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20 septembre 2004
par Christophe Jacquemin
Music
via Motion ou les capacités de la musique augmentée
par l'intermédiaire du mouvement
Kia
Ng est violoniste mais aussi titulaire d'un PhD en intelligence
artificielle appliquée à la musique et la reconnaissance
des sons. Deux qualités qui le conduisent à mener
depuis plusieurs années avec son équipe de l'université
de Leeds (Grande-Bretagne) le projet "Music via Motion"
(MvM). Objectif : créer pour l'homme un espace audiovisuel
augmenté et interactif, intuitif et donc facile à
utiliser, sans avoir recours à de la chirurgie intrusive.
En regroupant art, électronique et l'informatique, MvM ouvre
à la collaboration interdisciplinaire entre différents
domaines de création et différentes technologies.
Ce projet mené par l'Interdisciplinary Centre for Scientific
Research in Music (dont Kia Ng est le directeur) est notamment financé
par la Fondation européenne de la science, comptant de nombreux
collaborateurs comme par exemple le CNRS. L'idée
est de produire une recherche de qualité au niveau international,
explique le chercheur-musicien, qui souhaite non seulement utiliser
les technologies actuelles mais aussi en intégrer de nouvelles
en matière de son et de ses applications.
Les mouvements video (à gauche) digitalisés
et intégrés sur ordinateur (à droite)
MvM
peut être perçu comme un complément (instrument
augmenté), voire un remplaçant de l'instrument. Muni
de sphères réfléchissantes, le musicien virtuel
(ou le danseur) peut par exemple créer de la musique simplement
pas l'intermédiaire de ses mouvements, analysés par
des caméras disposées autour de sa zone d'évolution.
Celles-ci envoient une lumière infrarouge dont les réflexions
sur les sphères permettent d'analyser en temps réel
la trajectoire du sujet, données qui sont ensuite récupérées
sur un ordinateur qui les transforme en sons. Celles-ci peuvent
intégrer l'analyse de la position dans l'espace, la vitesse
du mouvement et son orientation, voire même la couleur de
la tenue du danseur, ceci jouant sur l'intensité, le timbre,
la dynamique et la longueur des sons produits. Voici la nouvelle
génération de chefs d'orchestre et de metteurs en
scène et chorégraphes du futur !
Dans une autre configuration, MvM peut servir à l'ingénieur
du son pour modifier plus aisément le volume, la hauteur
et le timbre des sons sans être contraint de manipuler les
innombrables boutons d'une table de mixage(1).
Il pourrait aussi être adapté aux grands handicapés
en leur permettant de créer de la musique par simple mouvement
du petit doigt, voire servir dans les hôpitaux d'outil de
thérapie par la musique
En fournissant
au quidam mais aussi aux instrumentistes déjà chevronnés
des itinéraires alternatifs à la créativité
musicale, on peut espérer qu'un tel système va élargir
l'accès et la participation du citoyen à la musique
et à l'expression artistique.
(1)
Dans le même domaine, voir notre article du 20 février
2000 "Transformation
des ondes du cerveau en signal numérique"
Pour
en savoir plus :
Interdisciplinary Centre for Scientific Research in Music (université
de Leeds): http://www.leeds.ac.uk/icsrim/
Music via Motion : http://www.kcng.org/mvm/
Contact :
mvm@kcng.org
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