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Un
nouveau sarcophage pour Tchernobyl
Christophe Jacquemin - 26/04/2012
Le
coup d'envoi officiel de la construction du nouveau sarcophage de
Tchernobyl a été donné ce 26 avril 2012, soit
vingt-six ans jour pour jour après "le plus grand
désastre de l'histoire de l'humanité"(1) ,
selon les mots du président Ukrainien Viktor Ianoukovitch.
Un chantier titanesque qui s'élève à 1,5 milliard
d'euros, avec plus d'une vingtaine de pays contributeurs (notamment
les Etats-Unis, la Chine et la France), l'Ukraine ayant apporté
8% du montant.
Coup
d'envoi officiel, car des travaux préparatoires ont en fait
débuté en 2006 pour les opérations de terrassements
et le commencement de la construction de l'arche en début
d'année.
Il s'agit aujourd'hui de recouvrir d'une arche gigantesque la chape
de béton qui enveloppait les restes du réacteur n°4
accidenté, chape coulée en urgence en 1986 mais dont
les fissures actuelles(2) montrent qu'elle ne peut plus être
considérée comme sûre.
Ce
gigantesque chantier, confié à deux groupes de BTP
français, Vinci et Bouygues (consortium Novarka), devrait
se terminer à l'automne 2015. L'arche mesurera 108 mètres
de haut, 162 m de large, 270 m de long pour un poids de quelque
18 000 tonnes.
Le
nouveau sarcophage sera assemblé sur un terrain contigu au
réacteur, puis sera glissé au-dessus de la vieille
chape. Le but est d'endiguer tout risque de radioactivité.
Rappelons en effet que le coeur du réacteur reste toujours
actif en cette matière. Et dans l'état actuel des
connaissances, la seule solution est de confiner l'ensemble des
rayonnements sous une enceinte la plus massive possible. Enceinte
prévue pour une durée de sûreté de cent
ans.
Rendez-vous
donc dans un siècle pour la suite... Certains radioéléments
ont ici une durée de demi-vie vie(3) de plusieurs
milliers d'années... Le corium (magma fondu) sous le réacteur
n'a pas fini de dicter sa loi. Il contient aussi du plutonium 239,
dont la demie vie est de.... 24 100 ans....
(1) Signalons
aussi que pour l'instant, rien n'est réglé à
Fukushima... (2) On estime à 100 m2 la surface des interstices
ouverts dans sa structure de béton et d'acier. (3) Le temps de demi-vie correspond au moment où la moitié
des noyaux radioactifs d'une source se sont désintégrés.
L'Inde
s'engage de facto dans une course aux armements
avec la Chine
Jean-Paul Baquiast - 19/04/2012
L'Inde
a toujours affirmé que ses investissements militaires n'avaient
aucune vocation offensive. Ils seraient seulement défensifs.
Autrement dit, ils seraient au service d'une politique de dissuasion.
Mais qui parle de dissuasion, laisse entendre que des conflits seraient
probables et qu'il faut s'y préparer. Si l'adversaire potentiel
augmente ses forces, il faut faire de même. On se trouve donc
ipso facto engagé dans une course aux armements.
Pour
l'Inde, la menace potentielle la plus probable était représentée
jusqu'à présent par le Pakistan, dont la politique
étrangère erratique n'offre aucune garantie. Mais
désormais, la Chine fait partie des grands Etats aux yeux
desquels elle veut affirmer une capacité de riposte. L'arsenal
militaire chinois est très supérieur à celui
que peut aligner l'Inde, alors que les deux puissances asiatiques
disposent de populations et de territoires à peu près
comparables. Conserver une faiblesse militaire n'est donc pas acceptable
aux yeux des dirigeants ni des populations.
L'Inde,
sans que cela soit clairement précisé, dispose depuis
quelques années d'une capacité nucléaire. Il
y a quelques mois, elle s'était dotée d'un sous-marin
nucléaire loué à la Russie, qui sera certainement
le premier d'une série. Elle avait enfin développé
des missiles de portée moyenne, capable d'emmener des têtes
nucléaires, la série des Agnis. Mais ceux-ci n'avaient
pas de performances suffisantes pour être présentés
comme "China-centric", selon l'aimable expression
utilisée par les militaires.
Ce
n'est plus le cas depuis le 19 avril. Par le lancement réussi
d'un ICBM (Missile intercontinental) d'une portée potentielle
de 5.000 km, l'Inde a démontré qu'elle rejoignait
désormais le club des nations disposant de tels armements,
membres du Conseil de Sécurité : Grande Bretagne,
Etats-Unis, France, Russie et Chine.
Ce missile, baptisé Agni V, peut emporter une ou plusieurs
têtes nucléaire d'une tonne au total, n'importe où
en Chine ou dans un rayon de 5 000 km. Il présente les caractéristiques
: suivantes : hauteur, 17m; poids 50 t, 3 étages; carburant
solide, hauteur maximum de trajectoire : 800 km.
Les
Chinois n'ont pas manqué de remarquer que cet exploit technique
ne comble pas les différences de forces entre les deux arsenaux.
Ils ont mis en garde l'Inde contre le risque de présumer
de ses forces. Si l'on considère cependant que les équilibres
de la terreur sont les meilleurs garants d'une coexistence pacifique
entre puissances en compétition, on peut penser que le succès
indien est une bonne nouvelle pour la paix globale. Il ne serait
pas sain que la Chine n'ait en Asie aucun concurrent capable de
limiter d'éventuelles vues expansionnistes. Les Etats-Unis
mais aussi les puissances européennes devraient donc se féliciter
de l'arrivée de l'Inde dans le club des puissances balistiques.
Dans les prochains mois, s'il se concrétisait, le concept
d'EuroBRICS, que nous évoquons dorénavant de plus
en plus souvent, ne devrait pas trop en souffrir.
Le
nucléaire au Japon
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 19/04/2012
Le
Japon va présenter le cas exceptionnel parmi les grands pays
industriels de devoir subsister un certain nombre de mois en ne
disposant d'aucun réacteur nucléaire en opération.
Sur les 54 unités opérationnelles avant le désastre
de Fukushima, l'une seulement est encore en fonctionnement, au nord
d'Hokkaido, mais elle sera arrêtée pour maintenance
en mai.
Le
gouvernement envisage de faire redémarrer deux réacteurs
sur le site de Oi dans l'ouest du Japon, mais la décision
n'a pas encore été prise, même si les tests
de sécurité ont été jugés satisfaisants.
Les autorités locales et la population demeurent très
hostiles à ce redémarrage.
La centrale thermique d'Oi est située à 100 km au
nord d'Osaka. Elle est gérée par l'industriel Kansai
Electric Power. Mais celui-ci, du fait des fautes graves commises
par son concurrent Tokyo Electric Power à Fukushima, ne parvient
pas à regagner la confiance du public.
Le ministre de l'industrie Yukio Edano a prévenu
que le pays rencontrera de sévères restrictions en
énergie électrique durant le prochain été,
compte tenu des pics de climatisation prévus. Environ 40%
de la production électrique est d'origine nucléaire.
Quasi démission
des pouvoirs publics Que va-t-il se passer ? Assez curieusement, le gouvernement
n'a pas organisé de reprise en mains par l'Etat de la situation.
La décision reste toujours sous la responsabilité
des industriels et ceux-ci ne sont guère plus sévèrement
contrôlés qu'auparavant. Les autorités publiques,
tant régionales que nationales, manquent des effectifs et
de l'expertise qui seraient nécessaires. Elles en sont réduites
aux incantations: réduire les consommations, remplacer le
nucléaire par d'autres sources...autres sources qui, dans
l'immédiat; ne pourront provenir que du gaz et du pétrole,
dont la contribution à la pollution des grands centres urbains
et industriels ne va pas cesser de croitre.
La construction de deux méga-centrales solaires
a été annoncée, la plus avancée étant
celle proposée par le géant de l'électronique
Kyocera près de la ville du sud-Japon Kagoshima. Elle fournira
70 megawatts. Ce ne sera cependant qu'un apport limité, si
rien ne change profondément dans les perspectives actuelles
de consommation et de production.
La situation de l'énergie au Japon sera,
il va sans dire, suivie avec attention en Europe, aussi bien par
ceux qui, comme l'a rappelé Anne Lauvergeon dans son dernier
ouvrage, militent pour un nucléaire mieux contrôlé
par l'Etat, que par ceux qui défendent la sortie du nucléaire.
Une
nouvelle mise en garde par l'UNEP (United Nations Environment Program)
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 28/02/2012
Il
s'agit en fait plus d'un avis de tempête que d'une simple
mise en garde Les 18 experts ayant obtenu les précédents
prix Blue Planet de l'UNEP ( prix considéré comme
le Nobel de l'environnement), viennent de publier, le 21 février
2012, un rapport bien plus alarmant que ceux jusqu'ici distribués.
Ils avertissent qu'une tempête parfaite (perfect storm) menace
désormais le monde. Elle résultera de la conjugaison
des problèmes écologiques et sociaux dus à
la surpopulation, la surconsommation et le suremploi de technologies
environnementalement destructrices.
Pour eux, la
société mondiale n'a d'autres choix que des changements
radicaux permettant d'éviter l'effondrement des civilisations.
Ils dénoncent, une nouvelle fois, la confiance indue faire
aux « marchés », c'est-à-dire au capitalisme
financier et au libéralisme sans frontières, pour
résoudre ces problèmes. Ils demandent aux responsables
politiques d'écouter les opinions publiques,des pays pauvres
pour qui les questions relatives à l'eau, la nourriture et
les modes de vie sont interdépendantes et intégrées
dans un écosystème vivant global.
Ils refusent
de faire confiance à des solutions centralisées ou
à des experts sans expérience pratique. Ils demandent
au contraire de remettre aux communautés locales la gestion,
le contrôle et la propriété des technologies.
Ils réclament
plus précisément:
- Le remplacement des indices calculant le produit national brut
par des évaluation intéressant le capital environnemental,
humain et social ainsi que sur leurs relations.
- La suppression des subventions à l'énergie, aux
transports et à l'agriculture qui provoquent des surcoûts
environnementaux et sociaux que personne ne prend en charge.
- La condamnation des surconsommations du monde riche et à
l'inverse la promotion des femmes, de l'éducation et de la
contraception dans les pays pauvres.
- L'attribution de pouvoirs de décisions aux groupes sociaux
marginalisés.
- L'intégration plutôt que la mise en concurrence des
politiques économiques, environnementales et sociales.
- La protection et la valorisation économique de la biodiversité
et des activités de défense des écosystèmes,
au sein d'activités économiques « vertes ».
- L'investissement dans la science et les formations concernant
ces divers enjeux.
Ces propositions
seront présentées et discutées au sommet de
Rio du 20-22 juin 2012, consacré par l'ONU à la promotion
du développement durable.
Nous pensons
que sur le fond, ces différentes propositions devraient être
étudiées et discutées en profondeur. Le faire
signifierait le début de prise de conscience d'un danger
global menaçant nos civilisations et dans une large mesure
la planète tout entière. Mais on ne voit pas pour
le moment comment les solutions évoquées pourraient
être mises en place, face aux résistances des intérêts
dominants. Ceci aussi bien dans les pays riches que dans les pays
pauvres.
Faudra-t-il
attendre que la tempête annoncée s'établisse
vraiment pour que les rapports de force changent. Et même
en ce cas, qui garantira que les intérêts dominants
n'en profiteront pas pour augmenter leur emprise sur les sociétés
?
On notera que
contrairement à la bien-pensance qui règneà
ce sujet dans beaucoup de pays, la surpopulation (actuelle et non
la surpopulation future) est présentée comme un fléau
majeur, à combattre notamment par la réduction des
naissances. .
Supercalculateurs.
L'Europe relèverait le défi
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 28/02/2012
La
commission européenne, par la voix de la vice-présidente
Neelie Kroes, vient de confirmer que l'Europe entend bien s'inscrire
en tête dans la course aux super-calculateurs de très
haute performance (exascale computing). Elle devrait doubler sa
contribution aux projets correspondants, soit de 630 millions d'euros
à 1,6 milliard.
La Chine dans
le même temps vient d'annoncer qu'elle dispose des hommes
et des crédits pour atteindre par ses propres moyens le niveau
de l'exascale.
La communauté
scientifique et informatique américaine s'en alarme, dénonçant
les réductions budgétaires annoncées par le
Congrès. Le risque de prendre du retard dans un domaine jusque-là
dominé par les Etats-Unis est présenté comme
sérieux.
On ne peut que
se réjouir de constater la volonté des Européens
de figurer en bonne place dans cette course. Ils font valoir à
juste titre les multiples retombées découlant de la
réalisation et de l'utilisation des calculateurs de haute
performance. Le groupe français Bull est bien placé
dans ce secteur.
Neutrinos
supra-lumineux : défauts dans le câblage ?
Jean-Paul Baquiast et Christohpe Jacquemin - 28/02/2012
Le CERN a poursuivi
avec assiduité la critique des conditions ayant permis d'obtenir
des informations relatives à l'existence de neutrinos dépassant
la vitesse de la lumière. Or il vient d'annoncer avoir détecté
des défauts dans les cablages des instruments utilisés.
Ces défauts seraient de deux sortes. Mais ils seraient de
sens opposés, les uns augmentant la vitesse observée,
les autres la diminuant. Aucune conclusion précise ne peut
encore être retenue.
On peut cependant
penser en attente de conclusions définitives que l'anomalie
constatée dans la vitesse des neutrinos tiendrait aux conditions
de l'expérimentation. Les physiciens théoriciens le
regretteront.
Des
drones américains pour l'Otan
Jean-Paul Baquiast - 16/02/2012
L'Otan va se
doter d'un programme de 3 milliards d'euros en 20 ans afin d'acquérir
aux Etats-Unis des drones dont l'absence s'était faite sentir
lors de la campagne de Libye.
Il s'agira dans
un premier temps de 5 appareils Global Hawk de Northrop Grumman
(image), accompagnés de stations à terre et de la
technologie d'analyse des images. Il faudra ajouter 2 milliards
en 20 ans pour la mise en oeuvre des drones. L'ensemble sera basé
à Sigonella, en Sicile. La Grande Bretagne et la France ont
annoncé qu'elles contribueraient avec leurs propres ressources.
Encore heureux.
Encore heureux
quand on sait que les Européens disposent de tous les éléments
pour produire eux-mêmes d'excellents drones aux performances
diversifiées. Mais comme d'habitude les gouvernements de
qui dépendent les commandes n'ont pas encore réussi
à s'accorder sur des spécifications et des fournisseurs
communs. Ils le paieront cher car les drones promettent de remplacer
les avions pilotés dans un très grand nombre d'emplois
militaires et civils. Encore un secteur industriel qui, si rien
n'est décidé rapidement, échappera à
l'Europe.
PS au 18/02.
On a noté que, lors de la réunion entre Nicolas Sarkozy
et David Cameron le 17/02 à Paris, consacrée à
des programmes communs de défense, a été évoqué
le projet d'un drone franco-britannique. Nous n'avons pas d'informations
précises sur les spécification de ce drone, ni sur
les industriels concernés En revanche, on ne peut que méditer
sur la date de mise en service de cet appareil: 2030...D'ici là...
Première
production de matière dense par fusion nucléaire laser
Jean-Paul Baquiast - 28/01/2012
Linac Coherent
Light Source SXR experimental chamber. The central part of the frame
contains the holder for the material that will be converted by the
powerful LCLS laser into hot, dense matter. To the left is an XUV
spectrometer and to the right is a small red laser set up for alignment
and positioning. (Credit: University of Oxford/Sam Vinko)
La fusion nucléaire
contrôlée utilise deux procédés, la fusion
par confinement magnétique (ITER) et la fusion par confinement
inertiel ou par laser. Celle-ci fait appel à de puissants
lasers dont la puissance dépasse 1 pétawatt, dirigés
jusqu'à présent sur une microbille de deutérium-tritium
enfermée dans une coquille de plastique. L'énergie
apportée génère un processus de fusion entre
les atomes, dégageant de l'énergie. En principe un
gain de 10 entre l'énergie de fusion et l'énergie
apportée par laser est obtenu. Reste ensuite à récupérer
cette énergie.
Jusqu'à présent cependant il s'agissait d'un modèle
faisant appel à un mélange gazeux. Mais aux Etats
Unis les chercheurs du SLAC (Stanford National Accelerator Laboratory
(http://www.slac.stanford.edu/)
viennent d'annoncer avoir produit un processus de fusion nucléaire
intéressant la matière solide. Ils ont utilisé
pour cela un laser extrêmement puissant, le Linac Coherent
Light Source (LCLS) produisant des émissions un milliard
de fois plus lumineuses que les sources de rayons X actuellement
utilisées.
La cible en
était un petit fragment d'aluminium. L'émission a
duré moins d'un trillionnième de seconde et a permis
d'atteindre la température de 3 millions de degrés
Celsius. Ici, ce fut la première fois qu'un métal
ou matière dense, jusqu'ici impénétrable aux
lasers, a subi un processus de fusion, donnant naissance à
un spécimen de matière dense chaude hot dense
matter.
L'objectif est dorénavant d'étudier les processus
en cause. Ceci permettra de mieux comprendre ce qui se passe dans
le coeur des étoiles et des planètes géantes,
ainsi que dans le soleil et ailleurs dans l'univers. Ultérieurement
on essaiera de les reproduire à grande échelle.
Une course est ainsi engagée, pratiquement, entre les équipes
d'Iter et celles du SLAC afin de produire industriellement de l'énergie
de fusion. En France, on peut penser que les équipes du laser
Mégajoule (http://www-lmj.cea.fr/)
participeront au défi, s'ils disposent des crédits
nécessaires à l'augmentation de puissance requise.
Référence S. M.
Vinko, et al., Creation and diagnosis of a solid-density plasma
with an X-ray free-electron laser, Nature, http://www.nature.com/nature/journal/vaop/ncurrent/full/nature10746.html
Le
candidat du GOP Newt Gingrich plaide pour la Lune
Jean-Paul Baquiast - 28/01/2012
Se
distinguant de ses concurrents du parti Conservateur pour la présidence
des Etats-Unis, Newt Gingrich vient de plaider pour une ambitieuse
politique spatiale: base permanente sur la Lune vers 2020, système
de propulsion de nouvelle génération pour un vaisseau
martien habité, commercialisation étendue des activités
scientifiques, industrielles et touristiques en orbite basse.
Au moment où le mot d'ordre des politiques est à la
réduction des dépenses non immédiatement rentables,
cette position est intéressante à noter. Le succès
qu'elle rencontrera montrera l'intérêt que porte encore
l'opinion américaine aux programmes spatiaux civils, les
programmes militaires n'étant pas remis en cause par la réduction
du budget du DOD (défense), comme on peut le supposer aisément.
La
Chine confirme son ambitieux programme spatial
Jean-Paul Baquiast - 23/01/2012
La
Chine prévoit pour 2012 le lancement de 21 fusées
et de 30 satellites, selon la China Aerospace Science and Technology
Corp. (CASC). Ceci comportera le lancement du vaisseau spatial Shenzhou-9
qui réalisera un rendez-vous en orbite et l'accostage de
la station orbitale Tiangong-1.
Selon la Compagnie, 100 lancements et la mise en orbite de 100 satellites
seront réalisés entre 2011 et 2015. Le tout en vue
d'usages présentés comme pacifiques. Ceci jouera un
rôle incitatif puissant dans le développement des capacités
industrielles high-tech de la Chine. L'Europe ferait bien de s'en
inspirer, à une époque où l'on y envisage de
relancer des investissements productifs.
Un
oeil grand ouvert dans le ciel
Jean-Paul
Baquiast 23/01/2012
Cette image
curieuse est celle que vient d'obtenir le télescope VISTA,
de l'European Southern Observatory, a Paranal, Chili. Elle représente
la nébuleuse Helix (hélice), référencée
NGC 7293. Prise en infrarouge, elle révèle des nuages
de gaz invisibles en lumière visible.
Helix est une
nébuleuse planétaire galactique relativement proche
(700 années-lumière). Elle est située dans
la constellation Aquarius. Un tel objet n'est en rien une planète,
malgré son nom. Il résulte de l'effondrement d'une
étoile en fin de vie de la taille du soleil. Celle-ci éjecte
ses couches externes, avant de devenir une naine blanche (la petite
tache bleue au centre de l'image). Le diamètre de l'anneau
principal est de 2 années lumière, soit la moitié
de la distance entre la Terre et l'étoile la plus proche,
Proxima.
Le télescope
Vista de 4,1 m. de diamètre dispose de détecteurs
spéciaux bien adaptés à l'infrarouge. Rappelons
que l'ESO possède des capacités d'observation à
terre qui sont les plus performantes au monde.
Des
réseaux sociaux pour les chercheurs
Et si l'on réenchantait la science...
Christophe Jacquemin
- 22/01/2012
A
l'instar des Facebook, LinkedIn, Viadeo..., remarquons aujourd'hui
d'autres réseaux sociaux et plateformes collaboratives, bien
moins connus car s'adressant surtout au monde scientifique et à
ses chercheurs. Objectif : augmenter les échanges, le partage
de la connaissance, la transparence, les interactions entre membres.
Offrir aussi des outils (bibliothèque raisonnée d'articles,
de courbes, de calculs...).
Ici, l'imagination pourrait être au pouvoir.
Si le leader de ces sites est actuellement Researchgate (plus de
1,3 million de membres), il faut aussi compter avec Figshare, Biomedexperts,
Mysciencework, Knowtex, Mendeley...
On se met alors à rêver de la création d'une
collectivité nouvelle où enfin des termes comme multidisciplinarité,
approche dans la globalité, recherches désintéressées
et partage ne seraient pas de vains mots. Un réenchantement
de la science collectif...
Perspectives
pour contrôler les instabilités dans un réacteur
à fusion
Jean Paul Baquiast
- 22/01/2012
Le
public européen oublie trop souvent que la Suisse fait partie
du Continent et que ses institutions de recherches contribuent notablement
au renom scientifique de l'Europe. Ceci sans doute parce que s'y
exerce un très fort tropisme vers l'Amérique, dont
le crédit est porté au bénéfice de cette
dernière. Il n'empêche. Aujourd'hui, l'Ecole Polytechnique
Fédérale de Lausanne (EPFL) nous en donne une nouvelle
preuve.
Ses physiciens viennent d'annoncer avoir franchi un pas important
dans la prévention du développement d'instabilités
au coeur d'un réacteur à fusion nucléaire.
C'est une des difficultés que doit impérativement
résoudre le prototype ITER s'il devait être exploité
à terme sur un mode opérationnel. ITER, comme tout
réacteur de type Tokamak, exploite le processus de la fusion
par confinement magnétique. Un plasma constitué de
deuterium et de tritium est porté à très haute
température au sein d'une chambre de confinement (image),
afin d'obtenir par fusion des atomes d'hélium, avec dégagement
d'énergie. Un champ magnétique (variable) induit un
courant électrique au sein du plasma.
Or il arrive que des instabilités se développent dans
le plasma, qui le font vibrer. S'il touche les parois du réacteur,
il se refroidit rapidement et développe des forces électromagnétiques
pouvant détruire la structure de la machine. L'objectif est
donc de réduire sinon prévenir ces instabilités
avant qu'elles ne se développent.
Les chercheurs de l'EPFL proposent pour cela d'utiliser une antenne
qui émette des radiations électromagnétiques
ajustées à la prévention des instabilités,
dirigées vers les zones du plasma où elles peuvent
apparaître, ceci sans perturber le reste de l'installation.
En fait cette antenne sera la même que celle servant à
chauffer le plasma, du type déjà en usage dans le
Joint European Torus (JET). Il faudra la compléter d'un détecteur
d'instabilités adapté à ITER.
Ceci montre aux détracteurs du Programme ITER que les nombreux
obstacles à résoudre pour que celui-ci aboutisse ne
sont pas tels qu'ils devraient condamner d'avance le projet. Dans
le temps qui les sépare d'une mise en service, les ingénieurs
devraient trouver des solutions satisfaisantes
Naufrage
du Costa Concordia
Jean-Paul Baquiast - 16/01/2012
Nous
laissons à nos confrères de Mer et Marine (magazine
chaudement recommandé concernant les choses de la mer) le
soin d'informer nos lecteurs de l'actualité des évènements
à la date du 16/01/2012. Les sujets de réflexion qu'ils
proposent concernant l'avenir de ce type de paquebot dans la croisière
sont également à méditer.
Surtout
lorsque la volonté de maximiser les profits dirige finalement
les choix stratégiques. Nous ajouterions pour notre part
que, contrairement à ce qu'écrit la grande presse,
le pire aurait pu se produire compte tenu des circonstances du naufrage,
ceci malgré le beau temps. L'équipage mis en cause
par les passagers semble avoir fait son devoir. Ceci ne concerne
pas le quart à la passerelle qui semble au contraire avoir
accumulé les mauvais choix.
Rappelons
que la taille et les équipements d'un tel navire ne suffisent
pas à garantir sa sécurité. La rencontre au
large avec une vague scélérate, toujours à
envisager (rogue wave) peut chavirer en quelques minutes ces grandes
coques à fond plat et aux superstructures déraisonnablement
hautes.