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Gravity's Engines

Phi, a voyage from the brain to the soul

A propos du livre Mindful Universe

La médecine personnalisée

6 Septembre 2001
Notes par Jean -Paul Baquiast

Les coquillages de Léonard
Stephen Jay Gould

Stephen Jay Gould


Traduit de Leonardo's Mountain of Clams and the Diet of Worm - Harmony books, N.Y. 1998
Seuil ; Science ouverte 2001


Stephen Jay Gould, né en 1941, est entre autres titres professeur de zoologie et professeur de géologie à l'université Harvard, ainsi que conservateur pour la paléontologie des invertébrés au musée de zoologie comparé de cette université.
Il a toujours été un darwinien évolutionniste convaincu, bien qu'il ait tenu à nuancer les vues parfois simplistes de ses collègues sur ces sujets. Sa théorie des équilibres ponctués lui a permis notamment de montrer que l'hypothèse des changements graduels continus n'était pas toujours pertinente.

Ecrivain élégant, disert, humaniste, il a été et demeure, malgré une santé fragile, de tous les combats intellectuels pour une science plus accessible et plus ouverte à l'interdisciplinarité. Cela ne l'a pas empêché d'être parfois férocement attaqué.

Pour en savoir plus
Stephen Jay Gould - Présentation . Stanford Presidential Lectures : http://prelectur.stanford.edu/lecturers/...

Principaux ouvrages
http://books.search.shopping.yahoo.com/...
La théorie des équilibres ponctués - Commentaire par A. Somit et S. Peterson 1993 http://dannyreviews.com/h/The_Dynamics_of_Evolution.html

Cela fait longtemps que nous aurions du présenter un des nombreux ouvrage de Stephen Jay Gould, naturaliste et écrivain mondialement connu. Notre excuse tient au fait qu'il est si connu justement qu'il n'a guère besoin d'être mis en valeur. Chacun de ses nouveaux écrits est abondamment commenté, tant par les scientifiques que par la presse de vulgarisation.

Les coquillages de Léonard (Leonardo's Mountain of Clams and the Diet of Worms ) est le dernier représentant publié en France, de sa collection de nouvelles et réflexions scientifiques, entreprise depuis une vingtaine d'années. Ce livre vient seulement malheureusement d'être traduit en français, mais il a été publié aux Etats-Unis en 1998. Depuis cette date, les évènements scientifiques n'ont sans doute pas manqué pour entretenir la verve de notre biologiste. Mais il faudra attendre un peu pour y accéder dans notre langue. La série constitue une des plus longues collections d'essais scientifiques, sous le patronage du "Natural History magazine". L'auteur a annoncé qu'elle devrait se terminer avec l'arrivée du nouveau siècle.

Ces essais sont non seulement très agréables et vivants à lire, mais le fruit d'un travail considérable portant sur l'environnement humain et historique des connaissances scientifiques. Ils montrent aussi l'inlassable imagination de l'auteur, qui lui permet de soulever des questions ou d'envisager des solutions dont le lecteur s'aperçoit à sa honte qu'il était à cent lieues. Grâce à ces lectures, on découvre des écrivains et scientifiques du passé, quelques uns injustement méconnus, d'autres mal compris. Stephen Jay Gould porte généralement sur eux un regard compréhensif et savant qui leur redonne vie. Dans le même temps, les problèmes de la science et de la philosophie d'aujourd'hui se trouvent éclairés par des intuitions pénétrantes, donnant amplement à réfléchir.

Ce dernier ouvrage ne fait pas exception à la règle. Nous ne nous aventurerons pas à en résumer le contenu. Par contre, en hommage si l'on veut à la confiance que l'auteur fait à son lecteur, nous nous hasarderons à broder sur quelques propos du livre pour commenter un thème qui devrait espérons-le intéresser les chercheurs en intelligence artificielle.

Stephen Jay Gould, la girafe et la place de la science humaine dans l'univers.

Stephen Jay Gould est un fervent adapte du Darwinisme, ou plutôt de ce que Daniel Dennett a appelé la dangereuse idée de Darwin : tout ce qui advient dans le monde résulte d'une évolution sur le mode hasard-sélection, sans qu'aucune direction ou aucun produit de l'évolution ne soit favorisé a priori. Il milite donc constamment contre toutes les formes, passées ou encore actuelles, de l'anthropocentrisme. Constamment, les hommes que nous sommes tentent de remettre l'homme sur, selon son expression, le piédestal dont les scientifiques évolutionnistes l'ont déboulonné. Constamment, il faut se battre pour rappeler, y compris à beaucoup d'évolutionnistes naïfs, qu'ils ne doivent pas remettre l'homme en selle.

Les contresens faits à propos de l'évolution ne se limitent pas à la place qui tient l'homme. Stephen Jay Gould, dans "Les coquillages de Léonard", prend l'exemple de la girafe, en rappelant que contrairement aux assertions des évolutionnistes naïfs, si celle-ci est dotée d'un long cou, ce n'est pas parce que l'espèce a progressivement conquis la niche écologique offerte par le feuillage intact du sommet des arbres. Son cou a été acquis au cours d'un processus très différent, qui lui a permis, par l'effet d'une retombée indirecte et inattendue, de brouter le sommet des arbres. Pourquoi alors ce cou et toutes les réorganisations anatomiques l'accompagnant ? Simplement parce que l'évolution se fait au hasard des mutations. Si l'une de celle-ci a engagé, de façon purement contingente, chez les ancêtres de la girafe, un processus de transformation allongeant le cou, et que ce processus ne s'est pas heurté à des obstacles qui l'auraient éliminé dès le départ, il s'est poursuivi jusqu'à nos jours, et se poursuivra encore, même si le milieu où vit la girafe disparaît et si la survie dans les zoos n'exige pas d'aller quérir de la nourriture en altitude. Certains observateurs , nous indique Stephen Jay Gould, pensent que le cou de la girafe, apparu par hasard, s'est maintenu comme instrument des combats entre mâles et de séduction entre sexes - comme beaucoup d'ornements animaux qui paraissent à première vue plus handicapants qu'utiles (Stephen Jay Gould dans le même livre cite les cornes excessives de l'élan Megaloceros giganteus, disparu d'ailleurs au début du quaternaire).

Remarquons ici modestement d'ailleurs que la girafe ne fut pas la première, par dérive génétique, à développer un cou anormalement long. De nombreux dinosaures herbivores firent de même. Il s'agit donc d'une séquence de transformation au hasard qui est peut-être apparue très haut dans l'histoire des espèces, sous forme de gènes codant qui s'expriment de temps en temps quand les circonstances deviennent favorables.

Ceci étant, il est clair pour Stephen Jay Gould et les darwiniens que la girafe aurait très bien pu ne pas être, et qu'elle pourra tout aussi bien disparaître sans autres formes de procès. Il en est exactement de même pour l'homme. Aucune filière évolutive antérieure, aucune course à la complexité et à la cérébralisation, n'obligeait l'homme à apparaître, sous la forme d'un primate doté d'un cerveau capable de se donner des représentations de l'environnement et de prendre conscience de son existence au sein de celui-ci. Il est donc impossible de parler d'une lente marche vers la complexité et vers l'intelligence. L'intelligence dont l'homme s'est trouvé doté est aussi contingente et, peut-être, aussi inutile et dangereuse pour l'espèce, que le cou des girafes ou des brontosaures et les cornes du Megaloceros. L'évolution des espèces vivantes se serait parfaitement bien passé de l'arrivée d'homo sapiens, surtout si l'on considère le nombre d'espèces que ce dernier contribue à faire disparaître. Si l'homme à son tour disparaissait, l'évolution se poursuivrait, jusqu'à ce qu'à son tour la vie sur terre soit anéantie par le vieillissement du soleil.

Cela pose évidemment la question du statut de la science, production du cerveau contingent de l'homo sapiens. Nous attribuons à celle-ci, englués que nous sommes dans les aveuglements propres à notre espèce, une espèce de mission ineffable: révéler en quelque sorte l'univers à lui-même, en dévoiler les lois profondes pour peut-être un jour en changer l'organisation même. Mais s'il ne s'agissait que d'une illusion? Si la science n'était qu'une excroissance d'homo sapiens, guère plus influente et certainement moins durable que le cou de la girafe ou les cornes du Megaloceros?

Il est clair que cette conception est si déprimante que, sans cesse, de nouvelles tentatives sont faites pour redonner à l'homme une place plus importante, sinon transcendante, dans l'histoire du monde. Mais Stephen Jay Gould a raison de veiller à ce que de telles tentatives ne soient pas acceptées par le discours scientifique. Il nous rappelle une boutade de Freud selon laquelle la scientificité d'une théorie se mesure à la perte d'importance du rôle et de la place de l'homme qu'elle postule.

L'homme existe cependant, ainsi que la science par laquelle il prétend donner une représentation de l'univers. Mais Stephen Jay Gould est de ceux qui soupçonnent le caractère exceptionnel, sinon unique, de ce phénomène. Il admet tout à fait que la vie soit très répandue dans l'univers, dont elle constituerait une forme d'évolution très probable, à partir des transformations de la matière inanimée subies dans certains environnements favorables. Mais cette vie, selon lui, doit se limiter à la présence de bactéries (qui constituent d'ailleurs sur terre, nous rappelle-t-il régulièrement, l'essentiel de la biomasse). Il considère que ce n'est pas le passage des molécules prébiotiques aux molécules réplicatives et aux organismes mono-cellulaires qui pose problème à l'évolution, mais le passage aux pluri-cellulaires et à plus forte raison aux organismes pensants et soi-disant scientifiques que nous sommes. Ceci conduit l'auteur, comme beaucoup de ses confrères, à envisager que l'homme, ou toute forme de vie et d'intelligence ayant atteint des niveaux d'autonomie comparable, constitue un phénomène exceptionnel, sinon unique, dans l'univers.

Nous nous trouvons ainsi conduits, en suivant l'imagination féconde de notre auteur, à discuter de deux questions: quelle est la place de la vie que nous appelons intelligente dans l'univers? Quelle est le statut de la science, qui a aidé très probablement l'homme à obtenir, momentanément du moins, quelques avantages évolutifs dans la compétition darwinienne?

Concernant la première question, qui n'a rien d'original, rappelons que Marceau Felden avait consacré un ouvrage très intéressant au thème de l'homme seul dans l'univers, sur lequel nous reviendrons prochainement, car il nous parait injustement oublié (Et si l'homme était seul dans l'univers ?, Bernard Grasset, 1994). A supposer que l'homme ne soit pas seul, on admet aujourd'hui que les distances spatio-temporelles avec d'autres civilisations sont telles, tout au moins dans les topologies du cosmos actuellement en vigueur, que tout se passera comme s'il l'était. Des civilisations naîtront et disparaîtront sans jamais pouvoir se joindre, infiniment éloignées les unes des autres, dans un immense espace en expansion livré aux seules forces cosmiques.

La prise de conscience de cette situation devrait imposer une première conclusion à tous les hommes : s'ils se persuadaient qu'ils sont arrivés là par hasard et que leur éventuelle disparition n'aurait aucune conséquence ni aucun intérêt pour le reste de l'univers, ils devraient faire le maximum pour durer, protéger leur environnement et faire taire leurs guerres intestines.

Sur la seconde question, c'est-à-dire le statut de la science, notamment la valeur de sa prétention à, en quelque sorte, révéler le coeur, pour ne pas dire l'ontologie de l'univers, le débat est beaucoup plus difficile. L'homme, et consécutivement la science, auraient pu ne pas apparaître. Il a tenu à un cheveu qu'ils ne le fissent pas. Il est probable que la science n'existe nulle part ailleurs. D'accord. C'est la science qui le dit. Mais qu'est-ce que la science?

On aimerait pousser un scientifique aussi imaginatif que Stephen Jay Gould à poursuivre ce raisonnement un peu plus loin. Pourquoi ne nous entraînerait-il pas sur un débat relatif au statut de la science elle-même, vis-à-vis de l'univers.

L'homme aurait pu ne pas apparaître. Cependant, sauf erreur de notre part, il est là et il produit des descriptions scientifiques de l'univers, l'incluant lui- même en temps qu'agent évolutif. Mais alors ces descriptions scientifiques, qui se veulent objectives, ne devraient-elles pas considérer que l'homme est un évènement contingent dont il vaudrait mieux ne pas parler, puisque cet évènement ne s'est produit qu'une fois, par un hasard qui ne se reproduira pas ? Dans ce cas, les descriptions scientifiques ne devraient-elles pas se considérer elles-mêmes comme contingentes, et finalement sans importance. Ne serait-il pas plus objectif de viser à un discours scientifique excluant de plus en plus toute référence, non seulement à l'homme mais à la science en tant que discours visant à décrypter l'univers? Nous nous trouverions alors dans une espèce de situation schizophrène où nous nous obligerions à nier notre propre parole, ou son importance, tout en continuant à tenter d'en étendre sans cesse la portée.

L'homme doit-il être plus prétentieux que la girafe ? Des scientifiques girafes seraient ridicules à nos yeux s'ils organisaient leurs modèles de l'univers autour du fait que la girafe, une fois par hasard, s'est trouvée dotée d'un long cou, que l'évolution a progressivement amélioré pour un faire l'instrument d'un langage-girafe de plus en plus performant. Certes la portée des modèles descriptifs de l'univers dont se dotent les girafes grâce à ce cou et à leurs autres acquits évolutifs est limitée par la faible diffusion géographique de cette espèce, mais l'homme est loin encore de pouvoir prendre du monde une vue suffisante pour en parler avec pertinence, surtout s'il ne fait pas l'effort de rendre la science encore plus objective qu'elle ne l'est actuellement.

Les scientifiques, dans le monde entier, et Stephen Jay Gould lui-même, n'accepteraient sans doute pas de considérer que le travail qu'ils font n'est guère plus efficace pour comprendre le monde que les manifestations de la girafe jouant de son long coup ou du mégaloceros s'empêtrant dans ses cornes immenses. Ils estiment que, même si l'homme est survenu par hasard dans l'évolution, il a en quelque sorte touché le jack-pot en découvrant une méthode, la science, lui permettant d'approcher du coeur de l'univers, donnant de l'univers une image de plus en plus précise et opérationnelle (c'est-à-dire capable d'utiliser les lois du monde pour le modifier). Si la plupart des scientifiques dignes de ce nom considèrent que la science est la seule valeur à préserver et à approfondir, si besoin au-delà même des intérêts immédiats de l'espèce humaine, c'est parce qu'ils se pensent capables (potentiellement et non sans d'innombrables difficultés et délais) d'apporter la conscience de soi à l'univers tout entier - c'est-à-dire peut-être d'en changer les modalités évolutives, sinon le destin.

Cette conviction justifierait alors que l'homme, en dehors de tout égoïsme à court terme, s'efforce de survivre et de s'étendre dans l'univers. Si grâce aux hasards de l'évolution sur terre une lumière s'est allumée quelque part au sein de l'univers, permettant aux forces qui l'animent de se voir elles-mêmes plus ou moins confusément, serait-il indifférent que cette lumière s'éteigne à peine apparue, et que l'obscurité reprennent le dessus, aucun témoin n'étant plus susceptible de modéliser et éventuellement de modifier le cours des évènements cosmologiques.

Certains répondront, dans la logique de la démarche consistant, pour faire progresser la science, à poursuivre la démolition du piédestal sur lequel l'homme (du moins l'homme occidental) s'était hissé, que si certains hommes (pas tous les hommes, les contemplatifs s'en gardant bien) peuvent se soucier légitimement, aux regards d'avantages compétitifs immédiats, d'intensifier à travers les siècles voire à travers les galaxies, le regard scientifique qu'ils portent sur l'univers, l'univers, en ce qui le concerne, est et restera indifférent à leurs gesticulations.

Sauf si…Sauf si on admettait qu'il existe une réalité scientifique "archaïque" du monde, peut-être la même que la mathématique "archaïque" à laquelle certains mathématiciens font allusion*. On pourrait évoquer aussi la thèse célèbre de l'astrophysicien Bernard d'Espagnat, concernant le "réel voilé". Cette réalité archaïque prendrait forme et force, de façon d'ailleurs toujours fragmentaire et perfectible, chaque fois que des évènements survenus par hasard ici et maintenant dans l'univers lui donneraient l'occasion de s'incarner dans des constructions et pratiques scientifiques objectives..

On peut supposer que Stephen Jay Gould se méfierait de cette dernière supposition, qu'il rangerait parmi les efforts désespérés des humains pour nier l'idée dangereuse de Darwin et continuer à se donner de l'importance. Une grande partie de son œuvre vise en effet à montrer comment les progrès de la connaissance scientifique telle que nous la connaissons sont liés aux égarements des sociétés et des personnes humaines. Ceci dit, il n'a pas jusqu'à présent dénoncé le processus scientifique lui-même, dont il est un brillant représentant.

Nous aimerions pour terminer savoir, au regard de son opinion sur l'homme et la science dans l'évolution, comment il considère les perspectives de développement de l'intelligence artificielle évolutionnaire.

Que se passera-t-il quand, dans un futur plus ou moins lointain, l'humanité sera capable de générer des robots dotés de cerveaux artificiels qui apprendront seuls à se débrouiller dans l'univers? En s'éloignant de plus en plus de la tutelle et des prescriptions scientifiques des humains, et à force de reconfigurer leurs composants et leurs concepts au contact du réel (réel archaïque ou voilé?), ces robots n'élaboreront-ils pas des modèles de l'univers s'approchant progressivement de la logique (mathématique?) de ce dernier. Cette perspective serait d'autant plus intéressante que, contrairement aux hommes, ces robots seront de moins en moins liés aux contraintes de vie et de survie de l'humanité, de plus en plus aptes à s'adapter à d'autres mondes et à d'autres acteurs, et finalement de plus en plus aptes à favoriser l'apparition de formes d'univers jusqu'ici pour nous inimaginables.

* Nous pensons aux idées présentées par le mathématicien français Alain Connes, concernant la réalité, la "dureté" de la mathématique, au dévoilement de laquelle s'attachent les mathématiciens.

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