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S'envolant
de Rabat au Maroc, et après avoir été piloté
durant 17 heures par le Suisse Bertrand Piccard, le Solar Impulse
[voir
notre précédente actualité de juillet 2010]
a atterri le 7 juillet Madrid, battant le record du premier vol
intercontinental à bord d'un avion à énergie
solaire.
Selon
l'équipe, ce trajet de 900 kilomètres du Maroc à
l'Espagne était "particulièrement difficile à
réaliser au niveau technique" avec une vitesse moyenne
de 60 kilomètres/heure et de multiples perturbations causées
par des vents de travers, d'une vitesse souvent supérieure
à celle de l'avion.
Constitué
de fibres de carbone, l'appareil volant sans carburant, avait déjà
réalisé un vol aller entre l'Espagne et le Maroc le
mois dernier, devenant à cette occasion le premier aéronef
à énergie solaire à effectuer une liaison entre
deux continents
Cette
performance est considérée par l'équipe suisse
de Solar Impulse comme un "essai" avant un tour du monde
prévu en 2014, avec une version améliorée de
l'appareil.
Boson
de Higgs, un succès européen
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 04/07/2012
Les
chercheurs du CERN annoncent ce jour avoir découvert - avec
une probabilité de 99,9999% - une particule qui pourraient
être le célèbre boson de Higgs. Ce boson était
la dernière particule élémentaire à
échapper aux scientifiques depuis 1994, celle qui permet
de donner une masse aux autres particules.
Si
tout a déjà été dit dans la presse concernant
cette première, ajoutons qu'il s'agit finalement d'un succès
des Européens, qui ont accepté de financer le grand
collisionneur de hadrons (LHC).
Les Américains aujourd'hui se mordent les doigts d'avoir
renoncé à financer un accélérateur de
particules moderne, ayant préféré conquérir
l'Irak.
Le
Space Launch System de la Nasa (SLS)
Jean-Paul Baquiast - 26/06/2012
Dans
le domaine principalement civil, la Nasa bien que très touchée
par les réductions de financement attendues, n'a pas renoncé
à se préparer pour des missions interplanétaires
lointaines (points de Lagrange, la Lune, des astéroïdes
et Mars dans un premier temps). A cette fin, la famille de lanceurs
prévus, baptisée Space Launch System, subit des examens
techniques de plus en plus exigeants.
Le
coeur de ce lanceur lourd (core stage) vient d'être soumis
au Marshall Space Flight Center de la Nasa (Huntsville, Ala.) à
une série d'épreuves croisées provenant d'ingénieurs
de la Nasa et de Boeing. Les concepts en ont été validés.
Cet étage embarquera l'hydrogène et l'oxygène
liquides nécessaires à l'alimentation des 4 moteurs
RS-25, moteurs de l'ex-navette qui seront utilisés pour les
premiers vols du futur lanceur. 2 boosters à poudre complèteront
la poussée au décollage (voir schéma ci-contre).
Le
SLS mettra en orbite le vaisseau spatial de la Nasa Orion et divers
autres charges nécessaires aux missions envisagées.
Le premier vol test, prévu pour 2017, devrait faire appel
à une configuration permettant un emport de 70 tonnes. Ensuite,
un coeur de lancement à 2 étages pourrait permettre
d'emporter 130 tonnes. L'étage supérieur est développé
par Pratt and Whitney Rocketdyne.
Les responsables de la Nasa font valoir que, grâce à
ces différents investissements, et malgré le soutien
relativement froid de Barack Obama, le grand rêve américain
de la conquête de l'espace pourra retrouver vie, au profit
de l'actuelle génération et de la suivante. On ne
peut que leur souhaiter un plein succès, mais nous aimerions
pour notre part que l'Agence Spatiale Européenne ne reste
pas en arrière. Or on peut le craindra aujourd'hui, compte
tenu du nombre de jugements politiques incompétents ou manipulés
de l'extérieur expliquant à tout va que l'espace ne
peut devenir une priorité pour l'Europe. Mieux valent les
programmes d'aide à la personne.
L'espace militaire américain ne sera pas privatisé
Jean-Paul Baquiast - 26/06/2012
On
pourrait naïvement penser qu'avec la mise à la retraite
des navettes spatiales et les hésitations de la Nasa concernant
les véhicules utilisés dans de futures missions lunaires
et martiennes, conjointement avec diverses restrictions budgétaires
actuellement prévues, les Etats-Unis risqueraient de se trouver
en manque de lanceurs intéressant les domaines militaires
et la sécurité.
Ce
n'est pas le cas. Le 20 juin 2012, une fusée Atlas V a décollé
de Cap Canaveral (Space Launch Complex 41) pour une mission dont
la portée véritable n'a pas été précisée
(mise en place d'un satellite d'observation pour le U.S. National
Reconnaissance Office) . D'autres lancements sont prévus
dans la suite de cette année.
Les fusées utilisées pour ce faire par les différentes
armes se répartissent en deux familles, la Boeing Delta IV
et la Lockheed Martin Atlas V. Les deux sont construites et opérées
par le prime contractor du Département de la Défense
dans ce domaine, United Launch Alliance.
Comme indiqué précédemment, ceci n'empêche
pas que se poursuive l'étude, par le DOD, de partenariats
avec le privé, à la suite des récents succès
rencontrés dans les vols orbitaux par Space X et son Falcon
9. Le coût d'un lancement avec les lanceurs Delta et Atlas
et leurs charges utiles atteindrait quelques milliards de dollars
chacun, ce qui pousse à la recherche d'économies.
Mais les missions confiées à ces lanceurs sont considérées
si importantes que la recherche d'économie importe moins
que la sécurité et la disponibilité des vols.
Le Col. Bob Hodgkiss, chef de la direction des lancements (launch
systems directorate) au DOD a mentionné le lancement cette
année d'un système de communication global à
large bande (wideband global sat-com IV) et pour la l'US Navy un
MUOS ou Mobile User Objective System (constellation de 5 satellites
de télécommunications militaires permettant l'utilisation
de téléphonie mobile sécurisée entre
navires .
D'autres systèmes sont prévus dans les prochains mois:
des observatoires spatiaux en infra-rouge (space-based infrared
systems), des systèmes avancés de GPS, des satellites
de météorologie militaire et des satellites participant
à des systèmes d'émission en extrêmement
haute fréquence (advanced extremely high frequency system
). Tout laisse penser que d'autres objectifs plus secrets sont également
poursuivis.
Selon le porte-parole du DOD, chaque opération suppose une
évaluation très rigoureuse des interfaces physiques,
électriques et radio entre la fusée, le satellite
et les stations au sol. L'introduction d'une certaine concurrence
entre sociétés privées pour réaliser
ces missions d'un très haut intérêt stratégique
nécessitera de grandes précautions. La réduction
des coûts ne peut pas être la première priorité.
De toutes façons, le réseau de capteurs US qui enserre
la planète ne fera que se densifier.
Le
consortium Euclide
Jean-Paul Baquiast - 26/06/2012
L'Esa
s'est donnée depuis plusieurs années une stratégie
à long terme visant à approfondir les grandes questions
encore non résolues intéressant l'univers. Il s'agit
du programm "Cosmic Vision". L'agence spatiale du Royaume
Uni y participe également.
Dans ce cadre, l'Esa a promu ce qui est présenté
comme la plus large collaboration mondiale d'astronomes à
ce jour. Son objet est de piloter la construction du satellite Euclide,
destiné à approfondir les concepts d'énergie
noire et de matière noire. Prévu pour un lancement
à la fin de la décennie, il devrait cartographier
les anomalies de distribution de la matière dans l'univers,
ainsi que leur évolution.
Le consortium Euclide utilisera deux instruments
dans ce but, qui font l'objet d'un financement britannique: le VIS
(Visible Imaging instrument) et le NISP (near infrared imaging and
spectrograph).
Le
projet Human Microbiome
Jean-Paul Baquiast - 25/06/2012
Aux Etats-Unis,
le consortium Human Microbiome Project (HMP) rassemble près
de 80 universités et institutions scientifiques. Il avait
été mis en place à l'initiative des National
Institutes of Health pour identifier les populations microbiennes
commensales des humains en bonne santé. , Après 5
ans de travail, il vient de produire le 14 juin un ensemble de rapport
disponibles
en ligne.
Ces diverses populations, comprenant des espèces pathogènes,
coexistent sans dommage chez l'individu sain. Il convient donc de
comprendre dans quelles conditions elles peuvent devenir offensives,
provoquant éventuellement des affections mortelles.
Pour définir le microbiome humain « normal »,
les chercheurs ont analysé des échantillons prélevés
chez 242 volontaires au sein de 18 sites corporels. Afin de faciliter
les analyses, ils ont utilisé systématiquement des
machines à séquencer l'ADN qui permettent d'abaisser
sensiblement les coûts. Près de 90% des espèces
microbiennes présentes dans l'écosystème humain
ont été identifiées.
Les
études ont montré que le microbiome humain comporte
8 millions de gènes codant pour des protéines, alors
que le génome humain n'en comporte que 22.000. Ces gènes
sont fondamentaux pour le bon fonctionnement de l'organisme, non
seulement dans le système gastro-intestinal plus ou moins
bien connu mais dans chacun des autres sites corporels analysés.
Ils produisent ainsi des vitamines et des anti-inflammatoires que
le génome humain ne peut fabriquer.
Image: Enterococcus faecalis, un des
plus répandus, y compris dans les hôtels, transports
en commun, etc.
Les applications cliniques de ces recherches commencent seulement.
On devine qu'elles seront très nombreuses et importantes.
Elles constituent la raison d'être essentielle du projet Human
Microbiome. On saluera le fait que leurs grandes lignes sont toutes
en accès libre sur le web.
Le
nouveau palmarès des 10 super-calculateurs les plus rapides
Jean-Paul Baquiast et Christohpe Jacquemin - 25/06/2012
C'est le nouveau
calculateur IBM Blue Gene/Q Sequoia du Lawrence Livermore
National Laboratory (LLNL) qui a pris la tête , avec une vitesse
de 16, 2 petaflops (1 quadrillion d'opérations en virgule
flottante par seconde) selon le palmarès mondial établi
par
Top500.
Ce matériel sera dédié à la recherche
dans le domaine de l'armement nucléaire, pour le compte
du programme Advanced Simulation and Computing (ASC) conduit par
la National Nuclear Security Administration (NNSA), en collaboration
avec les Laboratoires Sandia. Ceci, notons-le, au moment où
l'inspiré Michel Rocard recommande à la France d'abandonner
la force de dissuasion pour raisons d'économies. Sequoia
pourra aussi être utilisé pour étudier la fusion
nucléaire, pour le compte de la National Ignition Facility.
Les suivants de la liste sont
- le K Computer japonais de la RIKEN Advanced Institute
for Computational Science (10.5 petaflops),
- le Mira BlueGene/Q de l'Argonne National Laboratory,
- l'IBM Dataplex SuperMUC, installé au Leibniz Rechenzentrum,
Allemagne;
- Le chinois Tianhe-1A,
- l'IBM Bluegene/Q installé à CINECA, Italie,
- le Jaguar de l'Oak Ridge National Laboratory dans le Tennessee,
- l'IBM allemand JuQUEEN BlueGene/Q, installé au Jülich
Supercomputing Centre (JSC),
- Les Tera du français Bull (Bull est pour ceux qui l'ignoreraient
encore un des heureux survivants du Plan Calcul gaulliste, si décrié
par les perroquets de service),
- le Nebulae chinois.
Un
robot autonome pour l'ESA
Jean-Paul Baquiast - 21/06/2012
L'ESA
teste actuellement dans le désert d'Atacama au Chili. un
véhicule présenté comme pleinement autonome
Il s'agit du Seeker, rover présentant quelques uns
des caractères du rover ExoMars qui devrait être envoyé
sur Mars par l'Agence européenne en 2018. (photo).
Il s'agit d'un élément important du programme dit
Star Tiger. Une équipe pluridisciplinaire a développé
en 6 mois un logiciel permettant à ce véhicule d'accomplir
des circuits de plusieurs kilomètres dans un environnement
varié, sans aide de la Terre, les signaux parvenant de cette
dernière demandant 40 minutes pour être reçu.
Le rover ne disposera évidemment pas de GPS pour préciser
sa position. Il devra donc dresser une cartographie précise
au mètre près du territoire l'intéressant,
à l'aide de ses capteurs stéréographiques.
Pour obtenir la carte et y tracer sa route, il utilisera notamment
la technique, héritée des anciens premiers explorateurs
océaniques, dite SLAM (Simultaneous Localization And Mapping)
: on se fixe une direction donnée, on cartographie les éléments
de terrain rencontrés dans cette direction, qui servent de
repères pour des passages ultérieurs.
Nous
avons plusieurs fois indiqué que le défi considérable
consistant à explorer sans se perdre et sans accidents une
planète autre que la Terre représentera l'incitation
la plus puissance à la réalisation de robots dont
l'autonomie se rapprochera de celle des humains. Le support physique
d'un rover constitue dans un premier temps pour ce faire un moyen
plus économique et facile d'emploi que l'utilisation de robots
humanoïdes.
Annonce
"imminente" de la découverte du boson de Higgs
?
Jean-Paul Baquiast - 21/06/2012
Des bruits courent
avec persistance selon lesquels les équipes qui analysaient
les résultats fournis par le LHC en décembre 2011
auraient obtenu un faisceau de preuves concordantes concernant la
présence de ce phénomène encore théorique.
Une annonce devrait être faite en ce sens à l'International
Conference on High Energy Physics de Melbourne en juillet.
Les
essais réussis de l'engin orbital américain X-37
Jean-Paul Baquiast
- 21/06/2012
Dans
notre article référencé à la rubrique
précédente, nous signalions les essais réussis
d'un engin sans pilote capable d'être satellisé et
de recevoir des applications militaires. Nous disposons aujourd'hui
de quelques précisions à cet égard.
Boeing,
qui est chargé du développement de cet appareil, affiche
sa satisfaction. Le second démonstrateur, nommé X-37B
Orbital Test Vehicle (OTV) vient de réussir les maneouvres
prévues de désorbitage et d'atterrissage à
la Vandenberg Air Force Base. Il a réussi pour le compte
de l'Air Force Rapid Capabilities Office (dont l'intitulé
est tout un programme), une mission de 469 jours, après un
lancement en mars 2011 à partir la Cape Canaveral Air Force
Station.
"Avec l'OTV, nous montrons, affirme le vice président
du Government Space Systems de Boeing, la capacité de mettre
en orbite et de récupérer un engin réutilisable
qui devrait pouvoir rendre des services analogues à ceux
de la désormais défunte Navette spatiale". Mais
pour le moment l'usage prévu en est exclusivment militaire.
Boeing est cependant très discret sur les acquis de compétence
qui lui offre ce programme, financé par les budgets de la
défense. Ces acquis lui permettront de concurrencer efficacement
Airbus dans la réalisation de futurs gammes de produits..
Ce même Airbus dont il dénonce notamment devant l'OMC
les prétendues aides publiques dont celui-ci bénéficie
de la part des Etats européens.
Faut-il
parler d'un drone ou d'un avion sans pilote ?
Jean-Paul Baquiast
- 21/06/2012
Les
essais en vol du X-47 B, avion de démonstration pour le concept
de Unmanned Combat Air System (UCAS) se poursuivent avec succès
à l' Edwards Air Force Base, Californie. L'appareil développé
en plusieurs exemplaires par Northrop Grumman pour le compte de
l'US Navy a réussi plusieurs manoeuvres incluant celles nécessaires
à l'emploi sur un porte-avion dédié, qui fait
lui même partie du concept sous le nom de Navy's Unmanned
Combat Air System Carrier Demonstration (UCAS-D) program.
Les performances
de cet engin sans pilote et du système associé augmentent
considérablement la portée des drones de combat américains
décrits dans notre article Le
monitoring de la planète - Les drones
La
station spatiale chinoise
Jean-Paul Baquiast - 21/06/2012
La
Chine a voulu, comme nous l'avions précédemment relaté,
mettre en place sa propre station spatiale, le laboratoire spatial
Tiangong 1. Ceci a été fait le 29 septembre 2011.
Il restait à envoyer des astronautes à bord. Pour
cela, le module de liaison Shenshou, qui avait auparavant permis
de tester les procédures d'accostage sans personnel à
bord, vient de procéder à cette opération délicate.
Le transfert a été réalisé le 20 juin.
La liaison a été opérée sur le mode
automatique, jugé plus sûr. Dans les prochains jours,
les 3 astronautes procéderont à un désarrimage
et à un accostage sur le mode manuel. Cette procédure
est indispensable pour des raisons de sécurité, en
cas de panne de l'automatisme.
Ce faisant la Chine continue à affirmer, sans commettre d'erreurs,
sa volonté de participer avec ses propres ressources à
l'occupation de l'espace proche.