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Fin
de mission en vue pour l'orbiteur lunaire européen Smart-1 Jean-Paul Baquiast 24/08/06 - Source
NewScientist
Images ESA: En haut : Smart-1 en orbite lunaire,
cratère Jacobi observé par le satellite En bas : le
satellite, zone d'impact prévue
On se souvient qu'en
septembre 2003, une Ariane 5 avait lancé de Kourou l'orbiteur
lunaire de l'Esa Smart-1. Ce petit satellite pesant 366 kg était
doté d'un moteur ionique qui éjectait des ions de
xenon [voir
notre actualité du 08/10/03]. Ce type de propulsion,
une première pour l'Esa, ne permet pas de grandes vitesses
initiales mais a l'avantage d'être très économique.
Elle est donc recommandée pour les voyages lointains où
l'urgence ne s'impose pas. D'abord placé en orbite terrestre,
Smart-1 a spirallé autour de la Terre jusqu'à entrer
dans la sphère d'attraction de la Lune après 14 mois
de voyage. Couvrir la distance réelle de 385.000 kms a nécessité
un parcours effectif de 100 millions de kms, accompli avec seulement
60 litres de carburant.
En
orbite lunaire elliptique (de 300 à 3.000 km), le satellite
a accumulé les observations intéressantes dont on
trouvera la liste sur le site de l'Esa. Il est maintenant en train
de tomber de façon contrôlé sur le sol lunaire,
en direction d'une région dite Le lac de l'Excellence. Il
y produira un petit cratère d'impact qui sera observé
avec attention de la Terre. La date prévue est le 3 septembre
2006.
Ce succès
est très honorable pour les Européens, dont ce sera
le premier débarquement sur notre satellite. Mais on mesure
le retard qu'a pris l'Europe au regard des autres puissances spatiales,
pour qui la Lune est devenue quasiment une banlieue.
Un
Français parmi les médaillés Fields 2006 Christophe Jacquemin - 22/08/06 -
Quatre
lauréats(1) se sont vu
attribuer la médailles Fields ce 22 août, lors du 25ème
congrès de l'Union mathématiques internationale qui
s'est tenu à Madrid. Parmi ces lauréats, le français
Wendelin Werner, 38 ans, membre de l'institut universitaire de France,
professeur à l'université de Paris-Sud et chercheur
à l'Ecole normale supérieur, récompensé
pour ses travaux dans le domaines des probabilités(2).
Cette nouvelle distinction (équivalent du prix Nobel pour
les mathématiques, remise tous les quatre ans depuis 1938
à des lauréats de moins de 40 ans) témoigne
de la vitalité de notre école de mathématiques
: cette neuvième médaille Fields décernée
à un Français(3)
place notre pays au deuxième rang mondial de la catégorie(4).
(1)
Le Russe Grigori Perelman, le Français Wendelin Werner, lAustralien
Terence Tao et le Russe Andrei Okounkov.
(2) Si la physique n'est pas sa motivation
première, ce mathématicien s'est intéressé
aux marches aléatoires tels que la percolation de l'eau dans
le café, le mouvement brownien d'un grain de pollen dans
un liquide ou encore l'apparition de phénomènes magnétiques
dans les matériaux. Ces problèmes posent en effet
de beaux problèmes mathématiques», explique
Wendelin Werner. Avec Greg Lawler et Oded Schramm, qui travaillent
aux Etats-Unis, il a résolu un certain nombre de conjectures
concernant la forme de ces chemins tortueux, leurs dimensions fractales
ou leurs probabilités d'intersection.
(3) Laurent Schwartz (1940) ; Jean-Pierre
Serre (1954) ; René Thom (1958) ; Alexandre Grothendieck
(1964) ; Alain Connes (1982) ; Jean-Christophe Yoccoz et Pierre-Louis
Lions (1994) ; Laurent Lafforgue (2002) ; Wendelin Werner (2006).
(4) Derrière les USA (13 médaillés),
et devant l'URSS-Russie (8 médaillés), puis la Grande-Bretagne
(5 médaillés), le Japon (3) ; Belgique (2) ; Afrique
du Sud, Allemagne, Australie, Finlande, Italie, Norvège,
Nouvelle-Zélande, Suède (1).
Conférence
européenne sur l'intelligence artificielle Christophe Jacquemin - 22/08/06 -
La
XVIIe conférence biennale européenne sur l'intelligence
artificielle (ECAI) se tiendra du 28 août au 1er septembre
à Riva del Garda (Italie). Cette conférence
a pour objectif de permettre aux chercheurs de la planète
d'identifier les nouvelles tendances et défis d'importance
dans tous les domaines de l'IA, ainsi que d'offrir un forum aux
utilisateurs potentiels des techniques d'IA innovantes.
Six
parties composent le programme de la conférence [http://ecai2006.itc.it/cda/images/ecai2006-programme-web.pdf],
dont une consacrée aux applications prestigieuses des systèmes
intelligents (PAIS). Des orateurs de renom traiteront de domaines
tels que l'IA au service de la gestion de la connaissance, la robotique
(notamment les robots sociaux intelligents), l'internet et le raisonnement
par défaut.
La
conférence accueillera également des démonstrations
de plus de 20 prototypes et applications de recherche, ainsi que
des ateliers et des cours portant sur la planification, la représentation
de la connaissance et le raisonnement pour les équipes d'agents.
L'union
fait la force... robotique CJ 18/08/06 - Source NewScientist
C'est bien connu : l'union fait la force. Dans une fourmilière
par exemple, si chaque individu peut être qualifié
de relativement primaire et dispose seulement dune parcelle
des informations nécessaires pour résoudre un problème
donné, la collectivité parvient à s'organiser
pour se répartir les tâches et résoudre des
problèmes complexes. C'est ce qu'on appelle l'intelligence
en essaim, qui retient toute l'attention des roboticiens. La robotique
collective constitue en effet une belle alternative à lutilisation
systématique dun robot unique, ultrasophistiqué,
muni de nombreux capteurs et dalgorithmes très complexes
de
navigation et de prise de décision. Car une collectivité
de petits robots simples mais capables de sorganiser présente
lavantage de ne pas souffrir de la défaillance dun
ou plusieurs individus. Ce qui nest bien évidemment
pas le cas lorsquun robot porte à lui seul la responsabilité
dune mission. De nombreux travaux ont déjà été
menés dans cet esprit, auxquels il faut rajouter aujourd'hui
ceux (un peu différents) du suédois Robert Lundh,
rapportés par la revue New Scientist.
Ce doctorant au Laboratoire de robotique mobile de l'université
d'Örebro a développé un système où
une équipe de robots peut se brancher à distance sur
les capteurs et ordinateurs de chacun, afin d'exécuter des
tâches intelligentes. Ils peuvent par exemple négocier
leur manière d'éviter un obstacle en se transmettant
par relais différents points de vue. "Si le comportement coopératif est généralement
préprogrammé de façon rigide dans les robots,
nous avons voulu ici que ceux-ci planifient vraiment par eux-mêmes,
en s'appuyant sur sur leurs possibilités propres et celles
des d'autres" explique le jeune chercheur. Le robot
décide si un proche voisin peut l'aider dans une tâche
spécifique.
Ainsi
dans l'une des expériences, deux robots circulaires (45 cm
de diamètre et 25 de hauteur), savent négocier leur
parcours pour sortir d'une pièce par la porte. Ils ont été
ici forcés de coopérer parce que le système
de vision de chacun a été limité afin de ne
pas voir assez de la porte pour être certain de passer sans
se cogner aux bords du mur. Le
premier robot s'est alors judicieusement branché sur la caméra
de son associé et s'est ainsi dirigé vers la porte
en complétant les informations avec celles délivrées
par sa propre caméra. Ayant franchi le seuil de la porte,
il est retourné sur ses pas et a "renvoyé l'ascenseur",
aidant son collègue à traverser en lui fournissant
un champ visuel plus large. "Notre système permet à des robots d'analyser
une tâche, extraire quelles possibilités sont en présence
et découvrir comment y accéder" explique
Robert Lundh. Si vous n'avez pas les capacités propres
à effectuer un travail, vous devez les rechercher en vous
aidant des autres."
Une autre expérience a été effectuée
sur deux robots portant une petite barre de bois en équilibre
sur chacune de leur tête. L'un des robots s'est alors branché
sur les informations délivrées par son compère,
en l'occurrence sa vitesse et sa direction, pour maintenir la barre
en équilibre durant les déplacements.
La puissance du système vient ici de la flexibilité
: les robots peuvent adapter leur travail d'équipe en fonction
de la tâche à remplir et de la disponibilité
des compagnons potentiels. Exactement comme le font les humains
lorsqu'ils coopèrent en équipe.
L'objectif du chercheur est maintenant de tester son système
et le comportement de ses robots dans une maison "intelligente"
truffée de caméras et de repères signalés
par radiofréquence.
Le
gouvernement japonais mise sur la robotique intelligente autonome
CJ - 17/08/06
Il est bien connu que le gouvernement japonais considère
la robotique intelligente (dite robotique de seconde génération)
comme l'un des coeurs stratégiques de la future croissance
économique du pays. A la différence des robots industriels
conventionnels qui nécessitent une programmation "figée"
de leur tâches avant qu'ils puissent fonctionner, les robots
intelligents seront capables d'identifier des bruits et des images
via leurs capteurs, d'analyser automatiquement l'information obtenue
pour déterminer leurs actions. Les experts japonais s'attendent
à ce que le marché des nouveaux robots industriels
se monte à quelque 3 trillions de Yens (soit 345 000 milliards
d'euros) pour les dix années qui viennent.
Dans ce cadre, et selon les informations rapportées le 17
août par l'agence japonaise Jiji
Press, le ministère de l'économie, du commerce
et de l'industrie japonais prévoirait une enveloppe de quelque
2,1 milliards de Yens (296,6 milliards d'euros) pour l'année
fiscale 2007 (qui débute en avril) avec l'objectif d'accompagner
le développement des technologies de base du secteur pour
les cinq années à venir. Pour
mener à bien ce projet gouvernemental, le ministère
cherchera la participation des universités et des fabricants
impliqués dans la recherche en intelligence artificielle
et les technologies d'identification des sons et images, avec pour
volonté affichée de commercialiser les robots développés
d'ici 2015.
Ceci concerne par exemple les robots ménagers qui, équipés
du plan d'un bâtiment, pourront choisir les itinéraires
les plus appropriés pour atteindre les secteurs à
nettoyer, ou encore les robots guide ou d'aide capables de communiquer
avec des humains...
Les
circuits électroniques quantiques n'ont pas fini de nous
étonner
CJ 17/08/06
Dans un article publié dans Science(1),
une équipe française ENS/CEA/CNRS vient de montrer
que les lois fondamentales de l'électricité ne peuvent
plus décrire les propriétés d'un circuit électronique
lorsque ses dimensions atteignent l'échelle nanométrique.
Ces travaux viennent confirmer des prédictions théoriques
énoncées par Par Markus Büttiker(2)
il y a plus de dix ans et jamais encore vérifiées.
Si
les propriétés du circuit résultant de l'association
de deux composants obéissent habituellement aux lois d'additivité
(lois dites de Kirchoff), les chercheurs ont montré que ce
n'était plus vrai dans le cas d'un circuit quantique consistant
en la mise en série d'une résistance quantique R et
une capacité quantique. Ceci leur a permis d'ailleurs d'identifier
deux propriétés particulièrement intéressantes
:
- Tout d'abord, si dans un circuit classique l'impédance(3)
de deux composants en série est la somme des impédances
de chacun, les chercheurs ont mesuré ici sur leur circuit
quantique une résistance équivalente deux fois plus
petite. Ceci montre qu'un tel circuit fonctionne deux fois plus
vite que ce qu'on aurait pu attendre.
- De façon encore plus remarquable, pour un circuit classique
R seul, la diminution du diamètre du fil conduit à
l'augmentation de sa résistance. Dans le cas de ce circuit
quantique, la résistance équivalente reste constante
quelle que soit la constriction(4)
et est bien plus faible que la nanorésistance mesurée
seule.
Cette
découverte est fondamentale dans la connaissance des effets
de transport de charges électriques dans des nano-objets
semi-conducteurs -transistors à nanotubes de carbone par
exemple- qui seront à la base de l'électronique de
demain et pour lesquels les formules d'association de circuits ne
seront plus les mêmes. Elle peut aussi jouer un rôle
fondamental dans le domaine de l'électronique moléculaire,
permettant de mieux comprendre l'équivalent électronique
d'une molécule ou d'un circuit moléculaire via son
circuit quantique équivalent.
((1)
Science, 28, juilet 2006, vol 313. n° 5786 : "Violation
of Kirchhoff's Laws for a Coherent RC Circuit", par J. Gabelli,
G. Fève,J.-M. Berroir, B. Plaçais, A. Cavanna, B.
Etienne, Y. Jin & D. C. Glattli, pages 499 à 502 (lire
l'abstract).
(2) Chercheur au département
de physique théorique de luniversité
de Genève.
(3) Effet combiné de la résistance
et de la capacité.
(4) Une constriction est l'équivalent
d'un fil ultra-mince, obtenue par nanolithographie.
Lancement
réussi de Syracuse 3B
Jean-Paul Baquiast 11/08/06 (source ArianEspace)
Le
satellite de communications militaires Syracuse 3B a été
placé en orbite géostationnaire avec succès
le 11 août par une fusée Ariane 5 version lourde depuis
le centre spatial de Kourou. La fusée a simultanément
mis en orbite le satellite de télécommunications JCSAT-10
pour l'opérateur japonais JSAT Corporation
"Le
succès de ce soir est absolument exemplaire car Ariane montre
qu'elle est un outil de souveraineté. Syracuse 3B est le
troisième satellite militaire que nous lançons en
moins d'un an", s'est félicité le directeur
général d'Arianespace, Jean-Yves Le Gall. Cette observation
de J.Y. Le Gall est une réponse à ceux qui prétendent
que l'Europe n'a pas besoin de lanceurs en propre, puisqu'elle peut
faire appel aux produits du marché. Le lancement d'un satellite
militaire, acte de souveraineté s'il en est, n'aurait pas
pu se faire, sauf négociations difficiles, avec un lanceur
commercial étranger. Mais nous estimons pour notre part que
la souveraineté ne se limite pas au domaine du spatial militaire.
Il faudra impérativement à cet égard qu'au
delà du lanceur actuel Ariane 5, l'Europe dispose sur les
15 à 20 prochaines années d'une gamme de lanceurs
dont elle sera la maîtresse exclusive.
Syracuse 3B
a été largué comme prévu 32'50'' après
le décollage. Très attendu par les forces armées
françaises, ce satellite de communications militaires sécurisées
équipé d'un système anti-brouillage va permettre
de décupler leurs capacités de transmission. Construit
par Alcatel Alenia Space, le 3B est un clone du 3A, lancé
en octobre 2005 mais dont les capacités arrivaient déjà
à saturation. Leur durée de vie est estimée
entre 12 et 15 ans.
Ces deux satellites
vont couvrir une zone allant de l'est des Etats-Unis à l'est
de la Chine. Ils sont les premiers à être entièrement
dédiés à l'armée française. Les
systèmes précédents, Syracuse 1 et 2 mis en
orbite depuis le milieu des années 1980, étaient partagés
avec France Telecom.Sous la maîtrise de la DGA, le programme
Syracuse 3 représente un coût total de 2,3 milliards
d'euros.
Véritable
réseau à haut débit du champ de bataille, ces
satellites permettent d'envoyer données, images et d'organiser
des visioconférences entre soldats en opération et
postes de commandement. C'est la version française, encore
il est vrai bien moins riche, du net centric warfare américain.
La France va recevoir dès la fin de l'année 600 stations
de réception de nouvelle génération, développés
par Thales, pouvant être installées sur des navires,
des blindés ou transportables à dos d'homme.
Le porte-avions
Charles de Gaulle sera équipé de la sienne en 2008.
Le lancement d'un troisième satellite pour compléter
la constellation est prévu en 2010. Une réflexion
a été entamée avec l'Italie pour le développer
en commun.
De son côté,
par ce tir réussi, Ariane 5 ECA 10 tonnes a confirmé
son caractère opérationnel. Il était le sixième
effectué par cette configuration. Le vol inaugural, le 11/12/2002,
avait été un échec, la fusée ayant dû
être détruite en vol en raison d'un problème
technique.
SYRACUSE 3B
est la 27ème charge utile militaire confiée au lanceur
européen. Après les lancements d'HELIOS IIA en décembre
2004, de SYRACUSE 3A en octobre 2005 et de SPAINSAT en mars 2006,
Ariane 5 démontre une nouvelle fois sa capacité à
assurer un éventail complet de missions, notamment les lancements
institutionnels au profit de la Défense européenne.
Ballbot,
un robot dynamiquement stable pour se faufiler dans tous les
recoins Christophe Jacquemin - 10/08/06 -
Ralph
Hollis et son équipe de l'institut robotique de l'université
Carnegie Mellon (Pittsburgh - USA) ont créé
"Ballbot", robot qui assure ses déplacements
en se balançant sur une boule en métal(1)
située à sa base, plutôt qu'en recourant
aux traditionnelles jambes ou roues. L'avantage ici est qu'il
peut évoluer dans les espaces les plus restreints tout
en conservant dynamiquement sa stabilité, même
dans les terrains en pente où il bat à plate
couture tout autre robot. Ceci fait de lui un candidat sérieux
pour vivre au milieu de l'environnement humain(2).
Et c'est ce que veut montrer Ralph Hollis.
Issu de deux années de travaux, Ballbot - qui mesure
sensiblement la taille d'un homme (1,50 m pour 43 kg) - pourrait
un jour être utilisé comme assistant auprès
de personnes handicapées ou âgés, répondant
ainsi à
la demande croissante des professionnels de la santé
dans des pays où le pourcentage de personnes âgées
ne cesse d'augmenter, comme par exemple au Japon et en Corée.
Et si cela n'est pas encore à l'ordre du jour en Europe
(comment ? se faire aider chez-soi par des robots ? Quelle
horreur...), nous finirons certainement aussi par y venir,
sachant qu'il est aussi prévu chez-nous de vivre de
plus en plus vieux... A moins que l'obésité
galopante qui commence à gagner nos contrées
n'aie bientôt raison de nous...
(1)
Sphère enduite d'uréthane. Omnidirectionnel,
il peut se mouvoir aisément dans n'importe quelle direction
sans avoir à tourner. Deux vidéos sont disponibles
:
a) http://www.msl.ri.cmu.edu/projects/ballbot/video/ballbot_push.mpg
b) http://www.msl.ri.cmu.edu/projects/ballbot/video/nsh3305short.mpg (2) Stables, les robots à
roues possèdent traditionnellement trois roues ou plus,
ceci entraînant une base de dimension respectable, empêchant
le robot de se faufiler partout. Les robots à jambes,
comme les humanoïdes sont pour leur part très
complexes et donc très chers par rapport aux autres
solutions. Cela dit, ils peuvent utiliser les même objets
que les humains (mais il est aussi prévu de rajouter
des bras à Ballbot), voire même monter à
une échelle...
Rattraper
le retard français en matière de puissance de
calcul CJ
- 01/08/06
Bien
que la France compte une machine en cinquième position
du classement mondial des supercalculateurs, le Tera-10(1)
du Commissariat à l'énergie atomique
-mais dont les applications sont militaires - [voir encadré
ci-dessous et note (2)],
notre pays arrive avant-dernier dans le classement des pays
européens industrialisés en matière de
puissancede calcul installée par habitant (17 teraflops(3)
pour la France contre 99 teraflops
pour l'Allemagne, par exemple(4)).
De ce fait, les chercheurs français doivent le plus
souvent se tourner vers des supercalculateurs étrangers
pour faire avancer leurs recherches, qu'il s'agisse de climatologie
(en faisant souvent appel ici au Earth Simulator japonais(5)),
astrophysique, aéronautique, nanosciences, biologie
(génomique, protéomique...)...
Pour
hisser la France au niveau de ses voisins européens,
François Goulard, le ministre délégué
à l'enseignement supérieur et à la recherche,
a annoncé le 25 juillet lors d'un déplacement
au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement
de Saint-Aubin (Essonne), la mise en oeuvre d'un plan sur
4 ans visant à faire évoluer les moyens de calcul
de la communauté scientifique française. Doté
d'une enveloppe de 25 millions d'euros par an, ce plan sera
centré sur la création d'une société
civile, le "Grand équipement national pour le
calcul intensif " (Genci)(6),
dédiée à l'achat et à la gestion
d'un centre de calcul. Celui-ci sera détenu à
50% par l'Etat français, à 20% par le CEA, à
20% par le Centre national de recherche scientifique (CNRS)
et à 10% par les universités.
Son
financement se fera au prorata de la part de chaque actionnaire,
soit, en plus des 100 millions d'euros déjà
prévus, un investissement additionnel de 50 M€
sur 4 ans de la part de l'Etat, le CEA et le CNRS consacrant
chacun 5 M€ par an au domaine.
Les
besoins prioritaires seront définis par un comité
stratégique qui lancera un appel d'offres en vue de
la livraison d'une ou plusieurs machines début 2007.
A suivre donc...
Les
10 supercalculateurs les plus puissants au monde,
classé par ordre de puissance
(juin
2006, tiré de http://www.top500.org)
La compétition
fait rage : le tableau ci-dessus de juin proposé par
le site top500.org est déjà obsolète. Nous
sommes déjà rentrés dans l'ère du
pétaflop [1015 opérations en virgule
flottante par seconde] avec la firme asiatique NEC, qui va bientôt
proposer le MDGrape-3,
supercalculateur co-réalisé avec Hitachi, Intel
et SGI Japon, et basé sur une puce de l'institut japonais
Riken. Fruit de quatre ans de travail et prévu pour être
utilisé dans l'industrie pharmaceutique, le MDGrape-3
offre une puissance de calcul près de trois fois supérieure
à celle Blue Gene d'IBM [ancien tenant du titre]. Cette
nouvelle machine japonaise battraitaussi le record de faiblesse
du coût du Gigaflop : de l'ordre de 15 dollars, contre
140 avec Blue Gene.
Coût estimé de ce supercalculateur : 9 millions
de dollars.
(1)
Machine livrée en novembre 2005. Voir communiqué
du CEA du 17/01/06 : http://www.cea.fr/Fr/actualites/articles.asp?id=702,
ainsi que le dossier de presse : http://www.cea.fr/fr/presse/dossiers/Tera10_janvier2006.pdf
(2) Voir ci-dessus classement TOP 10, de juin 2006 http://www.top500.org/lists/2006/06
[ce tableau est en fait déjà dépassé
: Tera 10 arriverait désormais en 6ème position
- cf.fin de notre article].
On relira aussi notre actualité "Les
500 ordinateurs les plus puissants du monde"
(21/11/05) [liste aujourd'hui dépassée,
et dont le nouveau classement sera publié en novembre
prochain].
(3) Un teraflop = mille milliards d'opérations par
seconde.
(4) 40 teraflops par habitant sont affichés par la
Suisse, 42 par l'Espagne. La Grande-Bretagne, qui a une puissance
installée de 32 teraflops, va rapidement doubler sa
capacité.
(5) Voir notre éditorial "Le
simulateur de la Terre"
(7 janvier 2003). A signaler qu'avec une puissance
de 35,8 teraflops, l'Earth simulator japonais lancé
en 2002 a été pendant trois ans le supercalculateur
de référence dans le monde. Il arrive aujourd'hui
en 10ème position, notamment détrôné
par l'américain BlueGene (IBM) du laboratoire Lawrence
Livermore du département de l'Énergie américain,
et qui affiche pas loin de ... 280 teraflops. Mais le Japon
prévoit déjà la mise en service d'ici
2010 d'une machine 75 fois plus puissante que le leader américain,
en atteignant les ... 10 petaflops... Les Chinois, pour leur
part, travaillent au développement d'un supercalculateur
d'un petaflop.
(6) Création décidée le 11 juillet par
Dominique de Villepin lors de la tenue sous sa présidence
du 5e Comité interministériel pour la société
de l'information (Cisi), dont on trouvera le compte rendu
sur http://www.premier-ministre.gouv.fr/IMG/pdf/CISI.pdf
(voir en particulier le paragraphe 3.3, page 43)..