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Retard
au lancement du satellite privé FalconSat-2 JPB 29/11/05
On
attendait avec intérêt le premier lancement de la fusée
Falcon-1 développée par Elon Muskle, jeune millionnaire
américain d'origine sud-africaine. Elle devait s'élancer
d'un îlot du Pacifique dans les Marshall, en emportant un
petit satellite développé par des étudiants,
sur financement de la Darpa, le FalconSat-2. Ce satellite doit mesurer
l'effet des plasmas solaires sur les télécommunications
spatiales, notamment le GPS. Mais ce lancement, prévu pour
le 25 novembre, a dû être retardé pour des raisons
techniques qui n'ont d'ailleurs rien d'anormal dans le cas d'une
première.
Ce qui est intéressant
est l'audace de l'entreprise, émanant d'un industriel qui
n'est pas adossé aux grands de l'aérospatial (encore
qu'il dispose de nombreux appuis à la Nasa). Elon Musk a
créé en 2002 à El Segundo (Calif.) la société
SpaceX, Space Exploration Technologies, à partir de bénéfices
faits dans le software et surtout le paiement en ligne (PayPal,
devenue n° 1 du domaine), qu'il a revendu à eBay. SpaceX
dispose actuellement d'un effectif de 160 ingénieurs provenant
de la Nasa et de divers avionneurs.
La démarche
s'inscrit dans la tendance actuelle encouragée aux Etats-Unis
par les restrictions de crédits affectant la Nasa, laquelle
doit se consacrer en priorité à son objectif lunaire.
De riches entrepreneurs privés prétendent pouvoir
faire aussi bien et moins cher que les grandes structures. SpaceX
affirme pouvoir abaisser sensiblement le prix du lancement à
la tonne. La famille Falcon vise, avec le n° 9 déjà
prévu, les 10 tonnes en orbite basse, avec des technologies
simples.
Voici qui renforce
les arguments des industriels européens de l'espace, selon
lesquels il faut plus que jamais financer les lanceurs destinés
à optimiser puis prendre la suite d' Ariane 5 ECA, dont on
attend encore à ce jour le 2e vol commercial, retardé
pour des problèmes inhérents à la plate-forme.
Il
semble bien que la firme allemande Choren, spécialisée
dans les bio-diésels, soit en train de révolutionner
la production des bio-carburants. Associée à Shell,
elle a réussi à produire un carburant opportunément
nommé SunDiesel ou Syngas qui utilise non pas des produits
agricoles consommables pour l'alimentation humaine, mais de la biomasse
de rebut (feuilles, branches, sciures) qui existe en grande quantité
dans la nature. Un procédé breveté complexe,
que nous ne décrirons pas ici, dit Carbo-V® “Biomass-gasification
process" permet d'obtenir un fuel de bonne qualité,
très faiblement polluant. Le prix en sera d'autant plus compétitif
que les fiscalités nationales prendront en compte l'aptitude
de ce procédé à aider au respect des accords
de Kyoto sur la production de CO2.(1)
Cette annonce
mériterait une réflexion économique et politique
attentive, à replacer dans la compétition énergétique
entre l'Europe et l'Amérique. On y voit qu'un pétrolier
européen, associé à une entreprise européenne
hautement intelligente, peut proposer des percées qui pourraient
changer la donne des marchés des carburants liquides. On
imagine la source d'emplois qui en résultera en cas de succès
pour l'Europe. Félicitons nos amis allemands de ne pas attendre
la raréfaction du pétrole en se lamentant, mais de
chercher activement des solutions permettant de sortir du piège.
(1)
On peut cependant s'interroger sur le caractère "abondant"
de la ressource envisagée, les déchets végétaux.
Sont-ils suffisants pour alimenter une production importante? Ne
va-t-on pas en les récoltant priver les cycles naturels d'une
partie essentielle de leur capacité de renouvellement, puisque
la fermentation spontanée des déchets enrichit les
sols au profit des plantes et des animaux? Au Canada, où
les premières études ont été faites,
la ressource ne manque sans doute pas, mais quid en Europe? La démarche
proposée par Choren ne prendra tout son sens, en Europe,
que dans le cadre d'une exploitation réfléchie des
massifs forestiers. On sait que les forestiers européens
voient d'un bon oeil augmenter les débouchés du bois,
car ceux-ci (évidemment dans certaines limites à définir
au cas par cas) encouragent l'augmentation des surfaces emboisées
et non leur diminution.
La question
des bio-carburants n'est pas simple. On voit actuellement les effets
pervers d'un recours irréfléchi aux végétaux
de culture dans le cas des fuels obtenus à partir du soja
et de l'huile de palme. La forte demande provenant des pays riches
en faveur de ces produits conduits les paysans d'Amazonie et de
Bornéo à défricher encore plus vite que jusqu'ici
les forêts primaires de leur pays, lesquelles sont pourtant
au bord de l'extinction (voir NewScientist, 19/11/05, p. 19). En
conséquence de quoi la biodiversité sera la première
victime des carburants biologiques. Voila une raison de plus, dira
la firme Choren, pour faire appel aux déchets végétaux.
Succès
de l'exploration de l'astéroïde Itokawa par la sonde
japonaise Hayabusa
JPB 28/11/05
La
communauté spatiale a unanimement applaudi l'exploit réalisé
par la Jaxa, Agence Japonaise de l'Espace, dont le programme d'exploration
de l'astéroïde Itokawa semble finalement évoluer
très favorablement. Il s'agissait d'une mission d'une extrême
difficulté puisque la sonde Hayabusa a dû voler bord
à bord pendant des semaines avec l'astéroïde,
avant de s'en approcher à quelques mètres et finalement
s'y poser quelques instants. Un poids envoyé sur l'astéroïde
a permis de soulever des fragments de matière qui ont été
aspirés à l'intérieur de la sonde. Celle-ci
va maintenant entreprendre son long voyage de retour vers la Terre
(180 millions de miles). Le samedi 26, elle a manifesté des
troubles de comportement qui ont obligé la Jaxa à
fermer ses moteurs fusées, mais elle sera, quoi qu'il arrive,
relancée le 10 décembre. Sinon elle perdrait les créneaux
favorables lui permettant, après avoir orbité autour
du soleil, d'atteindre la Terre en 2007.
La sonde a expérimenté, hors manoeuvres d'approche,
un nouveau type de moteur ionique utilisant un champ électrique
pour accélérer des ions positifs. L'objectif est de
généraliser de tels moteurs (que l'ESA avait précédemment
utilisé avec succès) en vue de futures missions. La
Jaxa a annoncé début 2005 qu'elle entendait envoyer
prochainement un astronaute dans l'espace et établir une
base lunaire en 2025. L'Europe n'a plus qu'à faire de même...
L'image (Jaxa)
représente la surface de l'astéroïde, photographiée
à quelques dizaines de mètres de distance par la sonde,
dont l'ombre portée apparaît sur le sol, à côté
d'un point brillant qui est un marqueur envoyé par la sonde
afin de guider l'atterrissage final (l'itokawaïssage final).
Les rectangles noirs figurent les panneaux solaires de Hayabusa.
Décès de Jean Delacour
CJ 27/11/05
Nous
apprenons aujourd'hui avec tristesse le décès de Jean
Delacour, survenu le 6 novembre dernier, dans sa 70ème année.
Philosophe,
Psychologue expérimental, Docteur ès Sciences, il
a consacré sa vie à la recherche dans le domaine des
Neurosciences. Il fut professeur de Psychophysiologie à l'Université
Paris 7, au sein de laquelle il créa puis dirigea jusqu'à
sa retraite, en 2000, le Laboratoire de Psychophysiologie.
Jean
Delacour a su éclairer de son immense culture philosophique
une expérimentation novatrice et intègre, étudiant
particulièrement les domaines de l'Apprentissage, de la Mémoire
et de la Conscience, écrivant sur ces sujets de nombreux
livres qui font autorité en la matière.
Expert international dans son domaine, il comptait des correspondants
scientifiques dans le monde entier.
Il
a créé et dirigé jusqu'en octobre 2004 une
collection d'ouvrages scientifiques dédiée aux Neurosciences
Cognitives (parmi lesquels ses propres écrits : "Une
introduction aux Neurosciences Cognitives", 1998 [voir
notre recension], et "Conscience et Cerveau",
2001). Ces ouvrages, choisis par lui même parmi ses nombreuses
lectures, traduits d'éminents auteurs étrangers ou
écrits par des spécialistes de langue française,
sont destinés aux étudiants avancés de Psychologie,
de Biologie et de Médecine, ainsi qu'à "l'honnête
homme" qui veut comprendre les données de la Science
contemporaine.
L'ouvrage
Robots, genèse d'un peuple artificiel récompensé
par le Prix Roberval CJ 25/11/05
Robots,
genèse d'un peuple artificiel, ouvrage de référence
sur la robotique, a obtenu ce 25 novembre la Mention Spéciale
du jury du Prix Roberval 2005 (catégorie" grand public"),
prestigieuse récompense visant à distinguer les meilleurs
ouvrages francophones en matière de vulgarisation scientifique
et technique.
Nous
avions souligné lors de sa sortie l'importance de cet ouvrage
[voir
notre recension], fruit
d'un travail de plusieurs années, aboutissant à une
somme sans équivalent. Fort de 540 pages et plus de 1500
illustrations - souvent inédites- ce livre écrit par
Daniel Ichbiah, conçu et réalisé en France
par FYP Editions et édité par Minerva, est sorti simultanément
en trois langues : français, anglais et allemand.
"Etre
récompensé par le prestigieux jury du Prix Roberval
est un grand honneur pour nous", a déclaré
Philippe Bultez Adams, responsable éditorial de FYP Editions.
"Mais au-delà de la récompense pour l'ouvrage
et le travail qu'il a nécessité, j'y vois la marque
d'un intérêt grandissant pour le sujet en lui même.
La diversité des robots, la vitalité du marché
qu'ils représentent dans de nombreux pays, et leur potentiel
scientifique ou économique sont aussi étonnants que
méconnus. Il est urgent de s'intéresser à ces
formidables vecteurs d'innovation que sont les robots, tout en s'interrogeant
sur le sens de ce qu'ils représentent pour l'avenir de l'homme
et de notre civilisation".
TermSciences
: un portail terminologique multidisciplinaire pour la communauté
scientifique CJ 25/11/05
Conçu
par le CNRS, lInserm, lINRIA, lINRA et le Cemagref,
ce nouveau portail a pour objectif de valoriser et de mutualiser
les ressources terminologiques (lexiques, dictionnaires, thésaurus)
pour aboutir à la constitution d'un référentiel
terminologique commun, consultable en libre accès sur internet.
La participation à ce projet est ouverte à tous les
organismes publics de recherche et d'enseignement supérieur.
Le site, pour l'instant, n'offre que des traductions en quatre langues
(français, anglais, espagnol et allemand), mais va s'enrichir
au cours du temps. TermSciences compte par exemple la traduction
de près de 730 mots anglais commençant par "micro"
(de microcentrale hydroélectrique à microzonation).
L'Internet
des objets va dépasser en importance l'Internet des humains.
Cette conclusion est celle d'un rapport de l'Union Internationale
des Télécommunications réalisé pour
l'ONU et présenté au sommet mondial de la société
de l'Information à Tunis.
Les rapporteurs envisagent le moment où les objets dotés
d'étiquettes électroniques à répondeur
radio (Radio Frequency Identification ou RFID), les meubles et immeubles
équipés de capteurs et de senseurs divers se compteront
par milliards et créeront une connectivité en réseau
ubiquitaire. Les humains, dans ce monde de receveurs et d'émetteurs,
ne seront plus qu'une minorité.
Le point intéressant, selon les rapporteurs, est que ce phénomène
touchera aussi bien aussi bien les pays pauvres que les pays riches.
Ils donneront l'occasion de nombreux services à valeur ajoutée
que les pays en développement, où abondent déjà
les compétences informatiques à bas coût de
revient, sauront mieux exploiter que leurs concurrents des pays
riches. Des marchés entièrement nouveaux devraient
en résulter.
Mais la généralisation d'un Internet des objets aura
aussi des côtés négatifs. Ce sera d'abord l'augmentation
du niveau général de radiation électro-magnétique,
dont il faudra étudier avec soin les effets sur le vivant.
Ce sera aussi, dans un autre ordre d'idée, le développement
exponentiel des possibilités de contrôle sur les usages
et les comportements. Beaucoup de ces contrôles seront conduits
pour des raisons commerciales, sans souci de respecter la privauté
des individus. Le rapport appelle à une concertation générale
des gouvernements et des entreprises pour éviter les abus.
Mais on sait déjà ce qu'il en est de ce type de démarche,
quand on regarde comment, aujourd'hui, les législations nationales
dites Informatique et Libertés sont devenues inapplicables.
Si rien n'est fait cependant, en termes de définition de
normes techniques communes ainsi que de principes à respecter
pour éviter les abus, le public pourra, dans certains pays
sensibilisés tout au moins, se détourner des produits
dotés d'émetteurs et de senseurs. Mais le mouvement
général ne sera pas arrêté pour autant.
Si par exemple les Européens décidaient de se tenir
à l'écart du futur Internet des objets, ils accumuleraient
de tels retards industriels et commerciaux qu'ils ne pourraient
pas maintenir longtemps leur position restrictive.
Les
500 ordinateurs les plus puissants du monde
CJ 21/11/05
La
26ème édition de la liste des 500 ordinateurs les
plus puissants du monde vient d'être publiée à
l'occasion de la conférence sur les "super-ordinateurs"
("Supercomputing
conference") qui s'est tenue à Seattle, du
12 au 18 novembre dernier.
La première place du classement revient à "Blue
Gene/L", ordinateur développé conjointement par
IBM et l'Administration pour la sécurité nucléaire
nationale (NNSA).
Déployé au sein du Laboratoire National Lawrence Livermore
(LLNL), à l'Est de San Francisco, Blue Gene/L (qui comprend
quelque 13 1072 processeurs) fait partie des outils du programme
Advanced Simulation and Computing Program destiné
à valider des conceptions d'armes nucléaires et à
certifier les armes, en s'appuyant notamment sur la simulation.
Signalons que les performances de ce super-ordinateur ont été
doublées depuis juin dernier, date de la précédente
édition du classement (que Blue Gene/L avait déjà
remporté). En crête, le système est désormais
capable d'effectuer 280,6 trillions de calculs par seconde -soit
280,6 teraflops - (contre 136.8 il y a six mois) ou plus de 100
teraflops soutenus, loin devant le second de la liste, un autre
système Blue Gene, avec 91,2 teraflops et le troisième,
le Purple de Livermore, lui aussi produit par IBM (63, 3 teraflops).
Il faut attendre la quatrième machine classée (le
SGI Columbia installé au centres AMES de la NASA) pour trouver
un autre constructeur qu'IBM (qui est le fabricant de 43,8% du Top500...).
8 des 10 premiers classés ont été produits
par des constructeurs (IBM : 5, Cray : 2 et SGI : 1) qui ont béneficié
du programme High Productivity Computing Systems (HPCS) de
la DARPA, ainsi que, pour IBM, d'un partenariat fort avec le DOE.
L'Earth Simulator japonais, premier encore au début de l'année
2004, arrive désormais 7ème de la liste, avec 35,8
téraflops.
Sur l'ensemble des 500 ordinateurs classés, 305 sont situés
aux Etats-Unis, 100 en Europe et 66 en Asie. L'écrasante
majorité des machines est d'architecture scalaire (et non
plus vectorielle(1)), avec une
forte prédominance de clusters (près des trois quarts).
Linux (74%) et Unix (20%) dominent le classement.
Les USA se taillent
donc la part du lion avec 305 des 500 machines listées (267
l'année dernière), l'Europe arrive ensuite avec 100
machines (Espagne en 8ème position (27,9 teraflops), Pays-bas
en 9ème (27,4 teraflops), Suisse(2)
en 13ème (18,2 teraflops), Angleterre 34ème (9,2 teraflops),
Allemagne 37ème (8,9 teraflops), France 62ème (5,8
teraflops), Suède 70ème (4,9 teraflops) et l'Asie
66 (dont 21 pour le Japon et 17 pour la Chine (qui arrive en 26
ème position, avec 10,3 teraflops). L'inde arrive en 111ème
position (3,75 teraflops avec un système cluster fabriqué
par IBM).
Premier
bilan de l'Agence nationale de la recherche
JPB/CJ 17/11/05
Créée
en février 2005, l'Agence nationale de la recherche [actuellement
Groupement d'Intérêt Public (GIP)] fait état
d'un premier bilan, qui a été présenté
lors d'une conférence de presse donnée le 15 novembre
par François Goulard, ministre délégué
à l'Enseignement supérieur et à la Recherche,
et Gilles Bloch, directeur de l'ANR.
L' Agence financera une première vague de 1 500 projets d'une
durée de trois ans maximum, pour un montant de 540 millions
d'euros. Au total, 4 500 équipes, dont 800 entreprises, bénéficient
de ces crédits, le CNRS en recueillant 30 %, suivi par le
secteur privé (19 %). Les fonds, qui ont commencé
à parvenir aux laboratoires, devraient être distribués
d'ici la fin décembre. En 2006, l'ANR sera dotée de
800 millions d'euros, et de plus d'un milliard d'euros "en
régime permanent", selon le ministre.
Le
secteur Matière et information recevra 130 millions d'euros
pour 220 projets. Viennent ensuite : Biologie et santé (110
millions d'euros, 270 projets) ; Energie durable et environnement
(100 millions d'euros, 150 projets) ; Ecosystèmes et développement
durable (47 millions d'euros, 120 projets). Enfin, les sciences
humaines et sociales devraient récolter quelque 25 millions
d'euros, mais au titre des "programmes blancs" faisant
partie du volet non thématique des financements de l'ANR.
Dotée de 170 millions d'euros pour 670 projets, cette ligne
comprenait aussi le financement de "chaires d'excellence"
et de projets "jeunes chercheurs".
Il
s'agit manifestement de micro-financements, soit en moyenne 400
K.euros par projet. Fallait-il disperser ainsi ou regrouper davantage?
Il est difficile de répondre. On peut penser que les projets
retenus, même s'ils ne pourront pas compter sur ces seuls
financements pour complètement décoller, en tireront
une certaine reconnaissance qui leur servira ultérieurement.
Mais dans ce cas, il sera utile que l'ANR fasse connaître
le moment venu, au-delà de la liste des projets retenus (voir
sur ce point son site http://www.gip-anr.fr)
ce à quoi ont abouti ces projets, qu'il s'agisse d'échecs
ou de succès.
L'Europe
participe activement à la recherche des ondes gravitationnelles
JPB/CJ
17/11/05
Le
Conseil d'Administration du CNES du 3 décembre 2004 avait
décidé l'engagement des phases B/C/D de la participation
française au projet LISA Pathfinder du plan Vision Cosmique
de l'ESA. Ce projet spatial (LISA pour Laser Interferometer Space
Antenna) a pour objet de détecter les ondes gravitationnelles
dont l'existence a été prédite par la théorie
de la Relativité Générale. De telles ondes
n'ont pas encore été observées directement.
A la différence des ondes électromagnétiques,
les ondes gravitationnelles interagissent très peu avec les
étoiles ou la matière interstellaire ; aussi constituent-elles
une source d'information potentiellement exceptionnelle pour étudier
l'univers et son évolution. Certains physiciens d'ailleurs
doutent de leur existence, ce qui remettrait en cause la Relativité.
Mais pour la plupart, il suffit seulement de réaliser les
instruments d'une extrême sensibilité permettant d'interagir
avec elles. En cas de succès, outre des prix Nobel, ce serait,
a dit le Pr Bernard Schutz de l'Albert Einstein Institute et de
la Cardiff University, une révélation analogue à
celle ressentie par une personne sourde qui découvrirait
subitement que le monde émet des sons et qu'il présente
donc des dimensions insoupçonnables jusqu'alors.
En
1996, LISA a été approuvé à l'ESA comme
une mission « pierre angulaire » de son programme scientifique
obligatoire et une coopération entre l'ESA et la NASA a été
initiée. Elle a abouti au concept d'un interféromètre
à trois satellites, volant en formation, dont le lancement
est actuellement prévu en 2012-2013.
Ce
pari technologique (développements dans le domaine des lasers
ultra-stables, des télescopes, des accéléromètres,
des micropropulseurs et de la compensation de traînée)
a conduit à décider une mission de démonstration
intermédiaire : LISA Pathfinder (notre image). La France
y participe avec la réalisation d'un sous-système
de l'interféromètre de la mission LISA Pathfinder
: un dispositif de séparation des faisceaux laser par modulation
acousto-optique. Plusieurs laboratoires français regroupés
au sein du consortium LISA-France seront coordonnés par le
Laboratoire APC (Astroparticules et Cosmologie, Université
Paris 7) du CNRS/IN2P3.
LISA
Pathfinder sera lancé en 2008 par un petit lanceur européen
ou russe sur une orbite de transfert géostationnaire et utilisera
son propre module de propulsion pour atteindre son orbite opérationnelle
autour du point de Lagrange L1 , à environ 1,5 million de
km de la Terre vers le Soleil.
On
sait que dans l'immédiat des expériences très
délicates d'interférométrie au sol par laser
sont menées conjointement en Allemagne (dispositif dit GEO
600, notre image), et aux Etats-Unis (Ligo 1 et 2 - Laser Interferometer
Gravitational-Wave Observatory), avec l'espoir de détecter
simultanément un événement ou deux, en 6 mois,
susceptibles d'être attribués aux phénomènes
cosmiques extrêmement violents capables de créer des
ondes gravitationnelles détectables sur la Terre.
Rappelons
aussi, en Italie à Pise, l'existence de VIRGO, collaboration
scientifique de 5 laboratoires français et 6 laboratoires
italiens qui a pour but la détection des ondes gravitationnelles
provenant de sources cosmiques comme les supernovae, ou les couples
d'étoiles a neutrons, en mesurant la différence de
phase entre deux rayons laser se propageant dans un immense interféromètre
de Michelson de 3km de long.
Dans
le même domaine, citons les expériences TAMA au Japon,
et ACIGA en Australie.
Les
nouvelles souches de H5N1 déclencheraient des explosions
de réponses immunitaires qui tueraient le patient
JPB 17/11/05
Selon
une étude de chercheurs de Hong Kong publiée par la
revue en ligne Respiratory Research, les nouvelles souches
mutantes du virus H5N1 analysées récemment seraient
particulièrement meurtrières parce qu'elles déclencheraient
une sur-réaction explosive du système immunitaire.
Celui-ci noierait le malade sous un afflux de cytokines, produites
par lui et comprenant IP-10, interferon beta, RANTES et interleukin-6.
Cette réaction serait particulièrement forte chez
les patients jeunes et vigoureux, ce qui expliquerait le nombre
élevé de morts parmi ceux-ci. Si cette conclusion
était juste, il faudrait, outre les antiviraux, administrer
des déprimants du système immunitaire - avec les risques
induits que l'on devine en cas d'infections surajoutées.
Ces
caractéristiques rapprocheraient de plus en plus les nouvelles
souches mutantes de H5N1 du terrible H1N1 1918, récemment
reconstitué par des scientifiques américains, qui
a fait entre 20 et 200 millions de morts, sous le nom de grippe
espagnole.
Pour
en savoir plus Voir
l'article Proinflammatory cytokine responses induced by influenza
A (H5N1) viruses in primary human alveolar and bronchial epithelial
cells http://respiratory-research.com/content/6/1/13
Xplora,
nouveau portail européen pour l'enseignement des sciencesJPB
17/11/05
Xplora (www.xplora.org/ww/fr/pub/xplora/index.htm)
est le nouveau portail européen pour l'enseignement des
sciences. S'adressant aux enseignants, aux élèves,
aux scientifiques, aux communicateurs scientifiques et aux éducateurs
scientifiques, il propose notamment des nouvelles sur l'enseignement
des sciences, des conseils pédagogiques et des idées
pour enseignants. Avec ce portail, l'internaute peut :
• effectuer une recherche dans la base de données
de sites Web et de ressources d'apprentissage numériques
pour l'enseignement des sciences ;
• s'inscrire pour utiliser les communautés en ligne
et participer à des discussions en ligne ;
• avoir un aperçu des approches et projets scientifiques
pratiques et innovants;
• recevoir des descriptions d'outils code source libre disponibles
gratuitement pour l'enseignement des sciences ;
• en savoir plus sur les projets Pencil et Nucleus qui offrent
leur soutien au portail Xplora
Le
portail Xplora est géré par European Schoolnet,
réseau de 28 ministères européens de l'Education
et reçoit le soutien de PENCIL, projet financé par
la Direction générale Recherche de la Commission
européenne sous le thème Science et Société.
Le projet PENCIL entre dans le cadre de Nucleus, groupe de projets
pédagogiques scientifiques qui implique les plus grands
laboratoires de recherche d'Europe. L'Europe
de l'enseignement bouge un peu. Mais qui le sait en France? L'équipe
d'Automates Intelligents en a parlé à des amis de
l'Education Nationale, sans obtenir de réaction.
Pour
ceux qui veulent en savoir plus sur les projets pédagogiques
en cluster rassemblés par Xplora, voir dans la page Nucleus
http://www.xplora.org/ww/fr/pub/xplora/nucleus_home.htm
les actions PENCIL, ESTI, CISCI, Scienceduc and Volvox.
Redbus
Interhouse, deuxième entreprise française à
recevoir lagrément de la CNIL pour lutilisation
dans ses locaux d'un système biométrique par reconnaissance
de l'iris CJ
16/11/05
Le
centre de Paris La Défense de la société
Redbus Interhouse a reçu récemment l'agrément
de la CNIL pour lutilisation dans son contrôle daccès
dun système biométrique par reconnaissance
diris. A ce titre, cette société est aujourdhui
lunique centre et la deuxième entité française*
(après la Banque de France) à avoir reçu
lautorisation de disposer dun tel niveau de sécurité**
sur le marché de lhébergement ultra-sécurisé
déquipements informatiques.
Chaque iris humain est extrêmement complexe et donc, unique.
244 points de comparaison peuvent être distingués.
Avec le système de biométrie qui a été
développé en collaboration étroite avec Panasonic,
toute usurpation d'identité est impossible. L'intégration
de ce système dans l'entreprise confère ainsi à
Redbus un réel avantage concurrentiel et la positionne
ainsi comme prestataire de choix pour des secteurs d'activités
tels que la finance, la santé, les organismes gouvernementaux...
Capture d'écran du système biométrique
utilisé par Redbus Intehouse Paris (reconnaissance de l'iris)
* Le centre
Redbus Interhouse de Paris La Défense est une filiale française
de l'entreprise anglaise. ** En plus
de la mise en place du système biométrique, un sas
a été installé, comprenant une reconnaissance
de la silhouette, la détection de poids ainsi qu'un détecteur
de métaux dans le sens de la sortie (empêchant toute
sortie de serveur non autorisée).
Première
étape d'expérimentation d'un vaccin contre le paludisme
JPB 15/11/05
On
connaît la mortalité due au paludisme dans les pays
du tiers-monde. On sait aussi que les grandes firmes pharmaceutiques
n'ont guère investi dans la recherche d'un vaccin. Celui-ci
n'est, il est vrai, pas facile à concevoir car il doit
s'insérer dans les relations complexes entre le parasite
Plasmodium falciparum, l'insecte vecteur et les cellules
de la victime. Plusieurs solutions possibles avaient été
annoncées ces derniers mois sans résultats probants
à ce jour. D'où l'intérêt de l'annonce
faite par une équipe franco-suisse dirigée par Pierre
Druilhe de l'Institut Pasteur de Paris dans la revue en ligne
Public Library of Sciences Medicine. La technique expérimentée
a consisté à rechercher comment se protègent
des adultes résistants au paludisme et comment transférer
cette protection à des personnes "naïves",
afin d'induire un mécanisme de défense. Une protéine
de surface baptisée Merozoite surface protein 3 (MSP3)
a été identifiée qui, selon les chercheur,s
constitue l'antigène permettant au parasite d'attaquer
les globules rouges de la cible. C'est sur celle-ci que doit être
concentrée la réplique des anticorps de l'organisme.
Une campagne d'essai est en cours, qui impliquera progressivement
des personnes exposées au paludisme.
Si
tout ceci se révélait concluant, il s'agirait d'une
grande victoire de la recherche publique mais aussi de la recherche
européenne. Elle renforcerait l'opinion de ceux qui, comme
nous, pensent que beaucoup des maux du tiers-monde pourraient
être soulagés avec un peu d'intelligence et d'attention.
NB: The Lancet publie dans le même temps un article montrant
les effets protecteurs sur des enfants, pendant au moins 18 mois,
d'un vaccin dit RTS, S/AS02A, fruit d'un
partenariat entre la Malaria Vaccine Initiative lancée
par l'ONG américaine Path, elle-même financée
par la fondation Bill et Melinda Gates et le laboratoire GlaxoSmithKline.
Voir:
http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/
PIIS0140673605676696/fulltext
Signalons
la naissance de la revue Le Monde de l'Intelligence éditée
par Mondeo publishing, dont le n°1 est en vente dans les kiosques
depuis le 10 novembre.
Destinée à tout public, cette publication bimestrielle
souhaite aborder le thème de l'intelligence à travers
les différents domaines que sont les neurosciences, l'Intelligence
artificielle, la psychologie... "Nous destinons ces pages
à tous ceux que l'énigme de l'esprit humain et ses
liens avec le cerveau passionnent", écrit le directeur
de la publication Gilles Harpoutian dans son éditorial.
A noter dans le sommaire de ce numéro, un dossier Créer
un cerveau artificiel réalisé par le journaliste
Cyril Fiévet, dossier comprenant 3 articles, dont une interview
de notre ami Alain Cardon ("Alain Cardon offre la liberté
aux machines") dans laquelle le chercheur montre tout
l'intérêt de ses travaux, mais aussi met le doigt
(comme nous ne cessons de le faire dans notre revue) sur le retard
préoccupant que prennent la France et l'Europe dans ce
type de recherche. "Aujourd'hui en France, la capacité
d'innovation pour des sauts technologiques est anormalement faible.
On s'intéresse un peu trop au technologies d'hier. Cela
conduit au fait que de très nombreux thésards s'en
vont en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Japon (...) Notre
pays souffre d'une forme d'inertie (...) Nous avons chez-nous
un vrai problème d'initiative et de prise de risque"
explique Alain Cardon.
Rappelons que notre appel publié en juillet dans le blog
Automates Intelligents - Réalisation
dun système de comportement intelligent, intentionnel
et autonome avec production d'émotions destiné à
divers types de robots - est toujours d'actualité
: à ce jour, et bien qu'ayant rencontré certaines
instances dirigeantes, Alain Cardon n'a toujours pas trouvé
les fonds nécessaires pour créer son entreprise.
Bien que certains rendez-vous ont eu lieu avec des industriels,
aucune expertise ni étude sérieuse du projet n'ont
encore été proposées de leur part, ce qui
serait pourtant un minimum.... C'est certainement ce qui nous
différencie de pays comme le Japon où l'Amérique
: le dossier réalisé par Cyril Fiévet comprend
par exemple une interview de Jeff Hawkins ("Jeff Hawkins
réinvente le néocortex"), le créateur
du PalmPpilot, récement à l'origine de la création
de Numenta, start-up fondée aux Etats-Unis en mars 2005
et qui a, elle, levé assez facilement les fonds de départ.
Objectif : créer des systèmes de mémoires
informatique reproduisant le fonctionnement du néocortex
humain.
Doit-on
laisser partir le projet d'Alain Cardon aux Etats-Unis pour qu'enfin
il se réalise ? Le monde de l'Intelligence n'est décidément
pas le même pour tout le monde sur cette planète.
Le Robot Darwin
VII et robots analogues
JPB/CJ 12/11/05
Le
NewScientist du 5 novembre 2005, p. 29, consacre un important
article (sur souscription, http://www.newscientist.com/channel/info-tech/mg18825241.700.html)
à la réalisation de robots présentés
comme susceptibles d'acquérir une connaissance du monde
analogue à celle de jeunes enfants, inspirés de
l'architecture du cerveau. C'est d'abord la série Darwin,
au NSI de La Jolla, qui développe les idées exposées
depuis quelques années par le grand neuroscientifique Gerald
Edelman. Le principe en est connu. Il s'agit d'émuler la
structure du cerveau d'un mammifère, à partir de
blocs de neurones logiques dédiés à des tâches
bien spécifiques: traitement des images et des sons, contrôle
des mouvements, etc. Par ailleurs, d'autres blocs intègrent
les données venant des ou allant vers les premières,
en jouant le rôle de l'hippocampe et des zones dédiées
à la formation des valeurs. Le robot se construit son image
du monde en interagissant sans programmation préalable
avec son environnement.
L'élaboration
de l'architecture du cerveau artificiel a cependant été
réalisée par les auteurs du projet (notamment le
Dr Jeff Krichmar) en compilant la littérature disponible
concernant l'organisation et le fonctionnement des cerveaux de
mammifères. Autrement dit, l'objectif n'est pas de travailler
en aveugle mais de se rapprocher le plus complètement possible
de la nature. Ceci à la fois pour disposer d'un système
efficace parce que copié sur celui résultant de
l'évolution, mais aussi pour mieux comprendre le fonctionnement
du cerveau naturel. Inutile d'insister sur le fait que cette recherche
rompt définitivement avec les approches traditionnelles
de l'Intelligence Artificielle. Nous l'avons plusieurs fois explicité
dans de précédents articles de cette revue.
Le
Dr Weng, qui travaille à l'Université d'Etat du
Michigan, a développé un robot un peu voisin, SAIL
(Self-organizing Autonomous Incremental Learner) [voir
notre actualité du 7/09/2001] - et maintenant
son robot de nouvelle génération DAV - , qui est
capable d'associer des informations de plusieurs sources pour
se doter d'une représentation d'un monde non défini
à l'avance, représentation qui sera adaptée
aux besoins de survie de son corps physique.
Ces
projets suscitent un grand intérêt dans la presse
scientifique et la presse grand public. Ils ne manquent ni de
crédits ni des moyens technologiques nécessaires
pour réaliser rapidement des "corps" dotés
de nombreux organes. On envisage prochainement de les introduire
dans des représentations humanoïdes qui les rendront
encore plus aptes qu'actuellement à interagir avec des
humains. Pendant ce temps, en France, les chercheurs s'intéressant
à ces perspectives n'obtiennent pas le moindre crédit
en ne peuvent qu'émigrer aux Etats Unis ou au Japon.
Alain
Aspect, médaille d'or 2005 du CNRS
JPB 10/11/05
Le
physicien Alain Aspect vient de recevoir la médaille d'or
du CNRS, pour l'ensemble de ses travaux et notamment pour la mise
au point de la série d'expériences qui ont démontré
l'existence de phénomènes d'intrication entre paires
de photons issus d'un même événement. Cette
intrication ou corrélation se manifeste par le fait que
toute interaction avec un des photons de la paire influence l'autre,
quelle que soit la distance ou le temps qui les séparent,
à l'échelle de l'univers tout entier. Depuis, l'intrication
s'est révélée comme une des caractéristiques
du monde quantique, intéressant pratiquement toutes les
particules, voire des molécules. Elle présente de
nombreux débuts d'application, notamment en cryptographie
ou en computation quantique.
Alain Aspect est directeur de recherche au laboratoire Charles-Fabry
de l'Institut d'optique d'Orsay (Essonne). Il honore la physique
française, d'autant plus que ses débuts de carrière
ne le destinaient pas à cette voie.
Lancement
réussi de la sonde européenne Vénus Express
Source AFP 10/11/05
La
sonde européenne Venus Express a été lancée
mercredi avec succès vers Vénus à l'aide
d'une fusée Soyouz-Frégate à partir du cosmodrome
de Baïkonour, au Kazakhstan, marquant ainsi le premier pas
de l'Europe vers Vénus. La
fusée s'est élevée à 03H33 GMT et
la sonde s'en est séparée environ une heure et demie
après le lancement pour entamer un voyage de 163 jours.
Jean-Yves le Gall président de Starsem, la société
chargée du lancement, a salué une "mission
parfaite", ce qu'a confirmé
Jean-Pierre Cau, responsable du programme scientifique chez EADS
Astrium, maître d'oeuvre pour la construction de la sonde,
dàs la réception du premier signal de l'engin.
Venus
Express, qui restera sur orbite autour de la planète pendant
500 jours, a pour mission essentielle d'étudier l'atmosphère
de Vénus - composition, températures - a précisé
l'Agence spatiale européenne (Esa). Cette atmosphère
est "unique dans le système solaire et la comprendre
est très important", a souligné un des scientifiques
de la mission, Hakan Svedhem. Très
dense et chaude, elle est constituée à 96% de dioxyde
de carbone ou gaz carbonique (CO2). On y trouve également
de l'azote, du dioxyde de soufre (SO2) et de la vapeur
d'eau. Par ailleurs, à une soixantaine de kilomètres
d'altitude, les vents soufflent, pour une raison inconnue, à
quelque 400 km/h.
Venus
Express, construite sous la maîtrise d'oeuvre de la société
EADS Astrium, est la première sonde européenne à
être lancée vers Vénus. Jusqu'à présent,
seules des sondes américaines et soviétiques ont
été envoyées vers cette planète depuis
1961, dont Mariner 2 (USA - 1962) qui a été la première
à la survoler, ou Venera 7 (URSS - 1970) qui s'y est posée
en douceur.
Ajoutons
que ce succès était très attendu à
l'ESA. Un échec dû au lanceur aurait pu porter une
ombre sur la coopération avec la Russie, à la suite
de la série noire enregistrée précédemment.
Comment les
systèmes pondent
JPB/CJ 09/11/05
Les
incidents dans les banlieues donnent, malheureusement, un relief
particulier à l'intérêt de la mémétique,
sur laquelle nous avons beaucoup publié dès la création
de cette revue. Sur la mémétique, on lira le livre
récent de notre ami Pascal Jouxtel, Comment les systèmes
pondent" publié aux Editions Le Pommier. La mémétique
ne donnera sans doute pas au gouvernement tous les moyens pour
résoudre le problème des banlieues. Mais elle aidera
à prendre des vues plus globales. Celles-ci ne traiteront
pas à elles seules le phénomène profond,
qui est l'incapacité de la société française
actuelle à intégrer les immigrants. On ne dira donc
pas que les émeutiers sont des virus - on voit les conséquences
de telles assimilations. Ce sont les images qui sont des virus.
Mais il sera bon d'examiner comment fonctionnent les super-organismes
dont ils sont les agents, avec quelles informations ou messages
ils se fortifient. De même, il faut étudier la question
des ghettos. Ceux-ci constituent des super-organismes différents
de ceux que sont les bandes, mais qui leur sont très liés.
Il faut aussi tenter de les étudier un peu scientifiquement,
à la lumière de la mémétique notamment.
On ne leur appliquera évidemment pas les mêmes outils
d'analyse que ceux utilisés traditionellement pour analyser
la banlieue parisienne.
Nous
présenterons prochainement le livre de Pascal Jouxtel.
Son auteur vient
d'ouvrir un blog sur la mémétique http://systempondent.over-blog.com/
ENON, le robot humanoïde
à roue de Fujitsu
CJ 03/11/05
Fujitsu
Frontech Ltd. propose à la vente au Japon, depuis le 13
septembre dernier, son robot sur roue ENON (Exciting Nova On Networks).
Les commandes commencent à arriver et les envois devraient
débuter dans le courant de ce mois. Le robot, qui mesure
1,3 mètres de haut pour 50 kg et se déplace à
une vitesse maximale de 3 km/h, est destiné à servir
de guide, à escorter les invités, à transporter
des objets (n'excédant pas 500 g) et à effectuer
des patrouilles de garde, voire renseigner les visiteurs sur des
produits ou sur la société dans laquelle il officie.
Disposant d'un système de reconnaissance vocale*, il étudie
son environnement grâce à 6 caméras, 3 capteurs
ultrason et 3 capteurs de contact. Doté d'un réseau
local sans fil, il peut envoyer des clichés à destination
d'un bureau central. Sa tête (zones des yeux et de la bouche)
est équipé de diodes électroluminescentes
qui lui permettent de prendre des "expressions" faciales.
L'interface utilisateur est assuré par un écran
tactile de 10,5 pouces (27 cm), 4 microphones et 2 haut-parleurs.
Prix annoncé : 54 000 dollars (environ 45 000 euros).
Construire
sa bibliothèque scientifique en ligne CJ 02/11/05
Lancé
en novembre 2004, et aujourdhui disponible en version française,
CiteULike est un système de gestion en ligne gratuit permettant
aux chercheurs (ou personnes intéressées par les
sciences) de stocker, organiser et partager les publications qu'ils
lisent. Par un simple clic, larticle repéré
vient s'ajouter dans votre bibliothèque personnelle. Lindexation
est automatique : chaque référence est caractérisée
par des mots-clefs ("tags").
Avantages
du système :
- comme votre bibliothèque est stockée sur le serveur
de CiteUlike, l'utilisateur peut y accéder depuis n'importe
quel ordinateur. Plus besoin de se promener avec des tonnes de
livres lors d'un déplacement pour un congrès (ou
lorsque l'on part en vacances).
- le système permet de partager sa bibliothèque
avec d'autres internautes, savoir qui lit les mêmes articles,
ceci pouvant d'ailleurs aider à découvrir des documents
importants pour son domaine et dont on n'a pas connaissance....
Linscription
est gratuite. Il suffit dune adresse mail, un nom d'utilisateur
et un mot de passe.
Signalons que ce sont les liens vers les articles qui sont stockés,
et non les articles eux-mêmes, qui restent dans des bases
comme JSTOR ou PubMed. La base de donnée centrale est sauvegardée
toutes les quinze minutes, et l'information qui est dans votre
bibliothèque et sûre et protégée.
Pour le moment, ce sont surtout des articles de médecine
et de biologie qui sont disponibles. Actuellement, le système
récupère les liens pour: AIP Scitation, Amazon,
American Geophysical Union, American Meteorological Society, Anthrosource,
Association for Computing Machinery (ACM) portal, BMJ, CiteSeer,
IEEE Xplore, IngentaConnect, JSTOR, MathSciNet, MetaPress, NASA
Astrophysics Data System, Nature, PLoS Biology, PubMed, PubMed
Central, Science, ScienceDirect, SpringerLink, Usenix, Wiley InterScience,
arXiv.org e-Print archive, mais cette liste s'allonge continuellement.