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Mai-juin-juillet-août
2010
Réseau
d'information de l'INIST
15/08/2010 
Marc
Guichard, responsable du réseau d'information de l'INIST,
Institut
National de l'Information Scientifique et Technique,
rattaché au CNRS, dispose désormais d'un site Twitter
pour une information rapide des communautés scientifiques.
http://twitter.com/marcguichard
Nouvelle
grave menace épidémique
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 15/08/2010

Des
bactéries très résistantes aux antibiotiques,
présentes en Inde et au Pakistan, ont fait leur apparition
au Royaume-Uni. Cette diffusion d'un gène bactérien
de résistance serait liée aux voyages et au tourisme
médical. Le potentiel de cette résistance "à
constituer un problème pour la santé publique dans
le monde est grand et une surveillance internationale coordonnée
est nécessaire", estime l'équipe de
chercheurs dirigée par le Dr Karthikeyan Kumarasamy, de l'université
de Madras (Chennai, Inde), qui publient les résultats de
leur enquête dans un article mis en ligne mercredi 11 août
sur The Lancet (voir lien ci-dessous)
Les
phénomènes de résistances croissantes aux antibiotiques
conventionnels affectaient jusqu'ici surtout les bactéries
de type Gram positif. C'était le cas des staphylocoques dorés
résistants à la méticilline et les entérocoques
résistants à la vancomycine. On sait ainsi qu'un ou
plusieurs staphylocoques multi-résistants ont été
identifiés et provoquent des infections profondément
délabrantes, sans qu'il soit aisé de les éliminer.
Cependant, de plus en plus de bactéries du type Gram négatif
sont aujourd'hui concernées par le phénomène.
Or il y a moins de nouveaux antibiotiques ou d'antibiotiques en
développement actifs contre les bactéries Gram négatif,
et les programmes de médicaments paraissent insuffisants
pour fournir une couverture thérapeutique dans les dix à
vingt ans, constatent les auteurs de l'article du Lancet.
C'est
le cas pour la famille des entérobactéries, parmi
lesquelles les plus connues sont Escherichia coli (colibacille),
responsable entre autres d'infections urinaires ou génitales,
et Klebsiella pneumoniae pouvant générer des détresses
respiratoires graves. Ces deux bactéries figurent parmi les
causes les plus importantes d'infections nosocomiales ou dans la
population générale.
En 2009, des chercheurs avaient pour la première fois identifié
un gène conférant une résistance sur des klebsielles
et des Escherichia coli sur un patient suédois qui avait
été hospitalisé en Inde. Ce gène code
pour une enzyme appelée "New Delhi métallo-bêta-lactamase
1" (NMD-1). L'enzyme inactive certains antibiotiques et
en particulier la famille des carbapénèmes, qui sont
à ce jour les antibiotiques de dernier recours pour les entérobactéries
multirésistantes.
Karthikeyan Kumarasamy et ses collègues ont enquêté
sur la prévalence de ce gène dans des prélèvements
bactériens effectués dans plusieurs pays. NMD-1 a
été retrouvé dans plusieurs sites en Inde,
ainsi qu'au Pakistan et au Royaume-Uni. Il était présent
principalement dans des klebsielles et des Escherichia coli très
résistantes à tous les antibiotiques - sauf deux utilisés
dans des circonstances exceptionnelles, la tigécycline et
la colistine. Les klebsielles isolées à Haryana, dans
le nord de l'Inde, présentent des aptitudes à provoquer
des flambées épidémiques.
L'aggravation prévisible du problème posé par
les résistances bactériennes induites par la NDM-1
est un scénario "très préoccupant",
indiquent les auteurs, qui se disent encore plus inquiets du fait
que la plupart des isolats indiens "provenaient d'infections
extra-hospitalières", ce qui pourrait signifier que
le gène responsable est répandu dans l'environnement.
Certes, les précautions utilisées contre de telles
infections: lavage de mains, éviter légumes frais
et glaces, etc., restent et sont plus que jamais nécessaire,
mais dans des pays à forte densité humaine elles sont
difficiles à appliquer.
Le tourisme médical est par ailleurs à incriminer,
concernant la contamination sous forme de maladies nosocomiales.
Les liens historiques entre l'Inde et le Royaume-Uni expliquent
que ce dernier soit le premier pays occidental où soient
retrouvées de manière importante des bactéries
productrices de NMD-1. Ce d'autant que que de plus en plus de patients
européens viennent subir des interventions chirurgicales
ou des implantations dentaires en Inde ou au Pakistan. "Il
est perturbant, dans ce contexte, de lire dans la presse populaire
des articles conseillant aux patients de se rendre en Inde pour
faire faire des économies au service de santé britannique,
écrivent les chercheurs. Comme le montrent nos données,
une telle proposition pourrait coûter à la collectivité
bien plus que les économies réalisées à
court terme."
Face à ce nouveau risque, la mise en place de systèmes
de veille sanitaire mondialisés devient essentielle. Mais
cela nécessite des infrastructures difficiles à monter
dans les pays émergent. Et cest là que lOMS
devrait jouer son rôle de gouvernance mondiale de la santé.
Or l'Inde, soucieuse de protéger son tourisme médical,
vient officiellement de protester. Elle se plaint d'être stigmatisée,
ne fut-ce que par le nom donné au nouveau gène, New
Dheli. La crise issue des suspicions de conflits dintérêts
dans le cadre de la grippe H1N1 risquent de ne pas faciliter laction
de lagence des Nations Unies.
Question
aux généticiens
Au
plan biologique, il nous semble que des précisions devraient
être données par les chercheurs. Les bactéries
résistantes, à notre connaissance, n'apparaissent
pas selon les processus de la sélection darwinienne, selon
laquelle lorsqu'un nouvelle individu acquiert par mutation un gène
favorable à sa survie (un gène résistant aux
antibiotiques en l'espèce), il supplante très rapidement
ceux qui n'ont pas bénéficié de telles mutations.
En l'espèce, il semble que le gène NDM-1 se déplace
au sein des populations de bactéries, en les envahissant
comme pourrait le faire un virus et en leur conférant ainsi
l'immunité. Ceci rappelle pour le non-spécialiste
qu'est l'auteur de la présente brève - le mécanisme
des gènes dits sauteurs et des pools de gènes qui
avaient été à l'origine de la diversification
des premières bactéries et archéa il y a 4
milliards d'années. Nous aimerions qu'un de nos lecteurs
nous aide à préciser ce point.
Pour
en savoir plus
Article de The
Lancet
http://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099%2810%2970143-2/fulltext
Le
colza transgénique américain prend la clé des
champs
Christophe Jacquemin - 07/08/2010 
Les
plants de colza transgénique prennent la clé des champs
pour se propager hors des zones cultivées.
86% des plants de colza collectés entre le 4 juin et le 23
juillet dernier au bord des routes du Dakota du nord se sont révélés
être porteur d'au moins un gène conférant une
capacité de résistance à un herbicide total
: c'est ce que révèle une étude menée
par une équipe scientifique dirigée par Cynthia Sagers
(université de l'Arkansas) présentée le 6 août
dernier (information notamment relayée par le site de
la revue "Nature").
L'équipe a parcouru 5400 kilomètres de routes, avec
un arrêt tous les 8 kilomètres pour examiner une bande
de 50 mètres carrés sur les bas-côtés
et compter les plans de colza.
Deux de ces plants revenus à "l'état sauvage"
portaient chacun deux gènes de protection contre le glyfosate
(herbicide que l'on trouve dans le Roundup commercialisé
par Monsento) mais aussi contre le glufosinate, herbicide produit
notamment par Bayer. Or un tel colza "double résistance"
n'existe pas dans le commerce. Cela signifie que des croisements
dans la nature ont "inventé" un nouvel OGM.
Ces
découvertes (qui ne surprendront pas les spécialistes)
ne sont vraiment pas une bonne nouvelle. Le colza conventionnel
disperse facilement ses graines et a tendance à faire des
repousses, ce qui est un inconvénient pour la rotation des
cultures... Or la forme transgénique du colza aurait encore
plus de latitude pour coloniser d'autres territoires, surtout là
où le glyfosate et le glufosinate tuent les plantes concurrentes.
Mais
il y a encore plus grave : le colza peut s'hybrider naturellement
avec une dizaine de mauvaises herbes présentes sur le sol
américain. Il paraît inévitable que ces croisements
confèrent à ces "indésirables" une
protection contre les herbicides.
Rappelons que l'on compte deux millions d'hectares de colza transgénique
cultivés aux Etats-Unis.
Notons que tout le monde sur cette planète n'est pas forcément
idiot : ces considérations avaient conduit la Commission
du génie biomoléculaire à donner en 2003 un
avis défavorable à la culture de colza transgénique
en France.
Pour
en savoir plus
Voir aussi le
site de Nature : http://www.nature.com/news/2010/
100806/full/news.2010.393.html
Geoengineering
: la grande tromperie
Jean-Paul Baquiast 06/08/2010 

De
plus en plus de spécialistes du climat et des sciences de
l'atmosphère dénoncent l'escroquerie intellectuelle
à laquelle se livrent les groupes de pression militant pour
des interventions lourdes susceptibles de ralentir le réchauffement
du climat. Il s'agit de ce que l'on nomme la géoingénierie.
Assez curieusement ceux qui militent en faveur de ces interventions
appartiennent aux mêmes organismes et clubs qui nient le réchauffement,
qu'il soit d'origine humaine ou dû à des causes naturelles,
telles que les variations périodiques dans l'activité
du soleil. Mais l'occasion d'obtenir de fructueux contrats est trop
belle pour être négligée.
Un des projets de géoingénierie les plus en vogue
consisterait à injecter du dioxyde de soufre ou anhydride
sulfureux SO2 dans la stratosphère. Les défenseurs
de cette idée indiquent que le coût en serait infime
par rapport à celui que représentent les investissements
destinés à réduire les émissions de
CO2. De plus, celles-ci, en cas de succès, pourraient reprendre
comme avant, pour le plus grand profit des industries de l'énergie
fossile.
Un minimum d'esprit critique montre qu'un tel projet serait en fait
véritablement criminel, car il ferait courir à la
Terre des dangers imparables. D'une part, on ne sait pas exactement
quelles seraient les retombées, immédiatement ou à
terme, d'une telle injection. Le SO2 n'est pas un gaz inoffensif.
Par ailleurs et surtout, dans la mesure où, en cas de succès
même temporaire, les émissions de CO2 reprendraient
de plus belle, l'humanité serait ensuite condamnée
à poursuivre les injections de SO2 indéfiniment, puisque
les arrêter ferait immédiatement remonter les taux
de CO2 bien au delà des normes considérées
comme ne devant pas être dépassées.
Plus généralement, il serait scandaleux qu'un groupe
de financiers ou d'industriels prennent la décision de leur
propre chef de modifier l'atmosphère terrestre, qu'il s'agisse
de faire appel au SO2 ou de n'importe quelle autre des techniques
proposées par eux. Il en serait de même si la décision
était prise par un petit nombre d'Etats. Or il se trouve
que la Russie étudie cette perspective très sérieusement.
Elle pourrait prendre prétexte des incendies actuels, dévastant
ses provinces occidentales, pour procéder à des essais
de grande ampleur. Un conseiller du Premier ministre Poutine, un
certain Yuri Israël, a déjà obtenu l'autorisation
de procéder à un épandage d'aérosol
à partir d'un hélicoptère.
Aux Etats-Unis, Bill Gates et Richard Branson soutiennent des projets
analogues. Bill Gates, à travers sa fondation, finance une
firme nommée Intellectual Ventures qui propose le processus
dit Stratoshield. Quant à Branson, il anime plusieurs projets
« commerciaux » destinés à « combattre
le réchauffement » à travers notamment
le site « Carbon War room ». D'avance ils
y récusent les protestations prévisibles des environnementalistes
et des authentiques scientifiques du climat. Le discours y est extrêmement
pernicieux. Sous prétexte d'engager la guerre contre les
industries des énergies fossiles, le site propose des solutions
« market driven » dont ils visent à
détenir les capitaux. Or celles-ci ne pourraient être
envisagées sans des études et des débats sérieux
impliquant notamment les grandes institutions internationales.
Peut-être
sera-ce en faveur de tels projets que les milliardaires américains
qui viennent de décider d'affecter à des fondations
la moitié de leurs fortunes, consacreront-ils leurs économies.
Charité bien ordonnée commence par soi-même.
Notre photo: incendies sur Moscou vus par le satellite Envisat
http://www.esa.int/esaCP/SEMSE82O9CG_France_0.html
Intellectual Ventures http://www.intellectualventures.com/Home.aspx
Carbon War Room website http://www.carbonwarroom.com/
Mission
Planck de l'ESA. Premier succès
Jean-Paul Baquiast - 04/08/2010 
La
mission Planck de lESA vient de livrer sa première
image de lensemble du ciel. Elle apporter un nouvel éclairage
sur la façon dont les étoiles et les galaxies se sont
formées. Elle fournit aussi de nouveaux indices sur la façon
dont, selon les hypothèses actuelles, lUnivers lui-même
se serait créé après le Big Bang.
Pour
interpréter le cliché ci-dessous, on se référera
au site de l'ESA
http://www.esa.int/esaCP/SEMD4JRZ5BG_France_0.html

ITER
Jean-Paul Baquiast - 28/07/2010 
Du
26 au 29 juillet, France Culture a consacré une série
passionnante de chroniques à Winston Churchill. Voilà
bien l'homme de détermination, de clairvoyance et de communication
dont l'Europe aurait aujourd'hui besoin. La situation de l'Europe
s'aggravant inexorablement dans l'avenir fera peut-être émerger
un tel homme (une telle femme). Malheureusement on n'en voit pas
aujourd'hui l'esquisse de l'esquisse. Mieux vaut alors attirer l'attention
sur un projet qui, comme le fait déjà son presque
homologue le grand collisionneur de hadrons du Cern, pourrait au
mieux incarner le rôle international que l'Europe devrait
jouer dans le monde. Malheureusement, pour bien faire, de ces projets,
il en faudrait une bonne dizaine d'autres analogues.
Après
révision, les sept partenaires du projet nucléaire
Iter réunis à Cadarache depuis le 27 juillet, viennent
de confirmer le périmètre du projet, son calendrier
et ses financements. La Commission européenne a proposé
le 20 juillet aux gouvernements de l'Union de couvrir le surcoût
de financement de 1,4 milliard d'euros à charge de l'Union
européenne pour le réacteur en 2012-2013 grâce
à des fonds non utilisés du budget commun. Cette révision
a été rendue nécessaire par l'augmentation
globale du coût d'Iter tel qu'évalué initialement.
Cette augmentation était prévisible parce qu'inévitable.
Ce ne sera certainement pas la seule. Mais elle ne justifiait pas
que l'Europe renonçât au projet, dont elle finance
45% du coût.
L'exemple
du LHC (Large Hadron Collider - Grand collisionneur de hadrons)
précité, dont les scientifiques célèbrent
cet été à qui mieux mieux les premiers succès
expérimentaux, montre en effet les gains directs et indirects
que peut procurer un tel ensemble aux pays qui l'accueillent. Il
s'agit bien d'une machine à produire en grande quantité
du capital cognitif (pour reprendre l'expression de l'économiste
Yann Moulier Boutang cité ici par ailleurs). Les retombées
en seront nécessairement très nombreuses et importantes,
même si elles ne sont pas prévisibles aujourd'hui.
Rappelons
que ce projet encore expérimental vise à faire de
la fusion thermonucléaire une source d'énergie illimitée
et plus propre que la fission de noyaux d'atomes lourds des centrales
nucléaires actuelles. Compte tenu des raisons indiquées
ci-dessus, et même si pour des raisons diverses il ne tient
pas toutes ses promesses, il aura pendant 20 ou 30 ans enrichi les
Européens et leurs partenaires, mieux qu'aucun autre grand
programme envisageable à ce jour sauf évidemment
les programmes lunaires et martiens dont l'Europe malheureusement
est encore pratiquement absente. Il faudrait à l'Europe la
grande voix d'un Winston Churchill pour le faire entendre.
Recul
américain sur le contrôle des gaz à effet de
serre
Jean-Paul Baquiast - 25/07/2010 
Une
nouvelle fois, Barack Obama va décevoir ceux qui le voyaient
animé d'une inébranlable volonté de réforme.
En l'espèce, il s'agit aujourd'hui de la question des mesures
contraignantes destinées à limiter les émissions
de gaz à effet de serre.
Sous
la pression des sénateurs républicains, suivis en
cela par les démocrates, le Sénat va renoncer à
voter le système de marchés d'émission dit
"cap and trade", même sous la version atténuée
qui avait été adoptée. Le poids des lobbies
pétroliers et industriels est tel que l'Administration va
très probablement décider de s'incliner. Devant les
représentants du monde entier, Barack Obama devrait alors
aborder la conférence des Nations unies sur le climat à
Cancun (Mexique), fin novembre, sans pouvoir confirmer les engagements
pris à Copenhague fin 2009.
Cette
façon de faire est en permanence celle des Etats-Unis. Sous
la pression des événements et des opinions publiques,
le Président Obama prend des positions conciliatrices que
les représentants et sénateurs désavouent ensuite.
L'administration, généralement, s'incline. Ceci introduit
un manque de fiabilité dans les engagements diplomatiques
américains auquel sont habitués depuis longtemps les
partenaires des Etats-Unis. Il n'y a plus guère que les Européens
naïfs qui prennent encore aux mots les promesses de réforme
annoncées par les présidents successifs. L'électoralisme,
renforcé par la corruption pratiquée par les intérêts
industriels à l'égard des élus est tel que
la corporatocratie américaine continue imperturbablement
à mettre le monde en danger sans que rien ne puisse l'arrêter.
L'Administration
va donc très probablement devoir renoncer au projet de loi
en quatre parties qu'elle avait présenté, portant
sur le contrôle des forages pétroliers, le développement
des énergies renouvelables, les incitations fiscales pour
réduire la consommation d'énergie et l'introduction
d'un marché d'émission dit aussi de «droit à
polluer». Même si les écologistes contestent
l'efficacité de ce dernier volet, qu'il préférerait
voir remplacer par des systèmes de taxes carbone, même
si le "cap and trade" avait été restreint
au secteur électrique, il s'agissait pourtant d'une avancée
notable. L'obligation pour le secteur énergétique
d'utiliser au moins 10 % d'énergie renouvelable sera également
abandonnée. On voit qu'il s'agit d'un recul général
devant ce qu'il faut bien appeler les pollueurs. L'objectif de réduction
des émissions de CO2 de 17 % d'ici à 2020
par rapport à 2005, et de 80 % d'ici à 205, adoptée
en 2009 par la Chambre des représentants, ne pourra donc
pas être tenu.
Les
écologistes espèrent que Barack Obama va passer par
la voie réglementaire: l'EPA, l'agence pour la protection
de l'environnement, déciderait de réductions obligatoires
par décret. Mais cette solution, à laquelle les républicains
s'opposent, ne pourrait conduire qu'à l'adoption d'un texte
dont l'ambition serait de réduire de 14 % au maximum les
émissions américaines, sinon même de stabiliser
les émissions en l'état actuel. Quand on connaît
l'importance des émissions américaines au regard de
celles du reste du monde, on conçoit que le mauvais exemple
donné par les Etats-Unis aura un effet dévastateur
à l'égard des contraintes que les Nations Unies voudraient
imposer aux autres gros pollueurs.
Si
les Européens (nous employons ce terme par routine sans savoir
exactement quel pouvoir politique nous pourrions mettre derrière
l'expression) avaient un minimum de réactivité, ils
profiteraient de ce recul américain pour combler le vide.
Barack Obama avait fait du développement des énergies
nouvelles la base d'une "nouvelle croissance durable".
Grâce aux centaines de milliards de dollars attendus, la vente
des permis d'émission devait lui permettre de financer le
développement des énergies alternatives, ainsi que
de réduire le déficit budgétaire. L'Europe
aurait là une occasion exceptionnelle pour redéfinir
sa politique énergétique dans le sens précisément
que l'Amérique abandonne, celui d'une nouvelle croissance
durable.
Ajoutons
un point qui n'est pas que de détail : n'en déplaise
aux écologistes radicaux, on ne comprend toujours pas pourquoi
la France ne tente pas de faire reconnaître son industrie
électro-nucléaire comme relevant des «énergies
renouvelables» dont l'Europe devrait se faire le champion,
ceci d'autant plus que d'autres gouvernements européens sont
en train de relancer le nucléaire. Cela ne les empêcherait
pas, quoi que l'on dise, de financer des énergies vertes.
Rosetta
: premier grand succès
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 12/07/2010 
Le
vaisseau spatial Rosetta a parfaitement réalisé la
première partie de sa mission. Il s'agissait, en route pour
la comète Churyumov-Gerasimenko, d'observer de près
l'astéroïde Lutetia. Le survol à une distance
de 3 000 km et à la vitesse relative de 54 000 km/h, s'est
remarquablement bien passé, le 10 juillet 2010 à 17h45
CEST (Central European Summer Time).
Rosetta était alors à 450 millions de km de la Terre.
Il faut souligner la part prise par le German Aerospace Center ainsi
que plus particulièrement le DLR Institute of Planetary Research
et le Max Planck Institute for Solar System Research (MPS) dans
toute cette mission, menée dans le cadre de l'Esa.
Plusieurs instruments ont été utilisés pour
observer Lutetia : OSIRIS pour l'obtention d'images avec une résolution
de 50 m par pixel, le Visible and Infrared Thermal Imaging Spectrometer
(VIRTIS) destiné à mesurer la composition et la température
de surface et les instruments du Rosetta Plasma consortium (RPC)
destinés à observer les champs plasmiques et peut-être
magnétique entourant l'astéroïde.
Le diamètre de celui-ci est de 100 km. Sa surface est particulièrement
tourmentée.
Rosetta est dorénavant mise en sommeil relatif, pendant deux
ans et et demi. Elle sera réactivée en mai 2014, en
vue de l'atterrissage sur la comète. Elle avait déjà
survolé l'astéroïde Steins en septembre 2008.
Si cette mission extrêmement audacieuse réussit, on
pourra féliciter ses promoteurs, qui l'avaient conçue
il y a environ 30 ans.
Comme quoi l'espace exige longueur de vue et persévérance.
Pour
en savoir plus
DLR Institute
of Planetary Research : http://www.dlr.de/pf/en/
MPS
: http://www.mps.mpg.de/
RPC
: http://www3.imperial.ac.uk/spat/research/////ahomepage/rosetta_rpc
Lumières
sur la rétroprogrammation
des cellules adultes en cellules souches
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 09/07/2010 
Les
cellules souches sont devenues indispensables pour de nombreuses
applications thérapeutiques. La méthode la plus couramment
utilisée, parce que la plus simple au plan des manipulations,
consiste à en prélever des spécimens sur des
embryons aux premiers stades de leur développement. Mais
aux yeux d'un certain nombre de moralistes, il est plus éthique
de produire des cellules souches en «reprogrammant»
des cellules adultes par un processus de rétroingénierie
permettant d'obtenir des cellules souches redevenues non différenciées
et pluripotentes. Si par ailleurs ces cellules souches ou les tissus
obtenus après leur re-spécialisation sont utilisées
au profit de l'individu fournisseur de la cellule adulte, le risque
de rejet est très atténué.
La difficulté de la rétro-programmation, qui fait
appel à des techniques complexes, tient à ce que peu
des cellules adultes soumises à ce processus ne redeviennent
des cellules souches viables. De plus on ignorait jusqu'ici par
quels mécanismes complexes elles le faisaient. Connaître
ces processus donnera beaucoup plus de sécurité à
la production et à l'emploi des cellules souches reprogrammées
à partir de l'adulte.
Or une avancée importante semble avoir été
obtenue sur ce dernier point par des chercheurs de l'Université
de Tel Aviv, financés en grande partie par une organisation
américaine dite American Friends of Tel Aviv University (http://www.aftau.org).
Une équipe dirigée par le Dr. Iftach Nachman du TAU's
Department of Biochemistry a réussi à visualiser les
différentes phases de la production de cellules souches à
partir d'une cellule adulte. Ceci permettra de mieux comprendre
comment apparaissent ces nouvelles cellules et éventuellement
de choisir celles présentant les meilleures chances de réussite.
L'annonce montre à la fois l'excellent qualité des
recherches menées dans les universités israéliennes,
notamment celle de Tel Aviv et aussi l'étroite coopération
existant entre les chercheurs américains et les chercheurs
israéliens, ceux-ci pouvant être dans une certaine
mesure considérés comme des délocalisations
des laboratoires américains.
Notons que cette collaboration s'exerce bien plus encore dans les
technologies de défense que dans les domaines de la biologie.
*
http://www.eurekalert.org/pub_releases/2010-06/afot-tbt062910.php
Solar
Impulse
Jean-Paul Baquiast - 08/07/2010

Après
un vol de 26 heures uniquement propulsé par l'énergie
solaire et ses batteries, l'avion expérimental Solar Impulse
a atterri sans encombre le 8 juillet. L'appareil,
piloté par André Borschberg, a touché la piste
de la base militaire de Payerne, dans l'ouest de la Suisse.
Bertrand Piccard, explorateur et fondateur du projet Solar Impulse,
estime avoir réussi une démonstration sans faille
conduisant, selon son expression, à la "technologie
du vol perpétuel". Le prototype avait décollé
mercredi matin et a poursuivi sans interruption son vol de nuit,
prolongeant même l'expérience au-delà des 25
heures prévues : une première pour l'appareil et l'équipe.
L'objectif est
désormais d'effectuer d'autres essais pour calibrer la machine
et finalement construire un deuxième exemplaire qui devra
fera le tour du monde en cinq étapes vers 2013.
Il faut saluer
ce grand succès de l'équipe suisse, soutenue par des
contributions nombreuses des industriels helvètes. On saluera
aussi le courage du pilote. Car un accident pouvait très
bien se produire, y compris de nuit et à haute altitude,
où le saut en parachute reste risqué.
Certains s'interrogeront
sur l'intérêt réel de cette réalisation.
On ne verra jamais, diront-ils, de gros porteur utiliser les technologies
ainsi développées. Raisonner ainsi serait faire montre
de courte vue. On aurait pu dire la même chose à Wright
ou à Blériot en leur temps. La marche de l'évolution
est chaotique. Parions que les retombées du Solar Impulse
seront nombreuses dans quelques années. Dommage que rien
de tel ne soit encouragé, que ce soit en France ou dans d'autres
pays européens.
A
consulter :
Le site http://www.solarimpulse.com/
On y trouve de nombreuses informations techniques.
Première
photographie d'une exoplanète
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 06/07/2010 
Si
en 2008, et pour la première fois, une planète extérieure
au système solaire (dite exoplanète) a été
photographiée en lumière visible, orbitant autour
de son soleil, l'équipe de découvreurs a attendu 2
ans pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une aberration d'observation.
Jusqu'à présent la présence de telles planètes
n'était révélée que par les faibles
éclipses qu'elles imposaient à la lumière de
leur étoile, en passant entre elle et la Terre. Les astronomes
estiment qu'avec le progrès attendu des super-télescope
dont l'installation est prévue dans les 20 prochaines années,
de tels clichés directs deviendront courants, au moins dans
la galaxie proche. Peut-être même sera-t-il possible
de distinguer des détails sur les corps planétaires
ainsi observés, plutôt que devoir se limiter à
un point lumineux, comme c'est le cas aujourd'hui.
La nouvelle planète aurait une masse égale à
8 fois celle de Jupiter. Il s'agirait donc d'une géante gazeuse.
L'étoile pour sa part aurait une masse d'approximativement
85% de celle du Soleil. Elle se trouve à quelques 500 années
lumières de la Terre, dans un groupe de jeunes étoiles
dite Association du Scorpion Supérieur, formé il y
a seulement 5 millions d'années... à l'époque
où apparaissaient les premiers hominidés. Il s'agit
donc d'astres très jeunes.
La planète aurait une température supérieure
à 1500° C, bien supérieure à celle de Jupiter,
dont le nuage extérieur est approximativement à
110 °. C'est le jeune âge de cette planète qui
expliquerait sa température. Elle doit être encore
en phase de contraction sous l'influence des forces de gravité.
Elle ne devrait atteindre une température normale (analogue
à celle de Jupiter) que dans quelques milliards d'années.
Les deux chercheurs principalement responsables de la découverte
sont le Dr. David Lafrenière, université de Montreal
et le Pr Ray
Jayawardhana, de l'université de Toronto. L'article
cité ci-dessous rapporte l'histoire de leur découverte,
et commente les péripéties à la suite desquelles,
après une première observation faite en 2008, la planète,
baptisée 1RXS J160929.1-210524 a été définitivement
identifiée comme telle. Son observation donnera de précieux
indices relatifs aux mécanismes de formation des systèmes
stellaires jeunes.
L'observation initiale a été réalisée
à l'observatoire Gemini. Ses deux télescopes disposent
d'optiques adaptatives indispensables pour la précision requise.
L'observatoire Gemini est le fruit d'une collaboration internationale
associant 2 télescopes identiques de 8m, l'un à Mauna
Kea, Hawaii, l'autre à Cerro Pachon, Chili. Depuis 2008,
d'autres planètes auraient été observées
directement, mais dans des conditions d'identification plus difficiles.
Un prochain article de The Astrophysical Journal précisera
ces différents points.
Sur le cliché ci-dessus, la planète 1RXS J160929.1
se présente comme un faible point lumineux au NNW de l'image
de son étoile, à la marge.
Pour en savoir
plus
Communiqué
émanant du Gemini Observatory : http://www.gemini.edu/node/11486
Les
centenaires disposeraient de gènes spécifiques
dits "promoteurs de longévité"
Jean-Paul Baquiast - 06/07/2010 
La
revue Science publie une étude réalisée
par un groupe de chercheurs de l'Université de Boston, portant
sur le profil génétique de personnes très âgées
(centenaires). Ces centenaires se révèlent en bonne
santé jusqu'à des âges avancés, 93 ans
en moyenne. Ils ne devraient pas cela à l'absence de variants
génétiques supposés induire des maladies chroniques
ou dégénératives. Sur ce plan ils ne sont pas
mieux lotis que les autres individus. Par contre, ils disposeraient
d'un nombre d'ailleurs réduit de variants génétiques
spécifiques, supposés être des promoteurs de
longévité. Ces gènes combattraient l'influence
des gènes inducteurs de morbidités.
On mesure l'importance d'une telle découverte, si elle était
confirmée. Que sont exactement ces gènes ? Comment
agissent-ils ? Le mode de vie du sujet a-t-il une influence sur
leur expression ? Comment se servir des tests génétiques
les mettant en évidence pour prédire les durées
de vie et, parallèlement, invalider les prévisions
de probabilité de mortalité résultant des tests
actuels qui reposent sur l'identification de variants associés
à la morbidité ? Dernière question enfin :
pourrait-on introduire de tels gènes dans les génomes
de sujets jeunes ? Il serait évidemment nécessaire
aussi de voir si les animaux comportent des gènes inducteurs
de longévité analogues.
Pour en savoir
plus
Article de Technology
Review :
http://www.technologyreview.com/biomedicine/25693/?ref=rss&a=f
Article de Science
:
http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/science.1190532
Bilan
de la pandémie de grippe H1N1
Jean-Paul Baquiast
- 06/07/2010 
Le
bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 29
juin 2010 de l'Institut de veille sanitaire (InVS) revient longuement
sur le déroulement de la pandémie H1N1 et les enseignements
à tirer de cette expérience inédite dans
lhistoire de la santé publique moderne.
Il
sagit dun numéro triple (n°24-25-26) de 32
pages avec plusieurs thèmes abordés. http://www.invs.sante.fr/display/?doc=beh/2010/24_25_26/index.htm
Il débute
par léditorial de la Directrice de lInVS Françoise
Weber qui revient dabord sur les aspects contrastés
de cette épidémie :
«Lépidémie
a donc été peu grave pour le plus grand nombre. En
comparaison de la grippe saisonnière, elle a, cependant,
été dexpression clinique plus sévère
pour une partie des malades et a touché une population beaucoup
plus jeune.»
«Lexpérience
nous invite maintenant, surtout pour un virus aussi susceptible
de varier que le virus grippal, à élargir encore la
palette de nos scenarii, tout en prenant en compte le fait quune
pandémie peut être tout à fait bénigne
dans la majorité de la population mais se révéler
dune gravité particulière dans certains de ses
sous-groupes, porteurs ou non de facteurs de risque.»
Ce
document qui semble aussi objectif et scientifique que possible
devrait être lu par tous. On rappellera que la grippe est
toujours là et que les prochaines campagnes de vaccination
ne devront pas forcément être négligées.
On
trouvera un commentaire mesuré de ce document sur Agoravox,
signé Guennebaud, mathématicien, ancien chercheur
au CNRS
http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/bilan-de-l-institut-de-veille-77976
Sur
le même site Joël de Rosnay et Bernard Etcheparre comparent
le principe de précaution au principe dattrition, ou
du risque subi au risque choisi. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/du-principe-de-precaution-au-77992.
Disons qu'à notre avis, en matière de pandémie,
aucune société développée ne devrait
consciemment prendre le parti du risque choisi, si elle peut éviter
de le faire
Des
organismes pluricellulaires apparus voici 2,1 milliards d'années
?
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 02/07/2010 

Image : Albani et Mazurier CNRS. Reconstruction virtuelle (par
microtomographie) de la morphologie externe (à gauche) et
interne (à droite) d'un spécimen fossile du site gabonais
Selon une étude publiée par le CNRS, des organismes
pluricellulaires seraient apparus voici 2,1 milliards d'années,
c'est-à-dire jusqu'à 1,5 milliard d'années
plus tôt que scientifiquement attesté jusque là.
La
découverte est annoncée dans le dernier numéro
de la revue Nature. Selon des experts également cités
dans ce numéro, elle "pose plus de questions qu'elle
n'apporte de réponses" (voir liens ci-dessous)
L'auteur
principal de l'étude est le chercheur Abderrazak El Albani
de l'Université de Poitiers. Avec une équipe internationale,
il a découvert au Gabon plus de 250 fossiles de 7 millimètres
à 12 cm de longueur qui pourraient faire remonter l'apparition
des organismes multicellulaires à plus d'1 milliard d'années
en arrière par rapport à ce qu'on pensait.
Rappelons
que les premiers organismes vivants identifiés, voici plus
de 2 milliards d'années, étaient des cellules sans
noyau, dites procaryotes. Il s'agissaqit de bactéries et
d'archées. Sont venues ensuite des cellules dites eucaryotes
dotées d'une membrane et d'un noyau abritant les chromosomes.
Les formes de vie pluricellulaires sont constituées de cellules
eucaryotes. Jusqu'à la récente découverte,
c'est le fossile Grypania spiralis, datant d'environ 1,6 milliard
d'années qui était considéré comme l'ancêtre
identifié des multicellulaires.
Avec
les fossiles retrouvés sur le site de Franceville au Gabon,
l'existence des eucaryotes pluricellulaires aurait débuté
voici 2,1 milliards d'années et non 1,6 milliard comme supposé
avec Grypania. De taille trop grande pour être les résidus
de simples unicellulaires primitifs, les contours des fossiles évoquent,
selon Abderrazak El Albani, les formes d'organismes vivant en suspension
dans l'eau ou tout près du fond océanique.
Mais
d'ores et déjà des paléontologues discutent
cette découverte. "Interpréter réellement
des anciens fossiles est une affaire particulièrement difficile",
selon Philip Donoghue (Université de Bristol, Grande-Bretagne)
et Jonathan Antcliffe dans un commentaire publié dans Nature,
référencé ci-dessous.
A
supposer que la découverte soit authentifiée, on devine
qu'elle posera de nombreuses questions: ces organismes étaient-ils
photosynthétiques et sinon de quoi tiraient-ils leur énergie
(à une époque où l'oxygène était
encore très rare)? Sont-ils apparus seulement là et
pour quelle raison précise ? Pourquoi ne se sont-ils pas
répandus à grande vitesse comme leurs successeurs
de la faune du Burgess? Il conviendra en tous cas, comme le recommande
El Albani, de protéger le site des nombreux curieux et pilleurs
qui vont s'y abattre.
Nous
nous efforcerons de vous informer des suites de l'affaire, aujourd'hui
présentée par les médias comme révolutionnaire.
Pour en savoir
plus
Nature
: http://www.nature.com/nature/journal/v466/n7302/covers/index.html
Discussion : http://www.nature.com/nature/journal/v466/n7302/full/466041a.html
Discussion
dans NatureNews
Article de Wired
: http://www.wired.com/wiredscience/2010/06/early-multicellularity/
Sur
Grypania spiralis, voir http://en.wikipedia.org/wiki/Grypania
Le
vol V196 d'Ariane 5 le 27 juin, deuxième lancement de l'année
Source ESA - 29/06/2010 
Le
27 juin 2010, le lanceur lourd Ariane 5 a placé comme prévu
deux nouveaux satellites sur leurs orbites de transfert: le satellite
de télécommunication Arabsat 5A et le satellite multi-missions
sud -coréen COMS.
L'orbite
visée avait une altitude de 250 km en périgée
et 35.958 km en apogée. Elle était inclinée
de 2° sur l'équateur. Les satellites y furent injectés
respectivement 26 minutes et 32 minutes après le décollage.
Arabsat-5A
sera positionné sur une orbite géostationnaire au
dessus de l'équateur à 30°5 E. en vue d'assurer
des services de télécommunications et de retransmission
de TV sur le Moyen Orient et l'Afrique du Nord. COMS, en orbite
géostationnaire à 128°, 3 E, embarque 3 instruments
dédiés à la météorologie, l'observation
des océans et les télécommunications.
La
charge utile emportée pour ce vol était de 8.393 kg
au total.
Arianespace
et la base de Kourou ont planifié 5 autres lancements du
lanceur lourd en 2010.
Pour les curieux et les poètes, voici le chronométrage
des opérations de lancement:
temps t: mise à feu du moteur principal cryogénique
temps t + 7 sec : mise à feu des propulseurs auxiliaires
(boosters) à carburant solide
temps t + 8 sec: décollage
temps t + 2min 20 sec : séparation d'avec les boosters
temps t + 3min 9 sec: séparation d'avec la coiffe protectrice
temps t + 8 min 55 sec: extinction du moteur principal
temps t + 9 min 03 sec: séparation du moteur principal d'avec
le 3e étage et la charge
temps t + 9 min 07 sec: mise à feu du moteur cryogénique
du 3e étage
temps t + 24 min 40 sec: extinction du moteur du 3e étage.
A ce moment le lanceur avait atteint la vitesse de 33.898 km/h et
l'altitude de 581,8 km soit l'orbite de transfert
temps t + 26 min 9 sec: séparation d'avec Arabsat-5A
temps t + 32 min 38 sec: séparation d'avec COMS
temps t + 49 min 52 sec: fin officielle du vol. Congratulations
dans la salle de contrôle.
Calcul
Haute performance. La Darpa vise le quintillion (1,000,000,000,000,000,000)
d'opérations
par seconde
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 29/06/2010 
Nous
avons relaté [voir
ci-dessous notre actualité du 14/06]
le projet chinois visant à dépasser le pétaflop
en matière de calculateur dits "extra scale" ou
haute performance. Comme prévisible, le département
de la défense américain n'allait pas rester en arrière.
La Darpa dispose déjà ou disposera prochainement d'une
série de systèmes dits Omnipresent High Performance
Computing (OHPC).
Ceux-ci
visent à réduire, tant par le hardware, le software
que par les algorithmes, le besoin en ressources-machines, en temps
et complexité de programmation, en sécurité,
etc. Au delà, ces systèmes recherchent à développer
les capacités d'auto-gestion et auto-réparation à
tous les niveaux.
Les
progrès en ce sens recherché par les ordinateurs actuels
reposent sur l'augmentation de la vitesse, la diminution des besoins
en énergie et la densification des positions de mémoire
dans les transistors. Mais ils se heurtent aujourd'hui à
un mur tenant à leur incompatibilité. L'augmentation
de la vitesse exige des intensités inacceptables de courant
et la réduction des voltages au contraire multiplie les risques
d'erreurs. Quant aux transistors, on connaît leurs limites
prévisibles. Les protocoles d'interconnexion enfin deviennent
si consommateurs qu'ils dépassent les coûts de la programmation.
Dans
le cadre de l'OHPC, la Darpa vise donc l'UHPC (Ubiquitous High Performance
Computing (UHPC) . Il s'agira de réaliser des architectures
et protocoles basses énergies pour les fonctions logiques,
les mémoires, l'accès aux données et leur transport.
On visera par ailleurs systématiquement l'auto-maintenance
et la sécurité à tous les niveaux. Le traitement
massivement parallèle sera privilégié. Un OS
« self aware » gérera les performance
temps réel, la fiabilité et les ressources système.
La Darpa espère disposer de prototype UHPC vers 2018.
Pour en savoir
plus
Article
de Network World http://www.networkworld.com/community/node/62808
OHPC
Appel d'offres
pour l'UHPC http://www.darpa.mil/tcto/solicitations/BAA-10-37.html
Le
robot Little Dog
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 20/06/2010 
Nous
avons déjà présenté sur ce site le robot
Big Dog de Boston Dymamics. Financé par la Darpa du ministère
américain de la défense, il s'agit d'un robot quadrupède
semi-autonome de la taille d'un âne. Il pourrait être
chargé de diverses missions militaires et civiles en terrain
varié, là où les véhicules à
roues seraient immobilisés.
Mais
la Darpa et General Dynamics ont voulu réaliser, dans le
même esprit, un robot plus petit, baptisé Little Dog.
Des chercheurs de l'Université de Californie du Sud l'ont
doté d'un plus grand nombre encore de capacités motrices.
Le
point important est que le robot dispose de capacités d'apprentissage
automatique lui permettant de s'adapter à des surfaces très
différentes et d'améliorer ainsi ses performances.
Plutôt que, comme Big Dog, tenter de se tirer de situations
périlleuses, Little Dog, plus malin, évite de se mettre
dans de telles situations.
Little
Dog pèse environ 2,5 kg et mesure 5 inches soit une douzaine
de cm. Il comporte, malgré cette taille réduite, une
gamme de divers sensors, 3 moteurs dans chaque jambe, une caméra
et le logiciel d'apprentissage (machine-learning algorithm). Il
s'agit comme on le voit d'un véritable chef d'oeuvre de miniaturisation,
montrant que les minis-robots très adaptatifs ont un grand
avenir devant eux.
Les
personnes impressionnables ne sont pas encouragées à
fréquenter ces créatures, ni Big Dog ni Little Dog.
Pour les non-avertis, comme le montrent les vidéos, il s'agit
de véritables cauchemars à pattes. Que feront nous
lorsque notre environnement sera envahi de semblables êtres,
plus intelligents en apparence que nous dans l'exploitation des
ressources du terrain... humains inclus ?
Pour en savoir plus
Big
dog : http://www.youtube.com/watch?v=W1czBcnX1Ww
Little
Dog : http://www.technologyreview.com/blog/editors/25248/
La
presse internationale découvre que le delta du Niger est
abondamment plus pollué que le golfe du Mexiquee
Jean-Paul Baquiast - 19/06/2010 
Il
fallait la pollution au large des côtes américaines,
et tout le mouvement d'opinion qui l'accompagne, pour que la presse
internationale (en fait quelques rares journaux) redécouvre
que ce phénomène est devenu depuis presque 50 ans
endémique dans le delta du Niger (Nigeria). Il met en cause
des quantités de pétrole bien supérieures,
réparties dans des zones humides tout aussi sensibles, et
avec des dégâts écologiques bien plus grands.
La seule différence est que la population locale y est par
milliers de personnes engluée et que nul ne s'en préoccupe.
D'après
les estimations actuelles, la quantité de brut répandu
et qui continue à se répandre dans le delta équivaut
à un Exxon Valdez chaque année. Il y a quelques mois,
un pipe appartenant à la Royal Dutch Shell s'est rompu et
n'a été réparé qu'après deux
mois. Il en fut de même d'un puits off shore appartenant à
Exxon Mobil. Mais plus généralement les conduites
et les équipements rouillés fuient à qui mieux
mieux, sans que les compagnies n'engagent les dépenses nécessaires
pour les réparer.
Elles
se donnent l'excuse d'un terrorisme latent, mené par divers
mouvements armés d'opposition. Mais lorsque ceux-ci deviennent
dangereux pour les bénéfices des compagnies, ils sont
repoussés. Quand leurs seules victimes sont les populations,
ils ne gênent plus personne.
Les
populations elles-mêmes n'ont aucun moyen de quitter les zones
détruites par le pétrole. Les pécheurs continuent
tant bien que mal à y pêcher, les femmes et enfants
à patauger dans les nappes... quand les femmes ne sont pas
violées par les gardes armés des compagnies.
La
zone fournit 10% des importations de brut américaines. Il
ne faut donc pas espérer que Barack Obama partira en guerre
contre les compagnies exploitant le pétrole nigérien
comme il l'a fait aux Etats-Unis. Les associations environnementalistes,
faiblement soutenues par les Nations-Unies, peuvent bien tenter
d'alerter l'opinion, rien ne se passe et rien dans l'avenir ne se
passera. Le pétrole et les lobbies politico-industriels pétroliers
représentent un cancer qui pourrit tout, à commencer
par les Etats et populations qui ont le malheur de détenir
des gisements.
(source New York Times)
Le
2e super-calculateur le plus rapide du monde est chinois
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 14/06/2010 
Un
super-calculateur baptisé le Dawning Nebulae et basé
au centre de calcul national de Shenzhen, en Chine, a été
reconnu comme le second calculateur le plus rapide du monde lors
de l'évaluation semestrielle mondiale des 500 machines les
plus rapides qui s'est tenue à l'International Supercomputer
Conference (ISC) de Hambourg en mai dernier. Sa vitesse est de 1,27
petaflops soit mille trillions (mille fois mille milliards) d'opérations
par seconde.
Le
super-calculateur le plus rapide du monde demeure le Cray Jaguar
basé au laboratoire national d'Oak Ridge dans le Tennessee.
Il a été mesuré à 1,75 petaflops. L'année
dernière, la Chine ne tenait que le 5e rang, avec une machine
installée au centre de calcul de Tianjin, aujourd'hui rétrogradée
au 7e rang.
Les
Etats-Unis demeurent dominants dans le domaine des super-calculateurs,
tant pour la fabrication que pour l'utilisation. Ils disposent de
282 des machines les plus rapides. Mais la Chine vise à les
rattraper puis les dépasser, avec des machines utilisants
des composants conçus et réalisés sans appel
aux productions étrangers. Ce n'est pas encore le cas du
Dawning Nebulae qui est basé sur des puces fournies par Intel
et Nvidia. Mais ils espèrent prendre le premier rang l'année
prochaine, avec un calculateur entièrement chinois. Pour
le moment, ils disposent d'un parc dont la puissance dépasse
celle de tous les super-calculateurs européens réunis.
Le
but à terme, tant pour la Chine que pour l'Amérique,
est d'obtenir entre 2018 et 2020 des machines mille fois plus rapides
que les plus rapides actuelles. Quand on sait le rôle essentiel
de ces calculateurs pour toutes les applications scientifiques et
industrielles, ceci pratiquement sans exceptions, on mesure les
ambitions de la Chine mais aussi la domination persistante des Etats-Unis,
face à un retard européen grandissant.
Pour
en savoir plus
L'ISC
de Hambourg en mai 2010 http://www.hpcwire.com/specialfeatures/isc09/features/Bigger-and-Better-ISC-Moves-to-Hamburg-41842587.html?page=1
Voir
aussi http://article.wn.com/view/2010/05/30/International_Supercomputing_Conference/
Changements
géostratégiques majeures possibles en Afghanistan
Jean-Paul Baquiast - 14/06/2010 

Selon Un article publié ce jour par le New York Times, des
géologues de l'armée américaine viennent de
confirmer une hypothèse qui avait été à
l'origine émise par des géologues soviétiques
du temps de l'occupation russe: des réserves considérables
de minéraux rares se trouveraient en Afghanistan. Mais il
ne s'agit peut-être pas d'une vraie nouvelle pour le Pentagone.
La connaissance de ces richesses expliquerait l'intérêt
si grand et ancien des Etats-Unis pour cette région ingrate.
Quoi
qu'il en soit, Il s'agirait de fer, cuivre, cobalt, or lithium et
autres terres rares indispensables aux industries de pointe, pour
une valeur estimée de mille milliards de dollars. Si l'annonce
se confirmait, on pourrait penser que leur exploitation pourrait
faire du pays un des centres miniers les plus riches du monde. Le
sort de l'Afghanistan, des Afghans et de la région toute
entière en serait transformé.
Pour
le moment, aucune infrastructure et aucun savoir faire n'existent
sur place. Il faudrait plusieurs années pour tirer profit
de ces gisements. Le gouvernement Karzaï, averti, semble réagir
avec prudence. Mais déjà les pays et entreprises intéressés
ne manquent pas pour se proposer de l' « aider ». Déjà
de grandes entreprises américaines du secteur, avec l'appui
du Pentagone, sont en train d'acquérir des points forts pour
de futures extractions. Les Chinois ne seront pas en reste. On peut
penser que les Chefs des zones tribales et les Talibans, de leur
côté, feront tout pour conserver la maîtrise
des zones minières et prélever leur part des profits
d'exploitation. Si l'économie du pays qui repose actuellement
sur le trafic du pavot, peut espérer être radicalement
transformée par l'exploitation de ces richesses, cela ne
se fera pas, dans le climat actuel, sans une recrudescence de corruptions,
combats et possiblement guerres avec les voisins. Plus immédiatement,
les experts font valoir les risques majeurs pour l'environnement
découlant d'extractions et de raffinages visant au profit
immédiat.
En
attendant, la nouvelle ne restera pas sans conséquences géopolitiques
immédiates. Barack Obama y verrait dit-on une façon
inespérée de sortir du guêpier afghan, c'est-à-dire
d'une guerre que de plus en plus de chroniqueurs sérieux
considèrent dorénavant comme perdue et nécessitant
un retrait immédiat (voir à cet égard un autre
article du New York Times "The
courage to leave").
Mais répétons-le, les conflits actuels ou potentiels
entre les Etats-Unis et l'ensemble des Etats de la région
pouvant prétendre à un titre ou un autre leur interdire
de monopoliser les richesses découvertes, comme ils l'ont
toujours fait des réserves pétrolières, ne
vont pas s'atténuer. Nous allons nous trouver de nouveau
dans un cas d'école illustrant l'effet structurant, dans
le bon ou mauvais sens du terme, des compétitions darwiniennes
entre ce que nous nommons les "corporatocraties anthropotechniques".
Sur
un plan plus immédiatement scientifique, cette affaire montre
le retard des technologies d'observation de la Terre dans la tâche
majeure visant à identifier les réserves minérales
des zones désertiques et inhabitées qui couvrent encore
l'essentiel des surfaces terrestres et sous-marines du globe. Mais
qui dit identification ne dit pas exploration aimable par des géologues
désintéressés. Il faut y voire l'amorce de
reconfiguration belliqueuse des frontières et des organisations
sociales au sein des pays concernés...et des autres.
Article du New-York Time
http://www.nytimes.com/2010/06/14/world/asia/14minerals.html
Nouvelles
avancées américaines vers l'ordinateur quantique biologique
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 03/06/2010 
Nous
avions signalé, dans un article intitulé "L'optimisation
de la fonction chlorophylienne à partir de processus quantiques
naturels" sur une petite
algue verte marine, la Chroomonas. Celle-ci dispose d'organes piégeant
les photons, nommés des antennes. Les antennes comportent
un tissu de molécules pigmentaires qui captent la lumière
à différentes longueurs d'onde. Plus vite l'énergie
lumineuse traversera l'antenne en activant les molécules
adéquates, plus vite elle pourra être utilisée
pour produire de l'énergie. On pensait jusque là que
le parcours des photons se faisait au hasard, avec une certaine
perte de temps et d'énergie. Mais l'équipe de Toronto
a pu montrer, en utilisant des techniques très précises,
que les antennes coordonnent le plus efficacement possible les transferts
d'énergie le long de plusieurs pigments moléculaires.
L'équivalent de q.bits sont produits et sondent l'état
des chemins possibles. Ils déterminent celui qui est le plus
rapide et qui permet de minimiser la perte d'énergie. La
cohérence quantique est maintenue à cette fin le temps
nécessaire, soit 400 femtosecondes (4 × 10-13 seconde)
le tout à la température de 21°C. Il s'agit d'un
temps très court mais suffisant, les distances à parcourir
étant infimes.
Ces
recherches avaient été initialisées par une
équipe américaine, en 2007, conduite par Graham Fleming
et Gregory Engel. Ils avaient déjà montré que
les Bacteriochlorophylles, des pigments photosynthétiques
présents dans les bactéries sulfureuses vertes pouvaient
exploiter la cohérence quantique pour optimiser le transfert
de l'énergie lumineuse absorbée.
Aujourd'hui
elles sont confirmées par une équipe du Lawrence Berkeley
National Laboratory et de l'université de Berkeley, incluant
Graham Fleming (photo, à droite Graham Fleming). L'équipe
montre que la protéine photosynthétique Fenna-Matthews-Olson
(FMO) présente dans les bactéries sulfureuses vertes
utilise l'intrication de photons persistant sur une durée
de quelques picosecondes pour transférer de la façon
la plus efficace possible, avant qu'elle ne se disperse, l'énergie
captée par les organes de la bactérie vers ses centres
de réaction.
Ceci
confirme les espoirs mis en l'utilisation de tels processus, convenablement
optimisés, dans des systèmes artificiels généralisant
la photosynthèse, ainsi que dans des calculateurs quantiques.
On
notera que ces recherches sont financées par l'U.S. Department
of Energy's Office of Science et par la Defense Advanced Research
Projects Agency (DARPA). Ceci en dit long sur leur intérêt
stratégique.
Pour
en savoir plus
Article du Berkeley
Lab Entangling the Quantum Entanglement Behind Photosynthesis: Berkeley
scientists shine new light on green plant secrets
http://newscenter.lbl.gov/feature-stories/2010/05/10/untangling-quantum-entanglement/
Sites de Graham
Fleming www.cchem.berkeley.edu/grfgrp/
site de Birgitta
Whaley www.cchem.berkeley.edu/kbwgrp/
site de Mohan
Sarovar
www.cchem.berkeley.edu/kbwgrp/mohan/Site/Welcome.html
Simulation
en vraie grandeur d'une expédition sur Mars
Jean-Paul
Baquiast et Christophe Jacquemin - 02/06/2010 
Avec
une participation majoritaire de scientifiques allemands et russes,
l'opération Mars500 entreprise par l'Esa entre dans une phase
décisive. Un séjour de 520 jours en confinement complet
est organisé. Il se déroulera au sein de l'Institut
russe pour l'étude des problèmes biomédicaux
à Moscou (Institute for Biomedical Problems ou IBMP). Un
container étanche embarquera un équipage international
de 6 volontaires ayant accepté d'expérimenter les
conditions d'une future expédition sur Mars: 250 jours pour
aller, autant pour revenir et une vingtaine de jours sur place.
De nombreuses expériences seront menées, y compris
pour résoudre des situations d'urgence. L'image jointe représente
le sas d'entrée.
Ceci
peut paraître anodin. L'opération tournera peut-être
court par abandon. Nous pensons cependant qu'elle marque, dans une
certaine mesure, une nouvelle phase dans le développement
de l'espèce humaine. Des individus et des modes d'organisations
poussant aux limites les résistances des organismes et des
systèmes seront expérimentées. L'avenir de
l'homme et de l'intelligence dans le cosmos est à ce prix.
Pour quoi faire, demanderont les sceptiques? La réponse est
si évidente que nous la formulerons pas ici. Il faut en tous
cas saluer ceux qui, au détriment de leur confort actuel,
acceptent de "sacrifier" plus d'un an de leur vie au service
de cet idéal.
On
saluera aussi en ce cas la coopération exemplaire entre les
scientifiques européens et les russes. Elle pourrait en se
poursuivant entraîner des conséquences de grande ampleur.
Pour
en savoir plus
Article
de Mars daily
http://www.marsdaily.com/reports/520_Days_On_A_
Simulated_Flight_To_Mars_999.html
Un
véhicule fonctionnant au solaire mais consommant du CO2
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 30/05/2010 
Lors
de la Shanghai Expo 2010, Shanghai Automotive Industry Corporation
(SAIC) a proposé un concept car (même pas un prototype)
étudié en coopération avec General Motors et
Volkswagen. il s'agit de la YeZ, ce qui signifie « feuille »
en Mandarin. Cette voiture serait réellement révolutionnaire
en ce sens qu'elle convertirait en électricité, grâce
à des cellules photo-électriques placées sur
le pavillon et activant une série de réactions chimiques,
le CO2 et l'eau présents dans l'atmosphère.
De l'oxygène serait rejeté.
S'agit-il
d'une galéjade? Pourquoi en effet ne pas utiliser directement
l'électricité produite par les cellules photo-voltaïques?
Il ne semble pas en tous cas que des précisions aient été
apportées sur le rendement prévu des opérations
ou le coût des composants. Par ailleurs, les délais
pour obtenir un démonstrateur concluant paraissent devoir
excéder la décennie.
Néanmoins
l'idée est intéressante. Nous pouvons en retenir que
s'ils s'en donnent la peine, les industriels asiatiques pressés
par le besoin de diminuer les nuisances des véhicules traditionnels,
aboutiront à des solutions compétitives. Les industriels
européens, comme cela semble le cas en ce qui concerne la
YeZ, auront tout intérêt à s'associer à
eux.
*
Voir http://news.cnet.com/8301-17938_105-20005538-1.html
Iter,
un investissement d'avenir 
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 29/05/2010
Les
autorités de tutelle du programme international Iter destiné
à démontrer la faisabilité de la production
d'énergie électrique par fusion nucléaire ont
confirmé ce qui avait déjà été
annoncé: une augmentation des délais et surtout des
coûts. Pour nous, il s'agit d'un argument justifiant non de
ralentir ou abandonner le programme, mais de le poursuivre voire
de l'accélérer.
Ces
augmentations, pour des motifs tenant à une sous-évaluation
des investissements nécessaires et à la modification
des spécifications techniques pour tenir compte des technologies
d'aujourd'hui, sont en effet assez compréhensibles dans un
tel projet. Elles tiennent en partie d'ailleurs à la hausse
des matières premières et produits finis nécessaires.
Le
budget global devrait doubler par rapport aux 4,7 milliards initialement
annoncés. L'Union européenne est la principale contributrice
économique. A ce titre, elle devrait voir sa part passer
de 2,7 à 7,2 milliards sur les dix années dédiées
à la construction. Les autres pays faisant partie du projet,
la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, l'Inde, le Japon
et la fédération de Russie, devront aussi voir leur
contribution augmentée. Seuls les Etats-Unis, pour de complexes
raisons politiques, ont menacé de cesser leur participation.
Rappelons
qu'Iter n'a pas vocation à produire de l'énergie de
façon commerciale, mais à démontrer la faisabilité
de la fusion sur Terre au sein d'un plasma confiné. Cette
étape achevée, un premier réacteur nucléaire
de fusion, Demo, devrait être implanté au Japon pour
apporter la preuve de la faisabilité industrielle du concept
à l'horizon 2050.
Dans
le contexte de crise économique actuel, nombreuses sont les
voix s'élevant pour demander que le projet soit arrêté,
ou tout au moins séquencé dans le temps, ce qui aboutirait
pratiquement à sa mort. On comprendrait à la rigueur
ce discours quand il émane des lobbies anti-nucléaires
(encore que la fusion devrait en principe permettre d'échapper
en grande partie aux problèmes nés de la fission).
Mais que des gens ayant un minimum de perception stratégique
puissent eux-aussi demander d'abandonner un programme dont les retombées,
immédiates et à terme, sont et seront infiniment supérieures
aux coûts, ne rassure pas sur le bon sens des prétendus
experts.
Offrir
des emplois de haute qualification au coeur de l'Europe, obliger
à développer des technologies et matériaux
jugés encore extrêmement complexes, créer un
foyer international de coopération scientifique qui pourra
devenir à terme aussi important que le LHC, jeter enfin ce
faisant les bases d'une véritable révolution énergétique,
représentent, notamment pour l'Europe, des enjeux tels que
nul ne devrait les discuter. Préférerait-on voir gaspiller
des milliards et cumuler les risques, comme le font les compagnies
pétrolières en ce moment, en poursuivant des programmes
de forage océanique dit profonds et ultra-profonds. Si l'Europe
abandonnait Iter, on serait en droit de dire qu'elle se résout
à ne plus jamais être qu'un parc de populations vieillies
et sans ambitions, aux rêves partagés entre la plage
et le football.
Notes
(1) L'agence Iter France http://www.itercad.org/projet.php
rappelle que le projet français Laser Mégajoule (LMJ)
en construction près de Bordeaux et le projet international
ITER diffèrent tant sur le plan des acteurs que du financement
ainsi que dans les applications et les technologies mises en oeuvre.
Le Laser Mégajoule, financé sur le budget du ministère
de la Défense, est un programme de simulation qui permet
de garantir la dissuasion nucléaire en l'absence d'essais
en grandeur réelle. Il ne s'inscrit donc pas dans les mêmes
perspectives que le projet international ITER dont les objectifs
sont uniquement civils.
Les conditions permettant d'obtenir des réactions de fusion
sont complètement différentes sur le Laser Mégajoule
et sur ITER. La réaction de fusion de l'hydrogène
en hélium est obtenue dans le premier cas au moyen d'une
impulsion laser très brève sur le Laser Mégajoule,
conduisant à des pressions très élevées.
Avec ITER, la réaction de fusion apparaîtra dans un
plasma maintenu à hautes températures, à basse
pression et confiné par des champs magnétiques pendant
des temps longs. Il n'y a donc pas lieu, en principe, à recherche
commune entre les deux procédés.
(2) Position de la commission européenne concernant Iter
http://www.eurosfaire.prd.fr/news/consulter.php?id=4542
(3) Présentation de Iter par wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/International_Thermonuclear_Experimental_Reactor
La
bactérie artificielle de Craig Venter
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 28/05/2010 
Craig
Venter et son équipe ont annoncé le 20 mai 2010, lors
d'une conférence organisée par la revue Science, avoir
réalisé la première bactérie artificielle,
dotée d'un génome entièrement synthétique.
Ce «produit» a été fabriqué par
voie chimique à partir de la séquence du génome
dune bactérie, Mycoplasma mycoides (agent de la pneumonie
des bovidés). A partir du génome de celle-ci, entièrement
séquencé, les chercheurs ont synthétisé
chimiquement des morceaux de ce génome, long de plus dun
million de caractères.
En 2008, Craig Venter avait déjà réussi, avec
son équipe, à fabriquer un génome bactérien
entièrement synthétique en collant des séquences
dADN synthétisées bout à bout afin de
reconstituer le génome complet de la bactérie Mycoplasma
genitalium. Ce génome avait ensuite été transplanté
dans une autre bactérie, mais sans que celle-ci puisse fonctionner.
Pour créer leur nouvelle cellule contrôlée par
un génome artificiel, les chercheurs se sont appuyés
sur ces deux techniques élaborées en 2008.
Le génome quils ont fabriqué est la copie dun
génome présent dans la nature, celui de la bactérie
Mycoplasma mycoides, mais il comporte des séquences dADN
supplémentaires. Il a ensuite été transplanté
dans une autre bactérie, Mycoplasma capricolum, qui a été
ensuite activée. Bien que quatorze gènes aient été
supprimés dans la bactérie receveuse du génome
synthétique, celle-ci ressemblait à la bactérie
origine, bien que débarrassée de son propre génome.
Une colonie de bactéries ayant les propriétés
du génome synthétique s'est alors développé.
L'annonce a été accueillie avec beaucoup d'enthousiasme
par les promoteurs de la vie artificielle. Selon eux, si ces techniques
pouvaient être généralisées, la conception,
la synthèse, lassemblage et la transplantation de chromosomes
synthétiques ne seraient plus des obstacles aux progrès
de la biologie synthétique . De nombreuses applications
pharmacologiques ou industrielles deviendraient alors possibles
à grande échelle.
Il sagit sans aucun doute dune percée scientifique
importante, tant à cause du nombre dobstacles surmontés
que de la méthode mise au point. On ne cédera pas
à la tentation de rejeter de telles recherches au nom du
principe de précaution. On constate cependant que beaucoup
de biologistes ramènent (jalousie ou non) l'évènement
à des proportions plus modestes. C'est le cas de John Horgan
dont nous publions ci-dessous le commentaire sur un blog de la revue
Scientific American.
Mais
au delà d'un principe de précaution primaire, un nombre
plus grand encore de chercheurs et de philosophes mettent en garde
sur les risques de contamination et de destruction de la biodiversité
pouvant résulter de la généralisation de ces
pratiques, mises dans toutes les mains. Les risques ne seront pas
moindre si de telles recherches comme c'est déjà
le cas sans doute se poursuivaient dans des laboratoires
militaires. On sait que ceux-ci, pour des raisons diverses, sont
loin d'être étanches.
Nous
joignons à cet article un commentaire éclairé
de notre collègue et ami Hervé Le Crosnier, de l'Université
de Caen.
Pour
en savoir plus
Communiqué
de presse du Craig Venter Institute
Craig
Venter has neither created--nor demystified--life
par John Horgan
Voir
aussi un commentaire dans Nature de ce qu'est la vie au regard de
la vie synthétique
http://www.nature.com/news/2010/100524/full/news.2010.261.html
Ne
pas ouvrir la boîte de Pandore de la biologie synthétique,
par Hervé Le Crosnier.
Origines
de l'Homo sapiens
Jean-Paul Baquiast - 27/05/2010
De
nouvelles hypothèses obligent à compliquer l'histoire
du genre Homo et plus récemment celle de l'Homo sapiens.
Il y a d'abord l'analyse des restes fossiles découverts il
y a quelques années et attribués à une nouvelle
espèce d'australopithèques, Australopithecus sediba
(image). On pensait jusqu'ici que les australopithèques étaient
trop éloignés de leurs descendants présumés
du genre Homo pour être rattachés à ce genre.
Mais l'A. sediba semble appartenir à la fois à un
australopithèque vivant entre -3 et -2,5 millions d'années,
l'Australopithecus africanus et des Homo primitifs identifiés
en Ethiopie à partir de 2,3 mda. Il serait comme eux
dotés de pommettes et molaires moins développées.
La frontière entre les Homo et les australopithèques
devient donc de plus en plus difficile à tracer (voir Science,
328, 195, 2010).
Par
ailleurs il semble avéré aujourd'hui que, loin de
s'être développés et éteints sans échanges
génétiques avec les Homo sapiens, les néanderthaliens
(Homo sapiens neanderthalensis) ont au contraire eu, à
partir du moment où les Homo sapiens ont commencé
à migrer hors d'Afrique il y a environ 100.000 ans, différentes
occasions de se mélanger, culturellement sans doute et surtout
génétiquement.
Ce
sont les recherches, déjà mentionnées sur notre
site, conduite par une équipe du Max Planck Institute for
Evolutionnary Anthropology à Leipzig qui le suggèrent.
Le Pr. Svante Pääbo qui la dirige affirme que le génome
de l'homme moderne comprend de 1 à 4% de gènes communs
avec les néanderthaliens. Ceci voudrait dire que les deux
espèces d'Homo se seraient rencontrées plusieurs fois
entre -100.000 et -40.000 années.
D'autres
études, notamment celles de Jeffrey Long à Albuquerque,
indiquent que les ancêtres des Eurasiens modernes ont acquis
la biodiversité génétique qui les caractérise
en se mélangeant, non seulement avec les néanderthaliens,
mais avec d'autres espèces d'Homo considérées
aujourd'hui comme éteintes: Homo erectus, Homo
floresiensis (Indonésie) et même une hominidée
découverte récemment en Sibérie, ayant vécu
entre -50.000 et -30.000 ans et qui ne serait ni sapiens ni néanderthalienne.
Svante Pââbo qui étudie actuellement l'ADN d'un
de ses doigts l'a nommée provisoirement l' «X.woman».
Tout
ceci montre que les idées simplistes sur les filiations et
les échanges de gènes seront progressivement nuancées
au fur et à mesure que se préciseront nouvelles découvertes
et analyses. Il paraît difficile en tous cas d' imaginer qu'une
nouvelle espèce, dite Homo sapiens sapiens, soit surgie
toute armée et dotée des immenses qualités
que nous voulons lui attribuer, d'une brouillard confus d'espèces
primitives. Pourra-t-on même encore parler d'espèces
dans ces divers cas?
Pour
en savoir plus
Sur
l'A.sediba, voir http://en.wikipedia.org/wiki/Australopithecus_sediba
Sur
l'X Woman, voir http://m.wrvo.npr.org/news/Science/125129322?singlePage=true
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