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24/11/10 Processus cérébraux mis en oeuvre dans la communication langagière

24/11/10 Nouvelles méthodes pour l'étude des synapses corticales

24/11/10 A la découverte du Tuatara, prédécesseur des dinosaures

24/11/10 Un auto-apprentissage par le toucher et la vue chez le robot AMAR

24/11/10 Des atomes d'anti-hydrogène isolés au Cern

24/11/10 Les gisements de terres rares ne sont pas si rares que le suggère le terme

17/11/10 L'étonnante aventure du Professeur et prix Nobel Samuel Chao Chung Ting

17/11/10 Les projets scientifiques de la Nasa retardés ou compromis par les restrictions budgétaires

09/11/10 Le LHC remonte toujours plus en amont dans le temps cosmologique

08/11/10 Quatre véhicules sans pilote d'Italie à Shanghai

30/10/10 Plusieurs milliards de planètes habitables dans la Galaxie

30/10/10 Autres lancements pour le compte des opérateurs de télévision

30/10/10 Perte du satellite W3B de Eutelsat

21/10/10 Un marqueur du cancer

21/10/10 Identification de la plus ancienne galaxie observable à ce jour

21/10/10 La course à la photosynthèse artificielle

21/10/10 Le Melas Chiasma martien

21/10/10 Une solution peut-être en vue concernant la mort des abeilles

07/10/10 Le graphène à l'actualité du Prix Nobel de physique

04/10/10 Politique spatiale américaine pour 2010 : le rapport de la SWF

01/10/10 Human Connectome Project (suite)

01/10/10 Nouvelles avancées vers le calculateur quantique ?

28/09/10 L'ACM SIGGRAPH et les robots marcheurs

25/09/10 Le Google Lunar X prize

18/09/10 Des pré-néandertaliens industrieux

18/09/10 Colloque Ecologie 2010

08/09/10 Passage d'astéroïdes dans la banlieue de la Terre

08/09/10 Des bombes à retardement dans les océans

08/09/10 Nouvelles menaces de contamination par la grippe aviaire

05/09/10 Des cellules vivantes éventuellement d'origine extraterrestre?

05/09/10 Survie de l'homme en apesanteur. Une étude inquiétante

septembre - octobre - novembre 2010

Processus cérébraux mis en oeuvre
dans la communication langagière

Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
24/11/2010

A un tout autre niveau de résolution que celui faisant l'objet des recherches du Pr Stephen Smith citées dans la brève précédente, le dernier congrès Neuroscience 2010 a présenté les résultats de nouvelles recherches concernant la communication langagière entre animaux supérieurs.

Aire de BrocaConcernant les humains, la visualisation par neuro-imagerie des câblages cérébraux complexes impliqués dans la production du langage a fait apparaître des éléments nouveaux, dont pourront bénéficier les méthodes thérapeutiques visant à remédier aux déficiences langagières dont souffriraient 46 millions d'américains.

Les points suivants ont été mis en évidenc e:
- le réseau des connexions neuronales nécessaires à la compréhension du langage est bien plus étendu que précédemment imaginé. Il déborde sensiblement les aires de Broca et de Wernicke traditionnellement associées au langage. L'aire de Broca est la zone de production des mots parlés tandis que l'aire de Wernicke est responsable de leur compréhensio ;

- le bégaiement est associé à une activité neuronale anormale se produisant chez des personnes bègues même lorsqu'elles se bornent à lire et écouter. Il résulterait donc d'anomalies dans le traitement du langage en amont de celles affectant sa production (ou locution) ;

- les personnes bègues de sexe masculin disposent de connections cérébrales différentes de celles caractérisant les personnes bègues de sexe féminin. NDLR: Ceci ne ravivera sans doute pas pour autant la vieille querelle relative aux éventuelles différences entre cerveaux qui seraient liées au genre ;

- le traitement neuronal des mots d'un langage donné lorsque ceux-ci sont prononcé avec la prononciation (ou accent) généralement pratiquée par le locuteur de ce langage n'est pas le même que celui mis en oeuvre lorsque ces mêmes mots sont prononcés avec un accent étranger. Ceci pourrait expliquer les difficultés d'adaptation des personnes n'ayant pas acquis dès la petite enfance l'accent caractérisant un langage qui n'est pas le leur, même lorsqu'elles en maîtrisent parfaitement les spécificités de vocabulaire et de grammaire ;

- les cerveaux des oiseaux chanteurs sont capables de percevoir les messages contenus dans les chants d'oiseaux de leur espèce, même lorsque ces chants sont couverts par de forts bruits parasites. Ceci pourrait expliquer l'effet dit de cocktail par lequel nous pouvons dans une assemblée bruyante identifier les seuls mots et phrases qui nous intéressent.

Pour en savoir plus
Article http://www.eurekalert.org/pub_releases/2010-11/sfn-cec111610.php
Neuroscience 2010 http://www.sfn.org/am2010/


Nouvelles méthodes pour l'étude
des synapses corticales

Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
24/11/2010

Une nouvelle méthode de neuro-imagerie développée à Standford permet désormais de localiser et dénombrer les neurones et leurs connexions (les synapses) dans un échantillon de tissu nerveux. Dans l'expérience relatée par l'article référencé ci-dessous, il s'agit d'un échantillon de cerveau de souris. Les observations ont mis en évidence la grande variété et la relative évolutivité dans le temps des connexions, responsables des divers aspects des fonctions cérébrales, chez l'animal comme chez l'homme.

L'article rappelle ce que nos lecteurs connaissent déjà sans doute. Le nombre de neurones dans un cerveau sain adulte est d'environ 200 milliards. Chacun d'eux peut entretenir plusieurs dizaines de milliers de connexions synaptiques avec ses voisins. Il existe une dizaine de types différents de synapses, utilisant des neuromédiateurs différents. Selon le professeur Stephen Smith, responsable de l'étude, il existe 125 trillions de synapses dans le seul cortex cérébral humain, soit le nombre d'étoiles que comptent 1.500 galaxies comparables à la nôtre. Leur densité est si grande que les microscopies classiques les plus pénétrants ne permettent pas de les détailler. La méthode développée dans le laboratoire du Pr Smith permet au contraire de naviguer en 3D dans l'image obtenue.

Une synapse est comparable à un microprocesseur, doté de capacité de mémoires et d'éléments de traitement de l'information. Elle contient plus de 1000 molécules dont chacune joue le rôle d'un relais individuel (switch). Un cerveau humain comprend autant de tels relais que tous les ordinateurs, routeurs et connections Internet existant aujourd'hui sur Terre. Ceci pourrait signifier que le « cerveau global » dont l'humanité se vante aujourd'hui de disposer est à peine mieux équipé que le cerveau d'un des 6 milliards d'humains vivant aujourd'hui. Quoiqu'il en soit, on voit que les capacités potentielles de mémorisation du cerveau sont quasi infinies. Malheureusement la façon d'accéder aux souvenirs ainsi emmagasinés n'est pas encore disponible.

On devine les nombreuses applications qui pourront résulter des observations permises par ces nouvelles méthodes, soit dans l'étude des fonctions neurales, soit dans l'identification de certaines formes de neuro-dégénérescence. Il est très probable qu'elles intéresseront aussi les laboratoires travaillant pour la défense ou la publicité, en vue de définir d'éventuelles méthodes de contrôle des comportements et de formation des idées.

Article http://med.stanford.edu/ism/2010/november/neuron-imaging.html


A la découverte du Tuatara, prédécesseur des dinosaures
Jean-Paul Baquiast - 24/11/2010

Selon Wikipedia (cf. lien ci-dessous), nous citons: "Le sphénodon (Sphenodon punctatus et Sphenodon guntheri) ou tuatara ou encore hattéria, est aujourd’hui l’unique représentant de l’ordre des rhynchocéphales (aussi appelé rhynchocephalia, sphénodontes ou sphenodontia), qui était florissant il y a 200 millions d'années.

Malgré la ressemblance, ce n'est pas un lézard, mais un proche parent des Squamata qui regroupent les lézards et les serpents. Cet animal possède un troisième œil et représente un témoignage de la séparation des lignées ayant abouti aux lépidosauriens (dont les lézards, serpents et sphénodons font partie) d'une part et aux archosauriens (oiseaux et crocodiliens, entre autres) d'autre part. Ce reptile ne se trouve qu'en Nouvelle-Zélande, où il est endémique. Les sphénodons forment la branche divergeant le plus précocement dans l'arbre phylogénétique actuel des amniotes. Le cerveau et le mode de locomotion présentent des états de caractères ancestraux d'amphibiens et l'organisation du cœur est plus simple que chez les autres reptiles".

L'analyse du génome du tuatara a montré que quelques régions de son génome évoluent à une vitesse inhabituelle. Voir un article dans la revue Cell . Il dispose aussi d'une hémoglobine différente de celle des autres reptiles, lui permettant de mieux résister au froid. Ce sont peut-être ces propriétés qui expliqueraient l'exceptionnelle capacité de ces animaux à traverser les âges. On comprend donc que ce "plus qu'ancien" fossile vivant soit (efficacement, espérons le) protégé en Nouvelle Zélande. Il mériterait selon nous bien plus d'études et surtout de commentaires qu'il n'en reçoit aujourd'hui de la part des biologistes et des enseignants.

La Nouvelle Zélande, de par son isolement il y a 80 millions d'années du continent primitif le Gondwana, héberge d'autres espèces qui sont elles aussi des fossiles survivants: le kiwi, le kapako, perroquet nocturne incapable de voler et le weta, cricket géant de la taille d'une main d'homme.

Pour en savoir plus
Le sphénodon http://fr.wikipedia.org/wiki/Sph%C3%A9nodon
Le kapako http://parrotquest.com/the-kakapo-parrot-of-new-zealand/
Les weta http://en.wikipedia.org/wiki/Weta


Un auto-apprentissage par le toucher et la vue chez le robot AMAR
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 24/11/2010

Le robot Amar III

Dans le cadre du projet PACO-PLUS, des chercheurs européens de l'Institut de technologie de Karlsruhe ont développé un robot humanoïde nommé AMAR III qui opère sur le principe de la reconnaissance corporelle. Le système utilise une communication en aller et retour entre les «mains» du robot, ses «yeux» et son processeur central. AMAR peut ainsi résoudre des problèmes dont la solution n'avait pas été programmée à l'avance par ses concepteurs. Confronté à des ordres de l'opérateur impliquant de nouveaux objets, il réussit à répondre à ces ordres en fonction des objets concernés et de l'environnement précis où il se trouve.

Dans la vidéo présentée par l'article de Phys Org référencé ci-dessous, le robot effectue des manipulations complexes à l'intérieur d'une cuisine. Le processus impliqué peut être décomposé en trois phases : comprendre des commandes verbales, se donner des représentations des objets et des actions concernés, utiliser ces représentations pour répondre aux commandes par l'intermédiaire de ses entrées-sorties sensorielles. Certains éléments de la démarche ont été pré-programmés pour réduire les temps de l'apprentissage par essais et erreurs auquel se livre le robot, mais le processus d'auto-apprentissage est bien celui résumé ici.

Selon le responsable du projet, le Dr Tamim Asfour, le principal objectif de celui-ci est de construire un système capable d'élaborer des représentations des objets opérant au niveau des organes des sens et de les combiner avec une planification de l'action et une communication verbale interactive avec un opérateur extérieur (humain voire non-humain).

Ce mode d'action simule la façon dont les humains (nouveaux nés et jeunes enfants) perçoivent leur environnement. Elle dépend de leur capacité à interagir avec les objets de celui-ci en termes physiques, à partir des instructions verbales données par un parent. L'objet du programme quadriennal PACO-PLUS de l'Unité de recherche cognitive de la Commission européenne est de réaliser des robots avancés capables d'opérer dans le monde réel en communication avec des humains.

Pour en savoir plus
PACO-PLUS :http://paco-plus.org/
Article de PhysOrg (avec vidéos) :
http://www.physorg.com/news/2010-11-armar-iii-robot-video.html


Des atomes d'anti-hydrogène isolés au Cern
Jean-Paul Baquiast - 24/11/2010

Des atomes d'anti-matière (en fait anti-hydrogène) ont été isolés pour la première fois à fin d'expérimentation par l'appareil ALPHA (Antihydrogen Laser Physics Apparatus) du laboratoire de physique des particules du Cern (photo ci-contre). Ce sont ces mêmes particules que va traquer dans l'espace le Professeur et prix Nobel Samuel Chao Chung Ting en utilisant l'«Alpha Magnetic Spectrometer» AMS-02 qu'il a mis au point également au Cern (voir article ci-dessous).

Le Cern et d'autres laboratoires ont produit depuis quelques années diverses anti-particules, notamment l'anti-électron (positron) utilisés par la tomographie par émission de positrons, et l'anti-hydrogène. Mais dans le cas référencé par Nature, les atomes d'anti-hydrogène sont isolés dans une enceinte les empêchant d'interagir avec la matière. Ceci permettra de tester leurs propriétés, notamment pour savoir si l'anti-matière répond aux mêmes forces fondamentales que la matière ordinaire, au regard du théorème CPT (charge conjugation/parity/time reversal) qui est fondamental dans le modèle standard des particules élémentaires.

Pour en savoir plus
Article de Nature
http://www.nature.com/nature/journal/vaop/ncurrent/full/nature09610.html

Article du NewScientist
http://www.newscientist.com/article/mg20827874.500-antihydrogen-trapped-at-long-last.html


Les gisements de terres rares ne sont pas si rares
que le suggère le terme

Jean-Paul Baquiast - 24/11/2010

Nous avons rappelé dans un précédent article la question géostratégique posée par la détention de minerais et dépôts de terres rares. Elle tient essentiellement au fait que, pour des raisons économiques, la plupart des pays utilisateurs ont laissé la Chine monopoliser leur production. Aujourd'hui, compte-tenu des menaces que fait peser la Chine sur l'accès à ces produits, les autres grands pays se réveillent. C'est le cas aux Etats-Unis, où un Geological Survey vient de confirmer l'existence d'importants dépôts exploitables.

Boues rougesBien mieux, il semblerait que dans les" boues rouges" sous-produits de la production d'aluminium se trouvent nombre d'éléments appartenant à la catégorie des terres rares, parfaitement réutilisables. Ceci donnerait un avenir inespéré aux décharges sauvages réalisées notamment en Europe de l'Est, qui constituent une menace permanente pour l'environnement et le voisinage.

Pour en savoir plus
US Geological Survey http://www.usgs.gov/newsroom/article.asp?ID=2642&from=rss_home
Boues rouges, terres rares et produits de fission www.robindesbois.org/.../boues_rouges/bauxite_extraits_rad_nat_techno.pdf


L'étonnante aventure du Professeur et prix Nobel
Samuel Chao Chung Ting

Jean-Paul Baquiast - 17/11/2010


Photo: l'AMS 02, accompagné du Pr Ting est chargé sur un Galaxy de l'US Air Force à destination de Cap Canaveral.

On suivra ces prochains mois la suite d'une étonnante aventure, commencée il y a 16 ans, celle de l' «Alpha Magnetic Spectrometer» AMS-02, et du Pr Ting qui l'a menée contre vents et marées depuis le début. Il s'agit d'étudier en orbite terrestre les rayons cosmiques afin d'y découvrir des traces de la supposée matière noire censée compenser à l'échelle cosmique le manque de masse de la matière ordinaire observable.

Si le spectromètre était capable de confirmer que différents mystérieux signaux recueillis par divers satellites correspondaient bien à des particules d'anti-matière, on pourrait en déduire que se trouvent quelque part des quantités considérables de celle-ci, anti-étoiles ou anti-galaxies, susceptibles de les émettre en interagissant avec de la matière ordinaire.

Le Pr Ting est âgé aujourd'hui de 74 ans. Il dirige au Cern un laboratoire consacré à la détection et à l'étude des rayons cosmiques. Il avait réussi à convaincre des milliers de donateurs de financer un nouveau et puissant détecteur, destiné à opérer dans l'espace, contrairement à ceux présentement installés sous terre.

Le spectromètre une fois construit au Cern, le Pr Ting a réussi à convaincre la Nasa de le convoyer malgré son poids (8 tonnes), lors d'un des derniers vols de navette, prévu en principe pour février 2011, vers la Station spatiale internationale où il sera arrimé.

Il restera à identifier ne fut-ce qu'une des particules recherchées, un noyau atomique plus lourd que l'anti-hélium par exemple. L'expérience sera suivie de près par les physiciens du LHC, du fait que l'appareil, générant des champs magnétiques 4000 fois plus puissants que le champ terrestre, complètera utilement les recherches de particules actuellement menées au sein du LHC. Peut-être en résultera-t-il une véritable révolution dans la compréhension actuelle de la texture de l'univers.

Si rien ne se produit, les adversaires du fantasque Pr Ting, nombreux apparemment aux Etats-Unis (allez savoir pourquoi) , auront beau jeu d'affirmer qu'il ne fallait pas se fier à ses intuitions. Ainsi va la science.

Pour en savoir plus

Pr. Ting http://web.mit.edu/physics/people/faculty/ting_samuel.html
Article de l'Esa http://www.esa.int/esaCP/SEMZE8BO3DG_index_0.html


Les projets scientifiques de la Nasa retardés ou compromis par les restrictions budgétaires
Jean-Paul Baquiast - 17/11/2010

Sous la pression des Conservateurs américians, dont l'étroitesse d'esprit politique le dispute à une sorte de haine viscérale de la science, les budgets de la Nasa seront sérieusement rognés dans les prochaines années. Ceci retentit déjà sur les projets scientifiques les plus intéressants au regard de l'astronomie et de la cosmologie.

Ainsi le James Webb Space Telescope, (JWST) destiné à remplacer le télescope Hubble, dont les apports ont été véritablement révolutionnaires, paraît menacé. Il comportera un miroir dépliable de 6,5 mètres, destiné à observer les galaxies primordiales. Selon de nouvelles estimations budgétaires, son coût aujourd'hui évalué à 5 milliards de dollars pourrait atteindre 6,6 milliards. Si par ailleurs, la date de lancement prévue devait être respectée, soit 2014-2015, il faudrait dépenser 500 millions supplémentaires. La Nasa estime que le Congrès refusera d'autoriser ces dépenses.

Un autre programme encore en suspens est le Wide-Field Infrared Survey Telescope WISE), ou télescope d'observation en infrarouge destiné à étudier l'énergie noire et les exoplanètes. Son coût est moins élevé, soit 1,6 milliard, ce qui le rend préférable aux yeux d'une majorité d'astronome. Mais là encore, la décision n'est pas prise.

La Nasa réfléchit à la possibilité de délocaliser les dépenses relatives au JWST de sa division astrophysique, au profit d'une division spécifique, qui pourrait recueillir des fonds provenant des fondations.

On pourrait penser que, vu l'intérêt de ce programme pour l'ensemble des communautés scientifiques, les autres agences spatiales mondiales se grandiraient en faisant des offres de participation. Encore faudrait-il que la Nasa accepte une plus grande mutualisation des opérations.

Pour en savoir plus

JWST http://www.jwst.nasa.gov/
WISE http://www.nasa.gov/mission_pages/WISE/main/index.html


Le LHC remonte toujours plus en amont dans le temps cosmologique
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 09/11/2010

Selon le bulletin d'information du CERN, l'accélérateur de particules LHC(1) est en train de produire les températures les plus élevées jamais obtenues expérimentalement. Ce sont celles mesurées les 7 et 8 novembre derniers au sein de ce que l'on pourrait appeler des mini-big bangs résultant de collisions frontales, non plus entre des atomes mais entre des ions de plomb. Les ions sont des atomes électriquement chargés, ayant perdu leur neutralité électrique à la suite de la perte ou de l'ajout d'un ou plusieurs électrons. Les températures atteindraient 10 trillions de °C.

A ce niveau d'énergie, les noyaux des atomes fondent en un mélange de quarks et de gluons, dit plasma quark-gluon. La formation d'un tel plasma est prédite par la théorie de la chromodynamique quantique (QCD). Elle prévoie qu'au fur et à mesure que l'on remonte l'histoire de l'univers, l'interaction forte qui maintient les quarks ensemble pour former les protons et autres hadrons, tend vers zéro.

Ce plasma avait été étudié en détail au sein du Relativistic Heavy Ion Collider (
RHIC) à Upton, New York. En février 2010, les chercheurs ont fait état de températures de 4 trillions de °C, résultant de la collision d'ions d'or. Le LHC a donc atteint des températures 2,5 fois supérieures. Le détecteur de 10.000 t. Alice du LHC (A Large Heavy Ion Experiment) pourra étudier l'univers en l'état qui était le sien un millionième de second après le big bang.

La grande presse va s'inquiéter. Jusqu'où remontera le LHC dans sa quête des hautes énergies ? Un nouveau big bang ? Les physiciens du Cern considèrent qu'ils en sont encore loin. Les énergies dont ils disposent paraissent encore bien trop faibles pour cela.

(1) Large Hadron Collider (Grand collisioneur de hadrons).

Source LHC actualités (voir les animations)
http://www.lhc-france.fr/spip.php?article527


Quatre véhicules sans pilote d'Italie à Shanghai
Jean-Paul Baquiast - 08/11/2010

Le laboratoire VisLab de l'Université de Parme développe des systèmes de conduite sans pilote pour véhicules faisant appel à divers senseurs et à l'intelligence artificielle. Sur financement de l'European Research Council, elle a réalisé un raid de Parme à Shanghai impliquant 4 véhicules qui par ailleurs ne faisaient appel qu'à l'énergie solaire.

Le voyage les a conduit jusqu'au Pavillon italien de l'exposition universelle de Shanghai à travers une dizaine de pays très différents. Les véhicules transportaient chacun deux chercheurs du laboratoire, mais ils se pilotaient automatiquement. Les humains ne sont intervenus que très exceptionnellement.

Le pilotage de chacune des voitures était assuré par 4 scanners à énergie solaire et sept vidéo-caméras travaillant en coordination. Il était uniquement visuel, ne disposant pas de cartes prévues à l'avance. Le système de vision artificielle assistée, nommé GOLD, pour Generic Obstacle and Lane Detector, faisait lui-même les choix de direction et de vitesse. Ceux ci étaient transmis aux organes par le PC central. La vitesse était limitée à 60 km/h.

On constate qu'un laboratoire européen, sans disposer des financements considérables de la Darpa (Département américain de la défense) a pu réaliser des véhicules sans pilote moins sophistiqués mais néanmoins comparables à ceux que met au point l'armée américaine.

Pour en savoir plus
Le voyage http://www.viac.vislab.it
Le chef de projet, Alberto Broggi http://vislab.it/Users/view/3


Plusieurs milliards de planètes habitables dans la Galaxie
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 30/10/2010

La Voie lactée compterait plusieurs milliards de planètes de la même taille que la Terre. Certaines sont potentiellement habitables, révèle une étude publiée le 28/10 par la Nasa (voir référence ci-dessous) .

Selon la Nasa, le résultat de ce travail est le fruit du recensement planétaire le plus étendu et le plus crédible de ce type jamais effectué.

Les données récoltées indique que notre Galaxie, qui contient plus de 100 milliards d'étoiles, compte au moins 46 milliards de planètes de la même taille que la Terre.
Il ne s'agirait donc pas de géantes gazeuses. Une bonne partie d'entre elles se trouverait dans la "zone habitable" ni trop chaude, ni trop froide, où l'eau peut exister à l'état liquide.

Beaucoup de planètes, dites super-Terres, ne sont pas dans ce cas. Une autre étude de la Nasa décrit les conditions "infernales" qui y règnent vu leur proximité avec leur soleil.

Concernant les planètes habitables, le philosophe pourra méditer sur le fait qu'une grande partie d'entre elles héberge vraisemblablement de la vie, et certaines des formes de vie semblables ou supérieures à l'espèce humaine.

L'univers visible, rappelons-le par ailleurs, contient plus de 100 milliards de galaxies, dont beaucoup seraient des spirales analogues à la Voie lactée.

Sources
Planètes habitables
http://www.nasa.gov/home/hqnews/2010/oct/HQ_10-279_Keck.html
Planètes infernales
http://news.sciencemag.org/sciencenow/2010/10/hellish-super-earths-likely-prev.html


Autres lancements pour le compte des opérateurs de télévision
Jean-Paul Baquiast - 30/10/2010

Arianespace prépare un nouveau lancement double utilisant le lanceur lourd Ariane 5. Il devrait intervenir le 25 novembre 2010. Ce sera le 5e pour cette année.

La mission installera un satellite Intelsat 17 fabriqué par Space Systems/Loral pour le compte de la société américaine Intelsat. Positionné au 66e degrés Est, il desservira une partie de l'Asie, de l'Europe et de l'Afrique.

Le deuxième satellite nommé HYLAS 1 a été réalisé par EADS Astrium for l'opérateur britannique Avanti Communications. Il offrira des services large-bande destinés principalement aux zones rurales européennes (schéma). Il dispose d'un système original conçu par l'Inde permettant d'adapter les ressources distribuées aux variations dans la demande de trafic à terre.

Rappelons que le 20 octobre, un Soyouz opéré par la filiale Starsem d'Arianespace a mis en orbite une grappe de 6 satellites Globalstar de seconde génération à partir du cosmodrome de Baïkonour.


Perte du satellite W3B de Eutelsat
Jean-Paul Baquiast - 30/10/2010

Eutelsat Communications a fait connaître le 29/10/2010 la perte de son satellite W3B, à la suite d'une mise en orbite réussie réalisée la veille par une fusée Ariane. Une anomalie dans le sous-système de propulsion du satellite a été détectée trop tardivement.

Le W3B était un satellite de 5,3 tonnes fabriqué par le groupe Thales Alenia Space. Il était destiné à assurer la couverture télévision de l'Europe centrale et de l'Océan Indien, ainsi que des accès haut débit Internet téléphone mobile en Afrique. Il devait remplacer 3 satellites actuellement en service. Ceux-ci seront donc maintenus opérationnels jusqu'à mi-2011. A cette date, un nouveau satellite, W3C, devrait être mis en place. Eutelsat inaugure par ailleurs un nouveau programme W3D, destiné à un lancement en 2013.

Eutelsat était convenablement assurée, ce qui n'a pas empêché une baisse du titre en bourse. Le spatial sera toujours une activité à hauts risques.


Un marqueur du cancer
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 21/10/2010

Les biologistes recherchent depuis longtemps la présence d'une molécule facilement détectable qui annoncerait la présence d'un cancer au stade précoce. Or, un article du New England Journal of Médecine daté du 21 octobre (voir http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1001283) annonce que des résultats très prometteurs viendraient d'être obtenus en ce domaine. Les responsables en sont une équipe de chercheurs de l'Inserm dirigée par Nicolae Ghinea (Unité 955) et une équipe américaine dirigée par Aurelian Radu, de l'école de médecine du Mont-Sinaï à New York (A noter : l'article du NewScientist annonçant ce résultat «oublie» totalement l'équipe française...).

A partir de 1300 malades atteints de onze cancers différents à divers stades de la maladie, les scientifiques ont pu montrer que tous les patients portaient une marque biologique commune. Les tumeurs présentaient de manière systématique une protéine qui est le récepteur à la FSH (follicle-stimulating hormone), une hormone d'origine hypophysaire. En l'absence de cancer, cette protéine se retrouve uniquement au niveau des organes reproducteurs (ovaires, testicules).

Dans leurs travaux, les chercheurs ont détecté la présence de récepteurs à la FSH sur les parois internes des vaisseaux qui irriguent la tumeur. En revanche, ils n'apparaissent pas dans les tissus sains, à l'exception des organes de la reproduction.

Cette piste pourrait mettre sur la voie d'un marqueur universel du cancer, utile pour le dépistage ou le diagnostic. Elle pourrait aussi proposer de nouvelles voies thérapeutiques : le réseau vasculaire est indispensable à la croissance des tumeurs. C'est d'ailleurs souvent grâce à sa présence que l'on détecte les tumeurs. Une molécule dirigée contre ces récepteurs pourrait bloquer la croissance tumorale, comme l'ont déjà montré des recherches menées avec des médicaments dits angiogéniques qui luttent contre la prolifération vasculaire.


Identification de la plus ancienne galaxie observable à ce jour
Jean-Paul Baquiast - 21/10/2010

Des observations et calculs réalisés conjointement par les équipes du télescope Hubble de la Nasa et une équipe française conduite par Matt Lehnert de l'Observatoire de Paris, travaillant sur le télescope de 8.2 m de l'European Southern Observatory au Chili, ont permis d'attribuer à une ou plusieurs galaxies primitives un très faible écho lumineux jusqu'à présent non identifié. L'objet baptisé UDFy-38135539 serait âgé de 13,1 milliards d'années. Autrement dit, il remonterait à l'époque ou le plasma primitif né du Big Bang se serait résorbé, laissant passer la lumière.

Nous soulignons ce point dont la presse a parlé abondamment pour mettre en évidence l'intérêt des coopérations entre astronomie spatiale et astronomie terrestre. Dans cette dernière, les investissements consentis par les Européens se révèlent très payants. Il faut continuer, malgré la crise.

Voir http://www.newscientist.com/article/dn19603-dim-galaxy-is-most-distant-object-yet-found.html


La course à la photosynthèse artificielle
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 21/10/2010

A la suite de diverses expériences prometteuses, le Département américain de l'énergie vient d'affecter $122 millions pour la mise en place d'un Joint Center for Artificial Photosynthesis (JCAP) en Californie. Le pays qui gagnera la course à la photosynthèse artificielle (ce que certaines bactéries avaient inventé sur Terre il y a 2 ou 3 milliards d'années) gagnera la course à l'énergie bon marché et (en principe) non polluante. On ne peut que regretter l'absence d'intérêt, à notre connaissance, en Europe, pour cette question.

Voir JCAP http://solarfuelshub.org/


Le Melas Chiasma martien
Jean-Paul Baquiast - 21/10/2010

Il s'agit de la vue en perspective d'une vallée martienne effondrée, dont le fond serait à 9 km au dessous des plateaux environnants. Les clichés proviennent du German Aerospace Centre (Deutsche Zentrum für Luft- und Raumfahrt; DLR) qui est responsable de la Caméra stéréo à haute résolution embarquée sur la sonde européenne de l'ESA Mars Express. Pour plus de détails, voir l'article ci-dessous.

Voir http://www.dlr.de/en/desktopdefault.aspx/tabid-1/117_read-26969/


Une solution peut-être en vue concernant la mort des abeilles
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 16/10/2010

Un article publié par le site public en ligne PLoS One indique que des recherches récentes pourraient peut-être résoudre le mystère relatif aux épidémies décimant depuis quelques années les populations d'abeilles des deux côtés de l'Atlantique. Selon une équipe de chercheurs associant des scientifiques de l'US Army et des entomologistes civils, le phénomène d'effondrement des colonies, dit Colony Collapse Disorder (CCD) pourrait être du à la combinaison d'un champignon et d'un virus. Les chercheurs ont trouvé de petits éléments d'ARN appartenant à des virus propres aux abeilles, associés à des spores de deux parasites Nosema apis and Nosema ceranae. Ils infectent les viscères des insectes. Le problème est que ces éléments se retrouvent aussi bien dans les colonies en bonne santé que dans les colonies déclinantes ou mourantes. On les trouve cependant systématiquement chez les abeilles mortes. Le processus précis de contamination reste à découvrir. Néanmoins de fortes présomptions laissent à penser que le coupable pourrait être en vue.

Restera cependant à rechercher si les conditions de l'environnement interviennent pour favoriser le développement actuel de l'infection. Cette association de parasites résulte-t-elle d'un phénomène évolutif darwinien qui aurait pu se produire en d'autres temps et lieux ou a-t-elle été favorisée, sinon induite par des facteurs propres aux apicultures et agricultures actuelles ?

Voir PLoS One
http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0013181
Voir aussi le NYT
http://www.nytimes.com/2010/10/07/science/07bees.html?_r=1


Le graphène à l'actualité du Prix Nobel de physique
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 07/10/2010

Le hasard fait bien les choses... Dans notre article du 27/09/2010 "Nouvelles considérations sur le temps", nous avions signalé les hypothèses révolutionnaires sur l'espace-temps, développées par le physicien Petr Horava à propos des propriétés du graphène. Nous écrivions: «Les atomes de graphène sont de très petites particules et les mouvements des électrons qui s'y meuvent peuvent être décrits par les équations de la mécanique quantique. Comme par ailleurs ils se déplacent à des vitesses très inférieures à celle de la lumière, il n'est pas nécessaire de tenir compte des effets relativistes. Le temps n'intervient donc pas. Si cependant l'on refroidit le graphène aux alentours du zéro absolu, les mouvements des électrons y accélèrent considérablement, comme les distances parcourues, si bien qu'il faut faire appel aux théories de la relativité, et donc au facteur temps, pour les décrire correctement».

Il est vraisemblable que beaucoup de ceux qui ont découvert les hypothèses de Petr Horava ont en même temps découvert le graphène. Or depuis l'attribution du prix Nobel de physique, le 5 octobre, aux chercheurs russes André Geim et Konstantin Novoselov pour leurs travaux sur le graphène, il ne sera plus possible d'ignorer ce corps ni ses propriétés assez extraordinaires. Il s'agit d'un cristal de carbone bidimensionnel ou monoplan (formé d'une seule couche d'atomes), extrêmement fin mais néanmoins très résistant. Il est transparent et bon conducteur de l'électricité et de la chaleur.

Les deux Prix Nobel avaient entrepris leurs recherches sur le graphène à l'université de Manchester Leurs premiers travaux ont été publiés en 2004. Ils avaient obtenu une feuille de graphène à partir de graphite, structure cristalline de carbone qui compose les mines de crayons. Depuis lors, le nombre d'équipes scientifiques travaillant sur ces résultats s'est multiplié, ainsi que les publications.

Sur le plan fondamental, ce sont d'abord les propriétés de ce corps qui retiennent l'attention. Ses électrons ne se comportent pas de la même façon que ceux des autres matériaux. Leur étude, comme l'a montré notamment Petr Horava précité, relève selon les conditions de la mécanique quantique ou de la relativité. Sur un plan plus général, il serait intéressant de comprendre les processus naturels ou de laboratoire au terme desquels est apparu un tel corps. Il dérive du carbone, qui est lui-même un corps aux propriétés d'une grande richesse. Mais s'agit-il, comme on le dirait en biologie, d'un « monstre » ou relève-t-il d'une famille de corps aux propriétés voisines. Pour trouver des réponses à ces questions, on pourra lire la note référencée ci-dessous de l'Académie Royale des Sciences de Suède, ainsi que les publications qu'elle cite.

Au-delà de ces aspects fondamentaux, ce sont surtout les applications du graphène qui retiennent l'attention des chercheurs. Il devrait permettre de créer de nouveaux matériaux et de produire des composants électroniques innovants. Les transistors au graphène seront plus rapides que ceux conçus à partir de silicium. D'autres applications pourraient également concerner les écrans tactiles ou les panneaux solaires.

Enfin, du fait de la résistance du graphène, l'industrie devrait pouvoir produire des accessoires fins et légers qui, entre autres, amélioreront les performances des avions et des satellites.

Pour en savoir plus

Fiche wikipedia (en cours de mise à jour) http://fr.wikipedia.org/wiki/Graph%C3%A8ne
Dossier de l'Académie Royale des Sciences de Suède
http://static.nobelprize.org/nobel_prizes/physics/laureates/2010/sciback_phy_10.pdf


Politique spatiale américaine pour 2010 : le rapport de la Secure World Foundation "Sustainability, International Engagement and Stability in Space"
Jean-Paul Baquiast - 04/10/2010

Victoria Samson, chef du bureau de Washington de la Secure World Foundation (SWF), a dirigé un rapport consacré à la politique spatiale des Etats-Unis, qui vient d'être publié le 29 septembre dernier sous le titre "Sustainability, International Engagement and Stability in Space (Durabilité, Engagement international et Stabilité en matière de spatial).

Peu connue des médias, la SWF se présente officiellement comme une fondation privée dédiée au maintien de l'accès de tous à un espace sécurisé et pacifique. Elle vise à soutenir tous les projets spatiaux pouvant avoir des retombées humanitaires et protecteurs de l'environnement. Elle coopère avec un grand nombre d'acteurs industriels et scientifiques s'intéressant à l'espace pour les mêmes raisons.

Il n'est pas nécessaire de se livrer à beaucoup d'investigations pour constater qu'en dehors de ces nobles objectifs, elle vise aussi à maintenir un réseau d'informateurs et de groupes de pression au service de la politique spatiale américaine. Celle-ci cherche à protéger la "full spatial dominance" que les Etats-Unis ont décidé d'assurer depuis les origines dans les domaines spatiaux civils et militaires. Ceci suppose entre autres de connaître et, lorsque cela est possible, de contrôler de l'extérieur ou de l'intérieur les activités des acteurs spatiaux non américains.

Il suffit de lire le rapport émis par le bureau de Washington de la Fondation, référencé ci-dessous, pour constater qu'il reprend et justifie toutes les ambitions géostratégiques de la Maison Blanche, du DOD et de la Nasa en matière spatiale.

En dehors de considérations sur la gestion des débris satellitaires en orbite basse ou géostationnaire, on y trouve des phrases telles que (p.3) "An international approach to cooperative space efforts, as outlined in the NSP, also represents the United States of renewed interest in working within international fora on space security and sustainability issues. For example, the State Department is charged with coordinating U.S.government efforts to - Strengthen U.S. Space Leadership-in order to reassure allies of U.S.commitments to collective self-defense; identify areas of mutual interest and benefit; and promote U.S. commercial space regulations and encourage interoperability with these regulations".

Sous-jacent à ce rapport est la préoccupation de voir les économies budgétaires que vient de décider l'Administration Obama en réduisant notamment les crédits de la Nasa, nuire au leadership spatial américain. Le lecteur peut se rassurer à la lecture du rapport. Ce rassurant leadership sera maintenu.

Pour en savoir plus
Rapport : http://www.secureworldfoundation.org/images/ObamaAnalysis.pdf
SWF : http://www.secureworldfoundation.org/
SWF: Activités
http://www.secureworldfoundation.org/index.php?id=4&page=About_Us


Le Human Connectome Project (suite)
Jean Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 01/10/2010

Dans un précédent article, "The Human Connectome Project et la Connectomique", nous avions annoncé le lancement d'un projet visant la réalisation d'une carte complète des connexions neuronales du système nerveux central. Elle permettra d'envisager les multiples connexions correspondant à une fonction mentale simple, au lieu de se focaliser sur quelques millimètres carré de tissu cortical.
Une première étude a reposé sur la participation de 130 sujets, chacun d'eux chargés de tâches plus ou moins complexes, tout en étant observés par MRI (résonnance magnétique).

On apprend aujourd'hui que les National Institutes of Health (Etats-Unis), en charge du projet ont financé un budget de 40 millions de $ sur 5 ans pour scanner les cerveaux non plus de 130 mais de 1.200 volontaires afin de construire la base de données recherchée. Ils espèrent ainsi mieux préciser la carte neurale du cerveau et en déduire les causes de certaines déficiences ou maladies.

De nouvelles techniques d'imagerie seront expérimentées. L'objectif en sera d'obtenir des cartes à la fois structurales et fonctionnelles du cerveau. Le grand nombre et la diversité des sujets acceptant de servir de cobayes permettront de faire apparaître les différences normales d'un cerveau en bonne santé à l'autre. On pourra ensuite comparer ces données à celles provenant de sujets affectés d'autisme et de schizophrénie.

Parallèlement, les chercheurs collecteront les données pour les verser dans la base des données génétiques et comportementales provenant des participants. Ils testeront leurs capacités motrices, sensorielles et cognitives. Le tout sera évidemment rendu anonyme.

La base de données est destinée à être proposée à tous chercheurs sur la planète intéressés à la recherche des facteurs génétiques et environnementaux influençant la structuration du cerveau. Les chercheurs espèrent pouvoir détecter les types de connectivité qui font les différences de capacité entre individus, par exemple le don pour les mathématiques ou l'aptitude à une mémoire performante.

On devine que ce projet fera naître des inquiétudes. Ne va-t-il pas susciter des conclusions ou des applications hâtives ? Mais si l'on veut vraiment comprendre ce qu'est le cerveau et comment il fonctionne, de telles recherches, convenablement encadrées au plan éthique, paraissent indispensables.

Pour en savoir plus
Article de Technology Review : http://www.technologyreview.com/biomedicine/26347/?p1=A2


Nouvelles avancées vers le calculateur quantique ?
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 01/10/2010

Circuit de superconducteurs, à 4 q-bits Le principe du calculateur quantique repose sur l'intrication de systèmes quantiques séparés, dits qubits. L'intrication de 2 qubits (ou plus) produit une superposition d'états permettant de conduire des opérations en parallèle.

Pour qu'un tel calculateur puisse être efficace, il devrait comporter des centaines ou milliers de qubits. Le maximum atteint jusqu'ici est de 12. Mais dès ce niveau, les chercheurs craignent d'éprouver des difficultés pour comptabiliser les résultats et corriger les erreurs.

Dans le numéro 467 de Nature, deux équipes signalent l'intérêt d'une approche différente. Il ont réussi à intriquer des qubits faits de circuits superconducteurs, technologie utilisée dans l'industrie des composants électroniques. Ceux-ci sont considérés comme les candidats les meilleurs pour construire un calculateur quantique.

Les auteurs ont réussi des intrications à 3 qubits avec de tels dispositifs. Longtemps considérée comme difficile à obtenir par rapport à l'intrication de 2 qubits, elle présente l'avantage de permettre la correction des erreurs quantiques. Cette correction est essentielle dans ce type de calculateur car ses composants peuvent changer d'état et perdre de l'information beaucoup plus facilement que les composants électroniques ordinaires. Ainsi un rayon cosmique de passage pourrait à tout moment faire passer un qubit de l'état 1 à l'état 0, sans que les utilisateurs du calculateur s'en aperçoivent. En effet, mesurer les bits pendant le calcul pour contrôler leur état provoquerait la destruction de l'intrication. Au contraire, l'intrication de 3 qubits rend possible le contrôle de l'état de deux d'entre eux pendant que le calcul se poursuit sur le troisième.

Pour construire leur système, l'équipe dirigée par Rob Schoelkopf de l'Université Yale a utilisé des fils d'aluminium superconducteurs refroidis à 1° du zéro absolu. Les circuits étaient liés de telle façon que le courant s'écoulant dans l'un influençait les autres. L'intrication était générée par des rafales de micro-ondes capables de modifier l'état des circuits. L'intrication obtenue résulte d'un état global dit Greenberger–Horne–Zeilinger (GHZ) : tous les qubits sont dans une superposition d'états où ils se trouvent tous 3 simultanément dans l'état 1 ou l'état 0.

La seconde équipe, dirigée par John Martinis de l'Université de Californie a réussi, outre un état GHZ, à créer un état dit W dans lequel un qubit à une valeur de 1 et les deux autres une valeur de 2, ou réciproquement.

Des doutes ont cependant été émis sur l'intérêt pratique de tels dispositifs, obligeant à travailler près du zéro absolu. A terme, Il faudra certainement trouver autre chose. Rappelons aussi que certains chercheurs mettent tout simplement en doute la possibilité d'obtenir des qubits ou état de la matière ainsi nommés.


Pour en savoir plus
DiCarlo, L. et al., Nature 467, pages 574-578 (2010) :
Preparation and measurment of three-qubit entanglement in a superconducting circuit
Neeley, M. et al., Nature 467, pages 570-573 (2010) :
Generation of three-qubit entangled states using superconducting phase qubits


L'ACM SIGGRAPH et les robots marcheurs
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 28/09/2010

L' ACM SIGGRAPH, "Association for Computing Machinery's Special Interest Group on Graphics and Interactive Techniques" vise à "grouper les personnes et entreprises ayant un intérêt commun pour la théorie, la conception, la réalisation et l'application du graphisme numérique et des techniques interactives (en sciences, ingénierie, médecine, exploitation des ressources, commerce, industrie, éducation, art et autres domaines) dans le but de faciliter la communication et la compréhension entre l'homme et la machine". Elle existe depuis 1973, et se développe régulièrement.

Le SIGGRAPH 2010 s'est tenu à Los Angeles du 27 au 29 juillet. Le prochain se tiendra en août 2011 à Vancouver. A Los Angeles, les chercheurs Martin De Lasa, Igor Mordatch et Aaron Hertzman y ont présenté les algorithmes évolutionnaires les plus récents permettant à des figures animées, puis ultérieurement à des robots, de marcher comme des humains (voir l'article de MacGregor Campbell Walk like a human et la vidéo associée dans le NewScientist du 7 août 2010)

Le chapitre français, dont l'INRIA est membre, est très actif.

Pour en savoir plus
SIGGRAPH : http://www.siggraph.org/
SIGGRAPH 2010 : http://www.siggraph.org/s2010/
Chapitre parisien : http://paris.siggraph.org/
Article de l'INRIA : http://www.inria.fr/actualites/2010/siggraph.fr.html


Le Google Lunar X prize
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 25/09/2010

Les Français sont si peu intéressés par l'Espace que nul écho n'est donné à plusieurs évènements mondiaux qui en ce début octobre mettent en évidence les enjeux de l'exploration spatiale pour les Etats, pour les industries spatiales et – en principe – pour l'humanité.

Le premier de ces événements est la World Space Week ou semaine spatiale mondiale, organisée par l'ONU du 4 au 10 octobre 2010. Toutes les organisations, étatiques, universitaires et privées, sont invitées à y participer. L'objectif affiché est l'organisation coordonnée d'évènements « mettant en évidence la contribution des sciences et technologies spatiales à l'amélioration de la condition humaine ». Pour les puissances spatiales, se sera l'occasion de promouvoir leurs programmes, leurs ressources humaines et technologiques, leur vision du rôle de l'Espace dans les prochaines décennies.

Un second événement, tout aussi significatif en termes géostratégique, est la tenue du Google Lunar X prize Summit dans l'Ile de Man les 4 et 5 octobre 2010. Google s'était associé il y a 4 ans avec la Fondation Xprize pour offrir un prix de 30 millions de dollars destiné à récompenser la première équipe entièrement privée qui sera capable d'envoyer un robot sur la Lune. Le robot devra y accomplir un parcours de 500 mètres et retransmettre sur la Terre des images, vidéos et données. L'objectif n'est pas à la portée du premier venu. Il suppose la mise au point et/ou l'utilisation de lanceurs, orbiteurs et alunisseurs, sans mentionner le robot lui-même et les télécommunications associées. Le budget de l'ensemble dépasse largement les 30 millions du prix. Les équipes devront donc nécessairement coopérer avec des agences spatiales publiques ou des industriels de l'espace bien établis. Quoiqu'il en soit, 21 équipes se sont inscrites, dont l'une italienne et l'autre catalane (voir http://www.googlelunarxprize.org/lunar/teams).

La Fondation Xprize repose principalement sur les contributions des deux géants des télécommunications Cisco pour les réseaux et BT (British Telecoms) Global services pour les services associés. Son objectif est d'encourager des projets industriels ou universitaires innovants dans les secteurs de l'énergie, des transports, des bio et cognotechnologies. L'espace est considéré à juste titre par cette fondation comme un enjeu stratégique.

Google pour sa part vise à se diversifier dans tous les domaines porteurs d'avenir, comme nous l'avons rappelé dans un article publié sur ce site. Avec Google Earth, il avait montré depuis déjà plusieurs années son intérêt pour les applications satellitaires et le GPS.

Google comme la Fondation X Prize s'inscrivent ainsi de façon spectaculaire dans la politique actuellement décidée aux Etats-Unis: désengager la Nasa des projets spatiaux, en réduisant sensiblement ses crédits, et encourager des entreprises privées capables de prendre le relais tout en bénéficiant de l'expérience et parfois des équipes de la Nasa. Ainsi, comme nous le rappelons dans notre éditorial, la Nasa semble avoir pratiquement renoncé à prendre en charge une prochaine mission lunaire, de même qu'elle a pratiquement renoncé à entretenir la station spatiale internationale et les liaisons par navette avec cette dernière. Concernant la compétition pour le Google Lunar X prize, la Nasa, toute honte bue, vient d'annoncer qu'elle désirait bénéficier de l'expérience acquise par la ou les équipes gagnantes, et qu'elle était prête à en payer le prix, soit 10 millions versés à chaque équipe répondant à un cahier des charges fixé par elle. Ceci devrait lui permettre de s'informer de l'état de l'art dans un domaine où les références passées de la Nasa, aussi glorieuses soient-elles, ne lui permettent plus de s'affirmer. Le fait que le Google Lunar X prize Summit pour 2010 se tienne à l'Ile de Man, connue non par son expérience spatiale mais par ses compétences en termes de paradis fiscaux, n'est pas anodin. Il s'agit d'une nouvelle touche donnée à la politique de privatisation de l'Espace actuellement mise en oeuvre par l'Amérique et par les Européens.

Nous avons indiqué dans l'éditorial précité que, pour ce qui les concerne, la Chine et l'Inde tiennent à conserver la maîtrise gouvernementale sur la politique spatiale. Il s'agit pour ces puissances d'un enjeu géostratégique et civilisationnel majeur. Les entreprises privées n'en seront pas exclues, mais la direction devrait rester dans les prochaines décennies définie par la nation et les institutions publiques qui l'incarnent.

Pour en savoir plus
Le Google Lunar X prize http://www.googlelunarxprize.org/
Xprize Foundation http://www.xprize.org/ BT Global Services et Cisco
World Space Week 4/10 octobre http://www.worldspaceweek.org/
En français: http://www.worldspaceweek.org/intro_-_french.html


Des pré-néandertaliens industrieux ...et rouennais
Jean-Paul Baquiast - 18/09/2010

Dans l'édition du Monde du 18 septembre, notre confrère Stéphane Foucart rapporte et commente la découverte faite sur le site de Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime) par des chercheurs de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Différents fossiles de grands mammifères aujourd'hui éteints, datés d'environ 200.000 ans, ont été retrouvés dans des gravières correspondant à l'ancien lit de la Seine. Ils auraient été apportés là par le courant et rapidement recouverts de limons qui auraient assuré leur conservation.

A proximité se trouvaient les restes d'un atelier de débitage d'outils en silex que viennent d'exhumer les chercheurs de l'Inrap. Ces outils sont caractéristiques des populations pré-néandertaliennes et néandertaliennes qui hantaient la région il y a 200 000 ans. Ils représentent une technique déjà sophistiquées de taille en pointe, dite «Levallois». Selon le préhistorien Jean-Philippe Faivre (Inrap, Laboratoire Pacea), responsable de la fouille depuis 1980, cet atelier avait permis de confectionner de quoi découper les nombreux cadavres accumulés sur la berge, afin, soit de consommer la viande, soit plus probablement d'utiliser peaux, os et viscères.

Selon les chercheurs, les hominiens ayant procédé à ces activités ne pouvaient être que des néandertaliens, les seuls présents sur notre territoire à ces époques. Peut-être même s'agissait-il de pré-néandertaliens, dans la mesure où l'origine exacte des néandertaliens reste discutée. Quoiqu'il en soit, ils étaient particulièrement industrieux, ce qui confirme le caractère évolué de ces hominiens (dits parfois homo sapiens neandertalensis).

Rappelons cependant que les australopithèques africains, plus vieux de quelques 2 millions d'années, sont désormais considérés comme des utilisateurs d'outils de pierre, dont ils se seraient servi pour découper des charognes ou faire des lanières (voir à ce sujet l'essai de Timothy Taylor, The Artificial Ape, How technology changed the course of human évolution cité sur ce site http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2010/110/livresenbref.htm.

Pour en savoir plus
Un article de l'excellente revue Hominidés
http://www.hominides.com/html/actualites/taille-de-silex-neandertal-tourville-la-riviere-0343.php


Colloque Ecologie 2010
JPB - 18/09/2010

Pour la première fois en France, un grand colloque d'écologie scientifique a eu lieu du 2 au 4 septembre 2010 au Palais des Congrès (Corum) de Montpellier. La discipline étudie les relations entre les êtres vivants et les milieux où ils vivent. Initialement très spécialisée, elle entretient désormais des relations avec d'autres disciplines, des géosciences à l'économie et la géopolitique. L'importance du changement climatique a beaucoup pesé dans cette ouverture. L'analyse du "Système Terre" selon Alain Franc, de l'INRA et co-organisateur du colloque, a beaucoup progressé grâce à la multiplication des moyens d'observation à l'échelle de la planète. Elle est couplée à une vision globale de la biosphère.

En France, l’écologie scientifique est très vivante. Elle soutenue par de nombreuses universités et plusieurs organismes de recherche. Elle s’est structurée en diverses thématiques animées par des réseaux. De nombreux fronts de connaissance et questions sociétales actuelles nécessitent la rencontre de toutes ces thématiques.

Lancé à l’initiative des réseaux ComEvol, EcoVeg, GDR Traits, JEF, PPD, et REID (voir le site pour plus de détails), ce colloque a pour objectif de stimuler la dynamique scientifique en réunissant les différents acteurs de l’écologie scientifique.

* http://www.ecologie2010.fr/
* http://www.sfecologie.org/2010/symposium-sfe-ecologie-2010/


Passage d'astéroïdes dans la banlieue de la Terre
le 8 septembre 2010

08/09/2010

Ces deux objets font partie des milliers sinon millions d'autres gravitant dans le système solaire. Ils ont été identifiés le 5 septembre par le Catalina Sky Survey de Tucson, Ariz., lors d'une observation de routine. L'information a été confirmée par le Minor Planet Center de Cambridge, Mass. L'astéroïde le plus proche est passé à 79.000 km de la Terre.

Il n'est pas facile de simuler précisément les conséquences qu'aurait eu son entrée directe dans notre atmosphère. En l'état actuel des technologies, il serait impossible de dévier de tels objets en cas de route de collision.

Pour en savoir plus
Article de Space Daily
http://www.spacedaily.com/reports/Two_Asteroids_To_Pass_
By_Earth_Wednesday_999.html


Des bombes à retardement dans les océans
Jean-Paul Baquiast- 08/09/2010

Il s'agit des milliers d'épaves coulées, principalement durant la seconde guerre mondiale, dans pratiquement toutes les mers du globe. Ces navires se dégraderont progressivement dans les prochaines années, étant en train d'atteindre la limite de résistance de leurs structures. Les épaves non encore détruites relâcheront du carburant de soute, du pétrole et le cas échéant d'autres cargaisons dangereuses. Les quantités ne sont pas considérables, au cas par cas. Mais cumulées, on estime qu'elles pourraient atteindre 10 à 20 fois ce que vient de relâcher le puits de pétrole de BP dans le golfe du Mexique.

Beaucoup de ces épaves se trouvant sur les plateaux continentaux, notamment dans des milieux tropicaux fragiles, et non dans les fosses océaniques, les dégâts seront considérables. Malheureusement il faut compter plusieurs millions d'euros pour dépolluer une épave non immédiatement accessible. Qui paiera ?

Un article qui vient d'être publié par le NewScientist inventorie les différentes études menées à ce sujet par les nations maritimes ces dernières années, et discute les solutions possibles. Pour notre part, nous n'en voyons guère susceptibles d'être conduites à l'échelle qu'il faudrait. Une nouvelle fois, les océans et les espèces marines seront victimes des humains.


Nouvelles menaces de contamination par la grippe aviaire
Jean-Paul Baquiast - 08/09/2010

Il est facile de faire des plaisanteries sur les menaces que comporte l'actuel virus H1N1, lequel s'est révélé à ce jour assez bénin pour l'homme.

Ce n'est pas une raison pour ne pas prendre au sérieux le beaucoup plus redoutable virus H5N1 de la grippe aviaire, mortel pour l'homme à 60%. Des chercheurs indonésiens viennent de constater, dans ce pays où il sévit de façon endémique, qu'il pourrait se transmettre plus facilement qu'auparavant des volailles aux porcs. Chez ceux-ci cependant, il ne passe pas encore d'individu en individu, mais la perspective est loin d'être exclue. Le virus semble en train de muter. De plus, des porcs infectés pourraient être porteurs sains, donc indétectables. En ce cas, la contamination des humains pourrait se faire à grande échelle, vu les similitudes entre le porc et l'homme.

Les experts médicaux pour qui les plus grands dangers menaçant l'humanité tiennent à l'apparition de virus et germes mutants mortels ne devraient donc pas à la légère se voir accuser de travailler pour les laboratoires pharmaceutiques.

Pour en savoir plus
New Scientist :
http://www.newscientist.com/article/dn19414-bird-flu-jumps-to-pigs.html


Des cellules vivantes éventuellement d'origine extraterrestre ?
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 05/09/2010

Godfrey Louis, physicien de l'université Cochin de science et technologie près de Kérala, au sud de l'Inde, avait recueilli en vue d'examen des échantillons d'une mystérieuse pluie rouge tombée en 2001 pendant deux mois dans la région. Nous avions signalé ce phénomène.

La couleur rouge de ces pluies s'était révélée due à la présence de nombreuses cellules analogues à des globules rouges, mais sans correspondance précise avec des formes de vie existant sur Terre. Certains avaient vu là un exemple de panspermie, c'est-à-dire d'ensemencement de l'atmosphère terrestre par des germes venus de l'espace.
La panspermie est une hypothèse un peu facile mais qui n'est pas à refuser totalement, permettant d'expliquer l'apparition de la vie sur Terre il y a plus de 4 milliards d'années. Elle est facile car elle n'explique pas la présence de cette vie éventuelle dans le cosmos.

A l'époque Godfrey Louis avait étudié ces cellules, dans lesquelles il n'avait pas identifié d'ADN. Elles auraient pu être des globules rouges sanguins, mais ceux ci sont détruits par l'eau de pluie. Leur origine était donc restée inconnue. Il avait suggéré en 2006, dans le journal Astrophysics and Space, qu'il pouvait s'agir de particules d'origine extraterrestre, pouvant provenir d'une comète qui se serait désintégrée en haute atmosphère. Une explosion aurait été entendue à l'époque, pouvant correspondre à ce phénomène.

Depuis Godfrey Louis a poursuivi l'étude de ces cellules, conjointement avec le Pr. Chandra Wickramasinghe de l'Université de Cardiff, un des pères, avec le physicien Fred Hoyle, de l'hypothèse de la panspermie. Aujourd'hui, ils viennent de publier le résultat de ces études, qui est assez stupéfiant. Les cellules (voir photo) se reproduisent sans ambiguïté, mais seulement à des températures voisine de 121° C, température à laquelle ne survivent sur Terre que de rares bactéries extremophiles.

Cette découverte devra évidemment être vérifiée avec les différents moyens actuels de l'étude des molécules biologiques. D'ores et déjà, comme le montre le débat ouvert sur le site de la Technology Review, des objections plus ou moins pertinentes peuvent être faites. Mais les auteurs de la publication n'en démordent pas et n'abandonnent pas l'hypothèse extraterrestre.

Bien plus, mais il n'est pas certain que l'argument confortera leur dossier, Wickramasinghe remarque que les cellules rouges controversées émettent lorsqu'elles sont soumises à la lumière une fluorescence semblable au spectre de divers émissions observées dans la galaxie. L'une de celle-ci provient du Rectangle Rouge, un nuage de poussières et de gaz entourant une étoile jeune dans la constellation Monocerous.

Entre une découverte véritablement bouleversante et un simple scénario pour un bon roman de SF, l'avenir dira ce qu'il faudra retenir. Les deux possibilités ne s'excluraient d'ailleurs pas. A vos claviers.

Pour en savoir plus
Article de Technology Review http://www.technologyreview.com/blog/arxiv/25699/
Voir aussi arxiv.org/abs/1008.4960: Growth And Replication Of Red Rain Cells At 121oC And Their Red Fluorescence


Survie de l'homme en apesanteur. Une étude inquiétante
Jean-Paul Baquiast - 05/09/2010

Une étude conduite par Gilles Clément de l'Université de Toulouse a porté sur les dossiers médicaux de six astronautes européens ayant effectué des séjours de plus ou moins longues durées dans la station russe Mir, entre 1988 et 1999. La publication des résultats a été retardée de 10 ans à la demande des intéressés. Il reste qu'aujourd'hui aucune autre étude de cette sorte n'a été faite, concernant par exemple les séjours sur l'ISS. L'étude de Toulouse concerne donc toute sa valeur, d'autant plus que les conditions des séjours de longue durée en apesanteur n'ont guère été modifiées.

Or le diagnostic est inquiétant et jette un doute sur la possibilité, sauf changements technologiques radicaux, d'envisager des vols à longue distance, par exemple vers Mars ou l'un de ses satellites, et moins encore des séjours sur place. Ces missions dureraient plus d'un an et selon les résultats de l'étude, mettraient tellement en danger le potentiel physique des astronautes qu'ils ne pourraient plus faire aucun travail utile une fois débarqués sur la planète. Ils y subiraient évidemment une gravité certes moindre que la pesanteur terrestre, mais néanmoins notable.

Malgré la sélection ultra-sévère à laquelle sont soumis les candidats astronautes, on a constaté à leur retour sur Terre, après des séjours variant entre 14 et 189 jours, que leur corps, adapté à l'apesanteur, ne pouvait plus supporter sans une longue réacclimatation le retour de la gravité. Le coeur, les muscles et les articulations s'étaient adaptés à l'absence d'effort. Les exercices prévus à bord ne suffisaient pas pour maintenir leur potentiel. Les muscles avaient ainsi perdu au moins 30% de leur puissance, devenus comparables à ceux d'un octogénaire.

Il est donc urgent dorénavant de prévoir différents dispositifs permettant de maintenir en état des équipages destinés à des explorations planétaires. Celles-ci ne sont pas encore vraiment à l'ordre du jour, mais la préservation du potentiel humain devrait dès maintenant faire l'objet de recherches approfondies


Pour en savoir plus
Gilles Clément
http://www.cerco.ups-tlse.fr/fr_vers/annuaire/gilles_clement.htm


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