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Juin 2006
Microsoft
investit sur les robots 
CJ 21/06/06

Microsoft, qui voit dans la robotique le futur de l'informatique
personnelle, prévoit que ce marché devrait atteindre
plusieurs milliards de dollars d'ici 5 à 10 ans. Dans ce
cadre, et lors de la conférence RoboBusiness 2006(1)
qui vient de se tenir à Pittsburgh, le géant mondial
américain a annoncé le 20 juin le «Microsoft
Robotic Studio», une suite logicielle destinée à
créer, programmer et tester des robots, du jouet à
l'application industrielle. S'adressant aussi bien aux passionnés
qu'aux étudiants ou aux développeurs professionnels,
ce premier produit de Microsoft sur le marché du robot en
couvrirait le design, le développement et les tests des programmes
qui le piloteront, c'est-à-dire - selon Tandy Trower,
directeur général de Microsoft Robotics Group(2)
- "tout ce qu'il faut pour simplifier leur conception, qu'il
s'agisse de débutants ou de développeurs avancés."
(...) Avec ce produit, Microsoft a construit une plate-forme qui
permettra à l'industrie d'intégrer les éléments
qu'elle développe", a-t-il ajouté.
Le
message semble clair : il s'agit pour Microsoft d'imposer ses standards
logiciels dans un secteur stratégique à très
forte expansion. Sachant que beaucoup de robots tournent actuellement
sous Linux, il va être intéressant de suivre l'évolution
des choses dans le domaine.
La
première version de Microsoft Robotic Studio n'est encore
qu'une version de démonstration, échantillon technique
proposé pour l'instant gratuitement en téléchargement
sur internet. Pour le moment, rien n'a encore été
révélé quant à la date de lancement
définitive et au prix de vente de cette suite logicielle.
(1)
http://www.robobusiness2006.com/
(2) Nouveau département de Microsoft, dédié
pleinement à la robotique.
Pour en savoir
plus :
http://msdn.microsoft.com/robotics
RoboCup
2006 : la France hors-jeu 
CJ 20/06/06
La
dixième édition de la RoboCup (pour Robot World Cup)
qui vient de se dérouler à Brème en Allemagne
du 14 au 20 juin a battu tous les records depuis sa création,
en nombre de participants : 440 équipes venues de 36 pays.
Cette compétition robotisée de football, qui se tient
chaque année dans une ville différente, est une initiative
internationale encourageant la recherche dans le domaine de l'intelligence
artificielle et de la robotique. Pouvant paraître futile,
voire sans intérêt pour les non connaisseurs, cette
compétition insuffle un dynamisme extraordinaire non seulement
au sein des équipes universitaires, mais aussi des plus jeunes
(qui peuvent concourir dans la catégorie "junior").
Il suffit de se rappeler les premières éditions qui
ne comportaient que de petits robots sur roues, alors qu'aujourd'hui
évoluent sur le terrain de multiples catégories (dont
les humanoÏdes), représentatives de la diversité
du monde des robots et des f ormes
qu'ils peuvent revêtir. Qu'il s'agisse de tirs au but ou de
matchs opposant des équipes de robots sur des terrains de
tailles variables, les épreuves sont de plus en plus complexe
et les problèmes à surmonter toujours plus ardus :
autonomie des robots, système de repérage et de vision
artificielle, localisation dans l'espace, estimation des trajectoires,
mise au point de stratégies, capacité d'apprentissage,
conservation de l'équilibre... Une occasion rêvée
pour les chercheurs et les étudiants de se rencontrer et
d'échanger sur l'évolution de différentes recherches.
"Réaliser
une équipe de robots humanoïdes capables de battre l'équipe
humaine championne de football" : voici l'objectif affiché
par les trois roboticiens japonais (dont Hiroaki Kitano(1))
qui ont imaginé cette compétition dès 1996.
Bien sûr, on en est aujourd'hui très loin mais certains
scientifiques estime son avènement pour 2050. En tous cas,
chaque année permet de juger des progrès accomplis
et nul doute qu'au fil des années, RoboCup permettra de donner
naissance à des technologies dont l'impact sera bénéfique
pour de nombreuses industries.
Et
c'est là que le bât blesse : la France était
totalement absente de cette compétition ! Et si la télévision
allemande a multiplié les directs, reportages, débats
sur le thème de la robotique, à des heures de grandes
écoutes, on ne peut que se désoler du manque de traitement
de cet événement dans notre pays.
(1)
Aujourd'hui directeur du Computer Science Laboratory de Sony.
Pour en savoir
plus :
http://robocup2006.org/start?lang=en
Mondial
2006 : Selon FIFI, la finale se jouera entre le Brésil et
l'Italie 
CJ 11/06/06
Selon
deux étudiants en informatique officiant aux Emirats arabes
unis, le Brésil gagnera la Coupe du monde de football lors
d'une finale qui l'opposera à l'Italie. N'importe qui pourrait
avancer une chose pareille (cela ne mange pas de pain), sauf qu'ici
Imran Fanaswala et Yashar Fasihnia assurent que c'est leur programme
informatique FIFI (pour Fifa Intelligence), basé sur un système
d'intelligence artificielle, qui le prévoit... avec un taux
de précision de 83% (selon Joachim Diederich, le superviseur
du projet).
Les deux étudiants auraient amassé 20
ans de données et d'informations sur les diverses équipes:
performance, nombre de buts, marqueurs... et leur
programme FIFI prévoirait donc que le Brésil gagnera
contre l'Angleterre lors des demi-finales et que l'Italie éliminera
les Pays-Bas. Et en finale,
le Brésil l'emportera contre l'Italie.
Que
ne faut-il pas faire pour vendre le label "intelligence artificielle".
En tous cas, si cela ne marche pas, on pourra toujours dire que
c'était dû au taux de précision du système.
Et si cela marche, Fifi a de beaux jours devant lui.
En tous cas, en matière d'intelligence artificielle, rappelons
le match mené chez IBM en 2001 (voir
notre actualité du 11/08/01) opposant six traders
humains à six agents intelligents robotiques (software robotic
trading agents) qui avait tourné à l'avantage des
robots. Il s'agisssait d'acheter et de se vendre des marchandises
sur un marché virtuel, dans un temps déterminé.
La moitié des compétiteurs étant acheteurs
et l'autre vendeurs, le but était de maximiser les bénéfices
de chacun à la fin des transactions. Verdict : 7% de mieux
avait réalisé par les robots...
Pénombre : une association qui désacralise avec humour
statistiques et sondages
CJ 11/06/06 
Connaissez-vous
Pénombre ? Cette Association a été créée
en 1993 pour développer un espace public de réflexion
et d'échange sur l'usage du nombre dans les débats
de société. Les nombres sont des êtres sociaux,
résultats d'une construction dont il vaut mieux connaître
le maçon et l'entreprise. Pour que les nombres commencent
à prendre sens, il faut connaître les définitions,
les concepts utilisés. Sans être spécialiste,
on peut se poser quelques questions sur les méthodes de collecte
de l'information. Quand on lit par exemple dans la presse à
propos des écoutes téléphoniques : "100
000 Français victimes d'interceptions sauvages",
on peut naïvement se demander «Comment fait-on pour
recenser les écoutes téléphoniques sauvages?».
Le
nombre comme être social a sa vie, une longue vie parfois.
Il roule de-ci de-là dans le corps social pour atteindre
tel ou telle, des millions de tels à l'heure du petit-déjeuner
ou à «20 heures». Il se joue des frontières
et des supports.
Comment
cette entité est-elle reçue par un journaliste, un
ministre, un électeur? Qu'en fait-il, à quoi cela
lui sert-il? Mystère. Pénombre entend contribuer à
lever le voile en favorisant la rencontre de tous ceux qui, à
un titre quelconque, participent à cette vie sociale des
nombres. Son recrutement éclectique tend à faire un
peu oublier à chacun son rôle convenu.
L'Asssociation
a notamment publié en 1999 le livre "Chiffres en
folie - Petit abécédaire de l'usage des nombres dans
le débat public et les médias" (Editions
La Découverte. Collection "Cahiers libres"), fruit
de cinq années d'observation critique. Une lecture toujours
d'actualité à l'heure où la multiplication
des informations chiffrées, les querelles sur le "vrai
chiffre", en passant par les chiffres fantaisistes, sont toujours
plus omniprésents dans les médias et les discours
publics. L'information
chiffrée apparaît en effet comme une preuve d'objectivité
et de sérieux. Elle serait même trop sérieuse
pour que l'on ennuie le lecteur ou le téléspectateur
avec des considérations techniques sur sa validité...
Face aux dérapages et aux manipulations qu'accompagne cette
religion du chiffre, les auteurs réagissent ici à
leur usage illicite et à la perversion du débat citoyen
qu'il implique. L'ouvrage se présente sous la forme d'un
abécédaire plein d'humour. De A comme " Adolescents
" à Z comme "Zéro", en passant par
B comme "Banlieue" C comme "Chômage",
D comme "Délinquance et criminalité, I comme
"Immigration" ou S comme "Santé", le
livre propose un florilège - nourri de nombreux exemples
- des diverses formes du mauvais usage des chiffres: confusions
involontaires, manipulations délibérées...
La lecture
de ce livre est facilitée par un astucieux système
de repères permettant de naviguer entre les articles en fonction
de diverses grilles d'entrée (par thèmes, par types
d'erreurs ou de manipulations). Et surtout, par un ton alerte qui
n'évite ni les débats de fond ni les traits d'esprit...
En
savoir plus :
Site de l'Association Pénombre : http://www.penombre.org
La
puce VeriChip et les immigrants mexicains aux Etats-Unis
JPB 10/06/06
Scott
Silverman, président du conseil d'administration de VeriChip
Corporation, fabricant de la puce à radiofréquence
VeriChip, a proposé récemment sur Fox News d’implanter
de telles puces dans le corps des immigrés et travailleurs
saisonniers entrant sur le territoire américain. Cette proposition
est venue après que le Président Bush ait réclamé
des mesures de haute technologie afin de mieux contrôler l’immigration
mexicaine et latino-américaine aux Etats-Unis. Le Président
a dit souhaiter savoir avec précision « qui est dans
notre pays et pourquoi il s’y trouve ». La VeriChip,
convenablement chargée en informations de police lors du
passage de l’immigrant à la frontière, permettrait
d’identifier celui-ci avec précision lors de contrôles
ultérieurs.
La
VeriChip est une micro-puce d'identification par radiofréquence
encapsulée dans du verre, qui peut être implantée,
non seulement dans une multitude d’objets de la vie courante,
mais sur des êtres vivants, animaux d’élevage
et humains. Elle rentre dans la catégorie des RFID ou Radio-Frequency
Identification Devices. La puce peut enregistrer environ 2000 bits
d’information et dispose d’une antenne. Contrairement
à la version dite active disposant d’une petite batterie
incorporée capable d’émettre vers un récepteur
distant, la version passive se borne à réagir à
un détecteur, situé à un mètre de distance
(quelques mètres pour les dispositifs à haute fréquence).
Son usage est celui d’une étiquette à code barre.
Elle permet, à condition d’être scannée,
d’identifier en toute sécurité l’objet
ou la personne qui en est porteur. Mais son efficacité est
plus grande que celle du code barre, car elle n’a pas besoin
d’être positionnée avec précision sous
le scanner.
La
technologie était connue depuis longtemps, mais le manque
de normes communes a empêché sa diffusion. Elle était
principalement utilisée au service de la sécurité
interne de certaines entreprises soucieuses d’un haut niveau
de protection. Aujourd’hui, le dispositif est au contraire
en train de prendre une extension mondiale, notamment en Asie, ce
qui permet d’abaisser fortement ses coûts, et d’améliorer
sa fiabilité. Malgré cela, des incidents de lecture
peuvent se produire, dus soit à la présence de lecteurs
opérant simultanément (reader collision) soit à
la présence d’un trop grand nombre de puces dans l’aire
d’activité d’un lecteur (tag collision).
La proposition
du patron de VeriChip a fait réagir les défenseurs
des libertés individuelles aux Etats-Unis. Ceux-ci ont affirmé
que la VeriChip Corporation, après avoir perdu des millions
de dollars en essayant de persuader les autorités américaines
d’implanter des puces chez les citoyens américains,
profite de la peur suscité par l’immigration mexicaine
et sud-américaine pour relancer le marché. Mais une
fois utilisée chez les immigrants, la technique pourra plus
facilement être généralisée au «
bénéfice » de l’ensemble de la population.
Cette proposition, rencontre l’approbation de nombreuses personnalités
politiques américaines, qui envisagent divers usages intéressant
les citoyens américains eux-mêmes, au-delà des
cas médicaux où elle est d’ores et déjà
autorisée par la loi: identification des militaires, des
détenus, de certains enfants à problèmes. Elle
avait par ailleurs été recommandée par le Président
colombien Alvaro Uribe, qui voyait là le juste prix à
payer pour que ses compatriotes puissent profiter de l’ "hospitalité
américaine".
La
technologie des RFID, passives ou actives, se développe rapidement
en Europe. Mais jusqu’ici personne n’a proposé
de l’utiliser sous forme d’implants humains, sauf dans
des cas thérapeutiques très spéciaux. On peut
penser que cette perspective serait repoussée par l’opinion
publique européenne, mais en fait rien n’est moins
certain. 10/06/06
En savoir
plus :
Voir
Technovelgy.com. Comment la science-fiction devient science http://www.technovelgy.com
Un
point sur le projet Quaero 
CJ 10/06/06 - Source partielle : journal du CNRS
juin 2006
Le
26 avril 2006, Jacques Chirac annonçait les six projets sélectionnés
par la toute nouvelle Agence de l'innovation industrielle (AII)
parmi lesquels figure Quaero(1).
Plus qu'un "Google européen"(2),
Quaero est avant tout un programme mobilisateur d'innovation industrielle(3)
avec pour objectif de concevoir de nouveaux systèmes de recherche
et de gestion de contenus numériques multimédias et
multilingues, accessibles à un large public. Prévu
sur 5 ans, son budget est pour l'instant estimé à
250 millions d'euros, avec une participation de l'AII à hauteur
de 90 millions d'euros.
Fondé sur un partenariat franco-allemand, il réunit
des industriels, des PME et des laboratoires de recherche(3),
il doit offrir un cadre de mutualisation des efforts et de nouveaux
moyens de recherche et développement dans des données
multimédias, notamment audio et vidéo.
Piloté du côté français par Thomson,
le programme Quaero est structuré autour de cinq projets
«applicatifs» et de deux projets «technologiques».
L'un des deux, le Centre de technologies, regroupe l'essentiel des
activités de recherche effectuées dans des laboratoires
académiques ou industriels. Il sera chargé de développer
les technologies de traitement automatique des contenus multimédias,
sur lesquelles s'appuieront les cinq projets applicatifs
soit l'indexation, la recherche d'informations et la navigation,
le traitement d'images fixes ou de vidéo, ou encore la transcription
parole-texte, la traduction écrite ou orale et la reconnaissance
de locuteurs, sans oublier les questions de protection de l'information.
L'autre projet technologique sera voué à la constitution
des bases de contenus annotés (textes et leurs traductions,
documents audio et leur transcription, images et leur description
).
Les applications quant-à-elles concernent : le développement
de portails multimédias plus pertinents et conviviaux accessibles
au grand public ; un moteur de recherche multimédia ; un
système intelligent de vidéo à la demande ;
un système de gestion des ressources médias numériques
et un programme de numérisation, avec annotation automatique,
de documents papiers ou électroniques.
Premières
applications dès la première année
Afin de renforcer l'efficacité et l'excellence, Quaero expérimentera
une méthode de fonctionnement et une distribution des tâches
originale. Ainsi, par exemple au sein du Centre de technologies,
plusieurs partenaires travailleront sur un même domaine et
avec un même objectif. Mais des critères d'évaluation
seront établis en même temps que cet objectif sera
défini. Régulièrement donc, les partenaires,
qui auront travaillé de manière indépendante
sur le même sujet, seront évalués par une autre
structure. Les pistes de recherche les plus prometteuses seront
alors mises en commun et échangées avec les autres
partenaires. Ensuite l'un des partenaires du programme assurera
le lien avec les acteurs des projets dits «applicatifs»
pour intégrer le résultat des travaux de recherche.
Rappelons
que Quaero doit d'abord obtenir l'aval de la Commission européenne
avant d'être définitivement lancé.
Si le programme est prévu pour durer cinq ans, les premières
applications devraient voir le jour dès la première
année, en particulier le moteur de recherche multimédia
grand public.
(1) Du latin,
"Je cherche".
(2) "Quaero n'est pas de façon simplificatrice, l'Europe
contre le méchant Google", mais un moyen d'assurer un
niveau de compétition suffisant pour que l'économie
numérique soit un peu moins fragile", déclarait
récemment François Boudoncle, PDG de l'entreprise
française Exalead, partenaire du projet (et dont 'Automate
Intelligents utilise dans son site l'excellent moteur de recherche).
(3) Voir http://www.gtfa-2006.com,
puis cliquer en bas de la page sur "Traitement automatique
des contenus multimédias".
(4) Liste non officielle qui d'ailleurs risque de s'allonger sachant
que le consortium reste ouvert à de nouveaux partenariats,
notamment au niveau européen, dans le cadre d'un processus
de cooptation consensuel et rigoureux: Arvato, ASC Telecom, Bertin
Technologies, Bertelsmann, BNF, Clips-Imag, Deutsche Telekim, Deutsch
Thomson Brandt, DGA, Exalead, France Télécom, GET-ENST,
Ina, Inria, Ircam, IRIT, Institut Fraunhofer, Jouve, Limsi, LIPN,
LNE, LTU, Lycos, MIG-Inra, RWTH, Siemens, Synapse, Thomson, université
d'Aix-la-Chapelle, université de Karlsruhe, Vecsys
Le
Bulletin de L'Information Scientifique et l'association ANAIS
JPB10/06/06 
Rappelons
le rôle important que joue l'association ANAIS dans la lutte
contre l'envahissement des sciences par les mythologies et religions
diverses, pour qui la rationalité scientifique est l'ennemi.
ANAIS est l’ Association Nantes-Atlantique pour l’Information
Scientifique (anais – afis http://afis44.free.fr/).
Elle publie un Bulletin périodique dit Bulletin de l'Information
scientifique dont on peut retrouver les sommaires sur http://afis44.free.fr/bulletins.htm.
Selon ses propres termes:
"L'Association ANAIS fonde son activité
sur la déclaration de principes de l’Association Française
pour l’Information Scientifique dont elle forme un comité
local. C’est ainsi que nous entendons notamment dans nos bulletins,
tout comme les médias nationaux de l’association (la
revue Science et pseudo-sciences, le site pseudo-sciences.org http://pseudo-sciences.org
:
- retenir dans l'actualité scientifique et technique, un
certain nombre de faits pour en considérer d'abord la signification
humaine,
- diffuser une information scientifique constituée de nouvelles
d'actualité dans toutes les branches de la recherche, dans
un langage accessible à tous,
- dénoncer sans réserve les marchands de fausses ou
de pseudo-sciences et les charlatans malfaisants pourvoyeurs de
l'irrationnel,
- défendre l'esprit scientifique contre la menace d'un nouvel
obscurantisme...."
Le
dernier bulletin, daté de Juin 2006 et consacré aux
nanotechnologies, s'en prend avec une vigueur que nous ne pouvons
qu'approuver à l'alter-internet. Celui-ci se mobilise actuellement
contre les nanotechnologies, d'une façon manifestement irresponsable
- ou plutôt, dirais-je, d'une façon très habile
permettant de faire parler de soi et de se donner de l'importance
alors que l'on n'a rien à dire. J'extrais de l'éditorial
les passages suivants:
"L’alter-internet s’affole
une fois de plus pour «un appel à la convergence des
luttes anti-nucléaires, anti-OGM et anti-nanotechnologies»,
pour la fermeture du complexe de recherche MINATEC qui vient d’être
inauguré à Grenoble, et pour établir un «
moratoire contre les nanotechnologies » …
Mais qu’est-ce qu’« ils » peuvent bien avoir
cette fois-ci contre les nanotechnologies ? D’emblée
le terrain est bien balisé par les recettes qui ont fait
leurs preuves avec le nucléaire et les OGM : 1) c’est
peut-être bien dangereux pour la santé et l’environnement
2) il n’y a pas eu de débat démocratique pour
nous demander notre avis 3) si le complexe militaro-industriel et
les multinationales s’y intéressent c’est donc
que nous avons bien raison de nous méfier 4) de toutes façons
« ils », les élites politiques et techniques
autoproclamées, nous mentent...
Nous devons quand même réserver une mention spéciale
au communiqué national des Verts. Si nous ne
pouvons qu’être d’accord avec la phrase conclusive
"Non, la science à elle seule ne suffit pas à
apporter le bonheur à l’humanité. " nous
ne pouvons que nous étonner si ce n’est nous insurger
devant le paragraphe introductif, destiné à l’accroche
et au formatage préalable ( générant des inférences
mêlant peur et réprobation) du lecteur, qui affirme
que « depuis Auschwitz et Hiroshima, on sait que les progrès
scientifiques introduisent de nouveaux risques et peuvent être
mis au service de la pire barbarie. »...
Contrairement à ce que suggère le communiqué
national des Verts il n’a pas fallu attendre le vingtième
siècle pour voir homo sapiens mobiliser l’ensemble
de ses savoirs et savoir faire pour faire la guerre à son
voisin. Au plus loin que l’archéologie nous renseigne,
la taille des premiers outils est associée aussi bien à
faciliter la vie de tous les jours qu’à s’assurer
un avantage littéralement fracassant sur ses voisins …
et cette dualité, autant que l’histoire nous renseigne,
est constante … Force aussi est de constater que si les préoccupations
de rapport de forces (dans la dialectique de la défense et
de l’attaque) ont contribué de façon constante
à motiver (et financer) les travaux sur la ligne de front
des avancées technologiques, les décennies et siècles
passant, le front technologique de nos savoirs et savoir faire avançant,
l’acceptation sociétale devant la nouveauté
progressant, ne subsistent plus que les avantages objectifs au bénéfice
des populations..."
Bref, les quelques euros d'adhésion à l'AFIS ne seront
pas selon nous de l'argent perdu.
Le
robot HRP-2 entre au CNRS
CJ 09/06/06
Nous
avions annoncé (notre
actualité du 2 décembre 2003) la création
du laboratoire de robotique JRL (Joint Robotics Laboratory) associant
le CNRS avec l'ISI (Institut des systèmes intelligents),
structure dépendante de l'AIST japonais (Institut national
de la science et des technologies industrielles avancées)(1)
avec d'ici deux ans l'acquisition du nec plus ultra des
robots humanoïdes, le HRP-2 Promet (Humanoid Robotics Project),
fabriqué par la société japonaise Kawada
Industries(2). Celui-ci devrait
faire ses premiers pas à la fin du mois de juin à
Toulouse, au sein du JRL situé dans les locaux du Laboratoire
d'analyse et d'architecture des systèmes (Laas). D'une taille
de 1,54m pour 58 kg, ce robot sophistiqué -le plus complexe
de sa génération(3)-
constitue une plate-forme de choix. Mise à la disposition
de l'ensemble de la communauté scientifique, elle va lui
permettre de mener des recherches de pointe dans les domaines de
la robotique autonome. Selon le CNRS, quinze projets issus de dix
équipes françaises ont été définis
autour de thématiques diversifiées, allant de la locomotion
et de la manipulation à l'interaction homme-robot.
Pour
Jean-Paul Laumond, co-directeur du JRL(4),
rendre un robot autonome implique de lui inculquer des capacités
de perception, de prise de décision et d'action, facultés
qui seront apportées par des logiciels développés
dans différents laboratoires nationaux et qui seront testées
en réel sur le robot.
On ne
peut que se réjouir de l'effort conséquent consenti
par le CNRS dans l'achat de cet outil multifonction, certainement
le plus abouti au monde à l'heure actuelle(5).
Cette acquisition donne les meilleurs atouts au maintien de l'excellence
française de recherche en robotique dans le concert mondial
d'un domaine stratégique pour l'avenir.
(1)
Laboratoire associé du CNRS centré en France sur Le
Lass (Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes)
à Toulouse) et le Lirmm (Laboratoire d'Informatique, de Robotique
et de Microélectronique) à Montpellier et au Japon
sur le site AIST de Tsubuka.
(2) 13 de ces robots sont déjà placés dans
des laboratoires de recherche au Japon.
(3) Ce robot possède pas moins de 30 degrés de liberté
de mouvement directement inspirés de ceux du corps humain,
peut se déplacer à une vitesse de 2km/h, peut saisir
dans chaque main une charge de 2 kg, 3 caméras CCD stereo
lui font office d'yeux...
(4) Elichi Yoshida en est le co-directeur pour la partie japonaise
(5) Le robot est dotée d'une maîtrise de la locomotion
tout terrain et de l'équilibre ( vidéos consultables
sur http://c110vh5n.securesites.net/global/ams/hrp_2.html).
En
savoir plus :
Dossier
de presse "Présentation du robot humanoïde HRP2"
: http://www2.cnrs.fr/sites/communique/fichier/dp_hrp_2_v_couv.pdf
Kawada
Industries : http://c110vh5n.securesites.net/global/ams/
Les
ressources mondiales en uranium
JPB
03/06/06 
Selon
l'étude que vient de rendre publique l'Agence pour l'Energie
Nucléaire de l'OCDE, conjointement avec l'Agence Internationale
de l'Energie Atomique, les ressources mondiales en uranium sont
plus que largement suffisantes pour répondre aux besoins
prévus.
Le rapport, intitulé Uranium 2005 : Ressources, production
et demande, dit aussi "Livre rouge", estime que les
ressources classiques connues, récupérables à
un coût inférieur à 130 $/kg, c'est-à-dire
légèrement supérieur au prix actuel, s'élèvent
à environ 4,7 millions de tonnes.
Si
l'on se base sur la production d'électricité nucléaire
en 2004, cette quantité suffira à alimenter les centrales
pendant 85 ans. Néanmoins, la totalité des réserves
mondiales, qui pourraient être disponibles au prix du marché,
est bien plus importante. L'étude estime, d'après
les données géologiques et les connaissances sur l'uranium
contenu dans les phosphates, que plus de 35 millions de tonnes sont
exploitables.
Avec
la hausse des prix enregistrés ces dernières années,
un grand nombre de nouveaux projets miniers ont été
annoncés, qui pourraient accroître sensiblement la
capacité mondiale de production d'uranium. On a assisté
à un revirement spectaculaire des perspectives de l'industrie.
La
puissance nucléaire installée au niveau mondial devrait
se situer, d'ici 2025, entre 450 GWe (+22 %) et 530 GWe (+44 %),
contre 370 GWe environ à l'heure actuelle. Les besoins en
uranium devraient donc se hisser à une quantité annuelle
entre 80 000 tonnes et 100 000 tonnes. Les ressources connues aujourd'hui
sont suffisantes pour répondre à cet accroissement.
Ces estimations ne tiennent pas compte, il est vrai, de la relance
attendue de la construction de centrales, mais même en ce
cas, les réserves devraient être suffisantes
A
plus long terme, les progrès de la technologie nucléaire,
c'est-à-dire les centrales à neutrons rapides dites
de 4e génération, permettront une utilisation plus
efficace des ressources en uranium. De nouveaux réacteurs
en cours de conception et de développement seront capables
de produire plus de 30 fois plus d'énergie pour une même
quantité d'uranium que ceux d'aujourd'hui. Ceci sans mentionner
ce que pourra ultérieurement apporter la fusion nucléaire.
Il
est donc faux de dire que le développement de l'énergie
nucléaire civile repose sur une base fragile, en termes d'approvisionnement
en combustible. Reste par contre la question des relations entre
les pays producteurs d'uranium et les pays acheteurs. 7 grands producteurs
existent actuellement: Canada (29%), Australie (22%, Kazakkhtan
(9%), Russie (8%), Niger (8%), Namibie (8%) et Ouzbékistan
(5%). D'ores et déjà une course de séduction
visant les pays producteurs est engagée par les pays acheteurs
ou leurs entreprises nucléaires. L'Europe n'est pas trop
mal placée, grâce à son champion Aréva.
Mais dans ce domaine les retournements sont toujours possibles.
* Communiqué
AEN http://www.nea.fr/html/general/press/2006/2006-02f.html
Galiléo
est-il menacé ?
JPB 02/06/06

Les
négociations entre l'Union européenne (UE) et le consortium
pressenti pour gérer le système de navigation par
satellites Galileo sont enlisées. Il s'agit d'un véritable
scandale quand on sait l'importance stratégique que représente
l'achèvement dans les délais et avec les performances
annoncées du système de navigation par satellites
Galiléo. Nous ne pouvons pas ne pas penser que les ennemis
de cette réalisation, c'est-à-dire les Américains
et leurs alliées, notamment britanniques, au sein de l'Europe,
font tout pour faire avorter le projet. Mais les négociateurs
européens de l'UE et autres gouvernements sont grandement
coupables de les laisser faire.
Officiellement,
il subsiste une divergence sur le financement entre les industriels
et les gouvernements. Elles tiennent à la question du partage
des risques liés à la conception du système
et de ceux liés aux revenus commerciaux et aux développements
du marché.
Choisi
en décembre 2005 à l'issue de laborieuses tractations,
le consortium regroupe les huit principaux acteurs européens
de l'espace : l'européen EADS, les français Thales
et Alcatel, l'italien Finmeccanica, les espagnols Aena et Hispasat,
le britannique Inmarsat, et l'allemand TeleOp. Ces industriels,
qui doivent financer les deux tiers de la phase de déploiement
(sur un total de 2,5 milliards d'euros), considèrent que
la contribution des pouvoirs publics européens n'est pas
à la hauteur des promesses. L'UE devait verser 1 milliard
d'euros, mais les Vingt-Cinq n'ont accordé que 900 millions
d'euros dans le budget européen 2007-2013. Ils cherchent
alors à réduire l'ambition du programme, ce qui consisterait
à le torpiller, alors que les Américains finalisent
un super-GPS.
A
juste titre, Rainer Grohe, directeur de la société
commune Galileo, qui pilote les négociations, sous contrôle
de la Commission européenne et de l'Agence spatiale européenne
(ESA), affirme qu'il est impensable de réduire le nombre
de satellites afin d'économiser de l'argent. Le système
doit compter trente satellites" "Ce serait irresponsable
d'économiser sur quatre satellites, quand nous ambitionnons
d'avoir un système de qualité et rentable grâce
à la richesse de ses applications", confirme l'entourage
du commissaire européen aux transports, Jacques Barrot.
En
attendant, les bruits les plus sinistres courent dans les équipes
et à Toulouse, ce qui est particulièrement mauvais
dans un programme de cette complexité, lequel nécessiterait
une union sacrée des politiques.
L'Union
européenne et la Chine vont relier leurs réseaux électroniques
à haut débit 
CJ
01/06/06
Le projet ORIENT (Oriental Research Infrastructure to European Networks),
soutenu par le 6e Programme-cadre communautaire en faveur de la
recherche, a été présenté le 28 avril
2006. Doté d'un budget de 4,15 millions d'euros, il vise
à une meilleure communication et par conséquent à
des collaborations plus efficaces entre 45 millions de chercheurs
et étudiants chinois et européens. Le programme bénéficiera
en particulier aux domaines de la radioastronomie, du développement
durable, de la méteorologie et à l'informatique en
grille.
De façon opérationnelle, ORIENT connectera le réseau
européen GEANT 2 - qui est le réseau international
de recherche et d'éducation le plus avancé du monde
- avec les réseaux chinois de recherche CERNET et CSTNET
au moyen d'une liaison terrestre qui traversera la Sibérie.
Ceci permettra de relier plus de 200 universités et instituts
de recherche chinois à des vitesses pouvant atteindre 2,5
Gbps. Il sera coordonné, en Europe, par DANTE, organisme
(sans but lucratif) de mise en réseau de la recherche, et,
en Chine, par le réseau CERNET.
Pour
en savoir plus
Réseau
national de télécommunications pour la technologie
l'enseignement et la recherche - http://www.renater.fr/IMG/pdf/ORIENT.pdf
Japon
: budget R&D 2006 le plus important de l'histoire pour les firmes
de haute technologie japonaises
CJ 01/06/06 
Les entreprises japonaises majeures de haute technologie augmentent
toutes leur budget recherche et développement pour l'année
2006. Encouragés par des bénéfices en hausse,
les grands fabricants d'électronique et de machinerie de
précision portent le montant des budgets consacrés
à la recherche à hauteur de 3530 milliards de yens
(quelque 25 milliards d'euros) pour l'année fiscale 2006
(+5,4% par rapport a l'année précédente), un
record historique au Japon.
C'est la première fois depuis l'année fiscale 2002
que ces 11 compagnies majeures (Hitachi, Toshiba, Mitsubishi, Matsushita,
Sony, Sharp, NEC, Fujitsu, Canon, Fuji Photo Film et Ricoh) prévoient
toutes une augmentation de leurs investissements en R&D.
Bien que les grandes firmes japonaises aient amélioré
leurs bénéfices sur le dernier exercice fiscal grâce
notamment à des manoeuvres de restructuration, leurs profits
sont moindres que ceux des compagnies étrangères majeures,
telles que les américains Intel, Microsoft et le coréen
Samsung. Ainsi, dans la compétition multipolaire, il est
donc urgent pour ces entreprises de fournir des produits innovants.
Dans ce cadre, Matsushita présente le plan d'investissement
le plus ambitieux avec 590 milliards de yens (4 milliards d'euros)
pour le développement de produits high tech. De même
Sony, Canon, Sharp, Toshiba, Fujifilm et Ricoh vont investir un
budget record.
Ces entreprises mettent la priorité sur la recherche fondamentale
à moyen et long terme plutôt que sur le développement
des produits à court terme : Canon en biotechnologies, Toshiba
pour les piles a combustibles et Fujifilm pour les produits pharmaceutiques.
Dans le reste du monde, Microsoft dépense 700 milliards de
yens (4,9 milliards d'euros) en R&D, Intel 570 milliards de
yens (4 milliards d'euros) et Samsung a indiqué en novembre
dernier avoir projeté un plan d'investissement de 4700 milliards
de yens (33 milliards d'euros) sur 5 ans.Ces 3 compagnies réalisent
des marges supérieures à 10%, ce qui leur permet d'elever
continuellement leur capital R&D. Parmi les compagnies japonaises,
seul Canon possède une marge opérationnelle supérieure
de 10% pour l'année fiscale 2005, la plupart des autres ayant
des marges de moins de 5%.
A quand un tel investissement des industriels européens sur
la recherche fondamentale à moyen et long terme ?
Le
Humanspeechome project 
JPB 02/06/06
Le
professeur Deb Roy, directeur du groupe de recherche Cognitive Machines
du Média Lab du MIT, s’est engagé personnellement,
lui et sa famille, dans une expérience dont la communauté
des cogniticiens du Media Lab attend beaucoup. Cette expérience,
financée par la National Science Foundation, a d’abord
consisté à équiper le domicile du distingué
professeur de 11 vidéo-caméras fish eye omnidirectionnelles
et de 14 microphones très sensibles. Dans la cave de l’habitation,
une mémoire de masse de 5 terabits enregistre les données
du jour avant de les rerouter vers le Media Lab pour analyse. Là
elle sont enregistrée sur une mémoire d’un million
de gigabits fournie par les entreprises Bell Microproducts, Seagate
Technology, Marvell et Zetera.
Ce
système est destiné à mémoriser les
réactions du fils du Pr. Roy, actuellement âgé
de 6 mois (le fils). Ceci pendant les 3 prochaines années,
soit 400.000 heures de veille (le sommeil ne sera pas observé).
L’objectif est de découvrir comment les humains acquièrent
naturellement le langage en interagissant avec un environnement
social approprié. Autrement dit, comme le bébé
passera progressivement de la simple énonciation du mot maman
à des constructions grammaticales complexes.
Il
s’agit de commencer à créer une cartographie
des modalités environnementales qui déterminent le
développement humain et les apprentissages culturels. Le
projet, comme son nom l’indique, vise à être
le pendant, sur le plan épigénétique, au Human
Genome Project qui identifie notamment les gènes de développement.
A
partir des 12 à 14 heures de données enregistrées
par jour (soit 300 gigabits), l’équipe compte développer
des algorithmes de traitement de la voix et de l’image permettant
de tester les hypothèses intéressant les modalités
d’apprentissage des enfants et d’interpréter
des patterns de comportement et de communications encore mal identifiés
qui pourraient apparaître au fil de l’expérience.
Les technologies mises en œuvre à cette occasion devraient
trouver de nombreuses applications dans le monde des réseaux
et des machines communicantes.
Le
thème de l’expérience nous parait indiscutablement
intéressant. Cependant, on peut s’étonner que
les articles la relatant ne font pas d’objection au fait qu’un
enfant sera pendant 3 ans soumis à une observation constante.
En sera-t-il perturbé ? On peut penser en tous cas que son
entourage ne se comportera pas « normalement » avec
lui, étant également soumis à observation.
Cela ne risquera-t-il pas de modifier, plutôt en mal qu’en
bien, le développement du sujet. Par ailleurs, sur un autre
plan, on pourrait s’interroger sur la validité d’une
expérience menée avec un seul individu. Mais peut-être
sera-t-elle reproduite ultérieurement sur d’autres
sujets, qui pourraient être d’âge et de culture
différents.
Pour
en savoir plus
Description
du projet: http://www.media.mit.edu/press/speechome/speechome-cogsci.pdf
Cognitive machines,
MIT Media Lab http://www.media.mit.edu/cogmac/projects.html
Le
projet européen NEW TIES 
JPB 02/06/06
Dans
le cadre du programme FET (Future and Emerging Technologies) financé
par la Commission européenne, au sein du domaine IST (Sciences
et technologies de l’information), 5 universités européennes
participent actuellement au projet NEW TIES. Il s’agit de
créer un monde d’intelligence artificielle où
un millier puis des millions d’agents logiciels collaboreront
pour développer de nouveaux langages et de nouvelles cultures.
Le coordonnateur du projet est le Dr Gusz Eiben, Department of Computer
Science, Vrije Universiteit en Hollande. Participent également
au projet les universités du Surrey, de Budapest, d’Edimbourg
et de Tilburg.
L’étude intéresse deux catégories de
scientifiques : les chercheurs en sciences humaines évolutionnaires
et les spécialistes de l’intelligence artificielle.
Les premiers veulent étudier la genèse des processus
sociaux dans les groupes animaux et humains. Les seconds visent
à préparer les futures interactions qui seront rendues
nécessaires dans quelques années, lorsque les robots
autonomes joueront un rôle actif dans les sociétés
humaines, par exemple pour assister des personnes handicapées
ou porter secours à des victimes d’accident.
Dans ce projet, contrairement à d’autres qui mettent
en relation des robots dotés de corps matériels, les
agents seront uniquement logiciels. Ils sont conçus comme
des entités informatiques dotées de caractères
individuels qui permettront de les distinguer: sexe, espérance
de vie, fertilité reproductive, taille, métabolisme.
Ils pourront transmettre leurs caractères à leurs
descendants mais aussi apprendre à partir de leur propre
expérience et par interaction entre eux.
Chaque
agent disposera de son propre « contrôleur »,
analogue à un cerveau. L’environnement où ils
interagiront sera complexe afin de stimuler les concurrences entre
agents et les adaptations. Différents scénarios seront
proposés. L’un, par exemple, comprendra des saisons,
obligeant les agents à rechercher et stocker des provisions.
Deux groupes rivaux sont prévus, afin d’obliger les
agents à distinguer entre « ennemi » et «ami».
A l’origine, les agents seront dotés d’un langage
élémentaire comprenant des mots tels que «nourriture»,
« ici », « plus loin », etc. Une logique
de base leur sera également fournie, sur le mode du «
si, alors » : »si tel objet est chaud, alors il brûle
». Mais l’objectif est qu’ils puissent développer
un vrai langage, voire utiliser d’autres modes de communication
comme la télépathie.
Le
projet se développera sur une plate-forme de 5.000 calculateurs
en réseau. On y ajoutera progressivement, au-delà
du millier d’agents initiaux, de nouvelles populations, sur
le modèle de ce qui se fait déjà dans les simulations
à grande échelle de la vie artificielle. Le projet
devrait se terminer en août 2007. Sans attendre, il devrait
offrir à des sociologues ou chercheurs en sciences politiques
la possibilité de tester les réactions d’une
population humaine à des décisions politiques ou administratives.
Pour
en savoir plus
Le site du projet
NEW TIES https://www.new-ties.org/mambo/
On peut regretter que le site ne soit pas plus explicite sur les
choix informatiques.
Complex Systems
(CS) Proactive Initiative in the 6th Framework Programme
http://cordis.europa.eu/ist/fet/co.htm
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