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Alain Cardon
Conscience artificielle et systèmes adaptatifs
Eyrolles, décembre 1999, 384 pages
Alain Cardon est professeur
d'informatique à l'Université du Havre, directeur
du laboratoire d'informatique de cette Université,
et membre du LIP6 de l'Université Paris VI.
Il est l'auteur de nombreuses publications et communications
scientifiques, notamment sur les systèmes adaptatifs,
la production du sens et les Systèmes Multi-Agents.
http://scott.univ-lehavre.fr/~cardon/
Nous ne vous présentons, dans cette rubrique, que des ouvrages
passionnants, cest une affaire entendue. Ceci dit, celui-ci,
«Conscience artificielle et systèmes adaptatifs»,
nous paraît l'être particulièrement. Il sagit
ni plus ni moins que de la recette pour fabriquer, demain, aujourdhui
même peut-être, ce rêve de tous les hommes depuis
quils construisent des machines, une conscience artificielle
sinon équivalente, du moins comparable à la conscience
humaine, une conscience capable, notamment, dun libre-arbitre
comparable au nôtre.
Imaginez quun de vos amis chercheur en intelligence artificielle
vous invite un matin à rencontrer dans son garage une intelligence
artificielle quil vient de réaliser. Vous ny
croiriez évidemment pas, penseriez quil plaisante ou
se trompe. Mais il vous expliquerait sa démarche. Après
avoir étudié tout ou presque tout de ce qui s'est
publié sur la conscience et lesprit ces dernières
années, il aurait défini un certain nombre de concepts,
de topologies et dalgorithmes originaux permettant, en gros,
de simuler avec des outils informatiques le fonctionnement de lesprit
humain conscient. Mais il naurait pas essayé de copier
davantage la nature, ni de programmer instruction par instruction
les innombrables éléments de son prototype de conscience.
Il aurait fait appel à ce qui constitue dorénavant
le deus ex machina de lintelligence artificielle, les systèmes
multi-agents* mis en concurrence darwinienne. Ceux-ci auraient fait
tout le travail informatique pratique et produit un premier modèle
de conscience, à laquelle votre ami vous inviterait à
frotter la vôtre pour compléter lapprentissage
de la machine (et sans doute aussi pour mieux comprendre le fonctionnement
de votre esprit, et notamment de ce que vous persistez à
appeler votre « libre-arbitre », sans avoir encore bien
compris de quoi il sagissait en termes neurologiques ou physiologiques).
Cest un peu le sentiment que vous ressentez en fermant le
livre dAlain Cardon. Celui-ci, bien évidemment, ne
prétend pas avoir réalisé une conscience artificielle.
Mais il a réalisé un tel travail de débroussaillage,
accumulé tellement danalyses et de propositions, que
le chemin paraît tout pavé. Quelques travaux de thésards,
nous dit-il in fine, et la chose serait faite. Comme il le répète
plusieurs fois, ce nest pas un cerveau biologique quil
propose de construire, cest un système informatique.
Mais si celui-ci est capable de passer le test de Turing, cest-à-dire
dialoguer avec nous sans que nous puissions le distinguer dun
de nos semblables, que pouvons nous demander de plus.
Le livre nest pas facile. On ne voit pas très bien
dailleurs à qui il sadresse. Des informaticiens
voudront sans doute davantage de précisions. Le grand public
décrochera tout de suite. Disons que les lecteurs devraient
se recruter plus particulièrement chez les philosophes, psychanalystes,
neurobiologistes, biomathématiciens, sociologues, roboticiens,
cogniticiens et mathématiciens énumérés
dans la 4e de couverture. Encore faudra-t-il que ceux-ci acceptent
lenjeu de la «lectio difficilior» qui simpose.
Lauteur ne fait aucune concession à la vulgarisation,
encore que toutes les formules mathématiques et les éléments
de programmation en soient exclus (sauf quelques allusions savantes
à la mathématique du chaos et à la théorie
des catastrophes de René Thom). Mais la culture scientifique
dAlain Cardon est si vaste, complétée par ce
que nous pourrions appeler une énorme dose de réflexion
personnelle, quelle oblige à courir à grands
pas encyclopédiques derrière lui pour suivre le fil
de ses démonstrations, et garder le cas échéant
un peu de sens critique. De plus, il introduit pour organiser les
espaces à partir desquels se construira la conscience artificielle,
des concepts originaux (nous a-t-il semblé) tels que les
«formes filaires» marquant lémergence des
faits de conscience, les «formes denses» représentant
des faits de conscience plus intégrée, les «attracteurs
de prégnance» permettant «de structurer dynamiquement
lespace dengagement», cest-à-dire
sauf erreur dinitialiser des actions...et bien dautres.
En fait ce livre est à la fois particulièrement enrichissant
et particulièrement déroutant, pour le profane. Il
est enrichissant car il évoque avec un minimum suffisant
de précisions dinnombrables connaissances quil
faut avoir en esprit concernant les disciplines évoquées
ci-dessus. Mais il est particulièrement déroutant
car à partir de là il nous conduit dans un monde où
tout surprend ceux habitués à traiter de la conscience
en termes psychologiques ou même neurologiques. Raison de
plus dailleurs pour le lire et le méditer, car beaucoup
de découvertes y attendent ces mêmes psychologues et
neurologues, concernant les mécanismes proprement dits, ou
les fonctions.
L'ouvrage commence par une analyse détaillée des
thèses actuelles ou récentes expliquant le fonctionnement
du cerveau et de la conscience. Lauteur en montre les diverses
insuffisances. Aucune delle nest suffisamment précise,
nous dit-il, et on le croit volontiers, pour que lon puisse
démonter et remonter les mécanismes profonds de la
conscience, qui demeurent encore en grande partie mystérieux.
Ces thèses fournissent pourtant suffisamment déléments
pour quil lui paraisse possible de construire sans plus attendre
une conscience artificielle, en utilisant les méthodes les
plus récentes utilisées par les ingénieurs
dans la réalisation des automates adaptatifs - méthodes
dont il a une pratique approfondie notamment par ses contributions
aux travaux du LIP6, le phare français en la matière.
Cest cette construction qui fait la partie véritablement
révolutionnaire, pensons-nous, du livre. Nous ne pouvons
ici, faute de place et sans doute aussi de compétence fine,
vous résumer cette partie. Il faudra véritablement
vous y attaquer vous-même, crayon à la main, si vous
utilisez encore cet instrument.
La conscience artificielle quil nous est proposé de
réaliser ne sera pas limitation dune conscience
humaine, pour une raison simple, tenant précisément
au fait que les mécanismes détaillés de celle-ci
ne sont pas connus. Mais lon simulera cependant les grands
traits, à peu près connus, du fonctionnement du cerveau
humain et de la conscience, en utilisant les technologies informatiques
les plus récentes. Il sera ainsi possible dobtenir
une conscience artificielle dont le niveau de performances sera
fonction des moyens déployés pour la réaliser.
Comme toujours en matière de vie artificielle, la réalisation
dun artefact, même imparfait comparé aux solutions
de la vraie vie, devient un élément essentiel pour
mieux comprendre celles-ci. Mieux, dans certains cas, il nest
pas exclu que la vie artificielle, sétant développée
selon des lois non prévues au départ par ses promoteurs,
fasse apparaître des solutions différentes et plus
performantes que celles de la vie réelle.
Ceci nous conduit à poser plusieurs questions qui nous paraissent
de première importance, dans la démarche qui est la
nôtre : faire connaître les perspectives de la vie artificielle,
et en encourager les applications. Nous aimerions discuter de ces
questions, non seulement avec lauteur, mais avec les représentants
dautres disciplines. Les voici :
Quel a été l'accueil fait à l'ouvrage
par la communauté scientifique , en France et à
l'étranger? Nous n'avons pas d'informations à ce
sujet, sans doute parce que nous sommes mal informés. Les
publications d'Alain Cardon et de son équipe concernant
les systèmes multi-agents sont connues, mais le livre marque
un tel pas en avant qu'il n'a pas dû rester inaperçu.
Le fait qu'il ait été publié en français
n'a pas du servir sa diffusion, peut-on craindre.
La méthode proposée par Alain Cardon est
si convaincante, les procédures à suivre pour produire
une première conscience artificielle paraissent avoir été
si bien analysées, quil serait inadmissible de ne
pas se mettre tout de suite au travail. Commencer à réaliser
systématiquement une conscience artificielle devrait devenir
- y compris par ses retombées économiques - un grand
programme international, de lampleur du projet génome
humain. Le temps ne semble plus être à des projets
de recherche partiels, mais à une réalisation densemble,
attaquant sur tous les fronts à la fois. Si certaines technologies
ne sont pas encore au point, elles pourraient le devenir du fait
des investissements suscités par ce programme. Certes,
les informaticiens ne mésestimeront pas la charge de travail
que représenteraient, même avec les facilitations
permises par les algorithmes génétiques, agents
intelligents et autres systèmes auto-adaptatifs, la réalisation
et lintégration de tous les ensembles et sous-ensembles
évoqués par lauteur. Mais en contrepartie,
que de progrès en perspective. Aussi bien, serait-il intéressant
davoir de lauteur des fourchettes destimation
des coûts de réalisation dun premier prototype
de conscience artificiel aux performances significatives pour
juger du bien-fondé de la démarche quil propose.
Hugo de Garis
a bien obtenu des crédits substantiels de Starlab pour
son projet Cam-brain. Pourquoi pas Alain Cardon d'un autre bailleur
de fonds?
La réalisation dune conscience artificielle est
proposée ici au plan de ce que serait une conscience individuelle,
cest-à-dire la conscience dun automate en situation,
le cas échéant dialoguant avec dautres automates.
Mais il nous a paru que la méthodologie conseillée
pourrait être transposée, en termes différents,
au profit dun objectif lui-même différent :
réaliser le modèle d'une conscience humaine collective.
Ceci n'oblige pas en principe à entrer dans le secret des
neurones, mais plutôt dans celui des comportements épigénétiques
plus ou moins modélisables en informatique, semble-t-il.
On sait que dans les groupes humains, comme dans toutes les sociétés
animales, fonctionnent divers processus assurant le fonctionnement
(et parfois les dysfonctionnements) du groupe. Ceux-ci sont généralement
inconscients, ou mal compris des consciences des individus composant
le groupe. On peut soupçonner cependant que certaines formes
de conscience collective existent, sajoutant et transcendant
les consciences individuelles. On citera ces espèces dagents
que Richard Dawkins
a nommé les mèmes. On pourra aussi parler des divers
phénomènes de foule ou de ceux très vivants
dans les sociétés non-occidentales, transes ou possessions
diverses manifestant une forme démergence à
la conscience individuelle dun inconscient collectif. Or
pour rendre les sociétés et groupes humains plus
conscients, et partant capables de comportements plus rationnels,
pourquoi ne pas réaliser avec les hommes qui les composent,
et les technologies adéquates, des prototype de conscience
artificielle collective** ? Les deux projets de conscience pourraient
dailleurs être conduits en parallèle.
Le grand projet évoqué ci-dessus de conscience
artificielle prendrait toute sa valeur, et senrichirait
dautant en retour, sil saccouplait à
un projet miroir, que lon pourrait nommer "Conscience
humaine". Lidée en serait simple dans son principe
: reprendre et rapprocher les divers travaux de neurologie, physiologie,
génétique, cognitique auxquels nous faisions allusion
en introduction, afin de leur faire franchir le pas décisif
qui leur manque encore pour donner une image aussi exacte que
possible de ce quest la conscience humaine dans son environnement
social. Il faut bien dire en effet que malgré la grande
pertinence des travaux américains récents, dont
nous avons précédemment rendu compte, ceux de Dennett,
Damasio, Edelman,
Freeman, et de leurs prédécesseurs,
la conscience, et surtout le libre arbitre, restent encore loin
dêtre expliqués, ce qui laisse un champ excessif
à toutes les fantaisies dordre mystique. Ce serait
pourtant bien utile de sattaquer sérieusement à
cette question, quand on voit les dégâts provoqués
dans la biosphère par linsuffisance de prise de conscience
des facteurs déterminants les comportements collectifs
et individuels. Il ne faut pas craindre leffet réducteur
de telles études, car plus la science pourra fournir dexplications
au phénomène de la conscience, plus les mécanismes
générateurs de celle-ci senrichiront du fait
de cette nouvelle connaissance. Gagnant en complexité,
ils échapperont de nouveau à lanalyse. Lévolution
se fera peut-être dans le sens de plus de connaissance,
au lieu de prendre la forme, comme dans de nombreuses parties
du monde aujourdhui, de retour à lobscurantisme.
* Lauteur nous rappelle, p. 307 de son livre, la
définition de lagent proposée par Ferber (1995)
«entité réelle ou abstraite
capable dagir sur elle-même et son environnement, qui
dispose dune représentation partielle de cet environnement,
qui dans un univers multi-agents peut communiquer avec dautres
agents, et dont le comportement est la conséquence de ses
observations, de sa connaissance et des interactions avec les autres
agents». Alain Cardon préfère parler
de « Système Multi-agents » ou SMA, dont il est
un spécialiste mondial reconnu. Un SMA est «un
ensemble dagents situés dans un environnement composé
dobjets qui ne sont pas des agents. Les agents appréhendent
les objets et les actions des autres agents, réalisent des
actions diverses en utilisant les objets disponibles de leur monde
et en unissant leurs actions pour définir des comportements
collectifs».
Ainsi se trouvent bien distingués les «objets »,
entièrement définis par le programmeur, et non susceptibles
dévolution, et les agents qui, notamment en population,
peuvent échapper totalement au programmeur, et réaliser
des actions de plus en plus performantes, dans le cadre dune
sélection darwinienne sexerçant dans un cadre
non complètement défini à lavance par
ce même programmeur. Les agents, dans cette perspective, peuvent
se substituer à ce dernier, et accomplir pour son compte
des tâches trop compliquées ou longues pour lui. Ils
peuvent également produire des résultats tout à
fait inattendus, utiles ou nuisibles, ce qui constitue leur principal
mérite en terme dheuristique.
Les virus informatiques auto-adaptatifs peuvent être
considérés comme des agents. On sait également
le rôle que British Telecom tente de donner à des agents
(comparés à des fourmis ou «ants») pour
la maintenance en local de son réseau mondial de télécommunication.
** Voir à cet égard lEntreprise neuronale,
de Alan Fustec et Jacques Fradin, Editions dorganisation 2001
qui adopte en partie cette approche, et dont nous vous donnerons
ultérieurement un compte-rendu.
Pour en savoir plus :
Voici deux présentations de son livre par l'auteur
- http://www-poleia.lip6.fr/~cardon/
: Toute approche constructive de la conscience
nécessite de définir un système et de préciser
son mode de fonctionnement permettant de faire apparaître des
représentations à propos de diverses choses du monde dont le
système a le souci.
Comment un système, après avoir
appréhendé des informations de l'environnement et
généré un souci, peut-il concevoir une chose du monde
qu'ainsi il dévoile, en sachant qu'il a effectivement conçu
une représentation de cette chose, c'est-à-dire en en ayant
conscience ? Ce problème peut être formulé de la
manière suivante : Dans quel cadre, par quelle démarche et
en s'appuyant sur quel modèle et quelle architecture peut-on concevoir
et réaliser un système produisant des représentations
signifiantes de choses de son monde, avec une intention à le faire
et de telle sorte que la représentation soit perceptible pour le
système lui-même ?
Ainsi posée, le problème de la conscience
artificielle prend place dans un champ largement pluridisciplinaire et la
solution constructible ne semble pas évidente.
La génération du sens par et pour
un tel système revient à le doter dune capacité
de génération propre de représentations. Nous nous
appuierons sur la notion de processus interprétatif et de sémiotique
triadique et nous utiliserons un modèle basé sur des espaces
de formes réifiant les représentations selon les seules
capacités réorganisationnelles de morphologies plastiques.
Plus précisément, pour
générer une forme faisant sens et selon une visée, le
système doit construire simultanément la représentation
de la chose du monde visée et percevoir en-soi, cest-à-dire
par et dans son organisation même, cette forme intentionnellement
générée. L'émergence du sens apparaît comme
produit par un processus de générations concordantes, dune
part dune forme émergente de caractère strictement
calculatoire et valant pour la chose du monde à représenter,
et dautre part de linterprétation de cette forme par la
génération d'une autre typiquement expressive et valant pour
l'appréhension située et significative de la première.
Ce processus double, déclenché par une visée
génératrice, qui étend dynamiquement la sémiotique
triadique, se stabilise un instant avec la concordance des formes
engendrées, comme un système dynamique loin de l'équilibre,
dans une certaine réorganisation réalisée sous la conduite
d'entités prégnantes propres au système et formant sa
culture.
En nous appuyant sur les caractères
génératifs de ces espaces de formes, nous présenterons
ensuite, pour réaliser effectivement le système, une architecture
typiquement adaptative qui utilise de vastes organisations d'agents logiciels
avec capacité de reproduction, et en réifiant ces organisations
par des réseaux neuromimétiques, dans un processus
bouclé.
Nous pensons que l'étude des systèmes
adaptatifs générant intentionnellement du sens est
utile pour l'Informatique, qui y trouve un nouveau champ de problématique,
et nécessaire à l'investigation de l'esprit. Elle
permet la validation d'hypothèses de construction, de fonctionnement
et d'évolution de systèmes organisationnellement complexes.
Ces hypothèses peuvent utilement être mises en relation
avec les caractères de l'esprit humain, ce que l'observation
neurobiologique ne réalise pas directement et ce que le discours
philosophique ne fait que poser en termes existentiels.
On considère habituellement les
systèmes informatiques comme réagissant automatiquement
à des sollicitations, en suivant des programmes définis
par leurs concepteurs. On sintéresse aujourdhui
à des systèmes dont les programmes ne sont que des
générateurs, qui vont par eux-mêmes produire
de nouveaux programmes, qui vont le faire en se réorganisant
de façon à maintenir un équilibre organisationnel
satisfaisant dans un système ou un ensemble de systèmes,
qui vont se comporter envers leur environnement par adaptation continue
et non par simple réaction. Les éléments générateurs
de ces systèmes sont des agents logiciels, les systèmes
sont auto-adaptatifs et leur comportement est un processus de réorganisation
intentionnelle. On peut dire que les formes stables constituant
leurs états émergents sapparentent à
de la production artificielle de sens. Il sagit de lintroduction
effective de la complexité organisationnelle en Informatique.
La modélisation de ces systèmes nécessite une
approche sémiotique et leur architecture se base sur une
boucle systémique complexe. La problématique nest
plus celle de lutilisateur devant loutil informatique
mais du partenaire devant un système auto-adaptatif autonome,
et distribué sur lInternet.