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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
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07/07/14 Cyc bientôt sous les feux de l'actualité ?

06/07/14 Intelligence artificielle - AFIA

06/07/14 Pourquoi ne voulons-nous rien changer ?

24/06/14 Objets connectés

24/06/14 " Le futur, c'est le cloud"

20/06/14 Le côté obscur de l'accès libre à Google et Google Scholar

06/06/14 L'écosystème numérique : un ogre énergétique

22/05/14 Première connexion très haut débit vers la Lune

16/05/14 ProtonMail, service de messagerie se voulant NSA-proof

15/05/14 L'Empire se reconvertit, mais ne faiblit pas

15/05/14 Captation des entreprises : début de prise de conscience, mais bien insuffisant

13/05/14 Une intelligence artificielle nommée au Conseil d'administration d'un fonds de pension

02/05/14 Pétition pour la nationalisation d'Alstom

Mai - Juin - Juillet 2014

Cyc bientôt sous les feux de l'actualité ?
Christophe Jacquemin - 07/07/2014

Cyc
Effet d'annonce ? La compagnie Cycorp - créée par Douglas Lenat et basée à Austin au Texas - serait proche de placer enfin sous les projecteurs son système d'Intelligence artificielle "Cyc". Nous avions parlé plusieurs fois dans nos colonnes de ce projet (voir notamment notre dossier "L'intelligence artificielle - de l'IA faible à l'IA forte"), dont l'objectif est de doter les machines de la capacité d'apprendre elles-mêmes et découvrir des connaissances automatiquement.

Notons tout d'abord que ce projet fêtera cette année le 30ème anniversaire de son développement, ce qui montre que des projets privés de recherche fondamentale peuvent exister sur le long terme(1). Et jusqu'ici, Cycorp n'a jamais été prolixe en informations destinées à la presse sur le sujet.

Avec Cyc (dont on peut trouver une version "allégée" sur le site de Cycorp), Douglas Lenat essaie d’établir un réseau général de la connaissance de sens commun que nous, humains, mobilisons dans la vie de tous les jours, les connaissances dont nous avons besoin pour comprendre le monde qui nous entoure, et de les représenter d’une manière codée qui soit intelligible pour les ordinateurs. Donner par exemple à la machine la possibilité de recevoir des instructions par la voix, les comprendre et les exécuter sans avoir à les reprogrammer à chaque nouvelle application.
Ainsi n'étant pas programmée au sens primaire du terme, cette IA permet aux machines d’évoluer en permanence grâce aux données qu’elles accumulent. Une espèce d'apprentissage naturel.

Cycorp va-il révolutionner le secteur de la robotique ?

A suivre...



Vidéo un peu ancienne (mai 2006)
d'une rare conférence de Douglas Lenat parlant de ses travaux

(1) Ceci tenant en partie à la grande perspicacité de Douglas Lenat : en travaillant sur les secteurs clés du traitement du langage naturel et de la gestion des connaissances, Cycorp a engrangé tout au long du projet des retombées financières directes via le développement d'applications industrielles pour d'autres sociétés privées ou pour le gouvernement américain. Cycorp entretient aussi de nombreux liens avec le monde universitaire, notamment européen.

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Intelligence artificelle, AFIA
Jean Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 06/07/2014

Notre collègue Alain Cardon qui vient d’assister au congrès de l‘AFIA (association française d’intelligence artificielle) vient de nous dire que la multiplication des petits logiciels permettant d’analyser voire de modifier à distance ce qui s’écrit sur les réseaux est devenue exponentielle. Quelques universitaires semblent en être conscients, sinon inquiets, mais le mouvement est impulsé à la base par des start-up qui cherchent surtout un marché.

Il ne s’agirait pas de prétendre les contrôler (encore heureux qu’il y ait quelques françaises parmi elles), mais plutôt de confirmer la nécessité de comités citoyens de vigilance présentée par ailleurs sur ce site. Peut-être pourrions nous via l'AFIA prendre contact avec lesdits universitaires pour les informer de ce projet et de voir comment ils réagiraient.

 Site de l'AFIA

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Pourquoi ne voulons-nous rien changer ?
Jean Paul Baquiast - 06/07/2014

Un article que nous devrions tous méditer. Que ceux qui ont des contre-arguments à opposer sortent leurs calculettes

Cet article de l'environnementaliste Georges Monbiot, intitulé “The impossibility of growth” ne pose pas seulement la question, éminemment systémique, de l'impossibilité de la croissance, mais une autre, éminemment systémique elle aussi : savoir pourquoi, nous humains, qui ne pouvons pas ne pas savoir cela au moins intuitivement, ne pouvons et surtout ne voulons rien changer. Il semble qu'une sorte de fatalisme destructeur, cosmologique, analogue sous d'autres formes à celui qui avait provoqué la ruine de Vénus et de Mars en tant que planètes habitables, s'exerce implacablement sur la Terre, et sur nous tous. Ne pensez vous pas qu'il faudrait y réfléchir ?

 Lire "The impossiblity of growth"

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Objets connectés
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
24/06/2014

Shodan, le moteur de recherche des objets connectés

Le blog Cyberland a publié cet article Shodan, le moteur des objets connectés.
Son auteur nous a autorisés à le reproduire.
L'abonnement au blog est recommandé.
On y trouve des informations et des réflexions originales, sur un thème de plus en plus sensible AI.

Shodan est un moteur de recherche dédié à la localisation des objets connectés.

Le moteur détecte et référence des centaines de millions d'objets connectés. Il constitue certainement le meilleur outil de démonstration des lacunes de sécurité qui accompagnent la plupart de ces objets.

John Matherly, créateur de Shodan, l'a développé durant trois ans offrant ainsi une formidable base empirique d'étude des vulnérabilités des objets connectés.

Cameras de surveillance, réfrigérateurs, instruments de mesure divers et variés, routeurs, systèmes de gestion de centrales hydrauliques, ou encore tableau de commande d'un incinérateur ; on trouve tout sur Shodan...

Pour s'en convaincre, rien de tel qu'un bon exemple, bien concret, et bien sordide.

Après une simple requête sur les caméras connectées, on trouve par exemple un lien pointant sur un système de vidéo surveillance installé dans une propriété privée de l'Eure - Haute Normandie. Le visiteur prend le contrôle des 11 caméras installées dans la demeure y-compris celle (intérieure) du garage et du cellier.

Le visiteur peut à loisir déplacer les caméras, zoomer, élargir et suivre l'intégralité de la vie de la maison, en temps réel , au détriment ,bien entendu, de ses propriétaires.

Cet exemple pris parmi des milliers nous alerte et démontre que les pouvoirs publics vont devoir rapidement réglementer l'activité des sociétés de vidéo surveillance.La qualité de service passe avant tout par la garantie d'un seuil minimal de sécurité et de confidentialité.

Deux questions pour conclure :
1 - Qui a installé le système vidéo surveillance de cette propriété privée ?
2 - Les habitants de cette demeure savent-ils qu'ils participent à une télé-réalité intrusive, ouverte à tous?

Complément :
Pour des raisons évidentes de sécurité, je ne diffuse pas le lien pointant vers le système de vidéo surveillance et j'alerte la gendarmerie locale.

© Automates Intelligents


"Le futur, c'est le cloud"
Christophe Jacquemin - 24/06/2014

Cette semaine, l'Union européenne et la Corée du sud ont signé un accord stratégique pour travailler ensemble sur la mise au point de la 5G, cinquième génération de réseau mobile. Annoncés pour 2020, ce réseau sera capable d'atteindre un débit théorique de 10 Gigabits par seconde (actuellement, la 4G, c'est théoriquement 100 mégabits/s, donc 100 fois
moins).

Mais finalement, à quoi cela va-t-il servir ? A télécharger plus vite des films ? Mais pourquoi les stocker dans son ordinateur puisqu'on pourra y avoir accès de manière instantanée en ligne? Parce que finalement et c'est la pensée générale qu'on veut nous imposer, "le futur, c'est le cloud"...

Mais qu'est-ce qui a été réellement pensé en cette matière concernant la souveraineté des données numériques pour les Etats ? Quel souveraineté des données face à des data centers qui appartiendront à des entreprises commerciales ? Quelle sécurité ?, quel jeu de reventes et d'acquisitions entre des entreprises commerciale qui se feront la guerre ? Quelles garanties de voir les data centers européens passer un jour dans d'autres mains ?

Bien sûr on peut lire ça et là : "Conscients de ces enjeux, les états et les acteurs privés européens développent de nombreux projets de "clouds souverains" afin de protéger leurs données et de permettre en particulier à leurs administrations et entreprises publiques d'entrer dans l'ère du Cloud."

Mais quand on voit ce qui s'est passé avec Alstom, leader par exemple dans la gestion intelligente de l'électricité...(lire notre éditorial).

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Le côté obscur de l'accès libre à Google et Google Scholar
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 20/06/2014

Les sites académiques et les cours en ligne disponibles sur le web et provenant d'autres pays que les pays anglophones sont-ils convenablement indexés par les moteurs de recherche américains, notamment Google et Google Scholar ? Une étude réalisée par Enrique Orduña-Malea et Emilio Delgado Lopez-Cozardeux, chercheurs latino-américains montre, qu'il n'en est rien. La présence des sites latino-américain est quasiment nulle dans le cas de Google, et nulle dans le cas de Google Scholar. Aucune raison technique ne justifie un si bas ratio d'indexation.

Les auteurs n'évoquent qu'à mots couverts l'hypothèse d'une occultation volontaire. Mais nulle doute que c'est bien évidemment le cas. Il doit en être de même en ce qui concerne les sources académiques provenant des pays francophones, ou d'autres pays non anglophones. Il s'agit manifestement d'un ostracisme délibéré. Autrement dit, la jeunesse du monde ne pourra se former sur le web qu'à travers les sources anglo-saxonnes et l'idéologie qui les imprègne. D'où l'intérêt, encore utopique malheureusement, de développer des moteurs de recherche plus ouverts que ceux dominant actuellement le marché.

Référence
 The dark side of Open Access in Google and Google Scholar: the case of Latin-American repositories

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L'écosystème numérique : un ogre énergétique
Christophe Jacquemin - 06/06/2014

Data center

Selon une étude du cabinet conseil Digital Power Group - mais déjà un peu ancienne car datant d'août 2013 - , le numérique consomme 10% de l’électricité mondiale.

Les réseaux, datacenters et terminaux consomment actuellement 1500 térawatt heures par an, soit l'équivalent du Japon et de l’Allemagne réunis, ou encore la quantité d'électricité utilisée en 1985 pour éclairer le monde. Un coût énergétivore largement caché... et c
ette quantité devrait encore augmenter avec le déploiement de nouveaux datacenters, ainsi que l’usage en hausse d’applications toujours plus nombreuses.

Dans cet ensemble, ordinateurs, smartphones, tablettes et autres consomment aujourd'hui beaucoup plus que la seule énergie nécessaire aux datacenters. Pour mieux fixer les idées, il faut savoir que regarder une heure de vidéo par semaine sur une tablette ou un smartphone consomme plus d'électricité par an que deux réfrigérateurs.

Même si aujourd'hui des réflexions existent pour la création de datacenters moins énergétivores (voir par exemple ce projet de réalisation d'un data center européen alimenté au gaz (diminution de 20 à 30% de consommation d'énergie attendue), il y a fort à parier que la demande d’usage des centres de données va augmenter plus vite que leurs gains en efficacité énergétique...

L'écosystème numérique est un ogre énergétique... Et vive la fuite (de gaz...) en avant !

Source :
 Etude : "The cloud begins with coal - Big data, big Networks, big infrastructure, and big Power : an overview of the electricity used by the global digital ecosystem", par Mark P. Mills, CEO, Digital Power Group

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Première connexion très haut débit vers la Lune
Christophe Jacquemin - 22/05/2014

Data centerSi les générations futures devaient vivre et travailler sur la lune ou sur un astéroïde lointain, nulle doute qu'elles voudraient une connexion haut débit pour communiquer avec la Terre, surfer sur les réseaux sociaux, bénéficier de la musique et des films en streaming... regarder aussi les émissions diffusées depuis la Terre.
Une première pierre vient d'être posée en ce sens par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) du Laboratoire Lincoln, ayant travaillé en en collaboration avec la NASA. Le site de publication scientifique "The Optical Society" rapporte aujourd'hui que ces chercheurs ont envoyé à bon port un signal de liaison montant vers la Lune, avec un débit de 622 megabits par seconde.
L'équipe s'est servie pour cela de 4 télescopes distincts, basés au nouveau Mexique, chacun alimenté par un transmetteur laser envoyant l'information codée sous forme de pulsations infrarouge.

Communiquer à des débits élevés de la Terre à la Lune avec des faisceaux laser est ici une vraie performance du fait des quelque 384 633 kilomètres de distance, disséminant le faisceau de lumière. C'est pour cette raison que l'équipe de scientifiques a utilisé 4 télescopes, chacun transmettant la lumière à travers une colonne d'air différente, expérimentant différents effets de flexion de l'atmosphère. Ceci a pour effet d'augmenter la probabilité qu'au moins un des faisceaux laser interagisse avec le récepteur qui était placé sur un satellite en orbite autour de la Lune. Ce dernier utilise un télescope légèrement plus étroit pour collecter la lumière, qui est ensuite focalisée dans une fibre optique semblable à celles utilisées dans les réseaux terrestres.
Ce signal est ensuite amplifié environ 30 000 fois et un photodétecteur convertit les impulsions de lumière en impulsions électriques, qui sont à leur tour converties en bits de données qui transmettent le message.
Si l'émetteur envoyait depuis la Terre des signaux de 40 watts (somme des quatre émetteurs séparés), c'est moins d'un milliardième de watt qui a été reçu par le satellite. Pour Mark Stevens du MIT, c'est encore "10 fois le signal nécessaire pour parvenir à une communication sans erreur".

L'équipe a également transmis des données de la Lune à la Terre, à 19,44 mégabits par seconde, vitesse dépassant très largement celle du débit moyen en France (qui est de 6,6 Mbits/s - données 2013) et surtout, qui dépasse de très loin celle d'une communication sur fréquence radio, allant ici 4800 fois plus vite que la plus rapide jamais mesurée.

Si cette expérience a été menée à l'automne 2013, les conclusions de ces recherches seront présentées le 9 juin lors de la conférence CLEO 2014 dédiée aux lasers et à l'électro-optique.

Source :
 First Broadband Wireless Connection…to the Moon

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ProtonMail, service de messagerie se voulant NSA-proof
16/05/2014

ProtonMail est un service de courrier électronique – messagerie créé par des étudiants de Harward et du MIT. Sa première particularité est qu'il se revendique "NSA Proof". Sa seconde particularité est qu'il est situé en Suisse

La version bêta est lancée depuis le 16 mai et semble rencontrer un très gros succès. Il y a donc une file d'attente avant d'obtenir son adresse.

Pour en savoir plus
 ProtonMail : le compte en Suissepace
 ProntonMail

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L'Empire se reconvertit, mais ne faiblit pas
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
15/05/2014

Chris Edges, que l'on connaît comme un opposant sincère et habile à la domination de l'Empire américain, a réalisé un petit film par lequel il annonce la fin inévitable dudit Empire. Les images sont belles, les paroles fortes. Mais l'auteur ne tombe-t-il pas dans un optimisme trop répandu chez ceux (nous les premiers ici) qui annoncent la fin prochaine de l'Empire ?

L'Empire en fait ne semble pas près de finir. En dehors de l'armement et du spatial, où il reste sans rival, Il s'étend actuellement dans tous les domaines qui compteront demain. Avec ses champions que sont Google et autres Internet Giants. Nous collaborons tous à l'entreprise. Avec notre soumission passive.

On apprend le 15 mai qu'une coalition européenne – l'Open Internet Project (OIP) – cherche à lutter contre l'omniprésence de Google. Il s'agit d'une initiative franco-allemande qui rassemble 200 entrepreneurs numériques européens du secteur de la presse, du tourisme ou de la vente à distance. Ils protestent, entre autres, sur le fait que Google draine à son profit tout l'argent de la publicité. Ils s'élèvent aussi contre une certaine censure moralisante, imposée sur les serveurs de l'entreprise. Ils ne mentionnent pas cependant que Google, comme nous l'avons plusieurs fois indiqué, vise plus haut : réaliser en vingt ans un véritable cerveau artificiel global.

Mais laquelle de ces 200 entreprises a demandé que l'Europe se construise des alternatives solides à Google, quitte à y dépenser des milliards ? Sur ce plan le Brésil, la Russie et la Chine (horresco referens, car ces pays se comportent, dit-on, en staliniens attardés) sont bien plus en avance que nous.

 Voir le film de Chris Hedge

© Automates Intelligents


Captation des entreprises : début de prise de conscience, mais bien insuffisant
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 15/05/2014

Le Premier ministre, a signé mercredi 14 mai un décret "relatif aux investissements étrangers soumis à autorisation préalable", qui devrait permettre à l'Etat de s'opposer à la prise de contrôle d'un très grand nombre d'entreprises françaises.

Outre les onze activités déjà concernées, liées à la défense et à la sécurité, le texte s''appliquera désormais aussi à "l''approvisionnement en électricité, gaz, hydrocarbures ou autre source énergétique", à "l''exploitation des réseaux et des services de transport", à "l''approvisionnement en eau", aux "communications électroniques" et à la "protection de la santé publique".

Il faut féliciter Manuel Valls et Arnaud Montebourg d'avoir redonné à l'Etat des moyens juridiques que tous les autres pays, y compris les plus libéraux, n'hésitent pas à employer. Encore faudra-t-il s'en servir dans le cas d'Alstom. Les pressions sur le gouvernement pour qu'il laisse faire le démembrement de l'entreprise restent très fortes. On ironise dans les médias: que pourra le gouvernement contre l'avis des administrateurs et des actionnaires ? Seul le Front de Gauche a osé rappeler ce 15 mai qu'il fallait en fait nationaliser Alstom, comme nous l'avions dès le début demandé ici.

La Commission européenne, qui au lendemain du 14 mai, s'est permis de mettre en garde le gouvernement français contre "les risques d'un retour au protectionnisme", n'améliore pas son image avant les élections européennes. Quand on connaît le nombre et les moyens financiers des lobbyists à Bruxelles, quand on sait que ces lobbyists travaillent soit pour les intérêts financiers intéressés directement au rachat des entreprises nationales, soit pour les entreprises industrielles étrangères, essentiellement américaines, voulant conquérir l'industrie européenne, on peut douter de son désintéressement.

Arnaud Montebourg a plusieurs fois déçu ceux qui espéraient voir en lui un authentique champion du patriotisme économique dont la France a bien besoin. Espérons que cette fois-ci il tiendra bon.

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Une intelligence artificielle nommée au Conseil d'administration d'un fonds de pension
Christophe Jacquemin - 13/05/2014

algorithme génétiqueLa société Deep Knowledge Ventures (DKV), société d'investissement en capital à haut risque adossée à des sociétés investissant dans les biotechnologies et les traitements liés au vieillissement et à la médecine régénérative, vient de nommer l'algorithme VITAL (Validating Investment Tool for Advancing Life Sciences) comme sixième membre de son conseil d'administration (CA). VITAL dispose d'une voix au CA, tout comme ses cinq collègues humains.
Simple coup de publicité de la part de cette société hongkongaise pour assurer le buzz auprès de la presse ou marqueur d'une évolution irréversible de la gestion du monde par les machines ? La suite de cet article parle d'elle même... Nous y reviendrons dans de prochains articles.

"Validating Investement Tool for Advancing Life Sciences", soit en français "outil de validation des investissements dans la science pour les progrès de la vie" est un algorithme qui a pour mission d'analyser les chiffres comptables des sociétés dans lesquelles DKV souhaite investir, ainsi que leurs données cliniques, les tests effectués, les levées de fonds précédentes et la liste des brevets disponibles... ceci afin de déterminer les meilleures stratégies à mener en termes d'investissement.

VITAL n'est pas un inconnu. Initialement développé par le Center for Biogerontoloy and Regenerative Medicine (CBRM) et acquis depuis par la société britannique Aging Analitycs, il a servi précédemment les intérêts de la société Pathway Phamaceuticals (basée à Hong Kong) et de InSilico Medecine (à Baltimore). Mais avec DKV, c'est la première fois qu'il siège à égalité avec des humains à un poste de décision. Sa force ? VITAL peut analyser et croiser des données en un temps record. En ce sens, il n'est pas très différent des algorithmes assez classiques rencontrés dans le monde du trading haute fréquence.
Selon Andrew Garazha, analyste senior chez Aging Analytics, "nous avons développé VITAL avec le souhait de créer un software qui puisse prédire de manière intuitive le succès d'un projet ou d'une entreprise, au moment même de sa levée de fonds. Ce processus s'appuie sur une analyse complète et empirique des données collectées. A cause du manque d'accessibilité et de transparence des données en matière de levées de fonds, la propriété intellectuelle et les résultats des tests cliniques ne sont pas toujours disponibles. Malgré cela, notre équipe de programmeurs, dont la plupart possèdent un solide bagage en physique théorique, est capable de mettre en application des concepts de logique floue pour identifier la probabilité de succès à partir de l'analyse des paramètres impliqués. Notre objectif, à travers ces sorties et mises à jours itératives est de créer un programme capable d'effectuer des décisions d'investissement autonomes".
Tout est dit dans ce "autonome" : VITAL est un algorithme génétique, faisant évoluer en temps réel ses paramètres et apprenant de lui-même.

Aujourd'hui, les machines ont déjà amplement pris la place des traders sur les marchés de transactions à haute fréquence car elles sont considérées comme plus fiables, rapides et rationnelles (non influencées par les émotions) que les traders humains. Alors donner aujourd'hui à un algorithme la possibilité de peser dans un conseil d'administration montre la confiance qu'on lui porte. Ses avis ont la même valeur que celles des cinq autres membres. "Si les gens peuvent être subjectifs ou influencés par leurs émotions, les ordinateurs, eux, peuvent avoir des intuitions géniales. Former une équipe mixte est juste logique : nous essayons d'optimiser les avantages de chacun", déclare Dmitry Daminskiy, l'un des responsables chez DKV (...) "Les perspectives offertes pour la gestion de portefeuilles sont immenses : un tel logiciel va nous permettre d'accélérer les vérifications lors d'une transaction et de voir des corrélations qui ne sautent pas forcément aux yeux des humains".

En savoir plus :
 Deep Knowledge ventures
 Communiqué d'Aging Analytics Agency

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Pétition pour la nationalisation d'Alstom
Automates-Intelligents - 02/05/2014

Rappelons que nous avons proposé à ceux de nos lecteurs qui s’opposent au démembrement d’Alstom de signer la pétition demandant la nationalisation de cette entreprise.
Cela ne voudrait pas nécessairement dire transférer le pouvoir à des technocrates. Plusieurs formules différentes sont possibles, associant les personnels.

 Signer la pétition

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Perdre Alstom, perte irréparable
Automates-Intelligents - 02/05/2014

Notre ami Alain Cardon, professeur des Universités en Informatique, nous écrit:

Ce qui est effarant dans cette politique présidentielle de soumission à la prédation financière étrangère est l'incapacité à comprendre ce qu'est la valeur du niveau de compétence mondiale d'Alstom, ce que sont ses brevets exceptionnels et l'extrême compétence de ses ingénieurs français en R&D, tout cela que l'on va perdre à jamais, définitivement, pour n'avoir strictement plus rien et en se sachant donc incapable de pouvoir recréer cette compétence.

Je me souviens de l'informatique en France dans les années 70 et 80 où nous étions des majeurs dans l'élite mondiale et nous avons été relégués comme des subalternes par des politiciens scientifiquement incultes. La France ne sait plus faire aujourd'hui, et définitivement plus, ni un processeur, ni un ordinateur, ni un OS, et ne pourra plus jamais le refaire au niveau mondial tellement les élites étrangères avancent de façon continue et organisée.

Pourquoi ces hommes politiques de pouvoir sont-ils incapables de comprendre ce qu'est la valeur exceptionnelle de l'accumulation de la recherche scientifique appliquée à des technologies majeures, ce qui est une accumulation à la fois de connaissances et de pouvoirs. Cela donne à la France sa puissance exceptionnelle. Sait-on que perdre Alstom est la perte définitive d'un domaine de compétence, une perte absolument définitive que l'on ne pourra plus jamais retrouver?

De notre côté, ajoutons que l’atonie du parti socialiste sur cette question nous semble indigne (et nous pesons nos mots). Qu’attendent les socialistes pour envoyer une pétition au PS, à Matignon et à l’Elysée. L’Elysée se bornera-t-il à ne recevoir et n'écouter sur cette question que Clara Gaymard et le président de GE-US.

* Issue de la haute fonction publique, Clara Gaymard est aujourd'hui présidente générale de la branche française de General Electric.

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