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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue.
 
29/11/05 Retard au lancement du satellite privé FalconSat-2
28/11/05 R évolution en vue dans le bio-diésel
27/11/05 Succès de l'exploration de l'astéroïde Itokawa
27/11/05 Décès de Jean Delacour
25/11/05 Robots, genèse d'un peuple artificiel récompensé par le Prix Roberval
25/11/05 TermSciences, portail terminologique multidisciplinaire pour la communauté scientifique
23/11/05 L'internet des objets
17/11/05 Les 500 ordinateurs les plus puissants du monde
17/11/05 Premier bilan de l'Agence nationale de la recherche
17/11/05 L'Europe participe activement à la recherche des ondes gravitationnelles
17/11/05 Problèmes avec les nouvelles souches de H5N1 ?
17/11/05 Xplora, nouveau portail européen pour l'enseignement des sciences
16/11/05 Redbus Interhouse reçoit l’agrément de la CNIL pour l’utilisation d'un système biométrique
15/11/05 Première étape d'expérimentation d'un vaccin contre le paludisme
12/11/05 Le monde de l'intelligence
12/11/05 Le robot Darwin VII et ses analogues
10/11/05 Alain Aspect, médaille d'or 2005 du CNRS
10/11/05 Lancement réussi de la sonde européenne Vénus Express
09/11/05 Comment les systèmes pondent
03/11/05 ENON, le robot humanoïde à roue de Fujitsu
02/11/05 Construire sa bibliothèque scientifique en ligne

Novembre 2005

Retard au lancement du satellite privé FalconSat-2
JPB 29/11/05

Falcon Sat-2On attendait avec intérêt le premier lancement de la fusée Falcon-1 développée par Elon Muskle, jeune millionnaire américain d'origine sud-africaine. Elle devait s'élancer d'un îlot du Pacifique dans les Marshall, en emportant un petit satellite développé par des étudiants, sur financement de la Darpa, le FalconSat-2. Ce satellite doit mesurer l'effet des plasmas solaires sur les télécommunications spatiales, notamment le GPS. Mais ce lancement, prévu pour le 25 novembre, a dû être retardé pour des raisons techniques qui n'ont d'ailleurs rien d'anormal dans le cas d'une première.

Ce qui est intéressant est l'audace de l'entreprise, émanant d'un industriel qui n'est pas adossé aux grands de l'aérospatial (encore qu'il dispose de nombreux appuis à la Nasa). Elon Musk a créé en 2002 à El Segundo (Calif.) la société SpaceX, Space Exploration Technologies, à partir de bénéfices faits dans le software et surtout le paiement en ligne (PayPal, devenue n° 1 du domaine), qu'il a revendu à eBay. SpaceX dispose actuellement d'un effectif de 160 ingénieurs provenant de la Nasa et de divers avionneurs.

La démarche s'inscrit dans la tendance actuelle encouragée aux Etats-Unis par les restrictions de crédits affectant la Nasa, laquelle doit se consacrer en priorité à son objectif lunaire. De riches entrepreneurs privés prétendent pouvoir faire aussi bien et moins cher que les grandes structures. SpaceX affirme pouvoir abaisser sensiblement le prix du lancement à la tonne. La famille Falcon vise, avec le n° 9 déjà prévu, les 10 tonnes en orbite basse, avec des technologies simples.

Voici qui renforce les arguments des industriels européens de l'espace, selon lesquels il faut plus que jamais financer les lanceurs destinés à optimiser puis prendre la suite d' Ariane 5 ECA, dont on attend encore à ce jour le 2e vol commercial, retardé pour des problèmes inhérents à la plate-forme.

Pour en savoir plus
Article de Scace.com http://www.space.com/missionlaunches/051126_
falcon1_scrub.html

Site de SpaceX http://www.spacex.com/ On y trouve notamment des détails concernant le Falcon9, dont une agence publique américaine se serait déjà porté acquéreur.


Révolution en vue dans le bio-diésel
JPB 28/11/05

Il semble bien que la firme allemande Choren, spécialisée dans les bio-diésels, soit en train de révolutionner la production des bio-carburants. Associée à Shell, elle a réussi à produire un carburant opportunément nommé SunDiesel ou Syngas qui utilise non pas des produits agricoles consommables pour l'alimentation humaine, mais de la biomasse de rebut (feuilles, branches, sciures) qui existe en grande quantité dans la nature. Un procédé breveté complexe, que nous ne décrirons pas ici, dit Carbo-V® “Biomass-gasification process" permet d'obtenir un fuel de bonne qualité, très faiblement polluant. Le prix en sera d'autant plus compétitif que les fiscalités nationales prendront en compte l'aptitude de ce procédé à aider au respect des accords de Kyoto sur la production de CO2.(1)

Cette annonce mériterait une réflexion économique et politique attentive, à replacer dans la compétition énergétique entre l'Europe et l'Amérique. On y voit qu'un pétrolier européen, associé à une entreprise européenne hautement intelligente, peut proposer des percées qui pourraient changer la donne des marchés des carburants liquides. On imagine la source d'emplois qui en résultera en cas de succès pour l'Europe. Félicitons nos amis allemands de ne pas attendre la raréfaction du pétrole en se lamentant, mais de chercher activement des solutions permettant de sortir du piège.

(1) On peut cependant s'interroger sur le caractère "abondant" de la ressource envisagée, les déchets végétaux. Sont-ils suffisants pour alimenter une production importante? Ne va-t-on pas en les récoltant priver les cycles naturels d'une partie essentielle de leur capacité de renouvellement, puisque la fermentation spontanée des déchets enrichit les sols au profit des plantes et des animaux? Au Canada, où les premières études ont été faites, la ressource ne manque sans doute pas, mais quid en Europe? La démarche proposée par Choren ne prendra tout son sens, en Europe, que dans le cadre d'une exploitation réfléchie des massifs forestiers. On sait que les forestiers européens voient d'un bon oeil augmenter les débouchés du bois, car ceux-ci (évidemment dans certaines limites à définir au cas par cas) encouragent l'augmentation des surfaces emboisées et non leur diminution.

La question des bio-carburants n'est pas simple. On voit actuellement les effets pervers d'un recours irréfléchi aux végétaux de culture dans le cas des fuels obtenus à partir du soja et de l'huile de palme. La forte demande provenant des pays riches en faveur de ces produits conduits les paysans d'Amazonie et de Bornéo à défricher encore plus vite que jusqu'ici les forêts primaires de leur pays, lesquelles sont pourtant au bord de l'extinction (voir NewScientist, 19/11/05, p. 19). En conséquence de quoi la biodiversité sera la première victime des carburants biologiques. Voila une raison de plus, dira la firme Choren, pour faire appel aux déchets végétaux.

Pour en savoir plus
Choren Industries présente le SunDiesel http://www.choren.com/en/choren/information_press/press_releases/?nid=55
Article du MIT Technology Review
http://www.technologyreview.com/BizTech-Energy/wtr_15923,296,p1.htm


Succès de l'exploration de l'astéroïde Itokawa par la sonde japonaise Hayabusa
JPB 28/11/05

Surface de l'AstéroÏde Itokawa, photographié à quelques mètres de distance par la sonde japonaise La communauté spatiale a unanimement applaudi l'exploit réalisé par la Jaxa, Agence Japonaise de l'Espace, dont le programme d'exploration de l'astéroïde Itokawa semble finalement évoluer très favorablement. Il s'agissait d'une mission d'une extrême difficulté puisque la sonde Hayabusa a dû voler bord à bord pendant des semaines avec l'astéroïde, avant de s'en approcher à quelques mètres et finalement s'y poser quelques instants. Un poids envoyé sur l'astéroïde a permis de soulever des fragments de matière qui ont été aspirés à l'intérieur de la sonde. Celle-ci va maintenant entreprendre son long voyage de retour vers la Terre (180 millions de miles). Le samedi 26, elle a manifesté des troubles de comportement qui ont obligé la Jaxa à fermer ses moteurs fusées, mais elle sera, quoi qu'il arrive, relancée le 10 décembre. Sinon elle perdrait les créneaux favorables lui permettant, après avoir orbité autour du soleil, d'atteindre la Terre en 2007.

La sonde a expérimenté, hors manoeuvres d'approche, un nouveau type de moteur ionique utilisant un champ électrique pour accélérer des ions positifs. L'objectif est de généraliser de tels moteurs (que l'ESA avait précédemment utilisé avec succès) en vue de futures missions. La Jaxa a annoncé début 2005 qu'elle entendait envoyer prochainement un astronaute dans l'espace et établir une base lunaire en 2025. L'Europe n'a plus qu'à faire de même...

L'image (Jaxa) représente la surface de l'astéroïde, photographiée à quelques dizaines de mètres de distance par la sonde, dont l'ombre portée apparaît sur le sol, à côté d'un point brillant qui est un marqueur envoyé par la sonde afin de guider l'atterrissage final (l'itokawaïssage final). Les rectangles noirs figurent les panneaux solaires de Hayabusa.


Décès de Jean Delacour
CJ 27/11/05

Jean DelacourNous apprenons aujourd'hui avec tristesse le décès de Jean Delacour, survenu le 6 novembre dernier, dans sa 70ème année.

Philosophe, Psychologue expérimental, Docteur ès Sciences, il a consacré sa vie à la recherche dans le domaine des Neurosciences. Il fut professeur de Psychophysiologie à l'Université Paris 7, au sein de laquelle il créa puis dirigea jusqu'à sa retraite, en 2000, le Laboratoire de Psychophysiologie.

Jean Delacour a su éclairer de son immense culture philosophique une expérimentation novatrice et intègre, étudiant particulièrement les domaines de l'Apprentissage, de la Mémoire et de la Conscience, écrivant sur ces sujets de nombreux livres qui font autorité en la matière.
Expert international dans son domaine, il comptait des correspondants scientifiques dans le monde entier.

Il a créé et dirigé jusqu'en octobre 2004 une collection d'ouvrages scientifiques dédiée aux Neurosciences Cognitives (parmi lesquels ses propres écrits : "Une introduction aux Neurosciences Cognitives", 1998 [voir notre recension], et "Conscience et Cerveau", 2001). Ces ouvrages, choisis par lui même parmi ses nombreuses lectures, traduits d'éminents auteurs étrangers ou écrits par des spécialistes de langue française, sont destinés aux étudiants avancés de Psychologie, de Biologie et de Médecine, ainsi qu'à "l'honnête homme" qui veut comprendre les données de la Science contemporaine.


L'ouvrage Robots, genèse d'un peuple artificiel récompensé par le Prix Roberval
CJ 25/11/05

Robots, genèse d'un peuple artificielRobots, genèse d'un peuple artificiel, ouvrage de référence sur la robotique, a obtenu ce 25 novembre la Mention Spéciale du jury du Prix Roberval 2005 (catégorie" grand public"), prestigieuse récompense visant à distinguer les meilleurs ouvrages francophones en matière de vulgarisation scientifique et technique.

Nous avions souligné lors de sa sortie l'importance de cet ouvrage [voir notre recension], fruit d'un travail de plusieurs années, aboutissant à une somme sans équivalent. Fort de 540 pages et plus de 1500 illustrations - souvent inédites- ce livre écrit par Daniel Ichbiah, conçu et réalisé en France par FYP Editions et édité par Minerva, est sorti simultanément en trois langues : français, anglais et allemand.

"Etre récompensé par le prestigieux jury du Prix Roberval est un grand honneur pour nous", a déclaré Philippe Bultez Adams, responsable éditorial de FYP Editions. "Mais au-delà de la récompense pour l'ouvrage et le travail qu'il a nécessité, j'y vois la marque d'un intérêt grandissant pour le sujet en lui même. La diversité des robots, la vitalité du marché qu'ils représentent dans de nombreux pays, et leur potentiel scientifique ou économique sont aussi étonnants que méconnus. Il est urgent de s'intéresser à ces formidables vecteurs d'innovation que sont les robots, tout en s'interrogeant sur le sens de ce qu'ils représentent pour l'avenir de l'homme et de notre civilisation".

En savoir plus
FYP Editions : http://www.fypeditions.com
Site du Prix Roberval : http://prixroberval.utc.fr/


TermSciences : un portail terminologique multidisciplinaire pour la communauté scientifique
CJ 25/11/05

Logo TermSciencesConçu par le CNRS, l’Inserm, l’INRIA, l’INRA et le Cemagref, ce nouveau portail a pour objectif de valoriser et de mutualiser les ressources terminologiques (lexiques, dictionnaires, thésaurus) pour aboutir à la constitution d'un référentiel terminologique commun, consultable en libre accès sur internet. La participation à ce projet est ouverte à tous les organismes publics de recherche et d'enseignement supérieur.
Le site, pour l'instant, n'offre que des traductions en quatre langues (français, anglais, espagnol et allemand), mais va s'enrichir au cours du temps. TermSciences compte par exemple la traduction de près de 730 mots anglais commençant par "micro" (de microcentrale hydroélectrique à microzonation).

En savoir plus
TermSciences : http://termsciences.inist.fr/


L'Internet des objets
JPB 23/11/05

Internet of the thingsL'Internet des objets va dépasser en importance l'Internet des humains. Cette conclusion est celle d'un rapport de l'Union Internationale des Télécommunications réalisé pour l'ONU et présenté au sommet mondial de la société de l'Information à Tunis.

Les rapporteurs envisagent le moment où les objets dotés d'étiquettes électroniques à répondeur radio (Radio Frequency Identification ou RFID), les meubles et immeubles équipés de capteurs et de senseurs divers se compteront par milliards et créeront une connectivité en réseau ubiquitaire. Les humains, dans ce monde de receveurs et d'émetteurs, ne seront plus qu'une minorité.

Le point intéressant, selon les rapporteurs, est que ce phénomène touchera aussi bien aussi bien les pays pauvres que les pays riches. Ils donneront l'occasion de nombreux services à valeur ajoutée que les pays en développement, où abondent déjà les compétences informatiques à bas coût de revient, sauront mieux exploiter que leurs concurrents des pays riches. Des marchés entièrement nouveaux devraient en résulter.

Mais la généralisation d'un Internet des objets aura aussi des côtés négatifs. Ce sera d'abord l'augmentation du niveau général de radiation électro-magnétique, dont il faudra étudier avec soin les effets sur le vivant. Ce sera aussi, dans un autre ordre d'idée, le développement exponentiel des possibilités de contrôle sur les usages et les comportements. Beaucoup de ces contrôles seront conduits pour des raisons commerciales, sans souci de respecter la privauté des individus. Le rapport appelle à une concertation générale des gouvernements et des entreprises pour éviter les abus. Mais on sait déjà ce qu'il en est de ce type de démarche, quand on regarde comment, aujourd'hui, les législations nationales dites Informatique et Libertés sont devenues inapplicables.

Si rien n'est fait cependant, en termes de définition de normes techniques communes ainsi que de principes à respecter pour éviter les abus, le public pourra, dans certains pays sensibilisés tout au moins, se détourner des produits dotés d'émetteurs et de senseurs. Mais le mouvement général ne sera pas arrêté pour autant. Si par exemple les Européens décidaient de se tenir à l'écart du futur Internet des objets, ils accumuleraient de tels retards industriels et commerciaux qu'ils ne pourraient pas maintenir longtemps leur position restrictive.

Pour en savoir plus
Se procurer le rapport (payant)
http://www.itu.int/publications/folderdetails.aspx?lang=e&media=paper&folder=S-POL-IR.IT-2005&menu=categories


Les 500 ordinateurs les plus puissants du monde
CJ 21/11/05

Blue Gene/L, d'IBMLa 26ème édition de la liste des 500 ordinateurs les plus puissants du monde vient d'être publiée à l'occasion de la conférence sur les "super-ordinateurs" ("Supercomputing conference") qui s'est tenue à Seattle, du 12 au 18 novembre dernier.

La première place du classement revient à "Blue Gene/L", ordinateur développé conjointement par IBM et l'Administration pour la sécurité nucléaire nationale (NNSA).
Déployé au sein du Laboratoire National Lawrence Livermore (LLNL), à l'Est de San Francisco, Blue Gene/L (qui comprend quelque 13 1072 processeurs) fait partie des outils du programme Advanced Simulation and Computing Program destiné à valider des conceptions d'armes nucléaires et à certifier les armes, en s'appuyant notamment sur la simulation.
Signalons que les performances de ce super-ordinateur ont été doublées depuis juin dernier, date de la précédente édition du classement (que Blue Gene/L avait déjà remporté). En crête, le système est désormais capable d'effectuer 280,6 trillions de calculs par seconde -soit 280,6 teraflops - (contre 136.8 il y a six mois) ou plus de 100 teraflops soutenus, loin devant le second de la liste, un autre système Blue Gene, avec 91,2 teraflops et le troisième, le Purple de Livermore, lui aussi produit par IBM (63, 3 teraflops).

Il faut attendre la quatrième machine classée (le SGI Columbia installé au centres AMES de la NASA) pour trouver un autre constructeur qu'IBM (qui est le fabricant de 43,8% du Top500...). 8 des 10 premiers classés ont été produits par des constructeurs (IBM : 5, Cray : 2 et SGI : 1) qui ont béneficié du programme High Productivity Computing Systems (HPCS) de la DARPA, ainsi que, pour IBM, d'un partenariat fort avec le DOE.

L'Earth Simulator japonais, premier encore au début de l'année 2004, arrive désormais 7ème de la liste, avec 35,8 téraflops.

Sur l'ensemble des 500 ordinateurs classés, 305 sont situés aux Etats-Unis, 100 en Europe et 66 en Asie. L'écrasante majorité des machines est d'architecture scalaire (et non plus vectorielle(1)), avec une forte prédominance de clusters (près des trois quarts). Linux (74%) et Unix (20%) dominent le classement.

Les USA se taillent donc la part du lion avec 305 des 500 machines listées (267 l'année dernière), l'Europe arrive ensuite avec 100 machines (Espagne en 8ème position (27,9 teraflops), Pays-bas en 9ème (27,4 teraflops), Suisse(2) en 13ème (18,2 teraflops), Angleterre 34ème (9,2 teraflops), Allemagne 37ème (8,9 teraflops), France 62ème (5,8 teraflops), Suède 70ème (4,9 teraflops) et l'Asie 66 (dont 21 pour le Japon et 17 pour la Chine (qui arrive en 26 ème position, avec 10,3 teraflops). L'inde arrive en 111ème position (3,75 teraflops avec un système cluster fabriqué par IBM).

(1) Voir notre article du 2 mars 2004 : Les superordinateurs et la course au pétaflop
(2) Voir notre actualité du 19/06/05 : Reconstruction du cerveau "in silico"

Pour en savoir plus :
Liste du top 500 : http://www.top500.org/lists/2005/11/basic
Top 500 Report for november 2005 : http://www.top500.org/lists/2005/11/Top500-Report-1105.pdf
Voir aussi : notre actualité du 25/11 : Deisa, un calculateur virtuel pour l'Europe


Premier bilan de l'Agence nationale de la recherche
JPB/CJ 17/11/05

Logo ANRCréée en février 2005, l'Agence nationale de la recherche [actuellement Groupement d'Intérêt Public (GIP)] fait état d'un premier bilan, qui a été présenté lors d'une conférence de presse donnée le 15 novembre par François Goulard, ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, et Gilles Bloch, directeur de l'ANR.
L' Agence financera une première vague de 1 500 projets d'une durée de trois ans maximum, pour un montant de 540 millions d'euros. Au total, 4 500 équipes, dont 800 entreprises, bénéficient de ces crédits, le CNRS en recueillant 30 %, suivi par le secteur privé (19 %). Les fonds, qui ont commencé à parvenir aux laboratoires, devraient être distribués d'ici la fin décembre. En 2006, l'ANR sera dotée de 800 millions d'euros, et de plus d'un milliard d'euros "en régime permanent", selon le ministre.

Le secteur Matière et information recevra 130 millions d'euros pour 220 projets. Viennent ensuite : Biologie et santé (110 millions d'euros, 270 projets) ; Energie durable et environnement (100 millions d'euros, 150 projets) ; Ecosystèmes et développement durable (47 millions d'euros, 120 projets). Enfin, les sciences humaines et sociales devraient récolter quelque 25 millions d'euros, mais au titre des "programmes blancs" faisant partie du volet non thématique des financements de l'ANR. Dotée de 170 millions d'euros pour 670 projets, cette ligne comprenait aussi le financement de "chaires d'excellence" et de projets "jeunes chercheurs".

Il s'agit manifestement de micro-financements, soit en moyenne 400 K.euros par projet. Fallait-il disperser ainsi ou regrouper davantage? Il est difficile de répondre. On peut penser que les projets retenus, même s'ils ne pourront pas compter sur ces seuls financements pour complètement décoller, en tireront une certaine reconnaissance qui leur servira ultérieurement. Mais dans ce cas, il sera utile que l'ANR fasse connaître le moment venu, au-delà de la liste des projets retenus (voir sur ce point son site http://www.gip-anr.fr) ce à quoi ont abouti ces projets, qu'il s'agisse d'échecs ou de succès.


L'Europe participe activement à la recherche des ondes gravitationnelles
JPB/CJ 17/11/05

Le Conseil d'Administration du CNES du 3 décembre 2004 avait décidé l'engagement des phases B/C/D de la participation française au projet LISA Pathfinder du plan Vision Cosmique de l'ESA. Ce projet spatial (LISA pour Laser Interferometer Space Antenna) a pour objet de détecter les ondes gravitationnelles dont l'existence a été prédite par la théorie de la Relativité Générale. De telles ondes n'ont pas encore été observées directement. A la différence des ondes électromagnétiques, les ondes gravitationnelles interagissent très peu avec les étoiles ou la matière interstellaire ; aussi constituent-elles une source d'information potentiellement exceptionnelle pour étudier l'univers et son évolution. Certains physiciens d'ailleurs doutent de leur existence, ce qui remettrait en cause la Relativité. Mais pour la plupart, il suffit seulement de réaliser les instruments d'une extrême sensibilité permettant d'interagir avec elles. En cas de succès, outre des prix Nobel, ce serait, a dit le Pr Bernard Schutz de l'Albert Einstein Institute et de la Cardiff University, une révélation analogue à celle ressentie par une personne sourde qui découvrirait subitement que le monde émet des sons et qu'il présente donc des dimensions insoupçonnables jusqu'alors.

En 1996, LISA a été approuvé à l'ESA comme une mission « pierre angulaire » de son programme scientifique obligatoire et une coopération entre l'ESA et la NASA a été initiée. Elle a abouti au concept d'un interféromètre à trois satellites, volant en formation, dont le lancement est actuellement prévu en 2012-2013.

LISA PathfinderCe pari technologique (développements dans le domaine des lasers ultra-stables, des télescopes, des accéléromètres, des micropropulseurs et de la compensation de traînée) a conduit à décider une mission de démonstration intermédiaire : LISA Pathfinder (notre image). La France y participe avec la réalisation d'un sous-système de l'interféromètre de la mission LISA Pathfinder : un dispositif de séparation des faisceaux laser par modulation acousto-optique. Plusieurs laboratoires français regroupés au sein du consortium LISA-France seront coordonnés par le Laboratoire APC (Astroparticules et Cosmologie, Université Paris 7) du CNRS/IN2P3.

LISA Pathfinder sera lancé en 2008 par un petit lanceur européen ou russe sur une orbite de transfert géostationnaire et utilisera son propre module de propulsion pour atteindre son orbite opérationnelle autour du point de Lagrange L1 , à environ 1,5 million de km de la Terre vers le Soleil.

On sait que dans l'immédiat des expériences très délicates d'interférométrie au sol par laser sont menées conjointement en Allemagne (dispositif dit GEO 600, notre image), et aux Etats-Unis (Ligo 1 et 2 - Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory), avec l'espoir de détecter simultanément un événement ou deux, en 6 mois, susceptibles d'être attribués aux phénomènes cosmiques extrêmement violents capables de créer des ondes gravitationnelles détectables sur la Terre.

Rappelons aussi, en Italie à Pise, l'existence de VIRGO, collaboration scientifique de 5 laboratoires français et 6 laboratoires italiens qui a pour but la détection des ondes gravitationnelles provenant de sources cosmiques comme les supernovae, ou les couples d'étoiles a neutrons, en mesurant la différence de phase entre deux rayons laser se propageant dans un immense interféromètre de Michelson de 3km de long.

Dans le même domaine, citons les expériences TAMA au Japon, et ACIGA en Australie.


Pour en savoir plus

Lisa Pathfinder : http://www.esa.int/esaSC/120397_index_0_m.html
GEO 600 : http://www.geo600.uni-hannover.de/
Ligo : http://www.ligo.caltech.edu/
Lisa vue par la Nasa : http://lisa.jpl.nasa.gov/
Lisa vue par l'Esa : http://sci.esa.int/science-e/www/area/index.cfm?fareaid=27 LISA is an ESA-NASA mission involving three spacecraft flying approximately 5 million kilometres apart in an equilateral triangle formation. Together, they act as a Michelson interferometer to measure the distortion of space caused by passing gravitational waves. Lasers in each spacecraft will be used to measure minute changes in the separation distances of free-floating masses within each spacecraft.
VIRGO : http://wwwcascina.virgo.infn.it/
TAMA : http://tamago.mtk.nao.ac.jp/
ACIGA : http://www.anu.edu.au/Physics/ACIGA/


Les nouvelles souches de H5N1 déclencheraient des explosions de réponses immunitaires qui tueraient le patient
JPB 17/11/05

Selon une étude de chercheurs de Hong Kong publiée par la revue en ligne Respiratory Research, les nouvelles souches mutantes du virus H5N1 analysées récemment seraient particulièrement meurtrières parce qu'elles déclencheraient une sur-réaction explosive du système immunitaire. Celui-ci noierait le malade sous un afflux de cytokines, produites par lui et comprenant IP-10, interferon beta, RANTES et interleukin-6. Cette réaction serait particulièrement forte chez les patients jeunes et vigoureux, ce qui expliquerait le nombre élevé de morts parmi ceux-ci. Si cette conclusion était juste, il faudrait, outre les antiviraux, administrer des déprimants du système immunitaire - avec les risques induits que l'on devine en cas d'infections surajoutées.

Ces caractéristiques rapprocheraient de plus en plus les nouvelles souches mutantes de H5N1 du terrible H1N1 1918, récemment reconstitué par des scientifiques américains, qui a fait entre 20 et 200 millions de morts, sous le nom de grippe espagnole.

Pour en savoir plus
Voir l'article Proinflammatory cytokine responses induced by influenza A (H5N1) viruses in primary human alveolar and bronchial epithelial cells http://respiratory-research.com/content/6/1/13


Xplora, nouveau portail européen pour l'enseignement des sciencesJPB 17/11/05

Logo Xplora Xplora (www.xplora.org/ww/fr/pub/xplora/index.htm)
est le nouveau portail européen pour l'enseignement des sciences. S'adressant aux enseignants, aux élèves, aux scientifiques, aux communicateurs scientifiques et aux éducateurs scientifiques, il propose notamment des nouvelles sur l'enseignement des sciences, des conseils pédagogiques et des idées pour enseignants. Avec ce portail, l'internaute peut :
• effectuer une recherche dans la base de données de sites Web et de ressources d'apprentissage numériques pour l'enseignement des sciences ;
• s'inscrire pour utiliser les communautés en ligne et participer à des discussions en ligne ;
• avoir un aperçu des approches et projets scientifiques pratiques et innovants;
• recevoir des descriptions d'outils code source libre disponibles gratuitement pour l'enseignement des sciences ;
• en savoir plus sur les projets Pencil et Nucleus qui offrent leur soutien au portail Xplora

Le portail Xplora est géré par European Schoolnet, réseau de 28 ministères européens de l'Education et reçoit le soutien de PENCIL, projet financé par la Direction générale Recherche de la Commission européenne sous le thème Science et Société. Le projet PENCIL entre dans le cadre de Nucleus, groupe de projets pédagogiques scientifiques qui implique les plus grands laboratoires de recherche d'Europe. L'Europe de l'enseignement bouge un peu. Mais qui le sait en France? L'équipe d'Automates Intelligents en a parlé à des amis de l'Education Nationale, sans obtenir de réaction.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les projets pédagogiques en cluster rassemblés par Xplora, voir dans la page Nucleus http://www.xplora.org/ww/fr/pub/xplora/nucleus_home.htm les actions PENCIL, ESTI, CISCI, Scienceduc and Volvox.

Pour ses débuts, Xplora publie un chat (il est vrai en anglais - l'anglais y régnera sans doute en maître) de 400 élèves du secondaire avec Ray Kurzweil sur le thème: Comment construire un cerveau [voir http://www.kurzweilai.net/meme/frame.html?main=/articles/art0623.html].


Redbus Interhouse, deuxième entreprise française à recevoir l’agrément de la CNIL pour l’utilisation dans ses locaux d'un système biométrique par reconnaissance de l'iris
CJ 16/11/05

OeilLe centre de Paris La Défense de la société Redbus Interhouse a reçu récemment l'agrément de la CNIL pour l’utilisation dans son contrôle d’accès d’un système biométrique par reconnaissance d’iris. A ce titre, cette société est aujourd’hui l’unique centre et la deuxième entité française* (après la Banque de France) à avoir reçu l’autorisation de disposer d’un tel niveau de sécurité** sur le marché de l’hébergement ultra-sécurisé d’équipements informatiques.
Chaque iris humain est extrêmement complexe et donc, unique. 244 points de comparaison peuvent être distingués. Avec le système de biométrie qui a été développé en collaboration étroite avec Panasonic, toute usurpation d'identité est impossible. L'intégration de ce système dans l'entreprise confère ainsi à Redbus un réel avantage concurrentiel et la positionne ainsi comme prestataire de choix pour des secteurs d'activités tels que la finance, la santé, les organismes gouvernementaux...

Capture d'écran du système biométrique utilisé par Redbus Intehouse Paris (reconnaissance de l'iris)
Capture d'écran du système biométrique utilisé par Redbus Intehouse Paris (reconnaissance de l'iris)

* Le centre Redbus Interhouse de Paris La Défense est une filiale française de l'entreprise anglaise.
** En plus de la mise en place du système biométrique, un sas a été installé, comprenant une reconnaissance de la silhouette, la détection de poids ainsi qu'un détecteur de métaux dans le sens de la sortie (empêchant toute sortie de serveur non autorisée).

Pour en savoir plus
Redbus Interhouse : http://www.redbus.fr
Voir aussi notre article du 25/10/05 : La révolution de l'identification numérique


Première étape d'expérimentation d'un vaccin contre le paludisme
JPB 15/11/05

Plasmodium falciparumOn connaît la mortalité due au paludisme dans les pays du tiers-monde. On sait aussi que les grandes firmes pharmaceutiques n'ont guère investi dans la recherche d'un vaccin. Celui-ci n'est, il est vrai, pas facile à concevoir car il doit s'insérer dans les relations complexes entre le parasite Plasmodium falciparum, l'insecte vecteur et les cellules de la victime. Plusieurs solutions possibles avaient été annoncées ces derniers mois sans résultats probants à ce jour. D'où l'intérêt de l'annonce faite par une équipe franco-suisse dirigée par Pierre Druilhe de l'Institut Pasteur de Paris dans la revue en ligne Public Library of Sciences Medicine. La technique expérimentée a consisté à rechercher comment se protègent des adultes résistants au paludisme et comment transférer cette protection à des personnes "naïves", afin d'induire un mécanisme de défense. Une protéine de surface baptisée Merozoite surface protein 3 (MSP3) a été identifiée qui, selon les chercheur,s constitue l'antigène permettant au parasite d'attaquer les globules rouges de la cible. C'est sur celle-ci que doit être concentrée la réplique des anticorps de l'organisme. Une campagne d'essai est en cours, qui impliquera progressivement des personnes exposées au paludisme.

Si tout ceci se révélait concluant, il s'agirait d'une grande victoire de la recherche publique mais aussi de la recherche européenne. Elle renforcerait l'opinion de ceux qui, comme nous, pensent que beaucoup des maux du tiers-monde pourraient être soulagés avec un peu d'intelligence et d'attention.
NB: The Lancet publie dans le même temps un article montrant les effets protecteurs sur des enfants, pendant au moins 18 mois, d'un vaccin dit RTS, S/AS02A, fruit d'un partenariat entre la Malaria Vaccine Initiative lancée par l'ONG américaine Path, elle-même financée par la fondation Bill et Melinda Gates et le laboratoire GlaxoSmithKline.
Voir:

http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/
PIIS0140673605676696/fulltext

Pour en savoir plus
Consulter l''article des auteurs (rappelons que les contenus de la PLOS sont libres d'accès et de diffusion):
http://medicine.plosjournals.org/perlserv/?request=get-document&doi=10.1371/journal.pmed.0020344


Le Monde de l'Intelligence
CJ 12/11/05

Couverture de la Revue "Le monde de l'Intelligence"Signalons la naissance de la revue Le Monde de l'Intelligence éditée par Mondeo publishing, dont le n°1 est en vente dans les kiosques depuis le 10 novembre.
Destinée à tout public, cette publication bimestrielle souhaite aborder le thème de l'intelligence à travers les différents domaines que sont les neurosciences, l'Intelligence artificielle, la psychologie... "Nous destinons ces pages à tous ceux que l'énigme de l'esprit humain et ses liens avec le cerveau passionnent", écrit le directeur de la publication Gilles Harpoutian dans son éditorial.

A noter dans le sommaire de ce numéro, un dossier Créer un cerveau artificiel réalisé par le journaliste Cyril Fiévet, dossier comprenant 3 articles, dont une interview de notre ami Alain Cardon ("Alain Cardon offre la liberté aux machines") dans laquelle le chercheur montre tout l'intérêt de ses travaux, mais aussi met le doigt (comme nous ne cessons de le faire dans notre revue) sur le retard préoccupant que prennent la France et l'Europe dans ce type de recherche. "Aujourd'hui en France, la capacité d'innovation pour des sauts technologiques est anormalement faible. On s'intéresse un peu trop au technologies d'hier. Cela conduit au fait que de très nombreux thésards s'en vont en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Japon (...) Notre pays souffre d'une forme d'inertie (...) Nous avons chez-nous un vrai problème d'initiative et de prise de risque" explique Alain Cardon.
Rappelons que notre appel publié en juillet dans le blog Automates Intelligents - Réalisation d’un système de comportement intelligent, intentionnel et autonome avec production d'émotions destiné à divers types de robots - est toujours d'actualité : à ce jour, et bien qu'ayant rencontré certaines instances dirigeantes, Alain Cardon n'a toujours pas trouvé les fonds nécessaires pour créer son entreprise. Bien que certains rendez-vous ont eu lieu avec des industriels, aucune expertise ni étude sérieuse du projet n'ont encore été proposées de leur part, ce qui serait pourtant un minimum.... C'est certainement ce qui nous différencie de pays comme le Japon où l'Amérique : le dossier réalisé par Cyril Fiévet comprend par exemple une interview de Jeff Hawkins ("Jeff Hawkins réinvente le néocortex"), le créateur du PalmPpilot, récement à l'origine de la création de Numenta, start-up fondée aux Etats-Unis en mars 2005 et qui a, elle, levé assez facilement les fonds de départ. Objectif : créer des systèmes de mémoires informatique reproduisant le fonctionnement du néocortex humain.

Doit-on laisser partir le projet d'Alain Cardon aux Etats-Unis pour qu'enfin il se réalise ? Le monde de l'Intelligence n'est décidément pas le même pour tout le monde sur cette planète.

Pour en savoir plus
Sommaire du numéro : http://mondeo.fr/presse/index.htm
Notre analyse du livre Intelligence de Jeff Hawkins, livre sur lequel s'appuie l'interview présentée dans la revue Le Monde de l'intelligence
Concernant Alain Cardon voir : http://www-poleia.lip6.fr/~cardon/
- Présentation de son projet d'entreprise : http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/automatesintelligent/2005/07
/index.html

- voir aussi "System generating consciousness facts" :
http://www.artificial-brain-project.com/
- Voir aussi son livre Modéliser et concevoir une machine pensante - Approche de la conscience artificielle, paru chez Vuibert dans notre collection Automates Intelligents (Prix AFISI 2005).


Le Robot Darwin VII et robots analogues
JPB/CJ 12/11/05

Le NewScientist du 5 novembre 2005, p. 29, consacre un important article (sur souscription, http://www.newscientist.com/channel/info-tech/mg18825241.700.html) à la réalisation de robots présentés comme susceptibles d'acquérir une connaissance du monde analogue à celle de jeunes enfants, inspirés de l'architecture du cerveau. C'est d'abord la série Darwin, au NSI de La Jolla, qui développe les idées exposées depuis quelques années par le grand neuroscientifique Gerald Edelman. Le principe en est connu. Il s'agit d'émuler la structure du cerveau d'un mammifère, à partir de blocs de neurones logiques dédiés à des tâches bien spécifiques: traitement des images et des sons, contrôle des mouvements, etc. Par ailleurs, d'autres blocs intègrent les données venant des ou allant vers les premières, en jouant le rôle de l'hippocampe et des zones dédiées à la formation des valeurs. Le robot se construit son image du monde en interagissant sans programmation préalable avec son environnement.

Le robot Darwin VIIL'élaboration de l'architecture du cerveau artificiel a cependant été réalisée par les auteurs du projet (notamment le Dr Jeff Krichmar) en compilant la littérature disponible concernant l'organisation et le fonctionnement des cerveaux de mammifères. Autrement dit, l'objectif n'est pas de travailler en aveugle mais de se rapprocher le plus complètement possible de la nature. Ceci à la fois pour disposer d'un système efficace parce que copié sur celui résultant de l'évolution, mais aussi pour mieux comprendre le fonctionnement du cerveau naturel. Inutile d'insister sur le fait que cette recherche rompt définitivement avec les approches traditionnelles de l'Intelligence Artificielle. Nous l'avons plusieurs fois explicité dans de précédents articles de cette revue.

version de DAV au 24 août 2003Le Dr Weng, qui travaille à l'Université d'Etat du Michigan, a développé un robot un peu voisin, SAIL (Self-organizing Autonomous Incremental Learner) [voir notre actualité du 7/09/2001] - et maintenant son robot de nouvelle génération DAV - , qui est capable d'associer des informations de plusieurs sources pour se doter d'une représentation d'un monde non défini à l'avance, représentation qui sera adaptée aux besoins de survie de son corps physique.
Ces projets suscitent un grand intérêt dans la presse scientifique et la presse grand public. Ils ne manquent ni de crédits ni des moyens technologiques nécessaires pour réaliser rapidement des "corps" dotés de nombreux organes. On envisage prochainement de les introduire dans des représentations humanoïdes qui les rendront encore plus aptes qu'actuellement à interagir avec des humains. Pendant ce temps, en France, les chercheurs s'intéressant à ces perspectives n'obtiennent pas le moindre crédit en ne peuvent qu'émigrer aux Etats Unis ou au Japon.

Pour en savoir plus
Article du Neuroscience Institute de La Jolla, avec une contribution de Gerald Edelman: Brain bases devices (oct 2003) http://www.nsi.edu/nomad/iros2003_jlk_gme.pdf
SAIL (automatic mode) http://www.cps.msu.edu/~weng/research/altonlei/frameautomatic.htm
SAIL and DAV Dévelopmental Robot Projects : http://www.cps.msu.edu/~weng/research/LM.html


Alain Aspect, médaille d'or 2005 du CNRS
JPB 10/11/05

Alain AspectLe physicien Alain Aspect vient de recevoir la médaille d'or du CNRS, pour l'ensemble de ses travaux et notamment pour la mise au point de la série d'expériences qui ont démontré l'existence de phénomènes d'intrication entre paires de photons issus d'un même événement. Cette intrication ou corrélation se manifeste par le fait que toute interaction avec un des photons de la paire influence l'autre, quelle que soit la distance ou le temps qui les séparent, à l'échelle de l'univers tout entier. Depuis, l'intrication s'est révélée comme une des caractéristiques du monde quantique, intéressant pratiquement toutes les particules, voire des molécules. Elle présente de nombreux débuts d'application, notamment en cryptographie ou en computation quantique.
Alain Aspect est directeur de recherche au laboratoire Charles-Fabry de l'Institut d'optique d'Orsay (Essonne). Il honore la physique française, d'autant plus que ses débuts de carrière ne le destinaient pas à cette voie.

Pour en savoir plus
Communiqué du CNRS : http://www2.cnrs.fr/presse/communique/781.htm
Sur l'intrication voir notre article du 28 avril 2004


Lancement réussi de la sonde européenne Vénus Express
Source AFP 10/11/05

Fusée Soyouz  avec à son bord Venus ExpressLa sonde européenne Venus Express a été lancée mercredi avec succès vers Vénus à l'aide d'une fusée Soyouz-Frégate à partir du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, marquant ainsi le premier pas de l'Europe vers Vénus. La fusée s'est élevée à 03H33 GMT et la sonde s'en est séparée environ une heure et demie après le lancement pour entamer un voyage de 163 jours.

Jean-Yves le Gall président de Starsem, la société chargée du lancement, a salué une "mission parfaite", ce qu'a confirmé Jean-Pierre Cau, responsable du programme scientifique chez EADS Astrium, maître d'oeuvre pour la construction de la sonde, dàs la réception du premier signal de l'engin.

Venus Express, qui restera sur orbite autour de la planète pendant 500 jours, a pour mission essentielle d'étudier l'atmosphère de Vénus - composition, températures - a précisé l'Agence spatiale européenne (Esa). Cette atmosphère est "unique dans le système solaire et la comprendre est très important", a souligné un des scientifiques de la mission, Hakan Svedhem. Très dense et chaude, elle est constituée à 96% de dioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO2). On y trouve également de l'azote, du dioxyde de soufre (SO2) et de la vapeur d'eau. Par ailleurs, à une soixantaine de kilomètres d'altitude, les vents soufflent, pour une raison inconnue, à quelque 400 km/h.

Venus Express, construite sous la maîtrise d'oeuvre de la société EADS Astrium, est la première sonde européenne à être lancée vers Vénus. Jusqu'à présent, seules des sondes américaines et soviétiques ont été envoyées vers cette planète depuis 1961, dont Mariner 2 (USA - 1962) qui a été la première à la survoler, ou Venera 7 (URSS - 1970) qui s'y est posée en douceur.

Ajoutons que ce succès était très attendu à l'ESA. Un échec dû au lanceur aurait pu porter une ombre sur la coopération avec la Russie, à la suite de la série noire enregistrée précédemment.


Comment les systèmes pondent
JPB/CJ 09/11/05

Couverture du livre "Comment les systèmes pondent"Les incidents dans les banlieues donnent, malheureusement, un relief particulier à l'intérêt de la mémétique, sur laquelle nous avons beaucoup publié dès la création de cette revue. Sur la mémétique, on lira le livre récent de notre ami Pascal Jouxtel, Comment les systèmes pondent" publié aux Editions Le Pommier. La mémétique ne donnera sans doute pas au gouvernement tous les moyens pour résoudre le problème des banlieues. Mais elle aidera à prendre des vues plus globales. Celles-ci ne traiteront pas à elles seules le phénomène profond, qui est l'incapacité de la société française actuelle à intégrer les immigrants. On ne dira donc pas que les émeutiers sont des virus - on voit les conséquences de telles assimilations. Ce sont les images qui sont des virus. Mais il sera bon d'examiner comment fonctionnent les super-organismes dont ils sont les agents, avec quelles informations ou messages ils se fortifient. De même, il faut étudier la question des ghettos. Ceux-ci constituent des super-organismes différents de ceux que sont les bandes, mais qui leur sont très liés. Il faut aussi tenter de les étudier un peu scientifiquement, à la lumière de la mémétique notamment. On ne leur appliquera évidemment pas les mêmes outils d'analyse que ceux utilisés traditionellement pour analyser la banlieue parisienne.

Nous présenterons prochainement le livre de Pascal Jouxtel. Son auteur vient d'ouvrir un blog sur la mémétique http://systempondent.over-blog.com/


ENON, le robot humanoïde à roue de Fujitsu
CJ 03/11/05

Le robot ENON de FujitsuFujitsu Frontech Ltd. propose à la vente au Japon, depuis le 13 septembre dernier, son robot sur roue ENON (Exciting Nova On Networks). Les commandes commencent à arriver et les envois devraient débuter dans le courant de ce mois. Le robot, qui mesure 1,3 mètres de haut pour 50 kg et se déplace à une vitesse maximale de 3 km/h, est destiné à servir de guide, à escorter les invités, à transporter des objets (n'excédant pas 500 g) et à effectuer des patrouilles de garde, voire renseigner les visiteurs sur des produits ou sur la société dans laquelle il officie.
Disposant d'un système de reconnaissance vocale*, il étudie son environnement grâce à 6 caméras, 3 capteurs ultrason et 3 capteurs de contact. Doté d'un réseau local sans fil, il peut envoyer des clichés à destination d'un bureau central. Sa tête (zones des yeux et de la bouche) est équipé de diodes électroluminescentes qui lui permettent de prendre des "expressions" faciales.
L'interface utilisateur est assuré par un écran tactile de 10,5 pouces (27 cm), 4 microphones et 2 haut-parleurs.
Prix annoncé : 54 000 dollars (environ 45 000 euros).

* Il ne reconnaît pour l'instant que le Japonais

Pour en savoir plus :
Site de Fujitsu : http://www.fujitsu.com


Construire sa bibliothèque scientifique en ligne
CJ 02/11/05

Logo CiteUlikeLancé en novembre 2004, et aujourd’hui disponible en version française, CiteULike est un système de gestion en ligne gratuit permettant aux chercheurs (ou personnes intéressées par les sciences) de stocker, organiser et partager les publications qu'ils lisent. Par un simple clic, l’article repéré vient s'ajouter dans votre bibliothèque personnelle. L’indexation est automatique : chaque référence est caractérisée par des mots-clefs ("tags").

Avantages du système :
- comme votre bibliothèque est stockée sur le serveur de CiteUlike, l'utilisateur peut y accéder depuis n'importe quel ordinateur. Plus besoin de se promener avec des tonnes de livres lors d'un déplacement pour un congrès (ou lorsque l'on part en vacances).
- le système permet de partager sa bibliothèque avec d'autres internautes, savoir qui lit les mêmes articles, ceci pouvant d'ailleurs aider à découvrir des documents importants pour son domaine et dont on n'a pas connaissance....

L’inscription est gratuite. Il suffit d’une adresse mail, un nom d'utilisateur et un mot de passe.
Signalons que ce sont les liens vers les articles qui sont stockés, et non les articles eux-mêmes, qui restent dans des bases comme JSTOR ou PubMed. La base de donnée centrale est sauvegardée toutes les quinze minutes, et l'information qui est dans votre bibliothèque et sûre et protégée.

Pour le moment, ce sont surtout des articles de médecine et de biologie qui sont disponibles. Actuellement, le système récupère les liens pour: AIP Scitation, Amazon, American Geophysical Union, American Meteorological Society, Anthrosource, Association for Computing Machinery (ACM) portal, BMJ, CiteSeer, IEEE Xplore, IngentaConnect, JSTOR, MathSciNet, MetaPress, NASA Astrophysics Data System, Nature, PLoS Biology, PubMed, PubMed Central, Science, ScienceDirect, SpringerLink, Usenix, Wiley InterScience, arXiv.org e-Print archive, mais cette liste s'allonge continuellement.

Pour en savoir plus :
CiteULike : http://fr.citeulike.org/


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