconde(3).
Selon l'équipe, cette découverte ouvre la voie à
une nouvelle génération de micro-robots encore plus
minuscules. Si en général, les machines miniatures
ont tendance à adhérer à tout quelles
touchent, ici rien de tel : plutôt que de concevoir un système
avec des roues, et des joints articulés qui doivent glisser
sans à-coup sur leurs roulements, le micro-robot se déplace
ici simplement en dépliant son corps. Le robot pivote en
étendant son "pied" autour duquel il réalise
un virage serré.
Pour faire court, disons que cette machine, 100 fois plus petites
que les micro-robots déjà réalisé, intègre
une alimentation en courant, des fonctions de locomotion, de transmission
et un système de direction contrôlable, soit une combinaison
de fonctionnalités jamais atteinte auparavant dans une machine
aussi petite.
Le robot nest pas préprogrammé pour se déplacer
mais télécommandé(4),
et est mû grâce à la grille délectrodes
sur laquelle il se déplace. Cette dernière lui fournit
son énergie, mais aussi les instructions qui lui permettent
de manoeuvrer librement au-dessus des électrodes sans aucune
attache avec elles. Ainsi, le prototype est capable de se mouvoir
librement sur une surface sans les fils ni les rails qui contraignaient
le mouvement de micro-robots précédemment développés.
Des
applications sont envisageables dans le domaine de la sécurisation
de l'information, de la biomédecine et des biotechnologies
Une communication des chercheurs(5)
aura lieu en octobre 2005 à San Fransisco, lors du 12ème
Symposium International sur la Recherche en Robotique
(1)
10-6 mètre.
(2) 10-9 mètre.
(3) Ce qui est étonnement rapide,
vu la taille du robot
(4) Le robot contient deux micro-servocommandes
indépendantes, une pour la marche avant et une pour la rotation.
(5) "A Steerable, Untethered,
250 x 60 µm MEMS Mobile Micro-Robot" (with C. Levey,
C.McGray, I. Paprotny, and D. Rus). 12th International Symposium
of Robotics Research (ISRR), October 12-15, 2005, San Francisco,
CA. In press.
L'article, également sous presse pour le Journal of Microelectromechanical
Systems,sous le titre "An Untethered, Electrostatic, Globally-Controllable
MEMS Micro-Robot" (with C. Levey, C.McGray, I. Paprotny, and
D. Rus), est disponible sur le web : http://www.cs.dartmouth.edu/brd/4/jmems05/donald-jmems05.pdf]
Privilèges
immunologique et régénérateur des cellules
souches embryonnaires
JPB 23/09/05
Les
généticiens demandent depuis longtemps l'autorisation
d'exploiter les ressources thérapeutiques probablement considérables
des cellules souches embryonnaires. Un grand nombre de pays ne les
autorisent pas actuellement à travailler à partir
de telles cellules prélevées sur des embryons humains,
même au stade le plus précoce du développement
de ceux-ci. En revanche, l'expérimentation sur les cellules
souches embryonnaires animales n'est nulle part pas interdite. Une
équipe française vient de démontrer l'intérêt
de la greffe de cellules souches embryonnaires provenant de la souris
pour régénérer le tissu cardiaque de moutons
frappés à titre expérimental d'infarctus ayant
détruit une partie de leur tissu cardiaque. Bien que provenant
d'une espèce différente, ces cellules ont été
bien acceptées par les receveurs, sans provoquer de réactions
nécessitant un traitement immunosuppresseur. Par ailleurs,
orientées vers un lignage cardiaque alors qu'elles étaient
auparavant dans un état non encore différencié,
elles se sont convenablement transformées en cellules cardiaques,
sans cependant bourgeonner au point de provoquer des tumeurs adventices.
Les chercheurs pensent que seules les cellules souches embryonnaires
possèdent ce double privilège, immunologique et de
différenciation, contrairement aux cellules souches prélevées
dans la moelle ou sur d'autres tissus d'un organisme adulte. Ceci
ouvrirait donc de nouvelles perspectives en matière de traitement
d'un coeur humain atteint par un infarctus. Mais greffera-t-on sur
l'homme des cellules souches embryonnaires de souris, voire de singes
? Il vaudrait sans doute mieux, toutes choses égales d'ailleurs,
utiliser des cellules souches embryonnaires humaines. D'où
l'intérêt d'autoriser pleinement l'expérimentation
sur ces cellules, provenant comme on le sait d'embryons clonés
dont le développement a été précocement
interrompu.
Ayons pour terminer une pensée pour les moutons du groupe
témoin qui n'ont pas reçu de cellules souches et qui
sont morts cardiaques.
Pour
en savoir plus
L'équipe en charge de l'expérience est celle du Dr
Michel Pucéat, Centre de recherche de biochimie moléculaire
CNRS FRE2593 de Montpellier et du Pr Philippe Menasché, Hopital
européen Georges-Pompidou Paris. Voir The Lancet, http://www.thelancet.com,
sur souscription: Transplantation of cardiac-committed mouse
embryonic stem cells to infarcted sheep myocardium: a preclinical
study
Ménard C, Hagège AA, Agbulut O, Barro M, Morichetti
MC, Brasselet C, Bel A, Messas E, Bissery A, Bruneval P, Desnos
M, Pucéat M, Menasché P
The Lancet - Vol. 366, Issue 9490, 17 September 2005, Pages 1005-1012
Le
robot aspirateur Roboking II
CJ 22/09/05
Avec
son nouveau robot aspirateur Cleaner Roboking II, la compagnie
coréenne LG Electronics veut introduire dans une nouvelle
ère les normes technologiques de ce compagnon ménager.
Selon C. H. Lee, président du développement de LG
Electronics, le robot dispose d'une batterie 8 fois plus performante
que les modèles précédents, ainsi qu'une force
d'aspiration 10 fois plus puissante : "Le robot a une puissance
d'aspiration qui atteint les 100 watts(1).
Sa batterie Lithium polymère (Li-PB), qui se charge en 2h
30mn seulement, offre une moyenne de vie 3 à 4 fois plus
longue que celle de ses concurrents".
Doté de 21 senseurs, le Roboking utilise aussi un gyrodétecteur
unique de direction ajustée(2),
ce qui lui permet de trouver intelligemment son chemin et
de faire son office jusque dans le moindre petit recoin de la maison.
Question filtrage, C.H Lee est fier d'annoncer que l'appareil utilise
un système à cinq étapes et une valve qui empêchent
le reflux des poussières aspirées. "Et pour
la première fois dans l'histoire de l'industrie de l'aspirateur
robotique, le système regroupe deux micro-filtres à
haute pénétration d'air".
Objectif du géant sud-corée : positionner la marque
sur le marché mondail de l'électroménager haut
de gamme.
Prix annoncé : 1435 dollars
(1)
La plupart de ses concurrents de haut niveau atteignent une
puissance d'aspiration qui varie entre 30 et 70 watts. (2) Le détecteur gyroscopique
est un outil qui est notamment utilisé dans l'aéronautique,
pour la navigation des satellites....
Les
chercheurs étrangers aux Etats-Unis. Opportunités
et risques signalé par Bernard Lang (20/09/05)
Les
autorités académiques et politiques américaines
font de grands efforts pour attirer dans les universités
et les entreprises le plus grand nombre de chercheurs étrangers
possible. Elles y réussissent puisque aujourd'hui on estime
que par exemple un tiers des Ph.D en science et engeneering vont
à des diplômés nés hors des Etats-Unis.
Il s'agit d'un véritable écrémage, pour reprendre
le terme employé par les Américains eux-mêmes,
des meilleurs cerveaux mondiaux, en Europe et aussi évidemment
en Chine, en Inde et ailleurs. Mais ce mouvement, pour certains
responsables de la sécurité nationale, soulève
quelques inquiétudes. Comment retenir ces chercheurs et,
si besoin, comment s'assurer de la continuité de leur adhésion
morale aux grands fondamentaux de la "civilisation américaine"
et aujourd'hui, de la lutte contre les forces du mal ?
Un
débat récent, fort instructif, sur ce sujet a eu lieu
à la Chambre des représentants le 15 septembre 2005,
devant le Subcommittee on Immigration, Border Security, and Claims,
dans le cadre d'une audition significativement consacrée
à la lutte contre l'espionnage (Hearing on "Sources
and Methods of Foreign Nationals Engaged in Economic and Military
Espionage."). Un rapport a été présenté
sous le titre The Importance of Foreign-born Scientists and
Engineers to the Security of The United States, par William
A. Wulf, Ph., President, National Academy of Engineering, The National
Academies.
Nous
ne pouvons que vous renvoyer à la lecture, très instructive,
de ce rapport. La volonté de contrôler les activités
des chercheurs étrangers ne va-t-elle pas prochainement rendre
la vie difficile à certains de ceux qui ne feront pas explicitement
allégeance? A quand des comparutions devant des commissions
chargées de prévenir les activités anti-américaines.
Un
Réseau d'excellence européen pour les bio-nanotechnologies signalé par Roger Grattery (20/09/05)
Frontiers,
le réseau d'excellence des nanotechnologies appliquées
aux sciences biologiques, annonce sa première assemblée
annuelle (du 19 au 21 septembre 2005 à l'Université
de Karlsruhe). Frontiers annonce aussi, un an après son lancement
en août 2004, une évaluation de sa première
année d'activité.
Frontiers,
qui est parrainé par le sixième programme-cadre (FP6)
de la Commission Européenne, se focalise sur les recoupements
entre les sciences biologiques et les nanotechnologies. Le réseau
regroupe douze instituts de nanotechnologie renommés en Europe
et rassemble les expériences et les connaissances d'environ
200 scientifiques et chercheurs. En font partie, notamment, l'Université
de Cambridge, l'Institut Max Planck en Allemagne et le groupe des
nanosciences de Toulouse en France.
Frontiers
vise à renforcer la position de l'Europe dans les domaines
des nanotechnologies appliquées aux sciences biologiques
et à établir un leadership de recherche et d'innovation
en créant des structures qui s'appuient sur les atouts et
les installations existants des partenaires du réseau. Le
consortium cherche aussi à mieux se mesurer à ses
concurrents principaux en matière de nanotechnologies, les
États-Unis et le Japon.
La
conférence annuelle de Frontiers est un événement
de trois jours organisé à l'Université de Karlsruhe
à partir du lundi 19 septembre 2005. Y sont prévues
des présentations sur la nano-instrumentation, la nano-fabrication
et les surfaces biologiques. Il y aura également des débats
sur la commercialisation des nanotechnologies, les droits de propriété
intellectuelle ainsi que les problèmes de discrimination
sexuelle et les questions éthiques soulevées par la
recherche nanotechnologique.
De
plus, un panel de discussion, auquel participeront deux représentants
de la Commission Européenne et un assesseur externe, procédera
à une évaluation de Frontiers. L'objectif en est de
déterminer les progrès, les étapes et les réalisations
du réseau à la fin de sa première année
et d'envisager quel niveau de ressources sera, à l'avenir,
nécessaire.
Après
avoir laissé filtrer ces dernières semaines dans la
presse différentes indications concernant ses plans de "Retour
sur la Lune"(voir
notre actualité du 08/08/05),
la Nasa vient d'informer officiellement la Maison Blanche de ses
projets effectifs à ce jour. Il s'agit d'un programme estimé
à 100 mds de dollars, s'étendant sur les 12 prochaines
années, afin de faire alunir en 2018 un équipage de
4 hommes pour une durée d'une semaine. Une station sera construite,
vraisemblablement au pôle Sud où se trouverait de l'hydrogène
et peut-être de l'eau.
Le
Programme, baptisé Exploration
Systems Architecture Study, a été
présenté au Vice Président Richard Cheney et
à l'adjoint du Conseiller National de Sécurité
J.D. Crouch par l'administrateur en Chef de la Nasa Mike Griffin
(notre photo) et les chefs de départements concernés.
La mission
consisterait d'abord à mettre en orbite terrestre un atterrisseur
lunaire (Lunar Lander, LL) et un module de départ de la Terre
(Earth Departure Stage, EDS) grâce à un système
de lancement lourd qui serait propulsé par cinq moteurs principaux
du type de ceux de l'actuelle navette et par une paire de deux boosters
à propulsion solide analogues à ceux de cette même
navette. Une fois cette plate-forme en orbite, la Nasa lancerait
la capsule habitée (Crew Exploration Vehicle, CEV) au sommet
d'un nouveau lanceur (Crew Launch Vehicle, CLV) comportant les boosters
de la navette et un étage supérieur propulsé
par un des moteurs principaux de celle-ci. Le CEV s'amarrerait alors
au système LL et EDS puis l'ensemble commencerait son voyage
de plusieurs jours vers la Lune.
L'objet de cette première mission sera de démontrer
que des astronautes peuvent vivre en autonomie partielle à
partir des ressources lunaires, afin de produire l'eau, les carburants
et les vivres nécessaires. Une autonomie complète
sera évidemment indispensable lors des missions martiennes
ultérieures, pouvant durer plus de 500 jours sans retour
sur Terre.
Le coût du CEV est estimé à 5, 5 mds de dollars
et celui du CLV à 4,5 mds. Le lanceur lourd requis pour la
mise en orbite de l'ensemble devrait pouvoir emporter 125 tonnes
et coûterait 5 mds de dollars, pour un coût de développement
de moins de 10 mds. Il est important de noter, concernant l'avenir
de la Station Internationale (ISS), que le CEV, équipé
de 6 sièges, pourrait être utilisé comme module
de liaison avec celle-ci. Une version inhabitée pourrait
emporter une charge réduite. Le CEV devrait être opérationnel
vers 2011, au moment où seraient interrompus les vols de
l'actuelle navette. Le développement du système lunaire
complet commencerait à cette date. La Nasa dépenserait
alors un budget de 7 mds de dollars par an à ces diverses
opérations d'exploration, budget qui atteindrait 15 mds par
an en 2018, à la date prévue pour le premier alunissage
– c'est-à-dire 46 ans après Apollon 17 en 1972.
La Nasa, dans ces projets, s'efforcera comme on le voit de réutiliser
après mise à niveau des modules existants plutôt
que s'embarquer dans du radicalement original. C'est une bonne démarche.
On observera
que ceux militant pour que la Nasa privilégie l'exploration
de Mars, notamment l'influente Mars Society, s'inquiètent
à la fois de ces délais et de l'emphase mise sur le
retour vers la Lune. Ils craignent que devant les inévitables
difficultés qui seront rencontrées, l'exploration
de Mars par des équipages humains soit reportée sinon
die. On ne voit pas cependant comment la Nasa pourrait se passer
de l'expérience apportée par une implantation lunaire.
Certes, les Européens de l'Esa semblent actuellement compter
sur des vols robotisés, mais ceux-ci ne peuvent pas tout
tester, notamment la subsistance d'humains sur de longues périodes
à partir de ressources trouvées sur place.
On observera que les coûts annoncés ne paraissent pas
exorbitants, vu l'enjeu. Mais ne sont-ils pas minorés volontairement
ou non ? En tous cas, des coûts de cette nature ne devrait
pas être hors de portée des Européens, associés
éventuellement avec les Russes et d'autres, s'ils veulent
comme il parait indispensable de le faire afin d'assurer la souveraineté
européenne dans l'espace, conduire le programme Aurora d'exploration
martienne.
Bientôt
un système exosquelette berlinois pour les handicapés
? CJ
15/09/05
En
coopération avec un fabricant de produits médicaux,
une équipe berlinoise développe un système
exosquelette visant à assister le corps humain et à
l'animer dans ses déplacements. Destiné aux personnes
dont la jambe et/ou le bras ne répondent plus correctement,
ce système robotisé (orthèse) doit prévoir
les mouvements du patient et les exécuter à sa place.
Pour cela, le dispositif mesure la tension des muscles du membre
assisté, réalise un traitement informatique puis répond
en envoyant un signal de commande aux moteurs de l'orthèse.
Réalisé à la faculté d'informatique
et d'électronique de l'Université technique de Berlin,
ce procédé - qui doit encore être affiné
- se situe pour l'instant en amont d'un système commercialisable.
Le souci des chercheurs est de rendre ce système totalement
sûr. "Des contractions involontaires de muscles ne doivent
pas conduire à des mouvements aléatoires, encore moins
à la chute du patient", explique le Professeur Günter
Homme, animateur du projet.
Verra-t-on
bientôt naître une industrie des exosquelettes sur le
territoire européen ? Rappelons que le Japon est également
dans la course. L'équipe du professeur Yoshiyuki Sankai de
l'université de Tsukuba [voir
notre actualité du 21/08/2003]
développe aussi des modèles d'orthèses basés
sur le même principe de fonctionnement...
Un
drone libellule pour le fantassin du futur ? Le projet, mené
par la start-up SilMach (Silicon Machinery) en partenariat avec
la Délégation générale pour l'armement
(DGA) a pour objectif de construire et de faire voler un petit engin
ressemblant à une libellule, en faisant battre ses quatre
ailes grâce à un procédé novateur.
Créée en 2003 à l'initiative de quatre chercheurs
du laboratoire Femto-ST de Besançon (CNRS/université),
SilMach a pour coeur d'activité la conception
et le développement de systèmes micromécaniques
MEMS(1) intégrés
sur silicium. Avec cinq demandes de brevets en cours, dont deux
en copropriété avec la DGA, et son premier million
d'euros de commandes fermes de services R&D atteint(2),
l'entreprise envisage l'avenir sereinement.
D'une
envergure de 6 cm, le prototype de drone libellule, exclusivement
composé de silicium, ne pèse que 120 mg : 18 mg pour
la structure mécanique passive, 2 mg pour le système
de propulsion pour vol battu, les 100 mg restants dédiés
à des microbatteries MEMS, qui doivent être développées
par le CEA.
Jugeant les motorisations classiques inadaptées à
un tel microdrone, SilMach a proposé de distribuer l'énergie
nécessaire au vol sur la surface des ailes, au lieu d'employer
un seul moteur placé à leur base. Dès lors,
ce système mécanique distribué intègre
quelque 180000 nanomuscles artificiels de 9 nanogrammes à
la surface des ailes, développant une puissance mécanique
utile de 80 mW pour seulement 2 mg de microactionneurs embarqués(3).
Le fonctionnement est simple : les muscles (qui s'apparentent
à des lames élastiques(4)
encastrées dans l'aile et à ses extrémités),
s'affaissent, se contractent et se redressent en fonction de la
tension électrique (100 à 150 volts). A leurs points
dancrage, ils génèrent des contraintes de flexion
à quelques dizaines de battements par seconde dans la structure
des ailes. Lensemble des efforts combinés produit un
battement(5) dune amplitude
de 40° en bout daile, conformément au modèle
animal.
Reste
encore à faire voler ce drone et donc à trouver la
micro-source d'énergie adaptée. Répétons-le
: ce projet est un projet de recherche exploratoire. Le résultat
n'est pas garanti. "Un insecte en vol brûle des graisses
animales ayant une capacité énergétique voisine
de l'essence, soit environ 50 000 joules/g, tandis que les meilleures
batteries au lithium actuelles ne peuvent fournir que 360 J/g. On
est donc loin du compte (...) Développer une batterie miniature
et ultral égère embarquée est un challenge
difficile à relever pour les chercheurs du CEA",
explique Gilles Bourbon, chargé du prototypage chez SilMach.
Il
faudra certainement encore un certain temps avant d'assister à
un véritable vol effectif du microdrone, qui d'ailleurs ne
pourrait ne jamais avoir lieu. Mais de toutes façons, les
avancées issues de cette démarche seront quant à
elles acquises et bien réelles.
Pour la DGA, ce programme comporte des enjeux stratégiques,
notamment en termes de rupture technologique ouvrant de nouveaux
espaces dans le domaine de la miniaturisation. Et un tel drone,
doté de capteurs eux aussi bio-inspirés, serait sans
équivalent en terme de discrétion tant optique quacoustique...
(1)
Micro Electro Mechanical Systems
(2) Pour l'instant, la vente de services
R&D amont représente le principal moteur
d'activité. Mais d'ici à trois ans, les chercheurs
souhaitent en faire le moteur auxiliaire de l'activité de
l'entreprise, la vente de licences devant passer au premier plan.
(3) En comparaison, le plus petit moteur
électromagnétique commercialisé actuellement
pèse 91 mg - et qui nécessite une transmission de
puissance auxiliaire - ne développe que 0,5 W/g.
(4) Chacune d'1 micron dépaisseur
pour une moyenne de 150 microns de longueur. (5) Ce résultat est le fruit
dune recherche de compromis constante. Plus le muscle est
long, moins il faut lui appliquer de différence de potentiel
pour le contracter , mais le déplacement résultant
en bout daile est plus faible. Au contraire, un muscle court
offre une amplitude accrue mais il est gourmand en tension d'alimentation.
HR-3P,
le robot humanoïde qui résiste à la pluie CJ
07/09/05
Kawada
Industries a présenté le 7 septembre le robot humanoïde
HRP-3, successeur du HRP-2 [voir
notre actualité du 2 décembre 2003]. Mesurant
1m 60 pour 60 kg (et donc plus grand de 6 cm et plus lourd de 7kg
que son prédécesseur), ce nouveau modèle est
prévu à la vente pour 2006. Certainement aujourd'hui
l'un des robots les plus perfectionnés au monde, il présente
l'immense avantage de pouvoir résister à l'humidité,
à la pluie et à la neige (il peut d'ailleurs marcher
sur de la glace). L'humanoïde peut être commandé
à distance ou effectuer des tâches préprogrammées.
On imagine l es applications : travail en zone à risques,
en milieu hostile, voire même tout simplement dans certaines
usines...
La
firme de Las Vegas Bigelow Aerospace développe le concept
de stations orbitales (terrestres voire lunaires) gonflables. De
telles structures, susceptibles d'être assemblées en
ensembles plus vastes, présenteront l'intérêt
de la légèreté et du moindre coût. Elles
pourront être mises en orbite par des lanceurs de puissance
relativement modérée. Néanmoins, elles pourront
rendre des services analogues à ceux de la Station Spatiale
Internationale, soit pour des expériences sans équipages,
soit au profit de scientifiques ou touristes.
Il
s'agit d'une initiative pour le moment purement privée, qui
s'inscrit dans la perspective de l'exploitation commerciale de l'espace,
courant très en vogue actuellement aux Etats-Unis. C'est
l'homme d'affaires Robert Bigelow, propriétaire entre autres
d'une chaîne d'hôtels économiques (Budget Suites
of America Hotel Chain), qui est le patron de Bigelow Aerospace.
Les études et tests préalables semblent très
avancées puisque un prototype au tiers, nommé Genesis,
devrait être lancé au début de 2006. Le lanceur
sera une fusée Dniepr sous contrat de ISC Kosmotras, société
russo-ukrainienne proposant des services commerciaux. Un second
prototype devrait suivre en 2007. Plusieurs mois ou années
permettront de tester, outre les procédures de lancement
et de gonflage, la durabilité des orbiteurs en milieu spatial
et toutes les procédures inhérentes à leur
utilisation en vraie grandeur. Des modèles à 45% nommés
Guardian suivront, jusqu'au lancement de la station définitive,
le BA 330, supposée offrir 330 m3 d'espace intérieur
utile.
Les
coûts ne sont pas communiqués, mais les ressources
de la Nasa n'ont pas été sollicitées. Ceci
dit, le Johnson Space Center de l'Agence suit le projet avec beaucoup
d'intérêt. Bigelow a offert un prix, dans le cadre
de l'America’s Space Prize Competition aux concurrents susceptibles
de produire des engins capables d'accoster son orbiteur.
Ajoutons
que l'on aimerait voir de grandes entreprises européennes
s'intéresser à de tels projets, sans lesquels l'espace
demeurera un monopole institutionnel.
Le
Congrès Accelerating Change 2005 (Stanford, 16-18 Octobre
2005) JPB
06/09/05
Ce
Congrès annuel fait le point sur les développements
de l'AI (Intelligence artificielle) et de l'IA (Intelligence augmentée).
La page d'accueil du site (http://accelerating.org/ac2005/)
présente les quelque soixante intervenants et Leaders de
changement (Change Leaders) qui animeront les sessions.