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Gravity's Engines

Phi, a voyage from the brain to the soul

A propos du livre Mindful Universe

La médecine personnalisée

Novembre 2000
Jean-Paul Baquiast

Sciences et Avenir

Hors-série Octobre - novembre 2000
La finalité dans les sciences. Le sens de la vie

On trouve de tout dans Sciences et Avenir. Le dernier Hors-Série  (octobre-novembre 2000) est consacré à l'examen du problème de la finalité dans les sciences, plus particulièrement dans les sciences de la vie. Ce vaste sujet peut-il nous intéresser ici? Oui, parce que les différents auteurs qui en traitent présentent de façon différente mais concordante une image très actuelle du transformisme et du darwinisme. On rejoint là des thèmes sous-jacents à toutes les approches évolutionnaires de la vie artificielle. Au delà de cela, le problème de la finalité est constamment posé face au développement des nouvelles technologies, notamment des réseaux et de la robotique. S'agit-il d'une évolution voulue par l'homme,  voire par une sorte d'élan vital, avec l'espoir qu'elle nous apportera divers bienfaits? S'agit-il au contraire d'une espèce de mutation de la société humaine actuelle, se faisant au hasard, sans finalité particulière, et dont nul ne peut anticiper les effets favorables ou défavorables au regard de l'espèce humaine en particulier, de la vie en général?

Si l'on considère que les auteurs interrogés ici s'accordent à ne pas voir de sens dans l'évolution, ni de finalité vers laquelle cette dernière pourrait tendre, nous sommes bien obligés de conclure que les travaux et recherches  sur la robotique qui nous intéressent ne sont pas autre chose qu'une nouvelle forme de développement aveugle de la branche des espèces animales où nous nous situons. Cela n'enlève rien à leur intérêt, à la curiosité avec laquelle nous pouvons suivre leur déroulement. Mais cela nous empêche d'imaginer a priori que ces travaux s'inscrivent dans une inexorable marche vers le progrès.

Nous nous limiterons à commenter ceux des articles du Hors-Série qui nous ont paru les plus significatifs.

- Henri Atlan Introduction

Résumé: L'idée de finalité correspond à la 4e des causes qui produisent les choses: matérielles, formelles, efficientes et finales. La cause finale a disparu des sciences physiques au 17e siècle, avec la révolution mécanique. Les mouvements s'expliquent par leurs équations, sans recours à l'idée d'entéléchie ou cause finale. Seules demeurent les causes efficientes: rien ne peut s'expliquer sans cause. A partir de cette date cependant la cause finale est revenue, pour comprendre le vivant. C'est le vitalisme. Pour Kant et la plupart de ses contemporains, seule une intelligence planificatrice peut expliquer le développement de l'embryon, comme l'évolution des espèces. Au 19e et 20e siècle, chez les biologistes, le combat entre vitalistes-finalistes et mécanistes-causalistes s'est poursuivi. Aujourd'hui les découvertes de la biologie moléculaire signent la victoire du mécanisme sur le vitalisme, en mettant en évidence des processus finalisés non intentionnels qualifiés de téléonomiques (description des lois d'une transformation à partir d'une grandeur qualifiant l'état final de cette transformation).  La pensée scientifique accepte dorénavant l'absence de sens a priori. Les concepts constamment utilisés aujourd'hui d'émergence et d'auto-organisation traduisent seulement des situations où des éléments relativement simples pris individuellement produisent des phénomènes compliqués du fait de leurs interactions quand ils sont associés en grand nombre. Ces phénomènes n'étaient pas prévisibles par la simple observation des constituants. Le hasard y joue un rôle sous forme d'indétermination, mais c'est une indétermination probabiliste résultant de notre ignorance des causes. Il est possible par contre de concevoir des modèles mécanistes d'intentionnalité, où celle-ci, avec les significations qu'elle produit, est une propriété émergente. L'intelligence artificielle étudie des modèles où la représentation de la réalisation finale d'un projet est la cause de l'action qui y conduit, en transformant une séquence aléatoire d'évènements en une procédure finalisée. La finalité intentionnelle devient une production émergente de mécanismes auto-organisateurs.

Question: en automatisme et robotique, des mécanismes auto-organisateurs peuvent -ils faire émerger un produit final qui apparaîtra doté d'une intentionnalité réorganisant  en "son" sens et en instrumentalisant l'ensemble des processus et entités ayant abouti à son apparition? Nous aurions là un modèle intéressant permettant de se représenter la suite des phénomènes ayant pu conduire à l'émergence de l'homme.

Pour en savoir plus sur Henri Atlan, voir Yahoo http://google.yahoo.com/bin/query_fr?p=Henri+...
Notamment un article déjà ancien (avril 1985), mais montrant l'évolution des conceptions en matère d'auto organisation  http://www.guetali.fr/home/castjpau/resscom/atlan.htm Selon l'auteur de l'article: "Henri ATLAN fait partie de la " galaxie des auto ", selon l'expression de P. Rosanvallon, c'est-à-dire qu'avec d'autres auteurs comme E. Morin, C. Castoriadis, M. Serres, I. Srangers, F. Varela... il participe à l'élaboration d'un nouveau modèle de l'organisation du vivant: " l'auto-organisation ".Ce formalisme qui, pour certains, aura des conséquences épistémologiques aussi importantes que le mouvement structuraliste, consiste à considérer les êtres vivants comme des systèmes autonomes. Ceci permet de concevoir des notions comme: le nouveau, la variété, la complexité, l’imprévu, difficilement appréhendables dans les anciens paradigmes.L'apparente autonomie des systèmes vivantsn par rapport à leur environnement (à l'échelle cellulaire, individuelle, sociétale, selon les auteurs) ne renverrait pas à un principe ou à une substance spécifié que - comme chez les vitalistes -mais, à une logique d'organisation qu'il s'agit d'étudier. Henri ATLAN est médecin et biologiste, professeur agrégé de biophysique à la faculté de médecine de Paris VI et de l'Université hébraïque de Jérusalem. C'est à lui que l'on doit la théorie de " l'ordre par le bruit ", qui formalise la capacité qu 'ont les systèmes biologiques d'évoluer (construction et/ou destruction) grâce à l'environnement et à ses aléas. En effet, ces systèmes, de par leur logique structurelle et fonctionnelle (principe de redondance initiale. de fiabilité, de complexité) utilisent le " bruit " pour en faire un ordre nouveau à un niveau plus grand de complexité et d’improbabilité. Les travaux d 'H. Allan élargissant la théorie de l'information de B. Shannon, visent à résoudre certains paradoxes logiques de l'auto-organisation: comment et à quelles conditions peut se créer de l'information à partir du bruit ? Comment et à quelles conditions, le hasard peut-il contribuer à créer de la complexité organisationnelle au lieu de n'être qu'un facteur de désorganisation ?..."
- Sur le dernier livre de Henri Atlan “Les Étincelles de hasard, Tome I. Connaissance spermatique”, Seuil, voir http://www.imultimedia.pt/ifporto/savoir.htm
Il faut noter qu'Henri Atlan se dit Kabbaliste, ce qui peut parfois l'éloigner des conceptions de la science matérialiste.

- Philippe Descamps maraphilippe@wanadoo.fr Penser la finalité.

Résumé. Extrait: La notion de téléonomie, utilisée par exemple pour expliquer le rôle de l'ADN, remplit le vide entre biologie et mécanisme, en forgeant l'idée d'une finalité non intentionnelle. Les systèmes auto-régulés en cybernétique et biologie (homéostasies) montrent qu'un système aveugle et inconscient peut évoluer et se conserver grâce aux processus de feed-back. Les théories et expériences connexionnistes ont montré que les interactions entre neurones sous l'effet des stimuli extérieurs, aboutissent à des systèmes adaptés à leur milieu, sans qu'il soit nécessaire de postuler une intention. Mais ceci crée pour l'homme, au plan métaphysique, un vide. découlant de l'absence de sens.

Question: le besoin de sens n'est-il pas chez l'homme le produit d'une émergence vécue de l'intérieur?  

- Gustavo Caponi Le bricolage de l'évolution
sur Gustavo Caponi, voir Yahoo http://google.yahoo.com/bin/query?p=gustavo+caponi&hc=0&hs=0

Résumé. Exposé classique de la théorie darwinienne de l'adaptation par sélection naturelle. L'auteur distingue les différentes écoles darwiniennes, depuis le darwinisme naïf jusqu'à ceux qui refusent - à juste titre - de confondre darwinisme et production d'un sens dands l'évolution. Les limites de l'adaptationnisme sont également rappelées: ne pas évoquer l'adaptation quand une explication de nivreau inférieur est suffisante - ne pas demander à l'adaptation de sortir radicalement des structures existantes (faire apparaître un animal se déplaçant sur des roues!).

- Dominique Lambert Le principe anthropique
sur Dominique Lambert http://www.larecherche.fr/VIEW/316/03160481.html

Résumé: Le principe anthropique est constamment évoqué pour justifier le finalisme. Le réglage des propriétés de l'univers, tel qu'il apparait, des origines cosmologiques jusqu'à celle de la vie terrestre, parait avoir été conçu pour l'apparition de l'homme. Une infime modification des constantes fondamentales aurait rendu impossible le monde tel que nous le connaissons. L'homme est-il alors le produit d'un improbable hasard, ou celui d'une volonté extérieure? L'auteur présente la version faible du principe anthropique, consistant à analyser les conditions physico-chimiques pour que la vie soit possible. Ceci est intéressant, pour la recherche de vie extra-terrestre, ou pour la reconstitution de conditions permettant la vie de synthèse ou la vie artificielle (animats). Il s'agit d'une proposition n'ayant pas à être justifiée par une théorie plus générale, mais qui permet d'ordonner des constatations empiriques. C'est un principe heuristique, que l'on peut transposer à l'étude de tous les phénomènes évolutifs, notamment cosmiques. L'auteur pour éviter les confusions, préfère parler de conditions anthropiques, ou même biotiques. Un tel principe faible n'a pas, sauf cas particuliers, de pouvoirs prédictifs. Nous ne sommes pas en présence d'un dessein qui s'est accompli et continuera à s'accomplir contre vents et marées.

Le principe anthropique fort indique au contraire que l'univers est tel que la vie devait nécessairement y apparaître. Si ce principe sous entend l'idée d'une finalité , la science ne peut que le refuser - sauf à admettre l'hypothèse des univers multiples: il y aurait autant d'univers qu'il y aurait de types d'émergence. Mais, dans notre univers, la science ne peut reconnaître ni cause finale, ni principes vitaux à l'oeuvre au travers de l'évolution. Ceci n'exclut pas cependant la constatation d'une cohérence globale des composants de l'univers, vus du moins avec nos moyens d'observation et de conceptualisation. On retrouverait ainsi l'espoir, pas encore satisfait, d'une Théorie de Tout. Mais celle-ci ne pourrait apparître et n'aurait de sens sans l'intervention du physicien c'est-à-dire de l'homme; Cette place de l'homme, certes éminente , resterait une place au sein de l'univers de la connaissance, dont la consistance ontologique ne peut être affirmée sans sortir du champ de la science.

Question: les travaux sur la vie artificielle ne feront-ils pas constamment appel à des sous-ensembles du principe anthropique faible: quelles sont par exemple les conditions permettant l'apparition et la survie d'une population d'animats au sein de notre univers? Ces conditions une fois obtenues, faut-il pour autant dire que l'univers était tel que semblables artefacts devaient nécessairement y apparaître?

- Jean-Michel Besnier Jean-michel.besnier@utc.fr  Tout se passe comme si...
sur Jean-Michel Besnier http://www.editions-descartes.fr/auteurs/jmbesnier.html

Résumé. Dans la "querelle du panthéisme" les adversaire de Kant (1724-1804) ont voulu l'enfermer dans la contradiction entre le rationalisme - le monde est déterminé, ce qui exclut l'éthique et le libre choix (Critique de la Raison Pure 1781) - et la morale, qui oblige de tourner le dos à la science et s'en remettre à la foi.(Critique de la Raison Pratique 1784). Dans la Critique de la Faculté de Juger 1790, Kant a voulu justiifier une lexture finaliste des phénomènes que nous estimons dotés de sens. L'idée de finalité n'a pas pour le chercheur de valeur absolue, mais elle fournit un principe, presque une recette pour l'exploration de la nature. Sans elle le monde apparaîtrait comme une "mécanique aveugle". Aujourd'hui, il n'est guère de scientifique qui n'utilise le principe de finalité ou de téléonimie pour comprendre les "projets" des objets observés; la cellule, l'organisme, la particule...La finalité intervient comme principe régulateur mais non comme présuposé métaphysique. Mais c'est important, car l'attitude contraire, le matérialisme déterministe, poussé à l'extrème, pourrait mettre fin aux questionnements des hommes, en niant la possibilité même d'un tel questionnement.

Question: dans la théorie computationnelle de l'évolution, tout se passe comme si la compétition darwinienne entre algorithmes génétiques faisait émerger des entités dotées de finalités propres. Mais il ne s'agit que de finalités précaires, ne s'inscrivant pas dans un Dessein plus général, tel qu'aurait pu le concevoir un Dieu Horloger ou un Dieu Mécanicien. Ceci doit il empêcher l'observateur ou l'acteur que nous sommes d'attendre avec curiosité et intérêt les "sens" locaux nouveaux susceptibles d'émerger, fussent-ils dénuées d'un "sens ontologique" véritable?

- Roger Balian et Marcel Vénéroni  La flèche entropique
sur Roger Balian, membre de l'Académie des Sciences, voir Yahoo http://fr.google.yahoo.com/bin/query_fr?p=roger+balian&z=2&hc=0&hs=0
sur Marcle Vénéroni http://ipnweb.in2p3.fr/~PhT-IPN/membres.html

 

 




 

 

 

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