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Février 2006
Décès
de Pierre Potier
JPB/CJ 15/02/06

Nous
avons appris avec beaucoup de regrets le décès le
3 février 2006 de Pierre Potier. Celui-ci, membre de lInstitut
(Académie des sciences), était directeur émérite
de linstitut de chimie des substances naturelles du C.N.R.S.
Il a été directeur général de la recherche
et de la technologie au ministère de lEnseignement
supérieur et de la Recherche, professeur au Muséum
national dhistoire naturelle et a reçu, en 1998, la
médaille dor du CNRS. Il s'est fait connaître
comme brillant inventeur dans le domaine des substances chimiques
et pharmaceutiques. Il a toujours su faire bénéficier
des retombées de ses recherches collègues et amis.
Sa générosité était très grande.
Nous nous rappelons avec émotion qu'il nous avait consacré
une
interview le 14 novembre 2003, avec la participation
de son ancien élève Olivier Laprévote, sur
la difficile question des crédits à la recherche.
Des
images tridimensionnelles qui flottent
dans l'air
CJ 15/02/06
En
collaboration avec la société Burton, les chercheurs
japonais du National Institute of Advanced Industrial Science and
Technology (AIST) et de l'Université de Keio viennent de
mettre au point un dispositif qui affiche des "images 3D réelles",
consistant en des rayons ponctuels dans l'air.
Ce travail représente une belle avancée en la matière
car il faut savoir que la plupart des affichages 3D créés
jusqu'à présent mettaient en scène des pseudo-images
3D sur des surfaces planes, ceci posant notammnet des problèmes
de limitation de champ.
Le
phénomène utilisé ici porte sur le fait que
les rayons lasers qui convergent fortement en un même point
créent une petite quantité de plasma. A partir de
là, un affichage 3D réel a été mis en
développement.
Le plasma s'affiche comme des points alignés sur une grille
virtuelle. Le laser infrarouge agit sur plusieurs réflecteurs
de manière à ce que 100 points par seconde puissent
être créés pour obtenir des figures.

Dispositif utilisé pour la réalisation des images
3D © AIST
Pour
en savoir plus :
Site
de l'AIST
http://www.aist.go.jp/aist_e/latest_research/2006/20060210/20060210.html
Steve
Fossett bat le record du monde de vol sans escale
JPB/CJ 13/02/06
Steve
Fossett, bien connu pour le nombre incroyable de records du monde
qu'il a battus à bord de véhicules les plus divers
et les plus innovants technologiquement, vient de réussir
ce qui sera sans doute son plus bel exploit, le vol sans escale
le plus long de l'aviation. Il a touché l'Angleterre le samedi
11 février après plus de 76 heures de vol.
L'appareil
utilisé était un bimoteur ultra-léger à
double fuselage, le GlobalFlyer. Le pilote de 61 ans est resté
pratiquement sans dormir dans un cockpit très étroit
pendant toute la durée du vol. Des météorologues
à terre (routeurs) lui indiquaient les meilleurs options
possibles mais il a dû prendre personnellement de nombreuses
décisions stratégiques. La plus décisive de
celles-ci fut, au milieu de l'Atlantique, de continuer sur l'Europe
au lieu de revenir sur la côte américaine alors que
ses réserves de carburant étaient dangereusement basses,
suite à une fuite subie au départ.
Deux records
ont ainsi été battus : la plus longue distance parcourue
en avion (26.389 miles -soit 42.460,4 km) avec un tour du monde
ajouté d'une deuxième traversée de l'Atlantique),
et la plus longue durée de pilotage en solitaire: 76 heures
et 45 minutes.
Les précédents records de distances étaient
détenus par Dick Rutan et Jeana Yeager en 1986 à bord
du plus lourd que l'air Voyager (24.987 milles, soit 40.204km )
et par Brian Jones et Bertrand Piccard en 1999 à bord d'un
ballon stratosphérique (25361 milles).
Un
minirobot pour explorer l'intérieur du corps
CJ 09/02/06
Mis
au point par Dmitry Oleynikov et son équipe du centre médical
de l'université du Nebraska, ce robot radiocommandé*
de 15 millimètres de diamètre peut se déplacer
à l'intérieur de l'estomac ou de l'abdomen. L'appareil,
alimenté par un moteur électrique, est constitué
de deux cylindres d'aluminium reliés par un axe soutenant
une caméra. Une aiguille rétractable lui permet également
de pratiquer une biopsie. Pour progresser, le robot fait tourner
les deux cylindres dont la surface usinée en spirale permet
d'aggriper la paroi de la cavité abdominale : ceci autorise
la progression de l'appareil sans glisser ni endommager les tissus.
Dmitry
Oleynikov a testé l'appareillage en réalisant des
ablations de vésicule biliaire sur des porcs. Ici, deux incisions
suffisent (au lieu des quatre habituelles) car contrairement aux
caméras endoscopiques qui doivent être introduites
par des incisions distinctes, le robot peut être inséré
dans les incisions déjà pratiquées par le chirurgien
pour couper les tissus. En disposant d'ailleurs de plusieurs robots,
il est possible d'avoir une excellente vue sous plusieurs angles
de la zone à traiter. Une expérience a ainsi été
effectuée simultanément avec 3 robots (introduits
à travers une seule et même incision).
Oleynikov
a également utilisé les robots pour explorer la paroi
abdominale d'un porc vivant, ayant introduit ceux-ci par la bouche
de l'animal. Il a ensuite pratiqué de petites incisions dans
la paroi de l'estomac, évitant ainsi une incision externe:
la méthode, censée réduire les traumatismes
de la paroi abdominale, ne laisse aucune cicatrice. A la fin de
l'opération, le chirurgien fait marche arrière, suture
l'estomac et fait passer le tissu prélevé par la bouche
du patient.
Sachant
que les caméras endoscopiques existant actuellement ne sont
pas forcément bien adaptées pour une introduction
par la bouche ou les orifices naturels (liberté de mouvements
limitée), l'équipe de Dmitry Oleynikov espère
que son robot apportera ici une amélioration.
Cela dit, certains médecin, comme Ara Darzi - pionnier de
la chirurgie mini-invasive - doutent de la nécessité
de ce type d'intervention, arguant qu'il n'est pas forcément
utile d'emprunter une voie si compliquée pour accéder
à l'abdomen. A suivre donc...
*
Le système est piloté par le chirurgien à partir
d'une console munie d'une manette de contrôle.
Pour en savoir
plus :
Page
d'accueil de Dmytry Oleynikof :
http://www.unmc.edu/gensurg/dept/Doleynikov.htm
Voir
le robot miniature en action :
http://www.unmc.edu/dept/mis/index.cfm?L2_ID=12&L1_ID=6&CONREF=14
Les
nouvelles générations de robots
JPB 08/02/06
Dans
son numéro du 4 février 2006, la revue NewScientist
présente un Dossier consacré aux nouvelles générations
de robots développées dans les pays qui s'intéressent
à cette science et financent les recherches.
L'objectif
est de réaliser des robots bien plus aptes que les robots
actuels à construire des relations avec les humains. Il est
certain que les robots aspirateurs ou même les humanoïdes
tels que l'Asimo de Honda ne sont pas très engageants, car
leurs possibilités physiologiques sont limitées et
surtout ils ne sont pas capables d'autonomie. Aujourd'hui, les progrès
foudroyants des nouvelles technologies de la robotique et de l'IA
forte (strong IA) permettent de réaliser des entités
qui se comporteront de plus en plus comme des égales et des
partenaires de l'humain, même si leurs aspects physiques restent
différents. Ce qui compte pour l'homme est de pouvoir entrer
en empathie avec un androïde. A cet égard il est plus
important de le voir marcher ou de l'entendre parler comme nous,
que de lui trouver un physique agréable mais inerte.
Le
dossier présente un certain nombre de robots manifestant
des progrès substantiels dans les 3 disciplines suivantes:
-
la marche sur deux jambes avec auto-apprentissage
de l'équilibre. Citons le marcheur bipède Cornell
de l'université du même nom, le robot Denise, doté
de genoux, contrairement au précédent, réalisé
à l'université de technologie de Delft, le Toddler
du MIT. Tous pourront avoir des applications en prothèses
pour handicapés.
- la parole. Citons le Waseda Talker de l'université
Waseda au Japon.
- la dextérité manuelle dans la manipulation
des objets même très petits. Citons le plus révolutionnaire
de tous, le Robonaut de la Nasa, (http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2006/71/robonaut.htm)
et visant à seconder les hommes dans les missions spatiales.
Le Robonaut s'inscrit dans une lignée de collatéraux,
notamment le Dexter de l'université du Massachusets et le
Domo du MIT.
Inutile
de dire que ces robots sont l'aboutissement d'études approfondies
de biomécanique permettant de comprendre comment les humains
ont au cours de l'évolution acquis la maîtrise des
comportements correspondants. Mais dans aucun cas, il ne s'agit
de copier l'homme. Il faut inciter le robot à redécouvrir
lui-même comment utiliser les dispositifs dont il est doté
par les ingénieurs pour interagir avec des commensaux humains.
Pour
en savoir plus
Cornell Walker
http://www.sciencenews.org/articles/20050806/bob8.asp
Denise http://mms.tudelft.nl/dbl/research/biped/Denise/
Toddler http://web.mit.edu/newsoffice/2005/robotoddler.html
Waseda Talker
http://www.takanishi.mech.waseda.ac.jp/research/voice/
Robonaut http://vesuvius.jsc.nasa.gov/er_er/html/robonaut/robonaut.html
Voir aussi, sur
Robonaut et Dexter, un compte-rendu illustré de Juillet 2003
(déjà 2 ans et demi) http://vesuvius.jsc.nasa.gov/er_er/html/robonaut/status/
Jul_Robonaut_Status_03.htm
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