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Gravity's Engines

Phi, a voyage from the brain to the soul

A propos du livre Mindful Universe

La médecine personnalisée

16 mai 2006
Présentation par Jean-Paul Baquiast

CollapseCollapse
How societies choose to fail or succeed
par Jared Diamond - Editions Viking 2005

Couverture du livre : Réseaux neuronaux, par Jean-Philippe Rennard

Version française

Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie

Gallimard Essais 2006

Vous pouvez réagir à ce texte sur notre blog


Jared DiamondJared Diamond est professeur de géographie à l'université de Californie, Los Angeles. En fait, avec ou sans titres, il est bien plus que cela: biologiste évolutionnaire, physiologiste, biogéographe, anthropologue, historien, sociologue, environnementaliste et finalement philosophe.
Ajoutons que le Pr Diamond parle une dizaine de langues et conserve une grande activité physique bien qu'ayant quelque peu dépassé l'âge de la retraite.

Il s'est fait connaître précédemment par les ouvrages suivants:
*
Guns, Germs, and Steel: The Fates of Human Societies (1997),
* Why is Sex Fun? The Evolution of Human Sexuality (1997),
* The Third Chimpanzee: The Evolution and Future of the Human Animal (1992),

On citera aussi ses études sur l'avifaune sauvage:
* The Birds of Northern Melanesia: Speciation, Ecology, & Biogeography (with Ernst Mayr, 2001),
* Avifauna of the Eastern Highlands of New Guinea, Publications of the Nuttall Ornithological Club, No. 12, Cambridge, Mass., pp. 438 (1972).

Pour en savoir plus
La page de l'auteur à l'UCLA
http://www.geog.ucla.edu/people/faculty.php?lid=3078&
display_one=1&modify=1

Page sur l'auteur dans le site Edge
http://www.edge.org/3rd_culture/bios/diamond.html
Notule bibliographique 2000 (français)
http://www2.actoulouse.fr/philosophie/pub/diamondjared.htm

On pourra relire une courte présentation de Guns, Germs and Steel dans dans le (voir l'article de fin de la page Actualités de septembre 2001)


photo Sean Carpenter. On peut y voir la mort d'un monde

Position du problème

Paul Valéry, inspiré comme il l'était souvent, avait lancé au début du XXe siècle une phrase devenue célèbre : Nous autres civilisations savons désormais que nous sommes mortelles. On avait appliqué ce propos aux conséquences de la première guerre mondiale, puis on n'y avait plus pensé. Le propre en effet de la civilisation occidentale, à l'époque, était de se croire immortelle. Aujourd'hui, le doute s'installe, mais la question n'est pas généralement traitée avec les outils scientifiques qui seraient nécessaires. L'ouvrage exceptionnel de Jared Diamond, Collapse, vise à nous fournir quelques méthodologies rigoureuses pour aborder le sujet.

Ce travail vient tout à fait opportunément. La possibilité d'un effondrement, non seulement de la civilisation dite occidentale (nous reviendrons sur ce que ce terme peut signifier) mais de l'ensemble des civilisations humaines est aujourd'hui envisagé comme une perspective crédible par beaucoup de ceux qui veulent réfléchir à l'avenir. Ceci paraîtra paradoxal à une époque où l'explosion des sciences et des techniques fait au contraire espérer que les problèmes actuels du monde global pourraient trouver des solutions nouvelles résolvant par miracle toutes les difficultés. Mais pour beaucoup d'économistes et d'environnementalistes, il s'agit d'une illusion, d'autant plus dangereuse qu'elle dispense de réfléchir aux remèdes éventuels. Pour Jared Diamond, l'avenir est sombre, mais il conserve néanmoins ce qu'il appelle un optimisme raisonné (dont on verra cependant les limites à la fin de cet article). Il croit possible, en analysant grâce aux outils des sciences modernes les causes des déclins et des effondrements sociétaux du passé et du présent, d'éviter que les sociétés humaines subissent passivement les effets pervers de leur propre développement, comme elles l'ont fait jusqu'à présent. A-t-il raison, et dans quelle mesure ? C'est la principale question que nous devons nous poser en le lisant. Nous allons en discuter.

Rappelons cependant avant de le faire que dans notre revue, nous ne tombons pas dans la facilité du pessimisme morbide. Au contraire. Nous donnons systématiquement la parole aux chercheurs et praticiens des nouvelles sciences, en mettant en valeur les innombrables améliorations que celles-ci apportent déjà et pourraient apporter dans l'avenir. Nous pensons qu'il s'agit d'un devoir essentiel : montrer que des solutions technologiques et organisationnelles existent et que ces solutions devraient faire l'objet des investissements collectifs et des évolutions culturelles leur permettant d'exercer leurs effets favorables. Il faut d'autant plus le montrer que la plupart des décideurs ignorent encore, notamment en Europe, les problématiques d'un développement que l'on pourrait dire techno-centré. Ils ne jouent donc pas le rôle qui devrait être le leur pour abandonner les traditions devenues inadaptées et permettre aux sociétés de s'ajuster en profondeur aux nouvelles contraintes de la survie collective.

Nous allons même plus loin dans l'optimisme, en donnant chaque fois que cela nous semble pertinent la parole aux futurologues qui prévoient l'avènement de ce que l'on nomme désormais la Singularité, selon le mot de Ray Kurzweil. Par ce terme, on désigne, rappelons-le, une modification radicale des modalités d'action de la vie intelligente sur Terre, permise par la convergence de toute une série de technologies, notamment celles du calcul et du traitement de l'information. Elle permettrait l'apparition d'humains « augmentés » ou de post-humains mieux à même que nous de résoudre les difficultés actuelles et futures de la planète dans son ensemble.

Mais à l'inverse nous avons toujours voulu, par rigueur intellectuelle, donner aussi la parole aux scientifiques alarmistes voire catastrophistes, dans la mesure où ils présentent des arguments rationnels et non inspirés par une mystique de l'apocalypse de plus en plus répandue dans les groupes religieux. Nous avons notamment cité les synthèses impressionnantes proposées par Martin Rees et Jacques Blamont. Martin Rees évoque certes des risques cosmologiques contre lesquels on ne peut rien aujourd'hui. Mais la plupart de ceux dont il traite, comme des menaces dont Jacques Blamont fait de son côté le recensement, résultent de l'activité humaine et, dans une large mesure, de mauvaises décisions prises, parfois en connaissance de cause, par les responsables politiques et économiques. Il faut bien convenir aujourd'hui que rien ne permet d'affirmer ce qu'apporteront les cinquante prochaines années : triomphe ou effondrement de la vie intelligente et des sociétés humaines qui prétendent en être les porteuses.

Ces auteurs, comme tous ceux qui décrivent abondamment la dégradation probable prochaine de l'environnement terrestre, évoquent des menaces qui concernent, relativement à court terme, les sociétés les plus développés et les plus solides en apparence. Or le grand public considère généralement que si des sociétés devaient s'effondrer, dans un proche avenir, ce seraient les sociétés traditionnelles et plus généralement celles du tiers-monde, accablées par des maux paraissant insolubles. Mais rien ne permet d'affirmer que les sociétés les plus puissantes ne sont pas elles aussi menacées de destruction. Cette destruction se produirait pour des causes internes, tenant à des dysfonctionnements propres aux sociétés développées. Elle ne serait donc pas liée à l'effondrement des sociétés du tiers-monde, même si celui-ci, se produisant en parallèle, n'améliorerait en rien le sort des sociétés développées. C‘est d'ailleurs la conscience du fait que malgré leur richesse, les occidentaux ne sont pas à l'abri des grandes menaces qui rend beaucoup d'entre eux pessimistes et les porte à rechercher des consolations religieuses face à un avenir terrestre qu'ils ne peuvent plus considérer avec optimisme.

Plus concrètement, pour les Européens que nous sommes, la question de l'avenir de l'Europe en tant que telle est de plus en plus posée. Les échecs de la construction européenne, l'impuissance des gouvernements et des peuples à se regrouper pour étudier des solutions communes pourtant théoriquement possibles fait douter du futur. L'Europe disparaîtra-t-elle à court terme comme l'ont fait jadis les empires étudiés par Jared Diamond ? Beaucoup d'Européens commencent sans doute à le penser mais ils semblent s'y résigner. .

L'Europe n'est pas seule en cause. L'avenir de l'Amérique du Nord réputée toute puissante paraît aussi de plus en plus incertain. Nombreux sont les analystes qui prévoient la fin de l'Empire américain, incapable de surmonter ses propres contradictions sociologiques et emporté par une ubris technologique qui se retournera finalement contre lui. Est-ce à dire que les empires émergents, notamment la Chine et l'Inde, pourront prendre le relais de l'Empire américain pour guider l'humanité vers un avenir plus rassurant? Les observateurs avertis en doutent aussi - Jared Diamond est de ce nombre. Ils montrent les faiblesses structurelles qui risquent de bloquer le développement de ces nouveaux géants et d'entraîner le reste du monde dans les impasses que leur croissance non maîtrisée aura fait naître.

S'interroger sur l'effondrement des sociétés humaines ne fait donc pas partie des jeux d'esprit destinés à faire peur aux favorisés afin qu'ils apprécient mieux le confort dont ils jouissent. Il s'agit au contraire d'un comportement de survie, d'autant plus indispensable que l'on se croit protégé. Mais une objection vient tout de suite à l'esprit : est-ce bien efficace ? Autrement dit, les sociétés sont-elles dotées d'une personnalité collective et d'une sorte de libre-arbitre qui leur permettraient de choisir, comme l'indique le sous-titre de « Collapse », entre la chute et le succès. A lire Jared Diamond comme les nombreux auteurs qui exhortent à lutter contre les déclins divers, la science le permet. Comprendre les lois qui gouvernent les sociétés permettra d'éviter les accidents devant lesquels sont impuissantes les sociétés ne disposant pas des éléments modernes de l'analyse scientifique, sociétés primitives ou sociétés animales. Mais ne s'agit-il pas d'une illusion ?

On retrouve là la question bien connue du volontarisme politique et plus généralement de la décision qui se prétend volontaire. Les super-organismes que sont les sociétés, comme les organismes individuels que sont les humains en société, ne sont-ils pas les produits de mécanismes complexes, inconnaissables dans leur totalité et par conséquent aux résultats imprédictibles ? On pourrait à la rigueur expliquer le passé, voir donner quelques éclairages sur le présent. Mais en aucun cas cela ne permettrait de choisir effectivement la bonne solution pour le futur. Si nous reprenons l'exemple de l'Europe, les explications toutes valables concernant son éventuel déclin ne manquent pas. Le nombre d'Européens qui les ont assimilées et qui voudraient réagir n'est pas nul. Est-ce pour autant que, jour après jour, les décideurs divers, y compris les citoyens dans leur ensemble quand ils sont appelés à se prononcer, prennent les solutions de survie qui semblent s'imposer? Sans doute pas. Il semble au contraire qu'un mécanisme pervers soit à l'oeuvre, qui entraîne inexorablement les Européens à faire tout ce qu'il faut pour que l'entité européenne perdre de l'influence et finisse par se dissoudre.

Mais à cette objection, on fera la réponse classique de la philosophie moderne de la connaissance. Les systèmes complexes que sont les hommes et les organismes sociaux qui les regroupent sont de plus en plus capables aujourd'hui de générer des représentations mentales produites par l'expérience qui leur permettent de se situer avec un certain recul dans leur environnement. Il s'agit sans doute d'une propriété où le libre arbitre n'a rien à voir. Ces représentations constituent des propriétés émergeant spontanément au sein de l'espèce humaine, si l'on peut dire. Mais leur influence bénéfique sur les choix comportementaux conditionnant la survie n'est pas négligeable. C'est d'ailleurs pour cela qu'elles sont apparues dans les cerveaux et qu'elles y ont persisté. Les scientifiques tels que Jared Diamond qui s'efforcent d'analyser l'histoire des phénomènes sociaux peuvent être considérés comme les yeux et le cerveau de l'organisme social dont ils émanent. Il en est de même en ce qui nous concerne quand nous lisons leurs études et cherchons à en tirer des conclusions. Nous faisons tous partie d'un dispositif de veille et de mise en garde, d'ailleurs encore très imparfait, lequel caractérise notre super-organisme sociétal et civilisationnel. Les sociétés primitives, comme les sociétés animales, malheureusement pour elles, n'en sont pas pourvues. C'est ce qui fait leur fragilité. Autrement dit, quand nous traversons une route, nous savons qu'une voiture peut survenir et nous regardons à gauche et à droite, consciemment ou pas. C'est ce que ne savent pas faire ceux qui se font écraser.

Les facteurs de l'effondrement sociétal selon Jared Diamond

Venons-en au contenu du livre, sans d'ailleurs prétendre le résumer, même sommairement, car il s'agit d'un ouvrage considérable et abondamment documenté. Il synthétise en quelque 550 pages ce qui a certainement représenté des années de travail, tant de l'auteur que de ses correspondants. De plus, le travail réalisé a été en grande partie conduit sur le terrain et par discussion avec les représentants des sociétés citées en exemple, quand ceux-ci n'ont pas disparu. Il ne s'agit donc pas seulement de compilations d'études déjà faites par d'autres.

Jared Diamond a souhaité commencer son livre en exposant la situation d'un Etat des Etats-Unis, le Montana, qu'il connaît bien. Il étend ensuite sa réflexion à la Californie. Ces deux Etats semblent à première vue prospères et non menacés d'effondrement. Pourtant, pour lui, ils symbolisent les Etats-Unis dans leur ensemble, dont les facteurs de fragilité, nombreux, destructeurs et pourtant mal connus, méritent au moins d'être pris au sérieux et d'être traités au plus haut niveau politique. C'est que ces facteurs sont les mêmes que ceux ayant entraînés la disparition des innombrables sociétés du passé dont il ne reste aujourd'hui que des vestiges, voire aucune trace d'aucune sorte. Ces facteurs, on les retrouve aussi à l'oeuvre dans des sociétés modernes non américaines, par exemple l'Australie, dont on loue actuellement, à tort selon lui, la prospérité actuelle ou la solidité du développement en cours. Il est donc essentiel de les identifier.

Le livre n'examine pas bien entendu toutes les sociétés anciennes et modernes. Il se limite à quelques exemples significatifs, sur lesquels l'auteur disposait de sources d'observation suffisantes. Mais les exemples présentés sont assez nombreux et divers pour nous convaincre de la justesse de son point de vue. Il s'agit, outre le Montana, déjà cité, de l'Ile de Pâques, des îles pacifiques isolées de Pitcairn et Henderson, des sociétés américaines primitives du Chaco, de l'empire Maya, des colonies Viking installées dans le grand Nord, Islande, Groenland et Canada, des populations de la Nouvelle Guinée enfin. Parmi les sociétés modernes, il présente les cas du Ruanda, de Haïti (opposé à celui de la République Dominicaine), de la Chine et finalement de l'Australie. Mais le lecteur pourra sans difficulté transposer ces observations à la situation des pays qu'il connaît mieux, notamment à celle des pays européens.

Un premier commentaire s'impose. Le talent de l'auteur est tel qu'il fait de l'exposé de la naissance et de la chute des sociétés prises en exemple de véritables petits romans, passionnants et poignants. Ils sont d'autant plus éclairants que l'on connaît mal généralement, à part le cas de l'Ile de Pâques et des Mayas, l'histoire des peuples décrits. Les lecteurs peu au fait du passé des sociétés primitives découvriront à cette occasion comment, dès pratiquement la fin du paléolithique, et certainement dès le 10e millénaire avant JC, des sociétés très évoluées, savantes, efficaces, s'étaient mises en place, dans des endroits du monde apparemment inhabitables. Autrement dit, l'histoire de l'humanité moderne remonte à des millénaires avant l'apparition de l'écriture, bien avant les sociétés d'Asie mineure et de l'Egypte que nous connaissons par leurs monuments et leurs écrits et bien avant les civilisations grecques et romaines qui sans doute se sont bornées à reprendre et systématiser ce qui avait été inventé des milliers d'années auparavant. Ce que l'on sait maintenant des grandes migrations de l'homo sapiens primitif, voire des néanderthaliens, à travers l'Europe, l'Asie puis l'Amérique, montre d'ailleurs que les solutions néolithiques étaient elles-mêmes certainement l'héritage des premiers groupes humains de chasseurs-cueilleurs explorateurs, dont l'organisation sociale était certainement plus complexe qu'on ne l'imagine naïvement aujourd'hui, notamment dans le domaine de l'observation et de l'exploitation des ressources naturelles.

Malheureusement pour elles, malgré leur niveau certain de développement et d'adapatabilité, ces sociétés n'ont pas été capables d'observer les limites fortes auxquelles elles se heurtaient et les facteurs susceptibles d'entraîner leur déclin. A plus forte raison n'ont-elles pas été capables d'y porter remède. A des échelles différentes, nous comprenons bien en lisant Jared Diamond que le même sort nous menace. Nous non plus, nous ne percevons pas bien le seuil qu'il ne faudrait pas dépasser, notamment en matière de protection de l'environnement, pour ne pas provoquer de catastrophes irréversibles où nous disparaîtrions. Plus grave, quand nous le percevons, nous sommes incapables de mettre en oeuvre les mesures collectives qui pourraient empêcher la marche vers le désastre.

Quel est le principal facteur ayant provoqué la disparition des sociétés anciennes et menaçant la survie des sociétés modernes ? Pour Jared Diamond, il s'agit de la destruction de l'environnement naturel, autrement dit le suicide écologique dit aussi « écocide » ou « écosuicide ». L'écosuicide résulte lui-même de plusieurs causes qui peuvent s'ajouter mais dont la plupart suffisent à elles seules pour ruiner une société : la déforestation et la destruction des habitats naturels ; la ruine des sols par érosion, salinisation, perte de fertilité ; la mauvaise gestion des ressources en eau ; la surchasse et la surpêche ; l'introduction d'espèces étrangères dans les écosystèmes originaux ; la croissance non maîtrisée des effectifs de la population ; le développement de l'impact per capita de la population sur les ressources, c'est-à-dire le développement des prélèvements sur le milieu résultant d'une augmentation non contrôlée des consommations individuelles.

Mais l'auteur se refuse à juste titre d'attribuer au facteur écologique le seul rôle dans les effondrements sociétaux. Il y ajoute, selon les cas, plusieurs autres grands facteurs. Viennent d'abord les changements naturels de l'environnement climatique, contre lesquels on ne peut pas grand-chose mais auxquels on doit savoir s'adapter. Il faut ensuite tenir compte du rôle des sociétés voisines, que celles-ci soient des partenaires coopératifs ou des rivaux hostiles. Viennent ensuite les capacités propres de la société à se gérer efficacement. La mauvaise gestion politique et administrative – on dirait aujourd'hui la mauvaise gouvernance – se traduit par l'incapacité d'observer et de prévoir le futur à long terme, l'incapacité de définir et de faire appliquer les mesures correctrices, l'aveuglement des chefs engagés dans des luttes internes pour le pouvoir et sacrifiant volontairement les ressources disponibles pour engager des politiques ruineuses destinées à assurer leur prestige. Plus en profondeur, Jared Diamond signale un facteur essentiel qui ne permet pas à une société de percevoir les risques qu'elle court et d'y porter remède. Il s'agit de la persistance en son sein de valeurs traditionnelles, servies par des hiérarchies religieuses et politiques lesquelles en tirent bénéfice. Ceci empêche la société d'adopter de nouvelles valeurs susceptibles d'assurer sa survie. Ces valeurs traditionnelles avaient été utiles à une époque précédente, mais elles deviennent mortelles quand les différents changements résumés ci-dessus font sentir leur pression.

Cette typologie des causes d'effondrement sociétal est intéressante car elle est, si l'on peut dire, générique. On retrouve ces causes à l'oeuvre, inégalement selon les cas, le plus souvent sous des formes différentes, mais inévitablement, dans l'histoire des sociétés anciennes comme dans l'histoire moderne. Ainsi la destruction des sols naturels a provoqué la ruine des habitants de nombreuses îles du Pacifique mais elle menace aussi à grande échelle la Chine et l'Australie d'aujourd'hui. Les dépenses somptuaires engagées de façon irresponsable par des chefs en compétition interne ou internationale pour le pouvoir demeurent – sans même mentionner la guerre – une des principales sources de gaspillage et de destruction de l'environnement. La persistance de valeurs mal adaptées, celles qui par exemple encouragent une forte natalité et proscrivent le contrôle des naissances, a provoqué l'étouffement par surpopulation d'innombrables sociétés anciennes. Elle menace encore aujourd'hui la plupart des pays africains et arabo-musulmans. Elle est encouragée par l'idéologie religieuse américaine qui refuse aujourd'hui aux pays pauvres l'accès aux moyens de contraception et d'avortement. L'irresponsabilité en matière démographique représente d'ailleurs un risque global pour l'humanité tout entière car, nous rappelle Jared Diamond, la vieille loi de Malthus est toujours d'actualité. Selon cette loi, la croissance des ressources ne peut qu'augmenter arithmétiquement tandis que celle de la population, sans stabilisation stricte des naissances, augmente exponentiellement. Il ne sert donc a rien de vouloir améliorer le niveau de vie des pays pauvres si leur population n'est pas bloquée au niveau actuel. Les efforts d'amélioration, à supposer qu'ils soient consentis par les pays riches, n'ayant aucune chance pour le moment d'être accompagnés d'un contrôle strict et général des naissances, maintiendront inexorablement un pourcentage important de la population mondiale au seuil de la famine, avec les conséquences politiques en résultant.

Commentaires

Les critiques pointilleux trouveront certainement des points à contester dans la grille de lecture des causes de la disparition des sociétés proposée par le livre, ou dans les applications qui en sont données. Ceci permettra d'ailleurs aux intérêts économiques qui veulent que rien ne change dans les pratiques de production et de consommation d'éviter que le message d'alerte lancé par Jared Diamond soit politiquement pris en compte par les opinions publiques. L'auteur, en bon scientifique, a prévu les objections. Il a voulu faire la liste des critiques qui lui seront faites, que ce soit par les industriels mis en cause (par exemple les entreprises minières, pétrolières et forestières refusant les pratiques protectrices de l'environnement) ou par les écologistes lui reprochant un discours insuffisamment radical. Nous avons trouvé ses arguments convaincants. Ceci ne veut pas dire que le livre fasse un inventaire exhaustif des causes qui ont conduit dans le passé à la disparition d'un certain nombre de civilisations aussi valables que les nôtres. Cela ne veut surtout pas dire qu'il insiste suffisamment sur la nature spécifique des menaces qui pèsent aujourd'hui sur l'humanité dans son ensemble – ni d'ailleurs sur les solutions que certaines sociétés modernes, mieux que d'autres, pourraient apporter. Pour voir cela de plus près, sans prétendre pouvoir ici traiter la question à fond, proposons nous un jeu rapide de questions-réponses.

- Le rôle spécifique des super-puissances dotées d'avances technologiques décisives

Dans son ouvrage précédent, Guns, Germs and Steel, Jared Diamond avait analysé les quelques derniers siècles du millénaire précédent pendant lesquels les peuples européens, jusque là à égalité avec leurs concurrents arabes, asiatiques et indo-américains, avaient réussi à conquérir ou asservir économiquement une grande partie de la planète, en faisant disparaître des sociétés bien plus anciennes que les leurs. Il insistait sur le rôle des technologies militaires ou associées développées par les Européens après la Renaissance, sans lesquelles la volonté de conquête des découvreurs et des colonisateurs serait restée impuissante. Curieusement, dans Collapse, il ne mentionne plus ce facteur, sauf par allusion. Nous pensons qu'il faut au contraire le faire, non seulement pour expliquer le passé mais pour comprendre le présent. Aujourd'hui, les sociétés humaines se séparent en deux groupes, celles qui maîtrisent les technologies dites de puissance et les autres. Parmi les premières, il y a celles qui non seulement possèdent ces technologies mais qui disposent d'une avance de quelques années, dans la découverte et la mise en oeuvre des produits émergents. Posséder cette avance et la conserver est décisif pour l'avenir compétitif de ces sociétés.

C'est l'avantage dont disposent aujourd'hui les Etats-Unis. Ils ne sont pas prêts de l'abandonner. On rappellera qu'une des devises de la Darpa, l'agence de recherche scientifique du département de la défense américain, signifie à peu près ceci : « Etre partout avant les autres et le rester ». D'autres pays, le Japon, la Chine, l'Inde et, dans une certaine mesure l'Europe, font de grands efforts pour disputer cette avance aux Etats-Unis, mais ils sont encore loin derrière. D'autres encore, les plus nombreux, ont quasiment renoncé à rester dans la course, non pas de leur plein gré mais parce qu'ils constatent qu'ils sont probablement définitivement dépassés et dominés. Ceci veut dire que, sur tous les plans, la civilisation américaine, avec ses bons et ses mauvais côtés, va continuer dans les prochaines années à subvertir les autres formes de civilisation et réduire la diversité culturelle et la multipolarité politique. Elle imposera aux autres peuples, bien que sans entraîner en principe leur disparition physique, comme cela se faisait naguère, ses formes d'économie, de culture, de consommation. En d'autres termes, elle en fera des dépendances, des arrière-cours de sa puissance, pour ne pas dire des colonies. Cet avantage se poursuivra-t-il longtemps ? Peut-être pas, mais si recul il y a de la domination américaine, il ne pas résultera sans doute pas des progrès faits par les autres sociétés dans leur effort de rattrapage, mais d'une crise systémique de type économique liée aux excès non maîtrisés de la conquête américaine. Cette éventualité, que nous allons examiner ultérieurement, nous ramène aux propos du livre de Jared Diamond. Une société au fait de sa puissance peut se suicider sans le vouloir ou sans pouvoir l'empêcher.

- Le rôle des facteurs environnementaux

Jared Diamond, bien qu'il s'en défende, est persuadé que la cause principale de la ruine des sociétés humaines complexes, lorsqu'elle s'est produite au cours de l'histoire, a résulté de leur incapacité à maintenir les écosystèmes naturels, sous la pression principalement de leur croissance démographique non maîtrisée. Son ouvrage présente suffisamment d'arguments pour nous en convaincre. Sa lecture surprend d'ailleurs ceux qui n'étaient pas suffisamment informés de la situation de certains pays. C'est ainsi que l'auteur de cet article a découvert ce qu'il ne soupçonnait pas : que l'Australie était un pays, ou plutôt un continent, au bord de la faillite. L'Australie, désertifiée par deux siècles d'erreurs écologiques et de faiblesse politique à l'égard de ceux qui « minent » ses potentiels géographiques, n'existe plus que par ses 5 grandes villes. Celles-ci font illusion, car elles ne vivent que de l'économie virtuelle et n'ont pas de sources leur permettant de créer des valeurs ajoutées en propre. Elles seront les premières à s'effondrer en cas de crise économique systémique du type de celle que nous allons évoquer ci-après.

On ne peut donc que s'étonner de voir la timidité avec laquelle Jared Diamond évoque l'immense problème actuel du réchauffement climatique et des modifications de l'environnement physique et des écosystèmes qui en résulteront. Il paraît désormais acquis que cette évolution catastrophique, qui s'accélère, résulte en très grande partie des excès de la consommation d'énergie fossile elle-même provoquée, non seulement par la pression démographique dans les pays pauvres et émergents, mais par l'égoïsme consommateur des pays riches, au premier rang desquels les Etats-Unis. Jared Diamond fait bien allusion au problème, mais on s'attendrait à ce que, s'appuyant sur les prémisses de son étude, il mène une attaque en règle contre l'administration américaine actuelle et contre son chef G.W.Bush. Il aurait eu là l'exemple parfait moderne, à échelle planétaire, de ce qu'il a montré concernant l'effondrement de l'île de Pâques ou de Haïti : l'entêtement des gouvernants, pour maintenir leur pouvoir, à renoncer aux changements de pratique et aux économies qui auraient permis la survie. Lorsque que G.W. Bush continue à affirmer que le mode de vie américain n'est pas négociable, pour protéger les intérêts des industries pétrolières, et qu'il refuse par conséquent de ratifier les objectifs pourtant minima du protocole de Kyoto, c'est l'avenir du monde tout entier qu'il met en danger.

Par ailleurs, le lecteur européen sera surpris de voir le peu d'importance qu'il accorde à l'Europe dans cet effort nécessaire pour lutter contre la dégradation des écosystèmes. Est-ce par ignorance de l'Europe ou par volonté expresse de lui refuser le beau rôle ? Peu importe. Mais il faut souligner ici que, même si les politiques environnementales, agricoles et économiques des Etats européens et de l'Union européenne ne sont pas exemplaires (par exemple en matière de pêche océanique), elles sont cependant bien plus en avance sur ce que fait le reste du monde en général, et les Etats-Unis en particulier, pour éviter un collapse mondial à base de destruction des milieux naturels. On n'insistera pas sur ce point. Rappelons seulement que l'Europe a su, en général, conserver ses sols, ses forêts, ses eaux et sa diversité animale. Elle a lancé la première des politiques d'économie d'énergie et de recours aux énergies de substitution. Ceci parce qu'elle a compris, plus tôt que les autres, qu'elle était sur la voie de l'auto-destruction et qu'il lui fallait réagir, dans son domaine territorial d'abord, au sein des organisations internationales ensuite. Pourquoi l'Europe fait elle montre de plus de discernement que les autres ? Peut-être parce qu'elle dispose d'une longue expertise dans la prise en compte des évolutions à long terme, grâce notamment à ses excellents corps d'ingénieurs et au rôle demeuré essentiel de ses services publics d'intérêt général. Malheureusement pour le monde, le poids global de l'Europe dans la préservation des facteurs environnementaux est faible. Cependant son exemple mérite d'être étudié et suivi. On aurait aimé que Jared Diamond le dise.

- L'Empire américain peut-il s'effondrer ?

Nous avons évoqué ci-dessus cette question. Jared Diamond ne se la pose pas dans toute son ampleur, même s'il l'aborde incidemment à propos du Montana. Si nous nous appuyons sur la grille des facteurs destructeurs des civilisations que nous propose son livre, que répondre ? Les Etats-Unis sauront sans doute globalement défendre leur environnement, même s'ils sont moins attentifs que les Européens sur ce point. Ils ne seront pas non plus en butte à des attaques massives de pays belliqueux, comme cela aurait pu être le cas du temps de la guerre froide. Ils ont en effet acquis une « global dominance » militaire et technologique qui les met à l'abri. Le terrorisme, toujours évoqué par le pouvoir mais sans doute très grossi, ne sera jamais sans doute non plus de taille à ruiner la société américaine. Néanmoins, les études stratégiques pronostiquant l'effondrement de l'Empire américain ne manquent pas. Nous avons suggéré plusieurs fois dans cette revue que le risque principal qui les menace tient aux abus de leur propre puissance, dont sera en premier lieu responsable le complexe militaire-industriel-économique-politique et religieux qui semble avoir pris définitivement le pouvoir dans ce pays, malgré les efforts de l'opposition démocratique libérale interne. On parlera d'un risque systémique.

Bornons-nous pour illustrer ce point à évoquer à titre d'exemple un scénario qui pourrait devenir d'actualité. Il circule actuellement dans certains cercles stratégiques européens. Citons en particulier, sans nous risquer à cautionner ces prévisions, ce qu'en dit le think tank Europe2020 dans son bulletin d'anticipation n°5 de mai 2006 (http://www.europe2020.org/fr/section_global/120506.htm). LEAP2020 annonce pour les prochains mois de 2006 une crise systémique globale, qui affectera le monde entier mais en priorité les Etats-Unis. Qu'est-ce qu'une crise systémique.

Nous citons : «Une crise systémique globale se développe selon un processus complexe qu'on peut découper en quatre phases qui peuvent se chevaucher :
. une première phase dite « de déclenchement » qui voit soudain toute une série de facteurs, jusqu'alors disjoints, converger et se mettre à interagir et qui reste essentiellement perceptible pour les observateurs attentifs et les acteurs principaux.
. une deuxième phase dite « d'accélération » qui est caractérisée par la prise de conscience brutale par la grande majorité des acteurs et observateurs que la crise est bien là car elle commence à affecter un nombre rapidement croissant de composantes du système.
. une troisième phase dite « d'impact » qui est constituée par la transformation radicale du système lui-même (implosion et/ou explosion) sous l'effet des facteurs cumulés, et qui affecte simultanément l'intégralité du système.
. et enfin, une quatrième phase dite de « décantation » qui voit se dégager les caractéristiques du nouveau système issu de la crise.

LEAP/E2020 considère donc que c'est au cours du mois de Juin 2006 que ces pertes de confiance sectorielles, en voie de généralisation dans chaque secteur, devraient converger pour produire l'accélération du processus de crise. Cette accélération, qui devrait s'étendre sur 3 à 6 mois, aura notamment sept conséquences concrètes essentielles :
1. L'effondrement accéléré du Dollar
2. Une crise socio-politique interne aux Etats-Unis
3. Un conflit militaire Iran/Usa/Israël
4. Une inflation mondiale accrue
5. La rupture du processus de globalisation commerciale et économique
6. L'émergence accélérée de nouveaux « blocs » régionaux/continentaux
7. Un rééquilibrage de la valeur relative des actifs mondiaux.
Le passage à la phase 3 (dite « d'impact ») du processus de crise systémique globale interviendra lorsqu'au moins quatre des facteurs précités seront avérés. Parallèlement, au cours de cette phase d'accélération, il est ainsi déjà possible de discerner certaines tendances qui façonneront le futur système global, et donc de commencer à engager les décisions et les politiques qui préparent l'avenir post-crise.


Répétons encore une fois que nous n'avons pas les moyens ici de valider de telles prévisions. Bornons-nous à indiquer que si des crises systémiques de cette nature se produisaient, elles résulteraient en premier lieu, comme indiqué précédemment, des abus de puissance de l'empire américain. Ce serait sans doute les Etats-Unis qui en seraient les premières victimes. La crise n'entraînerait évidemment pas la disparition de l'Etat américain, mais la puissance américaine telle que nous la connaissons serait certainement déstabilisée. D'autres puissances prendraient nécessairement le relais, la Chine en premier lieu. L'Europe pourrait peut-être se trouver revigorée par une telle crise, malgré ses liens étroits avec l'économie en dollar. Elle pourrait profiter de son rôle central au cœur d'une future zone euro mondialisée résultant de l'abaissement général de la devise américaine.

- L'ensemble des civilisations humaines pourrait-il s'effondrer ?

Cette question doit être posée à la lecture du livre de Jared Diamond. Il se la pose lui-même. Nous ne reviendrons pas sur les scénarios de catastrophes majeures, notamment ceux décrits par les ouvrages de Martin Rees et de Jacques Blamont précités, précisant ce que serait une telle marche à l'apocalypse (doomsday). Jared Diamond a le courage d'envisager cette perspective. Dans la logique de son analyse, en dehors de l'aveuglement ou l'impuissance des décideurs politiques et économiques, il évoque comme cause majeure du futur effondrement la croissance démographique globale. Pour lui, rien ne pourra arrêter celle-ci avant des dizaines d'années, c'est-à-dire avant qu'elle ait cessé de faire peser son impact sur l'environnement et sur les ressources naturelles. De toutes façons, même si la population mondiale était stabilisée aux quelque 6 milliards actuels, l'accroissement de la consommation de cette population serait suffisant pour ruiner l'écosystème et les équilibres politiques actuels.

De plus, il ne compte absolument pas – et sans doute a-t-il raison – sur les nouvelles technologies et sur l'hypothétique Singularité techno-scientifique pour apporter de nouvelles ressources. Les temps de développement et de montée en puissance à échelle mondiale de ces technologies seront beaucoup trop longs pour qu'elles remplacent les sources actuelles d'énergie, de matière premières et de produits de subsistance.

Pour lui, la seule solution permettant d'éviter le destin emblématique de l'île de Pâques, c'est-à-dire un effondrement mondial violent, à base de guerres, famines et maladies, serait que le monde développé accepte de réduire dramatiquement son niveau de vie et de consommation, en transférant les ressources ainsi économisées aux pays pauvres. Mais il avoue ne pas vraiment croire à la possibilité d'un tel altruisme, même sous la pression d'une urgente nécessité. Les populations favorisées, pensent-ils, préféreront le suicide à la diminution de leurs consommations matérielles et de prestige. Nous serions assez tentés, pour notre part, de partager cette vue réaliste, aussi pessimiste puisse-t-elle paraître.

- Que peuvent faire les individus pour éviter l'effondrement global ainsi pronostiqué ?

A la fin de son livre, Jared Diamond donne quelques conseils aux personnes de bonne volonté qui voudraient contribuer à retarder la catastrophe finale qu'il a évoquée. Il n'innove guère en ce domaine, mais que pourrait-il dire d'original ? Il recommande les campagnes d'opinion en faveur de l'écologie et de la croissance zéro, le boycott des produits et techniques détruisant les milieux naturels, la pression citoyenne sur les hommes politiques en faveur de bonnes décisions privilégiant le long terme, plutôt que des choix démagogiques aux conséquences désastreuses. Tout ceci vaudra mieux que ne rien faire.

Mais nous retrouvons la question philosophique et scientifique centrale posée en début de cet article : dans un univers complexe, les sociétés humaines sont-elles, de façon consciente et volontaire, à la fois prédictibles et gouvernables ?


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