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Phi, a voyage from the brain to the soul

A propos du livre Mindful Universe

La médecine personnalisée

11 Février 2003
Notes par Jean-Paul Baquiast
Voir également notre interview de Réda Benkirane

La complexité,
vertiges et promesses

Couverture de  "La complexité, vertiges et prommesses"

La complexité, vertiges et promesses

18 histoires de sciences

Réda Benkirane

Le Pommier, octobre 2002
418 pages


Reda BenkiraneSociologue, spécialiste de l'information, Réda Benkirane a la double nationalité marocaine et suisse, il travaille à Genève comme consultant auprès des Nations Unies (CNUCED) et du Conseil Œcuménique des Eglises. Il a précédemment exercé entre autres activités celle de journaliste, notamment au sein de la revue Le Temps stratégique.
Il vient de publier l'ouvrage
"La complexité, vertiges et promesses".
II est également l'auteur de Jahiliya, le voyage des origines. Sociologie poétique de la migration (à paraître en 2003).

Depuis 1996, il anime le site @rchipress (http://www.archipress.org), qui regroupe une agence de presse Nord-Sud et un centre de documentation Episthèmes. Ce site (1000 visiteurs uniques/jour) a été classé en tête des magazines suisses en ligne par le portail MSN France.

Page personnelle de l'auteur: www.archipress.org/reda/

Disons d’emblée à nos lecteurs que nous avons trouvé le livre de Réda Benkirane, «La complexité, vertiges et promesses, 18 histoires de sciences» absolument remarquable. Nous sommes persuadés que le lire - ou plutôt l’étudier en profondeur - constituera un exercice indispensable pour tous ceux qui s’intéressent aux sciences ou à la philosophie des sciences. Pour les scientifiques pratiquant déjà ce que l’on appelle les sciences de la complexité, terme sur lequel nous allons revenir, il s’agira selon les cas d’un utile retour aux sources ou d’un voyage éclairant aux limites de leur discipline. Pour les autres, catégorie qui devrait englober tous les lecteurs non scientifiques, ce sera dans beaucoup de cas une véritable découverte. Ils pourront se borner à survoler ceux des rares développements qui leur paraîtraient trop techniques. Si nous placions les abonnés de notre estimable magazine, moi le premier, dans une catégorie intermédiaire, celle des gens déjà bien au fait des problèmes de la complexité, mais désireux d’en apprendre toujours davantage, notre conseil serait le même : lisez le livre, réfléchissez en profondeur aux idées et hypothèses dont il fourmille, approfondissez si possible les travaux des scientifiques interrogés en consultant directement leurs écrits, ne fut-ce que par l’Internet. Puis essayez de préciser, ne fut-ce que pour vous-même, en quoi votre vision du monde pourrait en être modifiée.

Le livre se présente comme un recueil d’entretiens avec 18 scientifiques ayant pris suffisamment de recul sur leur discipline pour en faire un sujet de réflexion philosophique. La démarche philosophique est courante dans la tradition universitaire anglo-saxonne, notamment américaine. Elle est plus rare de la part des francophones, apparemment moins soucieux d’approches interdisciplinaires et de communication avec le public. Il faut donc saluer ceux fort opportunément sélectionnés par Réda Benkirane Tous méritent d’être connus ou mieux connus.

Mais le livre n’est pas un simple recueil d’entretiens, ou alors il faut entendre « entretien » au sens plein du terme, c’est-à-dire la confrontation de deux lectures intelligentes d’une œuvre. Il ne s’agit en aucun cas d’un recueil d’interviews. Il est rare que l’interview puisse s’élever au-dessus de la banalité, surtout si l’interviewer n’a du sujet traité qu’une connaissance journalistique. En l’espèce, tout se passe comme si, grâce à l’intermédiation de Réda Benkirane, chaque scientifique s’était obligé à présenter en une quinzaine de pages l’essentiel de son œuvre, ce qu’il faudrait en retenir si tout le reste disparaissait. Quinze pages, c’est peu mais c’est déjà beaucoup, surtout quand, comme c’est le cas, des questions intelligemment préparées obligent l’auteur à approfondir ou éclaircir, si besoin, ses propos. Pour mieux comprendre les intentions et la méthode de Réda Benkirane, on se reportera à son avant-propos, p. 7 et 8 notamment, qu’il ne faudrait en aucun cas « sauter ». La démarche suivie est empreinte d’une véritable rigueur scientifique.

C’est là que nous devons souligner le mérite de Réda Benkirane, absolument stupéfiant, il faut le dire, de la part de quelqu’un qui n’a pas consacré sa carrière à la philosophie des sciences émergentes. Il a sinon tout lu des publications de ses interlocuteurs, du moins abordé et compris l’essentiel, ce qui représente vu la diversité des thèmes un travail considérable. Certaines réponses et par conséquent certaines questions ont été, nous dit-il, préparées avec les auteurs eux-mêmes, mais cela n’en est que mieux. Le résultat est excellent au plan pédagogique. On retrouve là, sous une forme un peu différente, une pratique que nous avons précédemment signalée pour son originalité, celle du site américain Edge, animé par John Brockman. On demande à un scientifique, non seulement de présenter le "best of "de son œuvre, mais également d’indiquer les limites auxquelles il se heurte, les apports qu’il aimerait recevoir de la part d’autres disciplines et plus généralement, la vision du monde (de l’univers) qui lui paraît émerger de ses travaux. Réda Benkirane n’a pas suivi tout à fait cette démarche, mais il s’en rapproche beaucoup. C’est à notre connaissance, dans le domaine des sciences qui intéressent notre magazine, la première fois que l’essai est tenté. Il est très réussi, et on ne peut que souhaiter une chose, sa mise à jour le moment venu et son élargissement à d’autres domaines.

Sur le fond, que dire pour présenter le travail à nos lecteurs. La liste des interlocuteurs rencontrés par Réda Benkirane permettra de se faire une première idée du contenu. Nous les classerions pour notre part, avec l’arbitraire que cela suppose, en 3 catégories :

-  Ceux que le grand public connaît parce qu’ils ont été souvent cités dans les travaux sur la complexité, mais avec lesquels un contact rafraîchissant la connaissance que l’on a d’eux s’impose: Ilya Prigogine, Christopher Langton, Francisco Varella (décédé depuis), Stuart Kauffman, Yves Pomeau. On y ajoutera, bien qu’il ne s’agisse pas de scientifiques à proprement parler, mais plutôt de philosophes, Edgar Morin et Michel Serres.

- Des chercheurs déjà émérites, qui ne sont connus en France que par les spécialistes de leurs domaines, mais qui devraient rejoindre au plus vite la catégorie précédente : Brian Goodwin, Ivar Ekeland, Gregory Chaitin, Laurent Nottale, Andrei Linde.

- Et enfin des chercheurs qui sont généralement connus par le public cultivé, mais trop souvent considérés comme très spécialisés alors que leurs travaux, en plein développement, concernent toutes les disciplines émergentes : Neil Gershenfeld, Daniel Mange, Luc Steels, Bernard Derrida, John Barrow.

Cette liste est déjà longue. Elle référencie, ce qui est rare dans ce genre de littérature, des auteurs francophones, suisses, belges ou français, qu’il faut mieux faire connaître. Mais elle paraîtra peut-être trop courte à nos lecteurs, que nous avons habitués (Dieu nous aide) à consulter de nombreuses autres sources. On ne peut en faire reproche à l’auteur, car s’il avait voulu citer tous ceux qui comptent dans les sciences de la complexité, lesquelles incluent aujourd’hui (nous reviendrons sur ce point) pratiquement toutes les sciences, il lui aurait fallu une encyclopédie de 20 volumes et 100 années de travail(1). Peut-être cependant, dans une prochaine édition, pourrait-il inclure, parmi d’autres, Stephen Wolfram (encore que le personnage paraisse assez peu sympathique), Lee Smolin, Robert Aunger, Alain Cardon... On observera au passage qu’aucune femme ne figure dans ce palmarès. Cela, nous semble-t-il, condamne la société occidentale qui malgré sa prétendue ouverture ne fait rien pour encourager les filles à s’engager dans les sciences fondamentales.

La vie et l’œuvre de chaque auteur sont présentées, en introduction de l’entretien avec eux. Quelques commentaires pertinents renseignent sur la portée des principaux travaux et ouvrages. Nous aurions aimé disposer de plus de références Internet, mais il s’agit d’une matière volatile, certains sites ayant l'habitude de changer leurs URL sans en prévenir l'usager. Par contre, il faut féliciter le sens de la pédagogie manifesté par l’auteur, visible notamment dans la bibliographie qu’il fournit à la fin du livre. Près de 150 ouvrages sont cités, avec pour chacun un commentaire pertinent de quelques lignes. Les lecteurs ne pourront pas se plaindre de ne pas savoir comment remonter aux sources. La seule question pratique qui se pose  (mais Réda Benkirane n'y peut rien) est que la plupart de ces ouvrages n’ont pas été traduits de l’anglais et demeureront définitivement inaccessible à ceux qui ne pratiquent pas cette langue - sans mentionner le fait que ces ouvrages ne sont pas faciles à obtenir, même en bibliothèque. L’internet sous cet angle est plus commode. Mais nous rencontrons nous-mêmes en permanence cet obstacle de la langue, puisque l’essentiel des sources que nous citons sont en anglais, et que nous devons en traduire ou en adapter de nombreux éléments. Voici encore une limite absolue à la connaissance dont on ne mesure pas assez les dégâts quand il s’agit pour une nation non anglophone de rester compétitive dans ses profondeurs.

Evidemment, toutes les sciences ayant affaire à la complexité ne sont pas présentées dans le livre. On regrettera peut-être la part trop belle faite aux mathématiques, et l'absence de considérations relatives à la conscience, le "hard problem" qui est pourtant au coeur de la complexité, qu'il s'agisse de la conscience animale, humaine ou artificielle. Mais cela justifierait un recueil tout entier.

La complexité

Quelques mots sur le contenu de ce concept, de plus en plus utilisé. L’avant-propos de l’auteur en fournit une première définition. Michel Serres, dans la fin de l’ouvrage, donne une image assez saisissante [Benkirane, op.cit, p. 383 et suiv.]. Aujourd’hui, dit-il, la science est en train de proposer le plus grand récit qui ait jamais été raconté depuis l’origine des hommes, celui des origines (du big bang et même avant le big bang) jusqu'à la vie, l’intelligence et la conscience. C'est cette histoire qui, à elle seule, suffit à fonder la complexité. Ajoutons que, dans cette optique, il n’est pas de science digne de ce nom qui puisse se prétendre étrangère à la complexité, car toutes répudient les modèles linéaires, aucune n’est définitive, aucune n’est fermée sur elle-même, toutes s’inscrivent dans une perspective évolutionnaire totalement ouverte. La complexité est partout. Il n’y a que les technologies qui, pour des raisons d’efficacité pratique, s’efforcent de la chasser des systèmes. Mais même là, elle peut se réintroduire à tous moments, lorsque les paramètres bien prévus s’affolent sans explication claire, et que le désastre survient.

S’il n’est aujourd’hui de science que de complexité, alors pourquoi en parler ? Pourquoi en faire des livres ? C’est parce que la plupart des scientifiques, comme les gouvernements, les décideurs, le public n’ont pas encore compris le nouveau regard qu’elle appelle. La plupart s’imaginent encore que le monde tourne en gros comme Newton l’avait défini. Si des systèmes apparaissent compliqués, c’est selon eux parce qu’ils n’ont pas été assez étudiés, assez mathématisés sous forme d’équations aux résultats bien prévisibles. Confrontés à la complexité permanente, celle de la mondialisation, celle des banlieues, celles des épidémies - ou celle de l’Internet - ils n’y voient pas malice. Il faut réglementer, disent-ils, renforcer les mesures sécuritaires, voire faire la guerre à ceux qui ne pensent pas comme vous. Quand les choses paraissent malgré cela définitivement trop compliquées, on fait appel au sacro-saint principe de précaution, qui consiste à ne plus rien faire du tout (freeze, comme disent les américains).

Mais alors, des livres comme celui de Réda Benkirane peuvent-ils avoir le moindre impact au regard de l’aveuglement général. Les pessimistes, dont nous ne sommes pas, en douteront. Les responsables politiques qui pourraient en faire leur profit et qui, quoiqu’ils disent, prennent le temps de lire bien d'autres inutilités, les rejetteraient comme trop scientifiques, non susceptibles d’intéresser leurs fonctions quotidiennes. Mettons-nous pourtant à la place de personnalités aussi diverses que le président de la République, le ministre des affaires étrangères, le secrétaire national du parti socialiste ou même le distingué José Bové. Nous sommes certains qu’ils pourraient y apprendre, non seulement à voir le monde autrement, mais à adapter en conséquence leur action quotidienne. De quelle façon ? Devraient-ils se méfier dorénavant des explications trop simples et réductionnistes, des décisions trop linéaires ? Devraient-ils mieux prendre conscience des limites des savoirs ? Sans doute, mais ceci risquerait d’accroître encore l’impuissance à décider propre aux démocraties. Nous pensons plutôt qu’ils devraient y voir la nécessité, comme le dit excellemment Réda Benkirane en citant Brian Goodwin, d’encourager une co-évolution dynamique de la science et de la société. Concrètement, ceci voudrait dire qu’il faudrait faire progresser à marche forcée la démocratie en réseau, encourager les recherches fondamentales et leur discussion par les citoyens, récuser chaque fois que possible le mercantilisme et l’égoïsme qui dénaturent de plus en plus la civilisation occidentale. Il s’agirait d’objectifs lointains, mais supposant des décisions immédiates pour lesquelles l’engagement du pouvoir politique est indispensable(2).

Suggestions

Réda Benkirane est trop modeste, et n’a pas voulu mêler sa voix à celle de toutes les personnalités interrogées. Nous sommes cependant persuadés qu’il aurait lui-même beaucoup de suggestions à faire. La première devrait porter sur la façon d’enseigner la complexité, telle qu’exposée et illustrée dans le livre ? A qui devrait-on s’adresser ? Qui devrait s’en charger ? Quelles méthodes pratiques devrait-on utiliser ? Une première réponse simple pourrait être de proposer un tel livre, et tous autres pouvant le compléter et l’enrichir, à tout le monde. C’est une question que nous nous sommes posée. Qui le livre vise-t-il ? Les scientifiques en général ? Certainement. Ils ne manqueront pas d’y trouver des sujets de méditation, partant du principe qu’ils ne peuvent tout connaître, qu’ils soient étudiants ou déjà consacrés dans leur discipline. Le public cultivé ? Sans doute. Mais il leur faudra consentir quelques efforts car le livre malgré son souci de clarté, ne se livre pas sans un peu de travail. De plus, le public cultivé, c’est combien de milliers de personnes, en France ? Pourquoi se limiter à cette population, et ne pas viser tout le monde, toutes les citoyennes et tous les citoyens, voire les enfants ? Certainement. Mais alors il faudrait peut-être faire appel à des pédagogies différentes, utilisant par exemple Internet et la réalité virtuelle, à laquelle certains des interlocuteurs de Réda Benkirane ont fait allusion(3).

Plus généralement, on voit bien que s’imposerait une réforme approfondie de tout le système éducatif français, depuis le primaire jusqu’aux universités. Derrière le système éducatif, il faudra réformer les modes de sélection et les cursus de recherche. Aujourd’hui encore, un chercheur ne peut faire carrière dans la complexité, ou si l’on préfère, à la frontière entre disciplines. Il vaut mieux pour lui développer les vues systématiquement géniales de son directeur de recherche ou de son laboratoire. Mais réformer le système éducatif et universitaire est-il envisageable ? On se souvient des errements ayant résulté de l’introduction des mathématiques modernes. Sans doute préférera-t-on une imprégnation lente de l’université française par la fréquentation d’autres universités plus avancées, comme il en existe nous semble-t-il beaucoup en Europe même.

On devrait pouvoir faire plus, cependant. Nos pays veulent-ils se démarquer d’un néo-libéralisme uniquement guidé par le souci de maximiser à court terme les bénéfices de l’actionnariat ? Dans ce cas, ne devraient-ils pas financer de grands projets de recherche fédérateurs obligeant sciences fondamentales publiques, sciences appliquées et technologies à collaborer. Le tout dans des contraintes de temps et de résultats évitant de se perdre dans un futur indéterminé. Les besoins ne manquent pas : éclaircir le mécanisme des maladies à virus ou du cancer ; comprendre les équilibres globaux de la Terre et proposer des solutions aux catastrophes qui nous menacent ; développer des machines pensantes et conscientes susceptibles de donner du monde une autre vision que celles héritées des cultures classiques(4). Ce serait la, parmi de nombreuses autres, quelques-unes des promesses, pour reprendre le terme de Réda Benkirane, ouvertes par la prise en considération politique de la complexité.


Notes
1) Soit dit en passant, une telle encyclopédie serait certainement à entreprendre, pour l’éducation des foules, en utilisant systématiquement les ressources de l’Internet. Nous essayons d’y apporter notre contribution, mais l’ampleur de la tâche nous dépasse.

2) J’ai moi-même, si je puis me permettre de me citer, abordé cette question difficile des choix politiques face à la complexité, et proposé quelques orientations [Baquiast, Sciences de la complexité et vie politique. Ed. Automates-Intelligents, 2003].
3) Dans la ligne de notre magazine, qui vise un public relativement large et pas nécessairement informé, certains d’entre nous ont participé à des réunions de type « Café des sciences » avec des gens n’ayant rien de scientifique, sans autre instrument qu’un tableau blanc. Elles furent toujours des succès et c’est avec tristesse que nous n’avons pu poursuivre les discussions aussi longtemps qu’ils le souhaitaient.
4) Voir sur ce sujet Alain Cardon, Modéliser et Concevoir une machine pensante - Approche constructible de la conscience artificielle. Ed. Automates Intelligents. 2003 .

Pour en savoir plus
Neil Gershenfeld, Home page : http://web.media.mit.edu/~neilg/
Logic Systems Laboratory et Daniel Mange : http://lslwww.epfl.ch/pages/staff/mange/
Jean-Louis Deneubourg, Home page : http://www.ulb.ac.be/cenoliw3/PERSO-PAGES/jldeneubourg.html
Luc Steels, Home page : http://arti.vub.ac.be/~steels/
Christopher Langton. Présentation : http://www.chairetmetal.com/lang-bio.htm
Brian Goodwin, How leopard.. : .http://home.planet.nl/~gkorthof/kortho23.htm  et page dans Edge http://www.edge.org/3rd_culture/bios/goodwin.html
Stuart Kauffman, Home page : http://www.santafe.edu/sfi/People/kauffman/
Bernard Derrida, coordonnées :  http://www.lps.ens.fr/~derrida/
Ivar Ekeland, CV : http://www.iecn.u-nancy.fr/~hijazi/CVEKELAND.html . Voir aussi http://www.ceremade.dauphine.fr/~ekeland/
Gregory Chaitin, Home page : http://www.cs.auckland.ac.nz/CDMTCS/chaitin/
John Barrow, page dans Edge : http://www.edge.org/3rd_culture/bios/barrow.html
Laurent Nottale, Home page : http://www.daec.obspm.fr/users/nottale/
Andrei Linde, Home page : http://physics.stanford.edu/linde/

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