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15/04/17 Les scientifiques appellent les citoyens à marcher pour les sciences

10/04/17 Bientôt le développement d'une batterie encore plus performante?

24/03/17 Sur la gravité

23/03/17 Le GPS : un bien ou un mal ?

avril 2017

Les scientifiques appellent les citoyens à marcher pour les sciences
Christophe Jacquemin - 15/04/2017

Pour la première fois depuis des années, les chercheurs envisagent de sortir de leurs laboratoires pour descendre dans la rue. Le 22 avril 2017, Jour de la Terre, les citoyens de Washington et du reste du monde – 514 villes dans 54 pays – se mettront en marche "pour les science" (March for Science).
Ce qui a débuté comme un rejet instinctif de la politique scientifique de la nouvelle administration américaine s’est transformé en un large mouvement citoyen visant à défendre et promouvoir la place de la science dans la société dépassant les frontières états-uniennes.

carte mondiale Marche pour les sciences

.

Rendue publique en mars dernier, la première version du budget de l’administration américaine comporte des coupes dans de nombreux programmes, depuis l’Observatoire météorologique national, opérateur des satellites d’observation terrestre, jusqu’à l’Agence de protection de l’environnement chargée de faire respecter les normes environnementales et de santé publique. Et c'est ce qui a incité l'organisation de cette marche.

Les principes fondateurs du mouvement sont les suivants : une réglementation fondée sur les faits, le respect de la diversité dans la communauté scientifique, l'importance du financement de la recherche. On note aussi, parmi les objectifs poursuivis, le fait de rendre les travaux de recherche accessibles au grand public et d'expliquer comment les découvertes améliorent le quotidien de millions de gens. Plus qu’une manifestation, les organisateurs veulent faire de leur cette marche une occasion de rencontre avec les citoyens.

L’AAAS2, société savante réputée, et qui qui édite la revue Science a été la première à rejoindre le mouvement. Son directeur, Rush Holt pointe par exemple les risques que les mesures anti-immigration du président américain font courir à l’exercice de la recherche. Il explique aussi que depuis quelques temps est apparue cette tendance très inquiétante : "des gens ont décidé qu’on pouvait se passer des faits ; que toutes les opinions avaient autant de valeur, alors que les scientifiques passent leur vie à se référer aux faits, avec la conviction qu’en les soumettant à un processus de vérification, on développe des connaissances qui permettent d’améliorer la condition humaine. Un fait qui a résisté au processus scientifique, ce n’est pas la même chose qu’une opinion. Les mesures en matière de changement climatique ou de vaccination, ou toute question de santé publique ou de protection sociale, devraient être fondées sur des faits certifiés par le processus scientifique. Ce n’est pourtant pas toujours le cas. De plus en plus de mesures sont mises en œuvre, non seulement sans être corroborées par des faits, mais délibérément contre eux".

La propagation de "fake news" dans les médias sociaux ne sont pas le propre des États-Unis. D’où la rapidité avec laquelle le mouvement de contestation s’est répandu autour de la planète. En Allemagne, des marches sont par exemple prévues dans 20 villes et plusieurs sociétés savantes la soutiennent officiellement, de même que cinq lauréats du prix Nobel.

Marche pour les sciencesDe la même façon, des marches sont programmées en France dans 20 villes(1), à la suite d'une d’une tribune parue dans Le Monde (dont nous avions rendu compte), signée par un groupe de chercheurs. Les chercheurs français sont inquiets de ce qui se passe non seulement aux États-Unis, mais aussi de ce qui pourrait advenir France avec une recherche fondamentale étouffée.

"L'idée même d'entraver la capacité de mener des recherches et de diffuser leurs résultats va à l'encontre de l'intérêt des nations. C'est pourtant ce qui semble nous guetter. C'est pourquoi je soutiens cette marche citoyenne, initiée par nos collègues américains, qui défend l'idée que la connaissance et le progrès scientifique forment le socle de nos sociétés démocratiques" explique par exemple Alain Fuchs, président du CNRS.

Marche pour les sciences

 

 

 

La première édition, en 1970, du Jour de la Terre avait vu plus de 20 millions d’Américains descendre dans la rue pour appeler à la protection de l’environnement. (Ici, à New York.)

(1) Angers, Brest, Bordeaux Civray Clermont Ferrand, Grenoble, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Orléans, Paris, Rennes, Saint Rémy de Provence, Strasbourg, Thonon, Toulouse, La Réunion

En savoir plus :
- Site français : Marche pour les Sciences
- Article, Newsletter CNRS : Pourquoi les scientifiques appellent les citoyens à marcher pour la science

 

@Automates intelligents


Bientôt le développement d'une batterie encore plus performante?
Christophe Jacquemint - 10/04/2017

Rendement de la batterie

 

 

 

 

Une équipe de scientifiques dirigée par John Goodenough (le père des batteries Li-Ion), a développé en laboratoire une batterie solide dont les propriétés physiques seraient largement supérieures à nos batteries actuelles. En cours de développement, cette batterie offrirait une capacité maximale trois fois supérieure à ce qui est proposé aujourd'hui sur le marché, autoriserait plus de cycles de charge/décharge et serait compatible avec la charge rapide.

Le secret : les chercheurs auraient développé un électrolyte solide à base de verre qui éviteraient les problèmes rencontrés avec le lithium qui au fil des charges a tendance à se solidifier, grignotant au passage le séparateur entre l'anode et la cathode en créant des dendrites, des cavités, qui font baisser les performances de la batterie (voire entraîne une surchauffe, un court-circuit où même parfois l'explosion).

En savoir plus :
- "Alternative strategy for a safe rechargeable battery", par M. H. Braga, N. S. Grundish. J. Murchisona 1 J. B. Goodenough, paru dans Energy & Environmental Science, IssueI, 2017

@Automates intelligents


Sur la gravité
Par Jean-Paul Baquiast - 24 mars 2017

Mark Anderson publie un article (NewScientist du 18 mars p. 28) dans lequel il recense les diverses théories actuelles concernant la gravité. Celle-ci était jusqu'à ces dernières décennies considérée comme une force fondamentale régissant l'évolution de l'univers. Il fallait la constater sans pouvoir l'expliquer.

Mark Anderson rappelle en introduction qu'il avait fallu cependant ces dernières années imaginer une autre forme de matière que celle connues depuis des siècle, la matière noire. Cette hypothèse était considérée comme nécessaire pour comprendre les anomalies de gravité observées dans la rotation des galaxies et amas de galaxies.

Celles-ci, loin de se disperser compte tenu d'une attraction gravitationnelle correspondant à celle exercée par la matière ordinaire observable, se maintenaient voire se dilataient. Une forme de matière hypothétique, qualifiée de matière noire, devait contribuer à augmenter leur masse. Malheureusement, malgré tous les efforts, la matière noire n'a jamais pu être observée.

Mais il se demande si notre représentation de la gravité, dont les effets parfaitement observés avaient été décrits par Newton et Einstein, est pertinente. Pour approfondir la question, l'article recense les nombreuses hypothèses récentes permettant d'expliquer les anomalies de gravité. Il signale ce faisant qu'une autre hypothèse, celle de l'énergie noire, également inobservable, a été aussi évoquée pour expliquer la mystérieuse accélération actuelle de l'univers tel que décrit le modèle standard.

Nous renvoyons le lecteur à la recension des différentes hypothèses faite par l'article et pouvant expliquer ces anomalies de gravité, en se débarrassant de la facilité consistant à imaginer une mystérieuse matière noire dont on se satisfait de dire qu'elle est inobservable.

Malheureusement l'auteur de l'article est obligé de constater, au cas par cas, qu'aucune de ces hypothèses n'est pleinement satisfaisante. Seule la théorie quantique de l'information pourrait à la rigueur aider à représenter autrement les particules de matière classique et les effets gravitationnels qu'elles produisent en grande quantité. Mais dans ce domaine, les hypothèses invérifiables sont multiples et n'aident en rien à clarifier la question.

Rappelons que nous avons précédemment donné la parole ici au cosmologiste français Thomas Buchert et à des collègues qui proposé une solution si simple que personne apparemment n'y avait pensé: l'univers d'aujourd'hui n'est pas homogène. Dès sa naissance il ne l'avait pas été. Autrement dit, il était et demeure constitué de vides de matière (ordinaire) balancés par des pleins de matière à grande densité. La gravité s'y exerce différemment, de même que l'expansion [voir notamment notre entretien avec Thomas Buchert].

Cette hypothèse permet d'éviter celle des anomalies de gravité proposée par la théorie MOND, ou Dynamique Newtonienne modifiée. Dans l'hypothèse de Thomas Buchert, les anomalie résultent simplement des inhomogénéités de l'univers, en contradiction il est vrai avec l'hypothèse selon laquelle l'univers serait le même en tous temps et en tous lieux.

Nous pouvons en conséquence nous demander pourquoi l'article du NewScientist ne mentionne pas l'hypothèse de Thomas Buchert. Celui-ci reconnaît lui-même qu'elle n'est pas encore pratiquement vérifiable, mais il indique que diverses expériences sont actuellement étudiées, qui devraient lui apporter des preuves expérimentales. Ceci serait certainement plus convaincant que de faire appel à la physique quantique.

Note
Sur ce sujet, voir le chapitre 5, Univers invisible ou univers inhomogène ? Les problèmes de la matière et de l'énergie noires, par Thomas Buchert, dans l'ouvrage collectif : Un autre cosmos

© Automates Intelligents


Le GPS : un bien ou un mal ?
Jean-Paul Baquiast - 23/03/2017

Positionnemnt GPS

La navigation faisant appel au GPS déconnecte les parties du cerveau utilisées pour la navigation "manuelle".

Appelons navigation manuelle la capacité que nous avons de prévoir un itinéraire optimum dans un environnement complexe, tel qu'un centre ville. C'est cette capacité qui étaient jadis celle des chauffeurs de taxi et qui a disparu avec l'usage du GPS. Ceci avait déjà été signalé à partir d'une observation menée avec des chauffeurs londoniens. Il y a quelques années, l'University College London UCL avait observé une diminution de la taille de l'hippocampe dans le cerveau de chauffeurs de taxi londoniens étant venus progressivement à l'usage du GPS. L'hippocampe est une région du cerveau associée à la mémoire et à la navigation. Elle opère dans ce cas en liaison avec le cortex pré-frontal, qui intervient dans la prévision et la prise de décision.

Pour approfondir la question, des chercheurs de l'UCL ont procédé à une étude systématique faisant appel au scanner. Ils viennent de publier sur ce sujet un article dans Nature (voir référence ci-dessous).

Dans cette étude, 24 volontaires ont accepté de procéder à la simulation de ce que serait une navigation dans Soho, quartier de Londres réputé pour sa complication. En navigation sans assistance leur hippocampe et leur cortex préfrontal avaient manifesté une grande activité. Celle-ci disparaissait avec le recours à la navigation par satellite.

Ceci ne surprendra pas. Il est d'expérience commune que l'usage systématique de l'internet, par exemple pour la recherche d'informations, entraîne progressivement une diminution des capacités à mémoriser et classer "manuellement" ces informations. Mais qu'en conclure de façon plus générale, concernant l'immersion devenue systématique dans un univers numérique ?

Plusieurs questions devront être encore approfondies.

- La perte observée d'activité des cellules du cerveau sera-t-elle définitive, entraînant une invalidité qui en cas d'une impossibilité, même temporaire, d'accès aux réseaux, résultant par exemple d'un conflit ou d'une catastrophe quelconque, rendraient les sujets temporairement ou durablement invalides ? Dans ce domaine, il n'existe pas comme on le conçoit d'étude concluante.

- Les pertes de capacités observées du fait de l'usage de l'Internet sont-elles compensées par l'accès à un nombre immense d'informations nouvelles. Ceci, comme d'ailleurs chacun peut facilement le constater sur son propre cas, élargit considérablement les capacités du cerveau à traiter de l'information symbolique. Il s'agirait donc d'un mal pour un bien.

- Dans un premier temps, pour éviter les dégradations de l'activité cérébrale du fait de l'internet, ne pourrait créer des environnements artificiellement complexes qui permettraient aux individus d' entraîner leur hippocampe et leur cortex préfrontal ? Des jeux en ce sens pourraient être organisés, tant pour les enfants que pour les adultes.

En tous cas, il serait vain de prétendre se passer de facilités telles que le GPS, qui présentent par ailleurs de nombreux avantages en terme de sécurité, et qui sont définitivement entrées dans les moeurs.

Reférence
Hippocampal and prefrontal processing of network topology to simulate the future

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