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Phi, a voyage from the brain to the soul

A propos du livre Mindful Universe

La médecine personnalisée

20 Juillet 2002
Notes par Jean-Paul Baquiast

Les origines animales
de la culture

Couverture de "Les origines animales de la culture" Dominique Lestel

Flammarion
2001


Dominique Lestel est philosophe et éthologue. Il enseigne les sciences cognitives à l'Ecole Normale Supérieure. Il est aussi chercheur associé en éco-anthropologie pour le Muséum d'histoire naturelle.

Il a écrit deux autres ouvrages relatifs aux rapports entre cultures animales et humaines :
- Paroles de singes. L'impossible dialogue hommes/primates. La Découverte 1995
- L'animalité. Essai sur le statut de l'humain, Hatier 1996.

Pour en savoir plus
Dominique Lestel http://www.lps.ens.fr/~risc/ens/dlestel.html
Séminaire, Ecole Normale Supérieure Coordination Sciences de la Cognition / CENECC http://www.lps.ens.fr/~risc/ens/activites.html
Article Nouvel Observateur http://www.nouvelobs.com/articles/p1931/a1940.html
Article Sciences et avenir http://www.sciencesetavenir.com/articles/p662/a9593.html
Notre brève en date du 28 mars 2002 http://www.automatesintelligents.com/actu/020404_actu.html#actu6.

On regrette de ne pas trouver de site consacré à ce chercheur et à son livre sur le web. L'un comme l'autre en vaudraient la peine.


Nos lecteurs savent que nous avons toujours porté attention aux expérimentations et publications intéressant l'animal. Le domaine est immense et ne peut pas être systématiquement exploré par un généraliste, cependant les dernières années ont vu émerger un nouveau regard sur les êtres vivants et l'évolution qui fait des études sur l'animal un complément indispensable des travaux portant sur l'intelligence artificielle.

L'imposant livre de Dominique Lestel, qu'il qualifie trop modestement d'essai, sur ce qu'il appelle (toujours trop modestement) "les origines animales de la culture," nous paraît devoir être une base indispensable pour la compréhension du problème majeur de notre époque : la compatibilité entre la survie d'espèces ayant précédé l'homme depuis des dizaines de millénaires, celle des diverses formes de l'humanité actuelle et ce qu'il adviendra de ces dernières lorsque, dans moins d'une cinquantaine d'années peut-être, de nouvelles formes de super-intelligences se seront développées en symbiose entre les machines et les êtres vivants. Il ne s'agit pas, en d'autres termes, d'un livre n'intéressant que les seuls spécialistes de la vie animale, mais tous les lecteurs de notre revue.

Dans son domaine de l'éthologie animale, Dominique Lestel s'inscrit parmi ceux - encore bien rares - qui refusent les barrières interdisciplinaires, plaies des sciences animales et humaines, que l'on retrouve à l'identique quand il s'agit de passer des études sur l'homme à celles des produits des technologies de l'information, vie artificielle, robotique, intelligence artificielle. Il refuse en particulier le diktat de la supériorité ou de la spécificité de l'humain, qui oblige la plupart d'entre nous à ne pas remarquer ni comprendre ce qui n'est pas directement comparable à l'homme. Il montre avec courage et clairvoyance, par de multiples exemples intéressant les formes de vie biologique les plus diverses, que l'animal ne peut se comprendre ni par comparaison avec la machine, ni par comparaison avec l'homme dont il ne serait qu'une ébauche inachevée. Son livre restitue à l'animal toute sa dignité, toute son épaisseur, et finalement toutes ses différences au regard des modèles anthropomorphiques qu'avec suffisance les hommes cherchent à lui imposer. Mais de ce fait il nous invite d'avance, implicitement, à porter, lorsque le moment sera venu, le même regard compréhensif sur ce que sont et seront, selon l'expression de Hans Moravec, les enfants de notre cerveau, c'est-à-dire les robots intelligents et conscients annoncés pour le début du 21e siècle.

Le livre est trop riche pour que nous le résumions. Il faut absolument le lire in extenso. Indiquons seulement rapidement le contenu des chapitres.
Après une introduction et avant une conclusion qui situent la nécessaire révolution qui s'impose dans l'étude des cultures et des "sujets" dans le monde animal, 6 chapitres constituent le corps de l'ouvrage. L'auteur note d'emblée que, pour ne pas trop alourdir celui-ci, il n'a pas traité les questions pourtant très riches des relations entre l'animal domestique et l'homme, non plus que celles des comparaisons entre cultures animales et cultures humaines. C'est un peu regrettable. Nous sommes persuadés que là encore il nous aurait appris à voir des phénomènes auxquels, imbus de notre supériorité, nous ne pensons pas spontanément. Ceci dit, l'auteur n'évite pas, par la force des choses, la question de la comparaison entre cultures animales et humaines. Nous partageons avec les animaux des séquences génétiques presque semblables, ce qui n'est pas sans conséquences, comme le montre la socio-biologie, sur la survivance chez l'homme d'un très grand nombre de comportements inconscients présents chez l'animal, comportements qui eux-mêmes servent de substrat aux constructions culturelles.

Des animaux-machines aux animaux de culture

Le premier chapitre, Des animaux-machines aux animaux de culture, tente un historique de la façon dont les sciences ont traité le sujet de l'animal, depuis l'Ancien régime jusqu'à nos jours. Les écoles et les étiquettes se sont succédées, chacune apportant indéniablement quelque chose à l'œuvre commune mais bâtissant en même temps le mur qui la séparera des autres. C'est indiscutablement par l'observation de l'animal dans son milieu naturel que les observations les plus pertinentes peuvent être faites dorénavant. Mais on en mesure la difficulté, accrue malheureusement par la disparition rapide de beaucoup de ces milieux. Les technologies modernes peuvent dans certains cas prendre le relais (capteurs GPS par exemple), mais elles ne sont pas elles-mêmes d'un emploi facile.

Peut-être à la fin de ce chapitre, l'auteur aurait-il pu indiquer le rôle, à nos yeux très important, joué par les sciences de la vie artificielle, notamment la programmation évolutionnaire, qui a obligé les chercheurs à analyser les processus évolutifs de la nature, à distinguer le génétique du culturel, à étudier en détail les mécanismes de la compétition darwinienne et de la symbiose, les diverses formes de co-évolution, l'apparition du langage et celle des réplicants culturels que sont les mèmes…Nous sommes pour notre part persuadés que, sans cette révolution dans l'approche scientifique des systèmes complexes, la révolution de l'éthologie moderne (éthologie cognitive, psychologie comparée, communication animale, etc.) n'aurait pas pris l'ampleur qu'elle montre aujourd'hui. Nous y reviendrons amplement ci-dessous.

Les médiations de l'action chez l'animal

Le second chapitre, Les médiations de l'action chez l'animal, étudie la question absolument déterminante, non seulement de l'outil (comme on le dit trop simplement) mais de la façon dont un très grand nombre d'espèces très différentes (ou plutôt d'individus au sein des espèces) utilisent soit leurs propres corps, soit des objets de l'environnement voire de véritables artefacts pour mener des actions leur permettant de s'adapter à des milieux différents. C'est là que s'impose la question inéluctable des causes de la divergence ayant permis aux primates qui allaient devenir des hominiens de développer à la fois le langage symbolique et des outils devenus symboles de leur propre usage, autrement dit des technologies. Il est indispensable aujourd'hui d'admettre le grand nombre des formes que prennent les "médiations de l'action" chez les animaux, ainsi que l'importance des adaptations culturelles ou individuelles enregistrées au sein de la même espèce, dans le temps ou dans l'espace. L'idée simpliste n'a plus court, selon laquelle l'utilisation de l'outil ne résulterait que d'adaptations génétiquement programmées (des "instincts" selon le terme si nuisible).

Mais a contrario, il faut bien essayer d'expliquer ce qui s'est passé chez les hominiens, ceci peut-être d'ailleurs dès trois ou quatre millions d'années avant le présent, puisque les origines de l'homme semblent reculer sans cesse dans le temps au fur et à mesure des nouvelles découvertes des paléontologues. Les réflexions actuelles, de plus en plus modélisées par le calcul évolutionnaire, mettent l'accent sur l'émergence de mécanismes incrémentiels constructivistes qui se déroulent tant au niveau symbolique (les représentations) qu'au niveau de l'action langagière et de l'action manufacturière. Ce sont finalement les technologies, se développant d'abord très lentement pendant des millénaires, puis explosant actuellement, qui on scellé la divergence entre les animaux et l'homme. On rappellera à ce propos, concernant les origines de cette branche de l'évolution, les hypothèses de Jean-Louis Dessalles que nous avions évoquées précédemment dans notre revue, relative à l'apparition du langage-afficheur.

L'étude de la transition de l'animal vers l'homme permet de mieux comprendre la culture animale. Rien n'oblige alors à la considérer comme un préalable nécessairement inférieur à l'émergence de la culture humaine. On la verra comme différente, répondant à des besoins et offrant des solutions qui ont leurs propres logiques, dont la plupart d'ailleurs ne nous apparaissent pas encore, et que nous aurions le plus grand intérêt à découvrir, voire à reprendre à notre compte dans certains cas.

Animal de culture(s)

Le chapitre 3, Animal de culture(s) étend les observations faites à propos des outils à l'ensemble des comportements collectifs pouvant faire parler de culture animale, au sein d'une espèce ou même au sein de groupes différents dans cette même espèce. Il faut définitivement reconnaître l'existence de cultures animales, mais renoncer, de nouveau, à les comparer aux cultures humaines. Les unes et les autres ont des statuts particuliers, sans que la culture humaine ait un statut spécial. Des chimpanzés aux macaques japonais et aux mésanges anglaises, les comportements collectifs transmis par l'éducation des jeunes et l'imitation, voire par d'autres procédures qui nous sont encore obscures, à la suite d'une innovation heureuse imputable parfois à un seul individu, sont nombreux. Encore ne s'agit-il que de ceux qui ont pu être observés facilement. La vie sociale dans des milieux opaques à l'homme, comme les océans ou les forêts denses, doit en offrir de nombreux autres exemples encore à découvrir et comprendre.

Dominique Lestel, une nouvelle fois, insiste sur le fait que les éthologues, pour accepter de ranger de tels comportements dans la catégorie des cultures, doivent admettre que la culture animale n'est pas obligatoirement analogue à celle de l'homme, qui se transmet par l'apprentissage, l'enseignement et l'imitation. Les cultures animales résultent le plus souvent d'une imbrication complexe entre l'évolution génétique et celle des comportements acquis et transmis collectivement, la co-évolution gène/culture. Finalement, pour lui, cultures animales et cultures humaines ont des origines communes, mais se sont trouvées séparées au cours de l'évolution par des différences qui les ont rendues relativement étrangères les unes aux autres - de même d'ailleurs que la "culture" des fourmis est étrangère à celle des chimpanzés ou des baleines.

La réflexion sur les conditions par lesquelles les cultures des premiers hominiens se sont définitivement éloignées des cultures animales, dans la suite de l'évolution humaine, n'est peut-être pas suffisamment poussée par Dominique Lestel. Il ne faudrait pas s'arrêter à la différenciation animaux-hommes, mais expliquer aussi l'explosion et la diversification des cultures humaines au cours des millénaires, ceci jusqu'à nos jours où coexistent (pour combien de temps ?), les cultures urbaines, rurales et celles des chasseurs-cueilleurs. Là encore, on devrait pouvoir mettre en évidence le rôle des technologies comme réplicants autonomes générant un processus darwinien de mutation/sélection qui se superpose à l'évolution des gènes et à celles des mèmes culturels. Le point est important pour la validité des hypothèses que nous pourrons faire concernant le rôle possible des futures machines intelligentes, susceptibles de provoquer un nouveau décrochage entre les sociétés animales et humaines ne possédant pas ces technologies, et les sociétés animales et humaines (nous disons bien animales) qui pourront s'associer aux super-intelligences artificielles pour faire naître de nouvelles cultures à dominante techno-scientifique.

Est-ce que les animaux disent quelque chose à quelqu'un ?

Le chapitre 4, Est-ce que les animaux disent quelque chose à quelqu'un ? est plus particulièrement consacré au domaine encore largement incompris, lui aussi, de la communication animale. De nouveau l'auteur souligne le fait que ce n'est pas parce que les animaux ne disposent pas du langage spécifique de l'homme qu'ils n'ont pas de représentations symboliques, qu'ils ne s'expriment pas et qu'ils ne communiquent pas. Il pose pour mieux aborder ce sujet la question de la rationalité animale. Les animaux ont sans doute une rationalité différente de la nôtre, que nous ne sommes pas encore capables de comprendre. Il suggère trois pistes pour commencer à le faire : certains modes de communication animale sont plus complexes que nous ne l'avons imaginé - nous pourrions les comprendre en recourant à des communications non langagières pour en briser le code - la communication est fondamentale pour comprendre l'émergence des comportements culturels animaux. De nombreux et passionnants exemples sont donnés pour montrer comment, à travers la diversité des espèces et des milieux, se réalisent des séries d'actions répondant souvent à des finalités identiques, qui ne sont pas toutes directement liées aux besoins de la survie immédiate ou de la reproduction. L'animal peut s'exprimer pour le plaisir de le faire, il pratique le jeu et l'humour, mais aussi des activités que nous rangerions chez l'homme dans la catégorie de l'art, musical ou plastique. Mais ce qui apparaît le plus souvent à nouveau, c'est qu'il le fait d'une façon qui nous demeure très largement opaque, si bien que nous avons tendance à en sous-estimer la complexité et le rôle. Un long développement est consacré aux chants des oiseaux, qui représentent effectivement un des nombreux mystères qu'offrent ces animaux particuliers, dont les chants sont aussi mal connus aujourd'hui que ne le sont leurs aptitudes à la navigation trans-continentale.

C'est dans ce chapitre que nous aurions aimé trouver plus de détails sur les communications verbales ou non, ainsi que sur leur rôle, s'établissant entre les animaux et les hommes, notamment dans la domesticité. Mais le sujet aurait certainement exigé un volume à lui seul.

L'animal comme sujet

Le chapitre 5 aborde enfin le point décisif : L'animal comme sujet. Par sujet, il faut entendre l'aptitude à se représenter soi-même dans son présent, voire son passé et son futur, à élaborer des stratégies de communication avec d'autres sujets, y compris les hommes - bref à faire montre non seulement d'intelligence mais de conscience. Les roboticiens savent que cette même question est désormais posée de façon récurrente à propos des machines intelligentes. A quel moment pourra-t-on, devra-t-on, les considérer comme conscientes? La réponse classique consiste à dire qu'une entité pourrait être considérée comme consciente si elle passait avec succès le test de Turing, c'est-à-dire si elle se comportait d'une façon qu'il ne serait pas possible de distinguer du comportement d'un homme conscient. Mais ce test perd tout intérêt si on fait l'hypothèse qu'il existerait, chez l'animal, des formes de consciences différentes des nôtres, mais néanmoins tout à fait présentes. Comment alors les identifier ? Dans ce cas, la prudence, sinon la bienveillance à l'égard de l'entité étrangère, consisterait à dire que la conscience n'est pas démontrable objectivement et qu'il vaut mieux supposer que l'interlocuteur inconnu auquel on s'adresse est un sujet conscient (quitte à en rabattre) plutôt que le traiter d'emblée en objet inconscient.

Dominique Lestel a voulu approfondir ce sujet en étudiant les travaux de 4 éthologues ou psychologues qui, contrairement à la grande majorité de leurs homologues, ont posé en principe et tenté de démontrer le fait que les animaux ne sont pas des machines programmées par les gènes, mais disposent de subjectivités individuelles. Ces travaux sont intéressants, parfois un peu datés historiquement pour être pleinement utilisables aujourd'hui. Mais ils obligent à se familiariser avec des approches et des concepts qui sont souvent propres à leurs auteurs, et dont les conclusions n'apparaissent pas évidentes au lecteur non professionnel. Nous aurions préféré pour notre part que l'auteur, comme nous l'avons esquissé ci-dessus, utilise les définitions courantes de la conscience telles que proposées par les neurosciences cognitives ou la robotique, et recherche si elles correspondent à quelque chose, chez les animaux en général ou dans telle espèce en particulier.

Pour notre part, nous admettrions volontiers que les animaux, même les plus insignifiants, peuvent héberger au moins par flash des états de conscience analogues aux nôtres, ce qui nous permettrait de nous retrouver au moins momentanément semblables à eux face aux grands événements de la vie. On éviterait alors de les massacrer sans pitié. Au contraire on pourrait militer pour leur faire reconnaître certains droits, dont beaucoup d'hommes malheureusement se montrent indignes.

Vers une ethnographie des mondes animaux

Le chapitre 6 et dernier du livre conclut par la nécessité d'établir désormais une véritable ethnographie, multidisciplinaire, des mondes animaux. Mais, pour en revenir à notre propos, celle-ci devrait désormais faire partie des travaux qu'il faudra mener pour mieux comprendre, voire défendre, les acquis de l'évolution dans le domaine biologique lorsque se posera la question, prochainement, de ce que ces acquis deviendront face à l'émergence des machines intelligentes et des entités biologiques associées avec elles.

Dans ce cas, il faudra peut-être admettre de compléter les références aux grands ancêtres, tel Leroi-Gourhan et les structuralistes,  afin d'utiliser les nouvelles approches de la science des systèmes complexes évolutionnaires.

A tort ou à raison, nous pensons que cette ethnographie prendrait toute sa portée si elle s'appuyait sur quelques directions de recherche souvent évoquées dans notre revue. Citons, parmi de nombreuses autres possibles :

- Le concept très général de super-organisme (tel que récemment décrits par les livres de Howard Bloom), et les simulations informatiques qui peuvent en être faites (voir par exemple l'article de Guy Théraulaz "Comment les insectes sociaux peuvent-ils nous aider à résoudre des problèmes complexes", in Cognition et création, Mardaga 2002)

- Le concept de mème, qu'il n'y a pas de raison de réserver à l'homme, tel que décrit par Richard Dawkins, Richard Brodie et Susan Blackmore;

- Les automates cellulaires, tels que présentés par Stephen Wolfram comme modèle de la façon dont des règles simples peuvent générer des résultats complexes de façon semblable dans un très grand nombre de cas d'évolution naturelle ou artificielle.

- Les études de bionique (entrées sensorielles ou sorties motrices) comportant la réalisation de cartes cognitives en 2 ou 3 dimensions qui semblent correspondre aux représentations de l'espace (différentes selon les espèces ) dont les animaux se dotent.

- Les simulations de la vie artificielle portant sur les animaux et les groupes d'animaux, en interaction avec un milieu donné.

- Les robots évolutionnaires inspirés de l'animal, individuel ou en groupe.

- Les modèles de génération de systèmes intelligents et conscients tels qu'ils commencent à apparaître (Voir par exemple les travaux d'Alain Cardon).

- Les perspectives d'observation fine de l'animal (par imagerie fonctionnelle ou autres méthodes invasives et non invasives) et de reconstruction par retro-ingénierie, génie génétique... de solutions animales sur des artefacts.

Il est évident q'une ethnographie des mondes animaux prenant en compte ces diverses perspectives devra déboucher sur la question fondamentale, au triple plan de la science, de l'économie et de la morale, relative à l'avenir à terme de l'animal (au moins des animaux dits supérieurs) dans la future société technologique super-intelligente dont on peut rêver. Si, comme nous le souhaiterions tous, on admettait que l'animal, sauvage ou domestique, pourrait encore "servir à quelque chose", il faudrait dès maintenant prendre pour assurer sa pérennité les mêmes précautions que l'on prendra sans doute afin d'éviter la relégation des neuf dixièmes de l'humanité dans la catégorie de ceux n'ayant pas accès aux intelligences de demain.


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