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Phi, a voyage from the brain to the soul

A propos du livre Mindful Universe

La médecine personnalisée

10 février 2005
Notes et présentation par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemint

La complexité organisée
Systèmes adaptatifs et champs organisationels

Couverture du livre "Traité d'athéologie"

La complexité organisée
Systèmes adaptatifs et champs organisationnels

par Alain Cardon

Hermes/Lavoisier 2005


Alain CardonAlain Cardon est professeur à l'Université du Havre et chercheur permanent au LIP6 de l'Université de Paris 6.
Il est membre de l'académie européenne interdisciplinaire des sciences dans le domaine de l'intelligence artificielle. Il est spécialiste des systèmes multi-agents, des systèmes complexes et de la conscience artificielle.

Principaux ouvrages récents
Modéliser et concevoir une machine pensante - Approche de la conscience artificielle, Collection Automates Intelligents, Vuibert 2004
Conscience artificielle et systèmes adaptatifs, Eyrolles, décembre 1999.


On ne peut pas présenter le nouveau livre du Professeur Alain Cardon [Cardon, La complexité organisée, systèmes adaptatifs et champs organisationnels, Hermès, 2005] sans revenir sur l'ensemble des travaux hors normes conduits depuis plus de 20 ans par l'auteur. La France est véritablement un triste pays. Les milieux dits intellectuels prétendent y célébrer une philosophie et une littérature qui n'ignoreraient rien de tout ce qui a été important dans l'histoire de la pensée. Quant aux scientifiques, ils s'élèvent à tous moments et d'ailleurs de façon fondée contre le mépris des décideurs à l'égard de la recherche fondamentale, celle qui remet en question le regard jeté par la société sur le monde. On aurait donc pu espérer qu'Alain Cardon aurait été de tous les forums et débats sur la philosophie, la culture et la science, que ce soit à la radio-télévision ou dans la presse. Constamment, des gens prennent la parole pour répéter plus ou moins bien, y compris sur France-Culture ou Arte ce qui avait été dit avant eux. Aucune vision à la fois informée et nouvelle n'est jamais proposée. Aussi bien, confrontés à ce que Bernard Stiegler appelle l'entreprise de crétinisation de la culture commerciale(1) les citoyens que rien ne vient réveiller sombrent dans la morosité. La France ignore Alain Cardon et quelques autres de son gabarit, qui pourraient la réveiller intellectuellement.

Alain Cardon enseigne à l'université l'informatique et l'intelligence artificielle. Voici un premier défaut irrémédiable. Comment peut-on prétendre emprunter le discours des sciences ou de la philosophie, quand on est informaticien? Les sciences et technologies de l'information sont en train de bouleverser la société, mais nul ne s'en aperçoit. L'informaticien reste assimilé en France à un programmeur de distributeurs automatiques de billets, c'est-à-dire à un casseur d'emplois. Mais le second grand défaut d'Alain Cardon est qu'il prétend utiliser l'informatique à la réalisation de machines pensantes, et qui plus est de machines qui pourraient éventuellement penser d'une façon non contrôlée par l'homme. Là il se met tout le monde à dos. Entendons-nous bien. Peu de gens ici ont la culture scientifique et philosophique suffisante pour se représenter ce que signifie un tel projet, sauf à fantasmer sur des mythes issus de la science fiction. Encore moins pour savoir qu'il existe en France un scientifique s'intéressant concrètement aux machines pensantes. L'hostilité que rencontre Alain Cardon n'est donc pas celle des plateaux de télévision où nul animateur n'aurait l'idée de l'inviter, mais celle des quelques rares mandarins qui ont entendu parler de ses recherches. Une pensée artificielle, quelle horreur ! Ils pressentent bien que cette révolution conceptuelle les obligerait, si elle prenait racine dans ce pays, à remettre en cause beaucoup des fondements de leurs propres travaux et donc de leurs carrières. Quant à ceux qui tiennent les cordons de la bourse, que ce soit dans les établissements de recherche ou dans les entreprises, la réaction non dite semble être : «pourquoi développer des automates conscients alors qu'existent en France plusieurs millions de cerveaux humains en quasi chômage intellectuel, que l'on peut faire travailler à bas prix».

Toutes ces personnes bien intentionnées ignorent évidemment qu'Alain Cardon est très estimé par ses étudiants et par les quelques thésards qui ont pris le risque de travailler sous sa direction. Il est également très écouté dans les pays qui comptent, Etats-Unis et Japon, lesquels ne manquent pas de l'inviter et, bien évidemment de le piller sans vergogne. Si bien que ceux de ses élèves qui ne se retrouvent pas dans l'industrie à faire tout autre chose que mettre en valeur les travaux menés pendant leur thèse s'expatrient dans les pays où ils peuvent développer les principes enseignés par Alain Cardon, au bénéfice évidemment desdits pays.

On dit parfois que si certains scientifiques français ne sont pas assez connus, c'est parce qu'ils ne communiquent pas. On ne peut pas faire ce reproche à Alain Cardon(2) qui en l'espace de quelques années a réalisé une œuvre éditoriale considérable. En dehors d'études plus spécialisées, il a publié en effet trois ouvrages marquants qui décrivent une trajectoire de découverte impressionnante. Par le premier, Conscience artificielle et systèmes adaptatifs Eyrolles, 1999(3), il a jeté les bases de la construction d'une conscience artificielle. Dès cette date, si le thème avait intéressé ceux qui en France financent la recherche publique dans les sciences et technologies de l'information, il aurait pu au sein de son laboratoire développer les premiers réseaux d'agents informatiques susceptibles de démontrer aux yeux de tous la possibilité de faire émerger des comportements cognitifs au sein de systèmes artificiels. Aujourd'hui, la France serait sans doute dans le peloton de tête des pays qui réalisent de tels systèmes. Mais cela n'a pas été le cas. Cependant Alain Cardon a poursuivi ses travaux expérimentaux et ses réflexions théoriques, ce qui lui a permis, non seulement de diriger quelques thèses prometteuses sur cette questionMoldéiser et concevoir une machine pensante - Approche de la conscience artificielle, mais de rédiger un second ouvrage Modéliser et concevoir une machine pensante, approche de la conscience artificielle, publié en 2003 et réédité en 2004, dans la collection Automates-Intelligents chez Vuibert(4). Dans ce livre, il étend le concept de conscience artificielle à la génération d'émotions, de sentiments et finalement de pensées. Cela le conduit inévitablement à une réflexion philosophique : qu'est-ce que penser pour un système constitué de grappes de processeurs coactivés avec des corps de robots ? En quoi une telle façon de penser diffère-t-elle de la pensée humaine.

Dans le même temps qu'il publiait ce second livre, Alain Cardon en préparait un troisième qu'il vient de faire éditer chez Hermès, La complexité organisée, systèmes adaptatifs et champs organisationnels que nous examinons ici. Dans ce dernier livre, ce n'est pas seulement le problème de la pensée qu'il aborde en conséquence de ses travaux sur des automates conscients, c'est celui de la vie. La question de l'origine de la vie est, avec celles du cosmos et de la pensée, l'un des trois mystères encore non résolus par la science contemporaine. Alain Cardon le traite dans ce troisième livre sous l'angle de l'émergence des systèmes complexes. Qu'est-ce qui pousse des systèmes biologiques élémentaires à se constituer en organismes et à se reproduire en se diversifiant et en s'enrichissant sans cesse ? La réponse apportée à cette question par les darwiniens, depuis notamment l'apparition de la biologie moléculaire, est que la diversification et la complexité sont les produits de ce que Jacques Monod dans une formule célèbre avait appelé Le Hasard et la Nécessité. Sans nier l'existence à certaines échelles de ce mécanisme, Alain Cardon en propose un autre que lui inspire la réflexion sur ce que sont les systèmes auto-adaptatifs artificiels dont il fait le modèle. Dès qu'un ensemble d'agents séparés du reste du monde par une membrane sont capables de tirer parti des informations résultant de leurs interactions avec le monde pour renforcer leur organisation interne, ils créent ce que l'auteur appelle un champ organisationnel. Ce mécanisme s'applique aussi bien à des protéines biologiques qu'à des agents logiciels en réseau au sein d'un robot doté de capteurs et d'effecteurs. Le champ organisationnel oblige si l'on peut dire les nouvelles entrées qui pénètrent dans le système à contribuer à l'enrichissement de celui-ci dans le prolongement et la diversification de ce qui existe déjà, plutôt qu'y introduire du désordre voire une possibilité de destruction.

Prenons un exemple très simple. A la lecture d'un très bon livre, très convaincant, celle-ci lecture peut soit renforcer et développer le système de pensées du lecteur soit, au contraire, semer le trouble dans son esprit et désorganiser la façon dont il perçoit le monde. En s'appuyant sur des modèles artificiels, Alain Cardon pourrait certainement montrer comment dans le premier cas existaient des structures de pensées et idées susceptibles d'accueillir les thèmes du livre pour en tirer une nouvelle force. Cet existant générait un champ organisationnel grâce auquel mon organisation mentale s'est trouvée enrichie et complexifiée à la suite des apports du livre. Dans le second cas, il pourrait montrer que faute de structures de pensées et idées suffisamment organisées, les thèmes du livre se sont comportés dans mon esprit comme des microbes pathogènes attaquant un organisme et contribuant à compromettre son fonctionnement. Tout ceci n'est pas facile à mettre en évidence quand il s'agit d'observer ce qui se passe au sein des cerveaux vivants, mais peut très bien l'être à partir d'automates adaptatifs du type de ceux dont Alain Cardon recommande la construction.

Mais alors on voit que la modélisation par l'intermédiaire des systèmes complexes artificiels fournit à l'auteur des bases solides pour élargir encore son regard philosophique. Ce n'est plus seulement la question de l'origine des sentiments et de la pensée chez les animaux supérieurs et chez l'homme qu'il aborde, mais celle de l'origine de tout ce qui existe dans notre univers physique, au-delà des formes d'organisation de la matière (par exemple les cristaux dans l'univers géologique ou les machines-outils dans l'univers manufacturier) qui ne posent pas de problèmes de compréhension à l'homme. Pourquoi existe-t-il des formes plutôt que de l'informe et pourquoi ces formes sont-elles comme cela et pas autrement ? Alain Cardon ne croît pas, nous l'avons dit, que la morphogenèse résultant du seul hasard des mutations ait pu produire des milliards d'êtres vivants dans le temps relativement court de l'évolution de la vie sur Terre. Il cherche donc un principe organisateur(5). Mais plutôt que faire appel à l'intervention du doigt de Dieu ou de quelque autre finalisme, il montre que ce principe découle de facteurs purement matériels, inhérents au monde physique lui-même.

Beaucoup de théoriciens de la complexité ont dit des choses semblables. L'émergence du complexe à partir du simple peut découler de nombreuses lois physiques. On sait que c'est par exemple le thème de la théorie dite constructale d'Adrian Béjan. Mais Alain Cardon, sans exclure d'autres processus, montre que cette émergence peut aussi résulter de processus de construction de type informatique dont il donne le modèle. Certains lui ont reproché de faire de la philosophie dans un ouvrage consacré au calculable. Mais c'est parce qu'il peut, comme il le démontre, apporter des réponses aux questions philosophiques les plus complexes à partir de solutions informatiques relativement simples à comprendre et à mettre en oeuvre. Ainsi selon lui l'esprit de l'homme et tout ce dont se vante l'humanité pourrait relever du calcul. Alain Cardon ne se borne pas à faire des proposer des hypothèses grandioses mais encore indémontrables comme celles affirmant que l'univers tout entier est calculable. Il est beaucoup plus concret. Il affirme : donnez-moi un réseau d'une trentaine de micro-ordinateurs, quelques thésards pour résoudre les questions un peu difficiles qui restent à explorer, un peu d'argent pour les consommables et, dans quelques années, je vous démontrerai in silico comment un système auto-adaptatif générant un champ organisationnel calculable peut construire une certaine forme de pensée. Là est sans doute le scandale : poser en principe qu'avec des processus constructivistes simples on pourrait construire ou reconstruire des pensées appartenant soit au monde actuel, soit à un monde différent.

Le livre est aussi une réflexion très profonde sur les systèmes plus ou moins complexes que le regard de l'observateur croit pouvoir déceler dans l'univers dès qu'il commence à l'étudier. Le désir de connaître est premier devant la connaissance et même la qualifie, la fait être telle qu'elle va apparaître et se déployer. Là est le secret si l'on peut dire de la notion de complexité : tout se tient, à partir de quelques générateurs, eux-mêmes évolutifs à d'autres échelles temporelles. Tout est en relation évolutive, il n'y a pas de domaine clos, isolé et immuable au sein d'un contexte qui serait négligeable. Les notions de système clos, de domaine clos, sont mortes.

Discussion

Le livre, comme les deux précédents, est beaucoup trop dense pour pouvoir être résumé en quelques paragraphes. Il n'est pas d'une lecture facile, bien que l'auteur s'efforce chaque fois que ses énoncés deviennent un peu abstraits de les éclairer d'exemples pris dans des sciences plus accessibles, biologie, sociologie, psychologie. Mais nous ne pouvons que conseiller à ceux qui n'ont pas encore fait la connaissance des travaux d'Alain Cardon de s'en imprégner. Il ne leur sera pas nécessaire de remonter au premier ouvrage de la série, les deux suivants devraient suffire à les convaincre du fait qu'ils sont en présence d'une approche épistémologique non seulement originale mais comme nous venons de le dire susceptible d'applications révolutionnaires dans des délais relativement rapides. Cependant les critiques ne manqueront pas. Voyons en quelques unes.

La première consistera à demander quelle valeur attribuer à des théories qui restent encore en grande partie sous la forme d'hypothèses. Nous répondrons que l'hypothèse d'Einstein formulant une nouvelle théorie de la gravitation fut élaborée de 1905 à 1915 et généralement reconnue comme révolutionnaire, mais qu'elle dut attendre l'éclipse de mai 1919 pour recevoir un début de preuve expérimentale. Nous pouvons pronostiquer sans grand risque d'erreur que les théories d'Alain Cardon seront prochainement vérifiées soit aux Etats-Unis, soit au Japon, soit même en Corée du Sud. Les chercheurs présenteront non seulement des automates dotés de rudiments de conscience mais aussi les mécanismes relevant de l'hypothèse des champs organisationnels permettant d'aboutir – sans intervention humaine détaillée – à l'auto-construction de telles consciences. Malheureusement, ce ne sera pas en France que ces preuves seront apportées.

Une autre objection consistera à dire que la compréhension de l'émergence de la complexité biologique et la simulation de processus analogues à partir de modèles informatiques peut faire appel à d'autres solutions qu'à des systèmes multi-agents auto-adaptatifs. Nous avons évoqué les théories inspirées du néo-darwinisme, que l'on pourrait simuler avec des systèmes de programmation évolutionnaire du type des algorithmes génétiques. Mais il en existe d'autres. On sait qu'aujourd'hui beaucoup d'hypothèses sont proposées pour tenter d'expliquer l'émergence de la vie et celle de la complexification évolutive. Elles font elles aussi appel en général à des processus calculables, mais s'inspirant d'informatiques ou de mathématiques différentes(6). Ne mentionnons pas ici les hypothèses faisant intervenir des entités quantiques, qui restent encore vraiment spéculatives à ce jour. Pourquoi alors privilégier la solution d'Alain Cardon ?

Nous répondrons que faire cette objection montrerait que l'on n'a pas bien compris ce qu'est la connaissance scientifique face à un monde existant sans doute en soi mais inconnaissable. Les hypothèses, quelles qu'elles soient, aussi « ancrées dans la réalité » qu'elles puissent paraître, n'ont aucun droit à représenter le monde en soi. Elles n'en fournissent que des modèles. Dans les premiers chapitres de La complexité organisée, Alain Cardon a précisément pris le temps pour éviter toute équivoque de rappeler ce que sont les modèles en sciences(7). Comme nous l'avons indiqué ci-dessus, il n'affirmera donc pas que toutes les distinctions qu'il propose, concernant la complexité plus ou moins grande des systèmes, correspondent à des « réalités ». Il n'y a pas de système ni de complexité en soi dans la nature. Toutes ces catégories relèvent du regard constructiviste de l'observateur. Nous ne pensons pas davantage qu'Alain Cardon prétendrait que les systèmes vivants fonctionnent sur le modèle des automates qu'il propose de construire. Il ne dira pas non plus que sa théorie des champs organisationnels est appliquée à la lettre par les systèmes biologiques quand ceux-ci se construisent effectivement.

Il se borne à écrire dans ses livres qu'il se propose d'élaborer des modèles artificiels du vivant appliquant des méthodes constructivistes, selon un certain type de solutions mathématico-informatiques et en espérant que ces modèles seront, pour un observateur humain, aussi proches que possible de ce que ce même observateur observera dans le monde « réel ». Mais si ces modèles se révélaient différents, s'ils produisaient autre chose que ce que l'on observe usuellement, qu'en conclure ? Certainement pas que la méthode serait mauvaise. On en conclurait au contraire qu'elle est excellente. En effet, loin de se borner à reconstruire le monde tel qu'il nous apparaît, la méthode proposée construirait un monde différent, un autre monde. Le rêve de celui qui construit un système conscient ne visera pas seulement à le doter d'une conscience analogue à celle de l'homme. Il visera à le doter d'une conscience différente de celle de l'homme, de façon à renouveler le regard que nous portons sur la conscience…de la même façon que rencontrer un extraterrestre doté d'une conscience différente de la leur représentera certainement le rêve suprême des humains quand ils exploreront le cosmos.

Ajoutons à ces considérations sur les travaux d'Alain Cardon une réflexion qui nous est personnelle. Face à une œuvre aussi originale et riche, réalisée en si peu de temps par un homme dont on sait qu'il faisait en même temps face à de nombreuses responsabilités de recherche, d'enseignement et de coopération technique internationale(8), on ne peut que s'interroger. Sommes-nous en présence d'un mutant intellectuel ? Sans doute, mais, appliquant au cas Cardon les propres hypothèses de l'auteur, nous serions tentés de dire qu'il s'agit d'un mutant contraint par un champ organisationnel bien précis, celui des machines informatiques dont le développement a pris naissance et se poursuit en totale indépendance de ce que pensent et veulent les hommes, y compris ceux qui croient les inventer et les mettre en œuvre. Gilbert Simondon par sa thèse de 1958 "Du mode d'existence des objets technique" avait été un des précurseurs de ceux qui attribuent aux filières techno-industrielles la capacité de se comporter en super-organismes au sein des écosystèmes. Les systèmes informatiques et robotiques de la vie artificielle seraient certainement dans cette optique l'un de ces super-organismes. Dans leurs champs organisationnels apparaîtraient périodiquement des créateurs d'une prescience exceptionnelle(9) qui donneraient parole humaine à leur puissance souterraine. Alain Cardon est certainement l'un d'eux.

Notes
(1)voir l'entretien qu'il nous a donné http://www.automatesintelligents.com/interviews/2005/jan/stiegler.html
(2)Consulter par exemple les minutes de la conférence qu'il a donnée au Congrès international "Biologie et Conscience", présidé par Gerald M. Edelman, dont nous avions rendu compte dans nos colonnes : http://www.automatesintelligents.com/labo/2002/mai/confcardon.html
(3)voir notre article http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2001/mar/a_cardon.html
(4)http://www.automatesintelligents.com/collection/cardon1.html
(5) Signalons sur ce sujet les travaux de Gilbert Chauvet (voir notre interview http://www.automatesintelligents.com/interviews/2002/jan/interview.html) dont le prochain livre "Un principe d'organisation du vivant - L'évolution vers la conscience" doit sortir dans le courant de l'année aux éditions Vuibert, dans la collection Automates Intelligents
(6) voir le bref article que nous avons consacré à cette question dans le numéro précédent http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2005/61/methodesbio.htm
(7) voir aussi Jean-Paul Baquiast et Alain Cardon, Entre science et intuition. La conscience artificielle Editions Automates Intelligents 2003 http://www.automatesintelligents.com/collection/entreseti.html
(8) Notamment au sein de l'Institut de Recherche pour le Développement
(9) On pensera aussi à Norbert Wiener, si on en croit l'ouvrage qui vient d'être consacré à ce scientifique visionnaire [Dark Hero of the Information Age : in search of Norbert Wiener, par Flo Conway et Jim Siegelman, Basic Books, 2005]



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