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Septembre 2006
Regard
critique sur la théorie des cordes ...et sur la physique
Jean-Paul Baquiast - 10/09/06
Dans
un livre récent, le (grand) physicien Lee Smolin, co-fondateur
du Perimeter Institute of Theoretical Physics, porte ce que l'on
pourrait appeler une estocade presque finale à la Théorie
des Cordes (String Theory) jusqu'ici présentée comme
l'incontournable dernière mode s'imposant aux physiciens
théoriques. Dans ce livre (The Trouble With Physics:
The Rise of String Theory, the Fall of a Science, and What Comes
Next) il considère qu'il s'agit d'une voie sans issues.
Ce n'est même pas pour lui une théorie mais une conjecture.
Ses promoteurs n'ont jamais été capable d'apporter
la moindre preuve expérimentale à leurs idées
bizarres. L'avenir n'est pas plus prometteur pour eux à cet
égard. Au contraire, de nombreux phénomènes
découverts actuellement, comme l'énergie répulsive
dite noire, ne sont pas explicable par la théorie.
Smolin,
qui a proposé une alternative dite de la gravitation quantique
en lacets encourage ses jeunes collègues à se détacher
des effets de mode, concernant ce qui serait "élégant"
ou beau en physique, pour s'orienter dans des directions qu'il détaille
où des hypothèses pourraient être rapidement
soumises à l'expérience.
Nous
proposerons prochainement sur le site une revue plus détaillée
de ce livre prometteur.
L'Europe
laissera-t-elle la Lune aux Américains?
Jean-Paul Baquiast - 07/09/06
La
Lune? Quelle priorité? C'est ce que demanderont les gens
à courte vue, relayés par les responsables politiques
affligés du même mal. Rappelons cependant ce qu'il
en est.
Voici
plus d’un an, le président G.W.Bush avait donné
à la NASA la consigne de préparer le grand retour
américain sur la Lune, retour lui-même considéré
comme une étape indispensable dans la perspective de vols
humains vers Mars. Ce retour, Back to the Moon, est prévu
en principe pour 2020, avec l’alunissage de 4 hommes. La NASA
est donc en train d’aborder les premières phases du
programme, désormais nommé Constellation. Pour cela,
elle vient de désigner la société Lockheed
Martin pour la conception puis la construction de la capsule qui
transportera les astronautes. Le contrat est actuellement limité
à 8 milliards de dollars sur treize ans. Mais chacun sait
que le montant sera dépassé.
L’objectif du contrat vise à élaborer deux pièces
majeures du dispositif destiné à la Lune. La première
consiste en un module ou plus exactement un véhicule d'exploration
déjà baptisé Orion. Il comportera
un cône habitable - la capsule – surmontant un cylindre
qui contiendra vivres et matériel. Orion emportera dans un
premier temps six astronautes vers la Station Spatiale Internationale,
ISS, à partir de 2014. L’ISS, convenablement rajeunie
et complétée d’ici là par plusieurs vols
de navettes, constituera une des bases arrière de l’expédition.
Selon le schéma retenu pour Apollo, Orion restera en orbite
autour de la Lune, tandis que les hommes utiliseront un atterrisseur.
Puis il ramènera l'équipage sur Terre dans la capsule
qui, seule, rentrera dans l'atmosphère.
Le
deuxième élément du dispositif consistera en
un ensemble de puissants lanceurs, baptisés Ares.
Les fusées Ares-1 réutiliseront des dérivés
des actuels boosters à poudre de la navette spatiale. Elles
mettront Orion en orbite terrestre ou lunaire. Les fusées
Ares-V emporteront des charges de 130 tonnes en orbite basse. Ils
utiliseront un ensemble de moteurs dont beaucoup d'éléments
seront repris de la navette, mais qui comporteront des systèmes
en cours de développement. La charge sera constituée
par le matériel nécessaire aux différents stades
de l’exploration.
Ce programme sera complété par l’envoi, dans
des délais plus rapprochés, de différentes
sondes et satellites robotisés permettant de préciser
les sites d’alunissage et divers autres paramètres.
D’autres nations feront de même en ce qui les concerne
car la Lune est considérée désormais par beaucoup
de puissances spatiales comme un enjeu stratégique.
On peut penser que la Chine, dont les ambitions de débarquement
humain sont clairement affichées, observera avec attention
la démarche américaine et s’efforcera de suivre
ses traces. Elle n’a aujourd’hui ni le vaisseau spatial
ni les lanceurs assez puissants pour rivaliser avec les Etats-Unis,
mais on peut penser que, sans regarder aux coûts, elle rattrapera
son retard dans la décennie. La Russie n’a pas non
plus l’intention de rester en dehors de la course.
Seule l’Europe semble se désintéresser de l’objectif
d’un débarquement humain sur la Lune – comme
si le succès de petites missions comme celle qui vient de
se terminer avec Smart-1 suffisait à ses ambitions. Elle
n’a d’ailleurs pour le moment aucun des véhicules
qui lui seraient nécessaires pour entrer dans la compétition.
Or ceux-ci ne s’improvisent pas. Ils demandent plusieurs années
de développement. On ne peut pas non plus les trouver sur
le marché, en les achetant sur étagère à
des concurrents. Ceci veut dire que si l’Europe ne prend pas
dans les mois qui viennent la décision de préparer
des missions lunaires européennes, nos concitoyens verront
tout ces grands programmes se dérouler sans eux. Il leur
restera la possibilité d’admirer à la télévision
les exploits des autres.
Pour
en savoir plus
Programme Orion
:
http://www.nasa.gov/mission_pages/constellation/orion/index.html
Programme Ares
: http://www.nasa.gov/mission_pages/constellation/ares/index.html
The
Millennium Project of the American Council for the United Nations
University
Jean-Paul
Baquiast 06/09/06
L'American
Council for the United Nations University ACUNU est une ONG américaine
qui a pour but de faire le lien entre les citoyens américains
et un des principaux centres de recherche des Nations-Unies, l'UNU
(United Nations University). Cette dernière a pour objet
de rassembler les ressources intellectuelles de toutes les parties
du monde afin de traiter des problèmes globaux.
L'ACUNU anime
The Millennium Project of the American Council for the United Nations
University, un Think Tank rassemblant un grand nombre de chercheurs
et prévisionnistes travaillant pour de nombreux organismes
publics et privés dans le monde. Pratiquement chaque année
depuis 1997, le Millenium Project produit un volumineux rapport
intitulé ambitieusement State of the Future qui rassemble
des prévisions sur le siècle dans un grand nombre
de domaines stratégiques. Des centaines de participants travaillant
en réseau collaborent à ce travail.
Il faut évidemment
prendre ces prévisions avec prudence. D'abord, elles peuvent
se tromper. Mais surtout, on peut craindre qu'elles expriment d'une
certaine façon la pensée unique de l'idéologie
économique et politique américaine, à laquelle
le cadre de référence de l'ONU offre une tribune de
diffusion considérable. Le lecteur n'est pas en mesure de
toutes façons de discuter les centaines d'assertions et milliers
de documents factuaux rassemblés. Nous pensons néanmoins
que la lecture d'un tel rapport est indispensable à tous,
au moins en se limitant à l'executive summary dont
nous présentons ci-dessous les premiers paragraphes:
"
The capabilities of civilization to build a better future are rich
but terribly inefficient. Improving
efficiency requires seeing the status of the whole and its parts
as objectively as possible. For
example, the avian flu could mutate and kill 25 million people,
higher oil prices could plunge some
economies into depressions, increasing natural disasters are causing
massive human misery, and millions of people are caught in deadly
conflicts around the world. Yet it is a fact that the world is becoming
more peaceful, prosperous, and healthy.
The first Human Security Report found that the number of armed conflicts
declined by more than 40%
since the early 1990s, that genocides and politicides fell 80% between
1988 and 2001, that international crises declined by more than 70%
between 1981 and 2001, that the dollar value of major international
arms transfers fell by 33% between 1990 and 2003, and that the number
of refugees dropped by some 45% between 1992 and 2003. The IMF estimates
that the world economy grew 4.8% in 2005, while the population grew
1.15%, increasing annual per capita income by 3.65%.
The UN Millennium Development Goals continue to help focus international
cooperation and
increase sensitivity to global long-term perspectives in policymaking.
Although criticized by some as too ambitious, these goals are increasingly
becoming the benchmarks for global progress and measures for international
efficiency. Over half of the world's $62-trillion economy is generated
in developing countries. Over a billion people (16% of the world)
are connected to the Internet. The digital gap continues to close,
helping to democratize the coming knowledge economy with tele-nearly-everything
and providing self-organizing mechanisms for emerging collective
computer/human intelligence and management systems. A worldwide
race to connect everything not yet connected is just beginning,
and great wealth will be generated by completing the links among
systems by which civilizations function and flourish."
Lire la suite sur htttp://www.acunu.org/millennium/sof2006-exec-summ.pdf
Pour
en savoir plus
United Nations
University : http://www.unu.edu/
Millenium project
: http://www.acunu.org/millennium/
Une
nouvelle science, l’expologie
Jean-Paul Baquiast - 01/09/06
Selon Matti Jantunen, professeur de santé environnementale
à l’Institut finlandais KTL, l’expologie est
la science de l’évaluation des expositions aux agents
toxiques ou réputés tels. C’est une science
de l’observation qu’il ne faut pas confondre avec la
toxicologie.
Faut-il en faire une science rigoureuse ou n’est-elle encore
qu’une série de recettes pour la mesure et l’évaluation.
Parions que l’expologie sera vite une science, si elle ne
l’est pas encore, compte tenu de la multiplication des risques
auxquels les individus (humains et aussi animaux) sont confrontés
dans l’environnement naturel et urbain. Il s’agit de
mesurer l’intensité, la fréquence et la durée
du contact d’un individu ou d’une population avec des
agents toxiques. Mais il ne faut pas confondre exposition à
un produit toxique et risque de celui-ci. Dioxine et monoxyde de
carbone sont également dangereux. Par contre le second tue
des milliers de personnes dans le monde par intoxication, ce que
ne fait pas la première. Pour évaluer un risque, la
variabilité de l’exposition compte autant que la toxicité.
Un des objectifs du projet européen REACH (Registration,
evaluation and authorization of chemicals) plusieurs fois évoqué
dans notre revue, est de jauger cette variabilité en demandant
aux industriels des scénarios d’exposition –
ce à quoi ils sont réticents, au prétexte du
coût. Il s’agit de décrire l’ensemble des
conditions selon lesquelles un produit chimique est fabriqué
et utilisé durant son cycle de vie, et comment le fabricant
ou l’importateur contrôle les expositions de l’homme
et de l’environnement à ce produit.
Les buts et moyens de l’expologie ont été discutés
lors de la Conférence Internationale d’épidémiologie
et d’exposition environnementales qui s’est tenue les
2/6 septembre 2006 à la Cité des sciences et de l’industrie
de Paris.
Pour en savoir plus
INERIS : http://rsein.ineris.fr/bullinfo/expologie.html
ARET : http://www.aret.asso.fr/arbulletinmai00.htm
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