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Gravity's Engines

Phi, a voyage from the brain to the soul

A propos du livre Mindful Universe

La médecine personnalisée

28 octobre 2005
Note par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

A propos de "The singularity is Near"

Voir aussi notre éditorial

Couverture du livre "The singularity is nera", par Ray Kurzweil

The singularity is near


par Ray Kurzweil

Penguin 2005



Ray Kurzweil vient de faire paraître un nouveau livre, The Singularity is Near (Penguin Group, 2005) qui explicite avec des arguments considérablement enrichis la principale thèse qui l'a rendu célèbre : celle selon laquelle la convergence et le développement exponentiel des nouvelles technologies conduisent à l'émergence d'un monde complètement transformé. L'homme et les réseaux technologiques s'interpénétreront et se renforceront réciproquement d'une façon qui reculera sans limites prévisibles les frontières de la vie intelligente. Il appelle ce bouleversement la Singularité, parce que rien de ce qui était admis jusqu'alors ne demeurera valide et parce qu'en contrepartie tout ce qui était considéré comme impossible deviendra possible. Notre intelligence jusqu'alors confinée dans ses supports biologiques (le cerveau), deviendra progressivement non-biologique et des milliards de fois plus puissante qu'elle n'est aujourd'hui. Dans ce monde nouveau, les distinctions entre l'humain et la machine, entre le réel et la réalité virtuelle, s'estomperont progressivement. Les personnes pourront adopter des corps différents et multiplier les versions de leurs esprits. Ce faisant, les humains pourront contrôler le vieillissement et la maladie, éliminer la pollution, résoudre les problèmes de la pauvreté et de la faim dans le monde. De plus, cette révolution immense, selon Ray Kurzweil, pourrait se produire dans les 10 à 50 prochaines années, c'est-à-dire très prochainement à l'échelle de l'histoire humaine.

Cette thèse avait déjà été présentée, de façon moins ambitieuse, dans les deux précédents ouvrages de l'auteur consacrés à la question du progrès technologique en matière d'intelligence artificielle: The Age of Intelligent Machines et The Age of Spiritual Machines : When Computers Exceed Human Intelligence. Elle a fait l'objet de très nombreux commentaires et critiques, particulièrement aux Etats-Unis. Mais elle a aussi été reprise, sous des formes peu différentes, par d'autres « visionnaires » de l'intelligence artificielle et de la robotique, notamment Marvin Minsky et Hans Moravec. Nous avons commenté en leur temps les écrits de ces divers auteurs. Voir notre rubrique Biblionet. Aujourd'hui, d'autres prévisionnistes, travaillant notamment dans le monde des télécommunications, ont adopté la vision de Kurzweil et en développent certains aspects particuliers, notamment en termes d'applications grand public. C'est par exemple le cas de Ian Pearson de British Telecom (http://www.btinternet.com/~ian.pearson/).

En Europe et plus particulièrement en France, on ne rencontre guère de commentateurs pour prendre au sérieux les hypothèses de Ray Kurzweil. On parle de science-fiction, sinon d'escroquerie intellectuelle (voire d'une forme particulièrement pernicieuse de la façon dont la super-puissance américaine veut convaincre le monde de sa prédominance absolue). Mais, ce qui est pire, la plupart des scientifiques et des décideurs paraissent ignorer complètement le thème. Nous pensons qu'il s'agit là d'un aspect particulièrement criant du mal français, qui fait douter que notre pays puisse un jour rejoindre le train de la révolution scientifique et technologique. Ce mal se caractérise par le scepticisme à l'égard des hypothèses présentées par d'autres que nous. Mais plus profondément encore, il s'agit de la peur des idées qui dérangent, cette peur cachant celle encore plus grande des modifications que les changements obligeront à apporter aux habitudes et positions acquises.

Pour notre part, nous trouvons qu'ignorer un ouvrage aussi important que The Singularity is Near relève d'un véritable crime contre l'intelligence. Non seulement il s'agit d'un gros livre de près de 600 pages, mais il est empli de notes et références qu'il faudrait plusieurs mois de travail pour analyser. De plus, l'ouvrage-papier est complété des mises à jour que l'auteur y ajoute constamment par divers articles et qui figurent notamment dans le réseau de connaissances KurzweilAI.Net [http://www.kurzweilai.net] ouvert à tous sur le régime du libre accès. Les commentaires associés à l'ouvrage et présentés sur Internet en font un travail véritablement collectif d'une ampleur considérable. On peut donc penser que l'ensemble a joué et continuera à jouer un rôle très important dans la formulation de l'idéologie de conquête des décideurs technologiques et politiques américains. Il s'agit d'une raison de plus pour ne pas l'ignorer.

Plutôt que faire une présentation d'ensemble de l'ouvrage, presque impossible compte-tenu de son ampleur, nous pensons que la meilleure formule consiste à ouvrir un dossier réparti sur au moins deux numéros, comme nous l'avions fait précédemment à propos d'un autre travail également considérable, A New Kind of Sciences, de Stephen Wolfram. Nous voudrions pour commencer résumer la thèse principale de Ray Kurzweil. Nous en tirerons quelques conclusions sur la façon dont en France et plus généralement en Europe, il conviendrait de tirer parti de cette thèse, afin de muscler les politiques dé développement adoptées par nos pays.

Pour en savoir plus
Voir un article de l'auteur
http://www.kurzweilai.net/articles/art0134.html?printable=1

Sommaire
La thèse du développement convergent et accéléré des innovations technologiques
Quelles innovations pour quels développements ?
Qui finance les innovations ?

La thèse du développement convergent et accéléré des innovations technologiques

Nul n'est obligé de partager l'optimisme du livre. On peut même développer des hypothèses tout à fait contraires, selon lesquelles nous marcherions à grande vitesse vers des cataclysmes du type des Extinctions massives subies par la vie depuis au moins 500 millions d'années. Mais encore faut-il comprendre le raisonnement suivi par Ray Kurzweil. Il repose sur la constatation de deux règles apparemment évidentes mais qui n'avaient jamais été regroupées jusqu'à présent : les innovations technologiques se développent à un rythme exponentiel - les avancées obtenues dans un domaine d'innovation particulier fécondent tous les autres domaines et ceci dans des cycles ininterrompus d'enrichissement réciproque. Ainsi (première règle) l'informatique s'est développée de façon exponentielle depuis les origines (Loi de Moore) et sa croissance ne parait pas devoir s'arrêter. Ce développement exponentiel de l'informatique bénéficie à tous les autres domaines d'innovation (deuxième règle). Il bénéficie par exemple à la biologie ce qui a permis notamment le séquençage des génomes en des temps records. A son tour la biologie se développe de façon exponentielle, ce qui permet les progrès de la bioinformatique.

Un autre point important mis en évidence par Ray Kurzweil concerne la forme du développement exponentiel des innovations technologiques. Ce développement suit une courbe en S : d'abord très lent, quasiment invisible aux observateurs, puis brusquement accéléré et de nouveau ralenti lorsque les effets de l'innovation initiale sont épuisés. Mais d'autres innovations, induites par la précédente, prennent alors le relais. C'est ce qui s'est passé constamment dans l'histoire. Ainsi le téléphone fixe a démarré lentement, s'est brusquement généralisé puis aujourd'hui de nouveau ne se développe plus que lentement. Mais une nouvelle technologie, celle du téléphone mobile, prend le relais et va prochainement exploser sur le mode exponentiel dans l'ensemble du monde.

Le troisième point important découlant de ce qui précède est que les cycles d'innovation sont de plus en plus courts, du fait de la fécondation croisée de technologies de plus en plus nombreuses et se développant de plus en plus vite. Ainsi, il a fallu près de 40 ans à l'informatique pour devenir une technologie majeure, mais la convergence informatique-intelligence artificielle-robotique a donné en moins de 10 ans naissance à d'innombrables applications innovantes. Le mouvement ne fait que commencer. Il en fut de même dans l'histoire de l'humanité. Il a fallu des centaines de millions d'années pour passer du paléolithique au néolithique, quelques dizaines de siècles pour passer de ce dernier à la société industrielle et quelques décennies pour atteindre le stade de la société de l'information.

Ray Kurzweil résume tout ceci, dont il multiplie les preuves, par le concept de Loi du retour accéléré (Law of accelerating return). Il n'a pas de mal à montrer que les prévisionnistes, aujourd'hui encore, n'ont pas généralement pris conscience du phénomène. Ils sous-estiment la rapidité et la profondeur des changements qui se sont produits et continuent à se produire. Si bien que les décideurs politiques et économiques, à leur tour, sans mentionner les opinions publiques, sous-estiment ces mêmes changements. Ceci condamne les uns et les autres à toujours être pris de cours par les évènements.

Ce manque de pertinence dans la vision entraîne des résultats désastreux. Les premiers et les plus immédiats se traduisent par l'incapacité de procéder aux investissements collectifs dans les secteurs où ils seraient les plus aptes à produire des résultats de croissance, en fécondant l'ensemble des secteurs innovants. On traite de la même façon un investissement dans un ouvrage d'art (par exemple en France le viaduc de Millau) dont les retombées de croissance sont arithmétiques et un investissement dans la bioinformatique ou les nanotechnologies, dont les retombées de croissance sont exponentielles. Il est évident que si les décideurs percevaient que les investissements dans les technologies émergentes pourraient produire en quelques années des résultats de 100 fois la mise, ils trouveraient moyen de dégager aujourd'hui les sommes nécessaires.

Une seconde conséquence, tout aussi malheureuse, de l'aveuglement à l'égard de la Loi du retour accéléré, se traduit par le fait que les sociétés s'obnubilent sur leurs difficultés actuelles sans générer la confiance qui leur permettrait d'aborder le futur avec le dynamisme nécessaire à leur survie. Le climat social serait tout autre si les décideurs étaient capables de montrer que, grâce aux développements exponentiels des innovations technologiques, la plupart des problèmes actuels trouveront des solutions et que – tout aussi important – les craintes relatives aux risques futurs (même lorsque ceux-ci découleraient du développement de certaines technologies) pourront se révéler vaines grâce aux bons effets des innovations croisées.

Ray Kurzweil pousse très loin l'optimisme, puisque, comme nous l'avons dit, il prévoit dans le demi-siècle à venir la survenance de la Singularité telle que définie plus haut. Nul cependant n'est obligé de le suivre, notamment dans la façon dont il imagine l'apparition d'une intelligence quasi cosmique portant au plus haut les valeurs de l'intelligence humaine. De même, on peut penser qu'il n'étudie pas avec suffisamment de précision les risques susceptibles de provenir du développement de certaines innovations prises en mains par une humanité dont le niveau intellectuel est à peine supérieur à celui des tribus paléolithiques (et encore…). Autrement dit, rien ne permet d'exclure, comme le pensent les scientifiques prophètes de la catastrophe, que des extinctions massives surviennent très prochainement au lieu de la Singularité annoncée par Ray Kurzweil.

Cependant, il serait absurde et dangereux de s'arrêter à des critiques de ce type pour rejeter l'ensemble du message de Ray Kurzweil. Un tel scepticisme révèlerait seulement la peur de l'avenir et du changement que nous avons dénoncé plus haut, notamment chez nos compatriotes. Au contraire, nous voudrions que les chefs d'Etat européens intègrent complètement la vision de Ray Kurzweil et en fassent le thème dominant de leurs discours. Imaginons que, lors du dernier sommet informel de Chefs d'Etat européens à Hampton Court (27/10/05), un discours de ce type avait été tenu par l'ensemble des participants. Les mesures permettant de relancer l'innovation européenne en auraient été immédiatement facilitées. On peut dire, sans grand risque d'erreur, que l'avenir de l'Europe en aurait été changé.

Quelles innovations pour quels développements ?

Quels sont les grands domaines d'innovation technologique illustrant aujourd'hui avec le plus de netteté la Loi du retour accéléré proposé par Ray Kurzweil. Evoquons ici pour mémoire (nos lecteurs sont très informés) les principaux :

- Le calcul informatisé ou informatique au sens général. Si tout est calculable parce que quantifiable, on comprend que les gains apportés par l'amélioration exponentielle des outils informatiques se dissémineront à vitesse accélérée dans l'ensemble des connaissances et autres technologies.

- Les réseaux permettant de connecter moyens de calculs et serveurs de connaissance.

- La bioinformatique qui bénéficie directement des progrès du calcul et des réseaux pour simuler le vivant.

- Les nanotechnologies qui donnent la possibilité de fabriquer de nouvelles formes de matière et de composants bioinformatiques par des manipulations se situant à l'échelle du nanomètre.

- Les sciences du cerveau grâce auxquelles, en utilisant les technologies précédentes, on peut commencer à comprendre l'organisation et le fonctionnement du système nerveux et par conséquent de l'esprit humain.

Ray Kurzweil y insiste moins, mais il ne faut pas oublier dans cette énumération d'autres domaines d'innovation, réutilisant d'ailleurs très largement les résultats des technologies énumérées ci-dessus, qui intéressent directement les possibilités concrètes de survie des humains dans la galaxie :

- Les technologies permettant l'accès aux sources d'énergie naturelle renouvelables grâce auxquelles construire des systèmes néguentropiques.

- Les technologies de l'exploration et du vol spatial.

A partir de ce que l'on peut appeler ces technologies de base, quelles grandes catégories d'inventions voit-on actuellement émerger ? Nous parlons d'émergence car rien n'indique que ces inventions soient vraiment délibérées. Elles se produisent quasi spontanément dans un milieu soumis à la compétition darwinienne. Nous citerons ici, sans reprendre nécessairement les propositions de Ray Kurzweil (dont certaines paraissent vraiment utopiques à ce jour) :

- Les matériaux et machines intelligentes.
- Les réseaux de connaissances.
- Les robots autonomes.
- La vie artificielle sous toutes ses formes, computationnelles et organiques.
- La réalité virtuelle.
- Les corps biologiques et les esprits « augmentés » (enhanced). Dans cette perspective, les transhumanistes parleront de post-humains. On peut accepter ce concept sans l'exagérer. L'homme moderne, au cœur de ses réseaux, est certainement un post-humain au regard de ce qu'était le cultivateur néolithique, au plan physique sinon moral.
- L'exploration du cosmos par des systèmes hommes-machines.

Qui finance les innovations ?

Le lecteur de Ray Kurzweil, nous l'avons dit, peut à juste titre faire des réserves sur son optimisme sans nuances. Tout parait se passer pour lui comme si les technologies émergentes et convergentes dont il décrit les cycles de développement se produisaient dans une humanité idéale, faite de scientifiques et d'industriels recherchant avec persévérance l'amélioration du sort de l'humanité au sein de l'environnement terrestre.
Une première réserve à cet optimisme pourrait être apportée par la constatation, souvent faite, que des technologies peuvent, isolément ou en se conjuguant, produire des résultats plus ou moins catastrophiques non voulus par leurs promoteurs. C'est que l'on reproche généralement aux défenseurs de la « croissance », considérée comme un appel généralisé à des technologies consommatrices de ressources non renouvelables. De cette croissance irresponsable découle notamment le phénomène redoutable actuellement décrit sous le terme de réchauffement climatique terrestre.

Mais il y a plus grave. Il serait irresponsable de ne pas se poser la question de savoir quels intérêts sociaux et politiques financent effectivement les recherches/développements et la fabrication des produits finis. Ce sont évidemment ceux qui financent qui décident, au moins dans un premier temps, du type de société qui découlera de leurs investissements.

Or, il suffit de regarder les données statistiques relatives à l'origine géopolitique des grandes masses de crédits de recherche pour s'inquiéter véritablement de l'avenir qui se prépare.

Nous n'allons pas ici fournir de chiffres précis, mais la moindre étude d'intelligence économique montre que deux grandes catégories d'acteurs financent les inventions émergentes dont nous avons fait la liste au paragraphe précédent. Ce sont :

- Les militaires américains agissant directement ou par agences interposées (DOD, Darpa, DOE, etc. ) le tout dans des buts dits de Sécurité Nationale qui excluent la communication et la discussion des résultats(1).

- Les industriels japonais pour tout ce qui concerne la robotique industrielle, de compagnie et domestique. Là encore, les intérêts corporatifs excluent la communication des résultats.

- Dans une moindre mesure, les grands intérêts de l'entertainment (jeux en réalité virtuelle, par exemple) qui sont eux-mêmes souvent des émanations des lobbies militaro-industriels américains.

On trouve évidemment d'autres sources de financement. Mais les unes, comme celles provenant de la Chine voire de l'Inde, s'inscrivent dans la lutte mondiale pour la maîtrise des technologies de puissance. Les autres, provenant notamment des pays de l'Union européenne, se dispersent dans de nombreuses directions sans jamais atteindre, à ce jour (sauf peut-être dans l'aérospatial) des seuils d'efficacité. Il suffit, pour s'en convaincre par un exemple pris parmi des centaines, de constater la faiblesse des crédits dont disposent les laboratoires travaillant à remédier aux handicaps moteurs grâce à des technologies robotisées. Le paralysé ne paye pas. Par ailleurs, il faut constater qu'il n'est pas certain que l'on mette jamais tout en oeuvre pour lutter grâce aux technologies émergentes contre la faim, la pauvreté et les grandes maladies. Les grandes décisions à cet égard se prennent encore pour l'essentiel à partir de la vision hégémonique et de lutte pour le pouvoir qui est celle des pays dominants. Si le monde continue sur cette lancée, on peut douter que ce soit à partir des valeurs (ou prétendues valeurs) humanistes, fussent-elles prônées par l'Europe, que se produira la Singularité pronostiquée par Ray Kurzweil.

(1) Ce point de vue est de plus en plus répandu aux Etats-Unis chez les opposants au rôle croissant des budgets militaires dans le financement de la recherche. Voir par exemple dans Salon.com
http://www.salon.com/tech/feature/2005/10/20/soldier/index_np.html

"Vast government contracts have corrupted the American university system, turning off the fountainhead of unfettered ideas and scientific discovery. Multibillion-dollar federal R&D budgets have replaced the solitary inventor with veritable armies of scientists and engineers in laboratories across the country. Public policy itself has become the captive of a scientific-technological elite."

2005? Try 1961. The paragraph above was taken with only minor changes from President Dwight Eisenhower's famous farewell address.

Things have only gotten worse in 44 years. If Eisenhower was worried about the power and influence of what he called "the military-industrial complex" then, he'd be catatonic now. The risks -- and opportunities -- posed by today's corporate-academic-military behemoth are exponentially greater than in his day. So is the money: Total military spending on basic R&D is probably somewhere between $15 billion and $20 billion per year and rising. Scientists funded by this bottomless war chest are working on mind-blowingly powerful devices that threaten to plunge the world into a deadly new arms race. Oh sure, this stuff could also revolutionize medicine, communications, transportation and every other aspect of human life: the shopworn "spinoff" argument honed for decades by NASA's P.R. machine. But whether humanity will get to use the awesome power of these new technologies -- in particular nanotechnology -- for good rather than ill is one of the key questions of the 21st century.


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