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Voici déjà quelques temps que nous souhaitions
présenter à ceux de nos lecteurs qui l'ignoreraient
encore un mouvement de pensée qui nous paraît
riche d'avenir, le transhumanisme. Le hasard à voulu
qu'Automates Intelligents rencontre à Madrid, lors
du Colloque des 5/7 octobre 2005 consacré à
la souveraineté technologique européenne,
l'un des pères de ce mouvement, le philosophe et
scientifique Nick Bostrom. L'occasion était belle
pour rapprocher les réflexions de l'école
transhumaniste et celles que, de temps à autres,
nous abordons dans notre revue en examinant notamment les
conséquences des sciences émergentes (Nano-bio-info
ou NBIC) sur l'avenir de l'humanité.
Nous vous proposons de le faire ici en analysant et en discutant
une brochure publiée à la fois sur le web
et sous forme de document papier, The Transhumanist FAQ.
Dans ce même numéro, nous publions une interview
de Nick Bostrom
Rappelons
que voici quelques mois, nous nous étions opposés
aux vues conservatrices de Francis Fukuyama, présentées
dans Our
post human Future.
Cependant,
comme tous mouvements de pensée, le transhumanisme
héberge déjà plusieurs écoles
ou courants, éventuellement en opposition. Nous avons
reçu par exemple le message suivant qu'il nous paraît
utile de faire connaître à nos lecteurs:
"Dear Jean-Paul Baquiast,
I think you should be aware of several points concerning
the WTA Transhumanist FAQ, located on WTA's website, which
is not the original transhumanist FAQ and is not agreed
upon by many transhumanists, including myself.
The transhumanist movement was spearheaded by British philosopher
Dr. Max More. Max originally defined transhumanism and started
the movement. The actual transhumanist movement started
out of conferences, events, and meetings through Extropy
Institute http://www.extropy.org/
and Transhumanist Arts & Culture http://www.transhumanist.biz
Nick
Bostrom came along later on and we introduced him at Extropy
Institute's conferences, which he attended and we invited
him to speak. He started WTA later, not before this. I am
an Honorary Vice Chair of WTA, and I must tell you that
WTA's FAQ is not totally accurate and is not an authentic
representation of the history of transhumanism.
Here are some other facts for you:
FM-2030 was an upwinger who became a "futurist"
and called himself a "futurist" and who wrote
the first book on "transhumans." He was not interested
in transhumanism as a social or cultural movement. It was
the philosopher Max More who first wrote about "transhumanism"
and "transhumanists" and who worked to develop
a philosophical movement for transhumanism. Max More wrote
the first essay on transhumanism and his early writings
appear in the magazine "Extropy: The Journal of Transhumanist
Thought" and Alcor's "Cryonics" magazine
very early on. Transhumanism as a cultural movement started
with Transhumanist Arts and Culture, which was supported
by FM-2030 when he changed his mind about a transhumanist
movement, over 5 years later.
Transhumanism grew in numbers due to the Internet, not any
one person. The email lists Extropy-chat and Transhuman.org
caused the movement to increase, along with transhumanist
conferences and transhumanist web sites.
The growth of transhumanism is due to the work of all these
elements. Further, there are more organizations such as
Foresight Institute, Alcor Foundation, WTA, Singularity
Institute, Immortality Institute, and Betterhumans who have
worked to increase the transhumanist population. Now there
are more and more organizations like Futuretag, etc.
Natasha Vita-More
Cultural Strategist, Designer
Studies of the Future, University of Houston
President, Extropy Institute
Founder, Transhumanist Arts & Culture
Signalons
pour les francophones l'ouverture d'un nouveau site, Perspectives
post-humaines, animé par un expert belge des technologies
émergents, qui collabore parfois à notre revue,
Alain De Neve http://www.post-humain.org/
Définitions
Résumons
d'abord rapidement la brochure, pour ceux qui ne pratiquent pas
bien l'anglais.
The
Transhumanist FAQ (FAQ signifiant : réponses aux questions
fréquemment posées) présente d'abord une définition
du transhumanisme, dans laquelle la plupart d'entre nous reconnaîtront
leurs préoccupations lorsqu'ils pratiquent ou étudient
le développement des nouvelles sciences. Le transhumanisme
pose en principe que l'espèce humaine n'a pas atteint son
état définitif et ne l'attendra sans doute jamais
car elle subit, comme toutes les autres espèces, des évolutions
multiples. Ceci donne à l'homme la possibilité de
se transformer en s'enrichissant de tous les apports des nouvelles
sciences et technologies.
On retrouve là le concept d'homme augmenté (enhanced)
de plus en plus utilisé aujourd'hui. L'homme augmenté
abandonnera beaucoup des formes et des comportements qui le caractérisent
aujourd'hui, mais ce devra être, souhaitent les transhumanistes,
au profit de nouvelles valeurs prolongeant celles qui font le meilleur
de l'humanisme actuel. Le transhumanisme ne cède pas à
l'optimisme béat. Ces nouvelles sciences et technologies
sont autant porteuses de risques que de promesses. Il faut donc
les discuter et proposer des façons de les maîtriser,
au sein de forums et débats associant les scientifiques,
les philosophes, les décideurs politiques et économiques,
sans oublier, évidemment, les citoyens acceptant de s'impliquer.
Le transhumanisme se distingue du posthumanisme qui, selon les auteurs,
est plus radical. Le posthumanisme envisage un monde futuriste,
ou l'humanité aurait réussi à s'étendre
sur des supports et dans des lieux qui sont actuellement inabordable
à l'homme et à sa pensée, par exemple le monde
des réseaux ou le milieu galactique. Pour ce qui nous concerne,
nous n'entrerons pas dans ces subtilités de vocabulaire,
car de nombreux posthumanistes répondent en fait à
la définition du transhumanisme.
Etre transhumaniste, comme d'ailleurs être posthumaniste,
dans cette perspective, consiste donc à croire (il s'agit
d'une véritable question de croyance, nous y reviendrons),
qu'un avenir véritablement différent, grâce
aux nouvelles sciences, est possible et souhaitable pour l'humanité
d'aujourd'hui. Le tranhumaniste s'efforce de faciliter la transition
entre le monde actuel, très largement hérité
du passé et encombré de contradictions, vers un monde
plus ouvert à des évolutions fructueuses.
C'est F.M. Estfandiary
(autodénoté FM 2030) qui a posé le concept
de transhumanisme pour la première fois dans un livre déjà
ancien « Are you a Transhuman ? Warner, 1989) Voir http://www.fm2030.com/.
Mais ce sont les philosophes Nick Bostrom et David Pearce qui ont
vraiment fondé le mouvement, en réunissant plusieurs
dizaines puis aujourd'hui plusieurs milliers de participants et
membre. L'objectif principal de David Pearce est d'abolir la souffrance
(voir http://www.hedweb.com).
The
Transhumanist FAQ présente ensuite, dans une 2e partie, les
différentes sciences et les développements qu'elles
prendont au cours de ce prochain demi-siècle, lesquels pourront
provoquer la transition vers le transhumanisme. Ce sont les biotechnologies
(notamment le génie génétique, les cellules
souches, le clonage), les nanotechnologies (avec leur aspect le
plus révolutionnaire bien que non encore maîtrisé,
les nanotechnologies moléculaires), les systèmes super
ou ultra intelligents associant intelligence artificielle et neurosciences,
la réalité virtuelle, la cryonique (voir note
1 dans l'interview
de Nick Bostrom), les méthodes de téléchargement
du vivant et des contenus cérébraux de l'homme sur
des systèmes artificiels, le tout débouchant sur la
Singularité promise par les futurologues, notamment Ray Kurzweil
(voir son dernier ouvrage The
Singularity is near).
Tout ceci ne présente aucun caractère nouveau pour
les lecteurs de notre revue. En ce qui nous concerne cependant,
nous ne suivrons pas nécessairement les transhumanistes dans
l'intérêt que certains d'entre eux portent à
la cryogénie, c'est-à-dire la façon de congeler
un mort en espérant qu'il pourra être ressuscité
dans les siècles futurs. Il s'agit d'un folklore qui fait
du tort aux autres sciences. Par contre, nous proposons de retenir
la distinction faite dans l'ouvrage entre superintelligence faible
et superintelligence forte. La première vise à accélérer
les processus de traitement de l'information par le cerveau (si
notre cycle de base était accéléré 100
fois, le temps serait pour nous raccourci de la même quantité,
ce qui augmenterait en principe nos capacités d'adaptation
par le raisonnement). La superintelligence forte ajoute à
cela la possibilité de fournir au cerveau de multiples informations
nouvelles sur le monde, fournies grâce à de nouveaux
instruments et de nouveaux réseaux. Quant au téléchargement
et à la Singularité, il est bon d'y réfléchir
afin de ne pas se laisser surprendre par des émergences toujours
possibles. Ajoutons pour notre part, à la liste des nouvelles
sciences susceptibles de bouleverser les modalités du calcul,
l'ordinateur quantique.
Quoi
qu'il en soit, on voit que pour comprendre la problématique
du transhumanisme, il faut avoir bien compris ce que sont les possibilités
des NBIC. Ce n'est pas toujours le cas, malheureusement, notamment
en France. La plupart des philosophes et décideurs semblent
y refuser de s'ouvrir aux sciences et à leurs enjeux.
The Transhumanist FAQ, dans une 3e partie, s'attache à répondre
aux multiples objections faites à l'approche transhumaniste.
Celle-ci bénéficiera-t-elle seulement aux riches ?
Favorisera-t-elle l'eugénisme ? Générera-t-elle
des risques insurmontables ? N'aggravera-t-elle pas les problèmes
actuels, notamment la surpopulation ? N'obligera-t-elle pas à
privilégier le futur au détriment du présent
?.... Plus généralement de quelles valeurs éthiques
s'inspirera-t-elle ? Que sera exactement, finalement, la société
transhumaine, un cauchemar ou un paradis ?
Ces questions sont discutées en détail dans la brochure.
Nous ne reprendrons pas les argumentaires ici, dont on peut deviner
la teneur. D'une façon générale, les transhumanistes
affichent une volonté de libéralisme. Chacun devra
pouvoir rester libre de choisir son mode de vie et les modes d'évolution
de son corps et de son l'esprit. Ceux qui ne veulent pas évoluer
trop vite doivent pouvoir rester fidèles à leurs traditions.
Mais a contrario ceux qui sont désireux de tenter de nouvelles
aventures ne doivent pas se faire opposer des interdits hérités
de conceptions morales ou politiques héritées du passé
et n'ayant plus de raisons d'être. Il est évident sur
ce point que face à une nouvelle science, la société
a tendance à se diviser en deux parties inégales,
les plus nombreux qui ont peur d'un avenir incertain, critiquent
et veulent éventuellement interdire toute nouvelle expérimentation
- les moins nombreux qui font le pari de leurs effets bénéfiques
et veulent s'organiser pour que ce pari réussisse. Nous nous
rangeons évidemment, comme la plupart de nos lecteurs sans
doute, dans ce dernier camp. Mais, en démocratie, il ne faut
pas refuser les confrontations. Encore faut-il le faire avec des
gens qui savent exactement de quoi ils parlent et ne manient pas
des fantasmes ou pire, des arguments de politique politicienne destinés
à les faire reconnaître par les médias.
Dans sa 4e partie, The Transhumanist FAQ s'interroge sur les relations
que les transhumanistes pourront entretenir avec la nature, nature
humaine et, au sens plus large, environnement naturel. Là
encore, il ne faut pas prêter à la nature des qualités
qu'elle n'a pas. Le constater n'a rien de nouveau. On l'a dit de
la nature humaine ("Je ne vois pas, remarquait le généticien
Cricks, en quoi l'homme actuel serait si parfait qu'il ne faille
pas chercher à l'améliorer"). Il en est de même
pour tout le reste. La biosphère et plus généralement
le milieu physico-chimique au sein desquels nous évoluons
présentent de nombreux risques pour l'homme et pour l'avenir
du monde actuel. Certes, y intervenir maladroitement peut provoquer
des risques accrus, mais ne pas tenter d'améliorer les conditions
dans lesquelles les hommes du futur pourront s'y maintenir serait
une démission, quasiment un crime.
The Transhumanist FAQ pose la question à laquelle tout le
monde s'attend. Comment cette nouvelle démarche s'insère-
t-elle dans l'histoire vieille de plus de 2.000 ans des relations
entre la philosophie et les sciences? L'ouvrage cite les sources
du mouvement, depuis l'Age des Lumières et plus récemment,
avec la multiplication des essais parus notamment aux Etats-Unis
à propos des perspectives des nouvelles sciences. Il évoque
ensuite les différents « courants » qui se partagent
l'espace transhumaniste. Que ces courants existent et tendent à
s'opposer les uns aux autres est normal. Mais il ne faudrait pas
qu'ils se durcissent sur des attitudes quasi sectaires qui nuiraient
au mouvement d'ensemble, de même que les multiples courants
qui se disputent l'espace médical nuisent à la médecine.
Une dernière question enfin est abordée dans cette
5e partie. Elle est pour nous essentielle. Renvoyons le lecteur
aux analyses récentes que nous avons fait de la pensée
matérialiste moderne (voir par exempleLes
matérialistes et leurs détracteurs).
Les auteurs de The Transhumanist FAQ précisent que le transhumanisme,
comme pourrait le faire une religion, propose une vision à
très long terme de ce qui pourrait faire le salut de l'humanité
au sein d'un environnement amélioré. Mais contrairement
aux religions, sectes et mystiques diverses, il ne se réfère
pas à des sources surnaturelles ou des interventions divines
que des églises et prêtres prétendraient imposer
aux hommes. Il se borne à poursuivre en l'étendant
la démarche de la pensée rationnelle et scientifique
occidentale, marquée par le laïcisme sinon l'athéisme.
Que certains transhumanistes se réfèrent à
Dieu pour leur compte, c'est leur affaire – de même
que certains scientifiques sont spiritualistes – mais ces
références, surtout si elles s'incarnaient dans le
fanatisme et l'intolérance, seraient inacceptables. Pour
autant le transhumanisme ne veut pas s'ériger en dogme, fut-il
laïc. Il s'agit, selon les promoteurs du mouvement, d'une famille
de conceptions du monde évolutives (family of evolving worldviews)
ouverte à toutes nouvelles expériences et suggestions.
L'ouvrage ne se termine pas là. Il propose ensuite un certain
nombre de réponses à des questions pratiques. Nous
y renvoyons le lecteur.
Discussion
Au
sein des questions et réponses évoquées dans
The Transhumanist FAQ ou sur les différents sites relatifs
au transhumanisme, nous voudrions pour notre part reprendre quelques
interrogations insuffisamment traités, selon nous.
1.
Le transhumanisme ne mélange-t-il pas de façon hasardeuse
la science et la science fiction ? Un tel mélange peut déconsidérer
le mouvement, que ce soit auprès des scientifiques eux-mêmes
ou d'un public averti. Les naïfs risquent en effet de se précipiter
sur les perspectives de transformation à long terme du monde
évoquées par certains transhumanistes, en s'imaginant
que ces perspectives se réaliseront demain. Cela ne fera
que les encourager à se tourner vers les faux prophètes
de la science, illusionnistes et spirites qui prolifèrent
déjà dans la société actuelle.
Prenons l'hypothèse du multi-univers ou multivers, dont nous
avons souvent parlé dans cette revue. Il s'agit d'une conjecture
proposée par certains cosmologistes, lesquels reconnaissent
bien volontiers que rien ne permet aujourd'hui de la prouver ou
de la falsifier à partir de données expérimentales.
Cette hypothèse est sans doute utile à la science,
comme toutes celles qui traitent des questions non encore résolues
des diverses disciplines. Elle encourage et encouragera les recherches.
Peut-on cependant en faire un des fondements de la réflexion
sur l'avenir proposée aux candidats transhumanistes ou posthumanistes
? Sans doute, mais avec d'infinies précautions, et en répétant,
comme nous venons de le faire, les mises en garde. Toute différente
sera l'attitude à adopter face à des perspectives
concrètes, intéressant les humains d'aujourd'hui ou
ceux des prochaines années, par exemple en ce qui concerne
le clonage thérapeutique ou le développement des robots
autonomes.
Ce mélange des genres entre ce qui relève encore de
l'imaginaire scientifique et ce qui découle de la science
au quotidien éloigne sans doute du transhumanisme la plupart
des scientifiques. La majorité d'entre eux, qui sont généralement
matérialistes sinon scientistes, devraient rejoindre cette
école de pensée. Mais ils ne le feront pas s'ils ont
l'impression de s'engager dans des voies hasardeuses susceptibles
de les discréditer.
Aussi faudra-t-il, pour éviter cela, que les promoteurs du
mouvement transhumaniste s'intéressent en priorité
aux perspectives d'améliorer la société d'aujourd'hui.
C'est bien ce que font les plus notoires d'entre eux, encouragés
d'ailleurs par des universités ou même par certaines
autorités politiques. Citons par exemple la création
du Future of Humanity Institute, rattaché à la James
Martin School for the 21st Century à l'Université
d'Oxford, dont Nick Bostrom a été nommé directeur.
Plus généralement, il faudra constamment distinguer
entre ce qui relève de la croyance en la science (analogue
à peu de choses près aux croyances religieuses et
reposant sans doute sur les mêmes bases neurales) de ce qui
relève de la pratique scientifique expérimentale.
2.
Peut-on, comme semblent le penser les promoteurs du transhumanisme,
décider de façon volontariste de ce que sera l'avenir
transhumain de nos sociétés, soit en ce qui concerne
le statut des individus, soit en ce qui concerne les fonctionnalités
des institutions ? Les déterministes sont tentés de
penser que c'est l'évolution sous-jacente des sciences et
technologies, résultant elle-même de facteurs imprévisibles
et incontrôlables, qui définit ce que sera l'avenir.
Les concepts même de transhumanisme ou de Singularité
n'ont pas été inventés par les futurologues
qui ont contribué à les populariser. Ils sont apparus
à une certaine époque de l'évolution de la
société occidentale, sous forme d'émergence.
Ils se répandent aujourd'hui selon les processus de la contamination
mémétique désormais bien connus. Les sciences
et techniques relatives aux NBIC vont continuer à se développer
pratiquement sans aucun contrôle des gouvernements et des
opinions publiques – ceci peut-être sous l'influence
de laboratoires travaillant de façon irresponsable pour les
militaires de certains pays. A quoi bon alors en discuter dans des
cercles de réflexion citoyens ?
La réponse de bon sens à cet argument est que, nul
n'étant capable de dire ce qui influence ou pas un développement
complexe se déroulant sur le mode chaotique, le fait que
les citoyens tentent de s'approprier les perspectives d'un futur
transhumain ne peut faire de mal à personne, au contraire.
Il ne faut donc pas renoncer à tenter d'orienter l'évolution
en fonction des valeurs que l'on se donne.
3.
Terminons cette brève présentation du mouvement transhumaniste
par une réflexion inspirée d'un vieux réflexe
individualiste, sans doute inopportun. Beaucoup de gens de qualité
répugnent à ce qui leur parait être un embrigadement
fut-il intellectuel. Ceci se traduit par la désaffection
– coupable – de certains bons esprits à l'égard
des mouvements politiques ou des cercles intellectuels fussent-ils
laïcs comme la franc-maçonnerie ou la libre-pensée.
Nous pensons que le mouvement transhumaniste ne progressera, tout
au moins en France, que s'il s'ouvre un peu à l'humour et
au ludique, en abandonnant une sorte de rigueur protestante qui
l'imprègne encore.