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Février 2007
La
plus petite voiture à hydrogène du monde
Christophe
Jacquemin 22/02/07
Voici
H-Racer, la plus petite voiture à hydrogène du monde.
Avec son moteur électrique mû par une pile à
combustible (PAC) alimentée à l'hydrogène,
ce modèle vient nous montrer ce que peut être le futur
non polluant de l'automobile : un pot d'échappement qui rejette...
de l'eau pure (sous forme de vapeur d'eau)..
Mais pour l'instant, ce modèle conçu à Shangaï
par Horizon Fuel Cell Technologies n'est qu'un modèle réduit,
que l'on peut piloter grâce à une télécommande.
Mesurant
16 cm de long pour 7 de large, H-Racer peut être acheté
sur internet. L'ensemble contient le châssis de la voiture,
la voiture, la télécommande, le cylindre de stockage
d'hydrogène, la valve d'entrée pour le ravitaillement
en combustible, la pile à combustible et, à la différence
des vraies voitures à hydrogène, la station de ravitaillement
(équipée d'un panneau solaire) qui va avec. L'hydrogène
y est produit par décomposition chimique de l'eau avec l'apport
de l'énergie solaire. Le gaz récupéré
est ensuite trasnmis à la voiture via un tube de plastique.
Aucun danger d'explosion ou d'incendie : le réservoir ne
contient qu'une très petite quantité d'hydrogène,
permettant au prototype de rouler sur une centaine de mètres.
Ensuite, il faut recharger...
Voici un jouet éducatif qui permettra au jeunes (et aux moins
jeunes) de bien comprendre le fonctionnement des futurs voitures
qui devraient peupler nos routes d'ici une dizaine d'années.
Prix de vente : 115 dollars (hors frais de port, sur le site
d'Horizon Fuel Cell) ; autour de 150 euros (hors frais de port,
par exemple sur le site imaginascience).
Pour
en savoir plus :
Film de démonstration
Site
d' Horizon Fuel Cell
Site
d'Imaginascience
Les
filaments mycéliens, autoroutes souterrains pour les bactéries
Christophe
Jacquemin -
16/02/07
L'équipe
de Lukas Y. Wick du Centre Helmholtz de recherche en environnement
(UFZ) de Leipzig (Allemagne) vient de montrer que les filaments
mycéliens jouaient dans le sol un bien plus grand rôle
dans la dissémination des bactéries que ce que l'on
suspectait jusqu'à présent. Ces travaux publiés
récemment dans la Revue Environmental Science & Technology(1)
sont une véritable première : ils montrent que
des bactéries peuvent se déplacer sur de grandes distances
dans le sol, en empruntant les drôles d'autoroutes que constitue
la membrane de ces filaments.
Sachant que l'air et un manque d'humidité créent une
barrière à la mobilité des bactéries
dans le sol (frein à leur pénétration jusqu'à
des substrats souillés par les polluants par exemple), les
expériences menées par les chercheurs montrent que
favoriser ces "voyages autoroutiers champignonesques"
pourraient aider à accélérer la remédiation
de la terre souillée, en utilisant les bactéries qui
décomposent les substances nocives.

Filaments mycéliens de fusarim oxysporum dans le sol,
vus au microscope à balayge laser © Dr. Thomas Neu/UFZ
Il
faut savoir que les champignons font partie des plus gros producteurs
de biomasse et un seul gramme de terre arable peut contenir jusqu'à
100 mètres de réseau de filaments mycéliens,
chaque filament présentant un diamètre de l'ordre
de 10 micromètres, soit un septième de celui d'un
cheveu humain
Pour
prouver que des bactéries pouvaient se déplacer dans
le sol le long de ces réseaux fongiques, les chercheurs ont
reconstitué un sol artificiel composé, de haut en
bas, du polluant, d'une couche de séparation avec des billes
de verre, de terre non contaminée et de bactéries
Pseudomonas putida(2). Par le chimiotactisme(3), celles-ci
donc dû traverser toutes ces couches avant de parvenir au
phénanthrène, un hydrocarbure aromatique polycyclique
produit par la combustion (stations services, gaz d'échappement,
feux de forêt, fumée de cigarette, vieilles usines
à gaz municipales...).
Le
fait d'obliger Pseudomonas putida à lutter contre
la gravité pour atteindre le polluant permet d'éliminer
l'hypothèse selon laquelle ces microorganismes pourraient
être transportés par l'eau présente dans les
sols.
Ainsi, lors de cette expérience, les bactéries ont
atteint l'hydrocarbure seulement dans les zones où un réseau
de champignons était présent. Dans l'expérience
parallèle identique sans mycélium, les bactéries
ne pouvaient pas surmonter les barrières.
Si
un seul type de bactéries a été employé
dans l'expérience modèle, il faut savoir qu'il existe
un nombre innombrable de bactéries différentes dans
la nature. Pour lesquelles d'entre elles y-a-t-il un avantage à
être mobiles ? Les scientifiques n'en sont pas encore à
avoir compris l'ensemble des processus présents dans le sol...
Le but des chercheurs est maintenant de modéliser des paysages
microbiens et d'étudier les effets obtenus sous l'influence
de différents facteurs.
(1) "Effect
of Fungal Hyphae on the Access of Bacteria to Phenanthrene in Soil",
Environ. Sci. Technol. 2007, 41, pages 500-505.
(2) Bactéries avides d'hydrocarbures, dont elles décomposent
les composés de carbone pour produire l'énergie et
les substances dont elles ont besoin pour vivre.
(3) Fait que les bactéries mesurent la concentration de
leur produit chimique cible et se déplacent alors là
où la concentration est en est plus haute automatique. Une
espèce de pilotage automatique, en quelque sorte.
Pour
en savoir plus :
Communiqué de presse du Centre Helmholtz de recherche en
environnement (Helmholtz Centre for Environmental Reserch (UFZ)
: http://www.ufz.de/index.php?en=10837
Insectes
en pilotage automatique
Christophe
Jacquemin -
14/02/07
Une
équipe de chercheurs dirigée par Nicholas a découvert
à l'aide d'un robot volant spécialement conçu
comment les insectes volants se servent d'indices visuels pour s'envoler,
maintenir leur altitude et se poser. Financés
par l'UE au titre du cinquième programme-cadre et le Centre
national français de la recherche scientifique (CNRS), ces
travaux sont publiés par le magazine Current Biology(1).
Tout
comme le pilote humain, l'insecte utilise sa vision pour se piloter
dans les airs. Les signaux électriques issus de son il
à facettes excitent, par l'intermédiaire de neurones
spécialisés, les muscles des ailes permettant à
l'animal de redresser son vol et d'éviter les crashs. Ces
mêmes neurones seraient-ils impliqués dans une sorte
de « pilote automatique » ? C'est ce que viennent de
démontrer Nicolas Franceschini, Franck Ruffier et Julien
Serres, spécialistes de biorobotique au laboratoire Mouvement
et perception (CNRS/Université de la Méditerranée)
à Marseille, en mettant en évidence un automatisme
appelé « régulateur de flux optique »
(FO) commandant la force de sustentation. Pour arriver à
ces résultats, les chercheurs ont modélisé
la navigation d'un insecte au dessus du sol à partir d'expériences
réalisées sur le robot volant OCTAVE, un micro-hélicoptère
captif qui parvient à reproduire nombre de comportements
naturels énigmatiques.
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| OCTAVE
est un hélicoptère captif de 100 grammes doté
de vision. Son il ventral observe le relief survolé
à 3m/s et mesure le flux optique de translation grâce
à un neurone détecteur de mouvement (de masse
0,8 gramme) dérivé de la mouche. Né dune
formalisation du comportement visuomoteur du moustique et du
criquet migrateur, son pilote automatique innovant (qui a donné
naissance à un brevet CNRS) est un « régulateur
de flux optique », qui lui permet de réaliser des
prouesses telles quun décollage automatique, un
suivi de terrain automatique, un atterrissage automatique, ainsi
quune réaction sensée à des perturbations
telles quun vent de face ou un vent arrière |
Ainsi, malgré l'absence d'intruments sophistiqués
tels que ceux utilisés par les pilotes humains, les insectes
et autres animaux volants peuvent contrôler leur hauteur au-dessus
du sol.
Lorsqu'un
insecte vole vers l'avant, l'image du sol en dessous de lui défile
vers l'arrière à travers son champ visuel à
une vitesse qui est inversement proportionnelle à la hauteur
de l'insecte au-dessus du sol. En d'autres termes, le sol semble
se déplacer plus rapidement à faible altitude qu'à
grande altitude. Les chercheurs ont émis l'hypothèse
que les insectes sont munis d'un régulateur interne de flux
optique qui utilise une boucle de retour pour évaluer le
rapport entre la vitesse du sol et la hauteur et ils ont installé
un tel système dans leur micro-hélicoptère.
Grâce à ce système, si le sol semble se déplacer
trop lentement, l'insecte descend jusqu'à ce que le sol défile
à la vitesse optimale d'après son régulateur
de FO, et s'il se déplace trop vite, l'insecte s'élève.
Les
chercheurs ont constaté que le robot reproduisait de nombreux
schémas du comportement de vol des insectes qui ont été
observés au fil des années. Ainsi, lorsque des papillons
migrateurs doivent traverser un canyon, ils ne se contentent pas
de le survoler, mais ils descendent le long d'un flanc, ils traversent
le fond et ils remontent ensuite le long de l'autre flanc. De même,
s'ils doivent survoler un obstacle tel qu'une forêt, leur
hauteur par-dessus les arbres est identique à leur hauteur
précédente par rapport au sol.
Le
modèle du FO explique également pourquoi les insectes
volent plus bas lorsqu'ils font face à un vent contraire.
Ce vent provoque une diminution de la vitesse apparente du sol,
de sorte que les insectes descendent jusqu'à ce que le sol
semble se déplacer à la vitesse «appropriée»
d'après leur régulateur de FO. À l'inverse,
un vent arrière a pour effet que le sol semble se déplacer
à une vitesse supérieure, de sorte que les insectes
compensent en s'élevant. De telles réactions au vent
ont été maintes fois décrites chez les insectes
et même chez les oiseaux. Ces phénomènes ont
été pareillement observées sur le micro-hélicoptère,
chaque fois qu'il se retrouve face à un vent produit artificiellement
en laboratoire, confortant l'idée que les êtres ailés
sont équipés d'un régulateur de flux optique.
Le
système n'est toutefois pas infaillible. Dans les années
1960, une étude a ainsi constaté que les abeilles
qui volent au-dessus d'une surface d'eau plane ont tendance à
voler de plus en plus bas jusqu'à ce qu'elles plongent tout
droit dans l'eau. Lorsque l'eau ondule, par contre, elles réussissent
sans difficulté à maintenir une altitude appropriée.
Mais dans la présente étude, les auteurs expliquent
que ce phénomène est dû à ce qu'une eau
parfaitement immobile ne procure pas d'éléments contrastants
aux yeux des abeilles et que, partant, les capteurs de FO ne réagissent
plus. Il en résulte un signal d'erreur négatif dans
le système, qui amène l'insecte à descendre
jusqu'à ce qu'il heurte l'eau. «Une tendance tout aussi
catastrophique s'est manifestée avec le MH [micro-hélicoptère]
lorsque nous avons introduit une absence de contraste au niveau
du sol», remarquent les chercheurs.
Le
décollage et l'atterrissage peuvent également être
réalisés au moyen du régulateur de FO. Au décollage,
le basculement du nez de l'hélicoptère vers l'avant
provoque une augmentation de la vitesse du sol, ce qui déclenche
une ascension, et à l'atterrissage, le basculement du nez
de l'hélicoptère vers l'arrière engendre un
ralentissement, et en conséquence, une descente.
«Notre
procédé de contrôle explique comment les insectes
parviennent à voler en toute sécurité sans
les instruments utilisés à bord des avions pour mesurer
l'altitude, la vitesse de défilement du sol et la vitesse
de descente», écrivent les chercheurs. «Un régulateur
de flux optique est relativement simple au niveau de sa mise en
oeuvre nerveuse et il est tout aussi approprié pour les insectes
qu'il le serait pour un avion.»
A
la base de ces comportements étonnants se trouvent, cachés
dans le cockpit de l'insecte, des neurones détecteurs de
mouvement qui sont de véritables capteurs de flux optique.
L'équipe en a patiemment déchiffré le fonctionnement
au moyen de microélectrodes ultrafines (un millième
de millimètre de diamètre) et d'un microscope spécial
construit à cet effet. Ils en ont ensuite transcrit le principe
en un microcircuit électronique, dont la version la plus
récente ne pèse que 0,2 gramme. C'est ce neurone qui
fait l'essentiel du travail à bord de leur micro-hélicoptère.
 |
| Mouche
équipée d'une «laisse» de microélectrodes
permettant d'enregistrer l'activité de certains neurones
visuels durant la locomotion. |
Ces
travaux illustrent le double enjeu, fondamental et appliqué,
de cette science innovante, appelée biorobotique et que l'équipe
marseillaise a initiée dès 1985. La méthode
consiste à s'aider de reconstructions robotiques pour tester
des principes biologiques, perçus d'abord de manière
confuse. Un va-et-vient permanent entre biologie et robotique permet
ensuite d'affiner la compréhension de ces principes cachés,
sous-jacents au comportement animal. Des principes qui ont fait
leurs preuves depuis des millions d'années et qui sont susceptibles
d'être appliqués aujourd'hui à l'aérospatial,
tant sont cruciales les phases où un aéronef ou un
module spatial navigue à proximité du sol.
Les
chercheurs ont déposé avec le CNRS un brevet international
sur «le pilote automatique de la mouche».
(1) Nicholas
Franceschini & al. "A
bio-inspired flying robot sheds light on insect piloting abilities",
Curent Biology vol 17 n°4, February 20, 2007.
Pour en savoir
plus :
Page personnelle de Nicholas Farnceschini : http://www.laps.univ-mrs.fr/...
Les
MAVs ou Micro Air Vehicles
JP.Baquiast
- 13/02/07
Les
Israéliens étudient des micro-robots volants, de la
taille d'un frelon, capables de réaliser de nombreuses tâches,
depuis la reconnaissance jusqu'à la "délivrance"
de micro-explosifs ou de produits chimiques incapacitants sur le
corps-même des combattants ennemis. D'ores et déjà,
les Forces Spéciales britanniques en Afghanistan utilisent
des MAV de quelques centimètres nommés WASP pour l'observation.
Ceux-ci coûtent 3.000 dollars, sont presque silencieux et
sont dirigés par l'équivalent d'une console de jeu.
Une version offensive, dotée d'une tête explosive,
est destinée à neutraliser les snipers. Les Etats-Unis,
de leur côté, fomentent des plans ambitieux dans ce
domaine, comme le confirme Fred Davis, directeur technique de la
Assessment and Demonstrations Division à l'"Air Force
Research Laboratory Munitions Directorate de la base d'Eglin. Il
s'agira, là encore, de s'en prendre aux personnels ou aux
points faibles des véhicules, tels les pneus.
On
voit que la guerre technologique n'est pas proche de s'arrêter,
même si les "insurgés conventionnels" multiplient
les procédés permettant de neutraliser les senseurs
sophistiqués. Le progrès est en marche, des deux côtés.
On voit bien que la guerre reste le meilleur agent du progrès
technologique. C'est une banalité de rappeler que sans la
guerre de 1914-18, nous en serions peut-être restés
au dirigeable.
NB:
les images présentées montrent des systèmes
déjà anciens, non équipés d'intelligence
robotique évoluée. Le web est riche en sources sur
ces sujets.
Pour
en savoir plus
Article de Wired : http://www.wired.com/news/technology/0,72543-0.html?tw=wn_index_1
Article de Micro robots israéliens : http://abcnews.go.com/Technology/wireStory?id=2660621
Nanotechnologies
: l'ingénierie moléculaire est peut-être en
vue
JP.Baquiast
- 13/02/07
On
sait que l'obstacle principal au développement des nanotechnologies,
pour le meilleur ou pour le pire, tient à l'impossibilité
de réaliser d'une façon automatique l'assemblage des
atomes afin de fabriquer des nano-objets. Il faut encore manipuler
les atomes quasiment un par un. Le rêve de l'ingénierie
moléculaire grâce à laquelle les atomes requis
s'assembleraient d'eux-mêmes paraissait encore loin... tout
au moins jusqu'à ces derniers jours. Car selon une information
diffusée par le Center for Responsible Nanotechnology (américain),
un projet scientifique britannique serait sur la voie d'une importante
percée.
Il
s'agit du programme de recherche "IDEAS (Factory on the
Software Control of Matter)" soutenu par l'"UK
Engineering and Physical Sciences Research Council. Un objectif
présenté comme révolutionnaire, "ground-breaking"
y est poursuivi. Il s'agit, globalement, de réaliser un compilateur
de matière, "matter
compiler", qui pourrait construire des nano-objets à
l'échelle atomique sous le contrôle d'un ordinateur.
A partir de cela, il deviendrait possible de mettre en place des
nano-usines fabriquant des nano-produits à grande échelle.
Les nano-usines elles-mêmes généreraient en
série de nouvelles nano-usines de plus en plus productives.
Des applications à grande échelle deviendraient alors
envisageables à des coûts accessibles (voir
notre présentation du livre "Nanotechnologies"
de Yann de Kérorguen).
Le
CRN est dans son rôle de signaler cette perspective et d'appeler
à une réflexion approfondie sur la question. "If,
as expected, nanofactories can be used to build more nanofactories,
then the impacts on society may be extreme," said Mike Treder,
CRN Executive Director. "From remarkable advances in health
care, environmental repair, and poverty reduction, to severe economic
disruption, political upheaval, and the possibility of a new arms
race: all these implications and more must be understood. Now it
appears that our time to prepare is getting shorter."
Pour
notre part, nous ne démentirons pas le CRN. Il faut se préparer
à l'éventualité. Une petite observation s'impose
cependant. En tant qu'Européens, nous ne pouvons que nous
réjouir de voir le "breakthrough" se produire
en Europe, si c'est le cas. Le CRN manifesterait-il la même
inquiétude si un programme analogue, financé par la
Darpa et conduit secrètement aux Etats-Unis, était
sur le point d'aboutir ? Ce qui est sans doute d'ailleurs le cas
sans que nous le sachions.
Pour
en savoir plus
Le communiqué
du CRN : http://crnano.org/PR-IDEAS.htm
Qu'est-ce que l'usine moléculaire IDEAS (IDEAS factory) :
http://www.epsrc.ac.uk/ResearchFunding/Programmes/Cross-EPSRCActivities/IDEASFactory/default.htm
Surprenantes
promesses de l'énergie géothermique
JP.Baquiast
- 12/02/07
Un
rapport surprenant du MIT publié le 20 janvier 2007 (image:
le Pr Jefferson Tester, Meissner Professor of Chemical Engineering
au MIT, responsable en chef du rapport) démontre que
faire appel à l'énergie géothermique pourrait
résoudre, à court terme et à des coûts
non supérieurs à ceux imposés par les énergies
fossiles, l'ensemble des besoins en énergie des Etats-Unis.
La solution est relativement simple. Elle consiste à injecter
de l'eau dans les couches chaudes, à une profondeur moyenne
de 10 km, et à utiliser la vapeur ainsi produite dans des
turbines. Les ressources de chaleur disponibles (l'eau étant
récupérée en grande partie) pourraient assurer
la consommation énergétique actuelle des Etats-Unis
(27 trillions de kwH) pendant 2 millénaires. La technologie
nécessaire existe déjà. Rien n'imposerait dans
ces conditions de restrictions à la consommation énergétique,
puisque cette énergie serait absolument propre, notamment
en termes de production de gaz à effet de serre (GES).
La
question de bon sens consiste alors à se demander pourquoi
l'administration américaine ne s'engage pas immédiatement
dans cette voie? Sans doute parce que l'industrie pétrolière
y perdrait - au moins momentanément et le temps qu'elle se
reconvertisse, une partie de son pouvoir économique et de
ses perspectives de profit actuels.
Concernant
l'Europe et les autres pays en mal d'énergie, on peut penser
que la géothermie "lourde" ainsi comprise pourrait
aussi offrir des solutions intéressantes. Le feu de la terre
n'est pas près de s'éteindre.
Pour
en savoir plus
Présentation du rapport : http://web.mit.edu/newsoffice/2007/geothermal.html
Le
rapport de 400 pages : http://geothermal.inel.gov/publications/future_of_geothermal_energy.pdf
Possible
intérêt du dichloroacétate dans le traitement
du cancer
JP.Baquiast
- 12/02/07
Nous n'abordons pas en général les questions médicales,
sauf celles susceptibles de présenter un intérêt
plus général. C'est le cas semble-t-il d'une information
diffusée par le NewScientist du 20 janvier 2007, p 13 (http://www.newscientist.com/channel/health/mg19325874.700-cheap-safe-drug-kills-most-cancers.html)
concernant l'effet du Dichloroacetate (DCA) sur les cellules cancéreuses,
suite à des expériences menées par l'équipe
du Dr Michelakis à Edmonton. Le DCA aurait la propriété
de réactiver la production d'énergie par les mitochondries
des cellules cancéreuses, en réactivant en même
temps la fonction de mort programmée de la cellule (apoptose)
dont ces mitochondries sont par ailleurs responsables. Dans le modèle
proposé par les auteurs de l'étude, les cellules cancéreuses
se caractérisent par une défaillance de leurs mitochondries
et font appel pour s'oxygéner à une fonction de remplacement,
la glycolyse. Mais de ce fait, elles se rendent aussi immortelles
puisqu'elles ne remplacent pas le mécanisme de l'apoptose.
.
Le problème est que le DCA n'a jamais été testé
sur des humains et présente de nombreux caractères
toxiques. Un correspondant du journal, un certain Ralph Moss, www.cancerdecisions.com
a expliqué le 7 février qu'il était imprudent
de générer des espoirs prématurés par
une telle annonce. Il nous semble cependant que la question devrait
être explorée, même si, comme l'affirme le NewScientist,
les usages thérapeutiques de DCA n'intéressent pas
les firmes pharmaceutiques, du fait qu'il s'agit d'une molécule
ancienne non brevetable.
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