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A propos du livre Mindful Universe

La médecine personnalisée

1er janvier 2004
Notes par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

We the Media

Couverture du livre "We the Media" par Dan Gillmor

We the Media
Grassroots Journalism by the People, for the People

par Dan Gillmor


O'Reilly mai 2004


Dan GillmorDan Gillmor est un ancien journaliste professionnel américain, bien informé de toutes les problématiques de la presse-papier. Il s'est investi depuis les débuts de l'Internet dans les nouvelles technologies de l'édition en ligne, dont il maîtrise aujourd'hui tous les secrets. Ce faisant, il propose une philosophie de la communication interactive qui dépasse largement aujourd'hui les questions relatives à l'avenir de la presse, des journalistes, des auteurs en ligne et des simples consommateurs d'information.

Nous situant nous-mêmes, d'une certaine façon, ainsi que nos lecteurs, dans la sphère de la nouvelle presse, nous ne pouvons qu'être intéressés par le paysage évoluant très vite que Dan Gillmor nous décrit.

Pour en savoir plus
Dan Gillmore Home page http://www.dangillmor.com/
Le weblog du livre http://wethemedia.oreilly.com/
Dan Gillmor's Journal: Le weblog Silicon Valley de l'auteur http://weblog.siliconvalley.com/column/dangillmor/

Présentation générale

Dans son introduction, Dan Gillmor rappelle que, jusqu'au 11 septembre 2001 environ, l'opinion publique, aux Etats-Unis, suivait les grands événements politiques à travers les médias classiques, que ce soit ceux de la presse ou de la télévision. Des journalistes professionnels se chargeait de chercher l'information aux sources et de l'interpréter au profit des lecteurs et auditeurs.

Mais dans le même temps, un phénomène nouveau est apparu et s'est répandu rapidement. Des gens estimant avoir quelque chose à dire en dehors du discours des entreprises de presse officielles ont pris la parole, grâce aux nouveaux outils de publication disponibles sur l'Internet. Dès les années 1995 on a vu se multiplier les sites émanant d'organisation ou de particuliers jusque là silencieux faute de moyens d'expression bon marché et faciles à utiliser. De plus les journalistes ont commencé à recevoir par l'intermédiaire du courrier électronique un nombre de plus en plus grand d'informations généralement pertinentes. Il s'agissait de sources non-officielles que les médias traditionnels n'avaient pas l'habitude ou ne voulaient pas consulter. Ainsi a commencé à se dessiner ce que pourrait être le visage futur de l'information.

Ce ne fut pas seulement la presse qui fut affectée, mais plus généralement les institutions publiques et privées. Ainsi les assemblées générales d'actionnaires, dans les grandes corporations, ont commencé à recevoir des informations venant en contradiction avec le discours affiché des conseils d'administrations et directeurs exécutifs. Beaucoup s'en trouvèrent déstabilisés et durent céder la place à d'autres. L'auteur cite le cas d'un certain Nacchio, CEO de Qwest, un grand du téléphone régional, qui fut contraint de reconnaître lors d'une séance où il annonçait de bons résultats un certain nombre de malversations dont il s'était rendu coupable. C'étaient des journalistes assistant à la séance et informés en temps réels par des blogs circulant sur leurs ordinateurs portables qui dénoncèrent ses manœuvres. Une boucle en temps réel s'était mise en place entre des actionnaires ou partenaires économiques de Qwest jusque là privés de parole, des journalistes et finalement l'instance de décision, c'est-à-dire l'assemblée générale. Nacchio dut se démettre. Un nouveau pouvoir d'information venait de se manifester, au-delà de la presse et même des sites Internet, celui des blogs alimentés et consultés en temps réel.

Le livre vise à décrire les transformations du journalisme traditionnel, depuis les structures lourdes des entreprises de presse du XXe siècle jusqu'à ce que la presse est en train de devenir, un phénomène bien plus proche qu'auparavant des gens et des évènements, c'est-à-dire, en principe, plus démocratique. Il s'agit d'une longue histoire d'adaptation susceptible d'être décrite en termes darwiniens. Mais c'est aussi l'histoire de la révolution technologique, loin d'être terminée, qui a bouleversé le rapport des individus et des organisations avec l'information.

Dan Gillmor raconte cette histoire du point de vue du journaliste qu'il est : comment les Grands Média (Big Medias), institutions arrogantes qui s'étaient baptisées elles-mêmes le Quatrième pouvoir, obligeaient les journalistes, leurs salariés, à traiter sans la moindre interactivité non seulement l'information mais les relations avec les lecteurs ou auditeurs. Les journalistes étaient pratiquement contraints de ne pas tenir compte de la façon dont le public recevait l'information et y réagissaient. Les formules donnant en apparence la parole à celui-ci, telles que les courriers des lecteurs et autres «séquences des auditeurs» n'exprimaient qu'une part infime et très contrôlée de l'opinion. Aujourd'hui au contraire, les frontières s'effacent entre le producteur de l'information et son consommateur. C'est le réseau lui-même, avec ses multiples voix, qui devient un média.

Il en découle que les communautés d'intérêt en présence vont être obligées de changer : les journalistes, les media, les utilisateurs finaux de l'information. Les journalistes doivent se persuader que les personnes à qui ils s'adressent en savent souvent plus qu'eux. Ils conserveront par contre un rôle indispensable : élargir les visions, prendre du recul, donner à réfléchir – sans rien imposer. Les médias doivent apprendre à utiliser eux-aussi les formes distribuées des nouveaux réseaux et s'appuyer sur les nouveaux lecteurs et auditeurs auxquels ceux-ci leur donneront accès. Les utilisateurs finaux de l'information, enfin, c'est-à-dire les personnes composant l'audience, doivent abandonner leurs anciens réflexes de consommateurs passifs. Ils ne doivent pas hésiter à critiquer, compléter et si besoin est prendre en charge eux-mêmes une partie de la mission générale d'informer qui s'impose en démocratie.

Journaliste depuis 25 ans, Dan Gillmor sait que ses confrères auront du mal à prendre ces tournants. Soutenus par les grandes entreprises de presse qui craindront de perdre leur influence actuelle et leurs profits, ils risquent de s'enfermer dans le corporatisme, refusant le dialogue avec leur public. Pire encore, ils risquent d'accepter sous la pression des entreprises de réduire la qualité de leurs prestations au bénéfice d'une augmentation à court terme des profits de leurs employeurs. Il se trouve en effet que, malgré le développement des médias interactifs, les anciennes formules, dopées par les nouvelles technologiques de diffusion (par exemple celles mises en œuvre dans la télé-réalité) attirent de plus en plus non seulement d'annonceurs mais de spectateurs près à payer pour une apparence de participation. Ce sont donc, dans l'immédiat, des affaires très profitables qui n'hésitent pas à corrompre la déontologie des journalistes qu'elles emploient. Gillmor constate sans illusions que le Premier amendement de la constitution américaine, lequel donne aux journalistes le droit d'enquêter et de publier librement, ne pèse plus face aux intérêts économiques.

A cela s'ajoute la concentration des entreprises, destinées à donner à des acteurs de plus en plus intégrés une maîtrise aussi grande que possible du paysage culturel. Le journalisme professionnel sérieux, et la confiance que le public lui accordait, en sont les victimes.
On peut cependant rester optimiste, espérer que ceci laisse une porte grande ouverte aux nouveaux journalistes, ceux que Gillmor appelle les journalistes citoyens. Mais leur avenir reste problématique. C'est cet avenir qu'il veut explorer.

Quel sera en effet le modèle économique d'un journalisme citoyen ? Qui va remplacer les journaux traditionnels, dotés d'un fort capital de confiance, si ceux-ci perdent leurs revenus anciens, vente au numéro, petites annonces et publicité ? Comment financeront-ils des enquêtes longues et délicates, tel celle du Washington Post qui avait dénoncé le scandale du Watergate ? Comment paieront-ils les frais de justice que leur imposeront les gros intérêts qu'ils contrarieront ? Qui va tenter d'incarner le point de vue d'une région, d'un Etat face au reste du monde ? Ne va-t-on pas constater qu'une anarchie de voix discordantes s'est substituée à ce que l'on appelait hier encore le quasi service public de l'information ?

Le pire peut arriver, qui se traduirait, face à l'explosion d'un nombre illimité de pamphlétaires irresponsables, par un retour de la censure officielle ou un blocage par les grandes entreprises de l'accès aux sources. Ceci pourra prendre des formes apparemment inoffensives au début, par exemple pour protéger la sécurité publique. On sent très bien, dans l'Amérique d'aujourd'hui, comment une collusion entre ce que Gillmor appelle le «cartel du copyright» et des mesures gouvernementales interdisant l'usage de certaines technologies, pourraient rétablir une censure préalable, légale ou de fait, à toute volonté de publication ne bénéficiant pas de la bénédiction des pouvoirs en place. Alors les journalistes refusant ces interdits ne pourront plus compter sur l'émergence d'un journalisme-citoyen de terrain, utilisant les technologies interactives, pour leur donner accès à des informations de terrain qui leur seront plus que jamais nécessaires et dont les sources officielles leur seront désormais inaccessibles.

Mais Gillmor reste optimiste. Il estime qu'un équilibre peut s'établir entre l'anarchie des paroles s'exprimant sur les nouveaux réseaux et un blocage général et officiel de l'accès aux sources gouvernementales ou privées. Il veut avec son livre proposer certaines perspectives, s'adressant en priorité au journaliste professionnel qui voudrait continuer à vivre honorablement d'un métier dont il continue à valoriser l'éthique. La première est de se tourner, grâce aux nouveaux outils de l'édition interactive, vers ceux que les grands médias continuent à mépriser, malgré leurs prétentions, des gens ne se situant pas dans la frange supérieure de l'opinion dite intellectuelle. Mais comme ceux qu'ignore la presse traditionnelle, aujourd'hui comme hier, souffrent de l'inégalité sociale, sous la forme dite notamment en France de la fracture numérique, il ne sera pas simple de leur donner la parole. Il ne sera pas simple de le faire sans condescendance ni a priori. Il faudra donc inventer de nouvelles formes d'écoute et d'expression. C'est un des buts du livre que d'explorer ces voies difficiles.

Pouvons-nous, en ce qui nous concerne, y voir un effort honnête pour jouer la carte de la démocratie de l'information, qui est aussi la carte de la démocratie tout court ? Ne sommes-nous pas au contraire en présence d'un professionnel qui cherche à sauver ce qu'il peut de ses prérogatives face à l'émergence de nouvelles voix politiques et sociales. C'est ce qu'une lecture attentive du livre devrait nous permettre de juger. Voyons cependant ici les arguments de ceux qui restent sceptiques devant l'enthousiasme d'un Gillmore et de ses semblables(1).

Les arguments des sceptiques

Tout le monde, même parmi les praticiens de l'Internet, ne partage pas l'enthousiasme de Dan Gillmor relativement à l'apparition d'un nouveau media qui changerait profondément les conditions selon lesquelles les citoyens pourraient accéder aux informations et exprimer leurs opinions. Mais ces sceptiques sont eux-mêmes diversement crédibles, car ils représentent parfois des intérêts hostiles à la nouvelle société de l'information que l'explosion des réseaux numériques peut laisser espérer.

Les journalistes traditionnels sont immédiatement concernés. Les plus conservateurs de ceux-ci craignent manifestement l'apparition de nouveaux métiers qu'ils devront apprendre et de nouveaux concurrents qu'ils devront combattre. Ils ne sont pas les derniers à utiliser les sources d'information disponibles sur Internet, mais ils le font sans le dire, c'est-à-dire sans citer leurs sources et sans honorer ceux qu'ils pillent d'un minimum de dialogue constructif. Ce qui est loin d'être correct au regard de la déontologie de la presse dont ils se font par ailleurs les défenseurs agressifs. Les journaux et les stations de radio et de télévisions se sont tous néanmoins dotés de versions en ligne dont certaines sont bien faites et pourraient sérieusement concurrencer la vente au numéro, si les lecteurs avaient plus de facilités pour consulter l'Internet. On peut penser qu'à terme cependant, un équilibre satisfaisant s'établira entre les versions papier ou hertziennes et les versions web, dans la presse comme dans l'édition. Les deux formules peuvent très bien se compléter, comme le montre Dan Gillmor.

D'autres types de sceptiques, infiniment plus dangereux, se recrutent parmi ceux qu'effrayent la liberté d'expression et ses avancées possibles. Inutile d'en faire la typologie. On y trouve d'abord les gouvernements autoritaires telle celui de la Chine qui lutte encore, sans grand succès il est vrai contre le libre accès de la jeunesse à l'Internet et même aux téléphones cellulaires utilisés comme moyen de publier des blogs(2). Mais en Occident, même dans les pays européens traditionnellement libéraux, les esprits conservateurs sont nombreux pour condamner les « licences » que permettra le développement généralisé de la liberté d'expression sur les réseaux. Il est certain que l'Internet a vu et continuera à voir se multiplier les comportements nuisibles (comme la propagation de virus et les spams), délictueux et même mettant en cause directement la sécurité publique. Mais ces comportements (qui prolifèrent aussi sous d'autres formes dans les medias traditionnels) se combattent par des moyens appropriés, qu'il faut adapter au caractère mondialisé du support. Prétendre vouloir tout arrêter ou tout contrôler serait non seulement impossible mais terriblement dangereux pour les libertés publiques et la créativité sociale en général. On en reviendrait au syndrome chinois, dont nous venons de voir qu'il évoluera sans doute lui-même plus vite que l'on imagine vers plus d'ouverture.

Les critiques les plus fondées face à l'optimisme d'un Gillmor ou d'un Rheingold, viennent des réalistes. Il ne faut pas faire croire, disent-ils, à l'émergence d'une nouvelle forme d'information, associant journalistes professionnels et bénévoles, dans la mesure où ces derniers risquent de rester longtemps des minoritaires favorisés. Même en Occident, dans des pays dotés des plus hauts niveaux de vie du monde, la plupart des citoyens ne disposent pas encore de l'accès aux hauts débits, de la culture journalistique et surtout du temps qui pourraient vraiment leur permettre de se transformer en agents actifs d'une nouvelle forme de démocratie informationnelle. Certes, le développement de la culture de l'Open Source et du bénévolat militant faciliteront les choses, mais combien de gens resteront encore, qu'ils le veuillent ou non, prisonniers de la facilité que représente la consommation passive des produits médiatiques du commerce ?

On fait valoir aussi un phénomène plus étonnant, qui sans tomber dans le délictueux, relève de l'attrait pour les comportements destructeurs qui caractérise beaucoup d'individus et de groupes y compris dans les sociétés développées. C'est que très vite un site mis en libre accès, comme un forum ou même un blog ouvert aux contributions externes, attire des propos sans objet sinon débiles qui en éloignent les contributeurs sérieux. Pour éviter cela, il faut renforcer la « modération », mais celle-ci demande du temps et peut réintroduire des formes de censure d'autant plus pernicieuses qu'elles ne s'avouent pas. On peut excuser ces comportements négatifs en montrant que (comme les graffiti dans les transports en commun) ils émanent d'individus en ayant besoin pour affirmer une existence que la société parait leur dénier. Mais c'est pourtant une forme de pollution qui fait beaucoup de mal à la morale de la gratuité et de l'ouverture, du moins chez ceux qui n'ont pas le recul philosophique suffisant pour s'en accommoder comme un moindre mal.

Que conclure en terminant cette brève revue des critiques que susciteront les thèses de Dan Gillmor et de ceux qui comme lui voient se lever une nouvelle société démocratique reposant sur la généralisation des médias partagés ? C'est qu'il s'agit bien évidemment d'un phénomène systémique profond, commencé depuis une cinquantaine d'années et qui ne fera que s'accélérer : la part croissante des contenus numériques (on les appellera idées, théories scientifiques ou, mieux encore, mèmes) dans l'évolution adaptative des sociétés humaines. Ceux qui maîtriseront les techniques de la recherche et de la production des informations numériques auront plus de chances d'y survivre que ceux restant, volontairement ou du fait de la fracture numérique, à l'écart du mouvement.

Notes
(1) Voir un de nos précédents éditoriaux, Vive le Libre et les SMS, où nous présentions les thèses, allant dans le même sens que celles de Dan Gillmor, d'un autre Gourou américain de la nouvelle culture, le prospectiviste américain Howard Rheingold, auteur notamment de l'ouvrage à succès "Smart mobs, the next social revolution"(2001)
(2) On lira à cet égard l'interview dans le NewScientist du 27 novembre 2004 (Chinese whispers, p. 40) de Xiao Qiang, directeur du China Internet Project à Berkeley et animateur du China Digital News blog (http://journalism.berkeley.edu/projects/chinadn/en/). Il est aussi militant expatrié pour les Droits de l'Homme en Chine, ce qui en fait un témoin partisan mais précieux. Xiao Qiang considère que le blog est « une véritable révolution. Les gens peuvent l'utiliser sans formation et cela ne coûte pratiquement rien ». Les blogs se sont énormément développés en Chine, malgré la police du Net qui a fermé la moitié des cafés Internet, qui surveille étroitement les échanges et poursuit les déviants jugés les plus dangereux. Mais rien n'y fait et des sites hébergeant les bloggers se développent à l'intérieur même de la Chine, c'est-à-dire à l'intérieur du Grand Firewall officiel qui permet de censurer les relations avec le reste du monde. Ces blogs, il est vrai, traitent de tout, notamment de sexe, sport, vie culturelle et pas particulièrement de politique. Cependant, comme ils sont plus de 2 millions aujourd'hui (faire bo ke sur Google) ils permettent la circulation d'opinions que les hébergeurs de l'Internet traditionnel soumis au contrôle policier auraient refusées comme « sensibles ». : Taiwan, la corruption, les droits de l'homme, les réformes administratives, les questions de santé publique. Ils le font souvent en utilisant des euphémismes non détectables par les censeurs. Le développement du Moblogging, c'est-à-dire des blogs texte et image sur téléphone mobile, ne fera que renforcer cette entrée en force d'un début de liberté d'expression dans les couches sociales profondes.

Nous avons noté dans cette Revue le paradoxe qui fait que dans le même temps qu'il renforce sa censure, le gouvernement Chinois négocie avec Microsoft et d'autres grandes entreprises américaines divers accords destinés à associer étroitement ces dernières au développement des TIC dans le pays. Le gouvernement Chinois n'est certainement pas naïf. Il sait que ces technologies permettront inévitablement aux occidentaux et notamment aux Américains d'étendre leur pénétration culturelle et économique en Chine. Mais sans doute les dirigeants le font-ils en considérant qu'une grande partie de ces « Américains » seront en fait des Chinois de la diaspora, provenant notamment des universités et des grandes entreprises de la côte Ouest. Les stratèges gouvernementaux font peut-être le pari qu'il est temps de créer une véritable communauté d'échanges entre les meilleurs cerveaux de l'intérieur et de l'extérieur, préfigurant peut-être le retour en force des expatriés, dans quelques décennies, au sein d'une Chine pan-chinoise face à laquelle l'Amérique WASP, comme d'ailleurs l'Europe, si elle continue à se tenir à l'écart de ce qui se passe en Asie, ne pèseront pas très lourd.



Notes
(1) Avouons que les mêmes causes entraînant les mêmes effets, la lecture d'écrivains philosophes pourtant réputés, y compris outre atlantique, comme Jacques Derrida, Jean-François Lyotard, Jean Baudrillard et, avant eux, Gilles Deleuze, m'a toujours rebuté. J'y ai sans doute perdu, encore que…Finalement je me suis plus instruit, autant que je sache, à la lecture de véritables scientifiques, faisant un effort de la vulgarisation, qu'à celle de philosophes s'enfermant dans leurs jargons.
(2) http://1libertaire.free.fr/BStiegler03.html
(3) Nous avions nous-mêmes développé cette conception de l'art dans un article consacré à l'artiste numérique Bernard Caillaud, aujourd'hui décédé.
(4) Sur ce sujet, on pourra lire notre dossier http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2004/60/cult.htm


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