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Janvier 2007
Bientôt
une interface logicielle universelle - et française - pour
la robotique mondiale ?
Christophe
Jacquemin 20/01/07
Nous
n'avons cessé de le dire : le marché de la robotique
personnelle (robots jouets, robots assistants, robots compagnons)
représente un formidable marché. Selon les experts(1),
en croissance actuelle de 10 % par an, ce marché atteindra
2,5 millions dunités en 2008, avec un pic attendu dans
la période 2008-2010, le marché augmentant ensuite
à un rythme assez proche de celui de linformatique
personnelle depuis 20 ans.
Dans ce cadre, la start-up française GOSTAI souhaite devenir
à terme l'une des leaders mondiales en matière de
système de contrôle pour les robots personnels.
Son atout : le développement du langage de programmation
innovant(2) URBI (Universal
Real-time Behavior Interface), langage dintelligence artificielle
simple pour des applications en robotique. Actuellement disponible
en version RC1, ce langage mis au point par Jean-Christophe Baillie
au Laboratoire dElectronique et dInformatique de lENSTA(3)
a été présenté au CES qui s'est tenu
du 7 au 10 janvier à Las Vegas(4).
Cette interface logicielle universelle pour la robotique - et simple
d'utilisation - permet de contrôler nimporte quel robot
au niveau hardware (moteurs, capteurs, camera
) et software
(reconnaissance de visages, de la voix(5),
).
Basé sur un langage de script puissant, URBI (distribué
avec ses librairies sous licence GNU) peut être interfacé
avec de nombreux langages de programmation connus (C++, Java, Matlab,
)
et de nombreux environnements systèmes (Windows, Mac, Linux).
Innovation, standardisation, portabilité, flexibilité,
modularité (multiplateforme) et facilité dapprentissage
et dutilisation : voici des atouts susceptibles de séduire
à terme l'ensemble des grands fabricants mondiaux, mais aussi
les fabricants de jouets tels Wow Wee ou Lego (Lego Mindstorms),
voire les producteurs de jeux vidéos(6).
URBI
sera utilisé sur le premier robot humanoïde français
- Nao [nom de code actuel AL05](7)
- à usage domestique et destiné au grand public que
développe actuellement la start-up Aldebaran Robotics dirigée
par Bruno Maisonnier.
Véritable concentré de technologie, et conçu
dans un premier temps à des fins ludiques, ce robot sera
capable dinteractions avec son propriétaire et évolutif
en termes de comportements et de fonctionnalités. Autonome,il
sera notamment doté de la synthèse et de la reconnaissance
vocale, de la reconnais sance
anthropométrique, pourra se connecter via Wifi à internet.
Embarquant un PC sour Linux, il sera livré en standard avec
des comportements de base, qui pourront être enrichis (via
des outils graphiques simples), faisant de ce robot un compagnon
autonome pour toute la famille. Et, de compagnon, il passera ensuite
vers une vraie fonction dassistance pour les tâches
quotidiennes (surveillance, télé-assistance, informations,
lien réel-virtuel
).
La
commercialisation de ce robot humanoïde est annoncée
pour la fin du deuxième semestre 2007.
(1)
Notamment ceux de l'UNECE [United Nations Economic Commission for
Europe], organisme affilié à l'ONU.
(2) Basé sur une architecture client/serveur, URBI intègre
au cur du langage le parallélisme indispensable à
la robotique ainsi que des mécanismes de contrôle temporel
et des séparateurs pour sérialiser ou paralléliser
les commandes, des possibilités de trajectoires complexes
et de gestion événementielle adaptées à
lintelligence artificielle (l'architecture distribuée
et modulaire permet de «plugger» des composants (vision,
voix, planification
) soit à bord du robot, soit à
distance par Wifi.
(3) Ecole nationale de techniques avancées. Le
langage URBI est notamment en cours d'implémentation sur
le robot HRP2 du japonais Kawada Industries, livré récemment
au CNRS [voir
notre actualité du 09/06/06].
Un atout qui devrait permettre à URBI de prendre toute
sa dimension et de séduire le constructeur japonais.
(4) Voir http://www.cesweb.org/default.asp
et http://www.roboticsevents.com/CES_Robotics_TechZone_2007/
(5) En cette matière, Gostai s'est adressé à
la société Acapela pour offrir une solution de synthèse
vocale la plus fluide et proche possible de la voix humaine. Cette
collaboration industrielle doit permettre danimer vocalement,
en français et en anglais, les interfaces des robots avec
des voix très naturelles, agréables et intelligibles.
Lobjectif est ambitieux : réunir les conditions pour
la création dun ordinateur "social".
(6) Interfaçage possible d'URBI aux jeux vidéos.
(7) Ce projet a été lancé début 2005
et vise à mettre à la disposition du grand public,
pour un prix abordable (2000 euros ?), un petit robot humanoïde
(hauteur de l'ordre de 50 cm) disposant de fonctions mécaniques
(23 degrés de liberté), électroniques et cognitives
dignes des prototypes de recherche. Aldereban Robotics qui dispose
aujourd'hui d'un prototype avancé fonctionnel est entré
dans la phase d'optimisation de la partie software et de la mécanique,
préparant l'industrialisation.
Pour
en savoir plus :
Gostai : http://www.gostai.com/
Aldereban Robotics : http://www.aldebaran-robotics.com/
Robots
arctiques autonomes pour l'exploration subglaciaire profonde
Jean-Paul
Baquiast 20/01/07
Dans
l'océan arctique, entre le Groenland et la Sibérie,
s'étend le Gakkel Ridge, à une profondeur de 5.000
mètres. Une expédition arctique y a découvert
l'existence d'évents hydrothermaux. On suspecte que, comme
bien d'autres dans les grands fonds, ceux-ci doivent abriter des
formes de vie originales. Cette vie serait d'autant plus originale
que depuis 65 millions d'années cette partie de l'Arctique
aurait été séparée des mers avoisinantes
par le Mid-atlantic Ridge.David Akin, chercheur de l'université
Collège Park, Maryland, entreprend actuellement d'explorer
ces évents. Mais il doit disposer de gros moyens car les
sites sont protégés par une épaisse glace de
surface, qui empêche de procéder à des explorations
téléguidées à partir d'un navire en
positionnement dynamique.
David
Akin s'est associé avec le Woods Hole Oceanographic Institution
(Mass) et le Centre National Hydrographique de Southampton (UK)
pour faire construire deux robots autonomes spécialisés
qui vont travailler en tandem. Ces AUV (Autonomous Underwater Vehicles)
devront, comme les robots spatiaux des prochaines générations,
opérer sans assistance extérieure. En effet, l'eau
ne permet pas les transmissions radio, ainsi que le savent les sous-mariniers.
Les signaux acoustiques, pour leur part, s'atténuent très
vite avec la distance. Par ailleurs, le brise-glace d'assistance,
qui perforera la banquise pour immerger les robots, ne pourra rester
à poste de façon stable car il sera entraîné
par la dérive de l'ice-shield. De plus le trou regèlera
très vite. Enfin, les sources hydrothermales ne sont pas
actuellement localisées avec précision. On mesure
la difficulté de l'opération.
La
mission se déroulera en deux phases : les AUV devront d'abord
identifier sans ambiguïté les sources hydrothermales
puis localiser le navire d'assistance pour rapporter l'information.
Il faudra que les robots retrouvent seuls l'emplacement approximatif
du navire, en évitant de se faire piéger dans les
reliefs sous-marins de la glace. A courte distance, ils pourront
être guidés par sonar jusqu'à une aire d'eau
libre percée dans la banquise. Dans une seconde phase, ayant
vaincu cette première et considérable difficulté,
ils redescendront prélever des images et des échantillons
de la vie sous-marine locale, qui seront alors analysés sur
le navire ou à terre.
On
ne décrira pas ici le détail de l'équipements
des robots ni la façon très originale par laquelle
ils coopéreront pour mener à bien leurs missions.
Disons seulement qu'ils seront dotés d'une intelligence adaptative
les rendant aptes à des tâches de plus en plus précises.
Pourquoi ne pas réutiliser ultérieurement ces solutions
pour l'exploration des océans glacés de la Lune jupitérienne
Europa ? Les promoteurs d el'expédition y pensent. Mais ils
ne semblent pas très communicatifs sur ces aspects sensibles.
Ajoutons
pour notre part qu'il faudra veiller à ne pas souiller le
site par des formes de vie contemporaines, si l'on veut vraiment
étudier des organismes datant du Crétacé. Le
problème de la pollution se posera de la même façon
qu'il s'est posé concernant les projets d'exploration du
lac fossile Vostok en Antarctique.
Pour en savoir plus
Voir NewScientist, 13/01/07, p. 25
Woods Hole Oceanographic Institution http://www.whoi.edu/
National Oceanography Centre http://www.soc.soton.ac.uk/
Le stockage de
l'énergie électrique par des batteries en flux continu
Jean-Paul Baquiast 20/01/06
On
sait qu'un des handicaps de l'énergie électrique est
qu'elle ne peut pas être stockée de telle façon
que les excédents produits à certains moments puissent
être redistribués quand la consommation dépasse
la production. La solution la plus généralement pratiquée
est celle de l'interconnexion par des réseaux géants
ou grids reliant des centres de production et de consommation dont
les pics ne sont pas simultanés. Ce problème est posé
à tous les électriciens, qu'ils fassent appel aux
centrales à énergie fossile, au nucléaire ou
à la houille blanche. Mais à plus petite échelle,
il se pose aussi aux gérants des sites de production d'électricité
d'origine éolienne ou solaire. Il n'y a rien de plus inconstant
que le vent et le soleil. De plus, ils font souvent défaut
au moment où la demande est la plus forte. Le stockage de
l'énergie électrique par l'intermédiaire de
batteries est pratiqué ici et là, mais le procédé
est coûteux, lourd et de faible capacité.
Or il semble qu'une solution soit en voie d'être trouvée
pour résoudre cette difficulté et rendre les batteries
véritablement utilisables pour emmagasiner de l'électricité,
ceci pratiquement sans limite. La solution est apparemment simple.
Encore fallait-il y penser. Il s'agit du système dit des
batteries en flux continu (flow batteries) aujourd'hui expérimenté
avec succès en Australie, dans une ferme éolienne
installée à King Island, près du détroit
de Bass. En résumant beaucoup, on dira que le procédé
consiste l'électrolyte « déchargé »
après usage par un électrolyte chargé conservé
dans un réservoir aussi grand que l'on veut. Lorsque le vent
souffle, les éoliennes chargent les batteries dont l électrolyte
est progressivement transvasé dans les réservoirs.
Quand il ne souffle plus, les batteries alimentent les consommateurs
et, au fur et à mesure de la décharge de leur électrolyte,
se réapprovisionnent à partir du réservoir.
Nous passons sur les nombreux problèmes qu'il a fallu résoudre,
notamment pour obtenir un liquide électrolyte adéquat,
à base de sulfate de vanadium, puis aujourd'hui de bromure
de vanadium. Il a fallu résoudre aussi des problèmes
de fuites et de synchronisation des cycles. Ceci étant, la
solution, selon ses promoteurs, peut être adaptée à
toutes les tailles de batteries et de moteurs électriques,
y compris dans le transport. Elle reste plus coûteuse que
la production d'électricité à partir de pétrole,
mais les coûts, comme toujours en ce qui concerne les énergies
renouvelables, devraient diminuer avec le nombre des utilisateurs.
Cet exemple, s'il se révèle généralisable,
montre que l'optimisme n'est pas toujours illusoire, lorsque l'on
envisage les solutions technologiques permettant de faire face à
la grande crise climatique. L'imagination des inventeurs n'a jamais
dit son dernier mot.
La technologie des batteries en flux continu, développée
par l'Université de Nouvelle Galles du Sud, est reprise actuellement
par VRB Power Systems, basée à Vancouver. Un site
devrait être implanté en Europe, auprès de la
ferme éolienne de Sorne Hill, en Irlande.
Pour en savoir plus
Voir NewScientist, 13/01/07, p. 41
VRB Power Systems http://www.vrbpower.com/
Progrès
dans l'ingénierie biologique ou biologie synthétique
Jean
Paul Baquiast 16/01/07
L'ingénierie
biologique ou biologie synthétique consiste à analyser
l'effet de certains gènes sur les phénotypes, à
isoler ces gènes et à les réintroduire dans
les génomes d'autres organismes. Ce travail fait méthodiquement
conduit à réaliser de véritables boîtes
à outils de gènes qui, réutilisés individuellement
ou assemblés en chaînes, permettent de construire artificiellement
des êtres vivants nouveaux, dont les propriétés
pourraient être utiles.
Le
concours international organisé par le MIT en novembre 2006
(International Genetically Engineered Machine Competition
ou iGEM) a permis à des dizaines d'équipes, dont certaines
composées d'étudiants, de confronter leurs créations.
Ainsi a été présenté une culture de
e.coli qui, loin de sentir mauvais comme il est d'usage
dans cette sympathique espèce, sentait la banane, après
importation de gènes provenant de ce non moins sympathique
fruit. Au-delà de ces exemples qui paraîtront anecdotiques,
on mesure l'extraordinaire puissance future (voire les risques à
conjurer) de la biologie synthétique.
Pour en
savoir plus
http://www.technologyreview.com/read_article.aspx?id=17716&ch=biotech
L'interconnexion
des neurones visuels chez la mouche
Jean-Paul Baquiast 16/01.07
Une mouche volant dans un corridor modifie constamment l'environnement
perçu par ses yeux, puis par son cerveau. A ce niveau, une
aire visuelle dite Lobula analyse les informations reçues
afin de contrôler et corriger en retour le vol de la mouche.
Ce processus apparemment complexe résulte en réalité
d'une connexion directe entre deux neurones, le HSE à droite
et le H2-Zelle à gauche.
C'est ce qu'on montré des
chercheurs du Max Planck Institute for Neurobiology à Martinsried
près de Munich, au terme d'expérimentations dont la
difficulté n'échappera pas.
Le modèle de communication mis en évidence ne sera
pas sans doute utilisable pour expliquer l'intégration des
données visuelles dans les cortex des animaux plus complexes,
mais elle pourra au moins servir à proposer des algorithmes
implémentables dans des appareils techniques, notamment des
robots. On voit donc l'intérêt considérable
de telles recherches.
Pour en savoir plus
Article
de presse du Max Plank Institute de Neurobiologie
Une
probable mise en évidence de la matière noire
Jean-Paul
Baquiast 11/01/07
Comme
l'a dit un membre du COSMOS Survey, regarder l'univers avec les
instruments dont nous disposons équivaut à photographier
une ville de nuit. On ne voit que les fenêtres éclairées
et les lampadaires. L'essentiel de la matière de la ville,
les immeubles, les rues, les fenêtres non éclairées,
n'est pas visible. Aujourd'hui, quand on observe le ciel, on n'identifie
que les étoiles et les corps célestes émetteurs
de rayonnements radio. On ne peut pas apercevoir l'essentiel de
la structure de l'univers, composée de ce que l'on nomme
désormais avec de plus en plus d'insistance la matière
noire. Celle-ci, pour des raisons mystérieuses, demeure encore
invisible. Pourtant elle n'est pas loin de nous et fait sentir ses
effets gravitationnels en permanence. Ce serait elle en effet qui
maintiendrait la cohésion des galaxies, dont la masse calculée
au vu des étoiles qui la composent, ne serait pas suffisante
pour compenser la force centrifuge de dispersion due à leur
rotation. Comment progresser dans la connaissance de cette matière
noire ?
Pour
répondre à cette question, l'une des plus fondamentale
de la cosmologie moderne, une équipe internationale vient
de publier des résultats qui paraîtront peut-être,
avec quelques années de recul, véritablement révolutionnaires.
Un groupe international de chercheurs américains, allemands
et français a réalisé indirectement une carte
de la matière noire correspondant à une petite portion
du ciel. Ce travail a été réalisé dans
le cadre d'un programme de surveillance du ciel (COSMOS) confié
aux caméras du télescope spatial Hubble.
Cinq
cent soixante-quinze images à haute résolution de
cette région ont été prises. Elles révèlent
non pas la matière noire mais les déformations de
trajectoire, relevant du principe de la lentille gravitationnelle,
que sa présence en amas impose à la lumière
des étoiles la traversant (astigmatisme cosmique).
Le groupe a obtenu une représentation en 3 dimensions décrivant
des formations de matière invisible reliées entre
elles par un réseau de filaments (image ci-contre), tout
comme l'est la matière observable et lumineuse de l'Univers.
La vue obtenue ressemble alors à ce que serait une photo
de la ville évoquée ci-dessus, mais prise de jour,
avec tous les détails visibles. La carte produite est dérivée
d'une observation plus étendue réalisée par
le télescope Hubble, le Cosmic Evolution Survey (COSMOS),
sous la direction d'une équipe internationale de 70 astronomes
encadrés par le Dr Nick Scoville, de Caltech.
Le
COSMOS Survey a couvert une surface suffisamment étendue
(9 fois la surface de la pleine lune) pour faire apparaître
les grandes structures filamenteuses de la matière noire.
Pour donner la vision en 3D, les observations de Hubble ont été
combinées avec celles du Very Large Telescope européen
et avec des images fournies par le télescope Subaru du Japon
et le télescope franco-canadien-hawaïen de Hawaï.
Cette carte, qui visualise des structures remontant à la
moitié de l'âge de l'univers, permet également
de comprendre l'évolution de la matière noire, qui
s'agglomérerait en amas avec le temps sous l'effet de la
gravité. De même, elle révèlerait les
processus de formation des galaxies influencés par la présence
de cette matière noire.
De
plus, la mise en évidence de la création des amas
donne des informations sur l'énergie noire, qui exerce une
force de répulsion s'opposant à la force gravitationnelle.
La combinaison de ces deux forces produirait la répartition
de matière visible et de matière noire telle qu'elle
résulte des observations. Tout ceci conforte les hypothèses
actuelles relatives à la formation des structures en amas
de l'univers, ayant fait suite à la répartition homogène
de matière caractérisant l'univers primordial.
Ces résultats, et d'autres que nous ne résumons pas
ici, on été publié dans le numéro en
ligne de Nature du 7 janvier 2007. Les auteurs en sont R.Massey
(CalTech), J.Rhodes (JPL and CalTech), R.Ellis (CalTech), N.Scoville
(CalTech), A.Leauthaud (Laboratoire d'Astrophysique de Marseille),
A.Finoguenov (Max-Planck Institute), P.Capak (CalTech), D.Bacon
(Institute for Astronomy in Edinburgh), H.Aussel (Service d'Astrophysique),
J.P. Kneib (Laboratoire d'Astrophysique de Marseille), A.Koekemoer
(STsI), H.McCracken (Institut d'Astrophysique de Paris), B.Mobasher
(STsI), S.Pires (Service d'Astrophysique), A.Refregier (Service
d'Astrophysique), S.Sasaki (Physics Department Ehime University),
J.L. Starck (Service d'Astrophysique), Y.Taniguchi (Ehime University)
& J.Taylor (Department of Physics and Astronomy, Univ. of Waterloo).
Pour
en savoir plus
Article de l'ESA : http://www.esa.int/esaCP/SEMZ6GSVYVE_index_0.html
NanoBioTact,
projet européen de réalisation du premier doigt artificiel
sensoriel
Christophe Jacquemin 03/01/07 (Source
partielle : CORDIS)
À
l'aube du XXIe siècle, les avancées scientifiques
les plus significatives devraient intervenir à la croisée
des limites entre des disciplines scientifiques et d'ingénierie
auparavant séparées, telles que les nano- et biotechnologies,
l'informatique et les sciences cognitives (NBIC). On parle ici de
sciences convergentes. Cette
approche offre par exemple un potentiel de nouvelles solutions pour
améliorer la santé et la qualité de vie des
personnes souffrant de handicaps tels que l'absence d'un membre,
par exemple.
Dans
ce cadre, signalons le projet NanoBioTact, financé par l'UE
à hauteur de trois millions d'euros dans le cadre du 7e
PCRD, qui vise au développement d'un «doigt biomimétique».
Ce dernier doit poser les jalons de futures prothèses de
mains renvoyant des informations sensorielles à son utilisateur.
Coordonné par Mike Adams de l'université de Birmingham,
ce projet d'une durée de 3 ans va regrouper un groupe de
recherche pluridisciplinaire unissant l'université et l'industrie(1),
notamment Unilever.
En travaillant aux frontières des connaissances en nanotechnologie,
neurologie, robotique et science des matériaux, les partenaires
du projet auront pour objectif la conception d'un doigt articulé
artificiel pouvant être connecté directement au système
nerveux central pour donner à l'utilisateur la sensation
du toucher.
Le
projet s'appuiera sur des travaux de recherche antérieurs
concernant l'intégration au système nerveux de signaux
fournis par des capteurs synthétiques [projet Cyberhand,
récemment terminé (2)].
«Si des progrès très significatifs ont été
faits concernant la liaison des membres artificiels au corps humain
et la connexion directe de ce type d'information avec les terminaisons
nerveuses, les prothèses actuelles sont équipées
de transducteurs ayant une force relativement rudimentaire, dérivée
de la robotique ; elles sont conçues pour aider la personne
à saisir une tasse à café en polystyrène
sans la renverser. Mais elles ne sont pas faites pour reproduire
le toucher tactile »,
explique Mike Adams.Le traitement des signaux sera le plus grand
défi du projet».
Ainsi
va notamment être développée toute une série
de capteurs nanométriques de type MEMS (micro-electro-mechanical
systems) qui imiteront la résolution spatiale, la sensibilité
et la dynamique des capteurs tactiles neuronaux humains. Atteindre
ces objectifs nécessitera la compréhension scientifique
des mécanorécepteurs découverts chez l'homme
et le codage neuronal de plusieurs milliers d'actions accomplies
pendant une expérience tactile. Ces capteurs biomimétiques
tactiles trouveront de nombreuses applications, y compris dans le
secteur des membres artificiels à détection et contrôle
à interface neuronale, de la robotique à commande
contrôlée et des environnements de formation à
la réalité virtuelle.
L'amélioration de la compréhension du système
tactile humain permettra aussi de mieux traiter les patients souffrant
d'un déficit des fonctions neurologiques .
Les partenaires
du projet devraient fournir le doigt biomimétique d'ici trois
ans.
(1) Groupant la Scuola Superiore
Sant'Anna de Pise (Italie) pour les aspects robotiques, l'Université
Gothenburg (Suède) pour les expertises en neuroscience, l'Université
de Birmingham (Grande-Bretagne) pour la science des matériaux,
l'Université de Louvain (Belgique) pour la psychophysique,
(étude de la façon dont le cerveau manipule les entrées
provenant des capteurs synthétiques), la société
Rockfield Software LDT (Grande Bretagne) pour la modélisation
par éléments finis des mécanismes, l'Université
de Munich (Allemagne) pour les études concernant le traitement
des signaux.
(2) Ce projet coordonné
par le Scuola Superiore Sant'Anna à Pise visait la réalisation
d'une prothèse de main directement liée au système
nerveux central, plutôt que commandée par les potentiels
électriques produits par des cellules musculaires. [Voir
http://www.cyberhand.org/].
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