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Lettre écrite en 2070
Jacques Monestier, sculpteur d'automates
Spore, jeu de simulation de la vie
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24 septembre 2009
par Christophe Jacquemin

A propos des partitions et de la musique jouée par l'androïde la musicienne
(automate Jaquet-Droz)

Nb : Cet article prolonge l'interview de Christian Denisart concernant la pièce de théâtre "Robots")

Affiche de la pièce "Robots"
Pièce pour comédiens et robots,
par la Compagnie


Interview de Christian Denisart
Quelques extraits vidéo


A propos des partitions et de la musique jouée
par l'androïde La musicienne (automate Jaquet-Droz)

Cette page complète l'encadré consacré à l'androïde La Musicienne, présenté sur la page de l'interview de Christian Denisart (retourner à l'encadré).


Vous entendez successivement en ce moment (si vous avez activé le son)

les 5 mélodies jouées par La Musicienne
(telles qu'elle les joue aujourd'hui, après la restauration de l'androïde effectuée en 1979)



Entendant pour la première fois le répertoire de cet androïde, on peut être saisi par deux sensations contraires.
Tout d'abord, un sentiment d'homogénéité de style, voire de monotonie, sans doute due au fait que l'instrument, un orgue en l'occurrence, ne possède qu'un seul jeu de timbre, sans système expressif (né plus tard) et que sa palette sonore est courte, comme celle de la plupart des instruments de musique mécaniques de faible volume, soit 24 notes - 12 à la main gauche (accompagnement) et 12 à la main droite (chant)(1).

Mais une écoute plus attentive révèle finalement une réelle variété sur le plan de la forme, quoique chaque "oeuvre" (l'automate peut jouer 5 airs différents) soit construite selon le principe de la monodonie accompagnée.

Serait-on en présence d'une sorte de jeu collectif au cours duquel cinq différents musiciens auraient composés chacun un morceau ?
En fait, même si on n'en sait rien, il semble vraisemblable que ces morceaux sont le fait d'un auteur unique, Henri-Louis Jaquet-Droz, qui bénéficia d'influences françaises et italiennes au cours de son initiation musicale reçue à Nancy dès l'âge de 15 ans en 1767. En effet, même s'il est musicien amateur, on doit accorder à Henri-Louis Jaquet-Droz le bénéfice d'une formation musicale certainement solide(2).

En tous cas, il faut souligner que l'androïde est une véritable musicienne. En effet, il ne s'agit pas ici d'une boîte à musique, l'automate touche réellement le clavier d'orgue avec des mains. Mais aussi, il restitue fidèlement le style de jeu de l'époque, ce qui en fait un trésor essentiel.
Si la musicienne appartient à la famille des instruments mécaniques à orgue ou a jeu de flûtes, son fonctionnement, beaucoup plus complexe que celui de ses frères et soeurs aînés ou cadets, ne l'empêche pas d'atteindre une netteté d'attaque des notes et une vélocité comparables aux instruments comportant un mécanisme moins compliqué. Notons cependant que dans cet automate, le nombre de relais entre le cylindre et le son est de sept, ce qui implique un ébat (jeu) considérable et entraîne une force d'inertie importante, vu la distance qui sépare les touches de lecture des picots de l'émission des sons... d'où une certaine difficulté de réglages de ce miracle mécanique.

Musique

Les cinq airs sont strophiques, en deux strophes ou en da capo(3), dans le style italien : ils contiennent des éléments importants appartenant à la variation non seulement au niveau de l'ornementation, mais aussi de l'écriture.
En principe, la mélodie très ornée de la main droite est accompagnée par la basse (à la main gauche), fondée sur l'alternance de la fondamentale et de la quinte de la tonalité choisie (tous les morceaux sont écrits en la majeur), participant de ce fait au style et au caractère de chaque mélodie, mais n'excluant pas quelques ornements apportant de la diversité (notons que ces ornements sont presque tous toujours joués avant le temps).

L'ornementation tient ici à la fois des pratiques de l'école française du clavecin du XVIIIe siècle et des habitudes déjà ancrées du style galant, c'est-à-dire qu'elle comprend, en dehors des notes inégales, des mordants, tremblements, tours de gosier...


Ce style de composition est sans doute lié à la date de construction de l'androïde...




Partition du premier air

Le premier air, d'un caractère populaire frappant, se compose de deux thèmes (ou deux strophes) séparées par une cadence sur le 5ème degré (mi) de la tonalité. Chaque thème est suivi ici d'un second motif conduisant à la cadence, si bien que l'oeuvre est faite de deux parties, chacune étant binaire sur le plan thématique.
La basse en sonnerie de trompette témoigne d'une bonne connaissance de la musique française dont l'écriture pour orgue tirait son origine de l'importance de l'école d'instrument à vent du XVIIIe siècle.

Nous ne détaillerons pas ici l'ensemble de chaque morceau, sinon on en remplirait des pages. Disons simplement que le deuxième air, contenant deux strophes et un refrain (écriture en croches régulières) rappelle un procédé propre au piano forte qui consiste à répéter systématiquement chaque note pour pallier la sécheresse du son. Ceci montre qu'Henri Jaquet-Droz devait connaître les écoles de clavecin et de piano forte.

Le troisième air (un thème pour trois strophes) est un rondeau, thème exposé trois fois. Entre le refrain et la troisième exposition du thème est inséré un élément de divertissement.

Le quatrième, est un peu sur le même canevas que le premier (un thème binaire par strophe). La deuxième partie du thème correspond à la variation de la première exposition.

Le cinquième est un da capo à l'italienne, dont la reprise est ornée dans le style français.


Notes :
(1) Les 24 touches en bois sont fixées sur des montants en laiton qui pivotent autour d'une longue charnière chassée dans un bâti. Des ressorts de rappel permettent aux touches de remonter lorsqu'elles sont lâchées par les doigts de la Musicienne. Sous chaque montant en laiton, une vis appuie sur un pilote (baguette en bois terminée par une tige en métal) et permet de régler l'attaque des notes. Lorsque le doigt appuie sur la touche, le pilote se trouve enfoncé dans un petit trou du sommier et vient ouvrir la soupape. L'air, qui se trouve en permanence dans le sommier, pénètre alors la flûte correspondante. La note est jouée.
(2) Signalons que dans l'inventaire des biens d'Henri-Louis Jaquet Droz figurent notamment un piano forte, un violoncelle, un violon, un alto...

(3) Locution italienne qui signifie du commencement, prescrivant la reprise de la première partie du morceau après les couplets, dans un rondeau, ou après la seconde partie, dans un air.

© Automates Intelligents 2009

 

 

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